•  

    Quand er comment apparaît la préférence E/I ? (extraversion, introversion)

              A la suite de mes derniers articles j'ai reçu quelques mails, qui me demandent quand on peut savoir qu'un enfant est extraverti ou introverti, et comment apparaissent la confiance en soi (ou son manque) et la peur du jugement d'autrui ?

              Ces questions posent d’abord le problème de l’apparition de la préférence E/I avec l’âge et de la timidité chez les enfants et également celui du comportement très différent des gens dans des circonstances différentes, notamment au téléphone, ou sur internet, par rapport aux contacts réels ou dans des circonstances différentes.

              On parle souvent de la “fraicheur” des réflexions des jeunes enfants qui ne sont pas encore sensibles au jugement d’autrui. C’est certes vrai, mais c’est en fait plus complexe que cela, de même que tout comportement est le résultat de nombreux facteurs et ne peut se ramener aux seules préférences cérébrales.

              L’extraversion ou l’introversion apparaît très vite chez un enfant. Avant même la première année, on voit si l’enfant sait jouer seul, “s’occuper lui même” ou s’il a besoin en permanence d’une personne pour s’ocuuper de lui et le pousser à l’action.
              Lorsque, entre dix huit mois et deux ans et demi, l’enfant apprend à parler, c’est encore plus net : l’extraverti apprendra vite à parler et cherchera à parler et communiquer le plus possible avec parents, frères et soeurs, alors que l’introverti certes s’exprimera lorsqu’il a vraiment besoin de quelque chose, mais sera (au moins en apparence), en retard dans l’apprentissage de la parole et parlera peu et ne cherchera pas à tout prix une compagnie, trouvant lui même jeux et occupations.
              Ce sera encore plus net lorsque vers six ou sept ans, l’enfant saura bien lire. L’extraverti aura besoin de la fratrie et des camarades pour jouer, alors que l’introverti, certes s’amusera avec eux, mais à défaut, aimera éventuellement des jeux plus solitaires et la lecture.

              J’ai dit dans les précédents articles que certes l’introversion s’accompagnait souvent de timidité, mais que celle-ci était davantage due à un manque de confiance en soi et à la peur du jugement d’autrui.
              Qu’en est il pour le jeune enfant. ?

              L’enfant peut être timide relativement jeune, mais c’est alors plutôt son introversion qui se manifeste; disons qu’il est plutôt “réservé”.

             Le manque de confiance en soi ne se manifeste que parce qu’on a échoué à plusieurs reprises soit dans un même domaine, soit de façon plus générale.
             C’est alors la peur d’échouer à nouveau.
             Les tentatives de l’enfant pouvant mener à un échec appréciable sont rares en bas âge et par ailleurs les réactions des parents et éducateurs sont importantes pour lui donner ou non cette sensation d’échec. Cela dépend aussi de l’environnement et si l’enfant est en contact avec de nombreux autres enfants, qui auront tendance à relever ses erreurs et s'en moquer.
             Avant l’âge scolaire ces échecs ne peuvent guère apparaître que dans les relations plus ou moins conflictuelles avec d’autres enfants et la timidité est alors une peur de communication et de contact par peur des désagréments infligés par les autres.
             A l’âge scolaire, des difficultés en classe peuvent intervenir, comme par exemple une difficulté pour apprendre à lire et écrire, ou simplement la difficulté de travailler. L’enfant peut alors se replier sur lui même et devenir timide.

             La peur du jugement d’autrui ne peut intervenir vraiment que plus tard encore. Pendant longtemps l’enfant n’a de jugement que le sien propre. Il apprend de ses parents et de ses éducateurs des “interdictions” et des “autorisations”, mais ce sont des règles et non des jugements de valeur.
             Il acquiert ensuite la notion de ce qui est ou peut être “bon pour lui” et “néfaste” pour lui, mais ce sont encore des constatations.
             Le jugement des autres n’intervient que d’une part lorsque l’enfant a acquis une notion plus abstraite, qui est celle du bien et du mal, que ce soit au plan moral, religieux, sociétal, ou même ce que j’appelerai “politiquement correct”, c’est à dire une notion de valeur attachée aux actions, celles qu’il “faut” faire” et celles qu’il ne “faut pas faire”, non pas parce qu’elles sont agréables ou néfastes, mais parce qu’une règle supérieure ou collective l’impose.
             De plus il faut qu’il y ait des “autres” et que l’enfant ait conscience du jugement de valeur des autres et que, de plus, un jugement défavorable l’affecte.
             Autant je pense que la peur des autres (des mauvais traitements des autres) peut intervenir à la maternelle, par contre je ne crois pas que la peur du jugement des autres ne soit vraiment importante avant 7 ou 8 ans.
             Mais là encore l’éducation fait beaucoup, car les parents ou les éducateurs peuvent selon la façon dont est présentée une réprimande, développer ou retarder et minimiser cette notion de crainte du jugement d’autrui, et donc la timidité qui pourrait en résulter.

             Je pense que c’est cette peur du jugement des autres qui est la principale raison du comportement différent de personnes introverties ou timides, au téléphone, sur internet, ou au contraire lorsqu’elles se trouvent face à uen personne en chair et en os.
             C’est également vrai dans le comportement vis à vis d’un “étranger”  par rapport à celui d’une personne de sa famille, dont on craint le jugement.
            C’est aussi le cas vis à vis d’une personne dont on craint l’indiscrétion vis à vis de parents ou amis, par rapport à une personne qui, ne les connaissant pas, ne risque par de leur révéler quelque chose.
            Il m’est souvent arrivé que des jeunes avec lesquels je correspondais, me confient quelque chose qu’ils n’avaient pas voulu dire au psy parce que celui-ci était véritablement en face d’eux, et que je reçoive plus facilement leurs confidences que celles de jeunes dont je connais la famille.
          Je pense aussi qu’on ne se confie facilement que si l'osait que la personne ne va pas vous juger..

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • La société favorise t'elle les extravertis.?

               Il y a en France, à peu près moitié-moitié extravertis et d'introvertis, mais aux USA, 60% au moins de la population est extravertie.
              Sont ils mieux adaptés que nous à leur environnement ?

               Les psys disent souvent que « Le système, à l'oral, est fait pour les extravertis. »

     Une de mes correspondantes qui avait eu 18 en français à l’écrit n’a eu que 13 à l’oral, (et elle en était vexée), car la question l’avait prise de court; en effet les introvertis ont besoin de réfléchir longtemps avant de donner une réponse, car ils veulent qu'elle soit bien argumentée et bien présentée. Elle s’est bien rattrapée depuis : elle est entrée dans les premiers à Normale Sup Sciences, rue d’Ulm, la première école scientifique française.

               C’est vrai que dans le primaire ou même au collège, les introvertis sont souvent seuls dans un coin de la cour, lisent ou discutent tranquillement, alors que d’autres parlent tout le temps et jouent à des jeux collectifs et l’on dit d’eux qu’ils sont « sociaux ».

                En fait les introvertis ne sont pas asociaux; ils sont juste moins adaptés à la vie en groupe, parce qu’ils ont besoin d’être parfois seuls et tranquilles pour se reposer et réfléchir. Ce n’est pas une question d'environnement, ni de sociabilité, mais de tempérament.

     

                En fait c’est vrai, l’enfant a besoin de relations sociales pour se construire, et donc l’école, surtout maternelle et primaire, a un rôle de socialisation.

                 Alors, c'est une institution où l'on parle tout le temps, car la pensée de l’homme est structuré autour du langage. C’est vrai que les introvertis sont souvent pris de court par les extravertis qui lèvent tout de suite le doigt et, à force de ne pas être interrogés, ils finissent par se lasser et ne plus se manifester, sûrs de ne pas être écoutés.

     Ils risquent alors d'entamer leur estime de soi, d’autant plus qu’il y a parfois sur leur bulletin « Ne participe pas assez en classe », mais ils devraient se rendre compte qu’ils disent beaucoup moins de bêtises que les extravertis qui parlent trop vite, sans réfléchir, poussés par leur tempérament.

                Certes les profs interrogent plus volontiers les extravertis, mais ils se réjouissent de ne pas en avoir 30 dans leur classe, car les gérer dans cet espace limité deviendrait vite anarchique, et les profs préfèrent en général les enfants calmes.

     

                 Bien sûr les réseaux sociaux, les fêtes et anniversaires agités sont plutôt faits pour les extravertis, et les introvertis ne sont pas toujours invités, et n'y sont pas à l'aise en général, mais ils préfèrent peut être n’avoir que quelques copains, mais de bons amis et ils se passent volontiers de ces rassemblements où les extravertis populaires et chefs de file passent leur temps à parler, à vouloir être les leaderships et à toujours avoir raison et la barre sur les autres.

                 Il peut aussi y avoir des cas extrêmes, quand des groupes (où il y a aussi des introvertis mais menés par des extravertis), prennent un introverti pour tête de turc, le traitent de « loser », d’ « intello », et le font passer pour un imbécile infréquentable, l’isolant  à la cantine face à son plateau et lui faisant subir les quolibets de la bande.

                Là il faut réagir et l’aider. C’est d’abord aux parents et aux profs de le faire, mais il faut aussi se prendre en charge soi même.

     

               Je suis personnellement nettement introverti. J’aime réfléchir et bouquiner, faire de la doc, et les réseaux sociaux et grandes fêtes ne m’ont jamais tenté. Cela a un avantage, seul ou entouré je ne m’ennuie jamais, ayant bien trop de choses à faire et à penser.

               Quand j’étais gosse, en classe, je ne levais pas le doigt tout de suite, mais quand je le faisais, la réponse était juste, et le prof, plutôt que m’interroger, m’envoyait au tableau corriger les exercices, et me demandait d’aider ceux qui avaient du mal à suivre.

                Mon grand père, qui était ingénieur, me faisait lire des documents techniques puis me les faisait résumer oralement. En première et terminale, mes parents m’ont fait faire du théâtre et cela m’a appris à poser ma voix et à articuler face au public, en le regardant.

                J’avais un petit groupe d’amis solidaires et qui s’estimaient et se respectaient et on discutait ensemble de ce qu’on allait faire, et c’est valorisant pour un introverti d’organiser cette discussion. Le sport développe aussi le sens social.

                Jeune ingénieur, j’ai eu tout de suite à diriger des équipes, chose difficile au début pour un introverti, mais comme on connaît peu à peu ses collaborateurs, la confiance s’installe, et alors que sur le plan général on reste introverti, dans le petit groupe que l’on dirige, on se comporte comme un extraverti, qui écoute volontiers les autres et essaie de les aider. 

                Le plus difficile c’est de faire un discours lors d’une réunion ou d’une cérémonie, surtout si l’on doit l’improviser. Mais si on le fait souvent et assez facilement sur des sujets techniques qu’on connaît bien, même devant des interlocuteurs importants, on finit par être capable d’improviser un minimum en toutes circonstances, même sur des sujets qu’on connaît moins.

     

                Certains introvertis se plaignent d'être trop timides et qu'ils ont tendance à être dominés pas des "extravertis intrépides". Est ce vraiment une catastrophe ?

                Nous avons vu que les introvertis ne prennent pas facilement la parole, qu’ils hésitent avant de faire connaissance, mais aussi avant de prendre un risque et qu’ils réfléchissent avant d’agir. En ce sens, ils s'exposent moins aux dangers, que les extravertis, ceux qui profiteraient de la situation, qui sont plus enclins à prendre des risques, réfléchissent moins avant l’action, et courent plus de dangers d'être confrontés a des difficultés.
                Prenons un exemple : le timide qui ne parle guère ne prend pas le risque de se discréditer en public, alors que l'extraverti qui prend sans cesse la parole pour se faire valoir, prend aussi le risque de choquer ou de se fourvoyer, ce qui peut lui óter tout crédit.
                La timidité est vraisemblablement une composante naturelle de la personnalité humaine. Depuis des centaines de milliers d'années, l’homme vit en communauté avec des individus qui ne sauraient être tous des dominateurs.
                Il faut une certaine proportion de personnes réservées, pas trop bruyantes, réfléchies, circonspectes, prudentes, hésitant a entrer en conflit, afin que la vie en communauté ne soit pas constamment parsemée de disputes et de dissensions,    
                Ainsi, les timides et les introvertis sont souvent considérés comme des pacificateurs, des gens qui « arrondissent les angles ", Ils jouent en quelque sorte le rôle de « lubrifiants sociaux ".
                Nous avons besoin d'eux, car une société sans timides serait une société de frictions constantes...
                La timidité  ne constitue pas un avantage pour la qualité de vie de l'individu, et pourtant il semble qu'elle aide au fonctionnement de la société, et même qu'elle participe au jeu de la séduction. David Buss a constaté que les femmes qui regardent tres franchement les hommes dans les yeux attirent moins un homme qui recherche une relation de confiance durable qu’une femme qui baisse les yeux timidement. La société accepte plus difficilement la timidité masculine, dès le plus jeune âge. Les parents semblent mieux tolérer la timidité de leur fille que de leur fils. !
               De nombreuses études ont été réalisées auprès de parents d'enfants très timides. Ces parents ont le plus souvent un comportement de timide introverti, ayant peu de relations humaines et donnent à leurs enfants des habitudes négatives qui renforcent leur timidité naturelle, de surptotection et de froideur affective.   
               Bien entendu il y a sûrement une composante génétique notamment de la préférence cérébrale E/I.

     

                Ceci pour vous dire qu’il ne faut pas regretter d’être introverti, pas plus qu' extraverti; chaque personnalité a ses avantages et ses inconvénients. Certes en apparence la société actuelle semble, au départ, favoriser les extravertis, mais à l’âge adulte, c’est l’inverse dans certaines professions.

     

                 Et surtout d’une part il faut que parents et professeurs aident les introvertis à mieux se comporter en groupe et à développer leur confiance en eux, mais il faut aussi qu’ils ne soient pas pessimistes sur leur sort et fassent eux mêmes l’effort nécessaire pour développer leurs capacités d’expression, de communication et de relations sociales.
    Mais c’est vrai qu’il faut aussi aider les introvertis à être optimistes et à avoir confiance en eux et empêcher certains groupes de leur nuire.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

             J’ai fait un certain nombre d’articles sur les préférences cérébrales et la personnalité car c’est un sujet qui m’intéresse et surtout je suis persuadé qu’il est important de se connaître. Par ailleurs étudier les préférences de deux interlocuteurs ma souvent permis d’expliquer leurs différends et donc de les apaiser.

           Une question m’est souvent posée : ma personnalité peut elle évoluer, dans quel sens et pourquoi ? Puis je avoir une action sur elle.?

     

           Un premier point : pour aborder ce problème sur soi même il faut déjà bien se connaître et avoir par exemple une idée précise de ses préférences cérébrales. Je préfère cette exploration préalable au big-five, car il n’y a aucun jugement de valeur dans les préférences cérébrales et leur examen est plus complet et plus facile.

     

           La personnalité évolue au cours de la vie. Même si les préférences cérébrales sont au départ innées, l’éducation puis l’instruction les font évoluer. Elles changent aussi avec l’âge et l’expérience que nous acquérons au cours de notre vie. Le contact des autres nous font évoluer. Enfin un travail personnel ou une intervention psychothérapeutique a une action sur notre personnalité.

           Il est certain qu’une personne d’une quarantaine d’années, dont l’éducation et l’instruction sont en partie passées, qui a vécu de nombreux événements, aura une personnalité plus stable qu’une personne d’une vingtaine d’années et à fortiori qu’un adolescent.

     

           Mais il ne faut pas croire que l’on va changer complètement de personnalité (sauf maladie mentale ou accident cérébral).

           Et les changements possibles dépendent du type de personnalité que l’on a.

           Une préférence cérébrale n’est jamais manichéenne : chacun de nous utilise les deux préférences  antagonistes selon les événements, simplement il utilise sa préférée plus facilement et donc plus souvent. Mais cela plus ou moins et c’est là une condition de l’évolution possible.

           Il sera d’autant plus difficile d’évoluer sur une préférence donnée que celle-ci est très forte et que la préférence antagoniste est faible.

     Je prends une exemple : supposez que vous vouliez apprendre à quelqu’un à être à l’aise s’il fait une conférence devant une centaine de personnes. Il est probable que vous y arriverez facilement avec quelqu’un d’extraverti, sans trop de mal avec une personne moyennement introvertie, mais que vous aurez peu de chnaces d’y arriver avec quelqu’un de très introverti, très timide et replié sur lui même.

           A l’inverse vous aurez du mal à apprendre à quelqu’un de très extraverti à être très concentré et seul pour réfléchir à un problème important.

           De même vous apprendrez difficilement à être très ordonnée et à prévoir ses actions, à une personne qui ne sait pas décider et fait tout le temps de la procrastination (une préférence « P » très exagérée), et au contraire une personne très rigoriste et qui veut tout prévoir et régenter à l’avance, aura du mal à s’adapter à l’environnement et à être plus fiable face à des événements inattendus.

     

           A l’inverse la personnalité influe fortement sur notre vie. L’enfant et l’adolescent qui ont des préférences innées choisissent des activités où ils sont plus à l’aise donc dans le sens de leurs préférences cérébrales; l’adulte s’orientera si possible vers une activité qui correspond à sa personnalité, d’une part parce qu’il y réussira mieux et d’autre part parce qu’il y trouvera plus de satisfactions et de plaisir.

     Il y a donc un certain renforcement de la personnalité par son usage même, lequel est un frein à une trop forte évolution.

     

           L’âge a aussi une forte influence. On est beaucoup plus malléable étant jeune lorsque notre système d’apprentissage et de récompense est très actif et ouvert.

    L’environnement peut alors influer sur la personnalité.

           Un jeune qui de façon innée aurait tendance à se laisser vivre et à procrastiner, le fera beaucoup moins s’il est dans une famille au contraire très ordonnée et planifiée. Sans devenir une personne très rigoureuse, il apprendra néanmoins à être moins en retard, à prévoir en partie ses actions, à prendre certaines décisions importantes. 

           Chez l’adulte il y a un phénomène particulier de l’âge, concernant les préférences de prise d’information (S ou G) et celles de décision (L ou V), c’est à dire le fonctionnement de notre cortex préfrontal.

           Ces préférences sont hiérarchisées et nous avons une préférence dominante et une secondaire, et les préférences opposées tertiaire et inférieure, selon le schéma ci-dessous, dû au psychiatre CG Jung, qu’il a appelé le « chemin du serpent ».

            Ainsi un enfant n’utilise guère que sa fonction primordiale, un ado ses fonctions primordiale et auxiliaire et peu les fonctions non préférées.

            L’usage fréquent de la fonction tertiaire non préférée n’apparaît qu’après l’adolescence ou  chez l’adulte et celui de la fonction cachée, la moins facile, à l’âge mûr, voire jamais.   .

           En fait ce schéma est très variable selon les personnes, car le développement des autres fonctions dépend fortement de l’éducation et l’instruction, des circonstances et de la volonté de l’individu de développer ses fonctions tertiaire et cachée et de son vécu qui est son expérience de la vie.

          Mais en fait l’usage des fonctions tertiaire et inférieure existe toute la vie, mais n’est pas consciente quand on est jeune et le devient peu à peu.

          En fait ces fonctions inconscientes sont utilisée quand nous ne sommes pas dans notre état normal, par exemple fortement stressés ou en colère. La barre inclinée de limite entre le conscient et l’inconscient se déplace dans le sens de la flèche au fur et à mesure que l’on vieillit.

     

          En définitive on peut faire évoluer sa personnalité dans les domaines où elle n’est pas trop tranchée. Pour cela il faut d’abord bien la connaître, puis s’entraîner régulièrement pour faire évoluer une préférence cérébrale à utiliser celle qui n’est pas la préférée. Un introverti, par exemple,  peut se forcer à voir à discuter avec d’autres, à faire des exposés en public, après s’y être entrainé en privé.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •            Les articles que je fais de temps à autre sur les préférences cérébrales et notamment la préférence "introverti/extraverti"  me valent toujours quelques mails de remarques ou de questions.

               On m’écrit en particulier que « la société actuelle est faite pour les extravertis ».
               Mais en fait ce sont des personnes introverties qui me disent cela. !! Elles ont en partie raison, en apparence du moins.

              Les psys disent souvent que « Le système, à l'oral, est fait pour les extravertis. »
              Une de mes correspondantes qui avait eu 18 en français à l’écrit du bac, n’a eu que 13 à l’oral, et elle en était vexée, car la question l’avait prise de court, et les introverties ont besoin de réfléchir longtemps avant de donner une réponse, parce qu'elles veulent qu'elle soit bien argumentée et bien présentée. Elle s’est bien rattrapée depuis : elle est entrée dans les premières à Normale Sup Sciences, rue d’Ulm, la première école scientifique française, a réussi son mastère, son doctorat et a été reçue dans les premières à l'agrégation de physique. Elle enseigne et fait de la recherche.

              C’est vrai que dans le primaire ou même au collège, les introvertis sont souvent seuls dans un coin de la cour, lisent ou discutent tranquillement, alors que d’autres parlent tout le temps et jouent à des jeux collectifs et l’on dit d’eux qu’ils sont « sociaux ».
              En fait les introvertis ne sont pas asociaux; ils sont juste moins adaptés à la vie en groupe, parce qu’ils ont besoin d’être parfois seuls et tranquilles pour se reposer et réfléchir. Ce n’est pas une question de système, mais de tempérament.

              En fait c’est vrai, l’enfant a besoin de relations sociales pour se construire, et donc l’école, surtout maternelle et primaire, a un rôle de socialisation.
               Alors, c'est une institution où l'on parle tout le temps, car la pensée de l’homme est structurée autour du langage. C’est vrai que les introvertis sont souvent pris de court par les extravertis qui lèvent tout de suite le doigt et, à force de ne pas être interrogés, ils finissent par se lasser et ne plus se manifester, sûrs de ne pas être écoutés.
              Ils risquent alors d'entamer leur estime de soi, d’autant plus qu’il y a parfois sur leur bulletin
    « Ne participe pas assez en classe », mais ils devraient se rendre compte qu’ils disent beaucoup moins de bêtises que les extravertis qui parlent trop vite, sans réfléchir, poussés par leur tempérament.
             Certes les profs interrogent plus volontiers les extravertis, mais ils se réjouissent de ne pas en avoir 30 dans leur classe, car les gérer dans cet espace limité deviendrait vite anarchique, et les profs préfèrent en général les enfants calmes.

              Bien sûr les réseaux sociaux, les fêtes et anniversaires agités sont plutôt faits pour les extravertis, et les introvertis ne sont pas toujours invités, mais ils préfèrent peut être n’avoir que quelques copains, mais de bons amis, et ils se passent volontiers de ces rassemblements où les extravertis populaires et chefs de file passent leur temps à parler, à vouloir être les leaderships et à toujours avoir raison et la barre sur les autres.
              Il peut aussi y avoir des cas extrêmes, quand des groupes (où il y a aussi des introvertis mais menés par des extravertis), prennent un introverti pour tête de turc, le traitent de « loser », ou bien d’ « intello », et le font passer pour un imbécile infréquentable, l’isolant  à la cantine face à son plateau et lui faisant subir les quolibets de la bande.
              Là il faut réagir et l’aider. C’est d’abord aux parents et aux profs de le faire, mais il faut aussi se prendre en charge soi même.  

              Je suis personnellement nettement introverti. J’aime réfléchir et bouquiner, faire de la doc, et les réseaux sociaux et grandes fêtes ne m’ont jamais tenté. Je vais sur Facebook, mais uniquement pour avoir des nouvelles de mes petits enfants.
              Cela a un avantage, seul ou entouré je ne m’ennuie jamais, ayant bien trop de choses à faire et à penser.

             Quand j’étais gosse, en classe, je ne levais pas le doigt tout de suite, mais quand je le faisais la réponse était juste, et le prof, plutôt que m’interroger, m’envoyait au tableau corriger les exercices, et me demandait d’aider ceux qui avaient du mal à suivre.
             Mon grand père, qui était ingénieur, me faisait lire des documents techniques puis me les faisait résumer oralement. En première et terminale, mes parents m’ont fait faire du théâtre et cela m’a appris à poser ma voix et à articuler face au public, en le regardant.
             J’avais un petit groupe d’amis solidaires et qui s’estimaient et se respectaient et on discutait ensemble de ce qu’on allait faire, et c’est valorisant pour un introverti d’organiser cette discussion. Le sport développe aussi le sens social.

             Jeune ingénieur, j’ai eu tout de suite à diriger des équipes, chose difficile au début pour un introverti, mais comme on connaît peu à peu ses collaborateurs, la confiance s’installe, et alors que sur le plan général, on reste introverti, dans le petit groupe que l’on dirige, on se comporte comme un extraverti, qui écoute volontiers les autres et essaie de les aider.
             Et le vieux singe aime bien, aujourd’hui écouter, discuter et répondre à ses correspondants.

             Le plus difficile c’est de faire un discours lors d’une réunion ou d’une cérémonie, surtout si l’on doit l’improviser. Mais si on le fait souvent et assez facilement sur des sujets techniques qu’on connaît bien, même devant des interlocuteurs importants, on finit par être capable d’improviser un minimum en toutes circonstances, même sur des sujets qu’on connaît moins.

            Ceci pour vous dire qu’il ne faut pas regretter d’être intro ou extraverti; chaque personnalité a ses avantages et ses inconvénients. Certes en apparence la société actuelle semble, au départ, favoriser les extravertis, mais à l’âge adulte, c’est l’inverse dans certaines professions.

            Et surtout d’une part il faut que parents et professeurs aident les introvertis à mieux se comporter en groupe et à développer leur confiance en eux, mais il faut aussi que ces introvertis ne soient pas pessimistes sur leur sort et fassent eux mêmes l’effort nécessaire pour développer leurs capacités d’expression, de communication et de relations sociales.
            Mais c’est vrai qu’il faut aider les introvertis à être optimistes et à avoir confiance en eux et empêcher certains groupes de leur nuire.

    Partager via Gmail

    1 commentaire
  •           Je reprends le schéma général des préférences cérébrales; nous avons vu le milieu d'où nous tirons notre motivation (préférence E/I), notre sensibilité au stress (optimiste/pessimiste),les préférence S/G et L/V de prise d'information et de choix, , le mode de perception émotionnelle immédiate A/O, et la manière dont nous voulons agir sur les événements (J/P).

    Sommes nous influençables ?

              Je voudrais maintenant, en deux articles, examiner nos interactions avec les autres hommes : sommes nous tolérants ou intolérants, et sommes nous influençables ou indépendants d'esprit.?

             Dans notre vie de tous les jours nous sommes en présence d'autres personnes avec lesquelles nous confrontons nos idées et nous avons alors deux types d'attitudes différentes 

                   - soit nous écoutons et nous admettons les idées des autres, ce qui n'empêche pas de défendre les siennes.
            Nous sommes « tolérants »
    Bien entendu nous pouvons ensuite être influen!ables ou au contraire indépendants d'esprit, c'est autre chose.

                  - soit nous préférons avoir absolument raison quelles que soient les idées de l'autre et nous ne changerons d'opinion à aucun prix, même si l'autre personne a raison.
           Nous sommes « intolérants ».

             En général l'intolérant a tendance à être moins influençable (car il n'écoute pas les autres et veut avoir raison), mais ce n'est pas obligatoire.
           Je connais des personnes qui sont très influençables et moutonnières, mais qui, une fois qu'elles ont été ainsi "converties" deviennent totalement intolérante. C'est souvent le cas de ce que l'on appelle les "fanatiques".

    Sommes nous tolérants vis à vis de la pensée d'autrui ?

    En général, une personne tolérante (préférence Tol.) :

    - laisse les autres personnes défendre leurs opinions et les écoute avec attention ;
    - aime échanger des opinions;
    - défend ses idées mais admet celles d'autrui;
    - examine les idées des autres avec calme et compréhension;
    - prend en compte l'opinion des autres;
    - n'hésite pas à approuver une thèse adverse s'il la trouve juste;
    - est juste, intellectuellement honnête et objective dans son argumentation.

    En général, une personne intolérante ( préférence intol.) :

    - n'écoute pas l'autre et l'interrompt lorsqu'il parle;
    - reste dans sa tour d'ivoire avec ses concepts;
    - soutient ses idées même avec mauvaise foi.;
    - n'admet pas d'avoir tort;
    - n'examine l'opinion des autres qu'avec réticence;
    - prend très rarement en compte l'opinion d'autrui et aime la polémique;
    - critique facilement les opinions des autres;
    - n'hésite pas à exagérer ses arguments par rapport à la réalité et à sous-estimer ceux des autres personnes.

    Ce qui différencie principalement le Tolérant de l'Intolérant :

         La personne très intolérante considère que seules ses idées sont valables et il n'admet pas celles des autres qu'il juge mauvaises et il polémiquera avec mauvaise foi pour démontrer que ce sont ses idées qui sont les bonnes.
        Celle tolérante, tout en défendant ses idées, écoute celle des autres et il en tient compte dans la mesure où elles lui paraissent raisonnables quitte à changer d'avis sur certaines de ses idées s'il les juge moins bonnes


     

    Partager via Gmail

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique