• Pour communiquer, il faut être deux au moins.

      Je constate souvent que de nos jours, où les moyens de communication ont décuplé, la communication entre personnes, et notamment entre jeunes et parents était de moins en moins bonne.
        Je voulais donc écrire sur cette communication. Mais j’ai pensé à un article d’un jeune qui écrivait il y a une quinzaine d'années, sur Tchatcheblog, qui m’avait paru très pertinent et que j’avais conservé et qu’à l'époque il m’avait autorisé à citer.
        Le jeune auteur constate sa solitude et celle des autres; il a initialement tendance à dire qu’il n’est ni compris, ni aidé, puis découvre que pour communiquer il faut être deux :

        “Je n'avais d'ailleurs pas totalement tort... J'étais seul... En revanche, ce dont je ne me rendais pas compte, c'est que cette solitude, c'est moi qui la créais et qui l'entretenais... Oui parfaitement, c'est moi qui tournais le dos au monde...
        J’avais à mes cotés des personnes qui ne m'aidaient pas...
    Mais comment auraient-elles pu le faire alors que je refusais qu'elles m'approchent?
        J'avais à mes cotés des personnes qui ne me soutenaient pas...
    Mais pourquoi l'auraient-elles fait alors que je les envoyais balader?
        J'avais à mes cotés des personnes qui ne me regardaient pas...
    Mais pourquoi l'auraient-elles fait alors que je détournais le regard?
        J'avais à mes cotés des personnes qui ne remarquaient pas que je me sentais seul...Mais comment auraient-elles pu le remarquer alors que c'est moi même qui dissimulais volontairement ce que je ressentais.
        J'avais des personnes qui n’étaient pas à mes cotés ...
    Mais comment auraient-elles pu l'être alors que je les écartais très soigneusement de mon passage et ce, en les décourageant de revenir à la charge?

        Une des raison pour laquelle j'ai eu tant de mal à me retourner est cette peur... De soi... Mais en fait, surtout des autres... Plus précisément de ce que pensent les gens que j'aime...
        La peur de décevoir... On croit savoir qui et comment on peut décevoir. Des fois on se trompe, des fois non... Quand on pense décevoir, alors qu'on est victime par exemple, il y a environ 99 % de chance qu'on ne déçoivent pas si la personne en face est sensée... Je parle pour tout ce qui est grave et dont on a si peur de parler (ou pas envie d'ailleurs).....
        La peur que j'avais de décevoir, la peur que j'avais de moi, sous prétexte que je me sentais pas assez « bien » par rapport aux autres, était infondée...”

        Cette analyse me parait extrèmement pertinente et lucide.

        D’abord il faut être deux pour parler et chacun doit faire un pas vers l’autre.
        Quand vous jeunes vous souffrez, vous reprochez à vos parents d’être indifférents à votre peine, mais vous n’avez rien fait pour la signaler ou du moins pas d’explication claire, sans ambiguité, et cela mène parfois à des solutions extrèmes : scarification, drogue, tentative de suicide.
        Il faut trouver un moyen d’avertir avant d’en arriver là.

        Vaincre cette peur de décevoir, d’être mal jugés par ceux qu’on aime. Et pourtant !
        Mais il faut aussi que les adultes soient à l’écoute, qu’ils vous écoutent, en essayant d’analyser objectivement, de comprendre, et surtout de ne pas vous juger !

        Je m’en rends bien compte, car ceux qui s’adressent à moi ne m’ont pas réellement en face d’eux; je leur dis qui je suis, mais eux restent sous le couvert de l’anonymat.
        Ils voient que je les écoute et que je ne les juge jamais. On parle de leurs problèmes, mais aussi de certains des miens, notamment quand j’étais jeune, pour que la confidence ne soit pas à sens unique, qu’il y ait dialogue.    
        On parle de notre vie de tous les jours, de l’avenir, de ce qu’on voudrait qu’il soit.
        Cette peur de décevoir disparaît et une certaine amitié nait et fait que l’on a confiance l’un en l’autre, que l’on n’est plus seul, qu’un jeune peut s’appuyer sur l’adulte, mais aussi qu’il apporte à cet adulte des émotions et des joies, une connaissance d’une personnalité et de sa vie.

        On ne peut dialoguer qu’à deux et si chacun a confiance en l’autre.
        Ce n’est pas toujours possible, et j’ai malheureusement des exemples où la confiance entre parents et enfants a été totalement détruite. Il faudrait ne jamais en arriver là, mais on ne fait pas toujours ce qu’on voudrait !

     

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  •       J'ai eu il y a quelques années, et j'ai encore beaucoup de contacts avec des ados qui ont parfois des problèmes ou se posent des questions existentielles
          Certains se plaignent que leurs parents ne s’aperçoivent pas de leur âge et les surveillent comme s’ils étaient des enfants. D’autres au contraire, trouvent que leurs parents ne s'occupent guère d'eux et croient qu'ils les abandonnent. Quelques uns, pourtant d’un âge adulte, ne veulent pas quitter le giron des parents.

    Quand sortons nous du cocon familial ?

         Je ne crois pas que ce soit une question d’âge, mais plutôt d’état d’esprit, de moyens matériels et évidemment de l’éducation que l’on reçoit et enfin également, d'environnement, notamment familial et éducatif. Egalement des relations avec les camarades et amis.
        Je pense qu’on ne peut être vraiment indépendant que lorsqu’on est capable de mener sa vie seul, sans avoir ses parents derrière soi. Cela ne veut pas dire qu’on ne les aime plus et qu’on ne demande plus leur avis, mais qu’on est “responsable de sa destinée”.
         Il faut d’abord l’être matériellement et donc gagner sa vie, sinon on n’est pas responsable : on a une mentalité d’assisté !!!
        Ceci peut donc intervenir à un âge très différent selon les cas et notamment les études que l’on fait, et l'approche d'un métier, soumis de nos jours aux aléas du chômage..

        Encore faut il être capable de prendre des décisions et d’en assumer les conséquences.
         Cela demande d’analyser et de prévoir les événements, de définir ses actes et de tenir compte de leurs répercussions futures sur ce qui nous entoure et notamment sur les autres êtres humains : parents, ami(es), petit(e) ami(e), camarades.
         Les neurobiologistes nous disent que c’est le cerveau préfrontal qui nous permet de prévoir les conséquences de nos actes, et que ses centres ont besoin d’une certaine “expérience de la vie” pour se former et qu’il n’est vraiment mature , en général qu’entre 20 et 25 ans. Il y a donc une limite basse physiologique à notre sortie de l’adolescence et notre entrée dans la vie d’adulte.
          Mais il ne suffit pas d'avoir un cerveau, encore faut il l'entraîner. Si vos parents prennent toutes les décisions à votre place, si vous n'avez aucune initiative, si vous ne rencontrez pas de difficulté, si tout est programmé dans votre vie et que vous vous trouvez  isolé dans votre petit domaine, rien ne vous prédispose à vivre de façon autonome.

         La connaissance et l’acceptation des règles de la vie en société est aussi une condition impérative pour avoir notre indépendance.
         Certes les parents donnent en général à leurs enfants, des règles morales et de comporte-ment dans la vie . Mais je constate que certains d'entre eux oublient de donner une information et une expérience sur la vie réelle extérieure, qui peut être très différente du contexte familial. Pourtant c'est dans ce milieu extérieur que vous vivrez lorsque vous serez adulte et il vaut mieux y être confronté avant. Sinon vous risquez de découvrir ce milieu extérieur seul et sans préavis et aide, ce qui peut apporter de la part des autres des désagrément, voire pour certain la souffrance due à un certain harcèlement, si on vous prend pour souffre-douleur.
         Les conseils ne suffisent pas à cela. A parti d'un certain âge d stages dans des associations ou en entreprise peuvent être très bénéfiques pour appréhender le monde tel qu'il est.es 
         Il est certain que l’éducation que l’on a reçue et l’attitude des parents est une chose primordiale, pour faire cet apprentissage de la vie.
         Des parents qui couvent leur enfant et qui ne veulent pas se résigner à voir “l’oiseau s’envoler du nid” et à le laisser vivre sa vie sans décider tout à sa place, ne lui facilitent pas la tâche et risquent de l’étouffer ou de l’acculer dans l’égoîsme.    
          Mais à l’inverse, il ne me parait pas raisonnable de vous traiter dès le début de l’adolescence en adultes (que vous n’êtes pas) et de vous laisser la bride sur le cou, sans règles et sans surveillance et assistance.
        La transition doit être progressive.
        Dans l’entreprise où je travaillais, lorsqu’un jeune ingénieur arrivait, (22 à 25 ans), on désignait, outre son chef de service, un ingénieur “référent” qui était son “ange gardien”, chargé de l’aider, mais aussi de lui montrer les règles à suivre, les méthodes à utiliser, les erreurs à ne pas commettre.
         Votre référent à vous, ados, ce sont en général vos parents, aidés éventuellement des grands parents et dans certains cas, vos professeurs. .......
       
        Alors quelle peut être votre “liberté” à 15 ou 16 ans ? .
        Je ai peu de doléances de garçons; sont ils moins moins surveillés, s’accomodent ils mieux de cette surveillance, les parents considèrent ils que le monde est moins dangereux pour eux ? Je ne puis le dire.
        Je sais bien que les filles sont mures plus tôt que les garçons, c’est peut être pour cela qu’elles veulent décider de leur vie.
        Je remarque toutefois que paradoxalement, celles qui se plaignent le plus d’être brimées, sont celles auxquelles on passe tous leurs caprices, qui ont matériellement tout ce qu’elles désirent et auxquelles on laisse même une grande liberté de sortir.
        Cela ne m’a pas étonné, quand tous ses désirs sont satisfaits, le plaisir s’émousse et la moindre contrariété prend l’allure d’une brimade catastrophique.

        Je comprend que sur certains points vous souhaitiez participer aux décisions vous concernant : votre orientation scolaire, le choix de vos ami(e)s, les sports et activités qui vous intéressent, et que par ailleurs on ne vous traite plus comme un enfant, mais que l’on respecte votre “liberté d’opinion et d’expression” (mais encore faut ils que vous l'utilisiez et que vous disiez ce qui ne fonctionne pas comme vous le souhaiteriez).        
        Mais à l’inverse, vous n’avez pas encore l’expérience de la vie, et, sauf exception, vos parents sont à même de vous guider dans ces choix et de vous en montrer les avantages et les inconvénients avant que vous ne preniez en définitive une décision. D'ailleurs quand vous me consultez c’est ce que je me contente de faire : vous montrer certains aspects possibles de vos actes et vous m’écoutez en général avant de décider.
       
        Enfin et surtout, je trouve que beaucoup d’exemples que vous me citez sont puérils.
        Quand vous me parlez d’un conflit énorme pour le choix de la couleur d’une robe ou une différence d'une demi heure sur l’heure de rentrée d’une sortie (souvent à la limite des heures d’arrêt des transports en commun), je crois quand même que vous devriez réserver vos efforts d’obtention de votre liberté de choix, pour des causes qui en valent la peine.
        Etre adulte, c’est aussi faire la part des choses et réserver son énergie pour les actions qui aboutissent à un résultat important, à une satisfaction notable, à un choix déterminant pour le futur, sans la gaspiller pour des broutilles.
        En vous opposant à vos parents pour des futilités, vous les renforcez dans l’idée que vous êtes encore une enfant irresponsable.
         L'apprentissage pour être adulte, c'est l'apprentissage de la vie, certes des décisions de tous les jours mais surtout des décisions importantes d'avenir, et avant de les prendre, d'essayer de prévoir les conséquences des divers scénarios possibles. Ce n'est pas de tout repos, car il faut se forcer pour réfléchir ainsi, mais c'est à terme, la clé de l'indépendance.

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                Une correspondante s’inquiète parce que son fils de 3 ans parle à ses peluches, comme à des confidents, mais j'ai connu des jeunes au lycée ou à la fac, qui faisaient la même chose, et, si ce n’est pas avec une peluche, avec leur chat ou leur chien.
                Il arrive même qu’un enfant (voire un ado) ait un « ami imaginaire », auquel il se confie, avec lequel il discute et qui l’aide à résoudre ses problèmes, grâce aux conseils … (adressés à soi-même !).            
                Rassurez vous, cela est normal !  

               Il y a peu d’études dans ce domaine, mais elles montrent que ces actions sont bénéfiques, et ne dénotent aucun trouble psychologique.           
                Ce phénomène est très fréquent, mais les parents ne s’en aperçoivent pas et l’enfant oublie ensuite ce personnage quand il grandit.
                Les enfants savent très bien que leur compagnon (enfant, animal, peluche…) n’existe pas réellement, et que c’est leur imagination qui lui attribue la vie, mais ils imaginent ses réactions avec beaucoup de réalisme, ce qui surprend les adultes, car les dires de l’enfant feraient croire à un personnage réel. Ses caractéristiques peuvent évoluer au rythme du temps et selon les circonstances de la vie de l’enfant, car le personnage est soumis à sa volonté et à son imagination.
                 Certains enfants imaginent ces compagnons pour tromper leur solitude, lorsqu’ils se sentent seuls. (premiers nés avant la naissances des autres enfants ou enfants uniques).
                Ces compagnons aident aussi les enfants ou ados à surmonter des événements traumatisants : naissance d’un autre enfant, maladie, divorce des parents, mort d’un proche, déménagement dans lequel l’enfant perd ses camarades et ses repères. C’est donc un remède contre la solitude, la perte de quelque chose de précieux ou le rejet.
                C’est un compagnon un ami, qui apporte un soutien et l’amour dont l’enfant ou l’ado a besoin et dont le manque l’affecte.

                Mais des enfants qui n’ont pas de gros soucis ont aussi un compagnon (voir le cas de la fille du psychologue bien connu Piaget. C’est alors le besoin de communiquer, de s’exprimer - même mentalement) mais aussi d’imaginer.
                Les psychologues ont montré que les enfants qui avaient de tels compagnons avaient en général plus de créativité et s’exprimaient mieux dans leur langue. Ils présentent souvent davantage d’empathie sociale et semblent mieux comprendre les sentiments d’autrui (ils ont probablement ainsi exercé leurs neurones miroirs).
                Mais après tout que fait un adolescent ou un adulte qui joue à un jeu de rôle ? 
                           
                Un autre aspect du compagnon invisible, c’est l’aide qu’il apporte quand les enfants ont du mal à se plier aux règles des adultes, surtout quand ceux-ci ont plus tendance à leur faire des reproches que des compliments.
                Le compagnon peut servir de bouc émissaire que l’on punit pour la bêtise que l’on a faite, mais il peut aussi servir de conseiller moral : l’enfant a besoin d’un interlocuteur pour s’assurer qu’il a agi correctement. Dans les deux cas il permet à l’enfant d’exprimer ses émotions et sentiments, face à des pulsions qu’il doit contrôler.

                Lorsque l’enfant grandit, ses idées sur lui même, sur les personnes importantes pour lui, et sur son environnement évoluent et donc l’ami imaginaire suit cette évolution et se transforme lui aussi. Il devient aussi peu à peu un compagnon de jeu et il peut faire parte de tout un environne-ment imaginaire.
                En général l’ami imaginaire disparaît vers l’âge de dix à douze ans quand d’une part le jeune ado accorde alors plus d’importance aux amis réels, et d’autre opart quand il fait la différence entre les informations « publiques » et celles « privées » que l’on garde pour soi. Cette notion d’intimité n’existe pas pour le jeune enfant.
                Pour beaucoup d’ados, quelques garçons (plus rares parce que plus attirés en général par les groupes de copains) et pour presque 40% des filles, l’ami imaginaire » est alors remplacé par le « journal intime » (ou le blog). 

                J’ai connu un certain nombre de jeunes qui s’adonnaient aux jeux de rôles et certains étaient relativement âgés (en fac). J’ai remarqué qu’ils avaient un besoin d’identification avec les person-nages qu’ils jouaient, qui étaient en fait les personnages imaginaires qu’ils auraient aimé être, directement issus de leur Persona.
               N'est ce pas le petit copain imaginaire des enfants, sous une autre forme ?

               L'être humain a besoin de considération et d'amour et, lorsque la réalité n'est pas ce qu'il espérait, de rêve.


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  • Il y a, hélas, des enfants battus !

                 Je ne pense pas que la claque ou la fessée soit un bon moyen d'éducation.
                 Il me semble que cela arrive lorsque l'on est excédé, lorsque le jeune a dépassé les bornes et qu'on ne s'y attendait pas. C'est une réaction justifiée, mais qui prouve cependant que l'on n'a pas su rester calme, se maîtriser suffisamment vite, et on le regrette d'ailleurs ensuite, même si on ne le dit pas . Je le sais, cela m'est arrivé parfois avec mes enfants, mais cela ne m'arrive plus avec mes petits enfants et ce n'est pas qu'ils soient plus sages ! Quand j’étais gosse, il m’arrivait aussi d’en recevoir, je l’avais en général mérité et cela me rappelait que certaines règles ne doivent pas être transgressées et qu’il y a des limites à ne pas franchir.
                 Donc la claque il vaut mieux l'éviter, mais cela pose le problème de la “sanction”, et cela ne me paraît pas bien grave quand elle n'est pas violente.

                 Pour moi, bien que les parents croient avoir fait leur devoir d'éducateur, je considère qu'ils sont aujourd'hui d'un laxisme étonnant. La punition est ce que les parents craignent le plus.
                 Certes toute autorité n'est pas répressive : il faut prévenir plutôt que punir, il faut expliquer et convaincre avant tout, mais je pense que l'on ne parvient pas toujours à le faire et qu' il n'y a pas d'éducation sans recours aux sanctions. Il ne faut pas tomber dans l'excès inverse de croire que toute autorité est répressive et que en conséquence il vaut mieux ne pas faire preuve d'autorité. En fait on renonce ainsi à éduquer.

                 Mais on en voit également qui mettent leurs enfants et leur font mal, à la fois physiquement et psychologiquement.
                
     Là, je parle de véritable sévices, d’un parent qui “pète les plombs” et qui bat son enfant avec une ceinture, une laisse à chien, une règle et lui inflige des coups qui laissent des blessures et des marques pendant plusieurs jours, ou bien le tire par les cheveux au point de lui en arracher des touffes entières.
                 Cela ne devrait pas arriver et pourtant on le constate.

                 On lit souvent et on pourrait croire que c 'est surtout dans les classes sociales les plus défavorisées que l’on trouve la plupart des enfants martyrisés. L'insuffisance de ressources, le chômage, les logements exigus et surpeuplés, le déracinement, l'isolement au sein du groupe social sont souvent invoqués. L'instabilité des relations conjugales, les mères célibataires, les concubinages successifs avec enfants de plusieurs lits, la multiplicité des hospitalisations et des placements d'enfants, les nourrices clandestines de mauvaise qualité, l'éthylisme chronique, la débilité mentale, les anomalies de la personnalité des parents sont des éléments qui jouent sûrement sur la génèse de ce fléau.

                 Mais les jeunes qui m’ont parlé de leurs problèmes ne sont pas dans ce cas : ils font partie de familles aisées; les parents sont même souvent des personnes reconnues, qui paraissent “normales”, calmes et appréciés dans leur métier; leurs mères sont jeunes, jolies et cultivées, les maisons sont vastes et avenantes, et les enfants ont non seulement le nécessaire, mais aussi le superflu : chaîne hifi, ordinateur, téléphone portable, accès facile à la télé et ceux que j’ai connus travaillaient bien au lycée et n’étaient pas insupportables.
                 En apparence ces enfants étaient même joyeux, mais quand on apprenait à les connaître, c’était pour essayer de minimiser le fait d'être battues et se sentir mieux dans leur tête. un peu comme s’ils se disaient  "je ne peux pas y échapper, alors autant accepter et prendre cela avec le sourire ! " .
                 Mais en discutant avec eux je me suis rendu compte del’impact de ces sévices, au delà des blessures corporelles :  manque aigu de tendresse, peur et repli sur soi, sentiment d’impuissance et humiliation, grande anxiété, sentiment d’injustice et de révolte, perte de confiance en soi, et même paradoxalement sentiment de culpabilité : “qui suis-je et qu’ai-je pu faire pour que mes propres parents me fassent cela ? “
                 L’ado finit par être convaincu d’être mauvais, de ne rien valoir, et que c’est pour cela qu’il est l’objet de mauvais traitements. Cette culpabilité, cette honte de soi-même finit par mener à de l’autopunition comme la scarification, voire à l’autodestruction, aux pensées morbides.
                 Et ces ados malheureux(ses) avaient à la fois une profonde souffrance, mais cependant une certaine loyauté vis à vis des parents qu’ils ou elles aimaient et défendaient, ne voulant pas les accuser et leur cherchant des excuses.

                 Les personnes que j’ai connues n’avaient pas de troubles plus graves, mais les psychologues citent souvent, à coté de l’anxiété,des sentiments de dépression et d’auto-dépréciation, constatent dans de nombreux cas des difficultés scolaires qui s’expliquent par des difficultés d’attention et de concentration mais aussi de l’agitation psychomotrice et de l’agressivité. Mais ils constatent même parfois des troubles du langage, du comportement (comportement agressif et violent notamment) et même de l’identité.

                 Alors je me demande toujours comment les parents peuvent en arriver là.
                 On dit souvent que la violence sur les ados entraine l’apprentissage de la violence sur eux mêmes ou les autres, et que les parents qui battent leurs enfants l’ont été eux-mêmes pendant leur enfance. En fait les études récentes montrent que cela n’est pas aussi fréquent qu’on le croyait, mais évidemment ces études ne portent que sur des cas “déclarés”.
                 Dans les cas que j’ai connus, les parents n’avaient pas été maltraités mais avaient eu des parents sévères et souvents absents, un certain manque d’amour et une enfance triste avec des problèmes. Ils avaient aussi semble t’il, des problèmes mal acceptés dans leur couple. Ils donnaient fort peu de liberté à leurs enfants, notamment les filles, les surveillaient exagérément et  paradoxalement, je pense qu’ils les aimaient et en fait voulaient les surprotéger, mais très autoritaires, ils n’admettaient pas leurs envies de liberté et donc les tentatives de contournement et de mensonges qu’ils faisaient pour avoir un “traitement” comparable à celui de leurs camarades; et dans ces cas là les coup pleuvaient.
                 C’est vrai que ces enfants étaient parfois en faute et un peu têtus et impertinents, mais ce n’est pas une raison pour ne pas se maîtriser et pour les battre.
                 Dans d’autres cas, le problème venait de couples en train de divorcer, et dont l’ado faisait les frais des disputes et de l’énervement des parents, ou bien de famille recomposées avec mésentente avec le beau-père ou la belle-mère.

                 Je suis toujours embarassé par de tels cas. J’essaie d’écouter, de rassurer de consoler, d’apporter l’affection qui manque, de redonner confiance, mais je ne peux agir sur les parents. Alors il m’est arrivé de conseiller d’aller trouver l’assistante sociale, ou l’infirmière du lycée et de tout raconter sans honte.
                 J’ai d’ailleurs constaté que, sur des parents qui tenaient un certain rang dans la société locale ou auprès de leurs relations, et qui craignaient beaucoup que leur comporte-ment ne soit connu, en général, la menace de l’assistante sociale ou de l’infirmière qui disait avoir constaté les marques de coups et qui menaçait de tout révéler, suffisait à les faire évoluer vers une attitude plus calme.
                 Il m’est même arrivé une fois de me charger moi-même de prévenir une assistante sociale, mais c’était un cas grave où le père rentrait ivre le soir et où l’ado courait un réel danger.

                 Si vous connaissez un enfant, un ado qui est ainsi battu, essayez d’abord d’évaluer quelle est exactement la situation et si ce sont de simples claques ou vraiment de maltraitance. Mais dans ce dernier cas, vous devez en parler à un adulte tenu par son secret professionnel, et le meilleur choix, c’est un médecin ou une infirmière, car ils ont ensuite le pouvoir de vérifier si la jeune victime porte des traces de cette maltraitance et de savoir ce qu’ils doivent ensuite faire, selon la gravité du cas rencontré.
                 Ne rien faire, faire semblant de ne rien voir, c’est ne pas porter assistance à une personne en danger, qui de surcroît est votre camarade ou votre ami(e) ou un jeune que vous connaissez.

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  • Combattre l'impulsivité.

        A la suite de l'article que j'ai fait samedi sur l'impulsivité et des conseils du vieux singe de dimanche, j'ai reçu des mails me demandant comment combattre son impulsivité et surtout celle de ses enfants
        Je vais donc essayer de répondre à ces demandes en me servant de lectures d'articles, mais aussi de souvenirs personnels et de conseils de ma grand mère quand j'étais petit..

        Certaines attitudes sont nécessaires qu'il s'agisse d'impulsivité ou d'un autre problème :
        Un adolescent est un enfant en train de devenir adulte.
        Il a encore les mêmes besoins qu'un enfant : être aimé, écouté, rassuré, quelquefois grondé mais aussi encouragé, conseillé.
        Quelque soit le problème avec les jeunes que j'ai aidés il y a quelques années, je les écoute, je les prends au sérieux et je leur fais confiance; leurs problèmes m'intéressent et j'essaie de les conseiller mais je ne les juge pas. J'évite de ne voir que les côtés négatifs, je valorise plutôt les gestes positifs.
    Finalement la confiance s'installe, on m'appelle papynet, et la discussion peut avoir lieu sans réticences.
        Créer un climat d'écoute, d'attention, de confiance et d'affection est toujours essentiel.

        Venons en à l'impulsivité.

        Il y a d'abord des actions très générales qui peuvent inciter à diminuer l'impulsivité d'enfants dont on a la charge :
            - Réagir rapidement avant qu'il adopte un comportement hostile que ce soit par un geste, un signe verbal ou non-verbal.
            - L'aider à développer sa personnalité, sa volonté et surtout l'estime et la confiance en soi.
            - Développer les idées de non-violence; montrer les risques de conduites impulsives.
            - Renforcer les comportements amicaux, de coopération et d'entraide dès qu'ils se manifestent.
            - Forcer les jeunes à régler leurs conflits ensembles et à trouver des solutions (tout en surveillant comment cela se passe pour éviter que cela ne dégénère).
            - Prévoir un coin sécuritaire et reposant où l'enfant pourra se retirer pour se sentir rassuré et aussi pour réfléchir sur ses gestes ou ses paroles;(sa chambre par exemple).

        On peut ensuite aider l'ado à traiter son impulsivité et son agressivité. On peut aussi , si on est un grand ado, s'améliorer soi-même :

        Il faut d'abord essayer d'avoir un  tempérament plus calme et des actions très générales y contribuent :
        Pratiquer des activités de relaxation peut être très efficace. Cela détend le corps mais aussi l'esprit. Quand j'étais un jeune adulte, je me crispais facilement et j'avais du mal à me détendre et lors de la naissance de mon premier enfant, j'ai  accompagné ma femme aux cours d'accouchement sans douleur et cela m'a en partie appris à me relaxer.
        Penser à ses désirs et travailler à réaliser ses rêves. Enfant, quand je commençais à m'énerver, ma grand-mère me disait “essaie donc de rêver un peu à ce qui te plairait de faire”.
        Gardez en tête les choses que vous aimeriez réaliser, les projets que vous aimeriez mettre sur pied. Apprenez à vous organiser en fonction de vos objectifs. Vous canaliserez ainsi votre énergie vers un objectif réfléchi.
        Faites vous plaisir : Changez-vous les idées en pratiquant des activités que vous aimez. Respectez vos limites au travail et n'oubliez pas de prendre soin de vous. Accordez-vous des pauses et des petits plaisirs, même en période d'activités intense. Ceux-ci sont nécessaires pour votre bien-être et pour votre équilibre !
        Banissez de votre esprit les expressions trop manichéennes, tout n'est pas seulement blanc et noir : certaines idées viennent systématiquement à l'esprit lors de situations irritantes et empêchent de bien voir la réalité. Pour ne pas laisser vos émotions négatives vous dominer, commencez par proscrire de votre vocabulaire intérieur par exemple des mots tels que « toujours » et « jamais », ce qui ramènera les choses à leurs justes proportions.
        Prenez des risques avec philosophie : apprenez à accepter le risque de ne pas réussir ! Les échecs font partie de la vie. Il s'agit de savoir en tirer les leçons qui s'imposent pour construire votre avenir et ensuite de tourner la page. Affrontez les difficultés avec philosophie et voyez les différentes étapes de votre vie comme des expériences enrichissantes à vivre plutôt que comme des obstacles stressants à affronter.
        Développez votre patience; entraînez vous à faire des tâches délicates et un peu fastidieuses qui demandent du soin et de l'attention.

        On peut ensuite traiter l'impulsivité de façon générale :

        Déterminer les sources de ses réactions impulsives : Qu'est-ce qui provoque ces réactions ? La peur, l'insécurité, le stress, votre manque de confiance ou tout simplement unpetit ennui ? Dans quel genre de situation êtes-vous généralement le plus souvent à fleur de peau ?
        Devant ces situations, reprenez votre souffle et pesez le pour et le contre avant d'agir et de réagir: prendre un peu de temps pour réfléchir avant d'agir est une excellente façon de rester calme.
        S'habituer à sentir ses émotions et à les traduire en mots (le langage est le support de la pensée réfléchie) sans réaction impulsive, avant d'éclater et de se désorganiser. Anticiper les circonstances et les contextes où l'on a tendance à être impulsif. Reconnaitre les signes avant-coureurs de l'impulsivité : envie de passer immédiatement à l'action, observation désordonnée et superficielle, besoin d'aller vite, sentiment d'être pressé...
        Revenir à la raison : l'impulsivité c'est la bride laché au cerveau émotionnel(les amygdales notamment), par le cortex qui ne réfléchit pus assez et ne contrôle plus les décisions et les .actions.
        Il faut donc essayer de mettre de coté un instant ses émotions et de rendre l'initiative à la réflexion en examinant la situation comme si on lui était extérieure, en observateur.
        Essayer de se concentrer : en général dans un comportement impulsif, les pensées se bousculent et on a une attitude distraite. En fait il faut essayer de se concentrer sur le problème, de l'analyser, de réfléchir aux solutions et de ne pas agir immédiatement, mais de remettre la décision à la fin d'une analyse plus sérieuse de la situation.
        C'est difficile pour les gens de préférence cérébrale “J” qui veulent décider et agir rapidement mais également pour les gens de préférence antagoniste “P”qui n'ont pas l'habitude d'agir sur les événements mais de s'y adapter.
        Essayer d'évaluer objectivement les risques de ses actions avant de les entreprendre :      cela retarde la réaction et éviterait les impulsions qui risquent d'avoir des conséquences néfastes.
        Préférer le contact direct aux discussions virtuelles (mail; MSN, téléphone) dans le cas de discussion difficile : j'ai trop souvent été témoins de ruptures par téléphone ou MSN, par lâcheté (peur d'être en face de l'autre) ou par culpabilité.vis à vis de l'autre.
        Le manque de retenue dans les communications - les propos offensants, embarrassants ou carrément grossiers - sont plus fréquents dans les communications en ligne que dans les communications en face à face.
    Les psychologues expliquent ceci par une certaine “desinhibition", due entre autres à l'anonymat d'un pseudonyme, l'invisibilité aux autres; le délai entre l'envoi du message et la réception de la réponse; le fait d'être seul(e) à son clavier et le manque de responsable de l'autorité en ligne.
       
        Et enfin on peut traiter les “crises” elles-mêmes.

    Combattre l'impulsivité.

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