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              Un  petit enfant n'est jamais seul. Il peut, sans difficulté imaginer la présence de ses parents près de lui, surtout de sa mère, qui l'accompagne dans ses soliloques. Il a aussi près de lui son “doudou”, ses ours en peluche et ses jouets préférés. 
             Et même sans eux, l'enfant ne s'ennuie pas il découvre le monde.
            Je pense que comme moi vous avez joué à faire entrer ou sortir un escargot de sa coquille.
            “Escargot, montre moi des cornes , ou sinon, je te casse ta maison !“ dit la chanson enfantine.

            Bien sûr l'enfant cherche d'abord à jouer avec ses jouets. Mais cela ne l'occupe qu'une partie du temps
            Il ne s'ennuie pas pour autant; l'enfant est intéressé par tout ce qui l'entoure et la moindre petite chose capte son attention : un insecte qui butine, une grue qui construit un immeuble, les oiseaux qui viennent manger des graines sur un balcon, les avions qui atterrissent au loin, sa mère qui fait la cuisine ou son père qui bricole.
           Il regarde attentivement, cherche à comprendre, observe pour pouvoir imiter. Il découvre ce qui l'entoure et se forge peu à peu une certaine expérience.
    Au fond l'enfant s'amuse de tout, car tout pour lui est une aventure, une découverte, une nouveauté, une stimulation.
          Ses sens sont en éveil, son attention est soutenue, son cortex frontal réfléchit, sa mémoire emmagasine et des tas de questions fusent. Et lorsqu'il ne s'agit pas de choses nouvelles mais de jeux avec des objets connus, alors son imagination invente, lui raconte un conte, une nouvelle histoire. Il joue alors un jeu de rôle.
         Quand il est en bonne santé, l'enfant est dans son monde à lui, heureux.
         Tout pour lui est nouveauté, stimulation, imagination.
         L'ennui, il ne connait pas, sauf si les adultes lui ont inculqué cette notion, malgré lui.

         Laissez un enfant seul, après s'être ennuyé quelques instants, il trouve un insecte, une feuille, une fleur qu'il se met à examiner, ou bien il se observe un spectacle : un immeuble qui se construit, des autos dans la rue, des avions qui décollent au loin.     
        L'environnement intéresse l'enfant et l'ennui n'est plus là.
        Laissez un adolescent seul, après avoir trouvé qu'il perd son temps, qu'il ne sait pas quoi faire, il va venir vous trouver pour vous dire qu'il s'ennuie ou bien il va se morfondre et tourner en rond.
        Et bien des adultes que je connais se lamentent aussi parfois parce qu'elles s'ennuient.
       Nous attribuons en général l'ennui au fait que l'environnement ne nous intéresse pas, que de ce fait nous ne sommes pas motivés, nous n'avons envie de rien faire et finalement nous n'avons rien à faire.
        
        Que disent les psychologues de l'ennui, qu'ils étudient depuis près d'un siècle.?

        Dans les années 1930, ils étudiaient dans les usines les tâches répétitives et fastidieuses et leurs études ont montré que l'ennui, et le sentiment de fatigue qui l'accompagne, résultaient d'un manque de vigilance et de motivation, les tâches correspondantes étant considérées comme inintéressantes par l'individu.
        Des stimulants comme les amphétamines , l'adrénaline, la caféine... diminuaient ces sensations.
        En1986 le psychologue Norman Sundber, a développé un questionnaire-test  (28 items) et une échelle d'inclination à l'ennui, dont le but était d'étudier la sensibilité des individus à l'ennui dans diverses situations.
        Les études menées par la suite ont montré que si toutes les personnes éprouvaient de la lassitude devant des tâches répétitives, monotones et contraignantes, par contre certaines personnes étaient davantage sujettes à l'ennui, et que cet ennui venait d'un manque de stimulations.

    Les extravertis en particulier s'ennuient plus facilement que les introvertis.
    Les introvertis, habitués à évoluer dans le monde de leurs idées, de leur propre pensée, ont la capacité de s'occuper dans toutes sortes de situations et sont en général plus créatifs et ont de nombreux passe-temps et centres d'intérêt et donc s'ennuient moins.
        Les extravertis qui tirent leurs motivations de l'extérieur et en particulier des autres hommes, ont donc besoin de davantage de stimulations venant de l'environnement. 
    Si le monde extérieur ne fournit pas assez de nouveautés intéressantes, si personne n'est là pour les occuper, les extravertis ressentent l'ennui et la solitude.
        Ils ne sont pas capables, comme les introvertis de “s'auto-stimuler”.

        Des études plus récentes ont montré que l'ennui pouvait venir chez beaucoup de personnes d'une certaine incapacité à faire attention et à se concentrer, à trouver de l'intérêt à ce qu'ils font.
        Les chercheurs ont trouvé que les personnes distraites, sujettes à l'oubli et inattentives avaient une tendance marquée à s'ennuyer.
        Il est certain que dans le monde actuel qui est centré autour des moyens de communication et des médias, avec en plus la vie devenue trépidente, nous sommes devenus inattentifs par nature, dérangés sans cesse, ayant l'habitude de “zapper” d'une occupation à l'autre, de telle sorte que beaucoup de jeunes sont incapables de se concentrer pendant longtemps. Si donc on leur impose une tâche trop longue, ils “décrochent” et s'ennuient.        
        En fait les tâches trop faciles sont ennuyeuses, de même que les tâches trop difficiles ou anxiogènes.
        Certains psychologues ont même défini l'ennui comme étant le contraire de la capacité à fixer son attention sans effort, à se focaliser sur la tâche entreprise, à se laisser absorber par elle. C'est un manque d'intérêt.

        Les neurobiologiste ont plus récemment cherché si l'on pouvait trouver des raisons de l'ennui dans la structure du cerveau. 
    Ils n'ont pas pour le moment réussi à trouver des centres responsables, mais ils ont montré que des patients ayant des lésions du cortex frontal ou de certains centres du gyrus cingulaire dans le cerveau émotionnel, qui sont concernés par la conscience, la vigilance et l'attention, présentaient une tendance marquée à s'ennuyer, une recherche de sensations forte et une prise de risques incontrôlée.
        Des études d'imagerie cérébrale ont également montré qu'il existait dans le lobe frontal des circuits impliqués dans la perception du temps qui passe. Des lésions de ce lobes peuvent déformer cette perception et on constate que cela empêcherait de s'engager pleinement dans une tâche et que que les personnes sujettes à l'ennui auraient l'impression que le temps passe plus lentement que les autres personnes.


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