•  

              Rien n'est aussi étrange qu'un être humain qui pleure et pourtant cela arrive souvent et à tous.
             
    Mais c'est une caractéristique humaine : les animaux gémissent ou crient, mais aucun ne verse des larmes d'émotion. Les glandes lacrymales, quand elles existent comme chez les primates, ont un simple rôle de lubrification de l'oeil.
              Quant aux larmes de crocodile, c’est une légende : on croyait autrefois que les crocodiles pleuraient quand ils mangeaient leur proie. Pleurer des larmes de crocodile, c’et aujourd’hui « faire preuve d’une fausse émotion ».
              Chez l'être humain, une connexion neuronale existe entre les glandes lacrymales et les zones du cerveau émotionnel. qui détectent, ressentent et expriment des émotions.

               Comme chez les animaux, les larmes humidifient l'oeil à chaque battement de paupière.
              Autre fonction physiologique, humecter l'oeil agressé par un coup ou un produit chimique irritant (quand vous pelez des oignons par exemple).

               Les larmes émotionnelles sont très particulières : elles contiennent beaucoup plus de protéines, de potassium et de manganèse que les précédentes larmes à vocation physiologique.
              Elles sont aussi très chargées en hormones et notamment en prolactine qui contrôle les neuromédiateurs des récepteurs nerveux des glandes lacrymales et en ACTH (adénocorticotropine), qui est produite lorsque nous sommes stressés et anxieux.
              Les femmes, qui ont, après la puberté, une concentration naturelle plus élevée en prolactine que les hommes, pleurent plus souvent qu'eux. Ce n'est pas parce que les hommes sont plus forts et moins sensibles : un mythe qui s'écroule ! !

              Le système nerveux autonome contrôle des opérations inconscientes, telles la respiration et la fréquence cardiaque, ainsi que le fonctionnement d'organes, tels les reins ou le cerveau. Il est lui même constitué de deux sous-systèmes, nommés sympathique et parasympathique. Le rôle de ces sous-systèmes dans les pleurs est controversé, mais intéressant.
              Le système nerveux sympathique prépare à la fuite ou au combat - physiquement, mentalement et émotionnellement, sous l’impulsion des centres amygdaliens du cerveau..
              Quand nous avons peur, il envoie des messages pour préparer notre corps à résister et à se battre - ou à fuir.
              Le système nerveux parasympathique ramène ensuite les fonctions activées dans leur état normal.
              Certains neurologues pensent que les pleurs sont dues à une contrariété (donc commandées par le système sympathique), et d'autres au contraire que l'organisme recherche ainsi un soulagement ( et donc commandées par le système para-sympathique).
              Aucune étude à ce jour n'a pu les départager.
              On pourrait penser que nous cherchons à surmonter notre contrariété pour éviter un stress trop important.

              Les larmes pourraient avoir, pour notre espèce, un rôle de communication destiné à augmenter l'entr'aide et la coopération nécessaires entre personnes. 
             
    Elles se remarquent et sont le résultat d'une souffrance.
              Mais comme elles n'apparaissent que chez une personne qui ressent de profondes émotions, elles ne sont pas faciles à simuler. Elles envoient donc un message clair : les sentiments sous-jacents sont réels et, par conséquent, doivent être pris au sérieux (sauf évidemment si on épluche des oignons LOL).
              Les larmes révèlent notre état le plus vulnérable, indiquent que toutes nos défenses se sont effondrées.
              Les liens émotionnels intenses qui se forment en partie grâce aux pleurs auraient permis aux communautés humaines de s'allier plus efficacement que cela n'aurait été le cas sans les larmes.

              Des relations sociales complexes demandent des moyens complexes de communication. Dans notre espèce, le langage est l'un de ces moyens.
              Les larmes, avec les messages forts et visibles qu'elles apportent, en sont un autre. en associant les émotions primaires avec un cerveau humain capable de réfléchir sur ses sentiments.
              Elles aident à surmonter des émotions qui restent hors de portée des mots, qu'il s'agisse d'une profonde tristesse, d'une frustration, de joie, de fierté ou de douleur. Les larmes nous renseignent là où la syntaxe et les mots sont inefficaces.

               Sans les larmes nous ne serions pas humains.

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  •     Vous savez sûrement ce que c’est qu’un placébo en biologie : c’est un pseudo médicament qui n’a aucun effet thérapeutique et que l’on administre à une personne en lui faisant croire que c’est un vrai médicament. Dans certains cas il y a effectivement un effet thérapeutique, mais évidemment cela ne tue pas les microbes.
        A l’origine l’effet est purement psychologique. Mais cela peut induire des réactions thérapeutiques de l’organisme : par exemple un faux médicament de lutte contre la douleur, bien qu’inactif, peut entraîner, par effet psychologique, la sécrétion naturelle d’endorphines, substances qui vont lutter contre la douleur à la place du faux médicament.
        Le contraire peur être vrai : on peut créer une réaction psychologique
    négative et on parle alors d’effet « nocebo ». On sait qu’on peut grâce à des récits ou des images, provoquer des dégouts ou des nausées.
        Les neurobiologistes ont montré que ces effets sont inconscients, et que les centres responsables sont en particulier le cortex cingulaire de notre cerveau émotionnel et l’insula qui communique avec l’hypothalamus et remonte à la conscience des informations de nos viscères
        Le problème c’est qu’on ne se rend pas compte de l’effet qu’on peut produire, et cela non seulement au niveau d’une personnes, mais aussi à celui d’un groupe ou d’une population. Evidemment on n’agit alors que sur les personnes les plus influençables, prêtes à croire sans vérifier si les informations sont crédibles et dignes de foi.

        J’ai lu dans la revue « Pour la Science », une anecdote qui m’a montré une fois de plus, combien les média et les réseaux sociaux sont irresponsables, face aux conséquences des fausses informations qu’ils diffusent.En 2009 des habitants de Saint Cloud ont ressenti des maux de tête, des saignements de nez, des vertiges et ils étaient persuadés que cela était dû à l’installation récente de trois antennes-relais de téléphonie.
        Une association envisagea de déposer une plainte car les antennes étaient proches d’une école et d’une maison de retraite et évidemment les média ont monté l’affaire en épingle, dénonçant le scandale physique et sanitaire et montrant partout le calvaire de ces personnes sensibles aux rayonnements électromagnétiques.
        Mais après tout le bruit autour de cette affaire, on s’est rendu compre que, si les antennes étaient en place, les appareillages électroniques n’étaient pas installés et le raccordement au réseau électrique n’était pas encore effectué : donc pas de rayonnement électromagnétique.
        Certes les personnes concernées souffraient réellement, mais d’une épidémie causée par les propos alarmistes et d’avoir cru fermement qu’ils étaient victimes des ondes électromagnétiques.
        Des chercheurs ont montré depuis, que le fait de recevoir de nombreuses informations sur les effets néfastes des champs électriques, non seulement angoissait des personnes qui habitaient à proximité d’antennes, mais provoquaient des symptômes analogues à ceux décrits, chez des personnes qui avaient une certaine sensibilité aux champs électromagnétiques, ben qu’elles n’y soient pas exposées, parce que trop loin des antennes.
        Finalement le principe de précaution et « prévenir pour éviter d’avoir à guérir », ne sont pas toujours souhaitables et diffuser des informations alarmistes en matière de santé publique peut donner à certains l’impression d’être malade, par effet nocebo.
        On constate d’ailleurs que les plaintes de santé sont lus fréquente là où il y a beaucoup d’information sur certaines nuisance et où agissent des associations de défense contre des actions diverses. C’est le cas notamment des éoliennes et de certaines usines.
        Les réactions sur les vaccins relèvent aussi du nocébo, pour la plupart.
        Par contre la plupart des effets nocifs des pesticides sont réels.et malheureusement ce sont ceux que les pouvoirs publics prennent le moins en compte (voir le cas du glyphosate).

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  • Un test sanguin pour détecter le cancer ?

        Des chercheurs américains de l’université de Baltimore, ont fait une avancée importante dan s la détection du cancer, en mettant au point une détection par un test sanguin.
        Ils ont montré que les cellules cancéreuses relâchaient dans le sang des personnes malades, de petits fragments d’ADN, de très faible dimensions (100 à 150 paires de bases puriques), qui portent des anomalies génétiques par rapport à l’ADN de la personne, et qui sont caractéristiques du cancer concerné.
        Si l’on arrive à les détecter dans le sang, cela permettrait d’orienter un diagnostic ou la nécessité de compléments à une opération (chimiothérapie ou rayons), et surtout, si l’on arrivait à détecter des cancers suffisamment tôt (stade 1), cela permettrait de les guérir, en les neutralisant avant qu’ils n’engendrent des métastases.

        Malheureusement ces fragments sont tellement petits que les méthodes actuelles de détection de l’ADN ne permettent pas d’avoir une sensibilité suffisante.
    Les cancers de stade 1 sont peu détectés et l’université de Baltimore détectait l’été dernier chez 193 patients, 62% des cancers du colon, du sein, des poumons, des ovaires et seulement 30% des cancers du pancréas.
        Les chercheurs se sont concentrés en outre également sur les cancers du foie, de l’estomac et de l’oesophage, et ils ont recherché les gênes le plus souvent mutés dans ces huit cancers, sélectionnant 16 séquences d’ADN.
        Ils ont en outre sélectionné 8 protéines, issues de ces séquences et pouvant caractériser ces cancers.
        Les tests sur ces 16 séquences et 8 protéines, pratiqués sur 1000 malades ont permis de détecter 98% des cancers de l’ovaire et du foie, entre 60% et 70% des cancers de l’estomac, de l’oesophage, du colon et du poumon, et 30% des cancers du sein; mais 30% seulement étaient des cancers de stade 1 parmi ces malades.
        En outre, dans 83% des cas, la nature et donc l’origine du cancer était détecté. Par ailleurs le niveau de fausses alertes (cancers détectés chez des personnes saines), était très bas, mais l’effectif concerné faible.

        Actuellement ces essais sont très encourageants, mais le test a besoin d’être encore amélioré, son coût reste élevé (environ 500 $ et il faut effectuer des essais sur un nombre suffisant de personnes saines pour mesurer le niveau de fausses alertes, mais ce test reste une avancée notable et sera de plus en plus utilisé.

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  • J’ai lu, dans le magazine « La Recherche », un article intéressant mais très alarmant, de Bérénice Robert sur la pollution de l’environnement et ses méfaits.

        Une étude de plusieurs organisations scientifiques conclue qu’en 2015 la pollution de l’environnement serait responsable dans le monde, de 9,6 millions de morts :
            - 6,5 millions dus à la pollution de l’air;
            - 1,8 millions dus à la pollution de l’eau;
            - 0,8 millions dus à la pollution du lieu de travail;
             - 0,5 millions dus à la pollution du sol.
        C’est 3 fois plus que les morts dues au sida, à la tuberculose et au paludisme réunis et 15 fois plus que les décès dus aux guerres et aux formes nombreuses de violence.
        Il est inquiétant de constater qu’autrefois les principales causes de décès dans le monde, étaient les épidémies, les guerres et la famine. Aujourd’hui c’est principalement la pollution.

        On est toujours un peu sceptique devant ces chiffres car on se demande comment on les établit et si les statistiques correspondantes sont fiables, car beaucoup de facteurs influent sur la santé des gens et il paraît difficile de séparer les morts dues à une cause particulière.
        En fait les organisations en cause ont utilisé une méthode assez différentes de celles que l’on met en avant dans les systèmes divers d’information, car ils ne sont pas partis des statistiques de morts, qu’il est difficile d’attribuer à une cause unique..
        La fondation « Pure Earth » a rassemblé une énorme base de données sur les 4000 sites les plus pollués dans le monde.
        Cette association, l’organisation mondiale de la santé (OMS) et l’institut de la santé de Seattle ont alors calculé, à partir des données connues sur l’influence des doses des polluants absorbés sur la santé, quelles seraient les conséquences dans le temps de ces pollutions.
        C’est en appliquant cette méthode à toutes les zones de la planète qu’ils sont arrivés à ce chiffre global, et qu’il ont dressé la carte ci-dessous qui donne le nombre de décès sur 10000 personnes selon les lieux géographiques :

    La pollution, un fléau mondial, qui touche les plus faibles.



        Ces études sont un constat; on ne sait pas comment évoluent ces chiffres car c’est la première fois que l’on dispose des données permettant de les établir.
        Ces morts ne sont pas dues pour la plupart à des maladies transmissibles provoquées par des microbes : ce sont des maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux, les broncho et pneumopathies, telle l’asthme ou des empoisonnements par des substances toxiques.
        Les problèmes de pollution de l’eau potable touchent surtout l’Inde et l’Afrique, la pollution de l’air l’Inde et la Chine, tandis que, dans les pays développés, c’est surtout la pollution par les particules fines et les métaux lourds qui est en cause.
        L’Agence européenne de l’environnement estime, quant à elle, que le nombres de décès en Europe serait de l’ordre de 500 000/an.
        Entre les dépenses de santé et la baisse de productivité dues à ces pollutions, le coût en serait énorme, estimé pour les seuls pays à haut revenu (qui sont les moins pollués), à 45 milliards d’euros pour 2015.
        Les zones plus touchées sont celles socialement défavorisées.

        Et ce qui est encore moins rassurant c’est que les chercheurs estiment que leurs chiffres sont nettement sous-estimés, car ils n’ont pas pris en compte, faute de données suffisantes et du fait de la latence des maladies correspondantes, les effets de produits récents tels les perturbateurs endocriniens ou les herbicides.

        Bref entre le changement climatique et la pollution, l’homme détruit peu à peu la vie sur terre. Il serait temps de s’en occuper.

     

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  •           J'ai fait deux articles novembre 2016, sur l’ADN qui s etrouve dans le noyau des cellules de notre corps et qui est le support de leur hérédité.
             Des correspondants m'ont demandé d'expliquer comment, à partir de cet ADN, étaient fabriqués les acides aminés et les protéines, Qui ensuite sont la base de tous les processus biologiques dans notre corps.

             On part évidemment de l'ADN des cellules, qui est le modèle de base que nous ont légué nos parents, à quelques mutations près ou expressions épigénétique de quelques gênes particuliers sous la pression de l'environnement.
             Cet ADN va être transformé en ARN (acide ribonucléique), qui va être le messager qui va migrer hors du noyau pour permettre ensuite la “fabrication” des acides aminés et des nomberuses protéines nécessaires aà notre organisme, car ce sont elles qui partout, régulent la vie dans notre organisme.


              L'ARN correspond à un morceau seulement d'hélice simple, où en outre la thymine est remplacée par l'uracyle  et le sucre est légèrement différent (ribose au lieu de désoxyribose).
              L'ADN est déroulé sur une petite longueur et une enzyme l'ARN-polymérase va reconnaître un enchaînement particulier et le recopier (figure de gauche).
              En fait, ce qui est synthétisé est le symétrique de la chaîne explorée (G en face de C, C en face de G, U en face de A  et A en face de T)
              Cet ARN messager contient donc un enchaînement de bases C, G, U, A qui représente un code génétique. 
              La succession de 3 bases est appelée un « codon » et est caractéristique d'un acide aminé, brique de base des protéines.

    ARN, acides aminés et protéines


                A l'intérieur des cellules existent des « usines » constituées d'un ensemble de molécules, ARN particuliers et protéines, les ribosomes, qui vont « lire » les morceaux d'ARN messager (les codons) et synthétiser à partir de ces codons des acides aminés puis des protéines. Le ribosome avance sur l'ARN messager pour lire les codons, la synthèse des acides aminés se fait au fur et à mesure dans un « tunnel biologique » et les acides synthétisés sont attachés les uns aux autres pour former la protéine que codait la séquence d'ARN particulière (son « message »), protéine qui sort ensuite du tunnel de synthèse.


    Phe = Phenylalanine
    Leu = LeucineARN, acides aminés et protéines
    Ile   = Isoleucine
    Met = Methionine
    Val  = Valine
    Ser  = Sérine
    Pro  = Proline
    The  = Thréonine
    Ala  = Alanine
    Tyr  = Tyrosine
    His  = Histidine
    Gln  = Glutamate
    Asn  = Asparagine
    Lys  = Lysine
    Asp  = Aspartate
    Glu  = Glutamine
    Cys  = Cystéine
    Trp  = Triptophane
    Arg  = Arginine
    Ser  =  Sérine
    Arg  = Arginine
    Gly  = Glycine

             Dans le génome animal, (et humain), il existe 22 acides aminés. Comme il existe 43 = 64 combinaisons possibles de codons (groupe de 3 bases parmi 4), un acide aminé peut correspondre à plusieurs codons. De plus il existe trois codons « stop » (UAA, UAG et UGA) qui permettent de détecter la fin du codage de synthèse en cours et le début du codage suivant.
             Il existe aussi un codon « start » (AUG) qui permet le démarrage de la synthèse après une séquence non utilisée.
     
             La figure ci dessous explique le mécanisme de la synthèse d'une protéine forme de plusieurs acides aminés 
           

    ARN, acides aminés et protéines

             Le début de la synthèse a commencé après la lecture du codon AUG - start.
    Le ribosome a déjà synthétisé deux acides aminés et il est en train d'accrocher le troisième (alanine). La séquence du codon suivant (GUG) correspond à la valine, et un ARN de transfert lié à la valine et portant l'anticodon symétrique de GUG : CAC, va permettre d'accrocher ce nouvel acide aminé à ceux déjà synthétisés. Il y aura ensuite encore deux acides aminés de synthétisés : alanine (GCG) et Lysine (AAA).
             Le dernier codon UAA étant un codon « stop , la synthèse de cette protéine s'arrêtera.


            Dans le prochain artticle, nous examinerons les erreurs qui peuvent se produire par hasard dans ces synthèses et comment notre organisme est remarquablement organisé, face à cette nécessité,  pour les réparer.

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