•      Nous avons parlé hier de la responsabilité vis à vis de nos actes, et il m'arrive souvent de parler dans mes articles de l’anxiété et du stress  et également de difficultés relationnelles, ce que les psys appellent du nom barbare de « troubles de l’empathie ».   
        Peut être cela vous intéresserait de savoir quels sont les centres les plus concernés dans notre cerveau par le contrôle de nos actes et pulsions.

      Je vous ai souvent parlé dans mes articles de l’amygdale cérébrale (ou centres amygdaliens - voir schéma). Elle est à la fois concernée par la peur, l’anxiété, le stress, voir par certains aspects de la colère et elle est impliquée dans les comportements de fuite et d’agression.
        Mais l’amygdale est l’un des moteurs des émotions correspondantes et elle peut donc être à l’origine d’émotions violentes, ou de phobies instinctives, comme la peur des serpents, des souris ou des araignées par exemple.
        De même, il suffit par exemple que certaines personnes qui ont vécu un épisode désagréable au cours d’un voyage en avion, au cours duquel elles ont eu très peur (même sans risque d’accident), pour qu’ensuite elles aient peur, en avion, sans raison valable.
    Leur amygdale est alors suractivée et leur donne une sensation de crainte et de stress.
        L’amygdale agit d’ailleurs sur l’hypothalamus aui commande l’hypophyse (qui commande la sécrétion d'hormones par les autres glandes), et lorsque nous sommes en état de stress, les glandes surrénales sécrète une hormone, le cortisol, preuve de notre malaise.
        Chez les personnes qui ont un stress chronique, on constate une production trop importante de cortisol et une hyperactivité permanente des centres amygdaliens.
        De tels troubles peuvent avoir, à l’origine des causes très diverses. Problèmes personnels, mais aussi craintes collectives, par exemple de groupes supposés hostiles, qui peuvent mener au racisme et à l’agoraphobie,

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        En fait, tout le cerveau émotionnel est concerné, mais certains de ses centres participent davantage aux troubles des émotions. C’est le cas notamment du putamen et du noyau caudé. (on les appelle aussi « ganglions de la base » - du cerveau).
        Ces structures interviennent dans des fonctions diverses, notamment dans les traitements des stimuli sensoriels et moteurs, mais aussi dans le traitement des informations de divers stimuli, pour faire un tout cohérent et donc, ils interviennnt dans le traitement des émotions.
        L’activation de ces centres, dans le cas d’un incident émotionnel comme la peur, a pour conséquence une activation physiologique : le cœur accélère, la tension artérielle
    augmente, tous les sens sont en éveil…
        Mais parfois, cet état de vigilance accrue se met en place sans raison : on a peur ou on est anxieux en l'absence de danger. L’anxiété passagère peut se transformer en troubles anxieux chroniques. La personne qui en souffre ne peut plus maîtriser ses réactions somatiques (son cœur bat à tout rompre et elle transpire beaucoup), cognitives (elle perd ses moyens) et affectives et émotionnelles (elle est paralysée par la peur), tout ceci sans raison réelle. Cela peut aller du trouble anxieux permanent à l’attaque soudaine mais passagère de panique.
        Un autre centre important est le noyau accumbens, qui intervient dans notre « système de récompense » en faisant augmenter le taux de dopamine. Ce neuromédiateur ayant un effet stimulant et euphorisant, son déficit s’accompagne d’une apathie et de troubles dépressifs plus ou moins importants. Le système de récompense, qui nous fait apprécier un bon repas, un coucher de soleil, et tous les petits plaisirs de la vie quotidienne, est alors défaillant.
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        Mais tous ces centres ont des connexions importantes, neuronales et chimiques, avec le chef d’orchestre du cerveau, le cortex préfrontal et notamment, les cortex préfrontaux dorsolatéral, médian et orbitofrontal (voir le schéma ci dessous).
        Selon leur localisation, les lésions ou les anomalies de fonctionnement, de ces centres ont des conséquences différentes :
            - dans la partie dorsolatérale, elles provoquent des troubles cognitifs, tels
    que des anomalies de la planification, du raisonnement, de l'apprentissage, de l'attention, pius généralement des anomalies des fonctions dites exécutives ;
            - une atteinte de la partie médiane conduit principalement à une perte d'intérêt, de motivation. De récentes études en imagerie cérébrale (IRMf) ont mis en évidence une activité anormalement basse dans Ia partie gauche latérale et ventromédiane du cortex préfrontal, lors de dépressions.
            - le cortex orbitofrontal serait, pour certains neurobiologistes, un « centre de contrôle des émotions »
        Ainsi, il y aurait un centre des émotions, constitué des ganglions de la base et du cerveau émotionnel, qui réagirait vite, mais de façon peu spécifique, et un système de régulation, le cortex orbitofrontal, réagissant de façon plus précise et mieux ajustée et qui notamment, serait chargé d'inhiber les émotions négatives déclenchées par les structures émotionnelles, dont I’amygdale cérébrale. Chez les dépressifs, les difficultés pourraient résulter d'anomalies au niveau des interactions entre le cortex préfrontal et les cerveaux émotionnel et central.
        Dans certaines maladies maniaco-dépressives où alternent des phases de dépression et d’hyperactivité, on constate une faible, pius une très forte activité du cortex orbito-préfrontal.
        Ainsi, certaines pathologies sont dues à la conjugaison d'une hyper-activation du système des émotions aggravée par l’inefficacité des systèmes de contrôle corticaux régulateurs.
        D’autres troubles peuvent être dus à des causes similaires : par exemple une vie imaginaire réduite et une pensée tournée vers les aspects concrets de l'existence, et une
    difficulté à identifier les états émotionnels, à les distinguer et à les exprimer.
        Dans le cas de pathologies liées au déficit des régions orbitofrontales ventrales, on constate une désinhibition comportementale (le sujet adopte des comportements inadaptés aux situations), une irritabilité et une fluctuation de l’humeur, mais aussi une mauvaise évaluation des risques et des processus de prise de décision inadaptés.
        En fait, la prise de décision, longtemps considérée comme l'apanage de la pensée rationnelle, est sous f influence directe des émotions, car le cortex préfrontal demande au cerveau émotionnel son « sentiment » sur les conséquence futures des décisions et il tient compte de ses avis.
         Lors d'une décision à prendre, le cortex orbitofrontal réfléchit et examine logiquement les faits et arguments. 

        D'autres anomalies concernent l’individu dans ses relations à autrui proviennent d’anomalies dans I'exécution des processus émotionnels impliqués dans le fonctionnement social notamment la reconnaissance de l'état affectif d’autrui, indispensable dans la communication interindividuelle et les rapports sociaux.
        Les lésions du cortex préfrontal dorsolatéral et médian entraîneraient des troubles de la régulation et de l'expression des émotions, un manque d'interactions sociales, une apathie ainsi qu'une perturbation de la capacité à attribuer des états mentaux à autrui, mais aussi des atteintes du ressenti émotionnel. Mais il reçoit de nombreux éléments inconscients qui agissent aussi sur la décision. De nombreux centre font des évaluations de ce qui se passerait en fonction de diverses variantes de décision, avec le concours du cervelet, qui effectue des calculs complexes notamment de simili-statistique. Et les centres amygdaliens fournissent tous le éléments subjectifs défavorables aux projets.
       Si le cortex orbitofrontal est suffisamment actif et cohérent, les éléments rationnels l'emportent, 'il est peu actif, l'aspect négatif des centres amygdaliens risque de l'emporter;

        Mais le cortex cingulaire antérieur et l’insula participent aussi à l'analyse des comportements d’autrui.
        Un autre élément est essentiel dans les aptitudes empathiques, notamment la reconnaissance des expressions faciales émotionnelles : les neurones miroirs qui s’activent quand nous observons autrui faire une action, de la même façon qu'ils s'activent quand nous réalisons nous-même l'action. Mais ces neurones miroirs seraient impliqués dans la détection des intentions d'autrui, par un mécanisme d'imitation : grâce à eux,l'observateur se met à la place d'autrui, identifie les émotions ressenties par la personne observée et les ressent comme s'il était à sa place. Il est probable que certains autistes ont un mauvais fonctionnement de ces neurones.

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  •           Nous nous trouvons souvent (par exemple en voiture sur un itinéraire que nous ne connaissons pas) face à une information qui arrive brutalement et qui devrait nous inciter à une action (par exemple tourner à droite sur un carrefour) alors que nous ne l'avions pas prévue.
             Allons nous réagir et nous adapter rapidement.
            Certaines situations sont plus complexes et demandent une véritable adaptation de notre part, et selon notre psycho-rigidité ou notre neuro-flexibilité, nous aurons plus ou moins de mal à réagir dans le bon sens.
            J'ai lu sur un article de Cerveau et Psycho, des informations sur l'adaptabilité de notre cerveau.

         Evoluer avec son environnement. Ce n'est pas nouveau si nous repensons aux préférences cérébrales. 

          Nous avions vu (cf mon article du 27/04/2016), dans le monde extérieur qui nous entoure et où évoluent les autres hommes, nous avons deux type d'attitudes différentes
                   - soit nous préférons anticiper sur les événements, essayer d'avoir barre sur eux, concevoir des actions et des projets qui soient réalisables et les réaliser conformément à nos prévisions : ceci implique certes de percevoir les faits, d'avoir de l'information, mais encore plus de faire au préalable des prévisions et en permanence des choix.
             Une personne qui a ainsi une préférence “jugement J”, passe plus de temps, dans le monde extérieur, à décider qu'à percevoir.
                   - soit nous préférons nous adapter aux événements, en faisant évoluer nos projets en fonction des réactions extérieures, afin d'avoir plus de chances de les réaliser ensuite : ceci implique beaucoup moins de prévisions et de choix, mais par contre une collecte permanente de l'information pour adapter ses attitudes et ses actions. 
                Une personne qui a ainsi une préférence “perçeption P”, passe plus de temps, dans le monde extérieur, à percevoir qu'à décider.

    Que signifie "être mentalement flexible" ?

          C'est pouvoir modifier rapidement son comportement ou son schéma de pensée, pour pouvoir s'adapter à des circonstances extérieures nouvelles.
          Face à une situation, nous devons être capables de cinq actions :
               - d'abord pouvoir basculer d'une tâche à l'autre. 
              -  avoir la capacité de mettre à jour plus ou moins vite et en quantité plus ou mons grande, la mémoire à cout terme de travail (le calepin lexical, qui concerne les idées exprimées en mots et les données et la mémoire visuelle qui concernent les images et les schémas). Cela permet de retenir les informations issues d'une première tâche et qui vont servir dans l'exécution de la suivante.
             - la capacité d'inhibition, qui permet d'empêcher à temps des réactions prématurées inappropriées ou néfastes.
             - l'attention qui doit rester vigilante pendant toute l'exécution de l'action.
             - la planification qui même dans une action de création est nécessaire pour éviter de se disperser, permet de ne pas oublier une partie de l'action et de la mener dans des délais donnés.
          Certains tests psychologiques permettent d'apprécier ces qualités chez un individu.
          En faisant passer ces tests (même s'ils sont éloignés des tâches réelles quotidiennes) ,dans un appareil d'IRM, on peut donc voir comment réagit le cerveau.

    Que se passe t'il dans notre cerveau ?

          Ces capacités exécutives mettent en jeu des zones précises de notre cerveau, et notamment deux principaux réseaux  :

              - Le réseau de contrôle exécutif, est constitué principalement par le cortex préfrontal dorsolatéral. Les personnes atteintes de destruction des neurones de ces centres ont perdu toute flexibilité. C'est le réseau de la raison et de la logique. (en bleu sur les schémas). Ce centre assume la planification des tâches, organise les pensées, gère les appels et renvois par les mémoires de travail, il consulte les autres centres pour évaluer etEvoluer avec son environnement. créer de l'inédit.
         Le lobe pariétal inférieur est une aire associative, qui rassemble la synthèse des sensations notamment visuelles, et au sein du centre de Geschwind, les données lexicales (les mots). 
        Le lobe temporal inférieur postérieur analyse les éléments récents de la mémoire tampon à court terme et de la mémoire à long terme. Il participe à la compréhension des sons et des images. Il participe à la celle des émotions.
       Le cortex cingulaire médian participe à la régulation des comportements en examinant les stratégies envisageables et leurs conséquences et il participe à la motivation.

    Evoluer avec son environnement.        - Le réseau du cerveau émotionnel (en orange sur les schémas).
       Le thalamus est l'aiguillage de toutes les sensations, vers les centres d'interprétation et vers le cortex préfrontal.
        Les centres amygdaliens sont responsables des craintes et de beaucoup d'émotions négatives. Ils interviennent donc pour freiner l'action et participent le plus souvent à la psychorigidité. Le cortex préfrontal les consulte aussi pour prévoir les conséquences néfastes des projets.
        Le cortex cingulaire médian antérieur fait partie du réseau attentionnel exécutif, et il régule le traitement des informations sensorielles et émotionnelles provenant d'autres réseaux et de ce fait, intervient dans la détection des antagonismes et des conflits.
        L'insula nous renseigne sur les anomalies corporelles somatosensorielles internes et est à l'origine du sentiment de dégoût.. Il est impliqué dans les comportements sociaux, notamment pour le sentiment de violation d'une norme,  les processus émotionnels, l'empathie et la conscience de soi.
        En outre ne sont pas représentés sur le schéma les centres d'apprentissage et de récompense, qui incitent à l'action. La dopamine est donc un neurotransmetteur important dans le domaine de la flexibilité mentale.

    La psychorigidité n'est pas inutile, et trop de flexibilité nuit.

          Nous avons tous des habitudes qui nous dictent nos actions sans que nous ayons à beaucoup réfléchir et entraînent un certain automatisme, en nous demandant donc moins d'efforts. Une certaine psycho-rigidité est donc souhaitable.
         Mais il ne faut pas qu'elle nous empêche de nous adapter à des situations nouvelles ou de changer de comportement. Certaines attitudes peuvent même friser l'obsession ou l'addiction (comme la consultation de son smartphone).
          La flexibilité est donc indispensable.
          Mais trop de flexibilité nuit. Une personne très flexible voit arriver trop d'informations, a tendance à être distraite, et peut perdre de vue ses objectifs, ou hésiter entre maintes solutions et tarder à se décider.
         Il faut donc comme pour les préférences cérébrales, savoir manier les deux préférences opposées. Nous avons donc besoin d'une certaine rigidité et de flexibilité selon les circonstances, et, comme pour les préférences cérébrales, il ne faut pas tomber dans l'excès : il ne faut être ni trop têtu, ni inconstant.
        Divers facteurs peuvent agir sur nos capacités. La bonne humeur favorise la flexibilité alors que le stress aggrave a rigidité.
        Pour pouvoir changer d'avis et donc être flexible, il faut avoir confiance en soi

        Finalement de la même façon que pour les préférences cérébrales l'idéal est de pratiquer les deux préférences antagonistes (comme être "ambidextre" ), il serait souhaitable que l'on sache être psycho-rigide ou flexible selon les circonstances, constants dans nos bonnes habitudes, mais flexibles lorsqu'il faut innover, rechercher des solutions, faire face à l'imprévu.
         La flexibilité peut être développée par la pratique d'exercices, notamment par les sports qui demandent des décisions rapides d'action.

           

        


                

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  • Les mots et nous.

        Depuis que je sais écrire, j'ai beaucoup lu et écrit, et j'ai acquis un vocabulaire relativement étendu. Mes métiers m'ayant confronté à des domaines très différents, j'ai dû adapter ma façon d'écrire et de communiquer, avec d'ailleurs des personnes d'âges et de niveau très différents, et en conséquence, de sujets de préoccupations divers.
         L'emploi des mots m'intéresse donc énormément.

        J’ai lu un article intéressant de Patrick Bonin, sur le choix des mots dans notre langue, lorsque nous parlons ou voulons exprimer une idée.
        Lorsque nous nous exprimons, nous n’utilisons pas au hasard les mots, mais nous les choisissons en fonction de ce que nous voulons dire, selon leur signification, mais aussi les nuances de celles ci.
        Par exemple nous pouvons employer les mots « réunion » ou, « assemblée, , colloque, comité, congrès, débat, meeting, séance, séminaire, session, symposium…. »,
    mais aussi dans un tout autre sens « adjonction, association, jonction, agrégation, agglomération,rassemblement, jonction…. », et j’en oublie sûrement.
        Pourtant nous choisissons dans cette multitude et nous avons le choix, car un homme instruit et cultivé connaît entre 50 000 et 100 000 mots.
        cela nous vient naturellement, sauf parfois (et plus souvent en vieillissant), où nous avons un mot « sur le bout de la langue », et nous le retrouvons tout à coup quand un autre mot amorce cette restitution.

        Des mesures en laboratoire ont montré que dénommer un objet à partir de la présentation d'un dessin de cet objet prend entre 0,6 et 1,2 seconde en moyenne.
        Les chercheurs en psycholinguistique cognitive pensent que sélectionner un mot pour exprimer une idée est un processus qui se réalise en plusieurs étapes ou niveaux de traitement mental.
        Dans un premier tremps on définit ce qu’on veut dire, le message et ses différents aspects, les idées à communiquer.
        Puis on met sur pied la phrase avec les mots en fonction de leur sens. La troisième étape est grammaticale : choix du genre du mot, de la conjugaison du verbe…
        Le cerveau cherche alors les sons (les phonèmes) pour les divers mots, puis vient en dernier la commande vers les organes qui vont les prononcer ou les écrire.
        La vitesse avec laquelle on va pouvoir coder un mot dépend de facteurs divers : le nombre de synonymes, le sens plus ou moins précis ou ambigu, la fréquence avec laquelle nous rencontrons les mots (plus on les utilise souvent, plus ils reviennent vite, et un mot jamais utilisé finit par être oublié), et l’âge d’acquisition des mots intervient aussi.
        La personne jeune retient plus facilement des mots et notions dont elle s’est beaucoup servi lors d’un apprentissage et cette aptitude décroit ensuite avec l’âge. Par exemple je me souviens encore maintenant de nombreuses formules mathématiques ou de physique dont je me suis beaucoup servi lorsque j’étais au lycée ou en classe de prépa des grandes écoles, et que j’ai fort peu utilisées ensuite dans mon métier.

        On s’intéresse évidemment à l’acquisition des langues étrangères afin de les parler couramment.
        Il y a dans l’apprentissage d’une langue trois données de natures différentes : la musique des mots et l’acquisition de l’accent de la langue, la signification des mots eux mêmes et des expressions, et l’acquisition du vocabulaire, et enfin l’usage des mots c’est à dire la syntaxe et la grammaire.

        La “musique des mots” nécessite un apprentissage de l’oreille analogue à celui d’un musicien et les neurobiologistes se sont aperçu qu’il n’était possible que chez un très jeune enfant.
        Un jeune enfant de moins de 3/4 ans possède encore assez de souplesse neurologique pour adapter parfaitement son cerveau aux sons d’une langue. Il aura alors une accent parfait dans sa langue maternelle et dans une autre langue qu’il apprendrait à la maternelle.
        Un adulte certes pourra apprendre une langue étrangère, mais n’atteindra jamais cette perfection de prononciation et d’accent.

        Le vocabulaire, la syntaxe et la grammaire sont avant tout une question de travail. Donc adulte ou enfant on peut apprendre une langue sans problème. Mais l’enfant qui a plus de plasticité neuronale (et moins de complexes quant à l’opinion d’autrui), apprendra plus facilement le vocabulaire et de façon plus instinctive, plus naturelle, même s’il fait un peu plus de fautes de grammaire. 
         Il y a toutefois une influence des préférences cérébrales : celui dont le cerveau est plutôt G (Global) et L (Logique), retiendra facilement grammaire et syntaxe, qui sont des règles qui ont une signification logique qu'il faut comprendre. Par contre il aura plus de mal qu'une personne S (sensitive) à retenir du vocabulaire qui est une suite de mots précis et non des "idées". En fait on ne retient bien le vocabulaire qu'en parlant et écrivant, par l'habitude.
         
        Chose curieuse, les neurologues ont constaté que les neurones concernés n’étaient pas les mêmes selon l’âge d’apprentissage de la langue.
        Avant deux ans, le vocabulaire (les mots) sont associés à des images et les neurones concernés sont donc classés presque en fonction de la date d’acquisition du mot.
        Puis quand l’enfant apprend vraiment à parler, la mémoire se réorganise et les neurones voisins concernent alors la même catégorie de mots :  les couleurs, les plantes, la nourriture, les outils, les instruments de table et de cuisine .....
        S’il apprend sa langue maternelle et en même temps une autre langue, alors les mots des deux langues concernant les mêmes objets, sont traités par des neurones voisins : en quelque sorte par exemple les dénominations des outils français et anglais sont stockés au même endroit, et les plantes en français et en anglais en un autre.
        Au contraire si l’on apprend sa langue maternelle, puis deux ou trois ans plus tard une autre langue, les vocabulaires des deux langues sont séparés : tous les mots français par un groupe de neurones et tous les mots anglais par un autre groupe, par exemple.

        Personnellement ce que j'admire dans notre langue, c'est la précision et le détail avec lesquels on peut exprimer notre pensée, avec de nombreuses nuances.

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  • http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux4/images1.jpg
                      Nous faisons tous plus ou moins des gestes. Les personnes du Sud semblent en faire plus que les gens du Nord. Les extravertis se servent plus de leurs mains que les introvertis.
                  Certains gestes sont universels comme montrer quelque chose avec le doigt.            
                  Regardez une personne qui écoute de la musique : elle bat la mesure avec ses mains ou ses pieds. Plus amusant voyez une personne en train de téléphoner : elle ponctue son discours de gestes de la main qui ne tient pas son appareil.  Arrêté à un feu rouge, je regardais une dame en train de téléphoner à la terrasse d'un café, écouteurs aux oreilles (et donc en mains libres), et on aurait dit un comédien au théâtre, tellement ses deux mains exprimaient tout ce qu'elle devait dire.

                 Les chercheurs en psychologie ont étudié l'utilisation des gestes.
                 Les enfants utilisent leurs mains de façon naturelle. On leur apprend d'ailleurs ainsi au début la numération et à faire des additions, nos dix doigts étant très utiles dans un système à base dix.
                Les enfants qui cherchent à maîtriser une tâche l'indiquent par leurs gestes et les enseignants savent se servir de ces informations. Mais j'ai fait pas mal d'enseignement à des adultes et c'est même vrai pour eux, quoique plus discret.
                On peut d'ailleurs encourager les enfants à utiliser mieux les gestes et certains d'e ces gestes que l'on fera pour leur montrer une solution, les aidera à s'en souvenir.                       
                Les mouvements de nos mains indiquent nos pensées. On avance les mains quand on pense au futur, on tourne les mains quand on pense à dévisser un couvercle. Même quand nous n'expliquons pas quelque chose : nous faisons doc des gestes pour nous mêmes, pour nous aider à réfléchir.
                Et ces mouvements sont tellement naturels qu'ils sont inconscients; même une personne qui gesticule ne s'en aperçoit pas et est très étonnée lorsqu'on lui passe un film de sa conversation.
                Nous utilisons aussi inconsciemment les gestes de nos interlocuteurs pour connaître leur humeur du moment.

                Les chercheurs ont constaté, (en écoutant séparément la bande son et regardant la vidéo séparément), que parfois les gestes et la parole ne concordent pas au plan de la signification. C'est en général quand un problème se pose et que l'on est en train de le résoudre. Les gestes représentent alors une façon inconsciente de voir le problème, différente de la réflexion utilisant le langage. Faire des geste représente des connaissances implicites et aide à les rendre conscientes.
              Des études ont été faites pour utiliser les gestes pour mieux enseigner l'abc des mathématiques à des enfants de CP et de CE1; on a constaté que l'on pouvait accélérer les apprentissages; mais à l'inverse, un geste non approprié peut par contre, aussi induire en erreur.
              Il semble que les gestes aident à mémoriser la résolution d'un problème difficile et qu'ils soulagent donc le cerveau de certaines tâches, lui permettant de se consacrer à l'essentiel.

              Mais les gestes ont une utilité certaine lorsqu'ils suppléent à un sens, par exemple chez les aveugles.
                Et j'ai eu l'occasion de participer à une expérience avec des chimpanzés, pour lesquels on étudiait l'influence de l'environnement sur des tâches intelligentes. Il était très difficile de savoir quelle était l'évolution de leur esprit, lorsqu'on se contentait de situations où des réflexes conditionnés, type Pavlov peuvent intervenir.
                On leur avait donc appris à s'exprimer en appuyant sur des touches d'ordinateur, sur lesquelles étaient dessinés des idéogrammes, et qui représentaient des noms ou des verbes (des actions), des personnes, et quelques adjectifs. On avait réussi à établir une certaine communication sur les actions courantes, mais ce type de dialogue était assez limité.            
              Des essais américains (dans les années 1970, sur les gorilles Koko et Michaël), ont suggéré aux vétérinaires de l'animalerie, de leur enseigner le langage des signes : celui des sourds muets. Cela a été relativement long, mais couronné de succès. Les singes et notamment une guenon, arrivaient à faire des phrases avec sujet, verbe et complément, voire un adjectif. La guenon à qui on donnait des robes, et on avait appris à se regarder dans un miroir, avait fini par apprendre le sens du mot beau, ce qui est une notion très abstraite. Elle a dit "tu es beau", à un de ses soigneurs, un jour où il était bien coiffé, alors qu'il avait habituellement les cheveux longs et la coiffure "en pétard".
              Nos chimpanzés maîtrisaient plusieurs centaines de signes.
              Et quelle a été notre stupeur, quelques années après, quand cette guenon, ayant mis au monde de petits singes, s'est mis à leur apprendre le langage des signes, par exemple pour demander à manger !
              Mais ne nous faisons pas d'illusion, on n'a jamais vu de singe raconter des histoires. 

             Nota : en fait il semble que les singes supérieurs aient un centre de Broca qui leur permet de concevoir des mots. Ils ne parlent pas parce que leur configuration de gorge et de palais ne leur permet pas de moduler les sons comme les hommes. Ils ont notamment un larynx trop haut, ce qui les empêche d'articuler les sons.

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  •   

    Notre cerveau prend des décisions (2)

             Hier, nous avons vu comment fonctionnait le cerveau face à des décisions, aujourd’hui  j’aborderai les problèmes posés au niveau de l’individu et des décisions qu’il doit prendre.

     

             Le problème initial est la formation du cortex orbitofrontal et l’expérience nécessaire pour que les divers centres apportent des avis inconscients qui soient pertinents.

             Cela nécessite un temps important, une vingtaine d’années pour former de façon définitive le cortex orbito-frontal, et avoir assez d’expérience pour alimenter les réflexions inconsciente.

             Chez un adolescent la prédominance est donc plus en faveur du système de récompense, et il a donc des difficultés à prendre raisonnablement ses décisions qui sont plutôt dictées par ce système et donc ses envies et ses plaisirs.

             Pour prendre ses décisions et faire ses choix, le cortex orbitofrontal doit cartographier tous les états accessibles et leur donner une valeur.
              C’est déjà difficile dans des cas simples et quand on est confronté à un monde réel concret comme c’était le cas lorsque j’étais adolescent.

             Mais que va faire un adolescent qui est sans cesse plongé dans son smartphone, qui évolue dans de nombreux univers, notamment ceux des groupes et des réseaux sociaux, qui peut aller dans toute la planète, accéder à des milliers de musiques, de séries, de jeux, et dont les centres de récompense attendent avec impatience le prochain SMS ou l’appel sur Whatsapp. Son cortex préfrontal est complètement dépassé par les événements et la complexité et la multiplicité des choix.

             Le problème est que le cortex orbitofrontal ne se forme, de même que l’expérience des situations, qu’au contact de celles-si, et dans la mesure où il fonctionne convenablement face à elles. Le jeune d’aujourd’hui n’a que peu cette occasion et son cerveau ne sera donc pas formé à faire face aux décisions et il aura pris l’habitude de choisir en fonction de ses envies et de l’influence de son groupe social.

     

        Deuxième problème : nous ne sommes pas égaux au plan du fonctionnement du cerveau. Les connections entre neurones et les vitesses de propagation sont différentes d’un individu à l’autre, d’une part héréditairement, et surtout les premières années de vie ont une influence sur elles.

             Je vous ai déjà exposé les diverses préférences cérébrales et notamment celles de décision (voir mon article du 14 février 2016)

         Lorsque vous prenez une décision, lorsque vous faites un choix, votre cerveau utilise préférentiellement certains mécanismes, certains critères.

    Notre cerveau prend des décisions (2)

             Deux processus sont utilisés, tous deux étant rationnels, mais différent par les critères de choix utilisés :
                       - les critères sont ceux d'une logique impersonnelle (L) : ce sont des principes objectifs, des lois, des règles, une analyse critique et logique; on se pose en juge et on décide “avec la tête”, plutôt en “spectateur”. 
    On réfléchit avant de décider, aux avantages et aux inconvénients de son choix.
                      - les critères sont ceux de valeurs altruistes (V) et de ses goûts : la décision est plus subjective et humanitaire; c'est le monde de l'empathie, de l'intimité, de la chaleur humaine et de la persuasion; on se pose en avocat, et on décide “avec le coeur”, plutôt en “participant”. On décide spontanément en fonction de ses goûts et de ses opinions.

             Dans le premier cas, le cortex orbitofrontal est prépondérant vis à vis des centres amygdaliens et du système de récompense, dans le second cas, c’est le système de récompense qui l’emporte.

             Si le V est plus à l’aise lorsqu’il s’agit de décisions concernant les rapports avec les autres hommes, par contre le L fera moins d’erreurs lorsqu’il s’agit de problèmes pratiques et théoriques, et surtout techniques ou scientifiques.

     

             Troisième problème celui de l’éducation et de l’instruction.

             L’éducation des parents nous donne certains principes, une certaine culture initiale, développe notre connaissance de la langue, une logique élémentaire, notre aptitude à travailler et notre curiosité intellectuelle. Nos parents ne peuvent pas tous nous traiter de la même façon et une certaine inégalité apparait dès l’enfance.

             Elle se poursuit ensuite au cours de nos études? Ce que nous avons acquis précé-demment facilite ou complique nos tâches, nous ferons plus ou moins d’efforts, nous aurons aussi des professeurs plus ou moins émérites, qui pourront plus ou moins s’occuper de nous.

             Non seulement nous allons acquérir plus ou moins de connaissances, de compéten-ces, mais l’instruction développe l’intelligence, l’esprit critique, l’imagination et la création. Nous avons besoin de ces qualités pour interpréter les informations de l’actualité et pour se projeter dans l’avenir. Des études scientifiques développeront davantage notre esprit critique vis à vis des problèmes techniques, alors qu’un culture de lettres facilitera en général la compréhension des problèmes philosophiques et humains.

             Il est certain que ceux qui n’ont pas l’habitude d’interpréter des courbes et des statistiques, de faire varier un par un les paramètres d’un phénomène, qui n’ont pas l’habitude de chercher et trier l’information, croiront plus facilement les énormes bêtises qui circulent sur internet, sur le coronavirus et les vaccins.

             De même une personne qui a une culture historique et a pu aborder la diversité des auteurs en littérature et philosophie, ne donnera pas suite à des affirmations négationistes ou complotistes. Les personnes au vocabulaire pauvre , qui n’ont pas une bonne maîtrise de la langue, seront au contraire, amenés à faire de nombreux contresens sur l’information reçue.

     

             Quatrième problème, certains biais de nos raisonnements et notamment des suggestions que fait notre inconscient au cortex orbitofrontal.

             Par exemple, nous avons tendance à baser nos évaluations sur les premieres infor-mations qui nous viennent à l’esprit, parce que par exemple, nous en avons davantage entendu parler à la télévision ou sur internet. Nous avons ainsi tendance à beaucoup exagérer la probabilité d’accident aérien, ou le danger de l’énergie nucléaire.

             Nous sommes aussi très influencés par les informations multiples qui nous parviennent et par celles propagées par notre groupe, ou les gens dont on partage les idées. Dès lors, si on néglige la critique qui se base sur les informations factuelles et statistiques, si on ne cherche pas quels sont les arguments de ceux qui pensent autrement, on sera amené à de nombreuses conclusions erronées, par exemple sur la pandémie actuelle et les vaccins.

             Beaucoup de décisions politiques ne sont pas basées sur la rationalité, mais sur la recherche de voix d’électeurs, un manque d’évaluation du risque et sur des visions à court terme (la durée d'un mandat), ou au manque d’examen de diverses possibilités d’évolution des situations.

             Nous apportons également plus d’importance aux événements négatifs (et la télévision et internet les monte en épingle), et donc à négllger les progrès accomplis et à croire les avis pessimistes ou au contraire les promesses de bien-être,des politiques, même peu vraisem-blables et au financement improbable. Mais on ne nous gave souvent que de paroles et peu de chiffres et prévisions rationnelles sont données, car un politique qui se contenterait de promettre l’avenir possible a malheureusement peu de chances d’être élu.

             Enfin nous favorisons toutes les informations qui correspondent à nos idées initiales sur les problèmes et nous négligeons donc d’analyser les arguments qui en diffèrent. Evidement il est alors difficile de sortir du piège.

     

             En fait les problèmes que nous rencontrons sont de deux natures : ceux simples de tous les jours, qui demandent certes une certaine expérience et une certaine logique, mais qui sont d’une complexité moyenne et assez faciles à résoudre, et la plupart des gens y arrivent. 
            Mais certains autres problèmes sont d’une grande complexité, notamment lorsque leur compréhension est de nature scientifique. Là des outils, notamment de mesure et de simulation, sont nécessaires pour les résoudre et ce n’est pas à la portée de tous. Il faut alors faire confiance aux spécialistes, mais ils ne sontpas toujours faciles à comprendre.
             
    Quant aux gens qui propagent ou croient aux fausses nouvelles et aux théories absurdes, ils sont de deux sortes.
                      - Ceux qui savent quelle est leur nature et qui veulent volontairement tromper les autres : soit par intérêt financier, soit parce qu’ils sont contre la société actuelle, soit pour faire l’important au sein d’un groupe. On peut seulement espérer qu’un jour, leur comportement anti-société et anti-humain, sera puni.
                     - Mais la plupart de ces personnes sont simplement des gens crédules, qui ne disposent pas d’un esprit suffisamment critique, des connaissances et informa-tions nécessaires, et souvent ont été défavorisés dans leur éducation et leur instruction. Beaucoup d’entre eux ont souvent subi l’influence défavorable de leur groupe et ne sont pas assez indépendants d'esprit et assez intelligents pour en sortir.

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