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             J’ai été étonné de la réaction du Pape François sur le faux problème de la « théorie du genre. Le Saint Père est un homme intelligent et bon. Il a certainement été mal conseillé, car sa réaction est infondée.

     Il y a dans ces polémiques des abus de langage tout à fait regrettable, car cela entraine des réactions fausses de gens crédules et qui ne se sont pas donnés la peine de s’informer.

     

     D’abord, parlons français qu’est ce que le « genre ».

     

      Notre premier contact avec ce mot, c’est la grammaire : c’est une caractéristique des noms : masculin, féminin, neutre (qui n’existe pas en français), qui souvent se différencie par l’article utilisé.

     Certains d’entre nous l’ont trouvé en maths : c’est une propriété de surfaces et de courbes.

     En biologie, le genre regroupe un ensemble d'espèces ayant en commun plusieurs caractères similaires.

     Dans le domaine artistique on perle de genre littéraire, genre musical, genre poétique, genre cinématographique …

     Et enfin, en sociologie, le genre représente les différences non biologiques (psychologiques, mentales, sociales, économiques, démographiques, politiques…) entre les femmes et les hommes. Rien à voir avec la sexualité.

     

     Qu’est ce que la théorie du genre ?

     

     Il y a la réalité et des définitions tout à fait erronées de la théorie du genre.

     En réalité elle regroupe des études sociologiques sur les différences entre hommes et femmes dans la société : différences de comportement, de considération, d’occupations, de  métiers, de responsabilité, de salaires, de statut, de représentation de soi etc…  En aucun cas des considérations sexuelles.

     On ne nie pas la différence entre homme et femme, au contraire, mais le genre est un concept issu des sciences humaines et sociales pour affirmer l'importance de l'environnement social et culturel dans la construction de l’identité de chacun, de son identité en tant qu’homme ou femme, de la construction de sa vie, mais en aucun cas de son comportement sexuel et des différences biologiques.

     Les études en cause montrent le caractère arbitraire de l'inégalité des sexes dans de multiples domaines. 

     Les disciplines impliquées sont multiples : la littérature, la philosophie, l'histoire, la psychologie, la sociologie et l'anthropologie, les neurosciences sociales, les sciences politiques, la linguistique, l'éthique, l'esthétique, la géographie, l'économie, le droit, mais pas la biologie.

     Mais il ne s’agit pas d’une théorie, mais de constatations : finalement la théorie du genre cela n’existe pas.

     

     Par contre certaines personnes font de la « théorie du genre » un autre sujet , qui est un non-sens : elles considèrent que c’est la théorie selon laquelle notre comportement sexuel dépend uniquement de l’éducation qu’on a reçue.

     Cela n’a rien à voir avec le « genre » et donc il y a totale confusion au départ (volontaire ou pas). En fait beaucoup de ces personnes qui mettent en avant cette théorie sont homophobes et voudraient démontrer que c’est l’éducation qui fait d’un homme (ou d’une femme), un (ou une) homosexuel(le).

     Cette « théorie du sexe » est elle vraie.?

     D’abord il est évident que sauf de très rares exceptions, qui sont des malformations, on naît en étant biologiquement un homme ou une femme.

     Avant même la puberté et tout désir sexuel, l’enfant sait quelle est la différence entre un garçon et une fille biologiquement, mais aussi socialement en observant ses parents. L’identité sexuelle est donc naturelle et ne préjuge pas de l’orientation ultérieure.

     A la puberté, l’adolescent s’éloigne de sa famille et il est donc en manque d’amour. Dans sa quête d’amitié, il lui arrive souvent de ressentir un attrait pour une personne du même sexe, le plus souvent platonique, mais certains parents pudibonds et mal informés, traumatisent parfois grandement leur enfant, (notamment les filles), en le traitant d’homosexuel. Cette recherche à l’éveil de la sexualité n’est pas anormale et ne préjuge en rien de l’orientation future.

     

     Mais la théorie est également fausse pour les véritables homosexuels.

     Des recherches biologiques ont montré que le centre de l’hypothalamus qui règle les rapports sexuels n’est pas identique chez les hommes et les femmes, et que, pour une partie des homosexuels masculins, cette partie de l’hypothalamus ressemblait à celle des femmes. Certaines femmes homosexuelles ont également un taux de testostérone supérieur à la moyenne.

     Des problèmes psychologiques indépendants de l’éducation peuvent intervenir : viol, expérience malheureuse avec quelqu’un du sexe opposé, timidité. 

     Il y a aussi, comme dans tout amour, le hasard des rencontres et l’entente fusionnelle entre deux personnes qui peuvent intervenir.

     L’éducation proprement dite n’intervient que faiblement et dans des cas extrêmes et dans quelques cas seulement : fille non désirée que l’on a élevé comme un garçon, garçon que l’on a élevé au milieu de femmes, sans présence d’homme, dans une atmosphère très féministe de vêtements et de tâches ancillaires.

     En fait l’homosexualité semble provenir, pour certains de données biologiques particulières, et pour d’autres de nombreuses et diverses causes dues principalement à des événements psychologiques et émotionnels, et dans quelques cas seulement de l’éducation.

     

     Et l’Education Nationale ?. Pour une fois, chose très rare,  je suis d’accord avec son ministre.

     Le genre ne sert pas uniquement à différencier féminin du masculin, mais aussi à rendre compte des relations de pouvoir liées à ce type de distinction. Des comportements différents produisent des positions différentes dans la société.

     Longtemps, la place de la femme a été cantonnée à la sphère domestique, son rôle étant principalement d’élever des enfants. Mais cette position attribuée aux femmes n’était pas neutre, elle les a longtemps privées du pouvoir en les écartant de la sphère publique et de la politique. Dans certaines civilisations, l’homme impose à la femme, un statut voisin de l’esclavagisme et veut conserver ce pouvoir et il prive volontairement les filles de toute instruction. Dans les civilisations occidentales, les femmes sont traitées de façon très variables dans le milieu du travail notamment.

     Les cours qui ont été donnés dans les écoles, visaient simplement à rétablir une certaine égalité en montrant que les femmes étaient tout aussi capables que les hommes de faire des études et d’exercer de nombreux métiers.

     L’analyse du genre est donc une analyse critique, susceptible de remettre en cause des relations de pouvoir entre les sexes.

     Cela dit cela ne prône pas non plus l’égalité absolue. D’une part ce sera toujours la femme qui « fabriquera » les enfants. D’autre part un métier dépend d’aptitudes qui ne sont pas forcément les mêmes. un métier qui demande beaucoup de force sera, en moyenne, mieux adapté aux hommes, et les femmes sont par contre, en moyenne, plus performantes sur des travaux qui demandent beaucoup de soin et de méticulosité. Elles sont également souvent meilleures dans les rapports sociaux, qui demandent altruisme et empathie.

     

     Et je pense que l’on devrait aussi inculquer à l’école la tolérance, non seulement dans le cadre de la liberté et de la laïcité, mais aussi vis à vis de ceux qui ne pensent pas comme nous ou n’ont pas les mêmes modes de vie, les homosexuels par exemple, et cela, dans la mesure où eux mêmes se montent tolérants vis à vis de nous.


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