• Contrôler et utiliser nos émotions

         J'ai fait plusieurs articles sur le contrôle de nos émotions, mais il m'a été dit que je n'étais pas assez concret. Jevais essayer de l'être davantage dans cet article

         Savoir réguler ses émotions a toujours été une préoccupation des philosophes, aujourd'hui reprise par les psychiatres et les scientifiques de la neuropsychologie. Il existe de nombreuses méthodes pour essayer de contrôler ses émotions, que l’on trouve dans la littérature et je ne parlerai ici que de quelques unes que je connais un peu personnellement.
        Comme je l'ai dit dans mes précédents articles, cela suppose que l'on ait appris à reconnaître ses émotions, à les comprendre à partir de nos besoins et de nos désirs, et à les exprimer clairement pour bien les cerner objectivement et en diminuer l'impart subjectif.

        Comment réduire ses émotions négatives ?

        Essayons d’abord d’être réalistes et d’agir en “spectateur” .
        Il s'agit de comprendre que nos émotions négatives ne sont pas causées par une situation, mais plutôt par l'évaluation que nous en faisons.
        Il est donc possible de modérer l'émotion négative en recherchant une autre évaluation de la situation, une autre façon de l'envisager.

        Cette approche demande souvent qu'une autre personne nous donne son point de vue différent du nôtre, pour nous aider à envisager les diverses possibilités.

        C’est ce que je fais régulièrement avec les personnes qui me parlent de leurs problèmes. l
        Elles sont très concernées par eux, et il s’agit souvent de problèmes où les sentiments et les émotions sont très présents. Elle voient donc cela sous l’influence de ces sentiments et émotions, et elles ne sont donc pas objectives. C’est encore plus vrai si leur préférence de décision est celle des "valeurs et des goûts" et si elles sont aussi "pessimistes", alors que une préférence de décision “logique” tempère cette subjectivité.
        Moi, même si je comprends et suis sensible à leur peine, je ne suis pas directement concerné et donc je peux regarder les situations en “spectateur” et être moins influencé par mes sentiments et mes émotions. De plus ma préférence de décision est “logique”. J’ai donc un point de vue en général plus objectif.
        Nous comparons nos points de vue, nous en discutons et souvent, et ces personnes découvrent alors des aspects de leurs problèmes qu’elles n’avaient jamais envisagés et qui leur apportent des explications et un certain apaisement, et quelquefois des ébauches de solutions.

        Si par exemple, vous avez avez fait un certain travail et que  votre patron ou votre professeur vous critique, vous pouvez ressentir de la colère, de la déception, de l'angoisse, de la tristesse. Mais si vous vous astreignez à une réévaluation de la situation, tout cela peut changer. Vous pouvez vous dire que votre supérieur ou votre professeur n'a que peu de temps à vous consacrer, et qu'il se concentre sur les aspects négatifs par souci de vous améliorer, le reste de votre travail étant supposé bon. En effet, si 10% du travail laissent à désirer, c'est que 90% sont bons. Vous pouvez aussi vous rappeler que les patrons comme les professeurs (comme malheureusement souvent les parents), pensent rarement à insister sur ce qui est satisfaisant.
     
        Normalement, un tel travail de mise en perspective aboutit à un ressenti émotionnel légèrement différent. Une autre façon de réguler ses émotions négatives est la recherche d'un contact social accru. L'isolement est un facteur important d'émotions négatives, d'angoisse ou de tristesse.
        Dès lors, aller à la rencontre des autres pour partager ce que l'on ressent, pour renforcer des liens sociaux un temps négligés, est un bon réflexe. Même si l'on se sent parfois enclin au repliement sur soi lorsqu'on traverse une phase difficile, il vaut mieux tenter d'opérer un redressement émotionnel positif.

        Mais réguler ses émotions négatives, qu'il s'agisse de réévaluer ses points de vue ou de renforcer son lien social, demandent de l'énergie, de la motivation. Il faut donc donner un peu de soi pour en retirer ensuite davantage.
        Il faut se dire, avec l’accent du midi, “il faut que je me bouge !!! ”

    Que faire de nos émotions positives ?

        Dans le domaine des émotions positives, la régulation a aussi son importance. Il s'agit d'accentuer les émotions positives, de les prolonger, ou d'en augmenter la perception.
        Un projet réussi, la venue d'un ami, une fête agréable : ces événements provoquent des émotions positives qui, par définition, sont transitoires.

        Comment en prolonger l'effet, mieux les savourer ?

        Une première méthode est paradoxalement physique : exprimer au maximum, par des gestes, des paroles, des sourires, des intonations, des expressions du visage, la joie ou le bonheur qui vous traversent.

         Cette théorie de la régulation physique repose sur le fait que la perception intime d'un sentiment s'enracine en grande partie dans l'expression corporelle associée. Des chercheurs ont montré que les personnes à qui l'on demande expressément de sourire, expriment ensuite des émotions plus positives que celles qui adoptent une expression neutre.
    Les personnes atteintes d’une maladie très rare, le syndrome de Moebius, ont une inertie des muscles du visage, et gardent en permanence une expression neutre. Elles ne se sentent jamais réellement ni tristes ni joyeuses ; tout au plus affirment-elles « penser de façon triste », ou « penser de façon joyeuse ».
        Ainsi, se comporter comme si l'on était animé de sentiments positifs peut engendrer une émotion positive. Sans compter qu'à force de sourire, vous serez l'objet de l'attention d'autrui et susciterez des réactions positives.

        Une autre méthode d’activation des émotions positives consiste à en prendre totalement conscience et de repérer les moments de bien-être, pour s'y attarder.
        Le psychologue américain Fred Bryant, de l'Université de Chicago, a ainsi interrogé des personnes sur leur capacité à prolonger la joie du moment présent, et a constaté que les personnes qui possédaient cette capacité, étaient moins susceptibles de traverser des épisodes dépressifs ou d'être gagnées par le stress, la culpabilité ou la honte.
        C’est pour cela que je vous répète souvent que le bonheur, c’est profiter à chaque instant des joies qui se présentent. "Carpe diem" disaient les Romains.
        Comment s'y prendre ? Les bouddhistes, lorsqu’ils méditent dirigent leur attention sur le moment présent et sur leurs sensations corporelles, et finalement ils neutralisent leurs tracas, à la recherche de l’ataraxie des épicuriens. (Pour ceux et celles qui n’ont pas vu en philo ce qu’était l’ataraxie, cela veut dire “l’absence de troubles” et désigne la tranquillité de l’âme résultant de la modération et de l’harmonie de l’existence. L’ataraxie est le principe du bonheur dans le stoïcisme, l’épicurisme et le scepticisme, en étant un état de profonde quiétude, découlant de l’absence de tout trouble ou douleur.)
        En définitive, il s'agit de saisir le bonheur au vol : rester attentif à ce qui se passe en soi, cueillir les bonnes sensations et les savourer lentement comme un plat réussi.


        Comment utiliser ses émotions, pour ne pas se laisser piéger par elles  

        Lorsqu'on est « intelligent émotionnellement », on a reconnu ses émotions, leurs causes et leurs conséquences, on sait les exprimer, et les contrôler, bref  on dispose a priori de toutes les armes nécessaires pour faire de ses émotions des alliées, afin de mieux réussir sur le plan personnel, et dans ses relations sociales.
        Mais il ne suffit pas de savoir susciter ou prolonger ses émotions positives pour en tirer bénéfices. Elles peuvent en effet nous leurrer en nous faisant envisager la vie trop positivement, faussant ainsi notre jugement..
        Beaucoup de personnes voient la vie tantôt en rose, tantôt en noir et rarement en demi teintes. Tout est alors ou bonheur ou catastrophes et ces alternances excessives les stressent.
        Certains des chagrins d’amour sont dus au fait que l'on ne voit que les qualités de son petit ami et pas ses défauts et ne se rend pas compte d'un enlisement des sentiments. “L'amour est “aveugle “ dit le proverbe !

        Il importe de savoir faire la part des choses, d'être conscient de ces biais possibles, de distinguer ce qui relève d'un jugement objectif et ce qui est influencé par nos émotions.
        Avertis de ces effets trompeurs, nous sommes plus à même de minimiser les erreurs que les émotions peuvent nous faire commettre, et à retenir plutôt leurs bons côtés.

        Je vous livre ci après une conclusion de Moïra Mikolajczak, qui évoque enfin la "santé du corps".
        “Non seulement contrôler ses émotions est un atout dans le domaine des relations humaines, mais cette capacité est une protection contre les maladies, comme l'ont montré de nombreuses études dont celles du psychiatre James Blumenthal, de l'Université de Durham aux États- Unis.
        Les personnes disposant de bonnes capacités de régulation et de compréhension de leurs émotions sont moins vulnérables au stress, aux maladies cardio-vasculaires, à des maladies telles que l'asthme, le diabète, les maladies gastro-intestinales, voire certains cancers. En effet, les émotions négatives entraînent une libération d'hormones, tels le cortisol ou l’adrénaline, dont la présence prolongée a des effets négatifs sur le fonctionnement de l'organisme. Il n'est pas étonnant que les chercheurs aient trouvé que les compétences émotionnelles favorisaient la longévité.
        Identifier, comprendre, exprimer, réguler et utiliser ses émotions est possible et présente de multiples avantages. “

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  •  Aggressivité de l'homme et sociabilité de la femme.     J'ai consacré mes derniers articles au contrôle de nos émotions, mais ce n'est pas chose facile, car, à l'origine de ces émotions, intervient de nombreux neurotransmetteurs das notre cerveau.
          R.Thompson et ses collègues, de l'Université de Manchester, effectuent des recherches sur les neurotransmetteurs et leur influence sur nos humeurs, par exemple la colère, et ils ont notamment étudié la "vasopressine".
         La vasopressine, neuromédiateur libéré par l’hypothalamus, qui dans notre cerveau central contrôle tout le fonctionnement inconscient de notre corps, rend les hommes hostiles aux hommes, et les femmes... amicales vis-à-vis des autres femmes! 
        Cette molécule expliquerait pourquoi les hommes ont  tendance à se battre entre eux, et les femmes à s'entraider.

     
         Comment une même molécule peut-elle entraîner des effets inverses chez l'homme et chez la femme?
         La vasopressine est habituellement libérée dans le cerveau en deux circonstances: lors de l’acte sexuel et lorsqu'on est en situation de stress.
        Pendant l'acte sexuel, elle renforce les liens affectifs entre les partenaires et, chez l'homme, stimule l'agressivité envers les rivaux potentiels. Elle joue ainsi un rôle ambivalent.
        Les expériences ont montré que les femmes à qui on vaporisait de la vasopressine se montraient plus détendues lorsqu’elles voyaient des visages féminins inconnus

        Les chercheurs pensent que la cause doit être recherchée dans  notre passé préhistorique : pendant des centaines de milliers d'années, les principales menaces ayant pesé sur les communautés humaines étaient représentées par d'autres communautés, dans un contexte de guerre ethnique.
        Dans ce contexte, les hommes étaient plus dangereux que les femmes, ce qui explique que les hommes voient des ennemis dans les autres hommes. À l'inverse, les femmes voyaient dans les autres femmes des alliées pouvant les aider à protéger leur progéniture au sein de ce contexte hostile.
    Aggressivité de l'homme et sociabilité de la femme.     On dit souvent que les femmes sont plus sociables que les hommes: la vasopressine ap-porte-t-elle de l'eau au moulin de cette théorie ?

        Il va falloir que je trouve un vaporisateur de vasopressine, que je l’utilise au nez de deux hommes dont je voudrais qu’ils se disputent et au contraire en faire usage quand je vois deux femmes en colère que je n’arrive pas à calmer.
        Et puis j'ai parfois à calmer un chat en colère, vite, mon vaporisateur de vasopressine !! lool
     

     

     

     

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  • Nos émotions, parler ou écrire pour se sentir mieux.

        Je suppose que vous avez identifié la nature de vos émotions et que vous en avez compris les causes et les conséquences.
        Il faut alors les exprimer, car cela permet de mieux les contrôler ensuite.

         Mais ce n’est pas facile de rendre compte de ce que l'on ressent, sans que ces mêmes émotions ne troublent votre discours.
        On peut exprimer ses émotions oralement ou par écrit mais souvent la présence d’une tierce personne que l’on connaît (et dont on a peur du jugement), vous empêche de le faire de façon exacte et complète, car les émotions sont parfois difficiles à exprimer d'une manière socialement acceptable et sans que les autres vous jugent.
        Il est donc plus facile de le faire par écrit soit dans un journal intime ou dans un blog, soit avec un confident qui n'interfère pas avec sa famille ou ses amis, et qui ne les juge jamais et les écoute sans critiquer.
        Lorsqu’il s’agit d’émotions provoquées par une personne, il arrive qu’on ne parvienne pas à expliciter ce que l’on ressent pour autrui, ou qu’on le fasse d'une façon inadaptée. C’est souvent ce qui arrive en amour lors de problèmes avec celui qu’on aime, et le plus souvent le cas de malentendus, parce qu’on n’a pas réussi à se parler.

        Dans la plupart des cas exprimer ses émotions est un exercice bénéfique.
        Lorsqu'il s'agit d'émotions négatives, telles la peur ou la colère, l'expression peut être un moyen de réduire l'impact négatif de ces pensées et de leurs manifestations 
        Matthew Lieberman, de l'Université de Californie, a montré en 2007, que le fait d’exprimer une émotion calmement diminue l'activité des centres amygdaliens, (à l’origine de la peur, la colère et l'anxiété).
    .    L’expression de l'émotion peut servir à clarifier des situations conflictuelles ou ambiguës.
        Si votre petit ami a trop regardé d’autres filles lors d'une soirée, et que vous sous sentez bafouée et la colère monter en vous, si, lorsque vous êtes de nouveau seule avec lui, vous exprimez vos sentiments en analysant les choses posément, en choisissant des mots précis, le plus souvent, cette mise à plat désamorce les tensions et permet à l'autre de s'expliquer, voire de s'excuser.
        Dans des cas simples de rupture ou de chagrin d’amour, souvent le seul faitde confier ses malheurs et de discutre posément et logiquement, en essayant de se débarasser des émotions pour faire place à la raison, suffit à ce que la victime se sente déjà mieux et commence à tourner la page.
        Dans des cas plus graves de gros traumatisme, faire l’effort douloureux de le raconter,  soulage l’inconscient et on peut alors aborder un examen rationnel de la situation, de ses causes et par là même une analyse de ses émotions.

        Autre point positif de l'expression des émotions : le partage social des émotions.
        Selon le psychologue Bernard Rimé, de l'Université belge de Louvain, 80 % des personnes vivant un épisode émotionnel fort, éprouvent le besoin presque irrépressible de s'en confier à autrui, ce qui resserre les liens sociaux entre le narrateur et l'auditeur. L'émotion confiée suscite une émotion analogue chez l'auditeur : la communication est facilitée, les personnes se soutiennent et s'apprécient davantage.
        L'expression des émotions agit favorablement sur les relations sociales, au point que les personnes livrant des informations intimes les concernant, sont plus appréciées que celles qui s'en tiennent à des informations classiques.comme l’a montré une étude de l'Université de Buffalo en 1994.
        Je ne sais pas si c’est vrai pour les blogs maist je me méfierais aussi d’un certain “voyeurisme”. C’est pour cela que je recommande  de mettre un mot de passe sur les articles les plus intimes.

        On constate à contrario des inconvénients dans le cas des personnes qui n'arrivent pas à exprimer correctement leurs émotions, soit qu'elles n'en aient pas l'habitude, soit qu'elles cherchent délibérément à masquer ce qu'elles ressentent par pudeur excessive.        
        De plus, les normes sociales de de nos familles, et de notre société ou les usages des milieux dans lesquels nous évoluons (études, amis, profession, religion...) interdisent souvent de faire partager ses émotions.
        La rétention pour soi des émotions a généralement des effets nocifs.
        L'université Stanford a étudié les paramètres physiologiques (fréquence cardiaque, transpiration....) de personnes à qui l'on projetait un film suscitant du dégoût, et qui devaient masquer leur émotion. et elle a constaté que le simple fait de dissimuler l'émotion ressentie, entraînait une augmentation des paramètres physiologiques associés, comme si les effets masqués de l'émotion se trouvaient renforcés chez le sujet.
        Les psychologues ont constaté que les personnes ayant tendance à dissimuler leurs émotions vivent moins d'émotions positives et font état de plus d'expériences émotionnellement négatives lors d'un échange verbal avec autrui.
       D'autres études ont montré que le fait de cacher sa colère entraîne des troubles du sommeil chez les personnes souffrant de maladies coronariennes, et que cette « inhibition émotionnelle » prolongée peut altérer le fonctionnement du système immunitaire.
        J’ai souvent constaté que le simple fait pour certain(e)s d’avoir confié leurs ennuis et leurs conséquences émotionnelles et d’en avoir discuté objectivemnt pour déterminer causes et conséquence, diminuait ces émotions et le stress qu’elles entraînaient.

        Savoir mettre des mots sur ce que l'on sent, en parler à ses proches, partager autour de soi le monde intérieur de ses émotions, les exprimer par écrit pour soi s’il est trop difficile de les partager, sont des compétences émotionnelles qui rendent la vie plus facile, mieux adaptée au monde social, tout en améliorant la santé physiologique de notre corps..

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  • Comprendre ses émotions

        Dans le précédent article je vous ai montré qu’il fallait identifier ses émotions.
        Lorsque l’on a identifié ses émotions, il s'agit d'en comprendre les causes et les conséquences. Cette compréhension est indispensable pour pouvoir ensuite réguler ses émotions.
       

        La compréhension des émotions amène à se poser la question de ses désirs et de ses besoins.
        En effet, les émotions s'enracinent dans des désirs et des besoins qui sont ou ne sont pas satisfaits, et sont déclenchées par des événements qui ont un lien plus ou moins éloigné de ces aspirations.

        Par exemple, la tristesse peut provenir d'un besoin de partage et d'échange, de désirs d’amour ou de tendresse non satisfaits.
        Certaines personnes se sentent souvent tristes parce qu'elles ont l’impression d’être seules, qu’elles n’ont pas trouvé l’ami ou l'amie dont elles rêvent, ou parce qu’elles croient que les parents ou le compagnon ne les comprennent pas et ne font pas assez attention à elles.
        Toutefois. l'événement qui déclenche l'émotion en elle- même, celle qui va faire sourdre les larmes, peut être d'une tout autre nature. Cela peut être un film, un morceau de musique, une lecture, une parole malencontreuse d’une autre personne. Tout à coup, on éclate en sanglots pour une raison apparemment anodine. La cause de cette tristesse est autre : ce ne sont que des déclencheurs d'une émotion qui a une autre cause profonde.

        Comprendre le sens des émotions, c'est évaluer ses besoins, ses désirs et dans quelle mesure ils sont satisfaits.
        Lorsque, pour une raison ou une autre, une explosion émotive se produit, il faut éviter de l'attribuer au déclencheur le plus proche, le plus évident, mais s'interroger sur les causes profondes de cette manifestation.
        Cela n’est pas vrai que pour la tristesse, mais aussi avec la colère. Quand vous accumulez trop de frustrations que ce soit avec vos parents, vos amis, votre petit ami(e) ou dans vos études, vous vous énervez pour un rien.
        C'est aussi le cas de la joie : lorsqu'un chant d'oiseau vous rend heureuse, c'est souvent parce qu'il concrétise un état sous-jacent d'épanouissement, une réussite, une satisfaction, une victoire.
        Si vous avez beaucoup d’amitié pour quelqu’un et que cette personne a pour vous un geste de confiance et de tendresse, même anodin, ce geste peut beaucoup vous émouvoir et vous causer de la joie. C’est la constatation de cette amitié que vous souhaitez qui en est la cause profonde; le geste de votre ami(e) n’est que le déclencheur.

        Les  besoins et désirs sont les causes les plus fréquentes, mais se limiter à ceux-ci est trop restrictif. Il est évident qu’il peut y avoir aussi des événements graves qui déclenchent des émotions : une rupture, la mort d’un être cher, un accident.
        Mais derrière ces événements qui sont en partie la cause de votre émotion, c’est l’amour que vous aviez pour votre petit(e) ami(e) qui a rompu, l’amitié pour l’être cher qui est mort, ou la peur de la blessure ou de la mort par accident, qui sont également les causes plus profondes et inconscientes de vos émotions. A coté de l'analyse des désirs et des besoins, il faut analyser les éléments négatifs, les craintes, les peurs, les traumatismes.


        Comprendre ses émotions, c'est comprendre en quelque sorte, sa relation au monde.

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  •      J'ai fait tout au début de cette rubrique, un article sur les diverses sortes d'émotion, selon un psychologue américain, Plutchik, qui imagina notamment la roue ci-dessous :

     

          Je voudrai aujourd'hui aller un peu plus loin des cette reconnaissance de nos émotions.

          La plupart des personnes distinguent aisément si elles sont tristes, déçues, en colère ou culpabilisées, mais certaines ne parviennent pas à distinguer ces différents états et se sentent simplement « bien » ou « mal ».
        Il est pourtant essentiel de savoir identifier ce que l'on ressent, pour pouvoir gérer ses émotions et ne pas simplement les subir.
        Souventcertain(e)s ressentent une angoisse , des palpitations, une transpiration soudaine, le “coeur qui se serre” - (c’est le plus souvent l’estomac !) - et une envie de fuir ou au contraire de rester terrée sous sa couette, en refusant de vivre l'événement (ce qui ne le supprime pas !).
        Si ces symptômes ne sont pas identifiés par la personne concernée, comme ceux de l'anxiété, et que celle-ci n’ait pas d’explication valable, ils peuvent laisser celles ou ceux  qui les ressentent encore plus désemparé(e)s que si la peur avait été identifiée.
        Il faut apprendre à connaître ses centres amygdaliens !! lol

        Comment reconnaître ses émotions ?
        Selon la psychologue du travail Lisa Bellinghausen, de l'Université René Descartes, à Paris, il existe au moins trois voies d'identification :

        - d’abord la prise de conscience de ses pensées et de leurs orientations qui consiste à examiner quelles pensées dominent actuellement notre conscience (au sens avoir conscience de et pas au sens moral du terme).
        Prenons l'exemple d’une jeune ado en colère qui en veut à son petit ami qui regarde trop les autres filles. Cela peut être : « La vie est injuste, je ne suis pas respectée» Mais c’est là trop général. Il faut arriver à préciser que c’est dû à l’attitude désinvolte de son chéri et que donc à la colère se mêle de la jalousie.
        Et même est ce que cela ne va pas jusqu’à de la rancoeur (pas encore la haine heureusement), mais qui est la conséquence de l’amour.
        Par contre la colère l’empêche d’être triste.
        Une analyse de ses sentiments est donc indispensable.

        - Ensuite l'identification des modifications physiologiques de son propre corps : « Est-ce que mon cœur bat plus vite, est-ce que je transpire, est-ce que ma gorge se noue que mon estomac se serre? »
        Le psychologue américain Paul Ekman a montré que la peur, la tristesse et la colère se traduisent par une augmentation du rythme cardiaque, par opposition au dégoût, à la joie ou à la surprise.
        Mais tandis que peur et colère s'accompagnent d'une augmentation de la sudation, ce n'est pas le cas de la tristesse. La gorge se noue plus spécifiquement dans le cas de la peur.
        Le dégoût soulève l’estomac et donne envie de fuir.
        La joie vous rend léger, mais peut amener des larmes aux yeux qui ne viennent pas de la tristesse.    
        La surprise est voisine de la peur mais l’émotion passe vite, sauf si elle est due à une nouvelle traumatisante qui vous stresse alors (le chagrin de la nouvelle, pas la surprise !).

         Enfin, si l'on réussit à prendre un peu de recul par rapport à soi-même pour observer ses réactions sous le coup de l'émotion (tendance à devenir agressif quand on est en colère, par exemple), il est utile de mettre par écrit le contenu de ses pensées, de ses émotions,  car cela réduit l'impact négatif qu'elles peuvent avoir et cela empêche des blocages ultérieurs inconscients.
        C’est une des utilités des blogs et je recommande souvent à mes correspondant(e)s de faire cette “rédaction écrite”  de leurs émotions, quitte à mettre un mot de passe sur l’article en cause ou ne pas le publier. C’était autrefois le rôle des journaux intimes.

        La capacité d'identifier ses émotions est un avantage également lorsqu'il s'agit de détecter le sens des émotions d'autrui.
        Les neuropsychologues qui ont étudié les “neurones miroirs” ont montré  que la compréhension des émotions d'autrui suppose une reproduction interne de l'état émotionnel chez l'observateur. On identifie l'émotion de l'autre en la reproduisant en miroir, en imaginant ce que l’on ressentirait si on était à sa place.
        Toutefois n’ayant pas la même personnalité, les mêmes préférences cérébrales, on peut se tromper et il faut effectivement apporter des corrections à ce que l’on ressent en fonction de la connaissance de la personne que l’on a en face de soi.
        Cela explique sans doute pourquoi les individus qui savent bien apprécier le contenu de leur propre expérience émotionnelle réussissent mieux dans leur vie sociale ou en famille : ils savent mieux se contrôler, mais aussi mieux détecter les réactions des autres.
        Comment adapter ses décisions si l'on ne perçoit pas l'inquiétude, la déception la colère, mais aussi la joie et la surprise dans le regard d’autrui.
        Ceux qui en ont l’habitude et qui connaissent la personne en face d’eux  arrivent à en percevoir les nuances, informations précieuses pour guider au mieux leur propre comportement.

        Il faut donc s'entraîner à comprendre les autres après avoir essayé de se comprendre d'abord soi-même.

     

     

     

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