•           J'ai fait deux articles novembre 2016, sur l’ADN qui s etrouve dans le noyau des cellules de notre corps et qui est le support de leur hérédité.
             Des correspondants m'ont demandé d'expliquer comment, à partir de cet ADN, étaient fabriqués les acides aminés et les protéines, Qui ensuite sont la base de tous les processus biologiques dans notre corps.

             On part évidemment de l'ADN des cellules, qui est le modèle de base que nous ont légué nos parents, à quelques mutations près ou expressions épigénétique de quelques gênes particuliers sous la pression de l'environnement.
             Cet ADN va être transformé en ARN (acide ribonucléique), qui va être le messager qui va migrer hors du noyau pour permettre ensuite la “fabrication” des acides aminés et des nomberuses protéines nécessaires aà notre organisme, car ce sont elles qui partout, régulent la vie dans notre organisme.


              L'ARN correspond à un morceau seulement d'hélice simple, où en outre la thymine est remplacée par l'uracyle  et le sucre est légèrement différent (ribose au lieu de désoxyribose).
              L'ADN est déroulé sur une petite longueur et une enzyme l'ARN-polymérase va reconnaître un enchaînement particulier et le recopier (figure de gauche).
              En fait, ce qui est synthétisé est le symétrique de la chaîne explorée (G en face de C, C en face de G, U en face de A  et A en face de T)
              Cet ARN messager contient donc un enchaînement de bases C, G, U, A qui représente un code génétique. 
              La succession de 3 bases est appelée un « codon » et est caractéristique d'un acide aminé, brique de base des protéines.

    ARN, acides aminés et protéines


                A l'intérieur des cellules existent des « usines » constituées d'un ensemble de molécules, ARN particuliers et protéines, les ribosomes, qui vont « lire » les morceaux d'ARN messager (les codons) et synthétiser à partir de ces codons des acides aminés puis des protéines. Le ribosome avance sur l'ARN messager pour lire les codons, la synthèse des acides aminés se fait au fur et à mesure dans un « tunnel biologique » et les acides synthétisés sont attachés les uns aux autres pour former la protéine que codait la séquence d'ARN particulière (son « message »), protéine qui sort ensuite du tunnel de synthèse.


    Phe = Phenylalanine
    Leu = LeucineARN, acides aminés et protéines
    Ile   = Isoleucine
    Met = Methionine
    Val  = Valine
    Ser  = Sérine
    Pro  = Proline
    The  = Thréonine
    Ala  = Alanine
    Tyr  = Tyrosine
    His  = Histidine
    Gln  = Glutamate
    Asn  = Asparagine
    Lys  = Lysine
    Asp  = Aspartate
    Glu  = Glutamine
    Cys  = Cystéine
    Trp  = Triptophane
    Arg  = Arginine
    Ser  =  Sérine
    Arg  = Arginine
    Gly  = Glycine

             Dans le génome animal, (et humain), il existe 22 acides aminés. Comme il existe 43 = 64 combinaisons possibles de codons (groupe de 3 bases parmi 4), un acide aminé peut correspondre à plusieurs codons. De plus il existe trois codons « stop » (UAA, UAG et UGA) qui permettent de détecter la fin du codage de synthèse en cours et le début du codage suivant.
             Il existe aussi un codon « start » (AUG) qui permet le démarrage de la synthèse après une séquence non utilisée.
     
             La figure ci dessous explique le mécanisme de la synthèse d'une protéine forme de plusieurs acides aminés 
           

    ARN, acides aminés et protéines

             Le début de la synthèse a commencé après la lecture du codon AUG - start.
    Le ribosome a déjà synthétisé deux acides aminés et il est en train d'accrocher le troisième (alanine). La séquence du codon suivant (GUG) correspond à la valine, et un ARN de transfert lié à la valine et portant l'anticodon symétrique de GUG : CAC, va permettre d'accrocher ce nouvel acide aminé à ceux déjà synthétisés. Il y aura ensuite encore deux acides aminés de synthétisés : alanine (GCG) et Lysine (AAA).
             Le dernier codon UAA étant un codon « stop , la synthèse de cette protéine s'arrêtera.


            Dans le prochain artticle, nous examinerons les erreurs qui peuvent se produire par hasard dans ces synthèses et comment notre organisme est remarquablement organisé, face à cette nécessité,  pour les réparer.


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    Levothyrox et thyroïde

         Je suis toujours étonné de voir les journalistes notamment télévisés, monter en épingle une information, au point d’affoler les populations, mais aussi du manque de communication et d’information en provenance des pouvoirs publics.
        Un exemple significatif est celui de la polémique actuelle autour d’un médicament, le Lévothyrox.
    `

        Mais avant de parler du Levothyrox, voyons ce qu’est la glande thyroïde.
        C’est une glande située à la bas du cou qui mesure environ 6cm X 6cm et pèse 30 grammes. Elle fabrique deux hormones : la thyroxine appelée T4 et la thyronine appelée T3.
        La thyroïde fabrique environ 80% de T4 et 20% de T3, mais une partie importante de la T4 se transforme en T3 au sein des cellules de l’organisme. Une partie de la T4 reste dans le sang et on l’appelle la T4 « libre », et c’est elle que l’on dose.
        L’hormone T4 est fabriquée à partir de l’iode que la thyroïde capte dans notre alimentation.
        La production de la T4 n’est pas spontanée : elle est activée par une « pré-hormone » produite par l’hypophyse et commandée par l’hypothalamus du cerveau central : la TSH ou tyréostimuline, qui stimule la thyroïde si le taux de T4 baisse et au contraire diminue sa production si le taux augmente trop dans le sang.
        On considère que le taux normal de TSh dans le sang doit être compris entre 0,27 et 4,20 µUI/ml et que le taux de T4 libre doit rester entre 1,0 et 1,6 ng/dl. Des analyses sanguines peuvent déceler des anomalies de ces taux.

        A quoi sert la thyroïde et ses hormones (l’hormone active est la T3).?
        La thyroïde est le gendarme de la régulation corporelle.
        Les hormones thyroïdiennes agissent sur un grand nombre de fonctions de l'organisme :
        Un excès d'hormones T3 et T4 provoque une élévation de la température, ce qui explique les sensations de soif, de sensibilité à la chaleur et la peau chaude et moite, ainsi que l’accélération de toutes les fonctions de l’organisme : accélération du rythme cardiaque, perturbation du transit, perte de poids malgré un moindre appétit, excitation et agressivité.

        A l'inverse, un manque d'hormones entraîne au contraire une baisse de la température, un ralentissement du rythme cardiaque, une prise de poids, trous de mémoire et signes de dépression, fatigue, insomnies, défaut de concentration.   
        Elle intervient également dans le métabolisme du calcium avec une autre hormone, la calcitonine.

        L’hypothyroïdie est une maladie très fréquente, surtout chez les femmes de plus de 50 ans : 1 à 3% de la population, 6 femmes pour un homme, avec pic de fréquence à 60 ans.
        Dans 80% des cas il s’agit d’une thyroïdite d’origine immune, les lymphocytes T s’attaquant à la thyroïde et la détruisant partiellement, cela étant dû à des facteurs génétiques et environnementaux. Dans la moitié de ces cas elle est lente et variable dans le temps, et dans l’autre moitié des cas elle est chronique (on l’appelle alors la maladie d’Hashimoto).
        10% des cas sont dus à des tumeurs et 10% à des causes diverses.
        La thyroïde ne produisant plus assez d’hormone T4, on donne aux patient une dose journalière complémentaire de T4.

        Le « lévothyrox » est le médicament le plus courant en France dont le principe actif est de la lévothyroxine, c’est à dire une forme de T4, prise sous forme de comprimé le matin.
        Le médicament est en général à prendre de façon définitive, mais la sensibilité des personnes est très différente selon les cas : âge, degré de la maladie, sensibilité hormonale, état général… La réponse peut être dans certains cas sensible à de faibles variation de posologie.
        Le dosage adapté à chaque patient est donc difficile à trouver.
        Par ailleurs la réponse à une variation de dose n’est pas immédiate : 4 à 6 semaines.

        Que s’est il passé avec le Lévothyrox cet été. ?
        C’est un médicament très répandu, 3 millions de français en prennent !
        Contrairement à ce que beaucoup pensent le changement de formule du Lévothyrox n’est pas une initiative du laboratoire MerCK pour gagner plus d’argent, mais une demande de l’Agence nationale de sécurité du médicament.
        L’ANSM avait constaté en mars 2012 que la dose de substance active du Levothyrox avait tendance à varier d’une boîte à l’autre ou au cours du temps. Elle a donc demandé à Merck de chager la formule pour plus de stabilité et donc de changer les « excipients », c’est-à-dire les autres substances que celle active, qui permettent de donner sa forme au médicament (comprimé, gélule, sirop), d’améliorer la conservation ou de modifier le goût.
        Par ailleurs, un des excipients, le lactose, pouvait entraîner des intolérances. Ce dernier a donc été remplacé par du mannitol, un édulcorant très répandu sans effet notoire à petite dose (bien qu’il puisse être laxatif à haute dose), et de l’acide citrique a été ajouté afin de stabiliser le médicament, ce produit étant très répandu dans l’alimentation (les citrons notamment).
        Mais tout changement de ces excipients risque, chez des personnes plus sensibles au plan biochimique, de modifier l’absorption du principe actif, ici la lévothyroxine, et donc de provoquer des effets secondaires d’autant plus que le dosage adapté est pointu.
        Le laboratoire avait fait des études d’effets du nouveau médicament, mais les études sur animaux ne sont pas complètement transposables à l’homme, et il avait informé les 100 000 professionnels de santé par un simple courrier le 27 février. Les pharmaciens étaient invités à terminer les stocks de l’ancienne formule pour ne pas faire coexister les deux types de boîtes. Il était recommandé aux médecins prescripteurs de « confirmer l’équilibre thérapeutique » par un suivi spécifique uniquement pour les personnes à risque.
        L’ANSM n’a pas fait d’information spécifique et a choisi la plus mauvaise période pour introduire le médicament, du fait des vacances d’été des patients comme des médecins.
        Environ 5% des personnes qui prennent du Lévothyrox ont ressenti des effets secondaires, certains assez graves. Le corps médical, mal informé, l’ANSM et Merck n’ont pas réagi rapidement et, les journaliste ayant abondamment abordé le problème (il fallait bien alerter les gens), tous les gens qui prenaient ce médicament et ne se sentaient pas parfaitement bien, même pour d’autres raisons, l’ont accusé de ces méfaits
        C’est devenu un scandale public.

        Cela aurait pu être évité.
        En Belgique, il n'y a eu ni crise ni scandale. C'est que, en amont, la communication a été assurée à tous les niveaux. Les médecins ont prévenu leurs patients. Ceux-ci ont reçu une lettre d'information très explicite, portant un avertissement en rouge et recommandant "un suivi attentif". Le laboratoire s'est préoccupé de les alerter directement : le packaging du médicament porte la mention "nouvelle formule", et la boîte contient un feuillet cartonné d’explications.
        En France, aucune mention claire sur la boîte de Levothyrox n'a été ajoutée. Pourquoi l'Agence du médicament, qui connaissait parfaitement l'exemple belge, ne l'a-t-elle pas suivi
       Sa directrice adjointe, interrogée dans cet extrait, ne semble pas voir l'intérêt de s'adresser directement au patient, préférant rejeter la faute sur les médecins et pharmaciens. (renseignements donnés à l’émission « Envoyé spécial » d’Elise Lucet)


        Que faire ?
        Revenir à l’ancienne formule n’est pas une solution, et la mise en place de boîtes anciennes ne peut être qu’un pis aller, pour résoudre provisoirement les cas les plus graves et délicats
        Il y a d’abord 95% des malades qui n’ont rien ressenti, et parmi ceux qui ont des « effets secondaires », il n’est pas sûr que cela soit dû à la nouvelle formule. Il faut faire une analyse sanguine de TSH et de T4. On constate chez tous les patients qui ont de « vrais » effets secondaires, une variation forte de la TSH (en général en baisse) et de la T4 (en général en hausse).
        Finalement, pour les personnes qui ont eu des perturbations, il faudra trouver un nouveau dosage adapté. Si cela n’est pas possible pour quelques unes, il faudra alors changer de médicament.
        En fait c’est maintenant aux médecins d’expliquer et d’agir, mais la responsabilité initiale semble bien être celle de l’ANSM.

     


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         Je suis toujours étonné quand j’entends des gens, que je pensais intelligents dire : « il faut se passer de l’énergie nucléaire » ou « il faut se passer de l’expérimentation animale ». Je pense qu’ils n’ont pas beaucoup réfléchi à la question.

        Que l’on ne doive pas considérer les animaux comme des objets et qu’on ne les fasse pas souffrir, je suis entièrement d’accord. En particulier qu’on n’achète pas un animal de compagnie pour l’abandonner ensuite, qu’on évite de faire souffrir les animaux qui nous servent ensuite de nourriture.
        Pourtant cela ne nous viendrait pas à l’esprit de dire la même chose des plantes et pourtant ce sont aussi des êtres vivants!
        Mais je pense qu’il faut encore être plus vigilant vis à vis de la vie et de la souffrance des humains. Et quant je vois une artiste américaine venir reprocher à la France de gaver des oies, je voudrais lui dire de s’occuper du centre de Guantanamo ou des agissements de la CIA. Je ne pense pas qu'on ait des leçons à recevoir des USA.
        Cependant je voudrais revenir sur le problème des expérimentations animales. Certes il faut éviter de faire souffrir les animaux et veiller aux conditions de ces essais, mais peut on s’en passer?

        Je parlerai d’abord des médicaments : avant de les mettre dans le commerce, il faut s’assurer qu’ils sont efficaces, qu’ils ne sont pas dangereux, et ceci à diverses doses, et aussi connaître les effets secondaires indésirables.
        L’expérimentation finale est faite sur des humains, en hôpital.
        Mais elle n’est pas sans danger et on a vu récemment qu’une telle expérimentation a causé la mort d’un homme et des séquelles graves chez plusieurs autres. Et il y avait eu pourtant une sévère et longue expérimentation animale. Sans elle il y aurait eu certainement plusieurs morts et handicapés graves si on s’en était tenu à la seule expérimentation humaine, sans autre préalable. Sans doute cette expérimentation animale n'avait pas été faite suffisamment.    S’il n’y avait pas eu d’expérimentation animale, nous n’aurions aucun vaccin, pas d’antibiotique et pas la plupart des médicaments très actifs. Il y aurait tous les ans des dizaines de millions de morts supplémentaires de maladies.

        Au départ on ne sait pas grand chose du fonctionnement du corps humain, ni de celui des bactéries et virus. Sans l’expérimentation sur les animaux, de la mouche drosophile à la souris, puis , moins souvent sur d’autres mammifères, dont le singe, nous ne saurions pas grand chose sur les mécanismes de physiologie et des maladies qui nous affectent.
        L’expérimentation animale est indispensable aux études scientifiques, car l’étude de thérapeutiques et de médicaments ne peut se faire que si on connaît suffisamment au préalable les maladies et le fonctionnement du corps humain.
        On a trouvé des traces du virus Zika dans le liquide amniotique et le cerveau d'un fœtus anormal; une culture sur des neurones a montré in vitro des perturbations apportées par le virus Zika. Mais pour être absolument certain de son action, des essais seront nécessaire in vivo sur des souris en gestation pour démontrer l'action tératogène.

        Et l’expérimentation animale n’a jamais autant été encadrée qu’aujourd’hui.
    Deux directives sur la protection des animaux existent de 1986 et de 2010.
    Les animaux sont utilisés au minimum (tellement même que probablement si on les avait davantage utilisés, il n’y aurait pas eu un mort dans les derniers essais thérapeutiques).
    Des seuils sont respectés pour limiter une éventuelle souffrance et les animaux sont insensibilisés ou traités par analgésiques. Les conditions d’élevage sont strictement réglementés de même que les conditions de soins et de chirurgie.
        Des comités d’éthiques ont été créés, ainsi que des contrôles des animaleries et laboratoires. Pour utiliser certaines espèces il faut démontrer qu’un ne peut pas utiliser des animaux moins évolués (notamment pour le singe).

        Ce qui m’agace, dans ce domaine, c’est que les gens qui critiquent l’expérimentation animale et demandent son abolition, n’ont aucune notion de biologie, de ce à quoi servent ces expérimentations et sont les premier à hurler quand les médicaments destinés à l’homme ne sont pas d’une efficacité parfaite. 
       La polémique sur le Lévothyrox est un exemple flagrant de l'ignorance des malades : toutes les personnes qui prennent la nouvelle formule se croient malades, alors qu'en fait les effets indésirables touchent moins de 5% des patients. Un examen des hormones TSH et T4L permet de savoir si la personne est trop sensible au nouveau médicament et de baisser les doses et les médecins peuvent actuellement réagir en quelques jours.
       Mais tout le monde s'affole et les journalistes qui tienne la un sujet sensible et sensationnel, s'en donnes à cœur joie.
        Il est évidemment beaucoup plus facile de critiquer ce que l’on ne connaît pas, parce qu’on ne se rend pas compte qu’on ne dit que des âneries.
       Il faut dire aussi que l'Agence des médicaments a été nulle au plan de la communication et de l'information, car c'est elle qui a demandé le nouveau médicament et ensuite n'a pas fait suffisamment son travail d'observation, en le faisant mettre sur le marché à la plus mauvaise période, juste au début des vacances.

     


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    Le système glyphatique du cerveau 

                Il existe des protéines fluorescentes de diverses sortes, constituées d'environ 250 acides aminés. Un peu comme sur votre imprimante, il y en a en particulier des vertes, cyan, jaunes, bleues et rouges.
               Elles servent de marqueurs, notamment la protéine flurescente verte d'une méduse, est issue d'un gêne particulier que l'on peut prélever.
               Si on fusionne ce gêne in vitro avec un gêne que l'on veut étudier, on peut ensuite introduire le gène résultant de cette fusion dans des cellules ou dans un embryon d'animal qui va alors synthétiser la protéine de fusion, alors fluorescente.  
              On pourra alors l'observer à l'aide d'un microscope à fluorescence, par exemple et savoir ce qu’elle devient.         
              Cette méthode permet d'étudier les protéines dans leur environnement naturel : la cellule vivante et donc de faire des études sur le développement de cellules particulières.

               Les journalistes ont évidemment trouvé cela sensationnel, sans se soucier de l’aspect recherche correspondant.
               Début 2006, les taiwanais expliquaient qu'ils avaient créé des cochons phosphorescents en insérant de l'ADN de méduse dans des embryons de porcs.
               Il y a de quoi être médusé !!!

               L'ADN de méduse a été inséré chez 265 embryons inséminés dans 8 truies. 4 petits cochons sont nés.
               A la lumière du jour, les yeux, dents, pieds et ongles des mutants sont teintés de vert. Dans l'obscurité, une faible lumière verdâtre fait briller les cochons. A part cela, les animaux restent complètement normaux.
             Début 2008, l'agence de presse Xinhua indique qu'une des truie qui était devenue fluorescente en décembre 2006, a eu des porcelets. Le papa était normal, la maman brillait sous les ultra-violets. 11 progénitures ont vu le jour et parmi celles-ci, 2 ont acquis la caractéristique brillante de leur maman. Le gêne a donc été transmis.
             Les cochons sont des animaux intéressants car les manipulations faites sur eux peuvent donner une bonne idée du résultat de ces mêmes manipulations sur l’homme...
             Et puis cela pourrait avoir certains avantages comme par exemple pouvoir manger des pieds de cochons au restaurant sans éclairage (quoique verts ce ne serait pas très engageant !), ou retrouver dans le noir mon saucisson fluorescent.
            Mais il ne semble pas qu'on en soit encore à de telles applications IooI

            En fait c’est un chinois, le professeur Wu Shinn-Chih, qui avait réalisé les premières expérience à l'université d'Agriculture de Harbin en Chine du Nord et avait créé des cochons et des lapins fluorescents.
            M. Wu espère que la technologie mise au point pourra être en particulier utilisée pour suivre le développement de tissus quand des cellules souches sont employées pour générer de nouveaux organes humains destinés à en remplacer d'autres déficients.

             Des chercheurs américains ont utilisé cette technique sur des souris de laboratoire pour visualiser la circulation sanguine et lymphatique dans le cerveau.

     

    Le système glyphatique du cerveau

            Une découverte importante a eu lieu ces dernières années dans le domaine du cerveau, sans que les journaux, même scientifiques, ne lui accordent l’importance méritée.

     Les neurobiologistes étaient persuadés que les vaisseaux lymphatiques, qui transportent notamment les cellules du système immunitaire, et évacuent de l’organisme les déchets et les toxines, ne s’étendaient pas jusqu’au cerveau.

           J’avais donné quelques indications dans un autre blog, sur un nouveau procédé, qui consistait à modifier génétiquement des gênes d’animaux, en leur ajoutant un gêne de méduse, ce qui rendait phosphorescents les organes traversés par le sang ou la lymphe, lorsqu’on les éclairait avec une lumière d’une longueur d’onde spécifique..

     Cette technique avait été utilisée sur des lapins et des souris.

     

           En utilisant cette méthode, Kari Alitalo et Aleksanderi Aspelund, de l’université d’Helsinki, ont découvert que le système lymphatique existait aussi au sein du cerveau. La découverte a été confirmée par des chercheurs américains.

           D’une part des vaisseaux lymphatiques normaux existent autour du cerveau, mais des vaisseaux particuliers, dont les parois sont faites de cellules gliales, transporte aussi la lymphe et le liquide cérébro-spinal dans le cerveau. Il transporte les cellules immunitaire et évacue les déchets toxiques.

           Il a été dénommé  « système glymphatique ».

     

           Il n’est pas exclu que certaines maladies neuro-dégénératives, telle les maladies d’Alzeimer, de Parkinson, ou d’Huntington (paralysie, pertes de mémoire, symptômes psychatriques et mort), pourraient être dus à l’accumulation de toxines, en raison d’un mauvais fonctionnement de ce système glymphatique.

           Dans des maladies auto-immunes, telle par exemple la sclérose en plaque, le système immunitaire attaque les cellules du cerveau, notamment les cellules gliales qui forment la myéline, isolant les faisceaux d’axones.

     

           Les chercheurs ont également découverts que des traumatismes d’ordre comportemental supportés par des souris, pouvaient entraîner des dommages dans le système glymphatique et que d’autre part l’évacuation des toxines était beaucoup plus importante pendant le sommeil que pendant l’éveil, la circulation du liquide de ces vaisseaux étant deux fois plus élevée.

           Ils ont aussi constaté que dormir sur le côté était plus bénéfique que dormir sur le dos, sans doute en raison de la position de valves dans ces vaisseaux.

           Les chinois étudient actuellement comment amliorer cette circulation, avec certains produits qui contiennent des oméga-3. La respiration profonde améliorerait aussi ce fonctionnement.

            Bref c’est le début de recherches qui pourraient aboutir à des méthodes intéressantes de soins de maladies, contre lesquelles nous n’avons actuellement que des moyens de lutte peu efficaces.


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  •      Je ne sais pas si vous avez lu des articles sur une découverte qui peut être très importante en médecine humaine : la possibilité de remplacer du sang humain, quelque soit son groupe et son rhésus, par de l’hémoglobine extraite des vers marins arénicoles.

        Qu’est ce que ce vers marin ?
       
        Vous avez sûrement vu, lors des basses mers, une plage criblée de petits trous dans le sable humide et truffée de petites bosse de boue en forme de tortillon, comme le montre la photo ci-dessus.
        Ce sont des logements de vers arénicoles, dont le nombre, sur certaines plages favorables, peut être supérieur à 100 par mètre carré.


        Le ver arénicole (ou ver de vase et « buzuk » en breton), que vous voyez sur la photo ci-dessus, mesure environ 15 cm de long et de l’ordre du cm de diamètre, de couleur marron-rougeâtre, avec de nombreux anneaux.
        Son anatomie est décrite sur le schéma ci-dessous :


        La tête qui comporte quatre annelets supporte une bouche globuleuse avec de nombreuses papilles, qui permet d’absorber la vase, le ver séparant  dans son tube digestif les éléments nutritifs et rejetant sur la plage la vase sous forme de tortillons, que l’on voit nombreux sur les plages, dans la partie recouverte par les marées. Le tube digestif comporte un œsophage, un estomac et un intestin.
        Le thorax qui comporte 19 annelets, qui supporte des pseudopodes garnis de soies.
        L’abdomen, muni de branchies ramifié, comporte un système circulatoire commandé par deux cœurs.
        La queue de diamètre moindre se termine par un anus en bout de système digestif.
        La peau de l’arénicole sécrète une substance fluorescente gris-vert, quelque peu irritante, qui colore les doigts lorsqu’on la manipule.
        Le ver est doté d’un système nerveux rudimentaire, la tête abritant deux ganglions faisant office de cerveau.
     

        Le ver creuse une galerie dans la vase de 10 à 30 cm de profondeur en forme de U, comme le montre la caricature ci-dessus. Le bout de la queue affleure la surface en haut du puits le plus étroit, ce qui permet au ver de rejeter à l’extérieur les tortillons de vase (on appelle cela des « turricules ».
        Le corps du ver, hors la queue se trouve dans la partie horizontale du U.
        L’autre puits vertical est comblé en surface par de la vase ou du sable humide avec une légère dépression ou parfois un trou, que l’on aperçoit sur la plage à une dizaine de cm du tortillon.
        Le ver est animé de contractions de son corps qui provoque un pompage de l’eau depuis le haut du puits caudal, cequi permet à l’animal de récupérer l’oxygène de l’eau dans ses branchie et d’amener à sa bouche des sédiments dont il tirera sa nourriture. L’animal « pompe » pendant une quinzaine de minutes, puis avale les sédiments pendant 7 mn et le cycle recommence tant que le trou est recouvert par l’eau de la marée. Quand la marée se retire, il respire l’oxygène de l’air, saturé d’humidité, qui pénètre dans ses puits.
        Si la galerie reste pleine d’eau, lors de faibles marées, l’animal peut épuiser l’oxygène dissous, ou si à marée basse ses puits s »’ssèchent et que l’oxygène de l’air n’atteint plus les branchies à travers de l’eau, il se met alors en métabolisme anaérobie et peut ainsi rester sans « respirer » pendant plusieurs heures.

        Les espoirs médicaux grâce à ce ver arénicole.


        Le professeur Frank Zal, chercheur du CNRS étudie ce ver depuis 1990 et il avait été étonné que le ver puisse ainsi survivre en l’absence de respiration pendant des heures. il a pensé que cette étonnante capacité était dû à son sang qu’il a donc étudié.

        Dans le sang humain l’oxygène est transporté par l’hémoglobine, contenue dans les globules rouges du sang. Le problème est que ces cellules ont des caractéristiques particulières : rhésus + ou _ et nombreux groupes sanguins, principalement A, B, AB et O. (voir mon article du 8 décembre 2015).
        Le problème est qu’en cas de besoin thérapeutique de transfusion sanguine, on ne peut pas recevoir d’un donneur n’importe quel sang suivant les caractéristiques de son propre sang. Dans la majorité des cas, les receveurs seront transfusés avec les globules rouges d'un donneur du même groupe sanguin. Deux exceptions : les individus de groupe O- sont "donneurs universels" et peuvent donc donner leur sang à n'importe quel receveur, tandis que les individus de groupe AB+ sont "receveurs universels ». La transfusion avec un sang non compatible risque d’entraîner des accidents cardiaques graves, voire la mort.
        D’où un problème en cas d’accident ou blessure demandant une transfusion car o ne dispose que de très peu de sang O-, et il faut donc attendre de déterminer le groupe et le rhésus de la personne avant d’acheminer le sang adéquat.
       
        Le ver arénicole n’a pas de globules rouges (donc ni groupes, ni rhésus), mais son hémoglobine est voisine de celle de l’homme, mais elle a deux propriétés extraordinaires : elle peut acheminer 50 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine et elle peut être lyophilisée sans dommages.

        En 2007 le professeur Zac a quitté le CNRS et fondé une société HEMARINA, basée à Morlaix, en Bretagne nord, pour étudier les applications de ses découvertes.
        Cette société a créé des élevages de vers et étudié l’extraction et la purification du sang des arénicoles. D’abord, les vers sont tués par surgélation ; puis, à partir de glaçons entiers de 250 à 300 kg d’arénicoles, les animaux sont décongelés dans une solution qui libère leur hémoglobine. Le mélange obtenu est ensuite purifié et filtré, pour obtenir un résultat de quelques kilos d’hémoglobine pure.

        Actuellement la première application de cette hémoglobine, du à son pouvoir oxygénant, est de mieux conserver les organes destinées à des greffes en les immergeant dan un liquide contenant cette hémoglobine marine.
        Les essais physiologiques de transfusion à l’homme vont bientôt pouvoir être faits, les essais sur animaux s’étant révélés positifs, mais l’agrément d’un médicament est chose longue, pour des raisons de sécurité et d’étude des effets secondaires.
        Les services de la protection civile et de secours d’urgence sont très intéressés ainsi que les armées, car, en cas de blessure nécessitant une transfusion d’urgence, il ne serait plus nécessaire de chercher les caractéristiques du sang de l’accidenté, mais seulement de disposer de quantités suffisantes d’hémoglobine de ver arénicole.
        La Marine américaine semble avoir déjà effectué des essais de cette hémoglobine lyophilisée sur des humains.


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