• http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/aquelagemonenfantdoitmarcher.jpg

                Quand mes enfants, puis mes petits enfants avaient un an, ils commençaient par marcher à quatre pattes, et à courir ainsi partout dans la maison. Maintenant c'est au tour de mes arrières-petits-enfants.
               Puis ils allaient près d'un divan et là, ils s'appuyaient sur le bord et arrivaient à se mettre debout, avec de moins en moins d'efforts et davantage de facilité dû à l'apprentissage. Et de là ils regardaient autour d'eux. Puis ils essayaient de marcher en s'appuyant le long du divan.
                On leur prenait alors les deux mains et on les faisait marcher devant nous en les soutenant et peu à peu l'équilibre venait.
                Puis un jour, partant du divan, ils faisaient six pas tout seuls pour venir s'accrocher à nos jambes comme à une bouée salvatrice, en limite d'équilibre. 
               Ensuite c'étaient les multiples essais, mais aussi les nombreuses chutes. Et enfin le bébé peut parcourir l'espace debout, et même courir.
               Je me suis toujours demandé ce qui poussait le petit homme, à se dresser tout à coup au lieu de rester à quatre pattes, pour explorer le monde, avec les risques de chutes que cela comporte.
                C'est vrai que, par rapport au singe, nous ne sommes pas doués à quatre pattes, car nous nous traînons sur les genoux. Mais avec un peu d'apprentissage, on devrait devenir plus adroits et compétitifs.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/IMG3332.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/103579032.jpg
     
                Un article anodin dans une revue médicale, m'a donné quelques explications.            Finalement, et je ne savais pas, il est aussi dangereux de circuler à quatre pattes que debout. Des statistiques faites sur de jeunes enfants montrent que la probabilité de chutes est aussi importante et on tombe en général en avant sur le nez, ce qui est assez dommageable. (il paraît qu'un enfant qui commence à marcher, fait en moyenne 2370 pas par heure et tombe 17 fois - cela m'a paru énorme).
               
                 Par ailleurs, (cela je l'avais lu dans des articles sur la préhistoire), l'homme s'est sans doute peu à peu mis à marcher debout, pour y voir mieux et plus loin au dessus de la végétation, ce qui peut être une condition de survie, vis à vis d'ennemis animaux ou autres humains.
                Mais une des raisons essentielles serait la rapidité de déplacement qui est quatre fois plus grande et en voyant mieux où l'on va, ce qui procure un grand avantage pour explorer le monde, attraper un objet qui à roulé loin, aller voir ce qu'est une chose curieuse aperçue dans le jardin, ou suivre les parents.
                Donc que les enfants comprennent vite qu'ils ont intérêt à marcher, car cela leur procure un avantage, sans risque plus important de chute, je veux bien. C'est cela l'intelligence.

                 Mais cela ne m'a pas satisfait et je ne suis pas d'accord avec ces médecins. Car pour se rendre compte de cet avantage, il faut déjà savoir assez bien marcher et on a alors simplement à comparer deux moyens et choisir le meilleur. Cela montre que l'enfant sait raisonner très tôt, même inconsciemment.
                Mais quand il commence à se mettre debout, et a tenter les premier pas, cette expérience, il ne l'a pas. Il n'a que celle de la marche à quatre pattes.
                Alors pourquoi se mettre debout, une première fois?            Est ce pour imiter les parents qu'il voit marcher ainsi?
               Ou est ce des gènes, acquis peu à peu dans la préhistoire, qui le poussent à cela, par instinct de survie, dû à la sélection naturelle.
               Peut être les deux.
                Mais aussi on laisse rarement un enfant apprendre à marcher seul, à se débrouiller avec cet apprentissage. On l'aide beaucoup soi même, ou avce des aides mécaniques comme les "youpalas", qui, à mon avis, sont un mauvais outil et ont beaucoup d'inconvénients
                Alors l'enfant aurait il renoncé sans cette aide, du moins pour certains enfants moins doués en coordination des membres?
                Ce qui est sûr c'est que la marche n'est pas innée, comme par exemple un petit cheval qui quelques heures après sa naissance se met debout et marche, certes en titubant, mais presque sans apprentissage, mais à quatre pattes, et l'équilibre est plus facile. (C'est d'ailleurs très émouvant à voir). 
                Pour nous, il faut que le cortex frontal apprenne au cervelet et aux gyroscopes de l'oreille interne, à travailler ensemble, avec la maîtrise des mouvements des membres (les centres du cortex sur le dessus du crâne) pour conserver notre équilibre et c'est un apprentissage difficile. 

                Mais depuis trois mois, j'ai une nouvelle expérience, grâce à des vidéos, prises par ma petite fille, de son bébé qui avait 7 à 9 mois, car elle n'a pas voulu aider sa fille à apprendre à marcher, se contentant de l'encourager, mais sans intervenir physiquement.
                On a vu bébé faire des essais pour de retourner, de sur le dos, sur le ventre.Et ce n'est pas facile; elle a mis une dizaine de jours, mais s'est formé les muscles. Après il a fallu se mettre à genoux. Les jambes étaient performantes, mais moins les bras et quand elle voulait avancer, elle tombait en avant ou ..... elle reculait. Mais 15 jours après elle se déplaçait partout à quatre pattes.
                 Pour regarder sa mère debout, il fallait qu'elle lève beaucoup la tête : pas commode et fatigant. Et puis elle arrivait près de tiroirs bas ou de caissettes avec plein de choses dedans notamment des vêtements. Comment aller farfouiller là dedans, c'est si tentant.
                  Alors elle a essayé de se tracter avec ses bras, en poussant sur ses cuisses et après quelques essais et chutes, la voilà debout. Seulement, si elle lâchait le support qui lui avait permis de se lever, patatras ! Mais elle était si désireuse de réussir qu'elle ne protestait ni ne pleurait à chaque chute. Et elle déménage ensuite allègrement ce qu'il y a dans les tiroirs et caisses.
                   Ses cuisses se sont musclées; Son oreille interne et son cerveau ont peu à peu fait des progrès en équilibre. Elle peut rester debout sans se tenir. Elle peut même s'accroupir et se relever debout, sans appuis. Elle se déplace debout devant un divan et quatre-pattes ne sert plus qu'à aller d'un support à l'autre. Le reste du temps, on est debout, et on n'est plus obligée de se tordre la tête pour regarder maman. Finalement, dès que "la mécanique suit" (force des muscles, équilibre), les progrès viennent vite, car maintenant être debout lui paraît être sa position normale.
                    Bientôt elle fera quelques pas, pour essayer d'aller d'un meuble à l'autre
                    Et, pour moi, ce qui l'a décidée à se mettre debout, c'est pour mieux voir sa mère et aller déménager le tiroirs et caissettes à l'entour.

                Mais, finalement, je ne sais toujours pas pourquoi un bébé veut commencer à marcher !

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Ressemblances et différences entre vrais jumeaux

    Ressemblances et différences entre vrais jumeaux 

     

     

     

     

     

        Les jumeaux, du fait de leur patrimoine génétique presque identique (voir l’article d’hier), sont des témoins extrêmement intéressants pour étudier l’influence de la génétique, c’est à dire de l’inné et de l’acquis chez l’homme.
        Des essais sur animaux, souris notamment, permettent aussi certaines observations;
        L’anthropologue anglais Francis Galton, au 19ème siècle, (qui était un cousin de Darwin), a particulièrement étudié des groupes de jumeaux, très semblables, moyennement semblables et dissemblables, bien que la plupart aient été élevés ensemble, Binet au début du 20ème siècle a poursuivi ces études, et elles sont maintenant très développées et plus techniques, grâce aux tests ADN et de biochimie.
        Les études sur les jumeaux concernent aujourd’hui plus d’un million et demi de personnes.

        Les tests ont montré que l’intelligence est le critère sur lequel les jumeaux se ressemblent le plus, surtout s’ils ont eu une éducation commune.
        Les américains ont fait des études à partir de la théorie du BIG FIVE, qui teste 5 grands traits de personnalité (voir mes articles des 17,020 et 22 février 2017), à savoir :
        - l’extraversion / introversion : tire t’on sa motivation des autres ou de soi même.
        - l’amabilité : tendance à être (ou non), sociable, altruiste, agréable, conciliant, généreux.
        - l’esprit consciencieux : degré d’organisation, de ponctualité, de contrôle des événements, d’obstination et de motivation.
        - l’ouverture d’esprit : curiosité intellectuelle, créativité, désir d’expériences nouvelles, tolérance aux idées des autres.
        - la stabilité émotionnelle : vulnérabilité au stress, humeurs positives et négatives,  remords et regrets, souffrances psychologiques.
        Ils ont trouvé que l’extraversion/introversion et l’ouverture d’esprit étaient les traits qui se ressemblaient le plus même si les jumeaux ont été séparés assez tôt, et donc la partie innée la plus commune, mais avec une corrélation beaucoup moindre que pour l’intelligence.     Ensuite par ordre décroissant, la stabilité émotionnelle, l’esprit consciencieux et l’amabilité.
        Par ailleurs, plus les jumeaux avaient été élevés ou avaient même vécus longtemps ensemble, et plus leurs traits psychologiques se ressemblaient, ce qui montre l’influence importante de l’éducation et de l’environnement.

        Un point important pour les jumeaux est leur relation psychologique réciproque.
    Il est nécessaire pour chacun de se comparer en permanence à autrui et c’est très important (trop même aujourd’hui) chez les adolescents.
        Les jumeaux sont dans une situation particulière, car, d’une part le jumeau est pour l’autre le principal élément de comparaison, mais également quand ils se comparent aux autres c’est le couple qui est face à autrui, comme s’il n’était qu’une seule personne.

        Mais il arrive que, sur certains jumeaux, I'on observe des destins d’adultes très différents, avec des traits psychologiques parfois opposés ou même des évolutions de santé très différentes.
        Les événements de la vie et notamment de la petite enfance, et notamment le stress et les traumatismes, laissent une trace sur I'ADN nucléaire, sous forme de modifications biochimiques qui modulent la façon dont les gènes sont exprimés.
    Ces marques épigénétiques peuvent influencer le métabolisme, mais aussi certains comportements sociaux, I'humeur et Ia mémoire.
        Le mode de vie, les conditions environnementales et les apprentissages ont donc probablement aussi un impact sur I'ADN, dont l’évolution réagit ensuite sur la personne et la personnalité.
        L’exposition à certains produits chimiques peut aussi être en cause.
        Mais si l’on a surtout étudié les effets du stress, d’une éducation difficile, de traumatismes, voire de génocides, par les effets négatifs qu’ils peuvent provoquer, il faut aussi examiner les effets d’impacts positifs, par exemple d’une vie amoureuse. Pour le moment ces études d’épigénétique débutent.

        Finalement bien qu’ayant au départ des patrimoines génétiques très voisins, certes les jumeaux ont beaucoup de ressemblances, mais les modifications épigénétique de l’ADN font que leurs gènes peuvent peu à peu s’exprimer différemment et que si une même éducation les rapproche plutôt, les aléas de la vie et leur environnement peut au contraire les faire évoluer différemment.
       
    Ils sont évidemment une matière expérimentale extraordinaire pour les chercheurs, mais c’est aussi un sujet d’étonnement pour les personnes à leur contact.

        J’ai connu, quand j'étais jeune, un professeur de biologie qui avait 7 enfants, deux fois des vrais jumeaux et de «faux triplé». C’était une famille assez remarquable et originale.
        Evidemment, les élèves ne pouvaient s’empêcher de faire des plaisanteries de mauvais goût quand le professeur leur parlait de la reproduction des lapins et des mouches. 


    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •     Vous savez combien les jumeaux intéressent les scientifiques, car ils représentent deux organismes très proches, et c'est donc c'est donc une source d'études sur les différences et les identités chez les vrais jumeaux, et notamment sur leur cerveau.
        Je vais essayer de traiter ce problème le plus simplement possible, en deux articles.

        Vous savez qu’il y a des vrais et des faux jumeaux.
        Pour les faux jumeaux dont nous ne parlerons plus ensuite, contrairement à la normale, deux ovules (de la mère) sont devenus matures en même temps (quelques jours max) et ont été fécondés par deux spermatozoïdes différents. Les deux œufs (on dit qu’ils sont dizygotes), vont donc se développer en même temps, et bien qu’ils soient dans des sacs vitellins différents, l’accouchement de l’un va entraîner celui de l’autre.
        Les faux jumeaux n’ont de commun que leur mère, éventuellement leur père, et la période de leur naissance (à un ou deux jours près). Mais il sont aussi différents que deux, frères, deux sœurs ou un frère et une sœur nés à des dates éloignées.
        Leur patrimoine génétique est différent (ils n’ont que 50% des gênes en commun), et ils peuvent ne pas se ressembler du tout.
        Les vrais jumeaux au contraire, sont issus d’un seul ovule et d’un seul spermato-zoïde et donc d’un seul œuf (on dit qu’ils sont monozygotes), l’œuf s’étant divisé en deux œufs distincts lors les premières divisions cellulaires; ces jumeaux ont donc un patrimoine génétique identique, du moins en ce qui concerne l’ADN initial issus de l’ovule et du spermatozoïde.
        Lorsque la division en deux œufs se fait dans les trois premiers jours, les sac vitellins et les placentas sont différents pour chaque fœtus. Lorsqu’elle se fait dans les 5 à 7 jours, le placenta est commun aux deux jumeaux et donc leur sang peuvent en partie se mélanger.
        Il y a en moyenne dans le monde une proportion de jumeaux de 3,5 à 5 pour 1000 naissances, mais cette proportion est très variable d’une ethnie à l’autre et si, dans les pays occidentaux, la proportion est d’environ 13/1000, elle peut atteindre 45/1000 au Nigéria.


    http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/genome1.jpg   

        Une petite précision, avant de continuer. Savez vous ce qu’est une mitochondrie ?
        C’est une structure très bizarre dans nos cellules (et toutes les cellules qui possèdent des noyaux). Leur taille peut varier de 0.5 à 10 microns, et on peut en trouver plusieurs milliers dans certaines de nos cellules. Dans les temps préhistoriques très reculés, elles étaient des organismes unicellulaires distincts et autonomes (comme les bactéries), jusqu’à ce qu’une cellule décide d’absorber une mitochondrie, et se mette à vivre en symbiose avec elle. Elles peuvent fusionner entre elles et se dupliquent en même temps que les cellules.

    http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/images-copie-10.jpg
        Les mitochondries jouent un rôle important au olan cellulaire, notamment en étant le sièges de transformations chimiques sur des produits phosphorés qui servent de combustible énergétique pour les cellules (en particulier l’adénosine triphosphate, ATP).
        Elles ont par ailleurs d’autres rôles de régulateurs de certains composants dans la cellule (voir le schéma ci-dessus.
        Mais une des autres originalités de ces organismes, qui ressemblent eux mêmes à des cellules, c’est d’avoir un ADN propre, différent de celui des cellules où elles habitent, et donc différent de celui de l’individu.
        Ce petit ADN, circulaire de 37 gènes seulement, va coder des ARN et environ 13 protéines. (L’ADN humain normal compte environ 25 000 gènes)
        Lorsqu’un spermatozoïde féconde une ovule, il lui donne une partie de ses mitochondries, mais en très petit nombre et l’ADN des mitochondries de l’œuf est surtout celui de celles de la mère, ce qui permet d’étudier des filiations lointaines.
       
        Revenons à nos jumeaux . Lors de la première division de l’œuf initial en deux œufs, les mitochondries sont réparties. Les deux œufs qui vont donner naissance aux jumeaux n’ont pas forcément le même patrimoine de mitochondries. On a pu montrer sur des souris que cela entrainait des différences de capacités, notamment d’apprentissage.
        Nous avons donc déjà une petite différence entre jumeaux.

        Une deuxième différence peut provenir du processus qui mène de l’ADN, aux acides aminés et aux protéines (voir mon article du 11 octobre 2017 ).
    Il se peut que lors de ces transformations la scission de l’ADN se fasse différemment parfois dans les deux œufs et donc aboutisse à des protéines différentes.
        II y a aussi dans l’ADN, des séquences silencieuses (voir mon article du 30 octobre 2020), et des circonstances diverses peuvent faire s’exprimer un gène resté jusque là inactif. Il n’est pas évident que le même processus se passe chez les deux jumeaux et il arrive souvent qu’au cours de leur vie les gènes de deux jumeaux s’expriment différemment.
        Enfin un autre facteur joue dans la formation du cerveau. Les axones des neurones progressent vers des zones qui dépendent de la nature du centre cérébral à venir, guidés par des marqueurs chimique. Mais la jonction ultime avec les dendrites voisines se fait au hasard. Les jumeaux n’ont donc pas tout à fait le même cerveau, d’autant plus que jusquà environ 7 ans presque 30% des synapses sont éliminées faute de servir suffisamment. Même si les jumeaux ont une éducation presque semblable, cette élimination ne sera pas parfaitement identique.

        Les jumeaux sont donc deux êtres qui se ressemblent beaucoup, surtout s’ils ont été élevés ensemble, mais ils ont cependant de petites différences, physiques et psychiques, immédiates et aussi potentielles.
        En définitive, malgré un patrimoine génétique commun et qui le reste, les jumeaux ont des différences à la naissance, et surtout peuvent avoir une expression des gènes ultérieure différente.
 Nous en parlerons demain.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • http://lancien.cowblog.fr/images/images/cacfe9ceb0313331363038313434393235353139.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/images/9782221115596.jpg

          Je vous ai plusieurs fois parlé de la faible différence entre le cerveau des femmes et celui des hommes.

           A l’origine, certes les gènes interviennent dans la formation du cerveau, de même que le hasard pour les jonctions terminales entre neurones, de telle sorte qu’aucun cerveau n’est pareil à l’origine, pas même celui de jumeaux, mais cela aussi bien pour les deux sexes, ` 

            Comme je vous l’avais dit, les filles sont mûres plus tôt, car leur cerveau préfrontal arrive plus vite à son état définitif, et à l’adolescence, elles sont plus douées pour l’écriture et la communication, tandis que les garçons sont plus forts en représentation de l’espace, car les hémisphères et leur communication (le corps calleux), se développent un peu différemment dans le temps. 

            Lise Eliot, (photo ci dessus à gauche), diplômée de Harvard et docteur de l'université Columbia, maître de conférences en neurosciences à l'université Rosalind Franklin de Chicago, a écrit un livre intéressant à ce sujet : “cerveau rose, cerveau bleu, les neurones ont ils un sexe?.”.
             Elle montre que si une fille et un garçon montrent rapidement des “fonctionnements cérébraux” différents, c’est que leurs cerveaux sont fortement influencés par toutes sortes de facteurs, notamment culturels et éducatifs.

           Notre cerveau est adaptable et malléable et cette neuroplasticité est maximale à l’enfance, quand le cerveau est “tout neuf”  et que nos centres d’apprentissages vont peu à peu renforcer les connexions entre neurones qui nous sont le plus utiles.

           Lise Eliot montre comment de minuscules différences observables entre garçons et filles à la naissance peuvent s'amplifier au fil du temps et tout particulièrement sous l'influence des parents, des enseignants, des camarades, et du système culturel au sens large, ces derniers renforçant involontairement les stéréotypes sociaux relatifs à l'identité sexuelle, et les enfants eux-mêmes peuvent d'ailleurs exacerber ces différences à leur manière 
             Avec ces réflexions sur les influences réciproques entre biologie et culture, Lise Eliot invite ainsi chacun à s'interroger tout en livrant une foule de bonnes idées. Pour éduquer ses enfants, si on est parent ; pour aider ses élèves, si on est enseignant ; voire pour mieux se comprendre soi-même !

           Lise Eliot parle d’abord des différences lors de la formation de l’enfant.

           Le processus de différenciation sexuelle ne commence que vers le 40ème ou 50ème jour de la grossesse, mais il n'apparaît pas clairement à l'échographie au plus tôt avant la fin du troisième mois. Et la différenciation des cerveaux est encore plus lente.
             La première poussée de testostérone l’hormone stéroïde mâle) démarre six semaines après la conception, pour se terminer avant la fin du second trimestre. Ensuite, et jusqu'au moment de la naissance, le niveau de testostérone des garçons n'est guère différent de celui des filles. Comme vous le savez sans doute, c’est la génétique qui détermine le sexe (deux chromosomes différents X et Y pour les garçons et deux chromosomes X pour les filles.)

             Et les foetus mâles se développent plus vite que les foetus femelles.
             Les embryons mâles ont un métabolisme plus élevé, qui accélère le début de leur croissance et la multiplication des cellules. L'évolution semble avoir favorisé cette croissance plus rapide afin que les embryons mâles passent la période critique de la différenciation testiculaire avant que les œstrogènes de leur mère, dont les niveaux augmentent régulièrement au début de la grossesse, ne perturbent le développement de leur appareil uro-génital. 
             Les garçons ont donc à la naissance des cerveaux plus gros, mais ne sont pas plus intelligents pour cela !!

           Jusqu’à deux ans il y a peu de différences entre garçons et filles.
             Paradoxalement les garçons sont plus fragiles et risquent davantage que les filles de succomber à un nombre impressionnant de problèmes physiques et mentaux, le taux de mortalité infantile global, aux Etats-Unis, étant de 22% plus élevé chez les garçons que chez les filles.

              Les bébés filles devancent les garçons par le nombre de gestes qu'elles produisent. En moyenne, elles commencent quelques semaines avant eux à pointer du doigt, à saluer de la main et à lever les bras vers les adultes pour être soulevées, mais jusqu’à un an, garçons et filles s’intéressent aux mêmes jouets.
             Puis ils ont tendance à imiter leurs parents, et la fille va bercer une poupée et pousser un landau, jouer avec une casserole ou un nécessaire à maquillage, tandis que le garçon préfèrera faire semblant de lire un journal ou de conduire une voiture ou jouera avec des outils de bricolage.

            Les écarts entre garçons et filles se creusent énormément entre 2 et 6 ans ( à partir du moment où ils parlent couramment ), et certains sont plus marqués à cette période qu'à aucun autre moment de la vie. Les coupables ne sont pas les hormones, mais le fait que le développement des cerveaux masculins et féminins n’est probablement pas tout à fait sensible aux mêmes facteurs et que donc l’environnement accroit la différence.
             Les garçons, plus actifs, sont peut-être davantage séduits par les objets mobiles qu'ils peuvent manipuler et contrôler en utilisant leur corps. Les filles trouvent peut-être les poupées plus plaisantes parce qu'elles ont davantage propension à nouer des liens avec les personnes de leur entourage, voire, parce qu'elles ont une attitude véritablement instinctive pour les bébés 

               Mais en fait, ce sont surtout les comportements des parents à la maison et le choix des jouets pour leurs enfants qui sont prépondérants. Et l’on peut parfaitement habituer une fille à jouer avec des jouets de garçons (et vice-versa).

             Une caractéristique peu connue résulte des études de Lise Eliot sur les enfants américains : les garçons seraient plutôt plus émotifs que les filles: les nouveau-nés sont plus irritables, ils pleurent plus tôt s'ils ont un problème et ils sont moins faciles à consoler que les nouvelles-nées. Les choses s'égalisent assez vite, mais, les jeunes garçon manifestent beaucoup leurs émotions
              Mais le phénomène s’inverse vers 4/5 ans et si les garçons éprouvent sûrement les mêmes émotions que les filles, ils apprennent cependant bien vite à ne pas les montrer. 

              Les hommes adultes manifestent effectivement moins d'expressions faciales, ils pleurent moins et, de manière générale, ils dissimulent leurs sentiments davantage que les femmes. Leurs réactions sont essentiellement internes: dans les situations émotionnellement troublantes, ils connaissent de plus fortes accélérations de leur rythme cardiaque, de plus fortes élévations de leur pression artérielle et davantage de suées que les femmes. Mais leurs émotions, même si elles sont moins visibles en surface, sont tout aussi puissantes que celles des femmes.

            Ce qui m’inquiète plutôt, au vu de ces connaissances, c’est l’influence des médias et de certains parents sur le développement des filles et des enfants, la mode “princesse” et les toutes jeunes ados qui se prennent pour des artistes ou des mannequins au lieu de profiter de leur enfance.
              Mais j’ai connu aussi des ados très perturbés car leurs parents qui regrettaient de ne pas avoir eu un enfant du sexe opposé, l’élevaient selon ce désir et contre les souhaits de l’enfant, qui évidemment se comparait à ses camarades d’école.

            Je crois que la plupart des parents sous-estiment l’influence qu’ils ont sur le développement de leur enfant (voir aussi mes articles sur l’intelligence).

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •      Je suis tombé par hasard sur un blog avec une grande "affiche" qui posait la question : "l’homme est il naturellement bon ou mauvais ?"
        C’est un sujet de dissertation bateau que beaucoup d’entre vous ont sûrement eu et que j’ai traité aussi dans mon enfance.
        Rappelez vous, en première où Jean Jacques Rousseau se faisait le chantre de la bonté innée de l’homme.
        Et en philo, Kant affirmait que l’homme était un “animal” comme les autres, avec ses instincts, et qu’il ne devenait un être moral que lorsque sa raison s'élevait jusqu'aux concepts "du devoir et de la loi", ce qui signifie que l'homme peut devenir moral grâce aux sociétés qu'il a  mises en place et aux cultures qu'elles partagent.

    L'homme est il naturellement bon ou mauvais ?    Il y a ceux qui croient que l’homme est naturellement bon et que le système le pervertit, et ceux qui croient que l’homme est naturellement mauvais et que le système, notamment éducatif,  doit le recadrer.
        Rassurez vous, je ne vais pas me lancer dans la philosophie; il y a, sur eklablog, beaucoup de profs beaucoup plus douées que moi à ce sujet.
        Je vais vous faire part de certains résultats de recherches de biologistes concernant l’altruisme et le dévouement vis à vis d’autrui.

        Tania Singer et ses collègues de l'Université de Zurich, ont demandé à des supporters de football d’observer un supporter de la même équipe, ou de l'équipe adverse, en train de recevoir une décharge électrique. Les supporters avaient la possibilité d'aider la personne souffrante en déviant une partie de la décharge sur eux-mêmes, ou bien de ne rien faire et, dans ce cas, ils pouvaient soit regarder ailleurs, soit observer la scène.
        La plupart des supporters compatissaient avec une personne arborant les couleurs de la même équipe et prenaient sur eux une partie de sa douleur physique, mais préféraient regarder souffrir une personne soutenant l'équipe adverse

    http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/Naccumbens.jpg
        Dans leur cerveau, deux zones très différentes s'activaient :
             - dans la situation de compassion, le cortex insulaire antérieur du cerveau émotionnel ;
             - dans la situation de cruauté, c'était le noyau accumbens, généralement impliqué dans les sensations de plaisir.
        La “zone de la cruauté” (le noyau accumbens) est un générateur de plaisir, activé aussi bien par la nourriture que par l'alcool, les drogues ou le sexe.
        Son implication dans des situations analogues à celle de l’expérimentation laisse penser que la cruauté à l'égard des groupes externes est un comportement profondément ancré. Elle aurait rempli une fonction de survie au cours de l’évolution.
        Le psychologue turc Muzafer Sherif a observé, dans les années 1960, que des individus normaux placés en situation de pénurie formaient rapide- ment des groupes antagonistes qui s'affrontaient pour l'accès aux ressources.
        La sélection naturelle aurait ainsi privilégié la capacité d'aider et celle de tuer.

     L'homme est il naturellement bon ou mauvais ?    L’existence de structures cérébrales différentes, dédiées à des manifestations d'altru
    isme envers les personnes affichant la même appartenance identitaire que lui, et d'hostilité vis-à-vis des membres de groupes externes,suggère que l'être humain est double vis-à-vis des thématiques altruistes. Il n'est ni bon ni mauvais, mais exprime ses tendances compassionnelles ou cruelles selon l'identité de la victime.
        Mais pour expliquer l'existence de sentiments universels d'altruisme, non cantonnés à des groupes d'appartenance il ne faut plus se référer à la théorie de l'évolution, mais à l'influence des cultures.

        Ce n'est pas l'homme qui est bon ou mauvais, mais les messages culturels qu'il produit collectivement et qui agissent en retour sur lui, dans l’un ou l’autre sens.
        Méfions nous donc des réseaux sociaux
        Au fond les biologistes donnent plutôt raison à Kant !

    Partager via Gmail

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique