• Pour mesurer l'intelligence"logique" on utilise les tests de QI. Pourdéterminer certains traits de personnalité beaucoup utilisent le "big five" mais je  lui préfère les "Préférences cérébrales", extension du MYers-Briggs type indication américain.
    Mais il manque une classification qui permette de nous déterminer dans le domaine des émotions.

    Le profil émotionnel de Richrd Davidson.

          Je vous avais parlé, le 11 avril 2019, du profil émotionnel de Richard Davidson. Je voudrais revenir sur ce concept. Pour que vous n'ayez pas besoin de vous y référer, je vais résumer ce que j'avais dit.

         Un peu comme on le fait dans les préférences cérébrales ou dans le big-five, Davidson définit 6 comportements majeurs en matière émotionnelle : la « conscience de soi », la « sensibilité au contexte », « l’intuition sociale », la « résilience » (ou résistance), « l’attitude ou perspective», et « l’attention, la concentration ou la dispersion ».

    La conscience de soi :
        C’est la capacité de décoder ses propres signes corporels internes indicateurs des émotions (rythme cardiaque, transpiration, tension musculaire…). et finalement de percevoir et de comprendre nos propres émotions et sentiments.
        Certains mettent des jours à reconnaître qu’ils sont jaloux, en colère, tristes. A l’inverse, d’autres sont assiégés de messages sur l’état de leur esprit et de leur cœur.
        Dans les deux cas, c’est l’insula – région profonde du cortex permettant de percevoir les conséquences physiques de nos émotions et de vivre intensément des émotions sensorielles – qui est en jeu. Elle n’est pas assez ou trop activée.

    La sensibilité au contexte :
        C’est la capacité de moduler ses réponses émotionnelles selon le contexte social, de s’adapter, de changer sa façon d’agir.
        Certaines personnes réagissent différemment selon les gens avec qui elles parlent ou le lieu où elles se trouvent. D’autres restent les mêmes en toute situation et avec tout type de personnes.
        Lorsque les personnes sont « déconnectés » du contexte environnant, elles ont de faibles connexions de l’hippocampe aux zones du cortex préfrontal. L’hippocampe est surtout connu pour son rôle dans le fonctionnement de la mémoire et le stockage de souvenirs à long terme, mais il a aussi pour fonction d’adapter nos comportements au contexte (par consultation du passé).

    L’intuition sociale :
        C’est la capacité de décoder avec exactitude les signaux non verbaux des émotions d’autrui. Elle correspond à l’empathie. Les personnes socialement intuitives savent lire le langage du corps, l’intonation de la voix, les expressions du visage. Elles devinent quand quelqu’un veut parler de son chagrin ou quand il vaut mieux aborder des sujets légers.
        Les personnes qui n’ont pas cette qualité sociale, ont  une faible activité du gyrus fusiforme, impliqué dans la reconnaissance des visages et le traitement visuel, et une forte activité de l’amygdale.
        A mon avis, Davidson simplifie beaucoup. Il oublie de nombreux centres qui participent au dialogue social, (notamment du cortex cingulaire), au rôle des neurones miroirs, et ramène trop les aspects négatifs au rôle de l’amygdale.

    La résilience ou résistance :
        Nous sommes face à des problèmes, des difficulté, des déceptions, des échecs des deuils, des épreuves diverses… nous troublent, voire nous traumatisent et nous éprouvons colère, ressentiment, tristesse…
        La résilience ou résistance est l’habilité personnelle dont chacun de nous dispose pour se relever face à une situation difficile.
        On peut se relever rapidement en tournant la page, tirant les leçons de ses erreurs, ou bien « traîner » pendant longtemps ce qui s’est passé, ressassant remords de ce que l’on a fait, et regrets de ce que l’on n’a pas osé faire..
        D’après Davidson, les personnes peu résilientes se distinguent par la faiblesse des signaux allant du cortex préfrontal, qui aide à planifier, à créer et à analyser, à l’amygdale, le siège des émotions, notamment négatives, du stress de la peur, de la colère.
    Les centres amygdaliens prennent le pas sur le cortex préfrontal.

    La perspective ou l’attitude :
        Dans le domaine des préférences cérébrales, on appelle cela pessimisme, face à l’optimisme. Davidson la définit comme l’attitude de voir plutôt le verre à moitié vide que le verre à moitié plein, et de ne pas savoir profiter des instants de joie de tous les jours.
        Etes-vous optimiste, prudent, sceptique, raisonnable… ou négatif ?
        Cette perspective négative reflète un manque de sécrétion de dopamine, une faible activité du système de récompense et notamment du noyau accumbens, et du cortex préfrontal, qui, par sa fonction de planification, aide à soutenir son activité.
        A mon avis, il simplifie beaucoup et néglige notamment le rôle de la sérotonine qui régule notre humeur.

     L’attention la concentration ou la dispersion :
        C’est la capacité de centrer son attention sans se laisser distraire et de se concentrer sur une tâche.
        Parfois, nous sommes assaillis de problèmes, de préoccupations… et nous sommes incapables d’avancer dans nos obligations en ayant la tête ailleurs.
        Cependant, d’autres personnes réussissent à garder le contrôle. Elles mettent de côté cette avalanche d’émotions pour se centrer sur une tâche.
        Le cortex préfrontal est essentiel pour maintenir l’attention, tandis que le cortex pariétal sert de gouvernail au cerveau en dirigeant l’attention sur des cibles spécifiques.
        Là aussi Davidson simplifie beaucoup. Le problème de l’attention et de la concentration, lié à la conscience de soi, est complexe et mal connu. J’ai essayé de commencer à le traiter dans des articles.

        Ce qui m'a incité à refaire un article, c'est la présence dans la revue "Cerveau et Psycho" d'un test en 6 fois 10 questions qui permet d'avoir une idée approximative de son profil émotionnel.
        Je le joins ci-dessous sous forme de 4 photographies jpeg. Je vous conseille de les sortir à la souris du blog sur votre bureau d'ordinateur et de les agrandir pour plus facilement y répondre.

    Quel est votre profil émotionnel ?

     

    Quel est votre profil émotionnel ?

     

    Quel est votre profil émotionnel ?

    Quel est votre profil émotionnel ?

     

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  •     Tous les jours la télévision relate des informations de violences diverses, dont l’origine est la plupart du temps un fait mineur, qui nous paraît insignifiant face à la gravité des réactions et des dommages constatés
        Qu'il s'agisse de violences sur autrui, voire des viols, ou plus bénin, bien d'enfants présentant des troubles du comportement des troubles de l'attention et une hyperactivité, ces comportements se caractérisent par une insuffisance du contrôle inhibiteur que devrait exercer leur cerveau sur leurs envies et leurs actions.
        Leur capacité de réprimer une action inappropriée, ou de différer la réalisation d'un désir est insuffisante.


        Sans contrôle inhibiteur, il n'y aurait pas de vie sociale possible, car nous aurions tendance à réaliser nos désirs sans nous préoccuper de nos semblables et sans respecter les contraintes de la vie en société.
        Le contrôle inhibiteur est également nécessaire à la réalisation d'actions sur le long terme. Quand vous allez travailler, vous acceptez un certain nombre de contraintes pénibles, parce que vous avez conscience de l'intérêt du résultat final, ou parce que vous savez que ce travail vous rapportera votre salaire.
        Sans contrôle inhibiteur, vous céderiez à votre premier mouvement qui est de rester au lit ou d'aller faire une promenade, après avoir pris un bon petit-déjeuner.
        Je vous rappelle d’abord quelles sont les zones du cortex dont j’ai déjà parlé dans ce blog, qui sont impliquée directement dans le contrôle et l’exécution de nos mouvements (schéma ci-dessous).

    http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/cortexmoteurannotecopie.jpg

        Le cortex moteur primaire commande nos muscles.
        Mais il est précédé par le cortex prémoteur, qui contribue à guider les mouvements en intégrant les informations sensorielles et s’occupe des muscles qui sont les plus proches de l’axe du corps.
        Au dessus de lui, l’aire motrice supplémentaire est impliquée dans la planification de mouvements complexes et dans la coordination de mouvements nécessitant l’emploi des deux mains.
        Mais ces aires sont reliées au cortex frontal (le chef d’orchestre) et à de nombreux autres centres qui interviennent dans la détermination d’un mouvement.
        Non seulement le cortex frontal va jouer son rôle de “patron” , mais des centres du cerveau émotionnel vont  intervenir, recevant des renseignement de nos sens et des systèmes dopaminergiques des circuits de récompense et d’apprentissage. Le cervelet intervient  aussi dans des mouvements devenus automatiques, et en dernier ressort, le tronc cérébral, qui relaie les informations vers la moelle épinière et les muscles, peut bloquer certains influx.

        La première action avant un mouvement, se fait, dans le cerveau, au niveau du cerveau émotionnel, notamment par le striatum, qui est un ensemble de centres et notamment le putamen et le noyau caudé. (en vert et en jaune sur le schéma ci-dessous)
        Ce système est relié à divers centres du cerveau émotionnel et notamment au système de récompense et son but, au départ, est  l'obtention d'une satisfaction immédiate.
        Face à ce mouvement spontané, des voies neuronales reliant le cortex frontal au striatum et au thalamus entrent en action. Leur rôle est au contraire d'étouffer l'action dans I'œuf.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/gangbase1.jpg

        Une étude réalisée aux Universités de Melbourne et de Dublin, par Christopher Chambers et ses collègues, a localisé en 2005 cette faculté dans un petit noyau cérébral nommé opercule inférieur droit” du cerveau frontal.
         Pour mettre en évidence ce responsable du contrôle inhibiteur, C. Chambers et ses collègues ont demandé à des personnes volontaires d'appuyer le plus vite possible sur un bouton uniquement quand lils voyaient apparaître sur un écran d'ordinateur une flèche pointant vers le bouton.
        Dans certains cas, un signal sonore retentissait quelques millisecondes après l'apparition d'une telle flèche, et les sujets devaient alors retenir leur geste. Lorsque le signal sonore retentissait très tôt (10 ou 20 millisecondes après l'apparition de la flèche), ils retenaient facilement leur geste. En revanche, plus le signal retentissait tard, plus cela était difficile (voire impossible). 
        Les biologistes ont inactivé cette petite zone cérébrale du cerveau frontal, au moyen d'ondes magnétiques qui perturbent le fonctionnement des neurones.        
        Ils ont constaté que, soumis à des tests où il faut annuler au dernier moment une action qui est sur le point d'être réalisée, les participants ne parviennent plus à retenir leur geste.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/d06crmou2b.jpg

        On sait donc à présent qu'un petit centre cérébral du cortex frontal permet de ne sélectionner que les gestes qui seront admis en fonction du contexte, notamment du contexte social. C'est cette zone qu'il s'agit de développer, par des interdits savamment dosés, auprès des enfants et aussi parfois des adultes....

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  • http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscomiques3/Unknown.png
       J’ai entendu à la télé que les chinois avaient, dans les écoles, des caméras reliées à des logiciels de reconnaissance faciale, qui prétendaient analyser les expression des élèves, mesurer ainsi leur attention et décoder  leurs préoccupations présentes et signaler au professeur s’ils suivaient le cours ou étaient distraits.
        J’avoue que je n’aimerais pas être à la place des élèves et qu’on vienne surprendre ainsi mes pensées, même si je suis conscient qu’il vaut mieux suivre le cours et être efficace.
        Je suis allé voir sur internet pour compléter mon information, et j’ai appris que c’était chose courante en Chine, et que, dans les entreprises, on surveillait ainsi les ouvriers, et même, dans les métiers qui nécessitent le port d’un casque, celui-ci était pourvu de capteurs destinés à enregistrer les ondes cérébrales. Le but affiché est de détecter une personne qui aurait une défaillance brutale, due à une variation émotionnelle intempestive et de décharger un ouvrier qui serait momentanément dépassé par une surcharge trop forte de travail, qui le ferait disjoncter.
        Il paraît que les ouvriers n’apprécient pas tellement, craignant que « l’on vienne lire dans leurs pensées ».

         Mais j’ai eu ensuite une autre surprise : il y a sur internet nombre de logiciels proposés, qui sont censés détecter par divers moyens nos émotions et les analyser et de nombreuses sociétés qui proposent leurs services, ainsi que des gadgets qui prétendent les mesurer. Cela m’a étonné, car nos émotions sont très complexes et je ne vois pas comment on pourrait atteindre ce but de façon fiable.
                Il y a ainsi une montre destinée aux joueurs de jeux sur internet et un bracelet de la société Néotrope, qui mesurent votre niveau d’émotivité. Ils analysent des paramètres physiologiques tels le rythme cardiaque, la micro-sudation des poignets, la température corporelle.
 
                Les joueurs sur internet sont censés ainsi détecter quand ils ont des émotions fortes et leur intensité, ainsi que le niveau d’attention de la personne, au cours du jeu mais aussi dans un magasin devant les diverses gondoles de présentation.
        En effet, la plupart des sociétés qui proposent de détecter nos émotions, ont pour but du marketing : comprendre et analyser les réactions des clients face à un produit, et trouver comment les y intéresser davantage, en améliorant le produit, mais surtout en élaborant un discours et une présentation de vente convaincante.

        Les méthodes sont diverses.
        Par exemple la société Dakatalab utilise la détection des micro-expressions du visage et leur association à des émotions grâce à l'intelligence artificielle, afin d’identifier les niveaux d'attention et d'engagement émotionnel pendant le parcours des clients dans le magasin ou sur le site internet (à partir de la camera vidéo-web de leur ordinateur. Ils traitent à chaque fois plusieurs millions d’images.
        Q’émotion analyse les expressions du langage des personnes dns les SMS, réseaux sociaux, mails, forums, blogs, questionnaires …. et prétend ainsi mettre au point un « dictionnaire du langage émotionnel »
        XTCO fait aussi de façon analogue de l’analyse sémantiqueet de positionner les clients sur une échelle d’émotions pour orienter le markéting des produits et des cibles.
    On pourrait trouver de nombreux autres exemples.

        J’ai alors cherché des articles sérieux sur ce problème dans mes revues scientifiques et la réponse a été sans appel : ce sont des arnaques et ces logiciels ne remplissent pas du tout les rôles qu’on leur prête, leur précision étant médiocre et ne donnant qu’un vague aperçu des émotions, qui sont beaucoup plus complexes.

        Les émotions se traduisent par une composante physiologique que l’on a citée plu haut, provoquée par les centres amygdaliens et l’hypothalamus, via le système sympathique et les préhormones de l’hypophyse

        Je vous ai décrit (3/5/2017) une théorie élémentaire des émotions de Robert Plutchik dans les années 60/70 et sa roue des émotions de 1980.
        Il y a 4 émotions négatives : peur, colère, dégoût, et tristesse, et 2 émotions positives : joie et intérêt/surprise
        Les autres émotions sont des états mixtes ou dérivés, c’est-à-dire des mélanges, composés ou combinaisons d’émotions de base.  Les émotions primaires s’opposent deux à deux : joie à tristesse, anticipation à surprise, colère à peur, aversion à consentement. Les émotions secondaires résultent de deux émotions primaires.
              Optimisme = Anticipation + Joie             Déception = Surprise + Tristesse
          
              Amour = Joie + Consentement               Remord = Tristesse + Aversion
         
              Soumission = Consentement + Peur      Mépris = Aversion + Colère
          
              Crainte = Peur + Surprise                       Aggressivité = Colère + Anticipation
        Dans la roue des émotions de Plutchik (1980) le cercle et la palette de couleurs représentent l’idée que les émotions se combinent les unes et autres et s’expriment selon différents niveaux d’intensité.
    http://lancien.cowblog.fr/images/plutchikwheelfrsvg.png
        Cette théorie a été reprise par Paul Ekman en 1982/90, qui a notamment étudié les expressions faciales des émotions primaires et pense que ces expressions des visages sont indépendantes des cultures. Cette composante expressive et comportementale, comprend aussi les postures ou la tonalité de la voix.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/tmp7527312thumbthumb.png
        Il y a ensuite une composante subjective, qui correspond à l’évaluation que le sujet fait de son propre état émotionnel. C’est elle qui influe sur nos écrit et nos paroles. L’individu peut en partie décrire ses émotions par des mots.

    http://lancien.cowblog.fr/images/troiscomposantesmesurec3a9motions.png
        Enfin on peut faire des études de neurobiologie en étudiant des IRM, des électroencéphalogrammes et les modifications des neurotransmetteurs.

        Il apparaît alors que les émotions sont des phénomènes très complexes, qui concernent la plupart du cerveau, et qui réagissent sur notre comportement de façon consciente et inconsciente, y compris sur nos processus rationnels.
        Tous les gadgets et logiciels proposés ne peuvent qu’approcher des émotions primaires théoriques, mais ne représentent en aucun cas la réalité très complexe de nos émotions profondes.

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  • http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/salegueule.jpg
        Il est connu qu’aux USA on condamnait plus facilement un noir qu’un blanc.
        Mais en France, combien de fois nous dit on que les policiers contrôlent davantage des noirs ou des personnes ayant une apparence maghrébine, que des blancs et cela s’appelle “le délit de sale gueule”.
        C’est évidemment imputable au racisme de certains et au fait que, les populations d’origine étrangère ayant une vie plus difficile parce qu’ayant des difficultés financières, certains de leurs membres commettent des délits et nous avons tendance à généraliser abusivement à tous leurs compatriotes, même s’ils sont devenus français.
        Mais j’ai lu récemment une étude qui montre que notre cerveau n'a pas des réactions très objectives dans ce domaine.

        Nous nous fions souvent à notre première impression pour nous faire une opinion sur une personne que nous voyons pour la première fois : “dès le début, je l'ai trouvé sympathique” ...  “Au premier contact, j'ai su que cela ne marcherait jamais entre nous”....    
        Tant mieux si le contact est bon, mais attention aux conséquences si la tête de l'autre ne vous revient pas !
        Ces réactions seraient dues à un système de détection cérébral qui détermine, en quelques fractions de seconde, notre sentiment de sympathie à l'égard d'une personne.
        En un dixième de seconde, il évalue jusqu'à cinq impressions sur notre interlocuteur... pour ne plus en démordre.

        Janine Willis et Alexander Todorov, de l'Université de Princeton, ont montré à des volontaires des visages de plusieurs personnes, pendant un dixième de seconde. Pour chacune de ces photographies, ils leur ont demandé d'indiquer si, selon eux, les personnes étaient dignes de confiance, compétentes professionnellement, aimables, agressives ou attirantes physiquement. Les volontaires ont attribué une note à chacun de ces critères.
        Puis on leur a laissé réviser éventuellement leur jugement en observant les photos aussi longtemps qu'ils le souhaitaient.et on leur a redemandé leur opinion.
        On n'a constaté que des différences minimes entre la notation instantanée et la notation “réfléchie”. Le trait “digne de confiance”», notamment, ne subissait aucune variation.

        J’avoue que ce manque d’objectivité m’a choqué et comme je vais souvent à Paris et passe de nombreuses minutes dans le RER, (enfin, pas en période de confinement ), j’ai essayé de faire des expérience sur mes voisins de banquette en face de moi, en évaluant en quelques secondes les caractéristiques relatives à leur personnalité, et en les observant ensuite et en révisant mon jugement.
        Je confirme que j’ai rarement changé d’avis.
        Alors évidemment il me manque la confirmation, savoir ce qu’étaient réellement ces personnes et si je m’étais trompé.
        Mais je ne comprends pas comment notre avis pourrait être fiable en si peu de temps et cela m'inquiète !.
        Alors, décidément, nous jugeons tous, les gens sur leur mine !!

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  • Le trac vous paralyse t'il?

             Il m'est arrivé souvent d'aider des élèves à faire leur travail de classe, et j'ai donc souvent entendu parler de devoirs de contrôle, de bac blanc, ou d'examen réel et de partiels de fac.
             On m'a souvent dit d'avoir parfois l'impression de relire cent fois l'énoncé, sans parvenir à bien comprendre ce dont il s'agissait; la pensée était ralentie, et les résultats ont été médiocre.
             Le soir-même, en relisant le problème à tète reposée, tout a paru extrêmement simple. Comment ne pas avoir trouvé immédiatement la solution ?
             “J’étais stressée, je n'ai pas réfléchi, j'ai pris la mauvaise décision.et j’ai perdu en un instant toutes mes capacités de réflexion”, me dit on.

             La peur diminue les capacités de réflexion, car elle épuise les ressources de la mémoire de travail, un groupe de neurones qui permet de garder à l'esprit simultanément plusieurs données d'un problème. Cette mémoire de travail est située entre le cortex préfrontal et le cerveau émotionnel et est composée de deux centres, l’un pour les données sémantiques (les mots) l’autre pour les données sensitives, notamment les images les schémas, les scènes.
              Pour aboutir à cette conclusion, des psychologues de l'Université du Michigan ont réuni des étudiants et leur ont distribué des problèmes de mathématiques qui sollicitent la mémoire de travail. 
              Les psychologues ont distribué à la moitié des étudiants des formulaires leur indiquant qu'ils risquaient de redoubler leur unité de valeur s'ils n'obtenaient pas un score suffisant à ce test. (les vaches, c’est inhumain lol)
             Ces étudiants stressés se sont trompés beaucoup plus souvent que les autres, car leur mémoire de travail tournait au ralenti. En outre, ils étaient sujets au phénomène des pensées parasites: au milieu de leur raisonnement, qui leur faisait oublier le résultat intermédiaire et ils devaient tout recommencer.

              Pourquoi la peur perturbe-t-elle la mémoire de travail ? La mémoire de travail est gérée par le cortex préfrontal médian, dont j’ai souvent déjà parlé dans mes articles. La peur stimule le complexe amygdalien, dans le cerveau émotionnel, qui gère les émotions fortes et le stress et elle entraîne la libération d'une hormone du stress, le cortisol.
             Le cortisol se fixe sur ses récepteurs dans le cortex préfrontal médian, ce qui inhibe l'activité cérébrale dans cette zone, et perturbe la mémoire de travail.

              Face à une situation de danger, ce recul de la mémoire de travail, “intellectuelle”, permet à une mémoire instinctive, la mémoire épisodique, qui stocke tous les événements dans l’ordre chronologique, de travailler à plein régime. C'est elle qui mémorise les circonstances ayant causé le stress, de façon à ce que la personne concernée évite à l'avenir toute situation analogue.
             Ce système cérébral aurait été sélectionné pour soustraire nos ancêtres aux dangers naturels auxquels ils étaient exposés, mais, aujourd'hui, il n'est plus adapté (l’évolution est un phénomène très lent) et pourrait tout au plus conduire les élèves à fuir les salles d'examens ! Malheureusement, c'est bien souvent le cas des élèves qui ne parviennent pas à surmonter la peur de l'événement.
             Or, l'étude a montré que les plus vulnérables sont souvent ceux qui ont la meilleure mémoire de travail. Les systèmes de sélection qui soumettent les candidats à des stress trop intenses, risquent donc de laisser passer les meilleures recrues. Hélas, les organisateurs et exeminateurs de concours ne savent pas cela.
             C’est très dificile de lutter contre ce stress car comme vous venez de le constater c’est instinctif et partiellement inconscient.

              La meilleure lutte est une bonne préparation, qui vous donne confiance en vous. C’est aussi l’habitude des devoirs en temps limité en classe et des interrogations. On apprend peu à peu à maîtriser son stress. Les prépa scientifiques ont un régime barbare de “colles” toutes les semaines, mais c’est ainsi qu’on s’habitue aux oraux et à y réagir vite et calmement.
             Lorsque la peur vous tord les tripes, il faut essayer de refaire fonctionner son cortex préfrontal : s’il lit sans comprendre il faut l’obliger à réfléchir : noter les éléments clés de la dissertation, réécrire les équations à résoudre, faire un schéma logique de la question.
             Au besoin fermer les yeux dix secondes, se concentrer et se remettre au travail, avec méthode. Faire travailler sa main et son stylo car le cerveau est alors obligé de faire attention aux mouvements.
             Et se répéter qu’on est capable de réussir et non qu’on risque d’échouer.

     Et avant l’examen, 

              Riez avec des copains, cela vous détendra et vous permettra de vous sentir mieux:Quand vous riez votre organisme produit des endorphines, un opiacé naturel et grâce à elles on se sent bien quand on rit.

              Respirez à fond avec votre ventre. Notre respiration naturelle n’est pas suffisante pour l’oxygénation maximale de notre organisme. Quand le stress nous envahit les muscles de l’abdomen se contractent, les battements du cœur sont plus rapides, nous respirons plus difficilement. La respiration abdominale détend les muscles, calme notre organisme et apporte une meilleure oxygénation. C’est l’anti-stress naturel. Pensez-y devant votre copie…

              Mangez ! Votre cerveau a besoin d’aliments. Si vouus l’alimentez mal, votre cerveau puisera ces substances dans vos autres organes. Ne sautez jamais un repas et faites des repas équilibrés ! Surtout en période d’examen, pour bien fonctionner votre cerveau réclame au moins de 120 g de glucose par jour, soit une consommation de 5 g par heure.
             Le plus important ? Le petit-déjeuner… Après le jeûne de la nuit, votre organisme doit refaire le plein d’énergie. Il doit couvrir environ 25 % de vos besoins quotidiens en éléments nutritifs et calories : une boisson pour se réhydrater, par exemple un jus de fruit pour ses vitamines, des céréales (riches en fer et en vitamines) et un produit laitier sucré ou du pain et du beurre, éventuellement de la confiture; des fruits secs (noix, noisettes, amandes…) sont riches en magnésium, qui facilite la transmission d’information dans les synapses et  entre les neurones.
             Et n’oubliez pas de sucrer votre café ou infusion.

     

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