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         « Connais toi, toi même »   était inscrit sur le fronton du temple de Delphes et Socrate en avait fait sa devise et disait à ses étudiants : « connais toi toi même et tu connaitras l’univers et les dieux » (C’est ce qu’on dit, est ce vrai ?).
        On pourrait aussi rappeler la phrase bien connue de Descartes « Je pense, donc je suis », qui renvoie à l’être qui existe, au moi, à sa pensée indépendante.
        Mais en fait on peut donner deux sens un peu différents à cette phrase :
            - connais ta personnalité, ton « moi », tes comportements. C’est de la psycho.
            - s’interroger sur soi, sur ce que l’on veut vraiment : ses désirs, son avenir, mais aussi la vérité, la morale (le surmoi de Freud), le bien et le mal, la conduite à tenir : c’est de la philosophie.

        Connaître sa personnalité :

        Vous pouvez lire les articles que j’ai faits sous la rubrique « préférences cérébrales », qui partent de théories psychologiques connues : types psychologiques de Jung, MBTI de mesdames Myers et Briggs, perception immédiate de Plutchik, et le Big five, très utilisé aux USA.
        On peut assez facilement, sans être spécialiste, connaître ses préférences cérébrales et avoir une idée assez précise de sa personnalité. Cela permet de mieux comprendre certaines de ses réactions, mais aussi ses forces et ses faiblesses, et essayer de s’améliorer.
        Mais cela permet aussi d’avoir une idée de la personnalité des personnes que l’on connaît et donc de mieux communiquer et comprendre leurs comportements.
       
        De façon plus générale, connaître les préférences cérébrales d’un groupe, permet de lui expliquer de façon plus pertinente, de mieux négocier, de connaître les forces et faiblesses d’une équipe et de mieux la composer, de mieux orienter les activités notamment professionnelles et les choix de métiers, de comprendre et de régler les conflits entre personnes, ou ceux d’un couple ou entre parents et enfants.

        S’interroger sur soi et son devenir :

        Se connaître soi-même est une démarche positive et critique qui implique une réflexion sur ce qui donne du sens à notre vie.  
        Nous avons tous une personnalité, des connaissances, des sentiments, des désirs, des qualités et des défauts, mais aussi des opinions et des préjugés. Chacun a ses potentiels, mais aussi ses limites.

        C’est donc essentiel pour soi même de connaître ces données, mais ce n’est pas aussi simple, car on ne peut « sortir de soi « , se voir de l’extérieur. On n’est conscient de soi que par sa propre pensée et son langage; on est donc juge et partie,  et la connaissance que nous pouvons avoir de nous par l'introspection passe à travers le filtre de l'opinion que nous nous faisons de nous même.
        Alors nous pouvons faire appel au jugement d’autrui. C’est un aspect indispensable, mais pas toujours facile, car nous admettons mal d’être jugé. Et la vision de l'autre, si elle a le mérite d'être différente de la nôtre, n'est pas non plus objective : son jugement peut être déformé par l'amitié ou l'antipathie qu'il éprouve pour nous. Surtout sa critique est incomplète, puisqu'elle ne peut s'appliquer que sur les traits de notre caractère que nous laissons transparaître, consciemment ou non, notre « persona » selon Jung.

        Et heureusement nous évoluons; la connaissance de soi ne peut donc être à la fois totale et définitive : notre manière d'être, notre rapport aux choses, nos convictions, peuvent varier en permanence dans notre vie à, et notre expérience personnelle joue un grand rôle sur ce que nous sommes, en influençant l'évolution de nos pensées conscientes et inconscientes.

        On peut tirer les enseignements du passé, mais celui ci est irrémédiable et ne se reproduira pas. Le présent est plutôt réservé à l’action, et l’avenir suscite crainte, désirs et espoirs. Certains sont rationnels, d’autres conscients et émotionnel, mais beaucoup sont inconscients et n’en ont pas moins une grande influence sur nos pensées.

        Une partie de moi même est en relation avec les autres et une partie de la connaissance de moi est aussi la connaissance des autres et des relations que j’entretiens avec eux.. La difficulté est plus grande encore.

        Même si toute connaissance définitive de soi est à jamais hors de portée de nos investigations, il est nécessaire de parvenir à une approche aussi complète que possible. Cette connaissance permettrait de faire en nous-mêmes la distinction entre ce qui procède de l'habitude, de l'éducation, des réflexes, du conditionnement social et ce qui procède de notre volonté et de nos pensées conscientes et indépendantes.
        Je crois que c’est encore plus important aujourd’hui, où les jeunes n’ont plus pour modèle les parents et les adultes, mais leurs camarades, et ont trop souvent adopté comme opinions et pensées personnelles, celles du groupe ou de la société, et finissent par avoir un comportement essentiellement moutonnier, tant dans leurs idées, que dans leurs jugements, leurs désirs, leurs décisions et leurs actions

        Un point qui me paraît également important, à la lumière de tous les problèmes que nous rencontrons, c’est que, pour vivre tant soit peu heureux, il faut d’abord s’accepter soi même. Il faut donc commencer par se connaître, mais ensuite il ne faut pas se lamenter de ne pas être un autre. Il faut essayer de s’améliorer, mais en étant conscient que c’est difficile et que l’évolution a des limites : ce ne sera jamais une révolution. La confiance en soi passe par cette acceptation et donc cette connaissance de soi.
        Mais la connaissance des autres et l’acceptation de ce qu’ils sont est tout aussi fondamentales dans nos relations avec autrui. J’ai vu beaucoup de couples se séparer car chacun ne voulait pas accepter l’autre tel qu’il était, mais aurait voulu le transformer en ce qu’il aurait souhaité qu’il soit. C’est déjà difficile de se transformer soi même, cela est presque impossible de transformer autrui, et en général cela ne peut se faire qu’en le persuadant de l’intérêt de cette évolution, et en lui donnant soi-même l’exemple.

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  •   Hier nous avons vu des généralités sur notre conscience de nous mêmes, aujourd’hui je vais essayer de comprendre un peu ce qui se passe dans le cerveau.

        Voyons d’abord comment existe ce « proto--soi » qui est la connaissance inconsciente de l’état de notre corps.

        Deux aspects différents de cette conscience.:

        D’abord tout ce qui est indispensable à la vie : respiration, régulation sanguine, régulation hormonale et des constantes physiologiques, ce que l’on appelle l’homéostasie.
        Des organes comme le cœur ont, sur place, des neurones qui peuvent exciter le muscle cardiaque pour qu’il se contracte, mais son rythme est déterminé par des neurones du bulbe rachidien et du tronc cérébral qui « battent la mesure », se comportant comme des autooscillateurs électriques.
       De même un certain automatisme existe pour la respiration, les neurones du bulbe surveillant la teneur en oxygène et en gaz carbonique du sang et donnant des ordres aux neurones qui commandent les mouvements respiratoires.
        Les indications de « fonctionnement » remontent ensuite au cerveau central, principalement l’hypothalamus, qui gère toutes les informations relatives à nos viscères, à la respiration, aux concentrations du sang et aux diverses hormones. Il détecte les signaux d’erreur qui indiquent des anomalies et qui remontent par le système autonome ortho et para sympathique. Il peut alors renvoyer des ordres par ces systèmes pour rétablir un fonctionnement normal et/ou faire sécréter hormones ou préhormones par l’hypophyse qui est directement sous son contrôle.
        Ce rôle est totalement inconscient, mais certaines de ces indications peuvent remonter à notre conscience. 
    C’est le cas notamment de la faim et de la soif, ou des besoins d’excrétion viscéraux.
    Nous pouvons même avoir en partie conscience des anomalies respiratoires ou cardiaques si elles sont trop importantes. 
        Les informations sont alors communiquées au cortex préfrontal, siège de notre comportement conscient et intelligent et de nos pensées. Mais il semble que des intermédiaires effectuent un filtre ou une analyse. Le cortex insulaire ou insula, centresous le cortex primaire superficiel.,  est particulièrement impliqué dans cette fonction.

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        Un deuxième cas est celui des informations tactiles venant de la peau et de l’état de nos membres et de nos muscles. Là les signaux sont transmis au cortex pariétal, sur le dessus de la tête. D’une part tous les signaux du toucher dans la partie médiane avant et d’autre part les signaux sur l’état de contraction et de sollicitation des muscles dans la partie médiane arrière. Le régulation de ces sensations s’appelle la somesthésie.
        Pour tout ce qui est automatisme, c’est le cervelet qui analyse ces informations et donne des ordres à la partie avant du cortex pariétal qui commande nos mouvements.
        Pour les mouvements volontaires, une partie de ces informations est transmise au cortex préfrontal, (par exemple le « poids », ressenti d’un objet qu’on tient), en même temps que des informations visuelles (éventuellement auditives), lequel va alors coordonner ces informations pour commander nos mouvements et nos actions.
        Par contre les informations de douleur et de sensations de pression et choc brutaus, ou thermiques sont transmis à l’hypothalamus, car ils sont cruciaux pour notre survie. Certains provoquent même des réflexes au niveau de la moelle épinière pour soustraire nos membres au danger (par exemple en cas de risque de brûlure).

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        Deuxième stade de notre conscience du moi, nos sensations.
        Les influx nerveux partent de nos organes sensoriels et ils sont transmis via le thalamus à des centres d’interprétation de ces sensations, notamment les signaux visuels dans d’énormes centres dans le cerveau occipital à l’arrière de la tête, et les signaux auditifs au centre du cerveau émotionnel.
        Une transmission rapide se fait toutefois vers les centres amygdaliens qui veillent sur notre sécurité et déclenchent éventuellement des réactions de survie.
        Le thalamus reconstitue ensuite une synthèse des signaux ayant trait à un même phénomène, en liaison notamment avec l’hippocampe (le professeur de la mémoire) et les centres amygdaliens. La plupart des sensations reçues et interprétées restent inconscientes. (voir mes articles du 3/1/2014 et du 23/12/2010).
        Mais, si une information est jugée importante, alors le cortex préfrontal est alerté.
De même si c’est lui qui juge avoir besoin d’information, les centres de commande de la vue guident les mouvements de la tête et des yeux et les informations interprétées sont transmises en retour au cortex frontal.
        Nous avons donc là une conscience de notre environnement et de notre position et de notre situation dans ce contexte, qui nous permet ensuite de décider et d’agir.
        Ces sensations ne sont reçues et transmises au cortex préfrontal que si nous sommes éveillés, et de ce fait notre conscience est liée à l’éveil. La conscience du moi, à ce stade est liée à la conscience d’être réveillé
    .


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        Troisième stade, le « moi autobiographique » : notre vécu, nos souvenirs, ceux de nos émotions et sentiments, notre savoir, notre expérience, nos réflexions et idées.
        Cette partie de nous est très tributaire du langage et c’est ce qui nous différencie des animaux.
        Presque tout le cerveau est concerné, mais certains centres le sont plus que d’autres.
        D’abord, bien évidemment le cortex préfrontal qui gère nos réflexions, nos décisions, nos actes, et nos pensées. C’est le chef d’orchestre du cerveau.
        Puis tout ce qui va permettre le langage, la compréhension et l’utilisation des mots, car même si on ne parle pas à haute voix, ils servent inconsciemment à élaborer notre pensée: centre de Broca, de Wernicke, de Geschwind (voir mon article du 25/09/2016)
        Bien entendu tout ce qui contribue à la mémoire : les organes des sens et de leur interprétation qui amènent les informations, l’hippocampe qui dirige les mémorisations, puis tous les centres du cerveau où les informations sont mémorisées sous formes de jonctions renforcées entre neurones. L'hippocampe joure un rôle d'aiguillage pour mettre en liaison les neurones intervenant dans un souvenir.
        Mais pour ce qui est émotions et sentiments, le cerveau émotionnel va entrer en jeu, notamment les centres amigdaliens et le cortex cingulaire mais aussi tout le circuit d’apprentissage et de récompense qui régule nos plaisirs. Maîtriser ses émotions nécessite une certaine connaissance du soi et de son fonctionnement.

        Enfin la conscience et la compréhension du soi passe par celle des autres et réciproquement.  La neurobiologie connaît très mal ce domaine, et les théories qu’elle met en avant ne sont pas certaines, comme celle des neurones miroirs. Ces neurones sont en communication avec les neurones moteurs mais aussi avec l’aire de Broca. Ils s’activent quand quelqu’un fait par exemple un geste, pour « imiter » mentalement ce geste. On pense qu’il existe des neurones miroirs dans le cerveau émotionnel et dans le cortex préfrontal qui nous aident à comprendre la pensée et donc le « soi » des autres, mais on ne l’a jamais démontré. (voir mon article du 25/08/2017).
        Il existe aussi des neurones dans la partie commande motrice, qui s’activent rien qu’à la vue d’un objet qu’on pourrait saisir, sans savoir si on le fera; ils anticipent nous souhaits;


        On est bien loin de savoir jusqu’où va le « soi » dans le cerveau

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        Héraclite disait 500 ans avant JC : « connais toi toi même ». Descartes séparait bien le corps et l’esprit et son discours figure en haut de mon blog. Vous avez dû apprendre en philo que Kant estimait que chaque homme construit son propre univers, et qu’Hegel considérait que la « conscience de soi » est une des caractéristiques de la conscience supérieure de l’homme par rapport aux animaux; et puis il y a l’inconscient de Freud, le ça, le moi et le surmoi. Les psys parlent même du « protosoi » (je trouve ce terme horrible !). Cela devient compliqué !!! 
        Pourtant la conscience de soi est chose essentielle, mais qui reste mystérieuse.

        C’est justement cette conscience de soi qui fait que nous ne sommes pas des automates biologiques sans conscience de leur existence et de leurs relations avec I’environement et les autres êtres vivants.
        Nous avons tous conscience de nos limites corporelles, mais aussi spirituelles, qu’il existe une frontière bien définie entre I'intérieur et l’extérieur.
        Nos pensées et nos sentiments, nos motivations et nos souvenirs sont notre bien, nous appartenant en propre et tout en étant capables de nous mettre mentalement à la place d'autrui et de comprendre ses émotions, ses désirs et ses sentiments, nous ne les confondons pas avec les nôtres.
        La séparation entre le moi et le reste du monde apparaît donc comme la première caractéristique importante du soi.

        Une autre caractéristique du soi est qu’il est relativement stable. Certes il évolue avec l’éducation et aussi avec l’âge, notre vécu, notre expérience et nos souvenirs devenant plus importants. Mais nous restons nous mêmes, nous ne changeons pas de personnalité, et sauf quelques rares personnes présentant cette anomalie, nous n’avons pas de personnalité multiple, comme monsieur Hyde et le docteur Jekyll.
        Notre corps peut subir des évolutions profondes, notre cerveau garde une image du soi relativement la même.

        Mais ce « soi » se construit lentement : à partir d'environ trois à cinq mois, les bébés savent contrôler leurs mouvements de façon à peu près fiable ; à l'âge de un an et demi environ, ils se reconnaissent dans un miroir. À partir de deux ans, ils savent ce que veulent dire « je » et « à moi » ; dès trois ans, ils donnent un nom aux sentiments qu’ils éprouvent. À la maternelle et à l'école primaire, les comparaisons aux autres permettent à l’enfant de se comparer aux autres, de voir ce qui le différencie, d’avoir une notion de ses capacités et donc de constituer petit à petit son estime de soi. Les adolescents et jeunes adultes acquièrent leur identité personnelle bien définie et mature à travers des rôles sociaux de plus en plus différenciés et au fur et à mesure qu’ils prennent leur liberté et leurs responsabilités hors du nid familial protecteur.

        Les psychologues distinguent le « je » et le soi ».
        Le « je » est l’homme qui agit, qui sait qui il est. Le « moi » (ou « soi »), c’est le contenu de ce qu’il sait : les pensées, les souvenirs, les désirs, les émotions les sentiments. Autre distinction : les émotions sont des états mettant en jeu à la fois corps et cerveau et se traduisant par des effets corporels (rougir, cœur qui s’accélère, sudation, la « peur au ventre », pleurer….). Les sentiments sont la traduction, l’évaluation par l’esprit de ces modifications corporelles et de leurs causes et conséquences.

        J’ai déjà fait des articles sur le « moi » (article du 12/11/2021) et sur les conceptions de Freud (ça, moi, surmoi : voir mes article du 8/05/2018 et des 17 et 18/09/2019).
        Je voudrais rajouter cependant quelques notions
        Certains neurobiologistes rajoutent une conscience du soi corporel, qui est en fait presque totalement inconsciente et qui, à tout instant renseigne notre cerveau pour qu’il nous maintienne en vie. C’est le « protosoi », la représentation de tous les états de notre corps, selon le neurologue Damasio. Certains signaux sont conscients, notamment quand il y a dérégulation de notre système de vie ou un besoin (la faim, la soif….)
        La « conscience », ce sont les réactions de nos sens avec l’environnement : nos sensations et la conscience de nos sensations, pour lesquelles le cerveau doit être éveillé (avec quelques cas particuliers comme le somnambulisme).
        Enfin le « soi autobiographique », qui résulte de notre vécu, nos souvenirs, ceux de nos émotions et sentiments, notre savoir, notre expérience, nos réflexions et idées.
    Cette partie de nous est très tributaire du langage et c’est ce qui nous différencie des animaux.
        Finalement nous avons d’abord une conscience de notre état corporels et de ses réactions avec l’environnement grâce à nos cinq sens. Et être conscient de soi, c'est pour notre système cognitif être capable de représenter, au second degré, certaines de nos propres représentations, de les expliquer, de les mémoriser, de nous les rappeler et de nous permettre d’anticiper. Mais c’est aussi être capables d’essayer de comprendre de la même façon ce qui se passe en autrui, alors que nous n’avons pas accès à ses représentations corporelles internes.

        Demain j’essaierai de vous montrer quelles parties du cerveau sont impliquées dans cette connaissance et cette action des divers « soi ».

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           J’ai réfuté hier trois idées reçues sur les introvertis, qui sont trop souvent évoquées par les médias : j’en traiterai aujourd’hui quatre autres.

    4) - Les introvertis ne sont pas charismatiques, sont de mauvais orateurs et de mauvais leaders : pas plus que les extravertis.


        Les extravertis parlent facilement et beaucoup. On leur prête donc des dons d’orateurs et certains le sont vraiment. Mais beaucoup d’entre eux parlent d’abord et réfléchissent ensuite, et leurs discours en souffrent.
        Les introvertis n’aiment pas parler spontanément, sauf quand ils expriment des émotions et sentiments, et en général il leur faut un temps de réflexion avant de parler, d’où la réputation de mauvais orateurs. En général ils improvisent moins bien que les extravertis, mais leurs propos sont plus pertinents parce que plus réfléchis.
        Et un introverti entraîné peut savoir très bien improviser, mais il n’aimera pas cela et préférera préparer son discours.
        Les extravertis ont des contacts faciles et donc ils paraissent au départ, plus conviviaux et plus charismatiques. Mais les études des psychologues montrent que les introvertis sont en général de meilleurs leaders, car ils sont plus aptes au travail d’équipe que les extravertis et réfléchissent plus à l’organisation et au travaux à effectuer.
        Notamments’ils ont également la préférence « jugement J» (au lieu de « perception P », ils ont alors une tendance naturelle à la préparation et à la planification avant d’agir .
        Certes ils leur faut un peu plus de temps pour devenir un leader charismatique, mais une fois qu’ils ont reconnu les qualité de leur chef, les collaborateurs d’un introverti seront tout aussi prêts à le suivre que s’il était extraverti, voire même avec plus de confiance, car ils savent qu’il a réfléchi avant d’agir.
        Certes certains métiers sont plus faciles pour un extraverti, par exemple démarcheur ou représentant commercial, car le contact improvisé peut être important. Cela entraîne seulement qu’un introverti aura un peu plus de difficultés et de temps pour le pratiquer, mais par contre, une fois qu’il aura pris cette habitude, ses arguments de vente risquent d’être plus réfléchis et donc, plus convaincants..

    5) - Les introvertis ne sont pas utiles dans les réunions de travail. Cela dépend à quoi.

        Beaucoup d’entreprises ont la « réunionnite » et beaucoup de réunions sont inutiles et on passe beaucoup de temps à ne rien dire d’utile. Les introvertis ont horreurs de cela et essaient de ne pas y perdre de temps (parfois d’y faire autre chose, ce qui est désagréable pour les autres participants, voire de ne pas y assister).
        Effectivement lorsqu’on demande une réponse à une question, sans faire un tour de table ou une désignation des interlocuteurs, les extravertis répondent plus vite et avant la plupart des introvertis, qui ont donc l’air de ne pas participer. Par contre ils réfléchissent pendant ce temps et s’ils prennent la parole, c’est alors pour dire des considérations auxquelles tous les autres n’ont pas pensé.

    6) - Les introvertis, trop intellectuels ne sont pas créatifs. Aucun rapport entre ces deux aspects.

        Les introvertis ne sont pas plus intellectuels que les extravertis, ils passent seulement plus de temps à réfléchir. Dans des réunions de « déballage » (brainstorming), ils paraissent moins actifs, car ils ne parlent pas à priori (voir § 5).
        Les extravertis peuvent réfléchir et être très créatifs à la fois, et les introvertis également. La créativité vient davantage de la préférence G (global), et des connaissances acquises que de l’aspect intro ou extraversion.
        Par contre, les meilleurs chefs de bureau d’études ou projeteurs que j’ai eus sous mes ordres, étaient des introvertis, non parce qu’ils étaient plus créatifs, mais parce qu’ils étaient plus concentrés sur leur travail et plus réfléchis.

    7) - Il est très difficile de savoir si quelqu’un est introverti ou extraverti : question d'habitude.

        Ce n’est pas exact : on sait très vite si un enfant est introverti ou extraverti.
        Chez un adulte c’est plus difficile car il a appris à utiliser les deux modes de comportements : un extraverti peut utiliser son mode introverti lorsqu’il a un problème exigeant une réflexion importante, et un introverti se comporte en extraverti au sein d’un groupe qu’il connaît bien et au sein duquel il se sent à l’aise.
        En général on voit nettement la différence pour quelqu’un de très introverti ou très extraverti, mais pour une personne adulte de préférence cérébrale E/I moyenne et habituée à utiliser les deux attitudes, il faut alors observer son comportement dans un groupe qu’elle ne connaît pas bien, lors de cérémonies par exemple, ou de réunions à caractère général.
        Se reporter à mes articles sur extraversion et introversion dans ce blog .

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         Evidemment, si je dis cela c'est que je suis introverti ! 

         Comme vous l'avez sans doute lu, cette distinction de personnalité a été faite au début du 20ème siècle, par le psychiatre Carl-Gustave Jung.
         L’extraverti tire son énergie de la fréquentation des autres humains, alors que l’introverti la trouve dans son for intérieur et ses propres idées.

         A l’époque c’était une réaction avec les théories de son compatriote Freud, qui pensait que l’énergie des humains provenait de leur libido, et donc des désirs sexuels.
        En Europe il y a à peu près autant d’introvertis que d’extravertis, et peu de différences entre les deux sexes, alors qu’aux Etats Unis il y a, 60 à 70% d’extravertis selon les endroits. Les introvertis ont donc eu pendant longtemps mauvaise réputation aux  USA. On leur prêtait de nombreux défauts, ce qui les complexait souvent. Evidemment Facebook et Twitter sont surtout utilisés par les extravertis, et les introvertis y bavardent peu.
        Or actuellement ces idées changent peu à peu. Mais trop souvent on décrie les introvertis et deux femmes américaines ont pris leur défense, depuis une quinzaine d'années

        Les conférences TED (Technology, Entertainment and Design), sont une série internationale de conférences organisées par la fondation à but non lucratif Sapling foundation. Cette fondation a été créée pour diffuser des « idées qui valent la peine d'être diffusées ». Elle diffuse des comptes rendus de ces conférences.
        L’avocate américaine Susan Cain (photo de gauche) a fait des conférences, visionnées par plus de 6 millions de personnes, et a ensuite écrit un livre bestseller qui a été traduit en français il y a une dizaine d'années. (La Force des discrets, Éd. JC Lattès). Il vante les avantages d’être introverti.
        Ce titre est d’ailleurs mal choisi, car le véritable titre du livre est : « Silence, ou le pouvoir des introvertis dans un monde qui ne peut arrêter de parler » (Quiet : the power of Introverts in a world that can't stop talking).

        Sophia Dembling, (photo de droite), journaliste et bloggeuse américaine, a écrit un livre également très prisé dans le milieu de la psychologie, intitulé « La vie des introvertis: vivre discrètement dans un monde bruyant », (The Introvert' s way: living a quiet life in a noisy world), et qui a été traduit également sous un autre titre : « La revanche des discrets; au royaume des bavards, les discrets sont rois »
        Alors je voudrais, en deux articles, réfuter les critiques et idées fausses qui sont souvent mises en avant par les médias, sur les pauvres introvertis que nous sommes..
       
    1) - Les introvertis n’aiment pas la compagnie des autres et les relations humaines : c’est faux !

        Il est exact que les introvertis sont plus à l’aise dans le monde des idées que dans la compagnie des autres. Ils ne recherchent pas en général à se trouver dans la foule ou dans une réception où ils ne connaissent personne.
        L’idée selon laquelle ils seraient antisociaux ou n’apprécieraient pas la présence des autres est complètement fausse. En réalité, ils ont simplement besoin d’un type différent d’interaction sociale.
        Un introverti aime la compagnie des gens qu’il connaît et se trouve bien au milieu d’eux : ce n’est pas forcément un solitaire, mais il ne collectionnera pas les amis sur facebook. Mais il ne faut pas confondre introversion et misanthropie
        Un introverti, s’il est seul à un moment donné, ne sera pas catastrophé comme un extraverti, mais saura se trouver des occupations intéressantes : il s’ennuie rarement.
        Par contre cela lui sera moins facile de s’amuser au sein d’un groupe, sauf s’il en connaît bien les membres. Les introvertis préfèrent souvent l’interaction face à face. Dans un groupe mal connu, ils préfèrent généralement se tenir en marge et observer. Les extravertis interprètent ce comportement comme celui d’une personne qui n’a pas envie de s’amuser, mais pour un introverti, l’observation est amusante.
        Un introverti peut savoir parfaitement s’occuper d’autrui. Je pense même qu’il aime mieux les autres qu’un extraverti, car il prend le temps de connaître les gens qui l’entourent ou dont il s’occupe.
        En fait Jung a parfaitement décrit la différence entre les deux catégories de personnalités : les interactions sociales prennent aux introvertis leur énergie, tandis que la solitude et le silence rechargent leurs batteries. À l’inverse, les extravertis tirent leur énergie des interactions sociales et la solitude et la réflexion les fatiguent.

    2) - Les introvertis sont timides et toutes les personnes timides sont introverties : c’est également faux !

        La timidité et l’introversion sont, à tort, tellement associées qu’on utilise souvent les deux termes l’un pour l’autre. Pourtant, ce sont des traits de personnalité très différents.
        L’introversion est rattachée au fait qu’une personne fait le plein d’énergie à travers des moments de solitude et de réflexion, tandis qu’une personne timide se définit plutôt comme quelqu’un pour qui les interactions sociales provoquent inconfort et anxiété.
        Bien des introvertis ne sont pas timides; ils sont parfaitement confiants et détendus dans des situations sociales, mais ont également besoin de moments de solitude pour trouver l’équilibre. Mais c’est vrai aussi qu’un certain nombre de personnes,sont à la fois introverties et timides, notamment des jeunes qui n’ont pas encore l’expérience de la vie et n’ont pas acquis assez de confiance en eux. Ils ont alors peur du jugement d’autrui, ce qui explique leur inconfort dans les relations avec les autres.
        En fait, la timidité est un comportement; c’est avoir peur des situations sociales, tandis que l’introversion est une motivation, une mesure du besoin et du désir d’interagir avec les autres, qui varie dans le temps.
        J’ai fait d’ailleurs des articles sur introversion et timidité. (24/07/2017, 23, 30 et 31/01/2020, auxquels vous pouvez vous référer.

    3) - Les introvertis sont tous pessimistes : tout à fait faux également !

        En fait pessimisme/optimisme et introversion/extraversion, sont des préférences cérébrales indépendantes. Les lier résulte d’une simple apparence.
        On pense trop souvent, à tort, que les introvertis ont une personnalité négative et pessi-miste parce qu’ils aiment être seuls, et du fait que les extravertis, qui tirent leur énergie de leurs interactions sociales, se sentent tristes lorsqu’ils sont privés de ces interactions, ce qui n’est pas le cas des introvertis.
        Pour la majorité des introvertis, passer du temps seul ne rime pas avec solitude et ennui, ils passent simplement plus de temps à réfléchir et analyser, ce qui ne mène nullement à des pensées négatives, tant que ce n’est pas poussé à l’extrême, et que l’on ne tombe dans l'excès bien entendu.
        Je connais beaucoup d’introvertis qui sont très optimistes, à commencer par moi-même, et des extravertis qui sont très pessimistes. J’ai connu des gens en dépression, qu’ils soient introvertis ou extravertis. Par contre les pessimistes sont plus enclins à la dépression que les optimistes et l’optimisme est un atout pour être heureux.

        Je continuerai demain l’examen des idées reçues sur les introvertis, qui souvent ont une grande part d’erroné.

     

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