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    Qu'est ce qu'un enfant surdoué ?

        Il m’arrive de recevoir des mails de jeunes ou de parents qui me demandent un avis sur les « surdoués » et les ennuis qu’on leur prédit souvent dans la presse.
        Je trouve que l’on raconte beaucoup d’informations inexactes à ce sujet et je voudrais donc donner quelques précisions qui pourraient intéresser d’autres personnes que ceux qui m’ont écrit et à qui j’ai répondu.
     

     Qu’est ce qu’un enfant précoce et qu’un enfant surdoué pour les psychologue ?

        La définition qu’on donne souvent est liée au QI et pourtant le QI ne teste qu’une partie de l’intelligence et si on fait plusieurs tests à divers intervalles, les scores varient de quelques points. A mon avis, le QI n’est pas une référence suffisante pour classer un individu dans une catégorie s’il n’est pas accompagné d’un bilan psychologique plus important. Il s’agit toutefois de tests de QI rigoureux par rapport à ceux des magazines, et destinés aux enfants, issus des tests initiaux de Binet
            Un enfant doué a un QI entre 110 et 120, un enfant précoce un QI supérieur à 120 et un enfant surdoué un QI supérieur à 130.
            En France les enfants de QI supérieur à 120 représentent environ 6,5 % et ceux de QI supérieur à environ 2 % de la population d’enfants, soit 1 sur 50 environ, ce qui n’est pas négligeable. (la médiane de QI- 50%- est par définition 100).
        J’en ai connus aussi quand j’étais enfant, mais on ne les appelait pas ainsi. On disait simplement qu’ils étaient un peu plus doués que les autres (et encore !) et on parlait d’enfant « précoces » ou « en avance ».
        En fait cette dénomination de “surdoué” date de 1970 et le docteur Ajuriaguerra, définissait alors ce néologisme comme “un enfant qui possède des aptitudes supérieures qui dépassent nettement la moyenne des capacités des enfants de son âge. «

            Il ne faut pas croire qu’un enfant surdoué est un “prodige” comme Mozart, la plupart d’entre eux ne réalisent pas des choses exceptionnelles. Autrefois on disait  simplement qu’ils avaient de grandes “facilités” et probablement un certain “potentiel” et les professeurs les suivaient particulièrement afin de les encourager et de veiller à ce qu’ils se servent de cette capacité favorable.
            En effet autour des années 40, dans la lointaine province ou je vivais (les Pyrénées), tous les enfants passaient en classe vers 10 ans (souvent à l’entrée en sixième) un QI type Binet, qui ensuite servait aux professeurs à adapter leur enseignement et à soutenir aussi bien les meilleurs que les moins bons résultats.

        Les bases biologiques de ces intelligences sont méconnues. On avance souvent deux raisons : un nombre de centres de mémoires tampons plus important et une meilleures myélinisation entraînant une vitesse plus grande de propagation de l’influx nerveux, mais ce sont des hypothèses. D’autres constatations sont faites .
            À l'Université de Lille, Jean-Claude Grubar a montré que le sommeil des enfants précoces comporte des phases de sommeil paradoxal (le sommeil des rêves), plus longues que chez les autres enfants du même âge.
            De plus, on constate que les mouvements de leurs yeux dans les phases de sommeil paradoxal, sont presque deux fois plus fréquents chez les surdoués que chez les enfants du même âge, ce qui est, au contraire. caractéristique de l'adulte.    
            La longueur des phases de sommeil paradoxal et la fréquence élevée mouvements oculaires refléteraient une capacité inconsciente à organiser, pendant ces phases de sommeil, les informations emmagasinées durant l'éveil.
            On constate aussi que ces enfants évaluent mieux que d'autres les conséquences de leurs actes et les risques qu'ils prennent. C'est une question d'entraînement au contact des adultes, et il est probable donc que leur cerveau préfrontal est mature plus précocement. C’est pour cela qu’on les appelait « précoces ».

          Je pense qu’un enfant précoce ou surdoué a certainement certaines prédispositions génétiques ou du moins innées. Mais je reste persuadé que le rôle des parents et de l’éducation et de l’instruction est fondamental.
            J'ai connus des cas précis que je ne citerai évidemment pas.
            Si les parents et les grands parents s’occupent beaucoup de cet enfant, lui apprennent à parler relativement tôt, conversent avec lui, répondent à ses questions, ses facultés se développent tout jeune.
            Si à partir de 4 ans on lui apprend rapidement à lire et à écrire puis à compter et à effectuer les quatre opérations, qu’on le fait dessiner et acquérir des repères spatiaux, il va lire beaucoup et acquérir du vocabulaire et des facultés logiques et de calcul, souhaiter développer ces notions par curiosité et donc se perfectionner en mathématiques très élémentaires et en vision spatiale.
            Rien d’étonnant qu’à 8 ou 10 ans, si on lui fait passer un test de QI, basé sur la logique, le calcul, la représentation spatiale et la connaissance de la langue, qu’il ait un score très élevé. Il n'est pas super-intelligent, il est simplement entraîné et a eu une" éducation précoce".
            C’est un enfant qui avait certes des facilités, mais qu’on a formé avec temps, attention et amour, et qui a développé son esprit et son intelligence par l’exercice, et à qui en plus, cela plaît de le faire, et qui donc, a pris l'habitude de travailler, sans que cela lui en coûte.
            Mais c’est un enfant tout à fait normal et pas une bête de cirque, comme l’on voudrait nous le faire croire aujourd’hui (les médias et les psys, mais aussi quelques parents!).


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           Le dialogue ados-parents est encore moins facile aujourd’hui qu’autrefois; pourquoi?

          J’ai souvent constaté que les jeunes avaient souvent assez peu confiance en eux, surtout les filles, pourtant, on fait tous des erreurs mais ce n’est pas une raison pour ne pas avoir confiance en soi. Les gens heureux ont tendance à avoir un niveau d’estime de soi t élevé. : ils acceptent ce qu’ils sont, rayonnent de confiance, sont fiers de ce qu’ils réalisent.

         Mais la façon dont se forge l’estime de soi, de nos jours, est assez différente de ce qui se passait quand j’étais jeune. Qu’en est il donc aujourd’hui.

     

         Comme autrefois «  l’estime de soi » repose sur l'acceptation de soi, avec une appréciation de ses forces, de sa valeur et le fait de se sentir capable de faire face aux défis  et difficultés de la vie, mais aussi une connaissance de ses défauts et une volonté de les combattre. 

         Mais d’une part la confiance en soi ne résulte pas que de l’estime de soi, et d’autre part, les points de comparaisons pour s’évaluer soi même, ont changé.

     

         D’abord, il est très important pour les jeunes d’aujourd’hui, d’être en accord avec les valeurs de leur groupe, alors qu’autrefois, certes le groupe de copains était important pour nous, mais nous étions beaucoup plus indépendants d’esprit, car nous n’avions pas le bombardement incessant de la télé, de sa pub et d’internet, et nous avions beaucoup plus de temps pour réfléchir, n’étant pris ni par l’ordinateur, ni par le téléphone, qui n’existaient pas (le téléphone fixe était après la guerre, réservé aux professionnels et si leurs parents en étaient dotés, les jeunes n’y avaient pas accès).

         En effet les jeunes ne fondent plus leur estime de soi sur leurs valeurs personnelles, mais plus sur le fait d’être capable d’agir selon les valeurs dominantes de leur environnement culturel, et notamment de leur groupe.

     

         Cependant dans des études faites par des psychologues auprès de jeunes du monde entier, on retrouve des valeurs très classiques, qui sont à la base de l’estime de soi : remplir son devoir, aider les autres, améliorer son statut social, contrôler sa vie.

     Ils ajoutent que dans les pays en développement, Asie, Afrique, Amérique du Sud, où les valeurs de tradition dominent, «faire leur devoir» est très important pour les jeunes, pour se sentir bien avec eux-mêmes.

         En Europe et aux USA, le sentiment «de contrôler leur propre vie», est le plus important, et ce n’est pas toujours facile. 

         Personnellement, au contact des jeunes avec lesquels je correspond, j’ai l’impression que le problème, et l’image qu’ils ont d’eux mêmes, sont beaucoup plus complexes, et que des préoccupations mineures et des rituels de leur groupe et de leur environnement interviennent, avec autant d’importance voire plus que les problèmes cruciaux.

     

           En fait ce que je constate quand je compare ma jeunesse et les temps actuels, je pense que progressivement, nous sommes passés d'une société de règles, où les adultes (parents et professeurs principalement), donnaient des ordres que l’on respectait, car nous pensions d’une part qu’ils nous éduquaient et d’autre part qu’ils nous faisaient bénéficier de leur expérience, à une société de normes plus ou moins explicites, dictées par la mode, les médias et l’environnement des copains.

         Chacun a donc perdu ses repères. Les ados ont gagné en liberté, mais ressentent en même temps des angoisses nouvelles car ils ignorent contre qui ou quoi se heurte, et on constate que 10% d’entre eux ont des velléités dépressives.

     Quant aux parents, ils ne savent pas gérer leur rôle dans cette période de mutation et ont tendance à laisser faire, de peur qu’on ne les aime plus.

         La discussion parents, enfants est souvent inexistante, on n’ose plus aborder des tas de sujets devenus tabous; en classe le lien entre professeurs et une partie des élèves n’existe plus, et l’expérience de la vie des anciens ne sert plus aux jeunes qui se retrouvent seuls face à la vie.

     

         Il faut être conscients que, contrairement à ce qui se passait autrefois, maintenant, du fait des textos, messagerie, réseaux sociaux sur Internet, les adolescents passent désormais plus de temps entre eux qu'avec leurs parents. 

         Cela n'est pas sans conséquences : ils apprennent la sexualité à travers des images plus ou moins pornographiques et surtout ils sont soumis à la pression des médias, de la publicité, de la consommation. La comparaison avec ce qu’a son copain compte plus que ce que l’on a soi-même, et même si l’on est comblé, c’est une catastrophe si on n’a pas une babiole sans importance qu’ont les autres et que vos parents vous ont refusé.

         Les modèles médiatisés sont totalement contradictoires avec ceux que la plupart des parents ont envie de transmettre à leurs enfants : par exemple pour les filles, vouloir plaire à tout prix au risque de devenir objet, et pour les garçons ne voir dans l’amour qu’un passe temps sexuel et se vanter de ses conquêtes, et pour tous, ne pas se respecter, ne s'estimer qu'aux marques que l'on porte, mépriser l’effort et ne penser qu’à profiter de la vie.… Et l'autoritarisme ne sert plus à rien car les adolescents sont plus sensibles aux gains qu'aux pertes. Les punitions ont moins de portée que les carottes.

     

         Ce qui me navre, c’est que, les codes ayant changé, les parents ne voient plus ce qui se passe et les adolescents qui vont mal sont trop souvent sous-évalués, voire ignorés, car ce ne sont pas forcément eux qui font le plus de bruit.

         Je n’ai pas d’action directe sur les jeunes qui m’écrivent, n’ayant que des contacts virtuels, mais je constate que les écouter, leur laisser exposer leurs problèmes car ils sont soulagés de trouver une oreille qui les entendent et ne les juge pas, essayer de les décortiquer avec eux pour qu’ils comprennent mieux la situation et en minimisent les inconvénients et contraintes, les aider à trouver des solutions aux problèmes, voire quelquefois les aider dans leurs difficultés scolaire, arrive à les soulager d’un certain stress, d’une certaine angoisse.

         En fait c’est un rôle que jouaient autrefois les parents et surtout les grands parents.

    Nous avions avec eux des « contrats » de comportement et les deux parties le respectaient, mais ils résultaient d’un dialogue et donc d’une compréhension mutuelle.

         Pourtant c’est sûrement possible encore. Il m’arrive souvent de montrer à certain(e)s de mes correspondant(e)s que ce qu’ils ou elles ont fait était préjudiciable à elles mêmes et aux autres, et de leur montrer qu’on peut mieux faire, et c’est accepté sans acrimonie. Seulement celai intervient après une longue discussion où je les ai écouté(e)s et où j’ai essayé de les comprendre, d’appréhender le comportement de jeunes qui n’ont plus les mêmes valeurs que moi…(encore que souvent ce ne soit pas si sûr….)

     

        Mais même si le monde a changé, il ne faut pas croire que le problème de la jeunesse est nouveau, comme le montrent ces témoignages plutôt alarmistes :

     

    « Cette jeunesse est pourrie depuis le fond du coeur. Les jeunes gens

    sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme la jeunesse d'autre-

    fois. Ceux d’aujourd'hui ne seront pas capables de maintenir notre culture. »

     

     Citation datant de plus de 3000 ans, découverte sur une poterie d'argile dans les ruines de Babylone.

     

    « Notre monde atteint un stade critique. Les enfants n'écoutent plus leurs parents. La fin du monde ne peut pas être loin »

     

     Citation d'un prêtre égyptien, (2 000 avant J.C.)

     

    « Je n'ai plus aucun espoir pour l'avenir de notre pays si la jeunesse d'aujourd'hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible. »

     

     Hésiode (700 avant J.C.)

     

    «  Notre jeunesse est mal élevée; elle se moque de I'autorité et n’a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d'aujourd'hui (....) ne se lèvent.pas quand un vieilIard entre dans une pièce. Ils répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travailler. Il sont tout simplement mauvais. "

     

     Socrate (470 - 399 avant ).C.)

     


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  •            J'ai entendu de nombreuses inepties sur la "théorie du genre" et j'avais d'ailleurs fait un article à ce sujet.

              Une autre question est souvent posée : les garçons et les filles ont ils un cerveau différents et pourquoi ont ils une mentalité très vite différente.
               Il n'y a pratiquement pas de différence entre le cerveau des femmes et celui des hommes.

     A l’origine, certes les gènes interviennent dans la formation du cerveau, de même que le hasard pour les jonctions terminales entre neurones, de telle sorte qu’aucun cerveau n’est pareil à l’origine, pas même celui de jumeaux, mais cela aussi bien pour les deux sexes, ` 

    Les filles sont mûres plus tôt, car leur cerveau préfrontal arrive plus vite à son état définitif, et à l’adolescence, elles sont plus douées pour l’écriture et la communication, tandis que les garçons sont plus forts en représentation de l’espace, car les hémisphères et leur communication (le corps calleux), se développent un peu différemment dans le temps.

            Mais ces différences s'estompent vite et chez les adultes les différences qui existent sont finalement dues à l'éducation, l'instruction et les expériences de vies différentes.

    Cerveau rose ou cerveau bleu ?

    Cerveau rose ou cerveau bleu ?

     

            

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

              Lise Eliot, (photo ci dessus à droite), diplômée de Harvard et docteur de l'université Columbia, et maître de conférences en neurosciences à l'université Rosalind Franklin de Chicago, a écrit un livre intéressant à ce sujet : “cerveau rose, cerveau bleu, les neurones ont ils un sexe?.”.

              Elle montre que si une fille et un garçon montrent rapidement des “fonctionnement cérébraux” différents, c’est que leurs cerveaux sont fortement influencés par toutes sortes de facteurs, notamment culturels et éducatifs.

              Notre cerveau est adaptable et malléable et cette neuroplasticité est maximale à l’enfance, quand le cerveau est “tout neuf” et que nos centres d’apprentissages vont peu à peu renforcer les connexions entre neurones qui nous sont les plus utiles.

              Lise Eliot montre comment de minuscules différences observables entre garçons et filles à la naissance peuvent s'amplifier au fil du temps et tout particulièrement sous l'influence des parents, des enseignants, des camarades, et du système culturel au sens large. Ces derniers renforçent involontairement les stéréotypes sociaux relatifs à l'identité sexuelle, et les enfants eux-mêmes peuvent d'ailleurs exacerber ces différences à leur manière 

              Avec ces réflexions sur les influences réciproques entre biologie et culture, Lise Eliot invite ainsi chacun à s'interroger tout en livrant une foule de bonnes idées. Pour éduquer ses enfants, si on est parent ; pour aider ses élèves, si on est enseignant ; voire pour mieux se comprendre soi-même !

     

              Lise Eliot parle d’abord des différences lors de la formation de l’enfant.

              Le processus de différenciation sexuelle ne commence que vers le 40ème ou 50ème jour de la grossesse, mais il n'apparaît pas clairement à l'échographie au plus tôt avant la fin du troisième mois. Et la différenciation des cerveaux est encore plus lente.

              La première poussée de testostérone (l’hormone stéroïde mâle) démarre six semaines après la conception, pour se terminer avant la fin du second trimestre. Ensuite, et jusqu'au moment de la naissance, le niveau de testostérone des garçons n'est guère différent de celui des filles. Comme vous le savez sans doute, c’est la génétique qui détermine le sexe (deux chromosomes différents X et Y pour les garçons et deux chromosomes X pour les filles.)

              Et les foetus mâles se développent plus vite que les foetus femelles.

              Les embryons mâles ont un métabolisme plus élevé, qui accélère le début de leur croissance et la multiplication des cellules. L'évolution semble avoir favorisé cette croissance plus rapide afin que les embryons mâles passent la période critique de la différenciation testiculaire avant que les œstrogènes de leur mère, dont les niveaux augmentent régulièrement au début de la grossesse, ne perturbent le développement de leur appareil uro-génital. 

              Les garçons ont donc à la naissance des cerveaux plus gros, mais ne sont pas plus intelligents pour cela !!

     

             Jusqu’à deux ans il y a peu de différences entre garçons et filles.

             Paradoxalement les garçons sont plus fragiles et risquent davantage que les filles de succomber à un nombre impressionnant de problèmes physiques et mentaux, le taux de mortalité infantile global, aux Etats-Unis, étant de 22% plus élevé chez les garçons que chez les filles.

              Les bébés filles devancent les garçons par le nombre de gestes qu'elles produisent.    En moyenne, elles commencent quelques semaines avant eux à pointer du doigt, à saluer de la main et à lever les bras vers les adultes pour être soulevées, mais jusqu’à un an, garçons et filles s’intéressent aux mêmes jouets.

              Puis ils ont tendance à imiter leurs parents, et la fille va bercer une poupée et pousser un landau, jouer avec une casserole ou un nécessaire à maquillage, tandis que le garçon préfèrera faire semblant de lire un journal ou de conduire une voiture ou jouera avec des outils de bricolage. 

     

              Les écarts entre garçons et filles se creusent énormément entre 2 et 6 ans ( à partir du moment où ils parlent couramment ), et certains sont plus marqués à cette période qu'à aucun autre moment de la vie. Les coupables ne sont pas les hormones, mais le fait que le développement des cerveaux masculins et féminins n’est probablement pas tout à fait sensible aux mêmes facteurs et que donc l’environnement accroit la différence.

             Les garçons, plus actifs, sont peut-être davantage séduits par les objets mobiles qu'ils peuvent manipuler et contrôler en utilisant leur corps. Les filles trouvent peut-être les poupées plus plaisantes parce qu'elles ont davantage propension à nouer des liens avec les personnes de leur entourage, voire, parce qu'elles ont une attitude véritablement instinctive pour les bébés 

             Mais en fait, ce sont surtout les comportements des parents à la maison et le choix des jouets pour leurs enfants qui sont prépondérants. Et l’on peut parfaitement habituer une fille à jouer avec des jouets de garçons (et vice-versa).

     

             Une caractéristique peu connue résulte des études de Lise Eliot sur les enfants américains : les garçons seraient plutôt plus émotifs que les filles : les nouveau-nés sont plus irritables, ils pleurent plus tôt s'ils ont un problème et ils sont moins faciles à consoler que les nouveau-nées. Les choses s'égalisent assez vite, mais, les jeunes garçon manifestent beaucoup leurs émotions

             Mais le phénomène s’inverse vers 4/5 ans et si les garçons éprouvent sûrement les mêmes émotions que les filles, ils apprennent cependant bien vite à ne pas les montrer. 

             Les hommes adultes manifestent effectivement moins d'expressions faciales, ils pleurent moins et, de manière générale, ils dissimulent leurs sentiments davantage que les femmes. Leurs réactions sont essentiellement internes: dans les situations émotionnellement troublantes, ils connaissent de plus fortes accélérations de leur rythme cardiaque, de plus fortes élévations de leur pression artérielle et davantage de suées que les femmes. Mais leurs émotions, même si elles sont moins visibles en surface, sont tout aussi puissantes que celles des femmes.

     

             Ce qui m’inquiète plutôt, au vu de ces connaissances, c’est l’influence des médias et de certains parents sur le développement des filles et des enfants, la mode “princesse” et les toutes jeunes ados qui se prennent pour des artistes ou des mannequins au lieu de profiter de leur enfance.

             Mais j’ai connu aussi des ados garçons très perturbés car leurs parents qui regrettaient de ne pas avoir eu un enfant du sexe opposé, l’élevaient selon ce désir et contre les souhaits de l’enfant, qui évidemment se comparait à ses camarades d’école.

             Et il a aussi les garçons que leurs parents prennent pour de petits génies, et dont ils acceptent toutes les volontés.

            Je crois que la plupart des parents sous-estiment l’influence qu’ils ont sur le développement de leur enfant, et les "enfants rois", que j'appellerai des enfants insupportables, ne le sont pas de façon innée, mais en raison de l'éducation de leurs parents, surtout si par la suite ils ne surveillent pas leurs fréquentations et les laissent traîner sous l'influence de copains peu recommandables.

     


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