• http://lancien.cowblog.fr/images/images/cacfe9ceb0313331363038313434393235353139.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/images/9782221115596.jpg

          Je vous ai plusieurs fois parlé de la faible différence entre le cerveau des femmes et celui des hommes.

           A l’origine, certes les gènes interviennent dans la formation du cerveau, de même que le hasard pour les jonctions terminales entre neurones, de telle sorte qu’aucun cerveau n’est pareil à l’origine, pas même celui de jumeaux, mais cela aussi bien pour les deux sexes, ` 

            Comme je vous l’avais dit, les filles sont mûres plus tôt, car leur cerveau préfrontal arrive plus vite à son état définitif, et à l’adolescence, elles sont plus douées pour l’écriture et la communication, tandis que les garçons sont plus forts en représentation de l’espace, car les hémisphères et leur communication (le corps calleux), se développent un peu différemment dans le temps. 

            Lise Eliot, (photo ci dessus à gauche), diplômée de Harvard et docteur de l'université Columbia, maître de conférences en neurosciences à l'université Rosalind Franklin de Chicago, a écrit un livre intéressant à ce sujet : “cerveau rose, cerveau bleu, les neurones ont ils un sexe?.”.
             Elle montre que si une fille et un garçon montrent rapidement des “fonctionnements cérébraux” différents, c’est que leurs cerveaux sont fortement influencés par toutes sortes de facteurs, notamment culturels et éducatifs.

           Notre cerveau est adaptable et malléable et cette neuroplasticité est maximale à l’enfance, quand le cerveau est “tout neuf”  et que nos centres d’apprentissages vont peu à peu renforcer les connexions entre neurones qui nous sont le plus utiles.

           Lise Eliot montre comment de minuscules différences observables entre garçons et filles à la naissance peuvent s'amplifier au fil du temps et tout particulièrement sous l'influence des parents, des enseignants, des camarades, et du système culturel au sens large, ces derniers renforçant involontairement les stéréotypes sociaux relatifs à l'identité sexuelle, et les enfants eux-mêmes peuvent d'ailleurs exacerber ces différences à leur manière 
             Avec ces réflexions sur les influences réciproques entre biologie et culture, Lise Eliot invite ainsi chacun à s'interroger tout en livrant une foule de bonnes idées. Pour éduquer ses enfants, si on est parent ; pour aider ses élèves, si on est enseignant ; voire pour mieux se comprendre soi-même !

           Lise Eliot parle d’abord des différences lors de la formation de l’enfant.

           Le processus de différenciation sexuelle ne commence que vers le 40ème ou 50ème jour de la grossesse, mais il n'apparaît pas clairement à l'échographie au plus tôt avant la fin du troisième mois. Et la différenciation des cerveaux est encore plus lente.
             La première poussée de testostérone l’hormone stéroïde mâle) démarre six semaines après la conception, pour se terminer avant la fin du second trimestre. Ensuite, et jusqu'au moment de la naissance, le niveau de testostérone des garçons n'est guère différent de celui des filles. Comme vous le savez sans doute, c’est la génétique qui détermine le sexe (deux chromosomes différents X et Y pour les garçons et deux chromosomes X pour les filles.)

             Et les foetus mâles se développent plus vite que les foetus femelles.
             Les embryons mâles ont un métabolisme plus élevé, qui accélère le début de leur croissance et la multiplication des cellules. L'évolution semble avoir favorisé cette croissance plus rapide afin que les embryons mâles passent la période critique de la différenciation testiculaire avant que les œstrogènes de leur mère, dont les niveaux augmentent régulièrement au début de la grossesse, ne perturbent le développement de leur appareil uro-génital. 
             Les garçons ont donc à la naissance des cerveaux plus gros, mais ne sont pas plus intelligents pour cela !!

           Jusqu’à deux ans il y a peu de différences entre garçons et filles.
             Paradoxalement les garçons sont plus fragiles et risquent davantage que les filles de succomber à un nombre impressionnant de problèmes physiques et mentaux, le taux de mortalité infantile global, aux Etats-Unis, étant de 22% plus élevé chez les garçons que chez les filles.

              Les bébés filles devancent les garçons par le nombre de gestes qu'elles produisent. En moyenne, elles commencent quelques semaines avant eux à pointer du doigt, à saluer de la main et à lever les bras vers les adultes pour être soulevées, mais jusqu’à un an, garçons et filles s’intéressent aux mêmes jouets.
             Puis ils ont tendance à imiter leurs parents, et la fille va bercer une poupée et pousser un landau, jouer avec une casserole ou un nécessaire à maquillage, tandis que le garçon préfèrera faire semblant de lire un journal ou de conduire une voiture ou jouera avec des outils de bricolage.

            Les écarts entre garçons et filles se creusent énormément entre 2 et 6 ans ( à partir du moment où ils parlent couramment ), et certains sont plus marqués à cette période qu'à aucun autre moment de la vie. Les coupables ne sont pas les hormones, mais le fait que le développement des cerveaux masculins et féminins n’est probablement pas tout à fait sensible aux mêmes facteurs et que donc l’environnement accroit la différence.
             Les garçons, plus actifs, sont peut-être davantage séduits par les objets mobiles qu'ils peuvent manipuler et contrôler en utilisant leur corps. Les filles trouvent peut-être les poupées plus plaisantes parce qu'elles ont davantage propension à nouer des liens avec les personnes de leur entourage, voire, parce qu'elles ont une attitude véritablement instinctive pour les bébés 

               Mais en fait, ce sont surtout les comportements des parents à la maison et le choix des jouets pour leurs enfants qui sont prépondérants. Et l’on peut parfaitement habituer une fille à jouer avec des jouets de garçons (et vice-versa).

             Une caractéristique peu connue résulte des études de Lise Eliot sur les enfants américains : les garçons seraient plutôt plus émotifs que les filles: les nouveau-nés sont plus irritables, ils pleurent plus tôt s'ils ont un problème et ils sont moins faciles à consoler que les nouvelles-nées. Les choses s'égalisent assez vite, mais, les jeunes garçon manifestent beaucoup leurs émotions
              Mais le phénomène s’inverse vers 4/5 ans et si les garçons éprouvent sûrement les mêmes émotions que les filles, ils apprennent cependant bien vite à ne pas les montrer. 

              Les hommes adultes manifestent effectivement moins d'expressions faciales, ils pleurent moins et, de manière générale, ils dissimulent leurs sentiments davantage que les femmes. Leurs réactions sont essentiellement internes: dans les situations émotionnellement troublantes, ils connaissent de plus fortes accélérations de leur rythme cardiaque, de plus fortes élévations de leur pression artérielle et davantage de suées que les femmes. Mais leurs émotions, même si elles sont moins visibles en surface, sont tout aussi puissantes que celles des femmes.

            Ce qui m’inquiète plutôt, au vu de ces connaissances, c’est l’influence des médias et de certains parents sur le développement des filles et des enfants, la mode “princesse” et les toutes jeunes ados qui se prennent pour des artistes ou des mannequins au lieu de profiter de leur enfance.
              Mais j’ai connu aussi des ados très perturbés car leurs parents qui regrettaient de ne pas avoir eu un enfant du sexe opposé, l’élevaient selon ce désir et contre les souhaits de l’enfant, qui évidemment se comparait à ses camarades d’école.

            Je crois que la plupart des parents sous-estiment l’influence qu’ils ont sur le développement de leur enfant (voir aussi mes articles sur l’intelligence).

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  •      Je suis tombé par hasard sur un blog avec une grande "affiche" qui posait la question : "l’homme est il naturellement bon ou mauvais ?"
        C’est un sujet de dissertation bateau que beaucoup d’entre vous ont sûrement eu et que j’ai traité aussi dans mon enfance.
        Rappelez vous, en première où Jean Jacques Rousseau se faisait le chantre de la bonté innée de l’homme.
        Et en philo, Kant affirmait que l’homme était un “animal” comme les autres, avec ses instincts, et qu’il ne devenait un être moral que lorsque sa raison s'élevait jusqu'aux concepts "du devoir et de la loi", ce qui signifie que l'homme peut devenir moral grâce aux sociétés qu'il a  mises en place et aux cultures qu'elles partagent.

    L'homme est il naturellement bon ou mauvais ?    Il y a ceux qui croient que l’homme est naturellement bon et que le système le pervertit, et ceux qui croient que l’homme est naturellement mauvais et que le système, notamment éducatif,  doit le recadrer.
        Rassurez vous, je ne vais pas me lancer dans la philosophie; il y a, sur eklablog, beaucoup de profs beaucoup plus douées que moi à ce sujet.
        Je vais vous faire part de certains résultats de recherches de biologistes concernant l’altruisme et le dévouement vis à vis d’autrui.

        Tania Singer et ses collègues de l'Université de Zurich, ont demandé à des supporters de football d’observer un supporter de la même équipe, ou de l'équipe adverse, en train de recevoir une décharge électrique. Les supporters avaient la possibilité d'aider la personne souffrante en déviant une partie de la décharge sur eux-mêmes, ou bien de ne rien faire et, dans ce cas, ils pouvaient soit regarder ailleurs, soit observer la scène.
        La plupart des supporters compatissaient avec une personne arborant les couleurs de la même équipe et prenaient sur eux une partie de sa douleur physique, mais préféraient regarder souffrir une personne soutenant l'équipe adverse

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        Dans leur cerveau, deux zones très différentes s'activaient :
             - dans la situation de compassion, le cortex insulaire antérieur du cerveau émotionnel ;
             - dans la situation de cruauté, c'était le noyau accumbens, généralement impliqué dans les sensations de plaisir.
        La “zone de la cruauté” (le noyau accumbens) est un générateur de plaisir, activé aussi bien par la nourriture que par l'alcool, les drogues ou le sexe.
        Son implication dans des situations analogues à celle de l’expérimentation laisse penser que la cruauté à l'égard des groupes externes est un comportement profondément ancré. Elle aurait rempli une fonction de survie au cours de l’évolution.
        Le psychologue turc Muzafer Sherif a observé, dans les années 1960, que des individus normaux placés en situation de pénurie formaient rapide- ment des groupes antagonistes qui s'affrontaient pour l'accès aux ressources.
        La sélection naturelle aurait ainsi privilégié la capacité d'aider et celle de tuer.

     L'homme est il naturellement bon ou mauvais ?    L’existence de structures cérébrales différentes, dédiées à des manifestations d'altru
    isme envers les personnes affichant la même appartenance identitaire que lui, et d'hostilité vis-à-vis des membres de groupes externes,suggère que l'être humain est double vis-à-vis des thématiques altruistes. Il n'est ni bon ni mauvais, mais exprime ses tendances compassionnelles ou cruelles selon l'identité de la victime.
        Mais pour expliquer l'existence de sentiments universels d'altruisme, non cantonnés à des groupes d'appartenance il ne faut plus se référer à la théorie de l'évolution, mais à l'influence des cultures.

        Ce n'est pas l'homme qui est bon ou mauvais, mais les messages culturels qu'il produit collectivement et qui agissent en retour sur lui, dans l’un ou l’autre sens.
        Méfions nous donc des réseaux sociaux
        Au fond les biologistes donnent plutôt raison à Kant !

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  • Le bien et le mal : notion culturelle ou personnelle ?

         Evidemment dès hier soir, j'avais, suite à mon article sur , plusieurs mail qui me demandaient comment concilier son attitude avec les notions de bien et de mal.
        C'est une question qu'on est forcément amené à se poser quand on est confronté à ce que nos parents nous enseignent sur la morale, ce qu'une religion veut nous imposer ou pire, ce que décrète Trump qui décide ce qu'est le bien et le mal et qui veut aligner le comportement de chaque américain sur ses conceptions.

       Chacun de nous a un certain bagage génétique, qui résulte, depuis la préhistoire de la sélection naturelle chère à Darwin.
        Cet atavisme est responsable notamment des réactions de sauvegarde de l’individu face à certains dangers, impulsives et avec un très faible contrôle rationnel.
        Il oriente aussi (associé aux aspects biologiques et notamment hormonaux) certaines grandes aspirations, tels que l’instinct maternel et de stabilité du foyer chez la femme et l’esprit de chasse et d’aventure chez l’homme, mais aussi de protection du foyer et de subvenir aux besoins de la famille.
        Mais au plan moral et associé au développement des civilisations et des cultures, ce patrimoine va apporter un “inconscient collectif” et ce que CG Jung nomme des “archétypes”, formés “d’à priori”  : préjugés, tabous, idées préconçues, us et coutumes,  règles implicites.  
       Cela est destiné à protéger l’espèce et sa civilisation; (par exemple dans notre civilisation, la   tendance naturelle à ne pas avoir de relations sexuelles au sein d’une même famille, ou à ce que la majorité des couples soient de sexes différents...).

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         Il y a ensuite toutes les règles éducatives que nous recevons enfants, d’abord de notre famille, avec des règles morales, éventuellement issues de convictions religieuses, mais aussi avec des “à priori” issus de notre civilisation et de notre appartenance à une certaine communauté (nationale, ethnique, régionale, catégorielle, religieuse ....), qui ensuite sont complétées par des instances hors famille (profes-seurs, amis, et plus généralement toute personne ayant une influence sur nous).
        Ceci constitue un bagage moral qui nous est imposé et que nous acceptons enfants, (plus ou moins “bien” élevés !), et que nous contestons à l’adolescence.
        Par la suite notre cortex intervient et nous remettons partiellement en cause ces règles. Nous en acceptons alors certaines en connaissance de cause, nous en rejetons d’autres et nous transformons certaines d’entre elles.
        Nous constituons ainsi notre propre morale personnelle  (qui d’ailleurs pourra évoluer dans le temps à la suite d’événements ou de rencontres), ce que les psychologues, à la suite de Freud, appellent le “surmoi” et qui est l’ensemble des règles que nous acceptons et auxquelles nous adhérons : nos “valeurs”..
        Pour moi, il n’y a donc pas (comme pour M. Trump, beaucoup de religions et presque toutes les sectes), un “Bien” et un “Mal” universels, les mêmes qui devraient s’imposer à tous (et qui évidemment sont ceux de M.Trump ou du gourou, et qui doivent être imposés aux autres; c’est d’ailleurs l’attitude de tous les intégristes, quelle que soit leur philosophie ou leur religion).
        Chaque personne a droit a son “surmoi”, à sa notion personnelle du bien et du mal, car c’est sa liberté de pensée, (y compris religieuse bien entendu), mais en conséquence de cet aspect individuel, il peut évidemment en parler, mais n’a pas à en faire de prosélytisme, car il doit respecter la liberté des autres.
       
        Mais cette morale personnelle ne doit pas porter atteinte à la collectivité et à son voisin. C’est l’autre aspect collectif, tout à fait distinct du premier. Vous ne devez pas croire que tout vous est permis même si vous estimez que c'est "bien".
       
        A défaut de cette restriction, que se passe t’il : chacun fait ce qu’il trouve juste et finalement ce qui lui plaît, ce qu’on croit bien (ou tout simplement avantageux pour soi), et si on n’est pas content, si on est offensé ou attaqué, on fait justice soi même.
        C’est ce qui existait il y a 5000 ans mais malheureusement ce qui existe encore aujourd’hui, même chez nous.
        C’est ce qui a été à l’origine des croisades catholiques, de l'Inquisition, des guerres de religion, des massacres ethniques récents en Afrique, ce qui fait condamner par les intégristes musulmans tous ceux qui n’ont pas leur foi, mais aussi de façon beaucoup plus subjective ce qui provoque les bagarres (entraînant parfois la mort), entre jeunes parce que l’un a osé regarder l’autre d’une façon qui ne lui plaît pas, courtiser une fille de la bande rivale ou empiéter sur son territoire.
        C’est aussi le domaine de la cruauté et de la vengeance, la vendetta des Corses, c’est l’attitude “oeil pour oeil et dent pour dent” (mais qui n’est pas la” loi du talion”)
        Cela résout les problèmes quand il y a un faible, qui devient l’opprimé du plus fort, (voir le Moyen Orient actuel), mais, quand ce n’est pas le cas, on aboutit à la violence entretenue, comme celle entre Israël et la Palestine, qui ne cessera pas tant que les Palestiniens continueront à envoyer des obus sur Israel et les Israéliens à créer des colonies en Palestine.
    Le bien et le mal : notion culturelle ou personnelle ?
        Le seul moyen d’enrayer cette violence et cette vengeance individuelle et les cruautés qui en résultent, c’est l’application de règles : la loi et la justice qu’elles soient nationales ou internationales.
        C’est ce que je développerai dans le prochain article, une certaine “histoire du droit et de la justice” dans l’antiquité.

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        J’ai déjà fait des articles sur la notion d’inné ou d’acquis, sur l’ADN et l’épigénétique, mais je voudrais revenir sur ces notions
        Il y a quelques années on considérait que l’ADN son séquencement et la génétique correspondante, définissaient complètement ce qui était inné et que l’évolution modifiait peu à peu cet ADN. Aujourd’hui, on considère que la partie silencieuse de l’ADN est extrêmement importante car elle gère des actions qui ne sont pas prévues à l'origine et des modifications de cet ADN silencieux, qui se traduisent ensuite par une nouvelle expression des gènes et la formation de protéines, entraînant des modifications et des potentialisation de notre organisme.
        Ces modifications ne sont donc ni innées, puisqu’elles n’existaient pas à l’origine et qu’elles n’auraient pas forcément eu lieu, ni acquises, car nous n’avons pas d’action sur elles comme sur l’éducation ou l’instruction et si l'environnement a  sans doute une action sur leur déclenchement, nou ne savons pas laquelle.

        En fait le terme d’inné est déjà flou, car les effets de notre ADN , même s’ils sont programmés ne sont pas immédiats, comme l’apparition des hormones sexuelles et la barbe chez un garçon, et même la plupart de nos aptitudes de la vue, l’ouïe le goût ou l’odorat, ou l’usage de nos membres, n’apparaissent que progressivement, en partie par apprentissage.
        L’aspect héréditaire de nos comportements est dû à une multitude de gênes « additifs » et l’hérédité ne peut être en général calculée selon des principes simples de Mendel. Même une caractéristique simple, comme la couleur des yeux ou de la peau, a des valeurs multiples et dépend de nombreux gènes, dont nous ne connaissons qu’une partie.
        Certains traits sont immuables comme le nombre de coeurs, d’yeux d’oreilles de poumons. Il peut y avoir des exceptions, mais qui sont alors des anomalies de formation.
    Ces trains sont innés mais pas héréditaires à proprement parler. Ce sont en général des traits morphologiques ou physiologiques.
        Les études faites sur des jumeaux homozygotes montre que, en ce qui concerne les traits physiques humains, une partie importante est héréditaire, et l’environnement a une influence assez faible, alors que pour les aspects comportementaux ou d’aptitudes si l’environnement général partagé a peu d’influence, plus de la moitié des différences sont imputables à l’environnement particulier de chaque individu. L’héritabilité sur des aptitudes n’est que d’environ 30%.
    Cela veut dire que selon l’environnement, deux génotypes identiques s’expriment différemment, car des modifications de l’ADN silencieux entrainent des modifications de l’individu.
        La dichotomie « inné » acquis » est donc assez fallacieuse et il ne faudrait pas que certains apprentis sorciers veuillent, à partir d’études générales de génotype sur toute une population, tirer des enseignements sur les individus et vouloir favoriser certaines caractéristiques du génome des individu. Plus que jamais l’eugénisme est dangereux.

        Envoyez quelques cheveux à un laboratoire et vous saurez tout sur les origines de votre famille, sur votre généalogie. Une croyance qui fait fureur sur internet.
        La publicité fait rage aux USA dont la population a des origines très diverses, notamment africaine, européenne et hispanique. Quatre grandes société y ont trouvé un business très rentable. Près de 100 millions de personnes ont eu recours à de tels tests dans le monde dont environ 100 000 français, bien que ce type de test soit interdit en France.
    Qu’en est il vraiment ? Existe t’il des marqueurs génétique de l’ethnie, et la géographie a t’elle eu une influence sur les gènes de notre descendance.?

        Il y a quelques années on ne savait analyser dans l’ADN qu’une centaine de marqueurs génétique, ce qui suffisait pour un test de paternité, mais revenait très cher et demandait du temps. Puis les laboratoire américains ont pu grâce aux progrès techniques et à l’augmentation de la capacité informatique, analyser rapidement et pour un prix abordable, des dizaines, puis des centaines de milliers de marqueurs, ce qui donnait une plus grande précision pour comparer les ADN de deux individus.
        Des recherches ont eu lieu sur l’ADN dans divers pays et sur des populations restreintes et des échanges de données ont permis à ces sociétés de rassembler des données considérables quant aux caractéristiques génétiques des populations actuelles.
        Les sociétés américaines proposaient à leurs clients de rechercher toutes les personnes actuellement en vie, qui pouvaient être plus ou moins apparentées avec vous (évidemment notamment des personnes connues, comme des artistes, des personnes richissimes  ou des politiques).
        Mais ces bases de données sont encore très insuffisantes pour identifier un grand nombre d’ethnies et de utilisateurs ont été étonnés de résultats d’essais successifs qui avaient des résultats différents ou de résultats divergents issus de sociétés de tests différentes.
        Mais surtout les renseignements généalogiques sont par principe, très incomplets comme le montre le graphique ci dessous.
    Trois types d’analyses sont en effet possibles :
        - l’ADN « autosomal » des 22 chromosomes non sexuels d’un homme ou d’une femme.
        - L’ADN du chromosome Y d’un homme ou X d’une femme
        - Le petit ADN circulaire contenu dans les mitochondries des cellules, non pas dans le noyai, mais dans le cytoplasme

    Inné ou acquis; génétique et épigénétique.
        L’analyse des mutations de marqueurs de l’ADN autosomal  permet de remonter à certains groupes de populations et de fournir une hypothèse sur l’origine géographique d’un individu. S’il appartient à un groupe de population dont les mutations d’ADN sont nombreuses et ont été étudiées, on peut remonter à environ la huitième génération, c’est à dire de l’ordre de 200 ans.

        Le chromosome X ne contient pas d’information intéressante différentes des autres chromosomes. Par contre le chromosome Y peut fournir des informations car il a peu d’échanges avec les autres chromosomes lors de la formation des spermatozoïdes. Mais les mutations qui apparaissent sur cette cellule ne sont transmises que de père en fils.
        Cela ne permet donc que de remonter à un seul ancêtre, celui de la lignée masculine.
        L’analyse des l’ADN mitochondrial ne permet que l’analyse d’une lignée féminine, car cet ADN n’est transmis que par la mère, à ses filles qui le transmettent, et à ses fils qui ne le transmettent pas. Un séquençage complet de la cellule permet de remonter d’au moins 20 générations (500 ans et parfois 5 fois plus, amis uniquement dans la filière femmes de la famille.

        En définitive, les entreprises américaines notamment, ont trouvé une source importante de profits en proposant des analyses ADN, d’abord en matière de paternité, aujourd’hui très fiables, mais ensuite à des fins de diagnostic de risque de maladie et de généalogie. Ces tests, qui demandent des banques de données énormes ne sont limités et ne sont fiables que si une étude importante a été faite sur la population dont on est issu.
    Les tests de risques médicaux ont également des inconvénients dont je parlerai demain
    Ces tests sont interdits en France sauf décision d’un tribunal.

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  •  Darwin et les dindons de la farce.Darwin et les dindons de la farce.

     

     

     

     

     

     

     

       

     

       Chez les dindons, un mâle dominant règne généralement sur un petit groupe de trois ou quatre dindons mâles subalternes, qui lui sont entièrement dévoués, et sur un harem de femelles.

              Stuart Sharp et ses collègues, de l'Université de Sheffield en Angleterre, ont découvert que ces mâles de "^protection rapprochée", suivent le mâle dominant dans tous ses déplacements (comme les gorilles du Président de la République), et se déploient autour des femelles, qu'ils défendent contre les prédateurs. Seul le mâle dominant s'accouple avec les femelles. Eux-mêmes restent chastes toute leur vie durant, sans avoir de descendance.
              Ce constat a de quoi surprendre, car ce type de comportement semble démentir la théorie de l'évolution de Darwin selon laquelle tous les animaux cherchent à se reproduire et à transmettre leurs gènes à leur descendance.

              En analysant leur patrimoine génétique, Sharp a constaté que ces soldats dévoués sont tous apparentés au chef : frères, demi-frères ou cousins.
              Ainsi, même s'ils ne transmettent pas directement leurs gènes à leur descendance, ils assurent, par dindon dominant interposé, la transmission des gènes qu'ils ont en commun avec ce dindont. S'ils tentaient leurs chances seuls dans la nature, ils transmettraient une proportion plus importante de leurs gènes propres à leur descendance, mais cette dernière serait plus restreinte, car ils n'ont pas le charme d'un dominant, et aussi parce que les coalitions sont plus efficaces pour fidéliser les femelles que l’attrait d’un seul, car apportent la sécurité pour les rejetons futurs et pour le harem.
             En définitive, le dominant a tellement plus d'enfants grâce à ce stratagème, que le jeu semble en valoir la chandelle, (si je puis oser cette image), mais toutefois d'un strict point de vue génétique.
              Sharp en effet, n’a pas demandé leur avis à ces sympathiques bêtes. (le mâle dominant doit évidemment être content de son sort, mais les autres ?).

              Cependant au fond, ne sommes nous pas aussi les dindons de la farce. ?
    Rassurez vous je n’ai pas encore vu un coureur de jupon engager des copains pour protéger ses conquêtes des autres mâles !
              Mais il y avait autrefois la cour du roi Soleil, il y a aujourd’hui tous les ministres et députés qui obéissent presque aveuglement à leur chef de parti, (et doivent voter selon ce qu'on leur dit de faire), les bandes dans les cités, les truands qui protègent le patron de la mafia et favorisent ses exactions (et pas uniquement dans les films), les hordes qui suivent un chef ou un dictateur dans les guerres civiles ou le terrorisme,  et nous tous, esclaves de la mode et de la société de consommation.
              Je crois que Darwin se retournerait dans sa tombe, s’il voyait ainsi ce que devient l’homme lorsqu’il n’est, paraît il, plus une bête, mais un être intelligent et qu’il ne suit donc plus ses instincts d’animal.
              Je ne sais pas si cela va dans le sens de l’évolution, si ce n’est qu’effectivement, comme toujours, ce sont les plus faibles qui sont les dindons de la farce, quand ce ne sont pas des victimes malheureuses.

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