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    Nos capacités intellectuelles varient chaque jour.!

               Un problème permanent de la psychologie est la définition de l’intelligence humaine.            
               Une solution simplifiée est de dire que c’est ce que mesurent les tests de QI, mais il a été montré que cela ne couvrait pas toutes les formes d’intelligence, notamment ce qui relevait de la communication, des émotions et des sentiments.
              Mais même la notion de QI a évolué. 

               La recherche des causes génétiques a donné lieu à des polémiques, car en fait on confondait le résultat : l’intelligence, avec  la cause principale : l’apprentissage. L’influence du génétique variait de 50 à 20%, car en fait  on peut avoir des prédispositions directes à l’intelligence, mais elles sont faibles et les dispositions plus importantes concernent la capacité d’apprentissage qui permettent d ‘acquérir l’intelligence, par l’entrainement, l’instruction et l’expérience de la vie.

              Les variations du QI ont également posé question.
              Il est certain d’abord que si l’on pratique souvent le test à des intervalles courts, il y a un certain apprentissage et le QI s’améliore, sans que le niveau de l’intelligence ait réellement changé.
              Mais il y a presque cent ans, on croyait que le QI était établi définitivement chez un enfant de 10 ans et c’est par comparaison à l’intelligence d’un tel enfant que les premières études de Binet ont été faites.
              On s’est aperçu ensuite que le QI pouvait varier de façon importante (10 à 15 points), en plus ou en moins, jusqu’à 20 ans environ, et que cela pouvait évoluer en fonction d’une certaine plasticité cérébrale qui augmentait les capacités de certaines zones du cerveau. Par ailleurs la plupart des jeunes avaient fini leur scolarité vers 20 ans.
              Je pense que si on refaisait les mêmes études aujourd’hui où les scolarités sont plus longues en moyenne, on trouverait des évolutions plus longues.
              Il pouvait augmenter jusque vers 40-50 ans, mais de façon moindre, et baissait après 60 ans, mais en général cela était dû à une baisse de la capacité de concentration et de la mémoire.

               Mais j’ai lu des études, notamment de l’institut Max Planck en Allemagne et de l’université de Columbia à New-York, qui montraient que notre fonctionnement cognitif pouvait subir des variations importantes sur de courtes périodes, voire dans une journée.
              Les raisons sont diverses, la fatigue, la durée du sommeil, les émotions, le bruit, l’attention et la concentration.
              Des études ont notamment montré que les deux mémoires tampons à court terme : boucle phonologique et calepin visuo-spatial, avaient des performances assez variables au cours de la journée, de même que notre attention, ce qui entraînait des performances également fluctuantes sur les diverses tâches.
              Elles ont montré également que ces variations étaient différentes selon les individus.

               Ce sont des données nouvelles, car elles montrent que, si l’on veut connaître vraiment le potentiel d’un individu en matière d’intelligence, il ne suffit pas de le comparer par des tests aux autres personnes, mais il faut suivre ses performances dans le temps, chacun ayant son empreinte spécifique dans ce domaine. 
               Ce serait également un point important au plan de l’enseignement, notamment en ce qui concerne les élèves moins doués, car si l’on arrivait à en connaître les raisons, cela permettrait sans doute d’améliorer leurs performances.

             Mais il faudrait étudier comment nos capacités varient, en fonction de notre état physique, de nos motivations, de nos émotions, et tous autres facteurs soumis à des fluctuations quotidiennes.

            Est-ce plus facile de mesurer l’intelligence artificielle ? Elle soit être plus stable !

     

    Nos capacités intellectuelles varient chaque jour.!

     

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    Il n'y a pas de pensée sans langage, et on ne fait pas des mathématiques sans penser. Des psychologues en déduisaient que les mathématiques avaient émergé chez l'homme, comme une conséquence du langage. Mais les mathématiciens n'en n'étaient pas sûrs et certains pensaient que la réflexion mathématique était indépendante du langage.
         On croyait jusqu'à présent que les centres du langage étaient très impliqués dans les traitements mathématiques par le cerveau. Il semble par exemple que le centre de Broca, qui met en œuvre syntaxe et grammaire dans nos phrases, soit impliqué dans le calcul mental et les opérations algébriques.
           Mais des études récentes sous IRM, ont montré que les aires concernées (en bleu sur la figure ci-dessous) par la réflexion mathématique (et pas uniquement le calcul formel), étaient différentes de celles impliquées dans une réflexion ne demandant qu'une expression  par des phrases. (en vert).
                                           HG                                      HD

    Mathématiques et cerveau.

         Il existe ainsi un réseau mathématique dans le cerveau, qui n’est pas celui du langage.
     
         L'étude a en outre montré que les centres étaient diversement occupés lors de travaux mathématiques, en rouge les centres correspondant à une réflexion de niveau élevé, en vert la compréhension et la manipulation de formules mathématique, et en bleu, les centres mobilisés pour des calculs simples.

    Mathématiques et cerveau.

           Ce réseau est déjà mobilisé par des enfants non encore scolarisés lorsqu'ils se trouvent face à un certain nombre d'objets, de même que chez les singes supérieurs.
    Ce réseau est ensuite développé par l'apprentissage à l'école, et il est plus actif chez les mathématiciens que chez les non-mathématiciens.
             Il est probable que les notions mathématiques , acquises après un apprentissage important, sont encodées dans le cerveau sous une forme différente de celle du langage, sauf effectivement les formules impliquant l'usage de lettres.

              J'ai lu par ailleurs un article, qui espérait que l'on pourrait aider les élèves en difficulté à mieux faire des mathématiques en leur envogant de l'électricité dans le cerveau ?  
    Cela parait être une boutade !! Pas sûr !

        Des neuroscientifiques britanniques ont réussi à augmenter les capacités d'apprentissage des nombres chez des volontaires en leur appliquant un courant électrique sur la boîte crânienne, au moyen d'électrodes.
        Les électrodes étaient placée sur le cortex pariétal droit, partie supérieure droite du crâne qui semble intervenir dans les capacités de dénombrement.
        Pour ne pas mener leurs expériences sur des enfants, (en France c’est interdit mais pas dans les pays anglosaxons), les neuroscientifiques ont demandé à des adultes d'apprendre un nouveau système de numérotation fondé sur des symboles différents des chiffres, qu'ils devaient progressivement associer à des quantités.
        Les personnes agant reçu des impulsions électriques transcrâniennes durant cet apprentissage, acquéraient une représentation correcte des nombres avec une exactitude comparable à ce dont elles étaient capables avec le système numérique décimal.
        En revanche, les personnes n'auant pas reçu les stimulations transcrâniennes présentaient une moins bonne assimilation de ce nouveau système numérique;

        Cet effet se prolongeait pendant quelques mois. Comment expliquer cela?

        Selon les neurologues, la stimulation électrique par une électrode reliée au pôle positif d’un générateur a des conséquences positives sur un mécanisme cellulaire et moléculaire qui renforce les capacités de transmission de l'information entre les neurones, qui conditionne également la mémorisation et l'apprentissage. En revanche, une stimulation par l'électrode négative, fragiliserait l'ancrage des connaissances par renforcement des synapses et détériorerait les performances.

        J’avoue être assez sceptique et je voudrais bien voir d’autres résultats d’expériences : la recette me semble trop simple.
        De plus je me pose des questions sur les conséquences imprévisibles de telles méthodes sur d’autres centres cérébraux voisins.
        Des tests chez l'animal sont indispensables. Chez l'enfant, toute perturbation du développement cérébral risque d'avoir des conséquences graves et difficiles à mettre en évidence.
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  • Intelligence et esprit critique.

                Nous sommes parfois très étonnés de voir une personne réputée très intelligente dire manifestement une bêtise (je ne parle pas de Trump, il n’est pas très intelligent), et ce qui arrive plus souvent, avoir une attitude peu compatible avec son niveau intellectuel ou son expertise dans son domaine.
               Cela tient le plus souvent à notre façon de mesurer l’intelligence et à la différence que l’on doit faire entre « l’intelligence » et « l’esprit critique ».

     

                Nous mesurons ce que nous appelons l’intelligence par des tests principalement de QI. Si vous lisez les articles que j’ai fait sur ce sujet, vous y verrez que l’on teste principalement trois domaines : notre connaissance de la langue et de la signification de phrases; la logique mathématique et la reconnaissance visuo-spatiale.

                Les tests sont des exercices qui mettent en jeu des points de détail, des réponses simples, et une analyse réduite de situations peu complexes.

                Ils ne garantissent pas que l’on sache pour autant analyser une situation dont les facteurs sont nombreux et compliqué, faire la part dans un amas de données, de celles qui sont importantes et de celles sans utilité, et également de résister à des arguments ou croyances irrationnelles.

                Certes, les personnes à fort QI sont moins sensibles aux biais cognitifs, mais ce qui permet de nous en protéger c’est « l’esprit critique ».

                Pour jauger correctement une information, , il faut être capable de la saisir, de la comprendre, de la traiter, de l’analyser, d’en examiner la vraisemblance, d’en saisir les conséquences. Certes l’intelligence est nécessaire pour ces tâches, mais il faut en plusune analyse logique empreinte de scepticisme.

     

                Les psychologue ont trouvé des différences entre l’intelligence et l’esprit critique :

                L’intelligence se concentre sur des problèmes de détail, de bas niveau, de compréhension, de représentation, de fonctionnement.

                L’esprit critique, est lui, à un niveau lus général, plus élevé, à partir d’éléments plus complexes et généraux. Il demande par exemple d’expliquer sa pensée et celle d’autrui ou d’estimer la fiabilité d’assertions ou de sources d’information. Il faut tester des hypothèses, évaluer des arguments, rechercher des preuves. C’est déterminer si on peut faire confiance à une information.

                La seconde différence est de nature psychologique : l’intelligence est basée sur le raisonnement. L’esprit critique est presque un trait de personnalité car il se fonde sur des qualités, sur un état d’esprit. 

                Il demande une ouverture d’esprit, l’imagination de supposer diverses solutions, un certain scepticisme et l’envie de connaître la vérité, le besoin de la rigueur et d’avoir des preuves, l’envie de connaître de nouvelles choses…

     

                Quelqu’un d’intelligent peut décider de croire à quelque chose, qui évidemment ne doit pas être complètement absurde, mais il peut ne pas avoir le besoin absolu de la vérité.

     La personne qui a un fort esprit critique ne voudra croire que ce qui répond à de nombreux critères. Elle doit donc avoir une grande humilité intellectuelle, et douter de sa propre pensée en premier lieu. Il faut notamment savoir changer d’avis, si cela se justifie.

     

                Comment développer l’esprit critique : ce devrait être un des buts de notre enseignement primaire et secondaire.

                Certes il faut au départ rendre les gens intelligents, en leur donnant la meilleure compréhension possible de la ou les langues, en développant la logique par l’étude des mathématiques, de la physique-chimie et des SVT, et en exerçant leur facultés de représentation de l’espace et du dimensionnement.

                Il faut ensuite les habituer à la pensée d’autrui, aux vis divers et divergents et l’étude de la littérature et de la philosophie est importante, non pas en tant que connaissances des auteurs, mais quant à la compréhension et la discussion sur des pensées différentes et des avis divergents sur un même sujet.

                Il faut à la fois développer la curiosité intellectuelle mais aussi l’humilité face au savoir : admettre qu’on ne sait pas, que l’on peut se tromper.

                Il faut aussi développer les capacités d’analyse logique, apprendre à reconnaître les situations, les éléments, les informations à risque, à mettre en doute et à faire des vérifications, à ne pas généraliser à partir d’exemples en nombre limité, de savoir peser les risques et la probabilité d’une réussite ou d’un échec, des avantages par rapport aux inconvénients d’une décision ou d’une situation.

                C’est aussi apprendre à chercher de l’information fiable (notamment sur internet, et par recours à des experts, qui en soient vraiment

                Il existe des tests d’esprit critique, comme il existe des tests de QI
    .

                 Bien entendu, il ne faut pas confondre l’esprit critique et la critique systématique irraisonnée et sans s’assurer de sa pertinence (à la façon de Trump et de beaucoup d’hommes politiques). C’est l’inverse de l’esprit critique.

                L’esprit critique est une qualité indispensable qui complète l’intelligence et nous en avons besoin plus que jamais, si l’on pense aux réseaux sociaux et à toutes les fausses informations qui y circulent ou aux discussions sans fin et entre égos passionnées sur l’hydroxychlorokine.

    Intelligence et esprit critique.

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  • http://lancien.cowblog.fr/images/images/5579761portraitd39unejeunefemmefaisantdesgestesaveclesmainssurlefondblanclavitesseconcept.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/images/4539315businessmanuneidegestesaveclesmainssurblanc.jpg

        Je vous ai parlé du thalamus, dont les neurones battaient la mesure à 40 Hz et coordonnaient nos sensations quand nous étions éveillés et  n’oscillaient plus qu’à environ 4 Hz quand nous dormions d’un sommeil profond, pour remonter un peu au dessus de 30Hz pendant le sommeil paradoxal et le rêves.
        Voici un autre exemple de l’activité “cadencée” des neurones cette fois ci dans le domaine de la parole et de nos gestes qui l’accompagnent

        Des neurobiologistes de l'INSERM et de l'École normale supérieure rue d’ULM, à Paris, Benjamin Morillon, Anne- Lise Giraud et leurs collègues, ont fait observer des films de personnes en train de parler, à leurs sujets en expérience, pendant que leur activité cérébrale était mesurée au moyen de  l'électro-encéphalogramme et l'imagerie cérébrale fonctionnelle (IRMf), ce qui permet d'observer à la fois les zones du cerveau actives et le rythme de l'activité électrique des neurones.
        Ils ont ainsi observé les différences entre l'activité du cerveau au repos et quand on entend quelqu'un parler.

        En l'absence de langage, le cerveau présente une activité asymétrique : le cortex auditif (la zone de perception des sons) de l'hémisphère gauche est le siège d'oscillations électriques rapides de l'ordre de 40 hertz, correspondant à la fréquence des sons élémentaires du langage, les phonèmes. Le cortex auditif droit est alors parcouru d'oscillations lentes de l'ordre de 4 hertz, soit à peu près le rythme des unités du langage correspondant aux syllabes.
        Cette différence d'activité résulterait d'une plus grande concentration dans le cortex auditif gauche, de « grandes cellules pyramidales », neurones qui auraient la propriété de décharger à la fréquence de 40 hertz.

        Lorsque les sujets entendent quelqu'un parler, des changements interviennent : le cortex auditif gauche commence à émettre lui aussi à une fréquence de 4 hertz (au lieu de 40 hertz), tout en continuant aussi à osciller à 40 hertz,
        Ce changement démontre un phénomène d'intégration du langage: le cerveau regroupe des phonèmes (environ 40 hertz] en syllabes (environ 4 hertz).
        Le langage est alors analysé et l'activité oscillatoire asymétrique s'étend aux zones environnantes, dont les aires du langage (aires de Broca et de Wernickel; voir les articles sur le langage).

        Par ailleurs, les neurobiologistes ont observé que l'activité au repos de la zone corticale commandant les mouvements des mains est égale à 4 hertz,  la fréquence oscillatoire lente du langage.
        Les oscillations dans le cortex auditif  seraient elles synchronisées avec celles du cortex moteur commandant les mouvements des mains.?
        D'après A.-L. Giraud, les mouvements de la main selon un rythme syllabique aident le cortex auditif à se mettre sur la longueur d'onde du langage. Les gestes des mains et les fonctions cérébrales associées au langage auraient évolué simultanément chez les hommes préhistoriques.
        La gestuelle met de la vie dans le langage, apporte du rythme, du mordant, de l'énergie.  Une telle synchronisation neuronale favoriserait l'analyse syllabique du langage et les personnes qui parlent avec les mains sont souvent plus faciles à comprendre parce que leurs gestes les conduisent à adopter un rythme syllabique voisin de 4 hertz, qui est plus facilement analysé  par le cerveau des auditeurs.
        Alors n’hésitez pas à parler avec vos mains. !!
        Mais ne faites pas comme ce prêtre italien qui conduisait une voiture sur les routes tortueuses des Apennins, suffisamment vite pour que je le suive pendant de nombreux kilomètres, et qui parlait à son voisin de l’autre siège, lâchant souvent son volant pour faire des gestes plus démonstratifs des deux mains.
        J’en étais presque angoissé, alors que j’aurais dû penser qu’il était protégé par le Seigneur !!

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  • Nos décisions sont faussées par notre inconscient.


              Dans l'article d'hier, je décrivais certains mécanismes du cerveau lorsque nous prenons des décisions.
              Je vous ai aussi décrit dans des articles de la rubrique "préférences cérébrales", l'influence de notre préférence de décision 
              Lorsque vous prenez une décision, lorsque vous faites un choix, votre cerveau utilise préférentiellement certains mécanismes, certains critères.
              Deux processus sont utilisés, tous deux étant rationnels, mais différent par les critères de choix utilisés :
                        - les critères sont ceux d'une logique impersonnelle (L) : ce sont des principes objectifs, des lois, des règles, une analyse critique et logique; on se pose en juge et on décide “avec la tête”, plutôt en “spectateur”, après avoir réfléchi logiquement au "pour" et au "contre". 
    On réfléchit avant de décider, aux avantages et aux inconvénients de son choix.
                       - les critères sont ceux de valeurs altruistes (V) : la décision est plus subjective et humanitaire; c'est le monde de l'empathie, de l'intimité, de la chaleur humaine et de la persuasion; on se pose en avocat, et on décide “avec le coeur”, plutôt en “participant”. Ce sont nos goûts, nos valeurs, nos opinions, nos émotions, nos sentiments qui guident notre décision.
              On conçoit que les personnes V examinent les éléments de décision de façon plutôt subjective, et donc avec un risque d'erreur plus important.
              Mais pour les personnes L, la décision paraît réfléchie et objective, et cependant nos décisions sont souvent faussées par des automatismes du cerveau relativement inconscients.
              Le cerveau cherche en permanence à ne pas consommer trop d'énergie, à gagner du temps, à préparer nos comportements, d'agir rapidement. Il doit donc prédire et anticiper. Pour cela Silva donc chercher dans notre environnement d'une part, dans notre mémoire et notre passé, des indices qui permettront de répondre en partie aux questions posées. Ces indices automatiques influenceront inconsciemment nos décisions.

             Nous avons d'abord en mémoire, des préjugés et des stéréotypes, issus de notre culture, de notre éducation, de notre expérience. Ils sont dans notre mémoire et ont pour but de nous protéger contre des décisions hâtives ou hors normes. Mais ils peuvent alors influencer plus ou moins nos réflexions et donc nos décisions. L'influence des groupes auxquels on appartient, du milieu, du racisme sont des exemples probants.
             Même pour les personnes L, sentiments et émotions ont une certaine influence et notamment les centre amygdaliens. Mais elles en sont moins conscientes puisqu'habituées à une démarche rationnelle logique.
              On évoque souvent l'intuition, mais c'est simplement les connaissance et l'expérience que nous avons sur le sujet en cause, qui sont inconsciemment ramenées en mémoire et que notre inconscient traite en faisant intervenir sans que nous le sachions, les mêmes groupes de neurones que si nous faisons un raisonnement conscient. La synthèse de cette démarche est ensuite portée à la conscience : c'est une intuition. Elle n'est juste que si elle a pu se baser sur des indices réellement en rapport avec les questions posées?

              Enfin il faut être conscient que la fatigue le stress, le manque de concentration, la dispersion de notre esprit qui traite plusieurs problèmes à la fois, nuisent à la pertinence de nos décisions.

              Philippe Damier, professeur de neurologie au CHU de Nantes, recense dix grands pièges qui peuvent fausser nos décisions.

    La peur de perdre :
              Lorsque que notre décision risque d'entrainer un gain ou une perte, nous préférons le plus souvent minimiser la perte. Mais cette décision trop rapide risque de nous faire passer à coté de décisions très bénéfiques, dont le risque d'échec était raisonnable.

    Les statistiques :
             
     Lorsque nous avons un choix incertain à faire, au lieu de consulter des statistiques réelles, nous nous remémorons tous les événements analogues dont nous avons été témoins. Leur fréquence peut être très éloignée de la réalité et nous inciter à un choix erroné.          

    L'ordre des éléments de décision :
             
    Quand on fait la liste des avantages et des inconvénient d'une décision à prendre, les premier élément devient plus important car ils nous influencent en premier et forgent notre décision. Il faut donc réexaminer plusieurs fois tous les éléments, au besoin dans un ordre différent, pour ne pas subir cette influence.        

    Présent et futur :
             "Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", dit l'adage bien connu. Quand nous avons le choix entre une décision qui apporte immédiatement un avantage modéré, face à une autre qui apporte un meilleur avantage, mais plus lointain, en général, nous choisissons l'avantage du présent, sans examiner suffisamment les risques de la solution d'avenir.

    La publicité et l'effet de groupe et la peur de l'inconnu :
         
     Lorsque nous avons à choisir entre deux objets, mais que l'un nous est presque inconnu, alors que nous avons souvent vu ou entendu parler de l'autre, soit par la publicité ou la presse, soit au contact d'autres personnes, nous avons tendance à choisir l'objet connu, sans chercher à découvrir l'autre et ses éventuels avantages.

    Les sensations internes :
           
    L'état physiologique de notre corps a une certaine influence : les psychologue ont par exemple montré que, lors de courses dans un supermarché, l'on achète plus de produits alimentaire avant le repas et moins si on a déjà déjeuné. Le stress a également une grande influence sur nos décisions : j'en reparlerai dans le prochain article.

    L'opinion déjà faite : 
            Lorsque l'on pense aux conséquences d'une décision, au bout d'un moment, on commence à se faire une idée de ce qu'il faudrait faire. (voir mon article d'hier). Mais dès lors, les arguments en faveur de cette décision ont plus de poids que ceux contre et on peut même finir par ignorer un élément très important défavorable.

    La répétition d'un élément de décision :
            
    Voir de façon répétée et régulière un objet ou une solution, risque de nous faire prendre trop vite une décision en faveur de cette solution, parce qu'elle nous paraît plus familière, donc plus connue et plus sûre. C'est sur cet effet de répétition que se base la publicité et le marketing. C'st vrai aussi pour une personne qui vous paraît alors plus sympathique.

    La défiance vis à vis d'un ou d'autres :
         
      Nous prenons parfois des décisions par réaction , hostilité ou vengeance vis à vis d'une personne, d'un groupe ou défiance vis à vis d''opinions. Le choix n'est alors pas maitrisé. Il peut aussi être dicté par une réaction vis à vis d'une privation de liberté, d'un choix qui vous paraît imposé.

    La paresse et l'inertie :
           
    Lorsque nous avons le choix entre plusieurs décisions dont l'une correspondrait à une situation déjà vécue ou connue, nous avons tendance par inertie à la privilégier et par paresse à ne pas examiner sérieusement les autres options.

           Ces dix biais peuvent fausser de façon importante nosdécisons. A nous de nous méfier et d'essayer d'avoir un examen objectif et le plus complet possible des différentes solutions, sans privilégier à priori et trop rapidement une décision.

    Stress et anxiété.
         
     Nous avons vu hier que les circuits cérébraux de décision étaient voisins de ceux des stress et de l'anxiété, ces derniers états résultant d'une lutte de pouvoir entre les centres amygdaliens et l'insularité, et le cortex préfrontal gauche ventromédian, qui essaye de les contenir et de ne pas se laisser déborder.
            Si cependant il n'y arrive pas et que notre moral se détériore, les chercheurs ont montré sur des animaux, puis par simulation sur ordinateur, et enfin lors d'essais sur des volontaires humains, que le stress perturbait nos capacité de prévision des conséquences de nos actes, et que l'anxiété nous paralysait ensuite. Il est certain que nos décisions sont alors fortement perturbées.
             Jeansok Kim, professeur de psychologie et chercheur à l'Université de Washington, estime mêmque beaucoup de décisions économiques, qui pourtant concernent le monde entier, sont prises par des dirigeants hyperstressés, qui ne devraient pas assumer des responsabilités aussi importantes.

      

     

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