http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux1/4327498.jpg    Les petites coccinelles sont de petites bêtes bien sympathiques pour les amateurs de jardin car elles et surtout leurs larves, dévorent les pucerons et nous évitent de trop utiliser des insecticides.
    Celles de mon enfance que je retrouve en Bretagne ont sept points noirs sur le dos rouge.(Adalia 7-punctata).    
Mais sur ma terrasse, au Plessis Robinson, j’en trouve maintenant une autre sorte, qui a 18 points de forme plus diverses.

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux1/4326824.jpg    Harmonia axyridis est une espèce de coccinelle asiatique qui a été importé aux Etats-Unis à la fin des années 80 pour lutter contre les pucerons dont elle est très friande.
     L'Europe l'a également introduite plus récemment dans les cultures sous serres puis à destination des particuliers en mettant à disposition des larves à déposer sur les plantes dans les jardineries.
    L'intention était louable dans la mesure ou il s'agissait de lutter contre le développement des pucerons dans les cultures sans utiliser des pesticides.
    Pourquoi donc n'a-t-on pas privilégié nos espèces locales ?

    Cette coccinelle originaire de Chine, de Corée et du Japon s'est tellement bien adaptée qu'elle envahit désormais des régions entières en progressant du nord vers le sud.
    Inoffensive pour l'homme, elle prolifère néanmoins au détriment des espèces locales comme notre coccinelle à sept points.

    J’avais trouvé bizarre en mettant mon nez sur ma main sur laquelle une de ces “chinoises” s’était promenée, de trouver que l’odeur n’était pas agréable et je viens de lire un article qui m’a amusé.
    Lorsqu'il est écrasé ou simplement stressé, l’insecte libère du sang par les pattes. Plusieurs composés hautement volatils de ce liquide dégagent une odeur très forte. Ce sont des “méthoxy-pyrazines”, pour les fanas-chimie.

Comptez les points sur le dos des coccinelles !    Les australiens et les américains étaient au début très heureux car leurs coccinelles chinoises étaient de couleur jaune (normal non ?, mais ont elles les yeux bridés ?). Leur odeur était supportable et presque discrète et comme  ces jolis petits insectes raffolent des raisins abîmés, ils se retrouvent donc souvent parmi les grains récoltés, avec lesquels ils seront écrasés durant ie processus de fabrication du vin.
    Et, bonheur, les méthoxy-pyrazines contribuaienl à l'arôme particulier des sauvignons blancs australien et des cabernets américains, leur donnant une petite touche de senteurs végétales.
    Mais catastrophe, une autre variété de coccinelle asiatique, orange celle là, a supplanté la coccinelle jaune et elle a une senteur beaucoup plus forte.
    Alors les vins américains ont une senteur de pomme de terre crue, d’arachide grillée et de terre humide. Ils sont bons au goût mais il faut se boucher le nez pour déguster !!

    Alors on mobilise les chercheurs.
    Gary Pickering et ses coiiègues de l'université Brock, au Canada, cherchent le moyen de supprimer les méthoxypyrazines du vin. Ils ont annoncé un début de succès, obtenu en ajoutant des copeaux de chêne au vin rouge ou blanc. Le traitement a "réduit l'intensité"de la contamination.
    Les scientifiques ont essayé de nombreuses autres méthodes, notamment en irradiant le vin avec des ultra-violets ou en mélangeant de l'argile absorbante ou du charbon actif; mais toutes ces techniques n'ont donné qu'un "résultat limité" sur le vin  rouge et elles sont restées sans effet sur le vin blanc.

    Gare au péril jaune, même chez les petites bestioles aux points noirs sur le dos. J’espère que les vignerons du bordelais font attention !!
    Pour le moment je peux encore me promener sur ma terrasse sans masque à gaz.! Mais on pourrait aussi inventer un parfum pour coccinelle.