• Tristesse anxiété, angoisse.

    Qu’est ce que la tristesse ?

        La tristesse est une émotion naturelle de la vie, "négative" comme la peur ou la colère.(C’est ce que racontent les livres !)
        La tristesse relève d'un besoin, d’un manque affectif.
    Il est normal d'être triste, parfois de façon prolongée, (perte d'une personne, d'un animal, d'un objet qui ont une valeur affective, échec ou regret de n’avoir pas fait une chose importante).
        La tristesse est d'autant plus intense que la perte ou le manque est psychologiquement et subjectivement important. Les raisons de tristesse sont donc très différentes d’une personne à l’autre. Ce n’est pas un sentiment qui repose sur la logique objective et donc certaines raisons qui peuvent nous paraître futiles peuvent engendrer chez d’autres personnes une tristesse réelle.
        La tristesse est donc  le signe d’un “déficit" au plan émotif.
        La tristesse n'est pas la dépression et ne conduit pas à la dépression. Il faut savoir l'accepter, la laisser "sortir", pleurer si le besoin s'en ressent, sans se culpabiliser, ni se dévaloriser.
        Mais la tristesse peut devenir permanente et elle peut mener à l’anxiété.
    Elle peut aussi avoir des “pics” et ces paroxismes provoquent des angoisses.

    Ce sont donc des mécanismes qu’il va falloir que nous examinions.

        Les pensées tristes peuvent tourner en rond dans notre cerveau émotionnel, alors que normalement, le cortex frontal devrait intervenir et raisonner notre tristesse pour la faire cesser et nous inciter à des activités qui nous rendraient plus joyeux.
        On ne sait pas exactement quelle est à l’intérieur du cerveau émotionnel, l’origine des pensées tristes. On a simplement constaté que la tristesse et la joie activent les mêmes centres cérébraux dans le cerveau émotionnel et le cortex  préfrontal, la tristesse étant davantage prise ne compte par l’hémisphère gauche et la joie par l’hémisphère droit.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/Papez.jpg

        On constate aussi que le circuit de Papez qui intervient dans la mémorisation (voir l’article sur les mémoires), intervient aussi car les pensées tristes peuvent  activer les connections des neurones du circuit de Papez et ainsi “tourner en rond” dans le cerveau émotionnel, sans que les cortex préfrontal et frontal n’interviennent efficacement pour arrêter ce manège.
        Les centres amygdaliens sont ainsi sollicités en permanence et leurs réactions qui interviennent de façon analogue à la peur, constituent alors un malaise permanent que l’on appelle anxiété ou stress.

        L’environnement est un facteur important dans le cas de la tristesse.
    J’ai connu bien des jeunes qui avaient dans leur chambre des tentures sombres, et affichaient des posters de sang et de catastrophes, qui s’habillaient tout de noir et se fardaient aussi tristement, qui n’écoutaient que des chansons tristes évoquant des horreurs et des souffrances, lisaient des livres évoquant l’angoisse,  et la peur et n’aimaient au cinéma que les films d’horreurs et de violence, ou les films psychologiques évoquant des personnages au cerveau troublé et au bord de la dépression ou de la maladie mentale. Ces jeunes étaient souvent au bord de la dépression.
        Ce type d’environnement favorise les idées tristes et finit par établir comme une addiction à cet situation morbide et rend peu à peu la tristesse chronique en empêchant le cortex d’intervenir rationnellement et objectivement pour rétablir le contrôle du cerveau émotionnel par le cortex frontal.
        Le retour à la normale passe par l’abandon de ces pratiques : des couleurs vives , des lectures et des distractions gaies, des ami(e)s joyeuses et éventuellement le détournement de l’agressivité vers une activité sportive.
        Mais, si la tristesse se prolonge pendant des semaines, est omniprésente dans la vie quotidienne, se répercute sur la perception du passé, du présent et de l'avenir, reste insensible à des événements heureux, engendre une incapacité à éprouver du plaisir et s'accompagne d'une dévalorisation et d'une vraie douleur morale, on peut alors se demander si on ne va pas vers un état anormal qui est semblable à une maladie, la dépression, qui relève non plus du contrôle des émotions par le cortex, mais du médecin.

        Quelques mots sur l’anxiété (que l’on appelle aussi stress).

        La peur est une réaction ponctuelle qui n’a qu’une durée limitée.
       L’anxiété est une réaction analogue à la peur (et qui concerne donc les centres amygdaliens), face à une situation nouvelle ou menaçante qui a une certaine permanence. L'anxiété pourrait aussi naître lorsque les prédictions qui sont faites par notre cortex préfrontal, en se basant sur la mémoire de nos expériences passées, ne sont pas confirmées par l'expérience présente. 

        Le stress, c’est en quelque sorte une peur permanente.
        L’évolution a mis dans notre cerveau ce mécanisme pour que nous puissions survivre à ces changements ou à ces menaces et  le stress peut donc être très utile
        Nous ne sommes plus à la préhistoire et le danger stressant est rarement un prédateur, mais beaucoup plus souvent une situation sociale, comme un examen ou une menace verbale d'une autre personne.
       Notre cortex peut se représenter des situations qui auront sur notre cerveau le même effet que la menace concrète d'un prédateur. L’environnement a changé depuis la préhistoire, mais les réactions émotives de base restent les mêmes.

        Nous avons vu les réactions physiologiques que déclenchaient les amygdales en cas de peur. Ces modifications engendrées via le système sympathique sont toutes orientées vers une dépense importante et immédiate d'énergie et elles ne peuvent être maintenues trop longtemps sans que cela cause des problèmes à l'organisme.
        L'hypertension et les ulcères d'estomac sont par exemple des symptômes attribués au stress.

    Tristesse anxiété, angoisse.


        Sous l’effet de l’anxiété, les amygdales via l’hypothalamus et l’hypophyse vont faire sécréter aux glandes surrénales des hormone anti-stress glucocorticoïdes, notamment le cortisol qui est un corticoïde analogue à la cortisone (voir schéma ci-dessus).
       Ces substances anti-inflammatoires naturelles sont reconnues pour affaiblir à la longue notre système immunitaire.
      Donc quand l’une d’entre vous me dit qu’elle a raté un examen ou vécu une rupture amoureuse et qu'en plus, comme si le sort s'abattait sur elle,  elle a attrapé la grippe, ce n’est pas le fait du hasard. Il arrive également souvent que des personnes âgées meurent de chagrin quelques mois seulement après la mort de leur conjoint, alors qu’elles étaient en relative bonne santé..

        Deux mots enfin sur les angoisses.
        L’angoisse est, comme la peur un phénomène temporaire et provient d’une réaction trop importante des amygdales.
        L’angoisse se caractérise par l'intensité du malaise psychique ressenti qui résulte d'une extrême inquiétude, d'un danger vague mais imminent devant lequel on se sent désarmé et impuissant.    
       L'angoisse survient souvent sous forme de crises qui sont très difficiles à contrôler. L'individu a alors du mal à analyser l'origine de son angoisse, et s'affole d'autant plus qu'il sent les palpitations, les sueurs et les tremblements l'envahir. L'angoissé se concentre alors sur le présent et ne peut plus assumer qu'une tâche à la fois. Il présente des signes de tension musculaire et respire avec peine, son système digestif se contracte  et il digère mal. C'est une intervention des centres amygdaliens trop forte et qui ne cesse pas suffisamment vite.
        Le trac ressenti avant d'affronter un public ou le stress qui nous envahit avant une épreuve d’un examen scolaire sont aussi des formes d'angoisse, que l'entrée en scène et l'action dissipent généralement. L'angoisse peut donc aussi avoir un aspect positif si elle permet de mobiliser nos énergies pour donner le meilleur de nous-même à des moments clés, mais elle est nocive lorsqu'elle paralyse et empêche l'action.


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  •           Avec les attentats et les manifs des gilets jaunes et surtout des casseurs, la peur peut s'emparer de nous, impérative et de façon spontanée. Que se passe t'il en nous ?
               Les comportements qui surviennent lorsqu'un être humain est effrayé sont très semblables d'un individu à l'autre, quels que soient l’âge, la culture, l’éducation, le milieu. Et on retrouve des comportements analogues chez les mammifères.

                En effet, si quelque chose nous effraie, disons un bruit strident, notre première réaction est d'arrêter ce que nous étions en train de faire.
               Presque aussitôt, nous nous tournons généralement vers la source du bruit et tentons d'en évaluer le danger réel. Tout cela se fait très vite, de manière réflexe, et ne nécessite pas l'intervention de la conscience ou de la volonté.
              Si la source du bruit semble effectivement menaçante, nous nous figeons sur place et nous tentons d'évaluer s'il y a une possibilité de fuir ou de se cacher. Cela sera peut être notre réaction de sauvegarde , qui peut être un réflexe à peine raisonné : fuir le danger.
              Si, enfin, on se retrouve en contact direct avec la source du bruit qui s'avère être dangereuse, on n'aura plus d'autre choix que la lutte, c'est-à-dire un comportement de défense agressif pour éloigner ou détruire la menace.
             Enfin dans certains cas, la peur est tellement forte ainsi que l’impression de danger, qu’il y a blocage, sidération. On se cache immobile en espérant ne pas attirer l’attention du prédateur.

              Non seulement les comportements, mais les changements physiologiques qui surviennent dans l'organisme en proie à la peur sont aussi très semblables chez l'humain et dans le monde animal.
             Ce sont des changements déclenchés par le système nerveux sympathique pour nous aider à faire face à la situation : augmentation de la fréquence cardiaque, de la respiration, dilatation de la pupille, mobilisation des réserves de glycogène en vue de l’effort musculaire, concentration et attention visuelle.... qui permettent de concentrer nos énergies là où il y a priorité; mais aussi des phénomènes plus subtils comme la suppression de la transmission au cerveau de la douleur face au danger, un phénomène bien connu des soldats au combat. 

                 Chez l'humain, des réponses comportementales originales, tirant profit de nos capacités cognitives accrues, s'ajoutent souvent à la réponse physiologique. En particulier les centres amygdaliens vont influencer les expressions de notre visage et les intonations de notre voix.

              Mais ces capacités cognitives proprement humaines que nous confère notre cortex peuvent aussi être à l'origine de peur, d'anxiété et d'angoisse, car notre imagination et notre mémoire vont intervenir dans le processus qu'ils peuvent déclencher ou arrêter à tort.
             Finalement notre organisme a un processus naturel de défense devant la peur et le contrôle de notre cortex préfrontal peut s’avérer ensuite excellent comme très néfaste selon les circonstances.
             Voyons donc ce qui se passe au niveau du cerveau.

    Que provoque la peur en nous ?

               Les émotions des types peur, colère, tristesse, stress, anxiété, angoisse sont assez bien connues et les responsables principaux dans le cerveau de beaucoup des manifestations correspondantes sont les centres amygdaliens.          
              
     Les amygdales semblent en fait moduler toutes nos réactions à des événements qui ont une grande importance pour notre survie. Ceux qui nous avertissent d'un danger imminent sont donc des stimuli très importants pour les amygdales, mais également ceux qui signalent la présence de nourriture, de partenaires sexuels, de rivaux, d'enfants malheureux, etc.

               Ces centres nous permettent de réagir presque instantanément à la présence d'un danger. Tellement rapidement que c'est seulement après avoir sursauté que l'on comprend souvent ce qui nous a effrayé.
              Tout doit bien sûr commencer par une stimulation sensorielle quelconque comme la vue d'une forme étrange ou un son menaçant.

             L'information en provenance d'un stimulus externe atteint l'amygdale de deux façons différentes : par une route courte, rapide mais imprécise, directement du thalamus, et par une route longue, lente mais précise, celle qui passe par le cortex.

    Que provoque la peur en nous ?

                C'est la route courte, plus directe, qui nous permet de commencer à nous préparer à un danger potentiel avant même de savoir exactement ce dont il s'agit. Ces précieuses fractions de secondes peuvent, dans certaines situations, faire la différence pour notre survie.
                Le thalamus est le coordonnateur de nos perceptions : 40 fois par seconde, il interroge nos cinq sens et recueille leurs stimulus. Après une analyse ultra succincte en liaison avec les centres d’interprétation de nos perceptions et notamment ceux d’analyse de la vision situés à l’arrière du cerveau, il envoie quelques millisecondes après une alerte aux amygdales.
              Cette action fait naître des réactions émotionnelles avant même que la perception complète n'ait eu lieu et que le système puisse se représenter complètement le stimulus.

              Les amygdales vont en effet aussitôt réagir, comme on l’a vu dans l’article précédent, en intervenant par le canal du tronc cérébral (des centres au dessus de la colonne vertébrale qui règlent nos processus vitaux comme les battements de coeur, la respiration...) et  de l’hypothalamus, qui à eux deux agissent sur les systèmes sympathiques. (orthosympathique qui accélère les processus et parasympathique qui les ralentit).
              Elles vont agir sur le striatum qui contrôle nos mouvements.
              Elles vont aussi polariser tous nos sens et notre attention sur le phénomène détecté.
              Puis si le danger n’est pas vital, elles nous figent, en attente d’une analyse de la situation par le cortex péfrontal, ce qui est la route “longue” qui va prendre quelques secondes.

               En effet, après un traitement des différentes modalités de l'objet par le cortex sensoriel primaire, le cortex associatif (deux centres que l’on appelle “quoi” et “ou”) fournit une représentation précise de l'objet et de son environnement.
               Cette représentation élaborée de l'objet peut alors être comparée au contenu de la mémoire explicite grâce à l'hippocampe qui entretient lui aussi des liens étroits avec l'amygdale.
               C'est l'hippocampe qui permet en premier lieu l'apprentissage du caractère dangereux d'un objet ou d'une situation grâce à la mémoire explicite. L'hippocampe est aussi particulièrement sensible à l'encodage du contexte associé à une expérience aversive. C'est lui qui fait en sorte que non seulement un stimulus peut devenir une source de peur conditionnée, mais également les objets autour, la situation ou le lieu où il se trouve.
               A un niveau d'analyse encore supérieur les cortex préfrontaux et frontaux conceptualisent la situation, ses conséquences ainsi que celles de réactions futures; il élabore donc une stratégie et en informe également l'amygdale

    Que provoque la peur en nous ?

              Pour mieux vous faire comprendre je vais vous donner un exemple.
             Une jeune adolescente vient de se réveiller et elle va vers  la fenêtre de sa chambre voir le temps qu’il fait.
             Et là horreur !,... une énorme araignée noire toute velue est sur le rideau de tulle !
             Elle bloquée sur place, une bouffé de chaleur monte à ses joues, ses mains deviennent moites, son coeur tape dans sa  poitrine, sa respiration s’accélère, ses muscles ventraux se contractent et elle hésite à fuir. elle est paralysée quelques secondes et ses yeux ne quittent pas l’araignée, son attention est bien plus forte que pendant les cours au lycée !!

            Quelques secondes passent ainsi pendant lesquelles se produit un dialogue à peine conscient.
            Le cortex sensoriel a envoyé l’image au cortex préfrontal, qui prend la situation en main, à grand renfort de transmissions multiples aux neurones de divers centres.
           Le cortex préfrontal  demande à un centre du cortex associatif le “Où”, qui est chargé de faire la cartographie de l’environnement, de repérer de façon précise la position de l’araignée et de voir ses variations dans le temps : autrement dit, bouge t’elle, est ce un objet vivant ?
           Il demande à l’hippocampe combien une araignée a de pattes et comment est fait son corps, puis aux centres visuels aidés par le centre “mathématique” de Broca (celui qui gère la production de mots), de compter les pattes : tiens il n’y en a que six !!! Et elle n’a pas de tête cette araignée.
          Dans ces conditions d’informations, qu’est ce que je risque si j’approche pour mieux voir ? Cortex préfrontal réfléchit, évalue et donne son feu vert.
         L'adolescente fait un pas et l’analyse se poursuit plus précise.
         Finalement le cortex se rend compte que l’araignée est en laine, un “épouvantail” d’araignée, sans danger (danger à l’origine tout à fait minime, mais la peur des araignées estune phobie !).
        Les amygdales sont averties et lèvent l’alerte rouge en envoyant du GABA qui va ramener les paramètres de votre organisme à la normale.

        Mais les amygdales sont “vexées” d’avoir ainsi travaillé pour rien et de “s’être fait avoir”, alors elles vont mobiliser leurs neurones à adrénaline pour susciter une petite colère et aller baffer le petit frère de l'adolescente, à l’origine de cette mauvaise blague. ! IoI

     

     


        

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  •       Les psychologues étudient la capacité des humains à comprendre autrui (ou soi-même), et à imaginer ce que les autres pensent. Ils ont donné à cette capacité un nom bizarre : la « théorie de l’esprit » C’est en quelque sorte faire la théorie de ce qui se passe dans l’esprit des autres, , qui ne pensent pas forcément la même chose que vous. .
          Les neurobiologistes étudient comment le cerveau essaie d’effectuer ces tâches de compréhension, mais on ne possède pas encore des moyens suffisants (notamment d’IRM) permettant de savoir quand un nombre très petit de neurones s’active. Sur des animaux on peut implanter des électrodes très fines dans le cerveau (sans les faire souffrir), et donc aboutir à une plus fine compréhension, mais évidemment les animaux, même les singes supérieurs, n’ont pas les mêmes capacités que l’homme et l’extrapolation est hasardeuse.
          Cependant les études sur les singes ont permis de découvrir l’existence des « neurones miroirs », qui interviennent dans ce domaine.

           Certains neurones s'activent quand le singe exécute des actes moteurs simples, par exemple attraper un fruit. Mais ces mêmes neurones déchargent aussi quand le singe observe quelqu'un (autre singe ou homme) qui réaliser la même action. Comme ces neurones semblent refléter directement, dans le cerveau de l'observateur, les actions réalisées par soi-même et par autrui, ils sont appelés par les neurobiologistes “neurones miroirs”.

    Les neurones miroirs.

          Les neurones miroirs sont localisés chez le singe, dans une partie du cerveau du singe qui commande des mouvements complexe (aire "A" sur la figure).
          Chaque groupe de neurones est spécifique d’un geste et s’active si le singe effectue un geste dans un but précis ou voit un autre singe faire ce geste particulier.
          Ils restent inactifs lors de gestes simples, sans but précis ou automatisés.

          Pour savoir si les neurones miroirs jouent un rôle dans la compréhension d'une action, plutôt que dans ses caractéristiques visuelles, les neurobiologistes ont mesuré les réponses de ces neurones quand les singes comprennent une action sans la voir.
           On enregistre l'activité de ces neurones pendant qu'un singe observe des gestes accompagnés d'un son distinctif, (par exemple le son d'une feuille de papier que l'on déchire ou d'une cacahuète que l'on écrase). Puis on fait entendre le son au singe, sans lui montrer l'acte. De nombreux neurones miroirs de l'aire "A" qui s'activent quand le singe voit les actions associées à un bruit caractéristique, déchargent aussi quand le singe entend seulement les sons, sans voir l’action.

          Les neurones miroirs participent donc à la compréhension des actes moteurs, quand on peut comprendre une action sans la voir, comme c'est le cas à partir des sons ou des représentations mentales.

          Chez l’homme, les mêmes neurones miroirs existent dans l’aire des mouvement complexe mais d’une part il existe d’autres groupes de neurones miroirs et d’autre part, la capacité des humains à comprendre autrui (ou soi-même), et à imaginer ce que les autres pensent est beaucoup plus complexe et évoluée que chez les animaux.
     

          Les neurones de l’aire motrice ne concernent que l’effet miroir sur actions motrices de l’autre, c’est à dire les gestes.
          Mais il existe aussi des neurones miroirs dans l’aire voisine de Broca, (qui est une aire de production du langage : voir mes articles à ce sujet), et il s ‘activent lorsqu’on écoute les paroles d’autrui. Associés aux neurones miroirs moteurs qui examinent les expressions du visage, ils aident à comprendre le sens des paroles, notamment au plan émotionnel.
          Une différence importante chez l’homme pour les neurones miroirs moteurs est qu’ils s’activent non seulement quand il effectue un acte précis, quand il observe un autre faire le même geste, quand il imite ce geste, quand il entend un son lié à ce geste ou quand il pense que l’autre a l’intention d’ effectuer cette même action.

          Les neurobiologistes ont montré que ces neurones miroirs s'activaient quand on essayait de comprendre les actions d'autrui.
          Ils ont montré aux volontaires de leurs essais, une vidéo d'une personne saisissant  une tasse à thé pour boire son contenu, et une autre vidéo de la personne saisissant la tasse pour la mettre à la machine à laver.

          Les neurones miroir ont fonctionné modérément, car deviner l'action n'était pas évident.
          On a alors montré un table avec le goûter servi, prêt à être mangé et la tasse qu'on portait aux lèvres; puis la table avec les restes du goûter et la tasse qu'on emmenait à la machine à laver. Là encore les neurones miroirs ont fonctionné.
          Quand on repassait ensuite les vidéos initiales de la tasse seule, l'activité des neurones miroirs était très importante et les “hommes cobayes” reconnaissaient la destination du geste accompli.

           Par diverses expériences de ce type, les chercheurs ont montré que l'activité des neurones miroirs était importante chaque fois que l'on cherchait à comprendre les intentions d'autrui et cela d'autant plus que ces intentions étaient claires et nettes. Mais pour comprendre les intentions d’autrui, il faut pouvoir comparer ce que reçoivent les neurones miroirs à un répertoire des expériences passées et donc avoir acquis ce répertoire.

            Ils ont montré également une autre fonction des neurones miroirs : celle de l'apprentissage par imitation.
            Quel est le rôle des neurones miroirs quand nous devons apprendre par imitation des actes moteurs complexes entièrement nouveaux?

           Les chercheurs ont observé par IRM l'activité du cerveau de personnes imitant les gestes d'un joueur de tennis après l'avoir vu jouer.
          Quand les personnes observent l'expert, les neurones miroirs de leur cortex pariéto-frontaI s'activent. Et la même région est encore plus activée quand elles reproduisent les mouvements. De surcroît, dans l'intervalle de temps qui sépare l'observation de l'imitation, quand les personnes "préparent" leur imitation des gestes, une zone cérébrale supplémentaire s'active. Cette partie du cerveau, dans lle cortex préfrontal, est en général associée à la planification et la commande des mouvements et c'est également une mémoire de travail, et elle jouerait de ce fait un rôle central dans l'assemblage correct des actes moteurs élémentaires de l'action que la personne s'apprête à imiter.

           Enfin il semble que, chez l’homme, des neurones miroirs existent dans le cerveau émotionnel, notamment dans l’insula et le cortex cingulaire et peut être dans l’amygdale. Ils permettraient de comprendre les émotions de soi et d’autrui
           Mais l’on ne connait encore que très succinctement cette question.

          Les journalistes par contre exagèrent la fonction des neurones miroirs leur attribuant toute la compréhension des autres, ce qui est très exagéré. La compréhension des rapports sociaux est bien plus complexe.
          Dans le prochain article, je vous parlerai de l'apprentissage de gestes par de très jeunes enfants, qui dépasse le seul rôle des neurones miroirs.

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  •           Notre cerveau émotionnel est la partie intermédiaire du cerveau qui se trouve entre le cerveau central qui nous fait vivre et le cortex en surface, qui régit perception, réflexion, organisation, action.

              Il comporte de nombreux organes et les principaux sont les suivants :

    Notre cerveau émotionnel.

              Le Thalamus intervient pour collationner les sensations issues de nos cinq sens et les transmettre aux organes du cortex chargés de les interpréter. (voir mes articles sur l'interprétation de la vision). Mais il commence par envoyer immédiatement, avant toute interprétation, par envoyer un signal d'alerte aux centres amygdaliens, selon le schéma ci-dessous :

    Notre cerveau émotionnel.

              Les centres amygdaliens semblent en fait moduler toutes nos réactions à des événements qui ont une grande importance pour notre survie. Ceux qui nous avertissent d'un danger imminent sont donc des stimuli très importants pour les centres amygdaliens, mais également ceux qui signalent la présence de nourriture, de partenaires sexuels, de rivaux, de personnes malheureuses, etc.  Ces centres nous permettent de réagir presque instantanément à la présence d'un danger. tellement rapidement que c'est seulement après avoir sursauté que l'on comprend souvent ce qui nous a effrayé, et ils préparent l'organisme à la lutte ou à la fuite.
              Mais ils ont un rôle plus permanent : celui d'^tre le centre le plus sensible à la tristesse, au mal-être, au stress, à la dépression, et aux sentiments angoissants.
              Par ailleurs ils interviennent inconsciemment dans nos décisions car le cortex préfontal leur demande de prévoir les risques et les éléments nocifs des conséquence d'une décision potentielle, avant de prendre celle-ci.

              L'hippocampe est le professeur de la mémoire; j'ai déjà fait des articles à son sujet.

              Le gyrus parahippocampique est le GPS de notre cerveau, conservant des cartes de notre environnement (voir mes articles des 7 et 8 novembre 2016).

              Le septum évalue l'aspect hédonique des stimuli et le noyau accumbens celui des actions à venir, dans le cadre du circuit d'apprentissage (voir l'article du 30/4/17 à ce sujet).

              L'insula qui, on l'a dit dans un article précédent, informe le cerveau de réactions corporelles, et fait le lien avec des renseignements externes, et notamment intervient lors de nos rapports sociaux.

              Le cortex cingulaire a de nombreux rôles : il intervient dans la plupart de nos émotions, régule notre attention et participe à notre motivation

              Le fornix est la principale voie d'entre de l'hippocampe et il intervient dans la mémorisation des souvenirs épisodiques.

              Les ganglions de la base participent à l'élaboration des mouvements, et les émotions peuvent donc bloquer certaines actions par leur intermédiaire.   

              Cette description vous donne une idée de la complexité du cerveau émotionnel, qui intervient non seulement dans notre comportement émotionnel, mais également dans la plupart des phénomènes inconscients y compris ceux qui ont un rôle rationnel pour aider le cortex préfrontal (par exemple l'intuition).

     

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  •  

              Dans le dernier article, nous avons parlé d'émotions spontanées qui arrivaient brusquement en nous, sans que nous ayons conscience préalable de leur venue.

              Beaucoup d'émotions sont au départ inconscientes et sont en fait reliées au fonctionnement interne de notre corps, via l'hypothalamus (dont j'ai parlé dans un article du 15/12/2005, et de l'insularité.

              Au plus profond de notre cerveau existe un gros centre, l’hypothalamus, préside à la plupart des actes de notre vie végétative et instinctive. C’est lui qui régule notre organisme car il agit sur l’hypophyse, glande qui incluse dans le cerveau, commande toutes nos autres glandes productrices d’hormones, et d’autre part donne des ordres aux systèmes nerveux autonomes que sont le système ortho-sympathique qui accélère le fonctionnement de nos organes vitaux et le système para-sympathique qui ralentit leur fonctionnement.
              L’hypothalamus garantit ainsi dans notre corps un équilibre permanent physico-chimique que l’on appelle “l’homéostasie”.
              L’hypothalamus reçoit des informations de tous nos organes vitaux : coeur, respiration, état circulatoire, température, nos viscères, la douleur, la douleur, nos glandes ...
              En outre, il reçoit des informations de valeurs de concentrations chimiques dans le sang, les tissus, les organes viscéraux... Etat hydrique, oxygénation, concentration de nombreux ions nécessaires à l’organisme, hormones.
               Enfin il est connecté à de nombreux centres du cerveau qui l’informent également des libérations de neurotransmetteurs.
               A l’inverse, il les informe de la situation générale du de notre corps et notamment, on l’a vu les centres du circuit de récompense.
               A partir de ces informations il intervient pour sauvegarder les conditions de bon fonctionnement de notre corps, provoquant le fonctionnement de nos organes ou régulant ce fonctionnement au travers du système sympathique, modifiant les concentrations pour conserver le bon équilibre, incitant par l’intermédiaire de l’hypophyse, les diverse glandes à fonctionner et à produire leurs hormones.
              Finalement l’hypothalamus va être à l’origine de beaucoup de nos émotions, et notamment de nos “pulsions” car c’est lui qui va au départ fournir certains éléments déclencheurs (par exemple la faim ou la soif quand nous sentons l’odreur ou nous voyons un met ou une boisson que nous aimons, ou bien le désir sexuel...)
               Sur son action nous n’avons aucun pouvoir (sauf par médicaments ou drogues, mais c'est parfois aléatoire et variable d'une personne à l'autre).

             De façon analogue, l'insularité, qui fait partie du cortex insulaire, reçoit des informations provenant de notre corps, mais aussi de l'extérieur, de notre environnement et notamment de nos rapports sociaux. 
             
    Le cortex insulaire fait le lien entre notre corps et l'environnement et suscite aussi des émotions ou des pulsions inconscientes à l'origine. 

              Nous prenons conscience de nos émotions lorsque les informations sont transmises au cortex préfrontal
              On peut schématiser le fonctionnement du cerveau émotionnel selon le schéma ci dessous :

    Notre cerveau émotionnel et les émotions.

    Notre cerveau émotionnel et les émotions spontanées..

     

              Mais le cortex préfrontal peut aussi être à l'origine d'émotions, s'il provoque des cations capables de les susciter ou s'il va rechercher des souvenirs en mémoire, via l'hippocampe.

              Je serai amené à faire au autre article sur les diverses fonctions du cerveau émotionnel

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