• Un test sanguin pour détecter le cancer ?

        Des chercheurs américains de l’université de Baltimore, ont fait une avancée importante dan s la détection du cancer, en mettant au point une détection par un test sanguin.
        Ils ont montré que les cellules cancéreuses relâchaient dans le sang des personnes malades, de petits fragments d’ADN, de très faible dimensions (100 à 150 paires de bases puriques), qui portent des anomalies génétiques par rapport à l’ADN de la personne, et qui sont caractéristiques du cancer concerné.
        Si l’on arrive à les détecter dans le sang, cela permettrait d’orienter un diagnostic ou la nécessité de compléments à une opération (chimiothérapie ou rayons), et surtout, si l’on arrivait à détecter des cancers suffisamment tôt (stade 1), cela permettrait de les guérir, en les neutralisant avant qu’ils n’engendrent des métastases.

        Malheureusement ces fragments sont tellement petits que les méthodes actuelles de détection de l’ADN ne permettent pas d’avoir une sensibilité suffisante.
    Les cancers de stade 1 sont peu détectés et l’université de Baltimore détectait l’été dernier chez 193 patients, 62% des cancers du colon, du sein, des poumons, des ovaires et seulement 30% des cancers du pancréas.
        Les chercheurs se sont concentrés en outre également sur les cancers du foie, de l’estomac et de l’oesophage, et ils ont recherché les gênes le plus souvent mutés dans ces huit cancers, sélectionnant 16 séquences d’ADN.
        Ils ont en outre sélectionné 8 protéines, issues de ces séquences et pouvant caractériser ces cancers.
        Les tests sur ces 16 séquences et 8 protéines, pratiqués sur 1000 malades ont permis de détecter 98% des cancers de l’ovaire et du foie, entre 60% et 70% des cancers de l’estomac, de l’oesophage, du colon et du poumon, et 30% des cancers du sein; mais 30% seulement étaient des cancers de stade 1 parmi ces malades.
        En outre, dans 83% des cas, la nature et donc l’origine du cancer était détecté. Par ailleurs le niveau de fausses alertes (cancers détectés chez des personnes saines), était très bas, mais l’effectif concerné faible.

        Actuellement ces essais sont très encourageants, mais le test a besoin d’être encore amélioré, son coût reste élevé (environ 500 $ et il faut effectuer des essais sur un nombre suffisant de personnes saines pour mesurer le niveau de fausses alertes, mais ce test reste une avancée notable et sera de plus en plus utilisé.


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  • J’ai lu, dans le magazine « La Recherche », un article intéressant mais très alarmant, de Bérénice Robert sur la pollution de l’environnement et ses méfaits.

        Une étude de plusieurs organisations scientifiques conclue qu’en 2015 la pollution de l’environnement serait responsable dans le monde, de 9,6 millions de morts :
            - 6,5 millions dus à la pollution de l’air;
            - 1,8 millions dus à la pollution de l’eau;
            - 0,8 millions dus à la pollution du lieu de travail;
             - 0,5 millions dus à la pollution du sol.
        C’est 3 fois plus que les morts dues au sida, à la tuberculose et au paludisme réunis et 15 fois plus que les décès dus aux guerres et aux formes nombreuses de violence.
        Il est inquiétant de constater qu’autrefois les principales causes de décès dans le monde, étaient les épidémies, les guerres et la famine. Aujourd’hui c’est principalement la pollution.

        On est toujours un peu sceptique devant ces chiffres car on se demande comment on les établit et si les statistiques correspondantes sont fiables, car beaucoup de facteurs influent sur la santé des gens et il paraît difficile de séparer les morts dues à une cause particulière.
        En fait les organisations en cause ont utilisé une méthode assez différentes de celles que l’on met en avant dans les systèmes divers d’information, car ils ne sont pas partis des statistiques de morts, qu’il est difficile d’attribuer à une cause unique..
        La fondation « Pure Earth » a rassemblé une énorme base de données sur les 4000 sites les plus pollués dans le monde.
        Cette association, l’organisation mondiale de la santé (OMS) et l’institut de la santé de Seattle ont alors calculé, à partir des données connues sur l’influence des doses des polluants absorbés sur la santé, quelles seraient les conséquences dans le temps de ces pollutions.
        C’est en appliquant cette méthode à toutes les zones de la planète qu’ils sont arrivés à ce chiffre global, et qu’il ont dressé la carte ci-dessous qui donne le nombre de décès sur 10000 personnes selon les lieux géographiques :

    La pollution, un fléau mondial, qui touche les plus faibles.



        Ces études sont un constat; on ne sait pas comment évoluent ces chiffres car c’est la première fois que l’on dispose des données permettant de les établir.
        Ces morts ne sont pas dues pour la plupart à des maladies transmissibles provoquées par des microbes : ce sont des maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux, les broncho et pneumopathies, telle l’asthme ou des empoisonnements par des substances toxiques.
        Les problèmes de pollution de l’eau potable touchent surtout l’Inde et l’Afrique, la pollution de l’air l’Inde et la Chine, tandis que, dans les pays développés, c’est surtout la pollution par les particules fines et les métaux lourds qui est en cause.
        L’Agence européenne de l’environnement estime, quant à elle, que le nombres de décès en Europe serait de l’ordre de 500 000/an.
        Entre les dépenses de santé et la baisse de productivité dues à ces pollutions, le coût en serait énorme, estimé pour les seuls pays à haut revenu (qui sont les moins pollués), à 45 milliards d’euros pour 2015.
        Les zones plus touchées sont celles socialement défavorisées.

        Et ce qui est encore moins rassurant c’est que les chercheurs estiment que leurs chiffres sont nettement sous-estimés, car ils n’ont pas pris en compte, faute de données suffisantes et du fait de la latence des maladies correspondantes, les effets de produits récents tels les perturbateurs endocriniens ou les herbicides.

        Bref entre le changement climatique et la pollution, l’homme détruit peu à peu la vie sur terre. Il serait temps de s’en occuper.

     


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  •           J'ai fait deux articles novembre 2016, sur l’ADN qui s etrouve dans le noyau des cellules de notre corps et qui est le support de leur hérédité.
             Des correspondants m'ont demandé d'expliquer comment, à partir de cet ADN, étaient fabriqués les acides aminés et les protéines, Qui ensuite sont la base de tous les processus biologiques dans notre corps.

             On part évidemment de l'ADN des cellules, qui est le modèle de base que nous ont légué nos parents, à quelques mutations près ou expressions épigénétique de quelques gênes particuliers sous la pression de l'environnement.
             Cet ADN va être transformé en ARN (acide ribonucléique), qui va être le messager qui va migrer hors du noyau pour permettre ensuite la “fabrication” des acides aminés et des nomberuses protéines nécessaires aà notre organisme, car ce sont elles qui partout, régulent la vie dans notre organisme.


              L'ARN correspond à un morceau seulement d'hélice simple, où en outre la thymine est remplacée par l'uracyle  et le sucre est légèrement différent (ribose au lieu de désoxyribose).
              L'ADN est déroulé sur une petite longueur et une enzyme l'ARN-polymérase va reconnaître un enchaînement particulier et le recopier (figure de gauche).
              En fait, ce qui est synthétisé est le symétrique de la chaîne explorée (G en face de C, C en face de G, U en face de A  et A en face de T)
              Cet ARN messager contient donc un enchaînement de bases C, G, U, A qui représente un code génétique. 
              La succession de 3 bases est appelée un « codon » et est caractéristique d'un acide aminé, brique de base des protéines.

    ARN, acides aminés et protéines


                A l'intérieur des cellules existent des « usines » constituées d'un ensemble de molécules, ARN particuliers et protéines, les ribosomes, qui vont « lire » les morceaux d'ARN messager (les codons) et synthétiser à partir de ces codons des acides aminés puis des protéines. Le ribosome avance sur l'ARN messager pour lire les codons, la synthèse des acides aminés se fait au fur et à mesure dans un « tunnel biologique » et les acides synthétisés sont attachés les uns aux autres pour former la protéine que codait la séquence d'ARN particulière (son « message »), protéine qui sort ensuite du tunnel de synthèse.


    Phe = Phenylalanine
    Leu = LeucineARN, acides aminés et protéines
    Ile   = Isoleucine
    Met = Methionine
    Val  = Valine
    Ser  = Sérine
    Pro  = Proline
    The  = Thréonine
    Ala  = Alanine
    Tyr  = Tyrosine
    His  = Histidine
    Gln  = Glutamate
    Asn  = Asparagine
    Lys  = Lysine
    Asp  = Aspartate
    Glu  = Glutamine
    Cys  = Cystéine
    Trp  = Triptophane
    Arg  = Arginine
    Ser  =  Sérine
    Arg  = Arginine
    Gly  = Glycine

             Dans le génome animal, (et humain), il existe 22 acides aminés. Comme il existe 43 = 64 combinaisons possibles de codons (groupe de 3 bases parmi 4), un acide aminé peut correspondre à plusieurs codons. De plus il existe trois codons « stop » (UAA, UAG et UGA) qui permettent de détecter la fin du codage de synthèse en cours et le début du codage suivant.
             Il existe aussi un codon « start » (AUG) qui permet le démarrage de la synthèse après une séquence non utilisée.
     
             La figure ci dessous explique le mécanisme de la synthèse d'une protéine forme de plusieurs acides aminés 
           

    ARN, acides aminés et protéines

             Le début de la synthèse a commencé après la lecture du codon AUG - start.
    Le ribosome a déjà synthétisé deux acides aminés et il est en train d'accrocher le troisième (alanine). La séquence du codon suivant (GUG) correspond à la valine, et un ARN de transfert lié à la valine et portant l'anticodon symétrique de GUG : CAC, va permettre d'accrocher ce nouvel acide aminé à ceux déjà synthétisés. Il y aura ensuite encore deux acides aminés de synthétisés : alanine (GCG) et Lysine (AAA).
             Le dernier codon UAA étant un codon « stop , la synthèse de cette protéine s'arrêtera.


            Dans le prochain artticle, nous examinerons les erreurs qui peuvent se produire par hasard dans ces synthèses et comment notre organisme est remarquablement organisé, face à cette nécessité,  pour les réparer.


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    Levothyrox et thyroïde

         Je suis toujours étonné de voir les journalistes notamment télévisés, monter en épingle une information, au point d’affoler les populations, mais aussi du manque de communication et d’information en provenance des pouvoirs publics.
        Un exemple significatif est celui de la polémique actuelle autour d’un médicament, le Lévothyrox.
    `

        Mais avant de parler du Levothyrox, voyons ce qu’est la glande thyroïde.
        C’est une glande située à la bas du cou qui mesure environ 6cm X 6cm et pèse 30 grammes. Elle fabrique deux hormones : la thyroxine appelée T4 et la thyronine appelée T3.
        La thyroïde fabrique environ 80% de T4 et 20% de T3, mais une partie importante de la T4 se transforme en T3 au sein des cellules de l’organisme. Une partie de la T4 reste dans le sang et on l’appelle la T4 « libre », et c’est elle que l’on dose.
        L’hormone T4 est fabriquée à partir de l’iode que la thyroïde capte dans notre alimentation.
        La production de la T4 n’est pas spontanée : elle est activée par une « pré-hormone » produite par l’hypophyse et commandée par l’hypothalamus du cerveau central : la TSH ou tyréostimuline, qui stimule la thyroïde si le taux de T4 baisse et au contraire diminue sa production si le taux augmente trop dans le sang.
        On considère que le taux normal de TSh dans le sang doit être compris entre 0,27 et 4,20 µUI/ml et que le taux de T4 libre doit rester entre 1,0 et 1,6 ng/dl. Des analyses sanguines peuvent déceler des anomalies de ces taux.

        A quoi sert la thyroïde et ses hormones (l’hormone active est la T3).?
        La thyroïde est le gendarme de la régulation corporelle.
        Les hormones thyroïdiennes agissent sur un grand nombre de fonctions de l'organisme :
        Un excès d'hormones T3 et T4 provoque une élévation de la température, ce qui explique les sensations de soif, de sensibilité à la chaleur et la peau chaude et moite, ainsi que l’accélération de toutes les fonctions de l’organisme : accélération du rythme cardiaque, perturbation du transit, perte de poids malgré un moindre appétit, excitation et agressivité.

        A l'inverse, un manque d'hormones entraîne au contraire une baisse de la température, un ralentissement du rythme cardiaque, une prise de poids, trous de mémoire et signes de dépression, fatigue, insomnies, défaut de concentration.   
        Elle intervient également dans le métabolisme du calcium avec une autre hormone, la calcitonine.

        L’hypothyroïdie est une maladie très fréquente, surtout chez les femmes de plus de 50 ans : 1 à 3% de la population, 6 femmes pour un homme, avec pic de fréquence à 60 ans.
        Dans 80% des cas il s’agit d’une thyroïdite d’origine immune, les lymphocytes T s’attaquant à la thyroïde et la détruisant partiellement, cela étant dû à des facteurs génétiques et environnementaux. Dans la moitié de ces cas elle est lente et variable dans le temps, et dans l’autre moitié des cas elle est chronique (on l’appelle alors la maladie d’Hashimoto).
        10% des cas sont dus à des tumeurs et 10% à des causes diverses.
        La thyroïde ne produisant plus assez d’hormone T4, on donne aux patient une dose journalière complémentaire de T4.

        Le « lévothyrox » est le médicament le plus courant en France dont le principe actif est de la lévothyroxine, c’est à dire une forme de T4, prise sous forme de comprimé le matin.
        Le médicament est en général à prendre de façon définitive, mais la sensibilité des personnes est très différente selon les cas : âge, degré de la maladie, sensibilité hormonale, état général… La réponse peut être dans certains cas sensible à de faibles variation de posologie.
        Le dosage adapté à chaque patient est donc difficile à trouver.
        Par ailleurs la réponse à une variation de dose n’est pas immédiate : 4 à 6 semaines.

        Que s’est il passé avec le Lévothyrox cet été. ?
        C’est un médicament très répandu, 3 millions de français en prennent !
        Contrairement à ce que beaucoup pensent le changement de formule du Lévothyrox n’est pas une initiative du laboratoire MerCK pour gagner plus d’argent, mais une demande de l’Agence nationale de sécurité du médicament.
        L’ANSM avait constaté en mars 2012 que la dose de substance active du Levothyrox avait tendance à varier d’une boîte à l’autre ou au cours du temps. Elle a donc demandé à Merck de chager la formule pour plus de stabilité et donc de changer les « excipients », c’est-à-dire les autres substances que celle active, qui permettent de donner sa forme au médicament (comprimé, gélule, sirop), d’améliorer la conservation ou de modifier le goût.
        Par ailleurs, un des excipients, le lactose, pouvait entraîner des intolérances. Ce dernier a donc été remplacé par du mannitol, un édulcorant très répandu sans effet notoire à petite dose (bien qu’il puisse être laxatif à haute dose), et de l’acide citrique a été ajouté afin de stabiliser le médicament, ce produit étant très répandu dans l’alimentation (les citrons notamment).
        Mais tout changement de ces excipients risque, chez des personnes plus sensibles au plan biochimique, de modifier l’absorption du principe actif, ici la lévothyroxine, et donc de provoquer des effets secondaires d’autant plus que le dosage adapté est pointu.
        Le laboratoire avait fait des études d’effets du nouveau médicament, mais les études sur animaux ne sont pas complètement transposables à l’homme, et il avait informé les 100 000 professionnels de santé par un simple courrier le 27 février. Les pharmaciens étaient invités à terminer les stocks de l’ancienne formule pour ne pas faire coexister les deux types de boîtes. Il était recommandé aux médecins prescripteurs de « confirmer l’équilibre thérapeutique » par un suivi spécifique uniquement pour les personnes à risque.
        L’ANSM n’a pas fait d’information spécifique et a choisi la plus mauvaise période pour introduire le médicament, du fait des vacances d’été des patients comme des médecins.
        Environ 5% des personnes qui prennent du Lévothyrox ont ressenti des effets secondaires, certains assez graves. Le corps médical, mal informé, l’ANSM et Merck n’ont pas réagi rapidement et, les journaliste ayant abondamment abordé le problème (il fallait bien alerter les gens), tous les gens qui prenaient ce médicament et ne se sentaient pas parfaitement bien, même pour d’autres raisons, l’ont accusé de ces méfaits
        C’est devenu un scandale public.

        Cela aurait pu être évité.
        En Belgique, il n'y a eu ni crise ni scandale. C'est que, en amont, la communication a été assurée à tous les niveaux. Les médecins ont prévenu leurs patients. Ceux-ci ont reçu une lettre d'information très explicite, portant un avertissement en rouge et recommandant "un suivi attentif". Le laboratoire s'est préoccupé de les alerter directement : le packaging du médicament porte la mention "nouvelle formule", et la boîte contient un feuillet cartonné d’explications.
        En France, aucune mention claire sur la boîte de Levothyrox n'a été ajoutée. Pourquoi l'Agence du médicament, qui connaissait parfaitement l'exemple belge, ne l'a-t-elle pas suivi
       Sa directrice adjointe, interrogée dans cet extrait, ne semble pas voir l'intérêt de s'adresser directement au patient, préférant rejeter la faute sur les médecins et pharmaciens. (renseignements donnés à l’émission « Envoyé spécial » d’Elise Lucet)


        Que faire ?
        Revenir à l’ancienne formule n’est pas une solution, et la mise en place de boîtes anciennes ne peut être qu’un pis aller, pour résoudre provisoirement les cas les plus graves et délicats
        Il y a d’abord 95% des malades qui n’ont rien ressenti, et parmi ceux qui ont des « effets secondaires », il n’est pas sûr que cela soit dû à la nouvelle formule. Il faut faire une analyse sanguine de TSH et de T4. On constate chez tous les patients qui ont de « vrais » effets secondaires, une variation forte de la TSH (en général en baisse) et de la T4 (en général en hausse).
        Finalement, pour les personnes qui ont eu des perturbations, il faudra trouver un nouveau dosage adapté. Si cela n’est pas possible pour quelques unes, il faudra alors changer de médicament.
        En fait c’est maintenant aux médecins d’expliquer et d’agir, mais la responsabilité initiale semble bien être celle de l’ANSM.

     


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         Je suis toujours étonné quand j’entends des gens, que je pensais intelligents dire : « il faut se passer de l’énergie nucléaire » ou « il faut se passer de l’expérimentation animale ». Je pense qu’ils n’ont pas beaucoup réfléchi à la question.

        Que l’on ne doive pas considérer les animaux comme des objets et qu’on ne les fasse pas souffrir, je suis entièrement d’accord. En particulier qu’on n’achète pas un animal de compagnie pour l’abandonner ensuite, qu’on évite de faire souffrir les animaux qui nous servent ensuite de nourriture.
        Pourtant cela ne nous viendrait pas à l’esprit de dire la même chose des plantes et pourtant ce sont aussi des êtres vivants!
        Mais je pense qu’il faut encore être plus vigilant vis à vis de la vie et de la souffrance des humains. Et quant je vois une artiste américaine venir reprocher à la France de gaver des oies, je voudrais lui dire de s’occuper du centre de Guantanamo ou des agissements de la CIA. Je ne pense pas qu'on ait des leçons à recevoir des USA.
        Cependant je voudrais revenir sur le problème des expérimentations animales. Certes il faut éviter de faire souffrir les animaux et veiller aux conditions de ces essais, mais peut on s’en passer?

        Je parlerai d’abord des médicaments : avant de les mettre dans le commerce, il faut s’assurer qu’ils sont efficaces, qu’ils ne sont pas dangereux, et ceci à diverses doses, et aussi connaître les effets secondaires indésirables.
        L’expérimentation finale est faite sur des humains, en hôpital.
        Mais elle n’est pas sans danger et on a vu récemment qu’une telle expérimentation a causé la mort d’un homme et des séquelles graves chez plusieurs autres. Et il y avait eu pourtant une sévère et longue expérimentation animale. Sans elle il y aurait eu certainement plusieurs morts et handicapés graves si on s’en était tenu à la seule expérimentation humaine, sans autre préalable. Sans doute cette expérimentation animale n'avait pas été faite suffisamment.    S’il n’y avait pas eu d’expérimentation animale, nous n’aurions aucun vaccin, pas d’antibiotique et pas la plupart des médicaments très actifs. Il y aurait tous les ans des dizaines de millions de morts supplémentaires de maladies.

        Au départ on ne sait pas grand chose du fonctionnement du corps humain, ni de celui des bactéries et virus. Sans l’expérimentation sur les animaux, de la mouche drosophile à la souris, puis , moins souvent sur d’autres mammifères, dont le singe, nous ne saurions pas grand chose sur les mécanismes de physiologie et des maladies qui nous affectent.
        L’expérimentation animale est indispensable aux études scientifiques, car l’étude de thérapeutiques et de médicaments ne peut se faire que si on connaît suffisamment au préalable les maladies et le fonctionnement du corps humain.
        On a trouvé des traces du virus Zika dans le liquide amniotique et le cerveau d'un fœtus anormal; une culture sur des neurones a montré in vitro des perturbations apportées par le virus Zika. Mais pour être absolument certain de son action, des essais seront nécessaire in vivo sur des souris en gestation pour démontrer l'action tératogène.

        Et l’expérimentation animale n’a jamais autant été encadrée qu’aujourd’hui.
    Deux directives sur la protection des animaux existent de 1986 et de 2010.
    Les animaux sont utilisés au minimum (tellement même que probablement si on les avait davantage utilisés, il n’y aurait pas eu un mort dans les derniers essais thérapeutiques).
    Des seuils sont respectés pour limiter une éventuelle souffrance et les animaux sont insensibilisés ou traités par analgésiques. Les conditions d’élevage sont strictement réglementés de même que les conditions de soins et de chirurgie.
        Des comités d’éthiques ont été créés, ainsi que des contrôles des animaleries et laboratoires. Pour utiliser certaines espèces il faut démontrer qu’un ne peut pas utiliser des animaux moins évolués (notamment pour le singe).

        Ce qui m’agace, dans ce domaine, c’est que les gens qui critiquent l’expérimentation animale et demandent son abolition, n’ont aucune notion de biologie, de ce à quoi servent ces expérimentations et sont les premier à hurler quand les médicaments destinés à l’homme ne sont pas d’une efficacité parfaite. 
       La polémique sur le Lévothyrox est un exemple flagrant de l'ignorance des malades : toutes les personnes qui prennent la nouvelle formule se croient malades, alors qu'en fait les effets indésirables touchent moins de 5% des patients. Un examen des hormones TSH et T4L permet de savoir si la personne est trop sensible au nouveau médicament et de baisser les doses et les médecins peuvent actuellement réagir en quelques jours.
       Mais tout le monde s'affole et les journalistes qui tienne la un sujet sensible et sensationnel, s'en donnes à cœur joie.
        Il est évidemment beaucoup plus facile de critiquer ce que l’on ne connaît pas, parce qu’on ne se rend pas compte qu’on ne dit que des âneries.
       Il faut dire aussi que l'Agence des médicaments a été nulle au plan de la communication et de l'information, car c'est elle qui a demandé le nouveau médicament et ensuite n'a pas fait suffisamment son travail d'observation, en le faisant mettre sur le marché à la plus mauvaise période, juste au début des vacances.

     


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