•     J’ai entendu à la radio, une émission sur les scorpions. Cela m’a plu et j'ai pensé que ce serait intéressant pour certains de partager ce qui s’était dit

        Les scorpions font leur apparition il y a 450 millions d’années (Silurien). A cette époque, ils sont aquatiques ou du moins amphibies, munis de branchies et d’yeux latéraux. Le Ptérigotus  ou scorpion de mer, était un arthropode marin d’environ 2 mètres de long. Les scorpions passent ensuite à une existence uniquement terrestre à l’aide de poumons et de griffes, entre -380 millions et -350 millions d’années (Carbonifère - Dévonien).
        Le scorpion n’est pas un insecte : il a huit pattes et non six. Le scorpion est un lointain parent de l’araignée et c'est un animal invertébré de la classe des arachnides.
        Il a également une paire de « pinces » appelées « chelicères » et des pièces buccales « pédipalpes »; la tête collée au thorax (prosoma) formée d’une carapace avec deux paires d’yeux, l’abdomen (mesosoma) formé de 7 plaques et la queue (metasomia) formées de 5 anneaux dont le dernier porte une vésicule à venin appelé « telson »
        Il existe environ 1500 espèces de scorpions; tous sont venimeux, mais seulement une vingtaine d'entre eux ont une piqûre mortelle.
        Comme tous les animaux possédant un exo-squelette, (insectes, crustacés, mollusques …), la croissance se fait par mues successives. ( l’exo-squelette est par opposition à l’endo-squelette des mammifères,  un squelette extérieur, dont la partie abdominale est la carapace).
        Les Scorpions sont vivipares ou ovo-vivipares et donnent naissance à chaque portée selon les espèces entre trois et plus d'une centaine de petits appelés pullus.
    Les œufs sont directement recueillis dans une « corbeille de naissance » formée par les pattes avant de la mère, ou simplement déposés sur le sol. Dès leur sortie, les jeunes grimpent sur le dos de leur mère, qui les portera sur son dos jusqu'à leur première mue.
        Généralement la durée de vie d’un scorpion est d’environ 3 ans, bien qu’elle puisse aller jusqu’à 26 ans selon les espèces.

        La majorité des scorpions vit dans les régions rocailleuses et sablonneuses des déserts, dans des terriers, sous des pierres ou dans des fentes du sol. D'autres vivent dans les savanes, dans les forêts sèches ou humides, soit dans des terriers, soit sous les écorces tombées au sol, dans les souches ou dans les arbres. Certaines espèces vivent dans des cavernes ou des grottes.
        Ils vivent essentiellement en Afrique du Nord, au Moyen Orient, au Mexique et au Brésil dans le sous-continent indien. En France, il existe cinq espèces de scorpions vivant principalement dans le sud. Ils sont surtout actifs en été et durant la nuit.
        Le scorpion est particulièrement résistant : il peut jeuner 3 ans, ne boit pas (il profite de l’eau de ses proies), il résiste à la chaleur, peut vivre dans la neige et la glace, et résiste à des doses de radiations  20 fois plus fortes que celles mortelles pour l’homme. (il est capable de réparer son ADN)
        J’ai vu au Sahara un indigène, qui élevait des scorpions pour les montrer aux touristes, en mettre deux dans une poêle, qu’il mettait sur le feu. Au bout d’une minute, les scorpions se recroquevillaient et devenaient noirs, comme du charbon. Leur maître les mettaient alors dans une casserole remplie d’eau et, au bout d’un minute, les scorpions réhydratés, ressuscitaient et, si on vidait la casserole, se sauvaient allègrement jusque sous une pierre.

        Le scorpion ne pique que s’il est menacé.
        La piqûre de scorpion est généralement très douloureuse.
        La gravité de la piqûre dépend de la taille du scorpion (peu grave si <2 cm), de la localisation de la piqûre (plus grave si le venin passe dans une artère ou une veine), et de l’âge de la victime (danger si < 12 ans)
        Les signes qui apparaissent chez l’homme, en cas de piqûre de scorpion sont classés en 3 stades approximatifs qui vont renseigner sur la conduite à tenir.
            1 - Douleur et rougeur locales; disparaissent en 24 heures
            2 - Les symptômes se limitent à une sudation et à une salivation intenses, une hypertension et une accélération du rythme cardiaque. Mais il peut y avoir aggravation de l’état général : diarrhées, fièvre, vomissements
            3 - Signes qui apparaissent au maximum 16 heures après la piqûre : difficultés à respirer; cyanose : les lèvres puis la peau deviennent bleutées; poul cardiaque rapide; crampes musculaires; agitation
        La conduite recommandée par les médecins est la suivante : garder son calme; ne pas faire de garrot; ne pas faire d'aspiration avec la bouche ; immobiliser la région piquée;
    appliquer de la glace pour lutter contre la douleur; appeler le centre antipoison le plus proche ; essayer si possible d'identifier le scorpion mis en cause. Ne jamais laisser la personne piquée seule pendant 24 heures.

        Une chose peu connue : le scorpion sait doser la quantité de venin qu’il injecte, mais aussi sa nocivité. S’il se sent attaqué, il injecte la dose maximale, mais, comme il aime manger ses proies vivantes, pour les capturer il dose son venin pour juste les paralyser.
        Dans le combat de deux scorpions pour une femelle, ils se battent en essayant de se piquer et l’un d’eux peut ainsi mourir tandis que l’autre va faire la noce avec sa « scorpionne ». Mais cette noce est aussi dangereuse.
        Le couple entame une pariade complexe , au départ un simple contact physique, suivi d'une période de vibrations intenses effectuées par le mâle, qui, transmises par le sol, sont perçues par la femelle, qui réagit le plus souvent par une attaque.
    Le plus souvent, le mâle reprend ses mouvements d'approche. Il attrape la femelle par une patte ou une pince et l'entraîne. Les queues sont animées de mouvements divers : balancements, entrecroisements à l'horizontale ou à la verticale.
 Brusquement, sans se séparer de la femelle, le mâle s'abaisse sur le sol et fait sortir en quelques secondes de son orifice génital une baguette contenant la substance séminale : c'est le spermatophore. Puis il recule, attirant rapidement la femelle sur cet organe collé au sol et la guidant afin qu'elle le saisisse par son ouverture génitale.
        Chez 40 % des espèces observées, la femelle cannibale dégustera son époux après l'étreinte (chez la mante religieuse, c’est presque 100%) !

        La France métropolitaine compte cinq espèces de scorpions, trois peu répandues et peu dangereuses et deux rencontrées couramment :
            - Le scorpion noir à queue jaune”, Euscorpius flavicaudis, qui peut mesurer jusqu’à 5 cm pour les plus gros individus. On en trouve souvent dans le Sud de la France, sous une ligne allant de Bordeaux à Lyon, en Corse, en Italie et en Espagne. aime la fraîcheur. La bête redoute le soleil et a pris l’habitude de se cacher sous les tuiles et entre les pierres des vieilles habitations.
        Il mange des araignées, punaises, mouches et autres petits insectes
        Il peut pincer et piquer certes, mais son venin, est relativement inoffensif pour l’homme. Plus la “victime” sera jeune, plus elle sera sensible au venin. On ressent une douleur allant de la piqûre d’épingle à la piqûre de guêpe
            - Le « scorpion jaune » du sud de la France, Buthus occitanus, est beaucoup plus dangereux (4 décès sur 25 000 piqûres), car les peptides qui constituent son venin, bloquent les canaux ioniques responsables du passage des ions sodium (Na+) et potassium (K+) à travers la membrane des cellules nerveuses, musculaires ou encore glandulaires, et provoquent vomissements, diarrhées, troubles cardiaques et neurologiques, voire la mort.
        Pour éviter les mauvaises surprises, évitez de laisser traîner vos vêtements et vos chaussures au sol, et vérifiez de temps à autre vos murs de pierres.
            - En outre un scorpion sans yeux, inoffensif, vit dans des grottes dans les Pyrénées : Belisarius xambeui







       

       Ci-dessus, à gauche, le scorpion noir à queue jaune, peu dangereux.
      Ci-dessus, à droite, le scorpion  jaune, beaucoup plus dangereux.

      Ci-contre, le scorpion troglodyte des Pyrénées.



    Le scorpion a de nombreux ennemis et prédateurs : le scorpion lui même, les araignées, centipèdes, fourmis, oiseaux, lézards, serpents, grenouilles et crapauds, et petits mammifères. Parmi les prédateur de scorpions, plusieurs animaux sont immunisé contre le venin de ceux-ci (la mangouste par exemple)
           
        Difficile de se faire à l’idée de manger des scorpions. Les punaises, les fourmis, les vers ou les chenilles comestibles peuvent rebuter, mais peuvent sembler relativement savoureuses une fois mangé. Mais entouré de sa réputation venimeuse, manger du scorpion est une notion accompagnée de ses propres craintes.
        La vente de ‘scorpion à manger’ est cependant très répandue, surtout  en Asie..Il parait qu’il a un goût de noisette et d’amande ou proche du pop-corn. La queue du scorpion, là où tout le venin est normalement stocké, est la partie la plus savoureuse de l’animal (le processus de congélation – bouilli – déshydratation- va éradiquer toute trace de ce venin rendant le scorpion vraiment comestible. La variété la plus appréciée est généralement le scorpion doré de Mandchourie (scorpion chinois), une espèce à la base inoffensive pour l’homme.

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  • L'intelligence des oiseaux : des perroquets mentalists

              Puisque, ayant retrouvé mon ancienne doc, je viens de vous faire deux articles sur le perroquet Alex, autant faire un article avec d'autres données récupérées dans le magazine "Pour la Science". 

              Les oiseaux sont beaucoup plus intelligents que l’on ne croit et on a tort de parler de « tête de linotte » ou de « bête comme une poule ».

              Les pics et les pies reconnaissent leur image dans un miroir, les corneilles confectionnent des outils, les cacatoès savent danser en rythme sur de la musique, et contrairement à ce que l’on croit, la poule est futée, communique avec ses semblables et prend des décisions en tenant compte de l’environnement et de l’expérience qu’elle a acquise, pour résoudre des problèmes.

              Malgré ce que disait La Fontaine, le corbeau est aussi rusé que le renard.
              Un corbeau fait le mort pour échapper à un prédateur, il met des pierres dans une bouteille pour élever le niveau d’eau et pouvoir boire, je les vois parfois casser des noix sur ma terrasse, avec des pierres.
              Un chercheur a appris à un corbeau à compter jusqu’à 7 pour chercher de la nourriture dans des bocaux dont les couvercles comportait 1 à 7 étoiles.
              Il sait aussi tirer sur une ficelle pour remonter un morceau de viande qui y est accrochée. Il peut réaliser plusieurs fois un exercice pour obtenir une récompense.
              Certains corbeaux examinent la situation face à un problème pratique et trouvent une solution. Ils savent aussi reconnaître des visages.
              Nous ignorons ce qui se passe dans la tête d’un corbeau, mais il semble utiliser une certaine logique.

              Des chercheurs ont étudié le langage des poules et ont trouvé une trentaine cris ayant des significations différentes, notamment indiquant un danger ou la découverte de nourriture à un endroit donné. Mais elles annoncent aussi cette découverte par une « parade alimentaire ».
              Les mâles notamment se servent de cette annonce de découverte de nourriture ou de l’avertissement de l’arrivée d’un prédateur, pour faire la conquête des femelles.
              On pourrait penser qu’un tel coq est courageux de prévenir ses femelles et poussins, car il pourrait attirer l’attention du prédateur en prévenant ainsi avec grand bruit.
    Mais on constate qu’il se met d’abord à l’abri dans un buisson avant de crier gare.
              Des expériences ont montré que les poules éprouvaient une certaine empathie vis à vis de leurs congénères, notamment devant une difficulté.
              Les poussins suivent partout leur mère, question de survie, mais on peut aussi l’élever à coté d’un ou plusieurs objets. Si on dessine sur des objets des dessins géométriques, le poussin se dirigera vers l’objet habituel. Si on masque une partie du dessin, il reconstitue mentalement la forme géométrique. Et si on élève le poussin avec trois objets, il se dirigera par la suite vers des groupes comportant trois objets. Il a donc appris à évaluer le nombre d’entités.

             Je me rappelle avoir été en admiration, sur You Tube, devant des mésanges que l’on mettait devant des manèges où il fallait faire tourner ou monter des leviers, ouvrir des portes, tout cela pour trouver de la nourriture, et elles faisaient l’apprentissage de ces manoeuvres avec une rapidité extraordinaire.

    Parlons maintenant de perroquets "mentalists" :
              Je vous ai déjà parlé de ce que les psychologues appellent "la théorie de l'esprit", qui est la faculté de nous représenter les états mentaux d'autrui : perceptions, émotions, sentiments, raisonnements... et de l'apparition de cette faculté chez le jeune enfant.                      Une des questions que l'on se pose : les animaux ont ils cette faculté : on pense que oui dans une certaine mesure pour certains d'entre eux : les grands singes, les éléphants, les chiens et certains oiseaux comme les corbeaux et les perroquets.
              J'ai lu un article qui m'a amusé, écrit par Danièle Bovet, maître de conférence au laboratoire d'éthologie de l'université Paris Ouest. (l'éthologie est l'étude du comportement des animaux).
              Elle étudie le comportement des perroquets et en particulier de Léo, qui adore détacher les touches des claviers d'ordinateur, sait très bien que c'est défendu et attend qu'elle ait le dos tourné pour le faire ! Lorsqu'on présente des objets identiques pour lesquels on a préalablement interdit aux perroquets de les toucher, à la fois devant un écran transparent ou devant un écran opaque qui les cache à la vue des observateurs humains, les perroquets vont systématiquement prendre les objets derrière l'écran opaque : ils s'imaginent donc ce que voient les observateurs.
              Un autre test consiste à ne pas donner de graines à un perroquet, placé derrière un grillage, (qui évidemment les voit et aurait envie de les manger), dans trois types de circonstances : dans la première l'expérimentateur ne fait pas attention au perroquet et l'ignore totalement; dans le second cas il veut donner des graines, mais n'arrive pas à les passer à travers le grillage. Dans le troisième ca il se moque du perroquet, le nargue et finit par manger les graines lui même.   
              Ces trois situations sont le plus identiques possible au plan spatial, mais diffèrent par les intentions et la mentalité simulée de l'expérimentateur et les perroquets n'ont pas les mêmes attitudes.
              Devant le chercheur distrait, ils attendent sagement qu'il s'intéresse à eux. Pour aider celui qui veut leur donner des graines, ils cherchent à écarter les mailles du grillage pour que les graines puissent passer. (ils n'ont quand même pas traité le chercheur de maladroit !). et lorsque l'on se moque d'eux, ils poussent des petits cris , frappent de leur bec et semblent frustrés. (ils sont bien élevés, ils n'ont pas traité le chercheur de salaud !). Ils ont donc en partie décelé les intentions de leur interlocuteur.
              Entre eux les perroquet ont aussi des réactions de jugement : les chercheurs essaient de les faire rapprocher à l'aide d'une ficelle un récipient contenant de la nourriture. Après leur avoir appris comment faire, on leur donne le choix entre un mécanisme où ils peuvent tirer seul le plateau et un autre où il faut coopérer à deux pour le faire, le plateau comportant alors quatre fois plus de nourriture (pour qu'il y ait un avantage à coopérer).
               Les perroquets qui se connaissent et s'apprécient choisissent souvent de coopérer. Par contre si celui qui faisait ce choix se trouve face à un perroquet agressif, qui lui déplaît, il choisira d'agir seul. Certains d'entre eux préfèrent toujours agir seul. D'autres coopèrent quelque soit le partenaire.
              Finalement, bien qu'entraînés de la même façon, les perroquets prennent des décisions d'une part en fonction de leur tempérament et d'autre part en fonction de celui supposé de leur
    partenaire. Au fond il y a des perroquets altruistes, méfiants et égoïstes !

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  • Extraordinaire Alex, le perroquet

              Tout le monde sait que les perroquets peuvent prononcer de nombreux mots, voire chanter des chansons.
              J’ai connu des perroquets qui connaissaient au moins 100 mots et chantaient la Marseillaise !  Ils faisaient des réponses parfois avec beaucoup d’à propos, mais c’étaient toujours les mêmes.
    (Nota :On devrait en offrir un qui chante la Marseillaise à l'équipe de France de football : avec présence permanente dans leur local ; à force de "répéter", ils auraient l'hymne national dans l'oreille pour les débuts de match.)

              Cela paraît extraordinaire, mais c’est au fond l’effet d'une bonne mémoire. La question est de savoir si les perroquets qui parlent comprennent ce qu'ils disent.
              Pour le découvrir, !rène Pepperberg a fait subir de nombreux tests a Alex et à deux autres perroquets gris, qui ont appris à parler dans son laboratoire.        
              Les résultats de ses travaux sont sans équivoque : non seulement ces oiseaux comprennent le sens des mots qu'ils connaissent, mais ils sont également doués de facultés cognitives qui égalent celles des grands singes ou des dauphins !
              Cela dit, ce n'est pas vrai pour toutes les races de perroquet et il y en a probablement de plus intelligents que d'autres (et aussi déplus travailleurs ... comme les humains)


              Alex et ses compagnons savent tous répondre correctement à des questions du type : « Qu'est-ce que c'est ? », « De quelle couleur est ce cube ? ", « Quelle est la forme de cet objet ?»
              Quand on leur présente par exemple un rectangle rouge en papier et qu'on leur demande la couleur, la forme ou le matériau, la plupart du temps la réponse des animaux est correcte.
              Ils ont acquis une compréhension de mots correspondant à des propriétés d’objets, telles que couleur, forme, et matériau.
     
              Toutefois, un animal capable de distinguer le rouge du vert n'a pas pour autant nécessairement compris le concept de couleur. Ce n'est le cas que s'il comprend que rouge, vert ou bleu sont différentes variantes possibles du même attribut d'un objet.
              Alex et ses congénères savent répondre à des questions qui montrent qu’ils ont acquis ces notions, notamment de similitude et de différence
              Quand on leur montre, par exemple, un triangle rouge et un cercIe rouge et qu'on leur demande, « Qu'est ce qui est pareil ? », ils répondent «Couleur». A la question « Qu'est-ce qui est différent ? », la réponse est « Forme ».
              C'est une performance remarquable puisque, pour donner la réponse correcte, les oiseaux doivent d'abord interpréter correctement la question, puis identifier la catégorie correspondante, et finalement dire un mot, correspondant à un signal acoustique étranger à leur espèce.

              De plus, les perroquets gris ont appris à comprendre et à employer correctement le concept (comme en informatique), de « et ».
              Pour la question « Qu'est-ce qui est rectangulaire et rouge ? », ils sont capables de trouver dans une collection le seul objet qui présente les deux propriétés.
              Ils ont appris également  à comparer des objets et à répondre à des questions telles que : « Quelle est la couleur du plus grand ? ». ou du plus petit.

              Les chiffres et les notions de quantité ne leur posent pas non plus de problème ; Alex maitrise les nombres jusqu'a six. Quand on lui montre un tableau sur lequel se trouvent quatre trombones, trois baIles et cinq triangles de papier dans un ordre aléatoire, il répond correctement « cinq » a la question « Combien de triangles ? ».
              On ignore encore si, pour réussir, le perroquet compte les objets, ou s'il reconnait le nombre d'un seul coup d'oeil. Les humains, sont capables de recenser jusqu'à quatre à cinq objets simulnément sans avoir à les dénombrer. Les chimpanzés, savent compter comme un jeune enfant.
              Madame Pepperberg suppose que c'est aussi le cas pour Alex.

              Alex était capable d’exprimer certaines idées, certains désirs, en utilisant des verbes et leur complément, et en ayant ainsi une certaine “conscience de soi”.

              Les perroquets gris disent par exemple « Veux pomme» quand ils voient une pomme, et par la suite même s’ils ne la voient pas mais ont envie de manger.
              On les a habitués à regarder ce qui se passait dehors et quand ils voulaient le faire ils savaient dire : « Veux aller fenêtre ».
              Bien entendu, entraineurs obéissent a ces souhaits pour que les oiseaux ressentent les conséquences de leurs phrases. Quand on tend un mauvais objet, l'oiseau refuse avec un « Non» et répete sa demande initiale. Quand il est conduit au mauvais endroit, il refuse de quitter le bras de l'entraineur, et renouvelle aussi sa demande.

              Un autre exemple des capacités cognitives de ces oiseaux loquaces est la permanence de l'objet :  un objet continue d'exister même quand on le change de place ou même lorsqu'il est caché.
              Ce concept n'est pas aussi évident qu'il y parait : chez les bébés, cette capacité n'apparait que progressivement. Bien que les chiens, les chats, les pigeons adultes, aient une notion rudimentaire de la permanence des objets, elle est beaucoup moins élaborée que chez l'homme.   
              Si on cache un objet sous l'un des trois gobelets posés devant l'animal, puis on le cache sous un autre gobelet, seuls les grands singes adultes et les perroquets font aussi bien que I'homme adulte dans ce type de test.    
              Les études sur de jeunes perroquets ont révélé que le développement de la permanence de l'objet passe par les mêmes stades que chez l'enfant humain.

              Alex a même “inventé” des mots appropriés pour certains objets.
              Par exemple, lorsqu'il dut apprendre le mot pomme, il connaissait déja les noms de banane, cerise et raisin. L'entraineur lui présenta alors une pomme en lui demandant, sans lui citer aucun nom : « Qu'est-ce que c'est? » ; Alex répondit “banarise” en croquant dans le fruit.
              L'entraineur essaya de le corriger en répétant plusieurs fois le mot pomme. Alex répétait “banarise”, et ceci avec la même intonation distince et lente que celle des entraineurs quand ils lui apprennent un nouveau mot.
              Par la suite, il a obstinément utilisé ce nom pour toutes les pommes qu'on lui présentait et il le classait dans les fruits. Il l’a probablement construit à partir des mots banane et cerise qu'il connaissait déja. Peut-être les pommes ont elles pour lui, un goût un peu similaire à celui de la banane, et certaines pommes à peau rouge, ressemblent un peu à une grosse cerise.

              Un jour Alex regardait son image dans un miroir, et il a demandé à son entraineur “Quelle couleur ? " en pointant sa tête. Il posait une question que personne ne lui avait apprise avant.  L’entraineur lui répondit : “ Gris. Tu es un perroquet gris” . Alex reposa la même question cinq fois et obtint chaque fois la même réponse. A partir de ce jour-Ià “gris” fit partie de son vocabulaire.

              Ces exemples montrent que certains perroquets ne sont pas des animaux uniquement guidés par leurs instincts. lIs ont une excellente mémoire. sont capables d'apprendre des formes de communication élaborées, ont une vie sociale riche et une curiosité impressionnante.
              Leur intelligence devrait au moins égaler celle des singes anthropoïdes et des dauphins, considérésjusqu'a présent comme les animaux les plus intelligents.

    Extraordinaire Alex, le perroquet

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  •           J'avais dit, il y a 3 jours, le 15 avril, dans un article sur le langage et les perroquets que je rechercherai dans ma doc des renseignements sur les études du langage de ces animaux pour faire 2 ou 3 articles à ce sujet.
              J'ai retrouvé dans ma bibliothèque le  livre écrit par un chercheur de Harward, madame Irène Pepperberg et de nombreux documents que l’on trouve sur son site, concernant les recherches de communication avec des perroquets gris africains, qu’elle a menées pendant 30 ans, et notamment avec un perroquet ALEX, qui est mort en septembre 2009 à l’âge de 31 ans. Deux autres perroquets ont également été dressés : Griffin et Arthur et vous voyez ci dessous leurs photos.

    La recherche et les perroquets

     

    La recherche et les perroquets

    La recherche et les perroquets

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ci-dessus ALEX, le compagnon de 30 ans de madame Irène Pepperberg :

    A droite les deux autres perroquet, Griffin et Arthur :

              Voici la méthode très originale pour apprendre à parler aux perroquets :

              Pour ses expériences, Irène Pepperberg a choisi des perroquets gris africains, qui sont capables d'articuler le langage humain avec une précision remarquable. Pour que le perroquet - comme l'enfant - puisse utiliser le langage de façon sensée, il doit non seulement acquérir du vocabulaire, mais également en comprendre le sens et  utiliser correctement les différents types de mots.
              Madame Pepperberg a d'abord élaboré une méthode d'entrainement spécifique, qui rappelle les comportements d'apprentissage des oiseaux et des enfants : dans la nature, les perroquets les plus jeunes apprennent à reproduire le chant des plus vieux, tout comme les enfants acquièrent beaucoup plus facilement le langage et un savoir quand ils parlent avec un adulte que par une observation passive.

              Une séance d'entrainement se déroule de la façon suivante : deux entraineurs sont assis devant le perroquet, et entre eux se trouve un plateau sur lequel plusieurs objets sont posés.
              Le premier entraineur saisit, par exemple, une baIle, la montre à son collègue et lui demande : « Qu'est-ce que c'est?, et le second répond : “baIle ; c'est une baIle “   
              L'entraineur numéro 1 félicite le numéro 2, et lui offre la balle comme récompense. Parfois cependant, le deuxième entraineur fait exprès de donner une mauvaise réponse. Le premier entraineur le réprimande et enlève l'objet du champ de vision pendant un certain temps. Après un tel cycle, les entraineurs changent de róle.
              Le perroquet peut intervenir a tout moment, et, selon sa réponse, il est récompensé ou réprimandé. S'il prononce le mot juste, on lui donne l'objet pour qu'il l'examine et joue avec.
              Ainsi, l'entraineur numéro 2 est, pour l'oiseau, un modèle et un rival, car il cherche a attirer l'attention de l'entraineur numéro 1. Dès que le perroquet a appris quelques mots, il cherche à prendre le rôle du deuxième entraineur et donc à attirer l'attention sur lui-même en "parlant".

              Grâce à cette technique astucieuse, le perroquet gris ALEX entrainé par Irène. Pepperberg, a progressivement acquis, apres 20 ans d'entrainement, un vocabulaire considérable : plus de 100 noms d'objets, plus de dix mots différents pour les couleurs; sept mots désignant des formes; des noms de matériaux et des chiffres, et même plusieurs verbes.
              Dans le prochain article je vous raconterai ses prouesses.

              Quand on compare le cerveau d'un oiseau avec celui d'un mammifère on remarque immédiatement que la surface du cerveau n'est plissée que chez les mammifères. Chez ceux-ci, plus leur cortex est volumineux par rapport au reste du cerveau et plus les replis sont marqués et nombreux, meilleures sont les capacités cognitives. Par conséquent, les scientifiques ont longtemps considéré qu'a cause de leur cerveau lisse, les oiseaux avaient des capacités cognitives réduites et que le cortex des oiseaux correspondait à des régions qui ne seraient capables que de comportements inférieurs réflexes.

    La recherche et les perroquets

              Toutefois, des études récentes, notamment celles du biologiste Louis Lefebvre de l'université McGill de Montréal, ont montré qu’on observe la même corrélation chez les oiseaux; plus les régions du pallium, (l'équivalent du cortex chez les oiseaux), sont étendues, plus l'animal est intelligent, et même si l’organisation du cerveau des oiseaux et celle les mammifères sont très différentes, leurs modes de fonctionnement présentent des similitudes : par exemple, les mêmes structures sont activées quand les perroquets apprennent à produire de nouveaux sons et quand les humains apprennent des mots inconnus.
              Il avait montré que des corneilles avaient une certaine "conscience du soi" et reconnaissaient leur image dans un miroir et la tache (une gomette) qu'on leur mettait sur le corps (elles essayaient de l'enlever avec le bec), alors que les mammifères ne remarquent pas ce signe, en dehors des singes supérieurs, car ils ne savent pas que c'est leur image qu'ils voient dans le miroir..

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               Habituellement, je ne publie que le mardi. Mais deux correspondant(e)s m'ont envoyé un mail concernant des perroquets.

             Le premier perroquet appartient à une jeune femme qui lui a appris un grand nombre de mots. Mais pour elle, il le fait comme un magnétophone, qui répète sa propre parole. A peine réussit il à identifier quelques personnes et des "graines".
              Le jeune homme me parle du perroquet de sa grand mère qui a 75 ans, six ans de moins qu'elle, qui l'a eu toute petite, en cadeau. Evidemment elle a eu le temps de lui apprendre pas mal de choses : des mots d'abord, quelques phrases et elle a essayé de lui apprendre la signification des mots. Il peut nommer sans se tromper une vingtaine de personnes, (parents et amis de la grand-mère, y compris le chat), et une soixantaine d'objets qui ont un rapport avec lui : nourriture, jeux, objets de la maison.

              Ce sont deux cas différents. Mais les capacités des perroquets sont différentes selon les espèces et selon les individus. Et l'apprentissage c'est la répétition et donc le temps et l'âge jouent un rôle important.
              J'avais lu, il y a quelques années des compte-rendus de recherches sur les perroquets et j'avais même dû faire un article dans un de mes anciens blogs. Je vais rechercher dans ma doc, pour refaire un article à ce sujet ici dans quelques jours.
              En attendant une petite histoire de perroquet "grec".

              L’université de Laval au Canada a élevé un perroquet du doux nom d'Aristote pour étudier s’il y avait un lien entre ce que disent ces volatiles et la signification du mot et de ce qu’il représente d’action et de pensée.
              D'abord, le chercheur, maitre d'Aristote, lui a appris la signification de certains mots, tels que “gratte” ou “cacahuète”. Le perroquet a ensuite appris à associer le verbe “donner” à ces mots, pour obtenir les gratifications correspondantes
    Certes les perroquets parlent.    Le perroquet avait donc appris à obtenir des cacahuettes ou à se faire gratter (caresser serait plus mignon !) en disant :“Donne gratte” ou “Donne cacahuète”.
        Puis un jour, le maître, pendant qu'il le grattait, lui dit : “Bon”. Dès lors, Aristote associa le fait d'être gratté au mot bon, et déclara : “Gratte bon”.
        Mais on pouvait  penser qu'il avait appris cette expression par simple association, du fait que son maître avait prononcé le mot “bon” au moment où il le grattait.

         Un jour Arisiote, goûtant pour la première fois une cuillerée de yaourt, (avec bifidus ? le compte-rendu de recherche ne le dit pas !) annonça de lui-même : “Yaourt bon”.
          Révolution dans l’université : le perroquet Aristote avait associé le qualificatif “bon” à un nouvel aliment qui lui procurait du plaisir.            
              C'était la preuve qu'il avait compris que le terme “bon” sert à exprimer le plaisir, indépendamment de sa cause. C’était un perroquet philosophe, et bien que n’étant pas grec, il méritait son patronyme.


              Donc les animaux peuvent ressentir du plaisir, mais aussi en avoir conscience. Wouah !!!
              Personnellement je n’en doutais pas : j’ai eu un chien York qui venait gratter mes jambes pour avoir un petit bout de chocolat et qui aimait les pétoncles farcis en Bretagne et le foie gras  à Noël. Mais il ne parlait pas hélas !
              Les recherches en psychologie montrent que la capacité d'exprimer ses émotions positives est une des clés pour vivre plus heureux.
              Dommage que les humains comprennent cela moins bien que les perroquets tel Aristote. !


         L’étude et ses résultats que je viens de vous rapporter sont véridiques. Mon commentaire est peut être  un peu irrévérencieux. Je présente toutes mes excuses à l’université de Laval du Canada.

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