•           Je discutais avec un jeune élève, dans un mail, des oraux du bac et des programmes de SVT actuels et de mon temps très ancien (de l'ordre de 75 ans) et j'ai parlé de dahu et on m'a demandé ce qu'était cette bête pourtant connue. Alors peut être que cette description vous intéressera.

              J’avoue être étonné. Le niveau du bac a nettement baissé : on ne vous explique plus ce qu’est un “dahu”.?  Quand j’étais jeune, à Pau dans les Pyrénées nous avions en 3ème des cours de zoologie et on nous apprenait les données suivantes :.

              Le “dahu” cela ressemble à un chamois ou à un isard et on en trouve, un peu dans les Pyrénées, et surtout dans les Alpes.
              C’est un animal qui vit exclusivement sur les pentes des montagnes et  que l’évolution darwinienne et la sélection naturelle des espèces, a adapté à cette vie.
              Je vous montre ci-dessous  deux planches anatomiques tirées d'un de mes anciens bouquins de zoologie.

    Un animal des montagnes.         Il a deux pattes plus courtes du coté de l’amont ce qui lui permet d’être beaucoup plus stable sur une pente abrupte qu’il peut parcourir aisément. Mais cela l’oblige à tourner toujours dans le même sens dans sa montagne préférée. Si ce sont les pattes gauches qui sont les plus courtes, il s’agit d’un “dahu lévogyre” .
             Il se déplace dans le sens trigonométrque au flanc de la montagne.

       


    Un animal des montagnes.        Si au contraire ce sont les pattes droites, c’est alors un “dahu dextrogyre” qui tourne dans le sens des aiguilles d’une montre.
           Ces deux espèces se sont conservées jusqu’à nos jours et ne se mélangent pas
           En effet un dahu dextrogyre et un dahu lévogyre, s’ils se rencontrent, peuvent facilement se faire des bisous, mais ne peuvent pas s’accoupler ou bien c’est si dangereux qu’en général, ils finissent tous deux au fond du précipice.


              Les vieux montagnards qui conservent les traditions orales, prétendent cependant que deux espèces issues de croisement ont existé :

    Un animal des montagnes.          Le dahu descentus frontalis :ses pattes arrières plus courtes que ses pattes avant lui valurent de disparaître dès le milieu du 18ème siècle. En effet, tournés vers l'aval, les dahus descentus frontalis se retrouvèrent vite dans la vallée, et incapables de rester à l'horizontale, ils moururent ou furent tués par des chasseurs.



    Un animal des montagnes.

     

          Le dahu ascentus frontalis, qui avait les deux pattes avant plus courtes que les pattes arrières. Faute de place au sommet des montagnes, cette particularité a causé la disparition de cette espèce au milieu du 20ème siècle. 





               Le dahu est un animal “bio” car il se nourrit  exclusivement d'herbes, de plantes, de baies et de feuilles, et il boit exclusivement de l'eau des sources pures, de préférence non gazeuse, mais équilibrée en minéraux et riche en calcium ainsi qu'en oligo-éléments.

               Il paraît que la chasse au dahu est très excitante. Les chasseurs signalent entre eux la position des dahus, par exemple : "dahu à 15 minutes" (pour un dahu dextrogyre, qui tourne dans le sens des aiguilles d'une montre) et "dahu à Pi/2" (pour un dahu lévogyre qui tourne dans le sens trigonométrique). Pour le capturer, il faut lui faire rebrousser chemin et, déséquilibré par ses pattes plus courtes alors vers l'aval, il tombe, cul par dessus tête, en bas de la pente où on le capture.

              Quand j’étais petit, j’ai vu des dahus dans les Pyrénées, mais de très loin, car c’est un animal sauvage, et je n’avais pas de jumelles.

              Et si vous trouvez cela invraisemblable, allez voir sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dahu

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  • Comment un mollusque fabrique t'il sa coquille .

          Bien que n’étant pas breton d’origine, je suis très attaché à ma Bretagne où je vais en vacances depuis 70 ans, tous les étés.
         J’ai donc flâné sur toutes les plages de la côte et des îles à la recherche de coquillages, et je me suis demandé souvent comment ils arrivaient à faire ces coquilles harmonieuses, aux formes géométriques compliquées.
        Je viens de trouver un article dans la revue « Pour la Science », dans lequel des mathématiciens d’Oxford expliquent, comment, grâce à des modélisations mathématiques, ils ont reconstitué ces processus de croissance des coquilles.
        Rassurez vous, je ne vous parlerai pas maths ou modélisations, mais je vais seulement essayer de résumer avec quelques photos et schémas, ce que j’ai appris.

        Evidemment il s’agit de mollusques qui ont une coquille, et le mollusque grandissant, il doit aussi augmenter le volume de son appartement et l’extrémité de sa coquille s’étend en permanence vers l’extérieur.
        C’est le manteau fin et mou du mollusque qui construit sa coquille, en sécrétant en permanence une substance riche en carbonate de calcium, au niveau de l’ouverture du coquillage et en déposant ce matériaux selon certaines règles propres à l’espèce, qui régissent la forme de cette coquille..

    Les coquillages en forme de spirale

        Par exemple sur les photos ci-dessous les turitelles, ou les nautiles:
    http://lancien.cowblog.fr/images/images.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Unknown1-copie-1.jpg

     

     

     

     

     

     

     

         Le processus est schématisé sur les dessins ci dessous :

    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux6/coquillesspiralees.jpg
     

        1) . L’expansion est croissante : à chaque couche successive de matériau pour construire sa coquille, le mollusque dépose uniformément davantage de matériaux, et ainsi l’ouverture devient de plus en plus large.
        2) . Rotation : en déposant un peu plus de matériau d’un coté de l’ouverture, le plan de celle-ci tourne et une forme torique est constituée.
        3) . Torsion : Les points où se dépose le matériau tournent le long du contour de l’ouverture, d’où une torsion du dépôt.

        Ces trois processus peuvent avoir plus ou moins d’importance, voire ne pas être tous utilisés, ce qui donne des formes différentes, comme dans le cas de la turitelle et du nautile. (cf.ci-dessus)

    Les coquillages à côtes

    http://lancien.cowblog.fr/images/images3.jpg

     

       Ci-contre :
        Une amanite

     

     

     

     

     

        Le processus est schématisé sur les dessins ci dessous :

    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux6/coquillescotes.jpg
        Ce motif d’ornementation est le résultat des forces qu’exercent le manteau et la zone générative de matériau, (en jaune et bleu sur le schéma ci-dessus), qui forment un système oscillatoire de tensions et de compressions successives.

        Une lente expansion du manteau conduit à des cotes denses (à droite) tandis q’une expansion rapide conduit à des coquilles presque lisses. On a ainsi des aspects différents d’ammonites.

    Les coquillages à épines

        Le processus est schématisé sur les dessins ci dessous :

    http://lancien.cowblog.fr/images/epines1.jpg   http://lancien.cowblog.fr/images/images1.jpg

        Le manteau est lié à la coquille au niveau de la zone générative du matériau, mais il n’est pas encore durci. A divers endroits, le matériau est déposé localement sur le manteau et entraîne sa déformation et donc celle de la zone générative de la coquille. Cette déformation est donc communiquées à la couche suivante de croissance et le phénomène est amplifié au fur et à mesure de la croissance. (schéma ci-contre).
        La forme de l’épine dépend de la rapidité de la croissance et de l rigidité plus ou moins élevée du manteau (voir le schéma ci-dessous).

    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux6/epine2.jpg   

      Maintenant vous savez, comme moi, comment les mollusques fabriquent des coquillages bien divers.
       Il y a longtemps que cela m’intriguait : je mourrai moins bête !

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  •     J’ai entendu à la radio, une émission sur les scorpions. Cela m’a plu et j'ai pensé que ce serait intéressant pour certains de partager ce qui s’était dit

        Les scorpions font leur apparition il y a 450 millions d’années (Silurien). A cette époque, ils sont aquatiques ou du moins amphibies, munis de branchies et d’yeux latéraux. Le Ptérigotus  ou scorpion de mer, était un arthropode marin d’environ 2 mètres de long. Les scorpions passent ensuite à une existence uniquement terrestre à l’aide de poumons et de griffes, entre -380 millions et -350 millions d’années (Carbonifère - Dévonien).
        Le scorpion n’est pas un insecte : il a huit pattes et non six. Le scorpion est un lointain parent de l’araignée et c'est un animal invertébré de la classe des arachnides.
        Il a également une paire de « pinces » appelées « chelicères » et des pièces buccales « pédipalpes »; la tête collée au thorax (prosoma) formée d’une carapace avec deux paires d’yeux, l’abdomen (mesosoma) formé de 7 plaques et la queue (metasomia) formées de 5 anneaux dont le dernier porte une vésicule à venin appelé « telson »
        Il existe environ 1500 espèces de scorpions; tous sont venimeux, mais seulement une vingtaine d'entre eux ont une piqûre mortelle.
        Comme tous les animaux possédant un exo-squelette, (insectes, crustacés, mollusques …), la croissance se fait par mues successives. ( l’exo-squelette est par opposition à l’endo-squelette des mammifères,  un squelette extérieur, dont la partie abdominale est la carapace).
        Les Scorpions sont vivipares ou ovo-vivipares et donnent naissance à chaque portée selon les espèces entre trois et plus d'une centaine de petits appelés pullus.
    Les œufs sont directement recueillis dans une « corbeille de naissance » formée par les pattes avant de la mère, ou simplement déposés sur le sol. Dès leur sortie, les jeunes grimpent sur le dos de leur mère, qui les portera sur son dos jusqu'à leur première mue.
        Généralement la durée de vie d’un scorpion est d’environ 3 ans, bien qu’elle puisse aller jusqu’à 26 ans selon les espèces.

        La majorité des scorpions vit dans les régions rocailleuses et sablonneuses des déserts, dans des terriers, sous des pierres ou dans des fentes du sol. D'autres vivent dans les savanes, dans les forêts sèches ou humides, soit dans des terriers, soit sous les écorces tombées au sol, dans les souches ou dans les arbres. Certaines espèces vivent dans des cavernes ou des grottes.
        Ils vivent essentiellement en Afrique du Nord, au Moyen Orient, au Mexique et au Brésil dans le sous-continent indien. En France, il existe cinq espèces de scorpions vivant principalement dans le sud. Ils sont surtout actifs en été et durant la nuit.
        Le scorpion est particulièrement résistant : il peut jeuner 3 ans, ne boit pas (il profite de l’eau de ses proies), il résiste à la chaleur, peut vivre dans la neige et la glace, et résiste à des doses de radiations  20 fois plus fortes que celles mortelles pour l’homme. (il est capable de réparer son ADN)
        J’ai vu au Sahara un indigène, qui élevait des scorpions pour les montrer aux touristes, en mettre deux dans une poêle, qu’il mettait sur le feu. Au bout d’une minute, les scorpions se recroquevillaient et devenaient noirs, comme du charbon. Leur maître les mettaient alors dans une casserole remplie d’eau et, au bout d’un minute, les scorpions réhydratés, ressuscitaient et, si on vidait la casserole, se sauvaient allègrement jusque sous une pierre.

        Le scorpion ne pique que s’il est menacé.
        La piqûre de scorpion est généralement très douloureuse.
        La gravité de la piqûre dépend de la taille du scorpion (peu grave si <2 cm), de la localisation de la piqûre (plus grave si le venin passe dans une artère ou une veine), et de l’âge de la victime (danger si < 12 ans)
        Les signes qui apparaissent chez l’homme, en cas de piqûre de scorpion sont classés en 3 stades approximatifs qui vont renseigner sur la conduite à tenir.
            1 - Douleur et rougeur locales; disparaissent en 24 heures
            2 - Les symptômes se limitent à une sudation et à une salivation intenses, une hypertension et une accélération du rythme cardiaque. Mais il peut y avoir aggravation de l’état général : diarrhées, fièvre, vomissements
            3 - Signes qui apparaissent au maximum 16 heures après la piqûre : difficultés à respirer; cyanose : les lèvres puis la peau deviennent bleutées; poul cardiaque rapide; crampes musculaires; agitation
        La conduite recommandée par les médecins est la suivante : garder son calme; ne pas faire de garrot; ne pas faire d'aspiration avec la bouche ; immobiliser la région piquée;
    appliquer de la glace pour lutter contre la douleur; appeler le centre antipoison le plus proche ; essayer si possible d'identifier le scorpion mis en cause. Ne jamais laisser la personne piquée seule pendant 24 heures.

        Une chose peu connue : le scorpion sait doser la quantité de venin qu’il injecte, mais aussi sa nocivité. S’il se sent attaqué, il injecte la dose maximale, mais, comme il aime manger ses proies vivantes, pour les capturer il dose son venin pour juste les paralyser.
        Dans le combat de deux scorpions pour une femelle, ils se battent en essayant de se piquer et l’un d’eux peut ainsi mourir tandis que l’autre va faire la noce avec sa « scorpionne ». Mais cette noce est aussi dangereuse.
        Le couple entame une pariade complexe , au départ un simple contact physique, suivi d'une période de vibrations intenses effectuées par le mâle, qui, transmises par le sol, sont perçues par la femelle, qui réagit le plus souvent par une attaque.
    Le plus souvent, le mâle reprend ses mouvements d'approche. Il attrape la femelle par une patte ou une pince et l'entraîne. Les queues sont animées de mouvements divers : balancements, entrecroisements à l'horizontale ou à la verticale.
 Brusquement, sans se séparer de la femelle, le mâle s'abaisse sur le sol et fait sortir en quelques secondes de son orifice génital une baguette contenant la substance séminale : c'est le spermatophore. Puis il recule, attirant rapidement la femelle sur cet organe collé au sol et la guidant afin qu'elle le saisisse par son ouverture génitale.
        Chez 40 % des espèces observées, la femelle cannibale dégustera son époux après l'étreinte (chez la mante religieuse, c’est presque 100%) !

        La France métropolitaine compte cinq espèces de scorpions, trois peu répandues et peu dangereuses et deux rencontrées couramment :
            - Le scorpion noir à queue jaune”, Euscorpius flavicaudis, qui peut mesurer jusqu’à 5 cm pour les plus gros individus. On en trouve souvent dans le Sud de la France, sous une ligne allant de Bordeaux à Lyon, en Corse, en Italie et en Espagne. aime la fraîcheur. La bête redoute le soleil et a pris l’habitude de se cacher sous les tuiles et entre les pierres des vieilles habitations.
        Il mange des araignées, punaises, mouches et autres petits insectes
        Il peut pincer et piquer certes, mais son venin, est relativement inoffensif pour l’homme. Plus la “victime” sera jeune, plus elle sera sensible au venin. On ressent une douleur allant de la piqûre d’épingle à la piqûre de guêpe
            - Le « scorpion jaune » du sud de la France, Buthus occitanus, est beaucoup plus dangereux (4 décès sur 25 000 piqûres), car les peptides qui constituent son venin, bloquent les canaux ioniques responsables du passage des ions sodium (Na+) et potassium (K+) à travers la membrane des cellules nerveuses, musculaires ou encore glandulaires, et provoquent vomissements, diarrhées, troubles cardiaques et neurologiques, voire la mort.
        Pour éviter les mauvaises surprises, évitez de laisser traîner vos vêtements et vos chaussures au sol, et vérifiez de temps à autre vos murs de pierres.
            - En outre un scorpion sans yeux, inoffensif, vit dans des grottes dans les Pyrénées : Belisarius xambeui







       

       Ci-dessus, à gauche, le scorpion noir à queue jaune, peu dangereux.
      Ci-dessus, à droite, le scorpion  jaune, beaucoup plus dangereux.

      Ci-contre, le scorpion troglodyte des Pyrénées.



    Le scorpion a de nombreux ennemis et prédateurs : le scorpion lui même, les araignées, centipèdes, fourmis, oiseaux, lézards, serpents, grenouilles et crapauds, et petits mammifères. Parmi les prédateur de scorpions, plusieurs animaux sont immunisé contre le venin de ceux-ci (la mangouste par exemple)
           
        Difficile de se faire à l’idée de manger des scorpions. Les punaises, les fourmis, les vers ou les chenilles comestibles peuvent rebuter, mais peuvent sembler relativement savoureuses une fois mangé. Mais entouré de sa réputation venimeuse, manger du scorpion est une notion accompagnée de ses propres craintes.
        La vente de ‘scorpion à manger’ est cependant très répandue, surtout  en Asie..Il parait qu’il a un goût de noisette et d’amande ou proche du pop-corn. La queue du scorpion, là où tout le venin est normalement stocké, est la partie la plus savoureuse de l’animal (le processus de congélation – bouilli – déshydratation- va éradiquer toute trace de ce venin rendant le scorpion vraiment comestible. La variété la plus appréciée est généralement le scorpion doré de Mandchourie (scorpion chinois), une espèce à la base inoffensive pour l’homme.

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  • L'intelligence des oiseaux : des perroquets mentalists

              Puisque, ayant retrouvé mon ancienne doc, je viens de vous faire deux articles sur le perroquet Alex, autant faire un article avec d'autres données récupérées dans le magazine "Pour la Science". 

              Les oiseaux sont beaucoup plus intelligents que l’on ne croit et on a tort de parler de « tête de linotte » ou de « bête comme une poule ».

              Les pics et les pies reconnaissent leur image dans un miroir, les corneilles confectionnent des outils, les cacatoès savent danser en rythme sur de la musique, et contrairement à ce que l’on croit, la poule est futée, communique avec ses semblables et prend des décisions en tenant compte de l’environnement et de l’expérience qu’elle a acquise, pour résoudre des problèmes.

              Malgré ce que disait La Fontaine, le corbeau est aussi rusé que le renard.
              Un corbeau fait le mort pour échapper à un prédateur, il met des pierres dans une bouteille pour élever le niveau d’eau et pouvoir boire, je les vois parfois casser des noix sur ma terrasse, avec des pierres.
              Un chercheur a appris à un corbeau à compter jusqu’à 7 pour chercher de la nourriture dans des bocaux dont les couvercles comportait 1 à 7 étoiles.
              Il sait aussi tirer sur une ficelle pour remonter un morceau de viande qui y est accrochée. Il peut réaliser plusieurs fois un exercice pour obtenir une récompense.
              Certains corbeaux examinent la situation face à un problème pratique et trouvent une solution. Ils savent aussi reconnaître des visages.
              Nous ignorons ce qui se passe dans la tête d’un corbeau, mais il semble utiliser une certaine logique.

              Des chercheurs ont étudié le langage des poules et ont trouvé une trentaine cris ayant des significations différentes, notamment indiquant un danger ou la découverte de nourriture à un endroit donné. Mais elles annoncent aussi cette découverte par une « parade alimentaire ».
              Les mâles notamment se servent de cette annonce de découverte de nourriture ou de l’avertissement de l’arrivée d’un prédateur, pour faire la conquête des femelles.
              On pourrait penser qu’un tel coq est courageux de prévenir ses femelles et poussins, car il pourrait attirer l’attention du prédateur en prévenant ainsi avec grand bruit.
    Mais on constate qu’il se met d’abord à l’abri dans un buisson avant de crier gare.
              Des expériences ont montré que les poules éprouvaient une certaine empathie vis à vis de leurs congénères, notamment devant une difficulté.
              Les poussins suivent partout leur mère, question de survie, mais on peut aussi l’élever à coté d’un ou plusieurs objets. Si on dessine sur des objets des dessins géométriques, le poussin se dirigera vers l’objet habituel. Si on masque une partie du dessin, il reconstitue mentalement la forme géométrique. Et si on élève le poussin avec trois objets, il se dirigera par la suite vers des groupes comportant trois objets. Il a donc appris à évaluer le nombre d’entités.

             Je me rappelle avoir été en admiration, sur You Tube, devant des mésanges que l’on mettait devant des manèges où il fallait faire tourner ou monter des leviers, ouvrir des portes, tout cela pour trouver de la nourriture, et elles faisaient l’apprentissage de ces manoeuvres avec une rapidité extraordinaire.

    Parlons maintenant de perroquets "mentalists" :
              Je vous ai déjà parlé de ce que les psychologues appellent "la théorie de l'esprit", qui est la faculté de nous représenter les états mentaux d'autrui : perceptions, émotions, sentiments, raisonnements... et de l'apparition de cette faculté chez le jeune enfant.                      Une des questions que l'on se pose : les animaux ont ils cette faculté : on pense que oui dans une certaine mesure pour certains d'entre eux : les grands singes, les éléphants, les chiens et certains oiseaux comme les corbeaux et les perroquets.
              J'ai lu un article qui m'a amusé, écrit par Danièle Bovet, maître de conférence au laboratoire d'éthologie de l'université Paris Ouest. (l'éthologie est l'étude du comportement des animaux).
              Elle étudie le comportement des perroquets et en particulier de Léo, qui adore détacher les touches des claviers d'ordinateur, sait très bien que c'est défendu et attend qu'elle ait le dos tourné pour le faire ! Lorsqu'on présente des objets identiques pour lesquels on a préalablement interdit aux perroquets de les toucher, à la fois devant un écran transparent ou devant un écran opaque qui les cache à la vue des observateurs humains, les perroquets vont systématiquement prendre les objets derrière l'écran opaque : ils s'imaginent donc ce que voient les observateurs.
              Un autre test consiste à ne pas donner de graines à un perroquet, placé derrière un grillage, (qui évidemment les voit et aurait envie de les manger), dans trois types de circonstances : dans la première l'expérimentateur ne fait pas attention au perroquet et l'ignore totalement; dans le second cas il veut donner des graines, mais n'arrive pas à les passer à travers le grillage. Dans le troisième ca il se moque du perroquet, le nargue et finit par manger les graines lui même.   
              Ces trois situations sont le plus identiques possible au plan spatial, mais diffèrent par les intentions et la mentalité simulée de l'expérimentateur et les perroquets n'ont pas les mêmes attitudes.
              Devant le chercheur distrait, ils attendent sagement qu'il s'intéresse à eux. Pour aider celui qui veut leur donner des graines, ils cherchent à écarter les mailles du grillage pour que les graines puissent passer. (ils n'ont quand même pas traité le chercheur de maladroit !). et lorsque l'on se moque d'eux, ils poussent des petits cris , frappent de leur bec et semblent frustrés. (ils sont bien élevés, ils n'ont pas traité le chercheur de salaud !). Ils ont donc en partie décelé les intentions de leur interlocuteur.
              Entre eux les perroquet ont aussi des réactions de jugement : les chercheurs essaient de les faire rapprocher à l'aide d'une ficelle un récipient contenant de la nourriture. Après leur avoir appris comment faire, on leur donne le choix entre un mécanisme où ils peuvent tirer seul le plateau et un autre où il faut coopérer à deux pour le faire, le plateau comportant alors quatre fois plus de nourriture (pour qu'il y ait un avantage à coopérer).
               Les perroquets qui se connaissent et s'apprécient choisissent souvent de coopérer. Par contre si celui qui faisait ce choix se trouve face à un perroquet agressif, qui lui déplaît, il choisira d'agir seul. Certains d'entre eux préfèrent toujours agir seul. D'autres coopèrent quelque soit le partenaire.
              Finalement, bien qu'entraînés de la même façon, les perroquets prennent des décisions d'une part en fonction de leur tempérament et d'autre part en fonction de celui supposé de leur
    partenaire. Au fond il y a des perroquets altruistes, méfiants et égoïstes !

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  • Extraordinaire Alex, le perroquet

              Tout le monde sait que les perroquets peuvent prononcer de nombreux mots, voire chanter des chansons.
              J’ai connu des perroquets qui connaissaient au moins 100 mots et chantaient la Marseillaise !  Ils faisaient des réponses parfois avec beaucoup d’à propos, mais c’étaient toujours les mêmes.
    (Nota :On devrait en offrir un qui chante la Marseillaise à l'équipe de France de football : avec présence permanente dans leur local ; à force de "répéter", ils auraient l'hymne national dans l'oreille pour les débuts de match.)

              Cela paraît extraordinaire, mais c’est au fond l’effet d'une bonne mémoire. La question est de savoir si les perroquets qui parlent comprennent ce qu'ils disent.
              Pour le découvrir, !rène Pepperberg a fait subir de nombreux tests a Alex et à deux autres perroquets gris, qui ont appris à parler dans son laboratoire.        
              Les résultats de ses travaux sont sans équivoque : non seulement ces oiseaux comprennent le sens des mots qu'ils connaissent, mais ils sont également doués de facultés cognitives qui égalent celles des grands singes ou des dauphins !
              Cela dit, ce n'est pas vrai pour toutes les races de perroquet et il y en a probablement de plus intelligents que d'autres (et aussi déplus travailleurs ... comme les humains)


              Alex et ses compagnons savent tous répondre correctement à des questions du type : « Qu'est-ce que c'est ? », « De quelle couleur est ce cube ? ", « Quelle est la forme de cet objet ?»
              Quand on leur présente par exemple un rectangle rouge en papier et qu'on leur demande la couleur, la forme ou le matériau, la plupart du temps la réponse des animaux est correcte.
              Ils ont acquis une compréhension de mots correspondant à des propriétés d’objets, telles que couleur, forme, et matériau.
     
              Toutefois, un animal capable de distinguer le rouge du vert n'a pas pour autant nécessairement compris le concept de couleur. Ce n'est le cas que s'il comprend que rouge, vert ou bleu sont différentes variantes possibles du même attribut d'un objet.
              Alex et ses congénères savent répondre à des questions qui montrent qu’ils ont acquis ces notions, notamment de similitude et de différence
              Quand on leur montre, par exemple, un triangle rouge et un cercIe rouge et qu'on leur demande, « Qu'est ce qui est pareil ? », ils répondent «Couleur». A la question « Qu'est-ce qui est différent ? », la réponse est « Forme ».
              C'est une performance remarquable puisque, pour donner la réponse correcte, les oiseaux doivent d'abord interpréter correctement la question, puis identifier la catégorie correspondante, et finalement dire un mot, correspondant à un signal acoustique étranger à leur espèce.

              De plus, les perroquets gris ont appris à comprendre et à employer correctement le concept (comme en informatique), de « et ».
              Pour la question « Qu'est-ce qui est rectangulaire et rouge ? », ils sont capables de trouver dans une collection le seul objet qui présente les deux propriétés.
              Ils ont appris également  à comparer des objets et à répondre à des questions telles que : « Quelle est la couleur du plus grand ? ». ou du plus petit.

              Les chiffres et les notions de quantité ne leur posent pas non plus de problème ; Alex maitrise les nombres jusqu'a six. Quand on lui montre un tableau sur lequel se trouvent quatre trombones, trois baIles et cinq triangles de papier dans un ordre aléatoire, il répond correctement « cinq » a la question « Combien de triangles ? ».
              On ignore encore si, pour réussir, le perroquet compte les objets, ou s'il reconnait le nombre d'un seul coup d'oeil. Les humains, sont capables de recenser jusqu'à quatre à cinq objets simulnément sans avoir à les dénombrer. Les chimpanzés, savent compter comme un jeune enfant.
              Madame Pepperberg suppose que c'est aussi le cas pour Alex.

              Alex était capable d’exprimer certaines idées, certains désirs, en utilisant des verbes et leur complément, et en ayant ainsi une certaine “conscience de soi”.

              Les perroquets gris disent par exemple « Veux pomme» quand ils voient une pomme, et par la suite même s’ils ne la voient pas mais ont envie de manger.
              On les a habitués à regarder ce qui se passait dehors et quand ils voulaient le faire ils savaient dire : « Veux aller fenêtre ».
              Bien entendu, entraineurs obéissent a ces souhaits pour que les oiseaux ressentent les conséquences de leurs phrases. Quand on tend un mauvais objet, l'oiseau refuse avec un « Non» et répete sa demande initiale. Quand il est conduit au mauvais endroit, il refuse de quitter le bras de l'entraineur, et renouvelle aussi sa demande.

              Un autre exemple des capacités cognitives de ces oiseaux loquaces est la permanence de l'objet :  un objet continue d'exister même quand on le change de place ou même lorsqu'il est caché.
              Ce concept n'est pas aussi évident qu'il y parait : chez les bébés, cette capacité n'apparait que progressivement. Bien que les chiens, les chats, les pigeons adultes, aient une notion rudimentaire de la permanence des objets, elle est beaucoup moins élaborée que chez l'homme.   
              Si on cache un objet sous l'un des trois gobelets posés devant l'animal, puis on le cache sous un autre gobelet, seuls les grands singes adultes et les perroquets font aussi bien que I'homme adulte dans ce type de test.    
              Les études sur de jeunes perroquets ont révélé que le développement de la permanence de l'objet passe par les mêmes stades que chez l'enfant humain.

              Alex a même “inventé” des mots appropriés pour certains objets.
              Par exemple, lorsqu'il dut apprendre le mot pomme, il connaissait déja les noms de banane, cerise et raisin. L'entraineur lui présenta alors une pomme en lui demandant, sans lui citer aucun nom : « Qu'est-ce que c'est? » ; Alex répondit “banarise” en croquant dans le fruit.
              L'entraineur essaya de le corriger en répétant plusieurs fois le mot pomme. Alex répétait “banarise”, et ceci avec la même intonation distince et lente que celle des entraineurs quand ils lui apprennent un nouveau mot.
              Par la suite, il a obstinément utilisé ce nom pour toutes les pommes qu'on lui présentait et il le classait dans les fruits. Il l’a probablement construit à partir des mots banane et cerise qu'il connaissait déja. Peut-être les pommes ont elles pour lui, un goût un peu similaire à celui de la banane, et certaines pommes à peau rouge, ressemblent un peu à une grosse cerise.

              Un jour Alex regardait son image dans un miroir, et il a demandé à son entraineur “Quelle couleur ? " en pointant sa tête. Il posait une question que personne ne lui avait apprise avant.  L’entraineur lui répondit : “ Gris. Tu es un perroquet gris” . Alex reposa la même question cinq fois et obtint chaque fois la même réponse. A partir de ce jour-Ià “gris” fit partie de son vocabulaire.

              Ces exemples montrent que certains perroquets ne sont pas des animaux uniquement guidés par leurs instincts. lIs ont une excellente mémoire. sont capables d'apprendre des formes de communication élaborées, ont une vie sociale riche et une curiosité impressionnante.
              Leur intelligence devrait au moins égaler celle des singes anthropoïdes et des dauphins, considérésjusqu'a présent comme les animaux les plus intelligents.

    Extraordinaire Alex, le perroquet

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