•           Les virus ont d’abord été pris pour des bactéries car on ne constatait que les symptômes des maladies correspondantes, mais les biologistes du 19ème siècle démontrent peu à peu qu’il s’agit d’agents plus petits, invisibles au microscope optique et qui ne peuvent se cultiver en laboratoire. Puis en 1898 un biologiste russe montre que la “mosaïque du tabac” est due à un agent très petit qui traverse toutes les membranes et il appelle cela un “virus filtrant”.
              Peu après on découvre les virus de la fièvre aphteuse et de la fièvre jaune.
              Ce n’est qu’en 1940 que les premiers microscopes électroniques permettront  de voir enfin des virus et des cultures dans des embryons de poulets peuvent être faites à partir de 1950.

               Un virus n’est pas un être vivant. C’est une “entité biologique” qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Il ne peut se multiplier seul, ni subsister longtemps à l’extérieur.
             
     Il est composé d'une molécule d'acide nucléique (soit d'ADN soit d'ARN), entourée d'une coque de protéines appelée la capside et parfois d'une enveloppe. Il ne possède en général aucun enzyme pouvant produire de l'énergie. Les virus sont le plus souvent de très petite taille, comparée à celle d'une bactérie, sauf exception rare comprise entre 10 et 250 nanomètres. ( nanomètre = un millionième de mm).

                Pour que vous compreniez je rappelle ce que vous avez sans doute vu en SVT ou dans mes précédents articles sur l'ADN : je vous avais dit que l’ADN (acide désoxyribonucléique) est une structure moléculaire en double hélice, une espèce d’échelle avec deux montants hélicoïdaux (composés de phosphates et de sucres) et de barreaux, constitués chacun de deux molécules parmi quatre bases azotées que nous nous contenterons d’appeler (un peu comme Bach avec les notes) A, C, G, T et qui s’associent toujours A et T, (ou T et A) et C et G (ou G et C).
              C’est l’enchaînement des séquences successives de ces molécules (les barreaux) qui constituent le patrimoine génétique d’une cellule, c’est à dire l’enchaînement des nucléotides A,C,G,T.
               L’ARN (acide ribo-nucléique) est, dans les cellules vivantes, issu de l’ADN; C’est en quelque sorte un morceau d’un des “montants de l’échelle”, mais qui a subi de petites modifications : les molécules (phosphates et sucres) de ces montants sont plus simples, plus courtes, et la base azotée T (thymine) a été remplacée systématiquement par une autre base U (l’uracyle), les autres bases A (adénine), C (cytidine) et G (guanidine) restant inchangées.
              L’ARN dans une cellule vibvante emporte le message génétique de l’ADN dans la cellule en vue de la synthèse de protéines et c’est pourquoi on l’appelle “ARN messager”.

               Les bactéries avaient uniquement des ADN qui comprenaient entre 108 et 109 paires de bases azotées et sous forme le plus souvent circulaire.
              Les virus ont suivant leur nature, soit de l’ADN, soit le plus souvent de l’ARN comme matériel génétique et leur nombre de gênes est plus limité, leur matériel génétique est de l’ordre de 104 à 106 bases. Il peut être circulaire ou linéaire,

               L’enveloppe du virus, que l’on appelle “capside” a diverses formes selon leur nature, le plus souvent soit sphérique, soit allongée en forme de longs cylindres hélicoïdaux.
              La capside virale est une enveloppe de protéines qui joue deux rôles: d'une part, elle protège le génome dans le milieu extérieur et, d'autre part, pour les virus nus, elle intervient directement dans l'attachement de la particule virale à la cellule hôte. C'est une structure relativement résistante et stable. 

     http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/formesvirus.jpg
               En plus de la capside, certains virus sont capables de s’entourer d’une structure membranaire qui peut posséder des protéines codées par le génome viral ou le génome de la cellule hôte.
               Cette enveloppe est relativement fragile dans le milieu extérieur.
              Je prendrai pour exemple le “Myxovirus influenza”,  le virus de la grippe, qui a une structure sphérique, représentée sur le schéma ci-dessous.

     http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/virusgrippeschema.jpg

                Il existe trois types de capsides (numérotées A, B et C) et une enveloppe formée de protéines, qui comporte en surface des excroissances  (on les appelle spicules), de deux sortes soit une protéine HA (l’hémagglutinine), soit une autre NA (neuraminidase).
              La protéine HA  (on en connait 19 sortes) contribue à l’accrochage du virus dans la cellule höte et NA  (on en connait 12 sortes).contribue à la pénétration du virus dans la cellule (voir plus loin).
              On identifie les virus de la grippe par la nature de leur capside et des protéines. Les grippes  récentes était de nature A H1 N1, AH3N1 et A H5 N1.
            Le plus souvent, le vaccin vendu contient une souche AH1N1, une souche AH3N1.

     Voyons enfin comment un virus se reproduit :

               Le virus agit comme un pirate de l'air de la cellule qu'il infecte, dans le sens où il la détourne de son fonctionnement normal. En effet, bien que le virus transporte l'ensemble du code nécessaire à sa réplication, il a besoin du moteur de réplication de la cellule hôte pour se reproduire. Lorsqu'il est complet, le cycle de multiplication d'un virus dans une cellule conduit à la production de nouvelles particules virales. Ce cycle se nomme cycle productif. Il existe au total, trois types d'infection de la cellule:
                         - l'infection productive, aboutissant à la production de virus complet et entraînant la mort de la cellule;
                         - l'infection abortive, le virus n'est pas complètement synthétisé, il n'y a pas de production virale et pas de conséquences sur la cellule;
                         - l'infection persistante, le génome viral reste dans la cellule, il n'y a pas de production virale mais le comportement de la cellule change: apparition de cellule maligne; c’est le cas de certains cancers viraux.

    http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/replicationvirus.jpg

               Je ne traiterai que le premier processus avec les phases successives suivantes (voir schéma) : 

                         1 - L'attachement, ou adsorption, est la première étape, interaction entre la surface du virus d'un côté et celle de la cellule hôte de l'autre. Les virus disposent à leur surface de glycoprotéines spécifiques permettant de se fixer sur les récepteurs de la cellule. Par exemple, pour le virus de la grippe,la glycoprotéine utilisée par le virus pour se fixer sur sa cellule hôte est l'hémagglutinine HA.

                         2 - L'étape de pénétration correspond à l'entrée du virus dans le cytoplasme de la cellule. Cette étape dépend de la température et du pH de la cellule. C'est la cellule vivante qui fait pénétrer le virus. En effet, les cellules de l'organisme humain captent les macromolécules attachées à leur surface et dont elles ont besoin pour fonctionner. Les virus détournent ce mécanisme à leur profit pour pénétrer dans la cellule. La neuraminidase facilite cette pénétration pour le virus grippal.

                         3 - La décapsidation est la perte de la capside de protection du virus, pour pouvoir libérer le génome viral dans la cellule . La décapsidation a lieu dans le cytoplasme de la cellule car la capside est trop grosse pour pénétrer dans le noyau.

                         4 - Dans le cas d'un virus à ARN de polarité positive, l'ARN se comporte comme un ARN messager et peut donc être lu directement par le ribosome. Dans les autres cas, le processus se déroule en plusieurs étapes. La première étape consiste à fabriquer l'ARN messager. Ce dernier est une copie du génome viral, grâce à des enzymes de la cellule hôte.

                         5 - L'ARN messager est envoyé dans le cytoplasme de la cellule où les ribosomes de la cellule hôte vont lire les informations qu'il contient et les transcrire en synthétisant les protéines correspondantes.

                         6 - A partir de l’ARN, la cellule fait des répliques du génome viral initial.

                         7 - A partir de ces nouveaux ARN et des protéines, la cellule fabrique de nouveaux virus. Les nouveaux matériels génétiques sont enveloppés dans de nouvelles capsides et éventuellement enveloppes qui se constituent à partir de la membrane de la cellule hôte.

                         8 - Les virus sortent de la cellule, identiques à celui entrant ini-tialement. Il peut selon les cas, y en avoir une dizaine ou plus de 100 000. !

                Finalement le virus a fourni les “plans” (ADN ou ARN) et la cellule est l’usine de fabrication qui fournit “main d’oeuvre, la machinerie et les matières chimiques”.

               Je ne vous donnerai pas une liste de virus ni leur classification qui se fait en fonction de leurs types d’ARN ou d’ADN, de la nature de leur capside et de leur enveloppe. Vous pouvez la trouver sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_virus
                Par contre vous entendrez souvent parler par les journalistes d’arbovirus, (sans qu’ils vous disent de quoi il s’agit !) . Cette appellation regroupe des virus de familles différentes, en général à ARN, qui sont propagés par des arthropodes suceurs de sang, principalement moustiques, puces, tiques...
               Les maladies à arbovirus les plus connues sont la fièvre jaune, la dengue, le chikungunya, et diverses encéphalites.

                Le paludisme (ou malaria - plusieurs centaines de millions de malades et 2 à 3 millions de morts par an !!!), par contre, n’est pas dû à un virus mais à un protozoaire qui détruit peu à peu les globules rouges du sang.

     

     Dans le prochain article, je vous parlerai des condition de propagation des bactéries et virus,

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  •   Aujourd’hui je voudrais vous parler des maladies causées par les bactéries, car il est utile de connaître quelques notions de base simples.

        Lorsque les bactéries se multiplient anormalement dans le corps humain (ou d’un animal), on dit qu’il y a infection et que celle-ci entraîne une maladie.

    http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/bacteriepeste.jpg


        Deux notions sont importantes et souvent mal utilisées :

            - Le pouvoir pathogène conditionne le type de maladie et va dépendre de l'espèce bactérienne responsable de l'infection.
    La peste dont la bactérie a la doux nom de “Yersinia pestis” est une maladie complètement différente du choléra dont l’agent est “vibrio cholerae” (ils ont de beaux noms latins n’est ce pas ! ).
    Le pouvoir pathogène c’est donc la capacité de provoquer telle ou telle maladie, plus ou moins grave. C’est une notion qualitative.

            - la virulence d’une bactérie  : c’est une notion quantitative.
    C’est en quelque sorte la facilité avec laquelle la bactérie déclenche l’infection, que l’on pourrait caractériser par le nombre de bactéries qui déclenchent la maladie. Pour certaines (même pour des souches de même nature, mais légèrement différentes, ou à des moments différents), il en faudra plusieurs milliers et pour d’autres quelques bactéries suffiront à provoquer l’infection.
        Ces nombres de bactéries nécessaires sont malheureusement très mal connus et ils dépendent aussi de la sensibilité de l’individu et notamment de ses défenses immunitaires.
        Les scientifiques cherchent à connaître le “taux et le délai d’infection secondaire” c’est à dire le nombre moyen d’autres personnes que va contaminer une personne malade et au bout de combien de jours (par exemple pour la peste, on pense que ce facteur de transmission est d’environ 1,4 pour un délai de 3 jours, à titre de comparaison ce facteur est de 2 à 3 pour un virus de grippe et de 25 pour un virus de rougeole !! Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les bactéries ne sont pas les plus contagieuses de ce point de vue.).

        Toutes les bactéries sont potentiellement pathogènes. Quand les défenses immunitaires d’une personne diminuent, même leurs bactéries présentes dans le corps et qui lui sont habituellement utiles, peuvent provoquer des troubles. C'est le cas, bien sûr, chez les immunodéprimés ou les malades du SIDA, mais aussi à la suite d'une infection virale qui affaiblit ces défences immunitaires, au cours du développement de maladies métaboliques comme le diabète, ou simplement pendant des périodes de fatigue ou de stress.

        Au plan médical, on classe les bactéries en deux grandes catégories :

            - Les bactéries pathogènes qui sont des bactéries responsables d'une maladie même chez le sujet " sain " (au sens du précédent paragraphe).
        Une bactérie pathogène, même redoutable, comme le bacille diphtérique ou le méningocoque peut être hébergée par une personne sans lui occasionner le moindre trouble. Ces hôtes sont dits porteurs sains.
        Quelquefois ces bactéries résident sur leur hôte après qu'elles l'aient infecté et après guérison (porteurs chroniques), mais souvent, ces bactéries font partie de sa microflore "normale".  Par exemple le méningocoque, agent de la méningite cérébrospinale, est souvent présent dans le nasopharynx d’une personne et la maladie est l'exception puisqu'elle ne touche qu'un porteur sain sur 10 000.
       
            - Les bactéries dites “opportunistes”, qui ne donnent habituellement pas de maladie chez les sujets sains, mais peuvent devenir pathogènes chez les sujets aux défenses immunitaires altérées.
        Ces bactéries sont souvent des bactéries dites “commensales”, qui vivent en permanence à la surface de la peau et des muqueuses de l'homme (notamment oro-pharynx, système gastro-intestinal et urinaire).
        Le type de maladie (et donc le pouvoir pathogène) de ces bactéries est en général une grande prolifération sur leur lieu habituel, avec une inflammation non spécifique à ce niveau (pneumonie, infection urinaire, infection intestinale,.. ), éventuellement suivie d'une généralisation, ou de localisations secondaires, en migrant  vers des tissus sur lesquels elles ne sont pas naturellement présentes (endocardite, cystites, abcès profond, ostéites, méningites...).

        Les germes qui sont très virulents ont une aptitude particulière pourse répandre et se multiplier sur ou dans un hôte, malgré les défenses que celui-ci opposera.
        Une infection débute généralement par la fixation du germe sur les muqueuses respiratoires, uro-génitales ou intestinales. Cette fixation permet au germe d'éviter l'expulsion par des phénomènes mécaniques tels le flux urinaire, la toux ou les mouvements péristaltiques de l'intestin.
        L'adhésion se fait, selon les germes, grâce aux pilis, à des protéines, sortes de colles sécrétées grâce à l’expression de gênes des plasmides , ou encore à de  longues fibres polysaccharidiques qui permettent à la bactérie de se lier comme un bateau à un ponton.
        Les bactéries doivent alors se protéger des défenses naturelles de l'hôte et leur capsule constitue une défense contre la phagocytose par les globules blancs, qui ne disposent pas toujours des enzymes nécessaires à leur digestion.
        Certaines bactéries ont des stratégies remarquables :
    Les staphylocoques, par exemple, disposent d'une coagulase qui entraîne la formation d'un caillot veineux dans lequel, protégé de la phagocytose, le germe peut se multiplier. Lorsque les germes sont nombreux, une enzyme dissout le caillot. Les germes sont libérés et sécrètent alors des enzymes qui attaquent le tissu conjonctif et créent des lésions tissulaires.

        Les bactéries pathogènes produisent de nombreuses substances qui sont toxiques pour leur hôte. Lorsqu'il s'agit de protéines et qu'elles agissent à faibles concentrations, on les appelle “toxines”.
        Dans certains cas (tétanos et botulisme par exemple), seule la toxine est pathogène et la multipli-cation du microorganisme ne participe en rien aux symptomes observés.
            Une neurotoxine est une toxine agissant sur le système nerveux,
            Une myotoxine agit sur la contraction des muscles (notamment les cardiotoxines sur le cœur et d'autres  sur les muscles respiratoires).
            Une hémotoxine détruit les cellules du sang.
            Une dermatotoxine s’attaque à la peau et les muqueuses;
            Une hépatotoxine au foie;
            Une néphrotoxine au rein.
        La toxine botulique est celle dont la toxicité est la plus élevée pour l’homme : un microgramme peut entraîner la mort.
        Sont également très dangereuses les toxines diphtérique, tétanique;, l’entérotoxine des staphylocoques,
        Des organismes vivants autres que les bactéries fabriquent aussi des toxines dangereuses : ricine extraite de la fève de ricin mortelle à environ un mg par kg du receveur, ou la saxitoxine sécrétées par des algues américaines;
       
        J’espère que maintenant vous avez une idée de ce que sont les bactéries.
    Je n’en n’ai pas mis une liste, elle est trop longue, mais vous en trouverez une sur le site suivant :   http://www.123bio.net/cours/bacterio/index.html

        Dans mon prochain article, je parlerai des virus.

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  •      Dans l’article d’hier nous avons vu que les bactéries sont de minuscules êtres vivants faits d'une seule cellule, se reproduisant de façon asexuée par scissiparité, (se scinder en deux), et dont le noyau cellulaire, composé essentiellement d’ADN, n'est pas délimité par une membrane, à la différence de la plupart des cellules.
        Leur taille varie de 0,02 micromètre (millième de millimètre) pour les nanobactéries à 0,75 mm pour la plus grande, visible à l'œil nu. La plupart mesurent toutefois entre 0,5 et 100 µm.  et ne peuvent donc être vues qu’au microscope.
        Chez l'homme, il a été calculé que 1012 bactéries colonisent la peau, 1010 bactéries colonisent la bouche et 1014 bactéries habitent dans l'intestin, ce qui fait qu'il y a dix fois plus de cellules bactériennes que de cellules humaines dans le corps humain. La plupart de ces bactéries sont inoffensives ou bénéfiques pour l’organisme. Il existe cependant de nombreuses espèces pathogènes à l'origine de beaucoup de maladies infectieuses.
         Les bactéries ont des formes sphériques (coques), des formes allongées,plus ou moins spiralées (spirilles) ou en bâtonnets (bacilles), ).

    http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/sortesbacteries.jpg
    http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/bacterie.png     Vous avez ci-dessus le schéma d’une bactérie.
        Au centre le nucléoïde qui est le noyau non délimité et individualisé. Il contient de matériel génétique composé d’un double brin d’ADN (acide désoxyribonucléique) circulaire, qui constitue l’unique chromosome bactérien.
        Vous vous rappelez peut être votre cours de SVT ou mes précédents articles : je rappelle que l’ADN est une structure moléculaire en double hélice, une espèce d’échelle avec deux montants hélicoïdaux (composés de phosphates et de sucres) et de barreaux, constitués chacun de deux molécules parmi quatre bases azotées que nous nous contenterons d’appeler (un peu comme Bach avec les notes) A, C, G, T et qui s’associent toujours A et T, (ou T et A) et C et G (ou G et C).
        C’est l’enchaînement des séquences successives de ces molécules (les barreaux) qui constituent le patrimoine génétique d’une cellule, c’est à dire l’enchaînement des nucléotides A,C,G,T.
        Les ADN des bactéries sont assez importants (notamment par rapport à ceux des virus). Le bacille de la peste par exemple, qui fait un micron environ de long, a un ADN qui possède 5. 108 paires de bases A, T ou C, G.
        Les bactéries contiennent également d'autres molécules circulaires d'ADN appelées “plasmides”, qui portent notamment les gènes de résistance aux antibiotiques. Ces plasmides sont très utilisés en recherche biologique en génétique. En intégrant un gène dans un plasmide, on peut obtenir une grande quantité de ce gène car la multiplication des bactéries est facile et rapide. De plus, on peut isoler ces plasmides et ainsi récupérer le gène choisi fabriqué en grande quantité.

        Les cellules bactériennes contiennent aussi de nombreux ribosomes permettant la synthèse de protéines. Le cytoplasme  contient souvent des substances de réserves de nourriture (glycogène et amidon).
        Certaines bactéries peuvent fabriquer de fines couches externes à la paroi cellulaire, généralement constituées de  sucres. Quand la couche est compacte, on parle de “capsule”. Les capsules constituent une barrière de protection de la cellule contre l’environnement externe et aussi contre la phagocytose par nos globules blancs s’opposant à l’infection. Elle facilite aussi l’attachement aux surfaces.

        La plupart des bactéries ne sont pas mobiles, mais certaines disposent d'un appareil locomoteur. C’est une sorte d’appendice en forme d’hélice : le "flagelle", inséré à l'une des extrémités de la cellule. Quelques espèces sont pourvues d'une série de flagelles, disposés sur les faces latérales.
        D’autres espèces sont couvertes de nombreux petits « poils », (les pilis sur le schéma), qui ne jouent aucun rôle dans la locomotion, mais interviennent dans les processus d’adhésion des bactéries à un support.
       
        Les bactéries se reproduisent de façon asexuée, par scissiparité (une simple division cellulaire). Le matériel génétique est tout d’abord dupliqué, puis la bactérie s'allonge, se contracte en son milieu et se divise, formant deux cellules filles identiques à la cellule mère. Ainsi, la descendance d’une cellule bactérienne est constituée de cellules génétiquement identiques, clones de la bactérie initiale. Certaines bactéries se divisent toutes les 20 à 40 min. Dans des conditions favorables, à raison d'une division toutes les 30 min, une seule cellule aura produit, en quinze heures, un milliard de cellules-filles, colonie visible à l’œil nu.
         En revanche, dans de mauvaises conditions, certaines espèces produisent des spores, formes dormantes de la cellule, capables de supporter des conditions extrêmes de température ou de sécheresse. Ainsi les Anglais, qui avaient fait des essais sur une petite île déserte avec des bactéries du charbon (l’anthrax), ont retrouvé des bactéries encore pathogènes 50 ans après et on dû décontaminer tout le sol de l’île au formol.
         En 2007, un forage dans le nord-ouest Canadien a permis à des scientifiques de l'université de Californie de mettre au jour une bactérie vieille d'environ 500 000 ans et toujours vivante.
    On a retrouvé une bactérie endormie à l'intérieur d'une abeille qui était dans de l'ambre (résine fossile, provenant de conifères de l'époque oligocène, qui poussaient sur l'emplacement de l'actuelle mer Baltique), depuis 25 à 40 millions d'années. De même, une bactérie demeurée endormie depuis 250 millions d'années a été découverte dans un cristal de sel. à environ 600 mètres sous terre, au Nouveau-Mexique.
        Certaines bactéries ultrarésistantes aux rayonnements nucléaires peuvent vivre dans des cavités d'irradiation de réacteurs nucléaires.

        Au laboratoire, les bactéries peuvent être cultivées en milieu de culture liquide ou en milieu solide. Le milieu de culture doit apporter les éléments nutritifs (nutriments) élémentaires à la bactérie. Les milieux de culture gélosés solides sont utilisés pour isoler des cultures pures de cellules bactériennes. Dans le cas des bactéries se divisant rapidement, une cellule bactérienne dispersée sur un milieu gélosé va se multiplier et, au bout de 24 à 48 heures, devenir un amas de bactéries, appelé une colonie bactérienne, visible à l’œil nu.
        En fait il est assez facile de faire une culture bactérienne, avec une cocotte minute  et un bouillon contenant une nourriture appropriée.
        Heureusement on ne dispose pas, en dehors de quelques laboratoires spécialisés de recherche, des souches pathogènes, qui sont soigneusement conservées dans des conditions telles qu’elles ne puissent sortir de leur lieu de conservation.
        Mais nous devons tous être vigilant car si de la nourriture est contaminée accidentellement par des bactéries, (notamment salmonelles lors de la rupture de la chaîne du froid dans la conservation d’aliments), celles-ci se développent facilement dans notre cuisine.et sont alors dangereuses.

        Demain mon article portera sur les bactéries pathogènes et leur virulence.

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  •      

    Que dire des "microbes"

          Plusieurs correspondant(e)s m'ont demandé de faire des articles sur les "microbes".
          Mais c’est assez compliqué et j’ai dû réfléchir à la manière de simplifier mes exposés et de faire des schémas simples à partir de planches de livres de médecine.
          Pour ne pas vous fatiguer et ne pas faire des articles trop long, je ferai plusieurs articles qui se complèteront,

         Le mot “microbe” ne veut rien dire, actuellement en microbiologie. Il recouvre toutes sortes de cellules, voire d'organismes, provoquant des maladies diverses tant chez les plantes que chez les animaux.
        Ce mot était utilisé à l’origine dans le sens “micro-vie”, (par Pasteur), mais on ne peut plus utiliser un tel terme aussi vague à l'ère du microscope électronique.
        Le mot “microbe” recouvre toute une série d'agents, infectieux ou non, par exemple 
        - les bactéries
        - les virus
        - les rickettsies
        - les champignons, moisissures, levures,  qui créent des mycoses.
        - les protozoaires


        Les bactéries sont de minuscules êtres vivants faits d'une seule cellule, se reproduisant de façon asexuée par scissiparité, et dont le noyau cellulaire, composé essentiellement d’ADN, n'est pas délimité par une membrane, à la différence de la plupart des cellules.
        Elles sont présentes un peu partout : dans l'air, les sols, l'eau, la glace, la peau, les fonds océaniques, . Certaines sont pathogènes provoquent des maladies, d'autres sont utiles à l'homme : présentes dans l'intestin elles aident à digérer, elles sont utilisées pour fabriquer des aliments et ont de nombreuses applications dans l’industrie.
    Mais en réalité, toutes  les bactéries sont potentiellement pathogènes. Quand un hôte voit ses défenses immunitaires affectées, même ses bactéries habituellement utiles peuvent provoquer des troubles. Tout dépend aussi de leur nombre.
        Les bactéries constituent, par leur multiplication rapide et par la variété de leurs activités chimiques, un groupe d'une importance capitale pour l'équilibre du monde vivant et notamment du corps humain.

        Un virus se caractérise par son incapacité à se multiplier seul par division. Il a besoin pour cela d'utiliser une cellule hôte Un virus est un minuscule parasite des cellules . Incapable de vivre seul, le virus pénètre dans la cellule et l'utilise pour se multiplier et ainsi contaminer d'autres cellules.
        Un virus contient du “matériel génétique” : ADN ou ARN.
        Un virus n’est donc pas un être vivant puisqu’il ne peut se reproduire seul, et il ressemble  davantage à un “robot” .
    Rappelons la définition d’un “virus informatique”, car elle est calquée sur le fonctionnement des virus biologiques : un “virus informatique” est un petit programme informatique situé dans le corps d'un autre programme, qui, lorsqu'on l'exécute, se charge en mémoire et exécute les instructions que son auteur a programmé (souvent maléfiques).   
        Il existe une immense diversité de virus biologiques, notamment en raison des mutations génétiques qu’ils peuvent subir.
        Il existe des virus de bactéries, des virus d'algues, des virus de plantes, des virus de moisissures, des virus d'insectes, des virus d’animaux et des humains, et même des virus de virus!.

        Les rickettsies sont des bactéries particulières intermédiaires entre les bactéries proprement dites et les virus. Elles ne se développent pas à l’extérieur d’un hôte et ne peuvent le faire que dans des cellules vivantes.
        De nombreux animaux constituent le réservoir naturel de ces bactéries particulières. L’homme ne représente qu’un hôte accidentel, à l’exception de l’agent du typhus qui est essentiellement humain.
        Les rickettsies infectent également de nombreux arthropodes, (notamment moustiques et puces) qui interviennent dans les cycles infectieux en assurant la transmission inter-humaine, inter-animale ou de l’animal à l’homme de ces bactéries. Il n’y a pas de transmission inter-humaine directe.

        Vous connaissez tous les champignons plus ou moins comestibles : ce sont des plantes. Vous connaissez aussi les lichens, symbiose entre des champignons et des cellules contenant de la chlorophylle.
        Mais il existe des champignons microscopiques et certains en particulier qui sont unicellulaires et peuvent faire fermenter les matières organiques animales : ce sont les levures (certaines sont utilisées en agro-alimentaire)
        Ce qui est moins connu c’est que nous avons de ces nombreux champignons microscopiques dans le corps et notamment une levure particulière dans le tube digestif, l’intestin, la vessie, les organes génitaux (que l’on appelle candida albicans parfois aussi “monilia”).
        Ces moisissures se nourrissent principalement de carbone et d’azote.
        Ces champignons microscopiques et les bactéries protectrices présentes dans notre corps vivent normalement en parfaite harmonie. Mais parfois cet équilibre est rompu suite à l’apparition de conditions favorables aux champignons ou défavorables aux bactéries.
        Les champignons se développent alors anormalement, entrainant des mycoses très gênantes, voire graves et douloureuses, notamment sur la peau, sous les ongles dea mains, sur les pieds ou dans les organes génitaux.
        La multiplication des champignons peut avoir une cause interne physiologique, une cause externe (humidité, macération, irritation de la peau, hygiène insuffisante ou exagérée..). Il peut y avoir également contamination par un autre humain ou un animal.

        Les protozoaires enfin  sont des organismes unicellulaires (cellules ayant un noyau, contrairement aux bactéries), et ne sont pas à proprement parler des animaux. Ces organismes font partie d'un règne spécifique.
        L'apparente simplicité des Protozoaires est trompeuse. En fait, la cellule unique des Protozoaires est plus complexe que la cellule animale normale. Toutes les fonctions nécessaires à la vie animale sont remplies par cette cellule unique
        Vous avez sûrement entendu parler des “amibes”, sorte particulière de protozoaire.
        Ils ont conquis et se sont adaptés à tous les milieux de vie, et certains sont des parasites qui peuvent être dangereux. Leur reproduction sexuée ou asexuée est très complexe. Le mode de nutrition des protozoaires se fait par ingestion et ils puisent ainsi le carbone en provenance des différents composés organiques.
        Ces organismes sont responsables de certaines maladies graves et répandues : l’amibiase, le paludisme, la toxoplasmose par exemple 
       
          Dans les prochains jours, je ferai deux articles sur les bactéries, deux sur les virus, un article sur la contamination dans l’air (aérosologie), ce qui est important si on veut comprendre des épidémies comme la grippe, et un  article sur les défenses immunitaires.
        Rassurez vous ce ne sera pas un cours de médecine (je serais bien incapable de le faire), mais seulement les notions que toute personne cultivée et notamment les journalistes et cinéastes, devraient savoir, afin d’éviter de dire de grosses bêtises.

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  • Médicaments psychotropes (suite)

         Dans mon article d'hier j'ai donné un aperçu des divers médicaments utilisés dans le cas de dépressions; Je vais revenir sur ce sujet, pour donner quelques détails, car certains de mes correspondants m'ont posé diverses questions et les réponses peuvent en intéresser d'(autres.

            Antidépresseurs :

        Les antidépresseurs sont des psychotropes (des substances qui modifient le psychisme). Ils sont destinés à faire disparaître la tristesse (les trouble de l'humeur). Si tous ont ce point commun, certains stimulent les patients : ils agissent sur la fatigue psychique et physique. D'autres sont sédatifs (ils calment) : ils diminuent l'angoisse et améliorent le sommeil. D'autres enfin sont à la fois tranquillisants (sédatifs) et stimulants.
        Il existent une quarantaine de médicaments anti-dépresseurs.
        Le plus connu est le Prozac ou son générique la "fluoxetine", qui est la molécule active..
        Beaucoup d'entre eux augmentent à l'intérieur du cerveau la quantité d'un neuromédiateur chimique (la sérotonine), qui conditionne la transmission de l'influx nerveux au niveau des synapses, pour des neurones qui interviennent beaucoup dans le cerveau émotionnel notamment, et conditionnent notre “humeur”.
        D'autres antidépresseurs augmentent la quantité d'un autre neuromédiateur, la noradrénaline.
        Les premiers antidépresseurs sont apparus en 1957.
        Certains chercheurs américains prétendent que ces médicaments favoriseraient la formation de nouveaux neurones dans l'hippocampe (qui est entre autre le “professeur” de la mémoire, mais qui intervient aussi dans les transmissions dans le cerveau émotionnel). Le cerveau serait plus résistant et s'adapterait mieux au stress. Il ne s'agit encore  que d'études sur de souris et rien na été confirmé à ce jour.


            Anxiolytiques ou tranquillisants :

        Les anxiolytiques ou tranquillisants mineurs sont, comme leur nom l'indique, des substances destinées à combattre l'anxiété et le stress. Mais en aucun cas, le tranquillisant n'agit  sur la tristesse. elle même ni sur ses causes. Il ne peut guérir la dépression. Il en diminue les inconvénients.
        Les anxiolytiques sont sédatifs mais à plus fortes doses que les somnifères. A dose normale, ils entraînent une somnolence qui les rend incompatibles avec la conduite d'un véhicule.
        A forte dose ou en traitement prolongé ils peuvent empêcher un travail efficace pendant les heures d'éveil. De plus, il a été montré que les anxiolytiques diminuent les performances de mémorisation et provoquent des pertes de mémoire !
         Par ailleurs, si elles facilitent l'endormissement, il faut savoir que la plupart de ces médicaments modifient l'architecture du sommeil et diminuent la phase de sommeil profond réparateur. Après l'arrêt, ils ont encore des effets néfastes sur le sommeil, puisqu'ils peuvent entraîner des insomnies.
        Comme les anxiolytiques réduisent de façon rapide et efficace les symptômes d'anxiété, plusieurs personnes développent une accoutumance psychologique (sinon physique) à ces médicaments. En présence de certaines affections chroniques, il peut être parfaitement raisonnable de prendre des anxiolytiques à long terme. Dans tous les autres cas, ils ne devraient être utilisés que pendant peu de temps pour éviter toute addiction.

        Les principaux anxiolytiques sont des “benzodiazépines”
        Les plus connues sont le “valium”, le” tranxène”, le “temesta”, le “lexomil”  le "rivotril" et toute une série de médicaments dont le nom se termine en général par “azepam”
    Toutes, à la dose adéquate, ont les mêmes effets pharmacodynamiques :
        -     anxiolytique
        -     sédative
        -     hypnotique
        -     amnésiante
        -     anticonvulsivante     
        -     myorelaxante (décontraction des muscles)
        Elles posent des problèmes de  dépendance. Les cours de médecine recommandent de ne pas dépasser un traitement de 12 semaines.
        On ne doit jamais arrêter brutalement un traitement d'anxiolytiques, car il peut y avoir des réactions de sevrage très dommageables, variables suivant les individus et la dépendance acquise.

    Médicaments psychotropes (suite)    Le mécanisme d'action est le suivant : les benzodiazépines augmentent la fixation d'un neuro mediateur, le GABA, dans les récepteurs des synapses. Ce neuromédiateur favorise le passage dans les neurones d'ions chlore (Cl-) qui chargés négativement inhibent les décharges d'influx nerveux.
        Les benzodiazépines entrainent donc un ralentissement des échanges entre neurones et donc de l'activité cérébrale.
        Certaines ont une action supérieures aux autres au niveau des muscles et provoquent donc une décontraction musculaire (tétrazepam par exemple) et sont utilisé dans le cas de tendinites ou de blocages musculaires.
        Quelques anxiolytiques ne sont pas des benzodiazépines (Atarax; Equanil). Ces produits ne sont utilisés que pour des traitements spéciaux.


        Les neuroleptiques :

        Les neuroleptiques ou antipsychotiques sont des psychotropes qui se caractérisent par leur activité thérapeutique dans les psychoses aiguës et chroniques et entraînent :          
        - une diminution de l'agressivité et de l'agitation.
        - une réduction des hallucinations et idées délirantes.
        - une action sur les déficits de communication, de rendement intellectuel  ou les manques de motivation, d'envies, de pulsions.

        Ces produits agissent sur un neurotransmetteur la dopamine, très important au niveau cérébral et qui intervient notamment dans tout un réseau de neurone qui établit des communications entre le cortex, le cerveau émotionnel et le cerveau central les systèmes nerveux végétatifs, et les commandes des mouvements.
        Ils se fixent provisoirement sur les récepteurs de dopamine, empêchant partiellement celle ci d'agir.
        Toutefois les neuroleptiques ont beaucoup d'effets secondaires variables selon les individus, et ne doivent être utilisés que sur avis médical dans des cas sérieux.

     

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