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             J’ai lu récemment des compte-rendus d’études faites depuis 1988 par Martin Sorg et ses collègues de la société d’entomologie de Krefeld, en Rhénanie du Nord, sur les populations d’insectes, leur dénombrement, celui des divers stades de reproduction et aussi sur leur environnement et leur nourriture, mais également sur leurs prédateurs, animaux insectivores.

             Cette étude met en lumière un effondrement de la biomasse des insectes volants, et cela est d’autant plus alarmant que l’étude a été faite au sein de réserves naturelles censées préserver la biodiversité.
             Cette biomasse a diminuée en trois décennies de 76% et même de 82% pendant les mois d’été où les insectes sont plus actifs.
    Parallèlement les plantes et les oiseaux ont également diminués en nombre et en variétés.
    Ci-dessous deux graphiques quand au nombre d’insectes, l’un selon une droite de régression entre 1990 et 2016, l’autre selon de nuages de mesures, mois par mois,  au cours des années 1990 et 2016.

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             Un autre laboratoire, le centre Helmholtz pour la recherche environnementale, coordonne des recherches concernant le papillons. La courbe ci dessous montre que la diminution est moins forte (environ 11%), et même que dans certaines régions leur biomasse a légèrement augmenté.

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             En se servant de nombreuses observations de bénévoles férius d’entomologie, une estimation de l’évolution sur des périodes allant jusqu’à 150 ans a été faite, sur 7444 espèces d’insectes et on constate que 44 % voient leur nombre diminuer, 41% ont restées stables et seulement 2% ont augmenté, les résultats n’étant pas probants pour 15% dont certaines ont disparu.
        On constate - notamment sur les abeilles et les papillons- que les espèces communes résistent à peu près alors que les espèces rares disparaissent, ce qui après tout est conforme aux lois de l’évolution.

            Il est passible que le changement climatique ait une petite part de responsabilité, difficile à apprécier, mais les responsables sont surtout les changements des méthodes en agriculture. L’agriculture intensive, les fauchages et labours fréquents d’une part détruit une partie de la végétation qui servait d’abri et de garde-manger pour les insectes, de même que l’urbanisation intensive, et d’autre part l’emploi de pesticides est ceratainement la cause majeure de leur disparition.
             Actuellement les espèces courantes ne semblent pas en extinction, mais leur nombre d’individu a fortement diminué en trente ans, notamment en dehors des réserves naturelles.
        Cette diminution est grave car la pollinisation des plantes est tributaire à 40% du sort des insectes.
    Par ailleurs ils servent de nourriture aux oiseaux et la diminution du nombre d’insectes entraine automatiquement une diminution du nombre d’oiseaux.

             Dans la lutte contre le changement climatique, nous ne pouvons pas faire beaucoup de choses individuellement, car c’est au niveau des gouvernements et de l’industrie qu’une action est significative, pour modifier les émissions de gaz à effet de serre et faire évoluer les habitudes de vie, sans perturber exagérément les conditions de travail et de vie..
             Par contre au niveau de la biodiversité, une action de tous les citoyens peut être efficace, mais l’action des pouvoirs publics pour réglementer l’usage des pesticides est essentielle.

        Je constate moi-même sur ma terrasse que en vingt ans, le nombre d’oiseaux a considérablement diminué - à part les pigeons et qu’on ne voit plus beaucoup d’insectes.
Alors j’ai essayé de mettre quelques mangeoires avec des graines et un peu d’eau; mésanges, pinsons, verdiers, rouges-gorges  reviennent peu à peu.
J’ai aussi essayé de planter des plants de nos campagne, et des abeilles et bourdons, scarabées et coccinelles reviennent assez nombreuse butiner sur les fleurs.
             En Bretagne j’essaie tous les étés de planter quelques fleurs et je vois revenir des papillons, mais là bas, le nombre d’oiseaux diminue moins. Ils nichent plus facilement qu’à la ville.

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  •           J'ai trouvé sur la revue "Pour la Science", un article extraordinaire sur les "fleurs de glace" et je voudrais vous en montrer des photos..
              La plupart des fleurs de glace émergent de tiges de plantes desséchées et mortes. L'eau du sol monte par capillarité et émerge peu à peu par des pores et gèle au fur et à mesure de sa sortie, formant ainsi une structure vaporeuse, qui peut avoir des formes complexes si la tige comporte des ramifications. C'est le cas des six premières photos ci après
              Mais on peut avoir aussi des fleurs de glace issues de plantes vivantes, l'eau de la plante sort également par des pores de tiges coupées, car elles seules gèlent suffisamment, les feuilles protégeant les autres tiges du gel.
               Les deux dernières photos représentent des rubans de glace, non de plantes, du sol pour la première, l'eau contenue dans le sol émergeant au travers de pores de la terre et pour la deuxième photo, le ruban de glace émane de tutauteries, qui avaient une petite fente.
               Malheureusement elles sont aussi fragiles qu'éphémères.

               Admirez ce que fait la nature. (les photos sont de James R Carter, professeur de géographie et géologie à l'université de l'Illinois aux USA.

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    Fleurs de glace.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Fleurs de glace.

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  •           Publier tous les jours oblige à prévoir ce qu'on va écrire pour être un peu en avance, mais on est parfois pris de court.
              Alors on va voir dans sa doc pour publier ce que d'autres ont écrit.
            Aujourd’hui ce sera donc un article  original d’Eddy Barrows sur les fourmis qui défendent les acacias.

          " Pourriez-vous considérer qu’un arbre soit votre meilleur ami ? Je vous repose la question après vous avoir dit que cet arbre vous fournit le gîte et le couvert pour toute votre vie.
           Pour toutes les fourmis qui habitent un acacia dans le monde, les acacias sont sans nul doute les meilleurs amis des fourmis. Les fourmis et les acacias vivent ce qu’on appelle une symbiose, c’est-à-dire qu’ils bénéficient tous deux de leur relation.
         Cependant, rien dans le monde n’est gratuit, comme vous le réaliserez un jour. Les arbres et les insectes s’échangent les services.
         L’acacia donne à la “fourmi d’acacia” (Pseudomymex ferruginea) de la nourriture sous forme de nectar produit par les arbres, et 
    fournit à la fourmi un domicile sur dans ses branchettes creuses. 
          Avec tous ces avantages, les fourmis doivent proposer leurs services en échange de tout ce que l’acaciaa à leur offrir. Les fourmis leur servent de protecteur personnel, elles agissent toutes
    comme des soldats de l’acacia, prête à mourir au combat, en protégeant l’arbre des envahisseurs. 
            Les envahisseurs de l’acacia, que les fourmis pourraient avoir à chasser sont des insectes rivaux, des petits mammifères ou même d’autres plantes.
            Pourquoi les acacias ont-ils des gardes du corps alors que ce n’est pas le cas de la plupart des autres arbres ? Contrairement aux autres arbres, les acacias manquent d’une substance chimique toxique alcaloïde, et sans cette substance des animaux affamés peuvent manger les feuilles et branches de l’acacia sans se faire mal et sanssensation désagréable. C’est pourquoi les acacias ont embauché les fourmis. 
           Quand les fourmis et les acacias travaillent ensemble, les fourmis profitent d’un abri et de nourriture contre leurs services de protection rapprochée dont l’acacia a besoin pour survivre.
          Dans la plupart des cas, les acacias et les fourmis s’entendent bien. Il y a l’exemple de l’Acacia « Bull Horn » d’Amérique centrale protégé par des hordes de fourmisvénéneuses, et l’Acacia du Kenya dont les fourmis protectrices peuvent chasser des girafes qui broutent en leur mettant de l’acide formique spiquant sur la langue.! 
          La morale de cette histoire : quand on travaille ensemble, tout lemonde en profite ! “

    Nota :  Sur la photo vous voyez un acacia d’Amérique centrale et ses grandes épines dites “cornes de taureau” dans lesquelles logent les fourmis, qui le protègent contre les parasites, tout en buvant son nectar.

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  •      Sans doute ne savez vous pas ce qu’est un « blob » et encore moins un « Physarum polycéphalum ». Je n’en n’avais aucune idée avant d’avoir lu un article dans la revue « Pour la Science ».
        Les scientifiques appellent cette plante particulière le « blob » en pensant au monstre d’un film d’horreur, visqueux et gluant. Elle ressemble à une moisissure, ou une levure, de couleur jaune vif, et elle a une particularité rare : elle est formée d’une seule cellule, mais, alors que la taille d’une cellule est habituellement de quelques microns et qu’elle ne possède qu’un noyau, le blob unicellulaire peut s’étaler sur plusieurs mètres carrés et comporter des milliards de noyaux.
        Et ce n’est pas sa seule originalité.
        Si cette plante est classée dans la catégorie des « fungi » (levures, moisissures et champignons ), elle a certaines caractéristiques de comportement du monde animal.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetationarbres2/blob.jpg
        En général les cellules des organismes évolués se reproduisent par mitose : le matériel génétique se duplique, puis se sépare; les noyaux se séparent tous deux identiques et deux cellules diploïdes (les chromosomes vont par paires) se séparent (cf. schéma ci-dessous).
    http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetationarbres2/350pxEvenementsimportantsenmitosesvg.png    Le « blob » se reproduit très différemment et a une structure très particulière.     
    Comme par exemple les champignons, des protubérances de la cellule produisent des spores qui donnent naissance à des gamètes, qui n’ont qu’un seul chromosome (haploïdes), et qui fusionnent pour donner une cellule fille à deux chromosome (diploïde).
        Mais chose rare, dans le cas du blob, cette cellule ne va pas se diviser en deux autres identiques, mais seuls les noyaux vont se diviser et l’on n’aura qu’une cellule unique qui grandit peu à peu avec une multitude de noyaux, mais qui peut se reproduire selon le même cycle; (cf. schéma ci-dessous).

    http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetationarbres2/blobrepro.jpg
        Seules des gamètes de sexes différents peuvent fusionner, mais pas de problème de rencontre pour les blobs, car il y a 720 sexes différents !!
        De plus le blog a une propriété particulière : si vous coupez un blob en deux, vous avez deux blobs parfaitement vivants et en pleine forme. A l’inverse si vous mettez deux blobs en contact, ils fusionnent en un seul blob, évidemment plus étendu, mais avec une parfaite entente au sein du nouveau blob.

        Le blob se déplace, notamment pour trouver sa nourriture. Il est parcouru par un réseau de « veines » dans lesquelles circule un liquide qui contient des protéines et des nutriments. Le courant du liquide dans ces veines s’inverse toutes les deux minutes, exerçant ainsi des pressions uniformément réparties sur la cellule. Mais si le blob veut se déplacer, il privilégie une direction dans laquelle le liquide se déplace davantage et exerce donc une pression directionnelle sur la cellule, qui alors se déplace dans cette direction, à quelques centimètres par heure.

        Le blog se nourrit de spores, de bactéries, de champignons et moisissures. Comme il n’a pas de bouche, il phagocyte ses proies : il se lie à elles par ses pseudopodes et des «colles» utilisant des glucoses. Il y a alors une fusion de la paroi de la proie avec la membrane de la cellule blob et la cellule va digérer sa proie grâce à des enzymes.

        Les blobs ont des comportements proches d’animaux, en ce sens qu’on peut leur faire subir un apprentissage, qu’ils peuvent transmettre à d’autres blobs si on les fusionne et on les re-sépare ensuite.
        
    Savez vous ce qu'est un "blob" (pas un blog!)     Ainsi les blobs peuvent s’habituer au milieu. Si on les sépare de nourriture éventuelle par un chemin qu’ils vont emprunter pour se l’approprier, on peut mettre sur ce chemin un produit chimique répulsif (du sel par exemple).
        Le blob va alors mettre beaucoup de temps pour parcourir le chemin. Mais si on répète l’expérience plusieurs fois, il mettra de moins en moins de temps, ayant acquis de l’expérience par apprentissage.

    Savez vous ce qu'est un "blob" (pas un blog!)    Plus étonnant, les chercheurs ont placé deux blobs devant deux entrées proches d’un labyrinthe, et de la nourriture à deux sorties de cet espace.
    Les deux blobs ont commencé à se propager dans le labyrinthe, ont fusionné entre eux et ont peu à peu rempli tout l’espace du labyrinthe jusqu’aux deux stocks de nourriture. Puis, une fois cette nourriture repérée, ils se sont retirés de toutes les parties inutiles du labyrinthe, n’occupant plus que les deux plus courts chemins des entrées à la nourriture.

    Savez vous ce qu'est un "blob" (pas un blog!)    Encore plus étonnant, les chercheurs ont disséminé tout autour d’un blob des flocons d’avoine en divers emplacements. Le blog est alors allé chercher sa nourriture en s’étalant sur l’emplacement; mais dans la cellule chaque fois que le blob trouvait un nouveau flocon d’avoine, une veine apparaissait dans sa circulation, entre le point précédent et le nouvel emplacement. A la fin de l’expérience un réseau de veines s’était formé dans la cellule, reliant tous les points où se trouvaient des flocons d’avoine. Mais le réseau ne comportait que les chemins les plus courts en ligne droite, et avec une redondance minimale, les chemins inutiles ayant été éliminés.

        A croire que les blobs ont appris la géométrie et la théorie des graphes !!

        Les chercheurs ont alors fusionné des blobs « initiés par apprentissage », avec des blobs « naïfs » qui ne l’avaient pas subi. Au bout de diverses durées ils ont séparé les blobs fusionnés. Si la fusion avait duré plus de 3 heures, les deux blobs avaient les mêmes « connaissances » : le blob initié avait transmis ce qu’il avait appris au blob naïf.
        On ne connaît pas exactement le mécanisme de cette transmission, mais il est de nature chimique, soit par formation de composés chimiques par apprentissage, soit par modification épigénétique de l’ADN, modifications transmises d’un blog à l’autre demandant une durée d’environ 3 heures.
       
    Nota : les schémas sont empruntés à l’article de la revue « Pour la Science ».

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  •           Je suis en vacances en Bretagne et dans mon jardin, il y a quelques pins
              Cette année, une grosse tempête a eu lieu début mars et j’ai trouvé quelques branches de pins au sol, arrachées par le vent et certaines avaient des « bouquets »  de pommes de pins à divers stades de maturité. En voici une photo. 

              En bas à droite les « bébés » pommes de pin, en grand nombre; mais ce sont les « cônes » mâles du pin. Ce sont eux qui portent le pollen qui va féconder les pommes femelles.
              En bas à gauche les « ados », qui ont considérablement grandi et se sont organisés en étoile.        
             En haut à gauche les « adultes », plus gros, moins nombreux, compacts et pas encore desséchés.

            Enfin en haut à droite, les « vieilles pommes de pin », à la taille maximales, devenues sèches et qui se sont ouvertes, contenant une graine sous chaque écaille, ce dont raffolent mes écureuils qui viennent visiter les pins le matin de bonne heure : Queue Rousse et Queue Noire.
           En fait ces trois stades sont ceux de pommes qui sont les « cônes » femelles du pin. Ils recevront le pollen et transformeront les ovules en graines.

               Chose curieuse, les cônes mâles et femelles poussent sur des branches différentes. Les cônes mâles poussent sur les branches inférieures de l'arbre tandis que les cônes femelles se situent sur les branches supérieures, ce qui paraît illogique, car le pollen a peu de chance de monter vers les cônes femelles.
              La fécondation se fait normalement par un autre arbre ce qui permet de croiser les fécondations et d’éviter des dégénérescences par « consanguinité ». 
              Après la fécondation, les cônes femelles restent sur l'arbre deux à trois ans, pour que la graine se développe. Les gros cônes femelles ne sont plus alimentés par la plante mère et ils sèchent donc peu à peu, ce qui provoque l'ouverture des écailles, libérant les graines qui sont le plus souvent ailées. Cette aile leur permet de parcourir de longues distances grâce au vent.

            J’ai ainsi très souvent des tout petits pins qui poussent un peu partout dans mon jardi : je les mets en pot et s’ils ne meurent pas, j’en fais des bonzaïs.

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