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       Le confinement a posé bien des problèmes aux élèves et étudiants, et j'ai aidé certains d'entre eux en philo, maths ou physique.

        Il est certain que la classe sans le contact avec le professeur, rend les cours plus difficiles à comprendre, et j'ai donc dû essayer de donner des explications complémentaires. Cela m'a parfois embarrassé quand les explications du professeur ne correspondaient pas aux notions que j'avais apprises.

       Une question m'a rappelé mes lointaines études de philo, mais aussi tout ce que j'ai appris depuis sur le fonctionnement du cerveau : “qu’est ce que l’intuition” et j’ai trouvé cela intéressant au point d'en faire aujourd'hui un article sur mon blog.

        Je crois que son professeur a présenté l’intuition comme un mode particulier de perception, qui n’est pas une perception détaillée et précise, mais une sensation globale, moins consciente, moins dirigée.
        Effectivement au 19ème siècle, les psychologues considéraient l’intuition comme une sensation.

        CG Jung, par exemple, dans son livre “les types psychologiques” classe les modes de perception en deux types : “sensation” qui est le mode de l’observation détaillée, raisonnée et pas à pas, et “intuition” qui est la perception globale, instinctive, moins consciente.
        Et mesdames Myers et Briggs, à l’origine des “préférences cérébrales” (le MBTI) faisaient la même distinction, en anglais cette fois.
        Personnellement cette interprétation me gêne (et je vais vous expliquer pourquoi) et si le terme de sensation (S) me convient, j’ai remplacé intuition par “global” (G).

        La langue évolue au cours des années et aujourd’hui l’appellation courante d’intuition ne désigne plus une sensation, mais un mode, un critère de décision, de choix.
        Je vous traduis dans les lignes qui suivent l’extrait d’un cours de psychologie de l’université d’Oxford :
                         
    " Le terme d'intuition (du latin intuiteor : je vois), est employé en philosophie pour parler du pouvoir supposé de l’esprit de percevoir ou de “voir” certaines vérités auto-évidentes, notamment dans le domaine des relations humaines et sociales. (cf. Jung).
        Prise sous cette acception, l’intuition est peut être en grande partie le fait de perceptions subliminaires issues des mimiques, des gestes, des remarques en passant, ainsi que des connaissances des modes de communication et de motivation, et plus généralement du comportement des hommes et des femmes.                                                                               
    Le statut de l’intuition s’est dégradé au cours du vingtième siècle, sans doute en raison de l’insistance croissante sur la logique formelle, dans notre culture,
        L’Anglais moyen et même l’Anglais cultivé ne lient plus l’intuition à la perception, mais à la décision. De nos jours, il s'agit essentiellement du fait d'arriver à des décisions ou à des conclusions en l'absence de processus conscients de raisonnement.
        On pense parfois pouvoir se fier aux intuitions, et il est vrai que nous agissons en effet le plus souvent sans savoir pourquoi, et dans l'ignorance de nos raisons. Il est sans aucun doute rare d'exprimer un argument en termes formels, et d'avancer pas à pas de la manière prescrite par les logiciens. En ce sens, presque tous nos jugements et presque tout nos comportements, sont intuitifs."


        Ce texte est tout à fait explicite et ne s’applique pas qu’aux anglais, mais dans tous les pays occidentaux : c’est un problème de culture.

        Mais il est intéressant de réfléchir davantage aux causes possibles de l’intuition.
        Certains d’entre vous me parlent de “prémonition” et ont l’air de croire, lorsqu’elles ont une intuition vraie, notamment sur ce qu’il va se produire et qui donc conditionne leurs décisisons, ou lorsqu’il y a coïncidence entre leur intuition de ce qu’il faudrait faire et la réalité, qu’il s’agit d’un phénomène extraordinaire, presque divinatoire.
        En fait, l’intuition n’est qu’un processus tout à fait normal et banal de fonctionnement inconscient de notre cerveau.
        L’intuition découle de la connaissance et de la mémoire.

        L’intuition ne paraît pas faire appel à la raison et semble une évidence qui se manifeste soudain, sans que ce soit la conclusion d’un raisonnement et donc sans que nous puissions en justifier la teneur.

        De nombreux philosophes ont donné leur définition de ce phénomène.
        Les neurobiologistes sont plus explicites. Ils pensent qu’une personne qui n’a ni instruction, ni expérience a peu d’intuition.
        Pour eux l’intuition est due à un raisonnement inconscient mené en collaboration entre le cortex frontal qui fait preuve de logique, le cerveau émiotionnel qui évalue les situations et apporte l’aspect émotions et sentiments et l’hippocampe qui consulte la mémoire des connaissances et des faits.
        Ce sont l’ensemble de ces données qui donneraient lieu à des hypothèses et des conclusions, qui, lorsqu’elles arrivent à la conscience par le canal du cortex préfrontal, donneraient naissance à “l’intuition”.

        Vous cherchez la solution d’un problème de maths ou de physique et vous “séchez”. Puis tout à coup, intuition de génie, vous avez trouvé ce qu’il fallait faire, sans avoir en apparence fait l’effort de raisonner de trouver la solution pas à pas.
       Désolé, vous n’êtes pas un génie ! Simplement les données se sont rassemblées dans votre mémoire, votre cortex réfléchissait avec ses mémoires tampons et puis il a trouvé tout à coup un chemin possible, alors c’est venu au niveau conscient. Mais pour que cela se fasse, il fallait que vous ayez appris un minimum de choses en maths et en physique : sans la connaissance du cours, pas de réussite aux exercices !!
        Et mes petits enfants lorsqu'ils préparaient le bac, il y  quelques années, étaient toujours étonnés parce qu’en lisant simplement l’énoncé, je sais comment résoudre leur problème. Cette intuition, c’est juste parce que j’ai fait beaucoup plus de maths qu’eux après le bac, et notamment beaucoup plus d’exercices !!! Je n’ai pas la “bosse des maths”. J'ai juste un peu d'expérience et de mémoire. 

        Prémonition : cela n’existe pas en tant que devin de l’avenir.
        Mais vous rassemblez par exemple inconsciemment des données sur la météo et vous mémorisez certaines d’entre elles, les impressions de vos sens.
        Moi qui suis vieux et habitué à la Bretagne, je peux “prédire” le temps du lendemain (et je me trompe rarement), en regardant le ciel, les nuages, le vent, en “sentant” l’humidité, en voyant le comportement des mouettes. Tout ceml est plus ou moins conscient. Mais en méditerrannée, je me tromperais beaucoup plus, car je n’aurais pas en mémoire les bons éléments.
        Vous pouvez vous attendre à ce que quelqu’un vous téléphone, car votre cerveau a rassemblé des données sur la probabilité de cet évènement et au moment où cela arrive à votre conscience, le téléphone sonne. Réflexion inconsciente et un peu de coïncidence heureuse !

        Et la créativité me direz vous, qu’elle soit scientifique ou artistique ?
    C’est un peu la même chose. Vous ne créez pas “ex nihilo”.
        Votre mémoire a stocké des données multiples.
        Et inconsciemment une connexion se fait entre neurones, qui rapproche des données de façon originale, des données que personnes n’avait encore songé à rapprocher. C’est cela la créativité, l’invention.
        Mais sans données emmagasinées avant, vous n’auriez rien inventé, rien créé de nouveau.

        Pour avoir une intuition, il faut d’abord connaître, et plus votre savoir sera important plus vous aurez des intuitions dans ce domaine.
        Ce qui nous épate, c’est que le cerveau fasse ainsi un travail intelligent de résolution de problème, de façon inconsciente en comparant des données de notre mémoire, et que nous n’en ayons conscience que lorsque le résultat est trouvé. Voilà l’intuition.

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  • Pourquoi le piment brûle t'il la langue ?

        En écoutant une émission de cuisine, j'ai appris que le principe actif des piments était une molécule appelée “capsaïcine” et que les récepteurs de la lange de cette molécule étaient les mêmes que ceux de la chaleur.
        Alors je me suis demandé comment d’autres produits assez  “forts et chauds” au plan gustatifs étaient perçus mais avec moins de force et qu’est ce qu’étaient ces molécules et leurs récepteurs. ?

        Voici quelques éléments de ce que j’ai pu collecter.

    Récepteurs gustatifs et thermiques de la langue :
       

        Les récepteurs gustatifs de la langue sont des chimio-récepteurs particulièrement sensibles à des types précis de molécules caractérisées par leur formule chimique, leur charge électrique et leur forme.
        Ces molécules s’associent aux cellules réceptrices de la langue en se liant à une protéine spécifique située sur la membrane de la cellule, ce qui provoque une dépolarisation de la membrane et la libération d’un neurotransmetteur. Ce neurotransmetteur induit de l’autre coté de la synapse un influx nerveux qui quitte alors les cellules du goût et se rendent au cerveau par l’intermédiaire des neurones sensitifs.
        Il existe plusieurs familles de récepteurs dont une qui a reçu le nom de récepteurs “TRP”. Cette famille de récepteurs est sensible aux stimuli mécaniques, thermiques (chaud et froid) et à certaines substances chimiques et elle est divisée en six catégories (chez les mammifères), dont 3 d’entre elles sont des récepteurs de chaleur les TRPA ,TRPM et TRPV, (transient receptor potential vanilloïde ), ces derniers récepteurs TRPV étant sensibles à des produits chimiques de la famille des vanilloïdes mais s’activent également pour des stimuli thermiques, les TRPV1 pour des températures supérieures à 44 d°C, les TRPV3 entre 32 et 38 d°C, le TRPV4 entre 25 et 30 d°. Les récepteurs TRPM8 sont eux sensibles entre 20 et 25 d°C et les TRPA1 au dessous de 17d°C. E,n outre un  TRP V2 est sensible au dessus de 52 d°C, mais il n’est présent que dans la peau et il y a alors souvent brûlure.

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    Récepteurs thermiques de la peau :

        Il existe dans la peau des terminaisons nerveuses libres, proches de capillaires sanguins, sensibles au froid ou au chaud, avec des récepteurs analogues.
        Les récepteurs au froid sont superficiels, localisés dans l'épiderme.
        Les récepteurs au chaud sont plus profonds dans le derme.
        La sensibilité des récepteurs n’est pas constante
        Pour des températures cutanées basses (28° C), le seuil de sensation au chaud (différence de 1d°C) est élevé et celui au froid ( 0.2° C) est bas. Si la température cutanée initiale augmente, le seuil au chaud diminue et le seuil au froid augmente. Pour une même température cutanée finale (32.5° C), le réchauffement de la peau de 32° à 32.5 ° C amène une sensation de chaud, le refroidissement de la peau de 33° à 32.5° C amène une sensation de froid.
        La sensibilité thermique augmente avec la surface stimulée.
        La sensation de froid ou de chaud apparaît à condition que les variations de température soient au moins de 6° C par minute. Si la variation de température est plus lente, l'écart thermique peut devenir très important avant que nous ne ressentions un changement de température.
        La sensation thermique devient carrément douloureuse si la température cutanée est inférieure à 17° C ou supérieure à 44°C. (récepteurs TRPA1 et TRPV1).

    L’action des piments :

        L’agent actif contenu dans les piments est la capsaïcine. C’est un alcaloïde de la famille des vanilloïdes et son action est une façon pour la plante de se protéger contre les prédateurs.
        La  capsaïcine active les récepteurs TRPV1 et donne donc une impression analogue à celle d’une température de 44 d°C. Elle ne provoque donc pas de brûlure chimique mais seulement une sensation illusoire de brûlure.
        Le lait la transforme chimiquement et donc si vous avez la bouche en feu, parce que vous avez mâché des piments, buvez un verre de lait !!

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        La capsaïcine est utilisée en médecine, dans des crèmes locales pour soulager la douleur nerveuse périphérique. Le traitement  consiste en l’application d’un anesthésiant jusqu’à ce que la zone soit engourdie. Ensuite la capsaïcine est placée  sur la peau jusqu’à ce que le patient commence à sentir la chaleur puis est rapidement retirée. Les nerfs sont dominés par la sensation de brûlure apparente et ne peuvent communiquer la douleur pendant une longue période.

    Et d’autres condiments :

        Le thym renferme du thymol, l’origon du corvacrol, la sariette et le clou de girofle de l’eugénol, l’oignon et l’ail de l’allicine (l’oignon contient aussi d’autres produits qui font pleurer), et ces produits interfèrent aussi avec les récepteurs de la langue., mais pas avec le  TRPV1 et donc ils “brûlent” moins.
        La plupart d’entre eux agissent sur les récepteur TRPV3 et donnent donc une sensation de chaleur très modérée. La menthe et l’ail (crus) agissent sur les récepteurs TRPA1 et produiraient donc une impression plutôt  rafraichissante.


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  • http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/psychopathe.jpg

        Nous avons parfois tendance à facilement utiliser le terme de “psychopathe”, et je ne suis pas sûr qu’on sache vraiment ce que c’est. Les auteurs de films non plus d’ailleurs !

        Un psychopathe n’est pas un malade mental !
        C’est quelqu’un qui a un trouble du comportement  dans ceratines circonstances ou dans un certain environnement   
        Il peut dans certains cas être dangereux, délinquant voire criminel.
        Les psychologues définissent un psychopathe comme une personne ayant des pulsions anti-sociales, qu’il maîtrise mal car il n’a pas de culpabilité pour les actes qui en résultent.
        Wikipédia, chère à nos coeurs, dit qu’un psychopathe est un sujet qui a sa propre vision du bien et du mal, qui n'est pas celle acceptée socialement, pouvant donner lieu à une multitude de manifestations singulières asociales, antisociales délictueuses ou criminelles à divers degrés.
        Il faudrait ajouter qu’en général il n’a pas le sens ni du danger, ni de la culpabilité.

        D’après les médecins psychiatres, la psychopathie toucherait 2 à 3 % de la population, surtout des hommes, entre 20 et 30 ans, le trouble semblant disparaître après 40 ans, sans que l’on puisse expliquer pourquoi.
        Contrairement à l’image déformée qu’on lui prête, le psychopathe n’est pas un dangereux tueur en série sanguinaire. C’est surtout un antisocial qui va éprouver des difficultés à maintenir des relations avec les autres.
        En général un psychopathe :
            - n’est pas sensible, on ne peut pas le "prendre par les sentiments" car il est d’une indifférence froide.
            - a des difficultés à maintenir une relation avec autrui, mais il a souvent des facilités à nouer des relations; simplement, elles ne durent pas.
            - a une grande intolérance à la frustration : il ne supporte pas de ne pas obtenir ce qu’il veut, et son seuil d’agressivité est très bas et il va très vite s’énerver.
            -  a tendance à blâmer autrui et à rejeter la faute sur les autres. Il va expliquer de manière très rationnelle et très convaincante, ses difficultés avec la société, en accusant les autres d’en être responsable.
            - ne ressent pas  de culpabilité. Il n’y a aucune remise en question après un passage à l’acte. Même les sanctions ne remettent pas le psychopathe en question.
            - se considère comme irresponsable. Cette irresponsabilité est souvent revendiquée, constante, avec un mépris des règles et des contraintes sociales.

        Nous avons tous des manifestations de ce genre, mais elles sont rares et peu intenses. Ce qui caractérise le psychopathe c’est la fréquence et l’intensité des manifestations.
        On constatera des explosions émotionnelles fréquentes, une personnalité très impulsive, des changements émotionnels fréquents.
        En matière de relations amoureuses, les psychopathes s’engagent dans des relations fortes et intenses, mais qui ne durent pas et explosent. Ils ressentent une forte anxiété liée à un sentiment de vide dans la vie.
        Ils sont souvent sensibles à l’addiction, du fait de leur inconstance émotionnelle et de leur insatisfaction.

        C’est un trouble de la personnalité très mal connu qui n’est constaté que chez les adultes, lorsque justement la personnalité est définitive.
        Il n’existe donc pas de "psychopathes" adolescents et enfants. Mais des troubles peuvent apparaître chez plus jeunes, qui peuvent être des facteurs de risques ou des signes d’une future personnalité psychopathique à l’âge adulte.
        Il ne faut pas dramatiser car il est difficile, chez l’enfant et encore plus chez l’ado, de repérer ou définir des troubles de la personnalité, car l’adolescence est une période de rejet de l’autorité, de prise de risque pour tester les limites.
        Et quand bien même on aurait des enfants et ados "difficiles", il n’est pas possible de prédire si un trouble de la personnalité existera à l’âge adulte. Le risque est au contraire de stigmatiser inutilement certains enfants.
        Jusqu’à présent ce trouble touchait surtout les hommes, mais de plus en plus de femmes semblent aussi en souffrir.
        Il semble qu’il y ait une composante génétique, mais l’influence des facteurs environnementaux, et notamment familiaux, est essentielle pour tous les spécialistes, dans l’apparition du comportement, mais aucune certitude ne semble exister quant aux causes.
        Les médecins considèrent qu’il est très difficile de concevoir un traitement pour ceux très atteints, car les personnes concernées ne respectent généralement pas les règles, ils ne suivent donc pas leur traitement ou les recommandations des médecins.
        Et la psychopathie semble disparaître vers 40 ans, on ne sait pourquoi !
        Cela me rassure, je ne puis plus être psychopathe. Suis je brimé ?

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  •  
    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/ilyaunalligator.jpg    On croyait jusqu’à présent que lorsqu’on s’endormait, tout le cerveau plongeait très rapidement en même temps dans une activité réduite, de façon globale et homogène.

        Une étude du Service de neurologie de l’Hôpital de Lyon, et de l’INSERM et de l’université de Lyon, dont les équipes  étudient les phases de l'endormissement et la façon dont le cerveau change d'activité au moment de basculer dans le sommeil, remet en question cette conception.
        Un patient épileptique est soigné dans ce service et il a fallu lui implanter des électrodes dans le cerveau pour localiser l'origine de ses crises. Michel Magnin et son équipent en profitent pour suivre l'activité de différentes aires de son cerveau, 24 heures sur 24.
        Quand le sommeil commence à envahir son cerveau, ces chercheurs constatent que, contrairement aux hqpothèses qui prévalaient jusqu'à maintenant, c'est le thalamus qui passe le premier en mode sommeil, avec des décharges périodiques des neurones  qui passent de 40 à quelques décharges par seconde.
        Le thalamus coordonne nos sensations (voir mon article du 20/04/2018), les trie et envoie au cortex frontal les informations qu’il juge importantes et qui viennent alors à la conscience.
        Donc quand il se met ainsi en sommeil, nous ne percevons plus avec nos sens ce qui se passe à l’extérieur ou du moins, même s’il restes quelques perceptions, nous n’en sommes plus conscients

        Lentement, l’activité se ralentit ensuite ensuite dans d'autres zones : notamment frontales et temporales. On n’a plus conscience de ce qui se passe, on ne réfléchit plus, on ne coordonne plus le fonctionnement rationnel du cerveau, car le cortex préfrontal se met lui aussi en sommeil.

        Le patient dort, et pourtant, certaines zones de son cortex sont encore éveillées. Plus de 15 minutes après le début du sommeil, on note encore une activité de haute fréquence caractéristique de l'éveil dans certaines aires cérébrales.
        Tout se passe comme si le thalamus, sorte de relais entre les informations extérieures et le cortex préfrontal, donnait le signal du repos au reste du cerveau, qui met ensuite du temps à s'abandonner entièrement aux bras de Morphée.

        Selon les neurobiologistes, le thalamus répond aux consignes de deux autres centres régulateurs, l'hypothalamus et une zone du tronc cérébral, lesquels tiennent compte de l'état de fatigue de l'organisme et de l'avancement de la journée, certains neurones du tronc cérébral battant la mesure de la fréquence des oscillation  et, peu,à peu, ce mécanisme enclenché, l'activité à quatre oscillations par seconde environ au lieu de 40, gagne ensuite progressivement l'ensemble du cortex, provoquant l'assoupissement, cette fréquence faible permettant une économie d'énergie essentielle au repos.

         Lorsqu'on s'endort, il faut ainsi savoir que certaines zones du cerveau restent actives et continuent de produire des perceptions, des images, des bribes de pensées, après la baisse d’activité du thalamus et de notre cortex frontal siège de la pensée consciente.
        Dans les moments qui précèdent le sommeil total ces activités rémanentes et fragmentaires de diverses zones corticales qui tardent à s'endormir se manifestent et échangent encore, notamment au niveau de la mémoire et ainsi certaines de nos préoccupations ou de nos sensations des dernières minutes, interfèreront ensuite avec l’activité nocturne du cerveau au repos, qui va éliminer toutes les mémorisations inutiles, et interviendront ainsi dans nos rêves.
        
         Cela explique ce que l'on constate chez les personnes âgées qui parfois "déraillent" un peu au moment du sommeil et du réveil ou chez les malades d'Alzheimer. Au réveil, des mémorisations erronées n'ayant rien à voir avec la réalité, provenant de cette période d'endormissement, ou des rêves au réveil, sont prises pour la réalité et ces personnes ont des souvenirs complètement erronés dont certains sont d'ailleurs liés à leurs préoccupations profondes.
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  • http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/salegueule.jpg
        Il est connu qu’aux USA on condamnait plus facilement un noir qu’un blanc.
        Mais en France, combien de fois nous dit on que les policiers contrôlent davantage des noirs ou des personnes ayant une apparence maghrébine, que des blancs et cela s’appelle “le délit de sale gueule”.
        C’est évidemment imputable au racisme de certains et au fait que, les populations d’origine étrangère ayant une vie plus difficile parce qu’ayant des difficultés financières, certains de leurs membres commettent des délits et nous avons tendance à généraliser abusivement à tous leurs compatriotes, même s’ils sont devenus français.
        Mais j’ai lu récemment une étude qui montre que notre cerveau n'a pas des réactions très objectives dans ce domaine.

        Nous nous fions souvent à notre première impression pour nous faire une opinion sur une personne que nous voyons pour la première fois : “dès le début, je l'ai trouvé sympathique” ...  “Au premier contact, j'ai su que cela ne marcherait jamais entre nous”....    
        Tant mieux si le contact est bon, mais attention aux conséquences si la tête de l'autre ne vous revient pas !
        Ces réactions seraient dues à un système de détection cérébral qui détermine, en quelques fractions de seconde, notre sentiment de sympathie à l'égard d'une personne.
        En un dixième de seconde, il évalue jusqu'à cinq impressions sur notre interlocuteur... pour ne plus en démordre.

        Janine Willis et Alexander Todorov, de l'Université de Princeton, ont montré à des volontaires des visages de plusieurs personnes, pendant un dixième de seconde. Pour chacune de ces photographies, ils leur ont demandé d'indiquer si, selon eux, les personnes étaient dignes de confiance, compétentes professionnellement, aimables, agressives ou attirantes physiquement. Les volontaires ont attribué une note à chacun de ces critères.
        Puis on leur a laissé réviser éventuellement leur jugement en observant les photos aussi longtemps qu'ils le souhaitaient.et on leur a redemandé leur opinion.
        On n'a constaté que des différences minimes entre la notation instantanée et la notation “réfléchie”. Le trait “digne de confiance”», notamment, ne subissait aucune variation.

        J’avoue que ce manque d’objectivité m’a choqué et comme je vais souvent à Paris et passe de nombreuses minutes dans le RER, (enfin, pas en période de confinement ), j’ai essayé de faire des expérience sur mes voisins de banquette en face de moi, en évaluant en quelques secondes les caractéristiques relatives à leur personnalité, et en les observant ensuite et en révisant mon jugement.
        Je confirme que j’ai rarement changé d’avis.
        Alors évidemment il me manque la confirmation, savoir ce qu’étaient réellement ces personnes et si je m’étais trompé.
        Mais je ne comprends pas comment notre avis pourrait être fiable en si peu de temps et cela m'inquiète !.
        Alors, décidément, nous jugeons tous, les gens sur leur mine !!

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