• Maîtriser les événements ou s'y adapter

         Je vous avais déjà donné le 27 mai 2018 un aperçu de ce que pouvait être en pratique la différence entre les préférences J et P, des personnes qui privilégient la prise de décision et l’emprise sur les événements ou celles qui recherchent surtout l’information et s’adaptent ensuite aux circonstances.
    En voici une autre  petite caricature de ces préférences. Vous repèrerez ainsi mieux quelles sont vos propres préférences.


        Tristan est “J” et Iseut est “P”.
       
        Ils sont frère et soeur et sont tous deux à la Fac en deuxième année de licence.
        Pas moyen qu’ils partent ensemble. Tristan est levé tôt et bien qu’il ne soit qu’à dix minutes de la fac, il part 20 ou 30 minutes avant l’heure des cours.
        Du coup il traîne un peu à ne rien faire dans la cour ou dans les couloirs, et discute avec quelques copains, encore rares à cette heure.
        Iseut n’est jamais pressée : un bon quart d’heure sous la douche (restera t’il encore de l’eau chaude pour les autres ?), autant pour se mettre un peu de rose aux joues et sur les lèvres et se donner un coup de brosse dans les cheveux, le petit déjeuner au pas de course (oui mais faut quand même prendre le temps de manger), il est très vite 8h50 et elle ne part qu’à 9h01 alors que le cours est à 9h. Pas grave, en général le prof est encore plus en retard et ne commence qu’au quart !

        Ce n’est pas toujours ainsi. Bernard et Iseut devaient aller en vacances chez leurs grands parents et ils s’étaient donnés rendez vous à la gare.
        Tristan était très en avance et a fait le pied de grue sur le quai, mais Iseut ne s’est pas pressée et le train est parti à l’heure, mais sans elle. Qu’importe, elle a pris le suivant !
        Au fond ils auraient dû partir en avion, car tout le monde connaît la devise d’Air France : “Vous ne raterez jamais votre avion, nous sommes toujours plus en retard que vous !”.

        Les vacances c’est horrible s’ils veulent partir ensemble. Deux mois avant Tristan sait où il aimerait aller et il faut réserver les billets ou les chambres dans un gîte.
        Mais pas moyen de décider Iseut, elle ne sait pas, elle n’a pas encore vu tous les prospectus, et il faut qu’elle se renseigne auprès des copines.
        Le délai approche et quand elle s’est décidée, il n’y a plus de place dans le gîte où ils voulaient aller et les billets de train sont plus chers.
        Tristan est furieux. La prochaine fois, il n’attendra pas Iseut.

        Tristan et Iseut font leurs courses au supermarché.
        Tristan a fait sa liste à l’avance. Il sait ce qu’il veut et où sont les rayons correspondants. Il a donc en tête l’itinéraire dans le magasin. Il se contente de comparer les prix de quelques produits, les dates de péremption, l’aspect des fruits et légumes ou des poissons.
        Au bout de 30 minutes il est à la caisse.
        Iseut ne sait pas trop ce qu’elle veut mais a quelques envies à priori, mais elle va faire un tour pour voir et se donner des idées. Elle fait deux tours de magasin, et regarde un peu tous les produits. Déjà une demi-heure de passée, alors elle revient à certains endroits où elle désirerait acheter.
        Elle veut choisir une barquette de raisin. Alors elle en prend une, la regarde sur toutes ses faces, puis regarde le poids. Peut être y a t’il un peu moins; elle cherche, mais celle là est moins belle. Après avoir retourné sur toutes leurs faces les trois-quart des barquettes, finalement elle reprend, dix minutes plus tard, la première qu’elle avait initialement choisie.
       Cela se répète souvent et  une heure trois-quart après son arrivée au magasin, elle est enfin devant les caisses, mais c’est bien parce qu’elle est pressée, sinon elle retournerait pour voir si’il n’y a pas une caissette de clémentines plus belle que celle qu’elle a choisie et dont certaines ne sont pas très mures !
        Et puis il y a ces quetsches qui lui faisaient envie pour faire une tarte : ces belles prunes noires qui sont rouges quand elles sont vertes !

        En vacances Tristan et Iseut ont été au cinéma au casino et après la séance, ils traversent la salle de jeu, histoire de voir ce que c’est, puisqu’ils sont majeurs.
        Tristan s’intéresse au mécanisme des jeux; comment peut on gagner. mais il se garde bien de jouer. On ne peut maîtriser les événements même avec de savants calculs, alors à quoi bon. Surtout que le casino a davantage de chances de gagner : faut bien que cela lui rapporte, il n’est pas philanthrope.!
        Iseut par contre a une envie irrésistible de tenter sa chance; il faut bien parfois prendre des risques. Comme elle n’est pas très riche elle va essayer quelques euros au machines à sous. Formidable elle gagne un peu au premier coup, alors on continue. Mais au bout de 10 minute, déception, elle a perdu 10 euros. Bof ce n’est pas la mort, c’est juste “pas de chance”.
        Elle a juste oublié que les machines à sous doivent rapporter de l’argent au casino !

        Vous voyez peut être mieux maintenant ce qu’est essayer de maîtriser les événements et situations (J) ou de s’y adapter (P).

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  • Etre timide a aussi des avantages !

         Chaque jour, il nous arrive d'avoir peur de la réaction d'autrui, de nous demander si nous avons fait bonne impression.
        Cela heureusement s’atténue avec l’âge au fur et à mesure que nous prenons confiance en nous.
         Souvent mes correspondantes introverties et timides se plaignent que les extravertis ont bien de la chance et qu’ils leur volent une part de leur vie.
          Je ne suis pas tellement d’accord avec cette vue optimiste de l’extraverti.


        Supposons un introverti timide, est il sous la domination d’un extraverti intrépide.?
        Nous avons vu que les introvertis ne prennent pas facilement la parole, qu’ils hésitent avant de faire connaissance, mais aussi avant de prendre un risque et qu’ils réfléchissent avant d’agir.
         En ce sens, ils s'exposent moins aux dangers, que les extravertis, ceux qui profiteraient de la situation, qui sont plus enclins à prendre des risques, mais réfléchissent moins avant l’action, et courent plus de dangers d'être confrontés à des difficultés.
        Prenons un exemple : le timide qui ne parle guère ne prend pas le risque de se discréditer en public, alors que l'extraverti qui prend sans cesse la parole pour se faire valoir, prend aussi le risque de choquer ou de se fourvoyer, ce qui peut lui óter tout crédit.

        La timidité est vraisemblablement une composante naturelle de la personnalité humaine. Depuis des centaines de milliers d'années, l’homme vit en communauté d'individus qui ne sauraient être tous des dominateurs.
        Il faut une certaine proportion de personnes réservées, pas trop bruyantes, réfléchies, circonspectes, prudentes, hésitant a entrer en conflit, afin que la vie en communauté ne soit pas constamment parsemée de disputes et de dissensions,.    
        Ainsi, les timides et les introvertis sont souvent considérés comme des pacificateurs, des gens qui "arrondissent les angles", Ils jouent en quelque sorte le rôle de « lubrifiants sociaux ".
        Nous avons besoin d'eux, car une société sans timides serait une société de frictions constantes...
        La timidité  ne constitue pas un avantage pour la qualité de vie de l'individu, et pourtant il semble qu'elle aide au fonctionnement de la société, et même qu'elle participe au jeu de la séduction. David Buss a constaté que les femmes qui regardent très franchement les hommes dans les yeux, attirent moins un homme qui recherche une relation de confiance durable qu’une femme qui baisse les yeux timidement.
        La société accepte plus difficilement la timidité masculine, dès le plus jeune âge. Les parents semblent mieux tolérer la timidité de leur fille que de leur fils. !
        De nombreuses études ont été réalisées auprès de parents d'enfants très timides. Ces parents ont le plus souvent un comportement de timide introverti, ayant peu de relations humaines et donnent à leurs enfants des habitudes négatives qui renforcent leur timidité naturelle, de surptotection et de froideur affective.   
        Bien entendu il y a sûrement une composante génétique notamment de la préférence cérébrale E/I.

        Le neurologue Richard Ebstein, de I'Hópital Herzog de Jérusalem estime qu’un des récepteur de la dopamine (le neurotransmetteur des circuits de récompense) existerait sous deux formes associées à l’introversion et à l’extraversion, et donc dépendrait du gène qui code ce récepteur.
        Le psychologue américain Jérome Kagan, de l'université de Harvard, a étudié le comportement de bébés et a constaté qu’environ dix pour cent des enfants manifestent de nombreux signes de timidité notoire, et la même proportion pratiquement aucun.
        Kagan a suivi ces enfants pendant plusieurs années, et a constaté qu'à six ans, les plus tirnides gardent ce trait de caractère. Devenus adolescents, ils sont plus craintifs que la moyenne. Plus tard, on constate que c'est aussi parmi ces enfants qu'on trouve le plus d'adultes manifestant des attaques de panique ou de phobie sociale.
        Il existe donc une part innée de timidité.

     

     

     

     

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  • Quand la timidité apparait elle ?


        Les questions que j'ai reçu posent d’abord le problème de l’apparition de la préférence E/I avec l’âge et de la timidité chez les enfants et également celui du comportement très différent des gens dans des circonstances diverses, notamment au téléphone, ou sur internet, par rapport aux contacts réels face à l'interlocuteur.

        On parle souvent de la “fraicheur” des réflexions des jeunes enfants qui ne sont pas encore sensibles au jugement d’autrui. C’est certes vrai, mais c’est en fait plus complexe que cela, de même que tout comportement est le résultat de nombreux facteurs et ne peut se ramener aux seules préférences cérébrales. Mais il est sûr que l'on est moins complexé si on n'a pas peur du jugement des autres.

        L’extraversion ou l’introversion apparaît très vite chez un enfant. Avant même la première année, on voit si l’enfant sait jouer seul, “s’occuper lui même” ou s’il a besoin en permanence d’une personne pour s’ocuuper de lui et le pousser à l’action.
        Lorsque, entre dix huit mois et deux ans et demi, l’enfant apprend à parler, c’est encore plus net : l’extraverti apprendra vite à parler et cherchera à parler et communiquer le plus possible avec parents, frères et soeurs, alors que l’introverti certes s’exprimera lorsqu’il a vraiment besoin de quelque chose, mais sera (au moins en apparence), en retard dans l’apprentissage de la parole et parlera peu et ne cherchera pas à tout prix une compagnie, se trouvant lui même jeux et occupations.(Il peutsavoir parler parfaitement et parler peu)
        Ce sera encore plus net lorsque vers six ou sept ans, l’enfant saura bien lire. L’extraverti aura besoin de la fratrie et des camarades pour jouer, alors que l’introverti, certes s’amusera avec eux, mais à défaut, aimera éventuellement des jeux plus solitaires et la lecture.

        J’ai dit dans les précédents articles que certes l’introversion s’accompagnait souvent de timidité, mais que celle-ci était davantage due à un manque de confiance en soi et à la peur du jugement d’autrui.
        Qu’en est il pour le jeune enfant. ?

        L’enfant peut être timide relativement jeune, mais c’est alors plutôt son introversion qui se manifeste; disons qu’il est plutôt “réservé”.

        Le manque de confiance en soi ne se manifeste que parce qu’on a échoué à plusieurs reprises soit dans un même domaine, soit de façon plus générale.
        C’est alors la peur d’échouer à nouveau.
        Les tentatives de l’enfant pouvant mener à un échec appréciable sont rares en bas âge et par ailleurs les réactions des parents et éducateurs sont importantes pour lui donner ou non cette sensation d’échec. Cela dépend aussi de l’environnement et si l’enfant est en contact avec de nombreux autres enfants.
        Avant l’âge scolaire ces échecs ne peuvent guère apparaître que dans les relations plus ou moins conflictuelles avec d’autres enfants et la timidité est alors une peur de communication et de contact par peur des désagréments infligés par les autres.
        A l’âge scolaire, des difficultés en classe peuvent intervenir, comme par exemple une difficulté pour apprendre à lire et écrire, ou simplement la difficulté de travailler. L’enfant peut alors se replier sur lui même et devenir timide. C'est plus grave si l'enfant subit un harcèlement à l'école et il peut avoir un traumatisme allant jusqu'à la phobie scolaire, ou une difficulté de communication qui s'apparente à celle d'un autiste Asperger. L'enfant pour alors s'exclure des groupes d'autres enfant et il va avoir du mal à apprendre le déchiffrement de la pensée d'autrui ("la théorie de l'esprit").

        La peur du jugement d’autrui ne peut intervenir vraiment que plus tard encore. Pendant longtemps l’enfant n’a de jugement que le sien propre. Il apprend de ses parents et de ses éducateurs des “interdictions” et des “autorisations”, mais ce sont des règles et non des jugements de valeur.
        Il acquiert ensuite la notion de ce qui est ou peut être “bon pour lui” et “néfaste pour lui", mais ce sont encore des constatations.
        Le jugement des autres n’intervient que d’une part lorsque l’enfant a acquis une notion plus abstraite, qui est celle du bien et du mal, que ce soit au plan moral, religieux, sociétal, ou même ce que j’appelerai “politiquement correct”, c’est à dire une notion de valeur attachée aux actions, celles qu’il “faut” faire” et celles qu’il ne “faut pas faire”, non pas parce qu’elles sont agréables ou néfastes, mais parce qu’une règle supérieure ou collective l’impose.
        De plus il faut qu’il y ait des “autres” et que l’enfant ait conscience du jugement de valeur des autres et que de plus un jugement défavorable l’affecte.
        Autant je pense que la peur des autres (des mauvais traitements des autres) peut intervenir à la maternelle, par contre je ne crois pas que la peur du jugement des autres ne soit vraiment importante avant 7 ou 8 ans.
        Mais là encore l’éducation fait beaucoup, car les parents ou les éducateurs peuvent selon la façon dont est présentée une réprimande, développer ou retarder et minimiser cette notion de crainte du jugement d’autrui, et donc la timidité qui pourrait en résulter.

        Je pense que c’est cette peur du jugement des autres qui est la principale raison du comportement différent de personnes introverties ou timides, au téléphone, sur internet, ou au contraire lorsqu’elles se trouvent face à une personne en chair et en os.
        C’est également vrai dans le comportement vis à vis d’un “étranger”  par rapport à celui d’une personne de sa famille, dont on craint le jugement.
        C’est aussi le cas vis à vis d’une personne dont on craint l’indiscrétion vis à vis de parents ou amis, par rapport à une personne qui, ne les connaissant pas, ne risque par de leur révéler quelque chose.
        Il m’est souvent arrivé que des jeunes avec lesquels je correspondais, me confient quelque chose qu’ils n’avaient pas voulu dire au psy parce que celui-ci était véritablement en face d’eux, et que je reçoive plus facilement leurs confidences que celles de jeunes dont je connais la famille.
        Je pense aussi qu’ils ne se confient facilement que parce qu’ils savent que je ne les juge jamais.

     

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  • Lutter contre sa timidité.


          Mon article du 23 janvier sur la timidité a intéressé beaucoup de lecteurs et j'ai reçu plusieurs mails de questions. Je vais essayer d'y répondre en deux articles.

         Aujourd'hui, comment lutter contre sa timidité ?

         Il n’y a pas lieu de lutter contre une introversion raisonnable, qui a une part d’inné et une part d’acquit, mais qui est au moins aussi avantageuse qu’une extraversion modérée.
        Par contre quelqu’un de très intro ou extraverti a intérêt à essayer de mieux utiliser son attitude non préférée.
        Mais il s’agit là du milieu dont nous tirons notre motivation, notre énergie.
        Par contre il me paraît bénéfique et nécessairee de lutter contre sa timidité si elle est excessive
        Elle résulte le plus souvent, d’une part d’un manque de confiance en soi, et d’autre part d’une grande peur du jugement et du regard des autres.
        C’est contre ces deux tendances qu’il faut lutter.

        Les psychologues qui envisagent des remèdes à ces deux attitudes parlent souvent d’une “timidité sociale” et distinguent plusieurs types de craintes ou de comportements (je les cite) :

            Timidité  de relation :
        Appréhension et maladresse dans des situations relationnelles importantes (professeurs, supérieurs hiérarchiques, sexe opposé) ou nouvelles, sans retentissement marqué sur le mode de vie et I'équilibre psychologique.
            Anxiété de performance, trac :
        Crainte d'échouer ou de mal se comporter lors d'une prestation face à un public; dans sa forme bénigne, le trac disparait en quelques minutes et n'altère pas la performance, contrairement à ce qui peut se passer dans des formes plus graves d'anxiété de performance.
            Phobie sociale, éreutophobie :
        Crainte d'agir de manière embarrassante. voire humiliante. sous le regard d'autrui, accompagnée d'angoisses dans certaines situations sociales, souvent évitées. L’éreutophobie est une forme particulière de phobie sociale : la personne est obsédée par la crainte de rougir en public, par peur d'être jugée négativement à cause de cette émotivité.
            Personnalité évitante
         Tendance permanente à éviter la plupart des situations sociales et nouvelles, souvent en raison d'une phobie sociale très importante. La personne finit par ne plus sortir de chez elle et par ne plus voir personne.

        Plus la peur est forte et plus l’attention de la personne est focalisée sur ses problèmes et plus la peur et ses conséquences grandissent. Il est difficile de faire attention à autrui et à son environnement, quand on est obnubilé par ses propres sensations et envahi par la panique.

        Lutter contre le manque de confiance en soi n’est pas facile.
        En général le manque de confiance en soi résulte d’expériences négatives qui incitent l’adolescent ou le jeune adulte à douter de ses capacités qu’il est en train d’acquérir peu à peu, et de penser qu’il ne peut être autonome et responsable.
         Le réflexe habituel du timide est de rester uniquement sur les sensations d'anxiété ou de gêne qu'il a ressenties, et non pas de mémoriser les éléments positifs de l’'expérience (même s’il a fait fait l'effort de sortir, et de communiquer avec une ou deux personnes qui avaient l'air sympathiques et contentes).
        Il faut donc demander au timide d’essayer d’analyser le coté positif des situations qu’il a rencontrées En se formant ainsi à analyser tous les aspects positifs et négatifs des situations rencontrées, il peut ainsi remettre en cause - voire modifier ses à-priori.
        Personnellement lorsque j’aide quelqu’un qui n’a pas confiance en soi, je lui demande de lister et d’analyser toutes ses qualités, les actions qu’il a réussies, les personnes qui l’apprécient, les compliments qu’il a reçus ...

        Pour lutter contre le regard des autres, les psychologues préconisent des exercices assez particuliers pour dédramatiser ces situations dans lesquelles on se sent gêné.
        Je cite comme exemple l’un d’entre eux :

        “ Des camarades doivent emmener la personne timide dans le métro et  lui chanter, devant tout le monde: « Joyeux anniversaire ! . La personne se sent alors au centre de tous les regards, mais on lui demande de ne pas baisser les yeux, et de ne pas quitter le wagon. Elle doit rester pendant dix minutes dans une situation embarrassante. Progressivement son rythme cardiaque, sa tension et sa transpiration diminuent; après ces minutes qui semblent interminables, elle se retrouve dans une situation qui, habituellement, déclenche sa panique, mais qui désormais l’affole moins. Des passagers lui tapent parfois sur l'épaule en descendant du wagon et lui lancent: « Joyeux anniversaire! . A ce moment,la personne s'aperçoit qu'il s'agit d'un « non-événement., et cette prise de conscience change sa vision de la vie en société. Alors qu'elle croyait être jugée négativement par les autres, elle s'aperçoit que le jugement d’autrui peut être bienveillant.”

        Lorsqu’un timide est laissé face à ses peurs, les évitements permettent de fuir les situations angoissantes, mais le maintiennent  dans l'idée fausse qu'il ne peut les affronter.
        Il faut donc lui apprendre à s'exposer à des niveaux croissants d'anxiété, en provoquant des situations faiblement, puis plus fortement, anxiogènes (aborder des inconnus, se faire remarquer dans un lieu public, prendre la parole dans une réunion, etc.).
        Il peut alors constater que son angoisse peut être forte « a l'intérieur» sans que cela soit perçu par les autres, ce qui n'a pas de conséquences.

        Chez le grand timide, les centres de l'émotion, et le complexe amygdalien, sont facilement activés par les situations anxiogenes, et les zones qui servent a controler cette émotion ne sont pas assez efficaces. C'est notamment le cas du cortex préfrontal, qui est relativement hypoactif.
        Les exercices précités sont en quelque sorte, un travail de « désensibilisation » qui produit probablement ses effets dans la mémoire émotionnelle dont le complexe amygdalien (qui réagit à la peur) et l'hippocampe (professeur de la mémoire), précisément les zones hyperactivées chez les sociophobes.
        De telles modifications prennent place probablement dans la mémoire à long terme et dans le cortex préfrontal, entraînant des raisonnements plus réalistes et un meilleur contróle des émotions.

     

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  •  

    Quel sorte de timide êtes vous (si vous êtes timide) ?

         L'introverti(e) fait souvent preuve de timidité.

         Par ailleurs même les ados modérément extravertis sont souvent un peu timides
         Mais beaucoup d'adultes se plaignent aussi d’une timidité excessive.

         Vous n’êtes pas les seuls, on compte entre 60% de timides et la proportion d’introverti est un peu supérieure à 50% en France. Par contre, aux USA (peut être parce que ce sont les descendants de colons et d’aventuriers), il y a 60% d’extravertis (enquêtes de P. Zimbardo de l’université de Stanford).
         Il semble toutefois qu’il y ait deux fois plus de filles timides que de garçons.
         D’après Murray Stein, de l’université de Califomie à San Diego, qui a réalisé des études sur le trac, environ une personne sur trois évite de parler devant un auditoire, de faire un exposé devant un parterre d'auditeurs, de poser des questions en classe ou devant une assemblée.

        Alors quelles sortes de timides rencontre t'on ?

        Etre introverti, est-ce être forcément timide?
        Les réactions d’un introverti peuvent passer pour de la timidité, mais elles sont dues, selon la définition de l’introverti, au désir de rester dans le monde de ses pensées et pas forcément à un manque de confiance en lui.

        Essayons avec le psychiatre Cristophe André, de l’hôpital Saint-Anne à Paris, de définir ce qu’est la timidité.
        Il en distingue cinq grandes classes de timidité, qui se manifestent en fonction des situations les plus redoutées.
        Chez une même personne.plusieurs formes de timidité coexistent généralement.

            La timidité d'action :

        C'est la peur de déranger I'autre.l
        Les timides d'action ne souhaitent contredire leur interlocuteur pour ríen au monde, ils ne veulent surtout pas prendre une initiative qui risquerait de trahir un désaccord de leur part.
        Bien que souvent introvertis, ils ont un contact facile avec les autres car ils ne s' opposent jamais. Ils répugnent à négocier, évitent de demander des précisions lors d'une conversation.
        Leur peur du conflit reflète la crainte d'étre peu estimés.

            La timidité de performance

        C'est I'impression obsédante et paralysante que les autres sont là pour nous juger. Subir un oral, prendre la parole devant d’autres qu’on connaît mal, sont autant de situations éprouvantes.
        Cette forme de timidité commence sur les bancs de l' école, avec la peur de poser des questions en classe.
        Elle provient de la peur de mauvais résultats, d’être mal jugé dans ses propos, de ne pas se montrer à la hauteur de la situation.

            La tlmidité du quotidien :

        Les discussions sur la pluie et le beau temps, les rencontres avec un voisin ou le simple fait de venir :au travail et de discuter avec des collegues, peuvént étre un supplice.
        Les timides du quotidien craignent les regatds, les silences, les situations anodines où un fossé sémble se creuser entre eux et leur interlocuteur, par exemple quand on fait un trajet en voiture ou en train avec une personne qu’on connait peu..
        Impression de paralysie du cerveau et de la parole, transpiration et sentiment de tension Interne reflètent cette peur de ne pas « savo!r faire la conversation ».

            La timlaité de «parler de soi»   

        Cette peur concerne les domaines de la vle personnelle.
        Ces timides sont plutôt à l'aise dans les conversations quotidiennes, mais éprouvent un blocage quand on aborde le domaine de leur vie personnelle. On les connaît parfois depuis des années, et I'on se rend compte tout à coup que I'on ne sait rien d'eux, de ce qu'ils siont, de leur famille, de leur cadre de vie.
        Leur timidité vient en général de la peur du jugement des autres sur eux mêmes ou sur leur environnement.

            La timidlté de vislbillté

        Cette timidité correspond à l’angoisse de se trouver sous les regards des autres. Le timide de visibilité déteste devoir marcher devant la terrasse d'un café  regagner sa place tout au bout du couloir d’un train ou d’un avion sous le regard des autres passagers.
        «De quoi al-je l'air ? » « Quelle tête ai-je ?» «Comment suis-je habillé ?» ..
        C’est une autre forme de la peur du jugement d’autrui, mais sur l’apparence notamment physique.

        On voit que l’introversion n’est qu’une cause secondaire de la timidité et que les deux principales raisons sont le manque de confiance en soi et l’importance trop grande que l’on accorde à l’opinion des autres.

     
     

     

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