• Inné, acquis et préférences cérébrales.

              J’avais dit, dans un précédent article, que je prendrai comme exemple d’inné ou d’acquis, les préférences cérébrales. Ne voulant pas faire un trop long article, je me limiterai à deux d’entre elles E/I et J/P. (voir mes articles quant à leur définition).

               Le fœtus est issu de deux gamètes lui apportant la moitié des chromosomes de sa mère et l’autre moitié de son père et cet apport préside à la formation de son être, en lui apportant certaines caractéristiques. Celles-ci sont évidemment très proches pour deux jumeaux homozygotes puisqu’ils sont issus de la même cellule initiale et ont donc des caractéristiques génétiques identiques à quelques mutations près.

               Mais cela est plus compliqué pour le cerveau. A l’origine, différents gènes s’expriment successivement et entrainent la multiplication des neurones, leur différenciation suivant les centres où ils se trouvent, puis guident au moyen de marqueurs chimiques la croissance des dendrites et des axones vers les neurones avec lesquels ils doivent être en liaison. Selon la nature de nos gènes différents de ceux d’une autre personne, les différents centres vont hériter de plus ou moins de neurones et de plus ou moins de connexions. C’est donc une part d’inné héréditaire. Mais dans la dernière phas ultime de connexion des axones aux dendrites suivantes, il n’y a plus de guidage et la connexion se fait au hasard. Certes c’est une part d’inné mais pas héréditaire et ainsi deux jumeaux ont des cerveaux différents.

              Nos préférences cérébrales à l’origine sont innées puisqu’elles découlent de cette formation et nous avons ainsi « un potentiel de personnalité » qui est inné.
              Nous sommes droitier ou gaucher, nous sommes par exemple plus extraverti (E) qu’introverti (I), et cela dans une certaine proportion, et notre cortex préfrontal aura tendance à plus ou moins vouloir maîtriser les événements (J) ou au contraire s’adapter à leur réalité lorsqu’ils se seront manifestés ℗.

               Voilà la part d’innéité, qui est de 100% à la naissance, mais qui n’est en fait qu’un potentiel, car nous n’avons subi aucun apprentissage et le bébé est juste capable de vivre et de se nourrir et de percevoir encore imparfaitement avec ses cinq sens, tout cela inconsciemment.
             
    Vont maintenant intervenir, d’abord l’apprentissage initial du bébé, puis l’éducation des parents, enfin l’instruction, et en permanence l’apprentissage de la vie et l’enseignement du vécu.

     

               L’apprentissage du bébé va surtout influer sur ses aptitudes physiques et sa mémoire : développement des cinq sens, reconnaitre et manipuler les objets, s’asseoir, marcher, manger sans aide, connaître son environnement…..
               Il aura peu d’influence sur ses préférences cérébrales, mais celles-ci se manifesteront, l’enfant sera plus ou moins attiré par les personnes (E) ou saura s’occuper seul (I), il voudra avoir prise sur son environnement (J) ou s’y adaptera (P).

              L’éducation des parents va lui apprendre des règles de vie d’une part, et le familiariser avec les relations humaines et la compréhension d’autrui (sa famille principalement). ‘influence de sa famille va modifier ses préférences cérébrales innées dans une certaine mesure, en les diminuant ou en les amplifiant.
               Des parents (E), qui parlent beaucoup, qui ont tendance à vouloir une compagnie permanente, qui tirent leur forces du contact avec autrui, développeront la préférence E de leur enfant, en l’amplifiant si l’enfant est déjà E, ou en diminuant sa tendance introvertie telle est sa préférence innée.
              A l’inverse des parents fortement introvertis, qui réfléchissent dans leur coin, augmenteront la tendance introvertie de leur enfant ou freineront sa préférence extravertie.
              De façon analogue, un enfant P, qui a tendance à procrastiner et à ne jamais être à l’heure, verra sa préférence augmenter si ses parents ont la même préférence et mènent une vie assez anarchique. A l’inverse des parents J, très ordonnés et organisés freineront cette tendance de l’enfant à se laisser aller.
              La réciproque est vraie pour un enfant J, dont la tendance à maîtriser les événements sera renforcée par des parents J, et qui apprendra par contre à s’adapter dans certains cas, aux événements par des parents P.

               L’instruction aura des effets différents car elle apporte certes des habitude -notamment celles de la réflexion et du travail -, mais surtout elle apporte des connaissance, une ouverture d’esprit, développe énormément la mémoire et l’intelligence.
              Par ailleurs, l’enfant, puis l’ado, s’éloigne de sa famille, se fait des copains (d’autant plus qu’il est E), et appartient à un groupe, qui lui inculque de nouvelles orientations. Ses aptitudes aux relations humaines se développent ainsi que sa tendance E, mais de façon moindre s’il est I.        
             L’instruction va influer notablement sur les aptitudes de l’enfant (dépendant surtout du développement de sa mémoire, de son intelligence, de sa capacité à innover, à faire des exercices, et de sa capacité de travail et de concentration), , et également sur certaines préférences cérébrales : développement des préférences G et S, aptitude plus ou moins grande à l’indépendance d’esprit et à la tolérance.

               Notre vécu et l’expérience de la vie, vont nous apporter des leçons, des joies et des peines, des aléas dans nos relations et certaines de nos préférences cérébrales et de nos aptitudes vont se modifier, mais plus lentement.
              En ce qui concerne les fonctions cérébrales de perception et de décision, il existe une hiérarchie entre ces 4 fonctions et un développement progressif que l’on appelle (selon CO Jung) le « chemin du serpent ». Pour une personne de préférences IGLJ, par exemple, usqu’à une dizaine d’années l’enfant ne se servira principalement que de sa fonction principale, pour un IGLJ, la perception globale intuitive, la créativité, l’imagination, le rêve, le peu de goût pour les choses répétitives et fastidieuses et pour les travaux pratiques nécessitant de la minutie.
               A l’adolescence, l’ado se servira toujours de cette fonction, mais aussi de sa fonction auxiliaire la logique, et cela d’autant plus qu’il suivra des études scientifiques et plus facilement s’il est également J, ce qui renforce sa fonction logique par une bonne organisation et la volonté d’agir sur les choses par la réflexion, et notamment sur le futur puisqu’il est aussi G.
              Ce n’est en général qu’après 20 ans où il abandonnera sa réflexion logique pour certains choix et « osera » choisir parfois selon son goût ou son impulsion, sans réfléchir.
              Quant à le fonction « cachée » ou « inférieure », elle ne sera utilisée fréquemment qu’à la maturité voire plus tard ou même jamais.

    Inné, acquis et préférences cérébrales.

              En fait ce schéma est très variable, car le développement des autres fonctions dépend fortement de l’éducation et l’instruction, des circonstances et de la volonté de l’individu de développer ses fonctions tertiaire et inférieure.
              Dans l’adolescence, les fonctions tertiaire et inférieure, plus tard la fonction inférieure interviennent cependant, mais surtout dans le « monde de l’inconscient ».
              Cela veut dire en pratique, que ces fonctions seront inconsciemment utilisées dans les moments difficiles où l’individu réagit inconsciemment : colère, peur, tristesse, stress, maladie ...
              Dans ces situations un ado IGLJ pourra réagir comme s’il était V (sa fonction tertiaire encore dans l'inconscient, alors que sa fonction auxiliaire est L) donc être colérique, impulsif,  ou prendre des décisions irréfléchies) quelquefois comme un S (en général en étant hyper sensitif)).           
             
    Un adulte réagira plutôt dans ses moments de colère ou de stress, comme un S. (sa fonction cachée). Au lieu de percevoir globalement, de s'intéresser à l'avenir, d'être imaginatif, il s'embourbera dans les détails du présent, en devenant tatillon, s'occupant de détails, devenant hypochondriaque, en devenant outrancièrement sensitif.

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Violence et délinquance, inné ou acquit : que dit la recherche ?

               Je viens de faire un article sur l'inné et l'acquis, alors voyons un cas particulier de la question, qui a fait autrefois l'objet d'une discussion entre le philosophe Michel Onfray et Nicolas Sarkozy.

               A la suite d'un téléfilm vu à la télévision, j'ai fait le 13 juin dernier un article sur "on ne nait pas délinquant, on le devient. Cela m'a valu quelques mails.

               Les  propos journalistiques, animés bien sûr par l'envie de frapper les esprits et de faire du “sensationnel”, ont tendance à soutenir des thèses comme si elles étaient  le fruit de la recherche scientifique et, pour répondre à ces mail, j'ai effectivement été vérifier si ce qu'ils racontaient, était vraiment ce que les chercheurs en cause avaient écrit.
              Evidemment je n'ai pas consulté tous les articles sur le sujet, mais certains dont j'avais entendu citer. J'ai pu constater que les conclusions de ces chercheurs était assez différentes de ce que disait la presse ou la télévision.

              Ces médecins ou scientifiques sont persuadés que, si certains sujets présentent des prédispositions à la violence et à la délinquance, par contre c'est l'éducation et l'environnement qui ensuite jouent le rôle moteur soit pour empêcher le développement de ces tendances, soit malheureusement pour les favoriser.
              Puis ils se sont posés la question d'une part de savoir comment détecter ces prédispositions, et d'autre part comment éviter la dérive vers la délinquance par une éducation appropriée.
              En fait ils n'ont jamais opposé patrimoine génétique contre environnement et éducation, comme on voudrait nous le faire croire.

              Les sujets de leurs études étaient surtout la violence et la délinquance des jeunes, ce qui ne veut pas dire qu'ils négligeaient celle des adultes. Mais ils pensaient que sur les jeunes, il était encore temps d'enrayer le mécanisme d'évolution.
              Le pédopsychiatre Michael Rutter et le criminologue David Smith, ont en particulier montré qu'entre 1950 et 1995, la délinquance juvénile aux USA avait été multipliée par un facteur cinq; l'âge culminant aux USA et au Royaume Uni, se situait entre 17 et 18 ans pour les garçons et 14 et 15 ans pour les filles.
              Le professeur à l'Institut de psychiatrie de Londres, Terrie Moffitt indiquait que cette différence était due sans doute à une maturité plus rapide des filles et pensait qu'il fallait distinguer deux types de délinquance juvénile :
                        - ceux ou celles qui à l'adolescence, commettent des infractions légères sous l'influence de l'environnement et notamment de certains camarades.
              En général ils sortent de la délinquance en devenant adulte et autour des 20 ans.
                        - les délinquants qui perdurent dans cette voie et dont la délinquance s'aggrave après l'adolescence, et qui pour une part d'entre eux auraient des prédispositions que l'éducation n'aurait pas corrigées ensuite.
              Le point qui a suscité des polémiques est l'affirmation de ce chercheur qui indique que ces personnes manifestaient pour beaucoup des comportements anti-sociaux (troubles neurologiques ou comportements difficiles) dans l'enfance et qu'une détection appropriée aurait pu permettre d'éviter leur évolution malheureuse.
              La généralisation d'un tel propos est effectivement abusive.
              L'étude portaient en fait sur une population de 1037 jeunes garçons et filles d'une “colonie écossaise” en Nouvelle Zélande. C'est donc une population assez particulière.
              D'autre part le chercheur s'il indiquait que certains facteurs génétiques pouvaient être mis en cause, n'excluait pas que les conduites sociales observées (léger déficit cognitif, tempérament difficile, hyper-activité...) soient ensuite exacerbés par l'environnement et notamment par des pratiques parentales inadéquates, des liens familiaux perturbés ou la pauvreté et l'exclusion.
              Il citait également l'influence néfaste de tiers.
              Le docteur Nathalie Philippe, (française vivant en Nouvelle Zélande) a publié en 1997 un livre très intéressant sur cette étude, et en 2006 Pierrette Verlaan et Michèle Déry (chercheurs au Québec) ont également écrit “Les conduites antisociales des filles” , deux livres basés sur ces études de Terrie Moffitt à Dunnedin.

              Mais, s'il faut se méfier des généralisations journalistiques, il ne faut pas par contre se voiler la face. Depuis longtemps des études sur les jumeaux (par comparaison avec des non-jumeaux) ont montré que les facteurs génétiques et innés jouent un rôle important dans notre personnalité et dans nos comportements cognitif et émotionnel et leurs troubles.
    Toutefois, cela n'enlève rien au rôle primordial de l'environnement et de l'éducation.
       
              Patricia Brennan de l'université d'Atlanta en Géorgie (USA), qui a également fait des études dans ce domaine sur de jeunes Danois, écrit que
        “ ...La biologie n'explique pas tout. Il faut qu'elle se conjugue à un autre facteur, comme un environnement social défavorable ou une mauvaise éducation parentale...”
              Elle a étudié en particulier comment un rejet maternel, voire paternel de l'enfant, pouvait entraîner par la suite violence et délinquance de l'adolescent.

           

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Inné ou acquis : une discussion biaisée par des considérations politiques, philosophiques ou religieuses.

              Un de mes correspondants émet dans un mail, des doutes sur l’influence de nos aptitudes innées ou héréditaires sur nos comportements et il pense que tout vient de notre éducation. Il conteste encore plus l’héritage ancestral de la civilisation, ce que Jung appelle les “archétypes”. Il ne croit pas aux théories de l’évolution.

              Je ne veux pas entrer dans le débat de savoir si le darwinisme est incompatible avec la religion, et notamment le Coran, c’est une discussion qui me paraît stérile, car Dieu ne pourra jamais nous dire ce qu’il en pense et l’homme me paraît bien présomptueux de parler à sa place.
              Certes les théories de Darwin datent maintenant, mais on trouve dans de nombreuses disciplines scientifiques des  conséquences plausibles de ses théories, en particulier la transmission de comportement qui concourent à la survie de l’espèce (chez les animaux mais aussi chez l’homme).

              Je voudrais vous donner quelques exemples de notre comportement qui semblent être innés et qui, dans certains cas, peuvent venir d’âges lointains.
              Ils résultent d’études de neuropsychologues.

              Si l’on vous disait que, de loin, la silhouette d'un homme en train de marcher donne l'impression de s'approcher, alors que celle d'une femme donne l'impression de s'éloigner vous seriez sûrement étonnés. Pourtant c’est ce qu’ont montré des chercheurs de l'Université de Coffs Harbour en Australie, dirigés par A. Brooks. 
              Des hommes et des femmes ont été filmés en train de marcher sur un tapis roulant, dans l'obscurité, avec de petites lampes fixées sur les articulations des coudes, des genoux, des poignets, des chevilles, des hanches et à la chevelure. Le film permet de reconnaître une silhouette en train de marcher, mais pas de savoir si elle s'approche ou si elle s'éloigne.

              Mais lorsqu'on demande à des volontaires d'indiquer si la personne s'éloigne ou s'approche, ils disent généralement que la silhouette masculine vient vers eux, alors que la silhouette féminine s'en éloigne.
              Selon les psychologues, le système d’interprétation visuel humain qui est situé à l’arrière de notre crâne, au dessus de la nuque, aurait évolué pour réagir rapidement en cas d'ambiguïté: si l'on ne sait pas si un homme s'approche ou s'éloigne, il vaut mieux supposer qu'il s'approche, car cela permet de se préparer à fuir ou à combattre. Par contre, une femme est rarement hostile, et dans le doute il vaut mieux (surtout pour un enfant si c'est sa mère) supposer qu'elle s'éloigne, afin de mieux la rattraper, car elle est synonyme de survie.
            Evidemment cette tendance nos paraît ridicule au siècle de l’automobile, de l’avion et de l’exploration de l’espace et pourtant.....

               Un autre exemple de l’influence de l’innéité indépendemment de l’éducation.
              
    Des chercheurs américains ont mené des études sur des enfants de provenance éducatives très différentes et ont constaté certains comportements communs.
              
    Par exemple un jeune enfant partage difficilement ce qui lui appartient, jouets ou friandise et se montre égoïste jusque vers l’âge de sept ans , puis il semble s’ouvrir à un partage et même se montrent parfois très égalitaires dans la répartition des choses agréables.

              Selon les chercheur cette transformation de l’égoïsme vers l’égalitarisme se ferait à un âge où le cerveau atteint un développement suffisant (cerveau émotionnel ou plus probablement connexion avec le cerveau préfrontal) et serait donc une expression de la génétique (pas forcément de l’hérédité, mais l’expression d’un gêne très répandu dans l’espèce).
              On peut interpréter cela comme la tendance à favoriser la survie du groupe sans lequel l’individu seul ne survivrait pas, mais rien ne permet de conforter cette hypothèse.

             Troisième exemple d’une étude faite par des chercheurs des Pays Bas. 
             
    Les enfants seraient plus sensibles aux encouragements avant une dizaine d’années et plus à même de tirer parti des punitions ensuite.
              
    Lors d’expériences d'étude du comportement face à des actions positives ou négatives de l’environnement, les chercheurs ont constaté que les enfants de 8 ou 9 ans prenaient de meilleures décisions lorsqu'ils recevaient des messages positifs alors que les enfants de 11 ou 12 ans tiraient aussi parti des messages négatifs.

              Ces expériences, réalisées sous scanner, ont révélé que le cortex préfrontal dorso-latéral (une zone du cerveau qui adapte le comportement aux changements de l'environnement et prévoit en partie les conséquences de nos actes correspondantes), cette zone  s'activait en réaction aux messages d'encouragementdes chez des enfants de 8/9 ans, mais jamais suite à des commentaires négatifs. C'était exactement le contraire chez les enfants de 11/12 ans.
              Évidemment, un enfant même très petit, peut parfaitement comprendre un interdit et s'y conformer !    
              Mais en ce qui concerne le raisonnement déductif  pratiqué lors de l’étude, le cortex serait donc presque indépendemment de l’éducation, peu sensible aux instructions formulées sur un mode négatif avant une dizaine d’années et les messages d'erreur ne sont bien pris en compte par le cortex au-delà de 10 ans. 
              Dans leur conclusion les chercheurs pensent que les enfants seraient plus sensibles aux encouragements avant l'âge de dix ans, et plus à même de tirer parti des punitions ensuite et que, dans les apprentissages scolaires notamment, il est sans doute plus plus efficace d'insister sur les succès d'un enfant de moins de dix ans,que sur ses erreurs.
              Il semble bien qu’il s’agisse d’un problème de développement du cerveau lié à l’expression à un moment donné d’un gêne, presque indépendamment de l’environnement.

               Cependant il ne faut pas pour autant négliger l’influence de l’environnement. C’est la croyance démesurée en les qualités innées et héréditaires, qui conduit au racisme et à l’eugénisme et a justifié sous Hitler, les atrocités faites par les SS et les nazis.

              L’environnement a une énorme influence sur notre apprentissage et notre développement. En fait nous sommes déterminés par nos gênes puis par notre environnement (et même par nos gènes dans notre vie, comme nous l’enseigne l’épigénétique). Les deux sont inséparables.

               Mais faisons des suppositions irréalistes : supposons qu’il n’y ait pas de gènes : il n’y aurait ni corps, ni cerveau, ni être vivant et l’environnement n’y pourrait rien. 
              
    Si nous avions tous les mêmes gênes nous serions tous des clones semblables les uns aux autres, comme des robots et seule ensuite notre éducation et notre environnement feraient la différence.

              A l’inverse si nous avions un système d’éducation qui soit strictement identique pour tous dans le moindre détail, que ce soit par les parents ou à l’école, alors seuls les différences apportées par les gènes interviendrait.
              Mais l’absurdité de ces suppositions montre que inné et acquis interviennet tous deux dans nos comportements.

               Je remarque par contre que ce débat inné-acquis refait surface dans toute campagne ou polémique politique, les partisans de l’inné étant plutôt de droite et ceux de l’acquis, de gauche. C’est en fait de la langue de bois, l’idée de suprématie de l’inné permettant de faire moins d’efforts pour les humains et de conserver les privilèges et d’excuser autorité et injustices, et l’idée de suprématie de l’acquis justifiant un plus grand effort d’instruction, de lutte contre la pauvreté et de renouvellement des dirigeants de la société.
              En fait un débat idéologique sur ce sujet est forcément faux et stérile, car son but est ailleurs à des fins politiques, philosophiques ou religieuses et non à un examen scientifique de la question.

               De plus chaque cas est particulier. On peut étudier de façon très approximative l’influence de l’acquis et de l’inné par des méthodes statistiques et des études sur des populations ou sur des jumeaux. On trouve souvent des pourcentages qui tournent autour de 50/50.
              Mais ce peut être très différents et certains professeurs me soutenaient que un bon accent en anglais (langue étrangère) était de l’ordre de l’acquis, de l’apprentissage en classe et sur le terrain.
              C’est vrai en grande partie, mais l’inné peut ijtervenir dans notre sensibilité de l’oreille et du cerveau à saisir certains sons, à être capable de les reproduire.

              Pour illustrer cette question je traiterai deux cas dans les prochains articles : celui des délinquants et celui des « préférences cérébrales. ».

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •          J'ai regardé dimanche dernier un téléfilm à la télévision, dans lequel une psychiatre qui faisait du profilage, considérait que la délinquance était héréditaire et que l'on pouvait déceler à l'avance par une étude psychologique des enfants et ados, les jeunes qui seraient un jour délinquants.
              Je ne comprends pas que des producteurs de télévision suggère des âneries pareilles que les spectateurs risquent ensuite de croire, ce qui peut entraîner des problèmes sérieux entre personnes.
              On ne nait pas délinquant, on le devient !
              On n'est ni délinquant, ni saint, de façon innée. C'est l'éducation, l'environne-ment et les actes personnels qui essentiellement peuvent vous amener à la délinquance ou à la sainteté.
              Croire l'inverse dans ce domaine, en une espèce de prédestination ou d'hérédité, me paraît au contraire une chose très dangereuse à l'origine de monstruosités comme on en a connues sous le nazisme.
              C'est également faux de croire que la plupart des délinquants sont nés dans une famille pauvre ou immigrée.
              Il y a beaucoup de délinquants qui sont issus de familles relativement aisées (peut être parcequ'ils ont été trop gâtés dans leur enfance), et je connais des jeunes issus de familles modestes et immigrées, qui ont fait des études réussies et ont actuellement un métier et un poste importants.

               Il est cependant certain qu'il y a une part d'inné dans notre personnalité.
               Je suis tout à fait d'accord et c'est ce que je vous ai montré dans les articles sur les “préférences cérébrales” qui ont une part importante d'innéité, mais que nous pouvons ensuite modifier par l'éducation et l'apprentissage de nos tendances “non préférées”. (voir mes précédenyts articles sur les préférences cérébrales).
              Cela influe certainement sur notre devenir : prenons des exemples.

              On constate que la plupart des ingénieurs ont une préférence cérébrale de décision “Logique”. Ils font leurs choix après un examen logique des situations et de leurs conséquences et ne prennent pas, le plus souvent, leurs décisions selon leurs goûts et valeurs de façon intuitive et subjective, comme le font les personnes de préférences “Valeurs”.
              On trouve également que la plupart d'entre eux donnent priorité à la décision et veulent maitriser les événements, (préférence J) plutôt qu'attendre pour décider et s'adapter ensuite (préférence P).
              Pourquoi?
              D'abord parce que ces préférences sont plus favorables pour comprendre et résoudre les problèmes qu'on vous pose dans des études scientifiques.
              Ensuite parce que ces études scientifiques développent énormément ce processus de décision et d'emprise sur les phénomènes.
              Ceux qui étaient “L J” de façon innée ont renforcé leurs préférences et ceux qui étaient “V”  ou “P” ont appris à se servir de leur mode non préféré qui est devenu presque habituel (une seconde nature).
              A l'inverse j'ai constaté que certains jeunes qui avaient passé un bac S et avaient commencé une prépa scientifique, ont renoncé parce que leur préférence était “Valeurs” et qu'ils avaient du mal à s”adapter.

              Si l'on prend les métiers de la santé ou de l'aide sociale, on y trouve beaucoup d'extravertis qui ont au contraire une préférence de décision “valeur” car ces deux préférences entraînent une affectivité et un altruisme plus grands, nécessaires dans leur métier.
              Là encore cela facilite leurs études qui leur plaisent mieux et l'exercice de leur métier renforce ces préférences.

              Alors comment devient on délinquant ?
    Certes il n'y a pas de chemin imposé, sinon on arriverait à éviter cet écueil, mais on peut cependant trouver quelques explications.

              Les parents ont comme devoir vis à vis de leurs enfants de les éduquer, c'est à dire de leur donner la formation nécessaire pour qu'ils puissent ensuite s'assumer hors du nid familial. (ex-ducare, c'est conduire vers l'extérieur). Cela implique qu'on leur assure une certaine instruction à l'école et qu'on leur communique certaines règles morales et de conduite et des valeurs de vie sociale en société.
              Malheureusement certains parents, soit parce qu'ils sont trop occupés, soit parce que famille monoparentale, la personne seule qui les élève, doit travailler dûrement pour assurer la subsistance de la famille, soit aussi quelquefois parce qu'ils n'ont pas appris et ne savent pas élever leurs enfants, ne jouent pas leur rôle d'éducateurs et cette éducation parentale fait défaut.
              De ce fait, le jeune ignore ces règles et n'a pas acquis de système de valeurs;
              Il est alors livré à ses seuls instincts et goûts.

              Les parents, qui ont de moins en moins d'autorité sur leur enfant, ne contrôlent pas ses actions et notamment sa présence à l'école, et le laissent traîner dans la rue, notamment le soir. Peu à peu il fait partie de groupes de camarades, dont certains sont malheureusement des délinquants. Le jeune ado, de nature frondeuse comme tout ado, aura tendance à suivre ces exemples, plus spectaculaires et excitants, et sera ainsi initié à des pratiques qui ne lui apparaissent pas comme particulièrement répréhensibles, puisqu'il n'a pas reçu des règles qui pourrait rendre pour lui ces pratiques suspectes
              Peu à peu ses centres d'apprentissage et du plaisir vont lui faire s'approprier ces actes répréhensifs comme habituels.
              C'est d'autant plus dangereux qu'à l'âge ado, les centres du cortex frontal qui sont chargés de prévoir les conséquences de nos actes, ne sont pas encore arrivés à maturité.
              C'est ainsi que le jeune commencera par fumer du cannabis, puis en vendre pour gagner de l'argent et ensuite faire partie d'un réseau et participer à des actions de violence pour défendre son territoire et celui de sa bande.

              J'ai connu quelques jeunes qui ont suivi ce chemin. Au départ c'étaient de braves garçons, pas très malins et qui étaient très influençables et insouciants, puis peu instruits, peu travailleurs et ayant envie de vivre largement sans s'en donner la peine.
              Leurs parents ne leur avait donné ni règles, ni valeurs, et c'était devenu pour eux normal de mépriser la société et la loi. Ils se sentaient au dessus de cela et se croyaient “invulnérables”.
              Peu à peu ils ont ainsi glissé sur la mauvaise pente, et se sont trouvés confrontés à la police et aux tribunaux à plusieurs reprises, certes pour des délits mineurs, mais qui ont accumulé la prévention et l'attention des autorités sur eux. Puis un jour ils ont fait la grosse bêtise qui a entraîné leur arrestation et un jugement sévère : une condamnation à de la prison ferme.

              Dans cette évolution catastrophique, il n'y a guère de place pour l'hérédité ou l'innéité, mais une déficience des parents à l'origine, une paresse, une insouciance et un manque de volonté des jeunes intéressés, mais aussi une responsabilité de la société qui ne les a pas freinés à temps sur la voie de la délinquance et qui trop souvent, s'est contenté de les sanctionner.

             Toutefois certaines configurations de préférences cérébrales peuvent augmenter chez les jeunes la probabilité d'être en difficulté.
             J'ai eu l'occasion, il y a quelques années de discuter avec des jeunes en difficulté (pas des délinquants, mais des situations difficiles) et j'ai constaté (et cela sur plus de 200 cas) que beaucoup d'entre eux étaient de préférences cérébrales E S V P, ce qui n'est pas conforme aux statistiques sur la population générale, et étaient par ailleurs très influençables.
              Cela signifie quoi ?
                      Extravertis, (“E”), ils se plaisent en compagnie des autres et n'aiment pas leur monde intérieur, celui des idées. Ils ont donc plus tendance à parler qu'à réfléchir.
                      Sensitifs, (“S”), ils vivent dans le présent et aiment les sensations et donc tout ce qui touche au plaisir rapide immédiat. Ils prévoient mal les conséquences de leurs actes, et cela d'autant plus que les centres du cortex destinés à cette prévision ne sont pas encore entièrement développés chez les ados.
                      Valeurs (“V”),  ils ne décident  pas  en fonction de raisonnements logiques, mais font    « ce qui leur plait, en fonction de leurs valeurs ». Mais ces jeunes ont eu une (absence d') éducation dans laquelle on ne leur a pas donné de valeurs (ni de règles). Ils font donc ce qui leur plait en fonction uniquement de leurs goûts, leurs instincts, et de leurs envies ou de leurs pulsions.
                      Perception (“P”), ils ne cherchent pas prise sur les événements mais se laissent dominer par ce qui arrive, en s'y adaptant au mieux.
                      Influençables, ils ont l'esprit moutonnier et suivent donc facilement l'exemple de leurs copains, qu'il soit bon ou mauvais.
              Et j'ai constaté que parmi eux, ceux qui avaient des préférences autres arrivaient beaucoup mieux, dans des situations analogues, à remonter la pente.

              Si leur situation était souvent difficile, avec des échecs scolaires ou sociaux, les préférences cérébrales n'en sont pas la seule explication. La situation familiale, l'incapacité des parents à les éduquer, la faible instruction scolaire, étaient grandement responsables.
                 Et ce n'étaient pas des délinquants, mais des ados un peu paumés et en difficulté.

       

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Inné ou acquit ?
        Beaucoup trop de jeunes ne font pas assez d’efforts car ils croient que leur hérédité, héritée des parents, est prépondérante et va déterminer leur avenir. C’est une énorme erreur.

        En fait lorsque nous naissons, notre cerveau est juste capable de nous faire vivre (le cerveau central et notamment l’hypothalamus), et de nous faire ressentir des sensations, sans d’ailleurs que nous soyons capables de les interpréter vraiment.
        Mais, grâce notamment à notre système d’apprentissage, qui est là, prêt à fonctionner, chacun d’entre nous a un immense potentiel, qu’il développera ensuite plus ou moins.
        Alors qu’avons nous d’inné ?

        Commençons par la formation du cerveau.
        Elle est commandée par ce que l'on appelle des “facteurs de croissance”, molécules chimiques qui stimulent des gènes qui vont présider à la différenciation des cellules nerveuses, puis à la croissance de leurs ramifications : dendrites et axones, et leurs jonctions : les synapses.
        Les diverses sortes de neurones apparaissent d'abord, puis leurs prolongements se développent, guidés par des indicateurs chimiques qui tracent leur chemin, pour que les jonctions nécessaires se fassent entre les divers centres du cerveau. Ces guides amèneront les axones jusqu’aux emplacements des centres avec lesquels ils doivent communiquer.
        Au départ, les gênes ayant une origine héréditaire, notre patrimoine génétique légué par nos ancêtres intervient. mais ces marqueurs chimiques ont aussi une action indépendante des gênes et une différenciation individuelle se produit ainsi. De plus ces marqueurs ne conduisent la croissance de ces terminaisons qu'à proximité de l'endroit cible, mais la fin de la croissance et la connexion à d'autres neurones se termine aléatoirement.
        Tout cela fait que même deux jumeaux issus du même ovule (génétiquement unique - on dit homozygotes), n'ont pas des cerveaux identiques.
        La formation du cerveau aboutit donc à des préférences cérébrales qui vont régir en partie notre personnalité et des centres plus ou moins développés, ce qui nous confère des aptitudes différentes à la naissance.
        Mais ces différences sont moindres que celles que vont apporter l'apprentissage du bébé et de l'enfant et toute l'éducation qui lui sera donnée, puis ensuite son “expérience de la vie” personnelle.


        A la naissance, le nombre de connexions entre neurones est à l'origine très supérieur au besoin et les connexions qui ne servent pas vont disparaître surtout pendant l'enfance. Il en résulte une modification importante des divers centres du cerveau, notamment ceux qui concernent la perception (nos 5 sens) en fonction de l'apprentissage de l'enfant.
        Pour donner un exemple, on constate que si, par suite d'un strabisme que l'on ne corrige pas très jeune par exemple de l'oeil droit, celui ci devient “paresseux” et les centres du cerveau gauche qui devraient s'occuper de l'interprétation des images de l'oeil droit, s'atrophient ou se mettent à travailler aussi pour l'oeil gauche, de telle sorte que l'enfant, peu à peu ne “voit plus” de l'oeil droit. (en fait c'est son cerveau qui ne travaille plus pour lui).
        C'est un exemple extrême, mais il est certain que plus on fait travailler un de nos sens, plus le nombre de connexions du centre d'interprétation correspondant sont nombreuses.
        Cette différenciation se poursuit lors de l'instruction de l'adolescent.
        On constate par exemple qu'un musicien a un centre auditif plus développé (notamment en ce qui concerne la différenciation des sons en fréquence - les “notes”) et que les centres moteurs s'occupant de la commande des doigts sont plus développés chez un pianiste.
        Ceci touche aussi la mémoire :
        Un peintre ou un photographe a en général des aires qui gèrent la mémoire des couleurs beaucoup plus développées, mais aussi les centres d'interprétation de la vison colorée plus sensibles aux nuances.
        C'est l'utilisation plus ou moins grande de ces centres du cerveau qui peu à peu modifie leur développement.
        Il y a des phases très importantes dans le développement de l'enfant : apprentissage des gestes de préhension et de la vision qui les guide entre 5 et 9 mois, apprentissage de l'équilibre lorsque le bébé apprend à marcher, apprentissage de l'ouïe et des centres de la parole lorsqu'il apprend à parler, de la vue et de ces mêmes centres lorsqu'il apprend à lire et à écrire, les centres moteur de la main étant aussi concernés par cette dernière action.
        L’apport des parents et des éducateurs dans l’évolution des capacités d’un enfant est donc immense.

        Ce n'est pas tellement la taille des zones cérébrales qui intervient (le nombre de neurones) qui reste à peu près le même, mais le nombre de connexions entre eux, (il est colossal de l'ordre de dix puissance seize !), et aussi un phénomène plus complexe, leur capacité à produire au niveau des synapses plus ou moins de neurotransmetteurs, qui conditionnent le passage de l'influx nerveux.
        De plus certaines connexions existantes sont peu actives ou “en réserve” et d'autres sont “favorisées” par l'utilisation, c'est à dire qu'il faut un impulsion moindre de tension électrique pour qu'elles transmettent l'influx nerveux. Notre mémoire notamment est basée sur cette propriété.

        Nos aptitudes sont donc en partie génétiques, mais surtout dues à notre apprentissage d'enfant, qui dépend plus de nos éducateurs (parents, éducateurs, professeurs) que de nous mêmes, puis une partie volontariste qui dépend de nos activités cérébrales, mais où l’intervention de nos parents et de nos enseignants est primordiale.
        Les jeunes ne se rendent pas compte qu’une grande partie de l’avenir de leur vie, se joue au collège, au lycée, puis dans le supérieur ou l’apprentissage d’un métier.

    Partager via Gmail

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique