•                               Notre personnalité d'après les "préférences cérébrales"

    Comment se forme notre personnalité ?
     
              J’ai fait un certain nombre d’articles sur les préférences cérébrales et la personnalité car c’est un sujet qui m’intéresse et surtout je suis persuadé qu’il est important de se connaître. Par ailleurs étudier les préférences de deux interlocuteurs m'a souvent permis d’expliquer leurs différends et donc de les apaiser.

                Une question m’est souvent posée : ma personnalité peut elle évoluer? J’ai déjà traité ce sujet dans ce blog (cf article du 10 avril 2017). Mais on me pose aussi une autre question : comment acquiert on notre personnalité et quelle est l’influence de l’environnement et notamment des parents?  Je vais essayer d’y répondre.

                 Il y a bien sûr une part génétique ou du moins innée, car nos préférences sont en partie présentes dès l’enfance, et il sera d’autant plus difficile d’évoluer sur une préférence donnée que celle-ci est très forte et que la préférence antagoniste est faible.
                On verra par exemple très vite (vers un an par exemple), le caractère fortement extraverti ou introverti d’un bébé.
                Mais l’impact de notre entourage, parents, professeurs, camarades est très influent.
                Les psychologues constatent que notre personnalité évolue peu au delà de 30 ans, et que par contre, l’enfance et l’adolescence sont des périodes très importantes.

                Il est certain que l’éducation que nous donnent de nos parents nous fait prendre certaines habitudes et influe donc sur notre manière d’agir. Elle forge en particulier notre « estime de soi » et donc notre assurance dans nos comportements.
                Les psychologues dénombrent principalement quatre comportement positifs des parents (et éventuellement grand-parents), vis à vis de leurs enfants (et petits enfants) :
                             - apporter amour, attention, conseils et assistance: 
                             - savoir écouter et avoir une bonne communication;
                            - inculquer des règles et une discipline juste et logique, ferme mais chaleureuse;
                            - mettre en contact l’enfant avec ce qui peut le rendre plus mature, plus responsable, mais en l’encadrant dans ses tentatives.
                Par contre des parents trop autoritaires, trop laxistes ou trop protecteurs rendront leurs enfants moins sûrs d’eux mêmes et moins heureux par la suite.
               Toutefois il y a aussi une rétroaction : les parents ne traiteront pas de la même façon un enfant calme et réfléchi par rapport à un enfant impulsif et turbulent.

                Les parents (et le milieu éducatif) ont également une grande influence sur notre caractère rigoureux et organisé (la préférence J/P ou le caractère consciencieux du Bigfive) et sur notre curiosité intellectuelle (préférence G/S ou l’ouverture d’esprit du Bigfive).
                A l’origine il s’agit de comportements pratiques : par exemple ranger sa chambre, ses affaires, être à l’heure, organiser son activité; cela se traduit ensuite par un caractère plus rigoureux, plus discipliné, plus consciencieux et par un sens du devoir.
                Les parents qui partagent des activités avec leurs enfants (lecture, films, activités artistiques), qui suscitent et répondent à des questions, et leur apprennent à trouver des réponses à des questions scientifiques ou techniques sur internet, développent leur ouverture d’esprit et leur curiosité intellectuelle, en même temps qu’ils accroissent l’intensité de leur relation mutuelle.
                Certes ce sera plus facile d’apprendre l’ordre et l’exactitude à un enfant de préférence J, mais on pourra donner un minimum de ces comportements à un enfant de préférence P, et à l’inverse, si on ne l’éduque pas, un enfant P aura une vie complètement pagailleuse et sans contrôle du temps.
                La réussite ou l’échec scolaire résulte certes en partie des capacités intellectuelles de l’enfant, de la façon dont est fait l’enseignement en classe, mais elle dépend beaucoup du travai qu’il fournit et pour moitié du comportement des parents d’une part en matière d’éducation et d’instruction, et d’autre part de style parental.

                Le comportement psychologique et émotionnel de l’enfant subit aussi une grande influence de son éducation et de son environnement. Des circonstances difficiles peuvent fortement influencer l’anxiété : mauvais traitements, indifférence des parents, disputes et divorce, trop de sévérité ou de laxisme, attitude trop protectrice.

                 Pour les adolescents, l’importance des parents diminue, surtout aujourd’hui où ils servent moins de modèle. Ils partagent l’activité des copains, leurs goûts et leurs valeurs, et ont tendance à se regrouper avec ceux qui ont des personnalités voisines.
                Ils ont donc une certaine influence sur leurs personnalités mutuelles, mais qui tend plus à les renforcer qu’’à les modifier.

                 L’influence des professeurs et de l’instruction est différente. Elle renforce les capacités logiques, (mathématiques) d’expression et de communication et développe la curiosité intellectuelle et le contact avec des idées et opinions multiples (littérature). Et surtout le travail au collège et au lycée développe la capacité d’effort et de travail, si l’adolescent s’y prête et ne sacrifie pas son activité au profit des SMS, réseaux sociaux et distractions avec ses camarades.
              Ce n’est pas à proprement parler une modification de la personnalité, mais cela agit sur les préférences L et G qui sont accrues, ou rééquilibre une personne V et S. (en langage Bidfive, cela accroit le « caractère consciencieux, l’ouverture d’esprit, mais aussi la solidarité conciliante en groupe (le mot anglais agreabilité, qui ne veut pas dire agréable, mais capable d’adhésion agree-able).
                Il est certain que des études scientifiques poussées développent la préférence L.

                 Le passage dans la vie active et professionnelle va encore légèrement influencer la personnalité, augmentant en général l’aspect extraversion (même pour un introverti) et obligeant à mieux s’organiser (préférence L/P).
                Mais à partir de 30 ans la personnalité variera beaucoup moins.

                                             Notre personnalité d'après le "Big-five"

    Comment se forme notre personnalité ?

     


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  •      Nos sens perçoivent en permanence des images, des sons, des odeurs provenant de notre environnement. Mais très souvent ces sensations s’accompagnent de mots qui sont mémorisés en même temps qu’elles. Ce sera une date, les noms de personnes ou d’objets, le souvenir de paroles……

        Dès que l’enfant l’a acquit, le langage est le support permanent de notre pensée. C’est le principal moyen que nous avons de faire connaître aux autres ce que nous pensons, que ce soit des faits, une histoire, des considérations logiques, un raisonnement, mais aussi des émotions, à la suite de paroles, de lecture, d’images, de sons….
        En définitive sans les mots, nous ne serions pas capable de grand chose. Les animaux ont des langages, mais ils ne reposent pas sur les mots et c’est ce qui différencie l’homme. Encore qu’on puisse apprendre à un chien la signification de quelques centaines de mots (sans qu’on sache parfaitement comment il les interprète), et on peut apprendre aux singes supérieurs, le langage des sourd muets avec une syntaxe limitée : sujet verbe complément et parfois des adjectifs.

        Mais un phénomène nous rend perplexe : le langage intérieur.
        Nous en sommes très conscient quand nous écrivons un article comme celui-ci. Tout en réfléchissant, je me dicte inconsciemment le texte, légèrement en avance sur ce que j’écris. Là je transcris vraiment ma pensée par des mots « palpables » parce qu’ils sont en noir sur un papier ou sur l’écran de mon ordinateur.
        Mais ce dont nous nous rendons moins compte, c’est que lorsque nous pensons à un sujet donné, nous nous parlons intérieurement avec des mots, des phrases.
        On s’en rend mieux compte avant de s’endormir, car il y a peu de bruit, pas de lumière, on est enfermé dans sa chambre et donc il n’y a rien pour distraire notre attention. Là on se rend compte qu’on réfléchit à quelque chose avec des mots que l’on se dit à soi-même. Parfois le sommeil arrive pendant quelques secondes et on se réveille, et on s’aperçoit alors que la phrase que l’on était en train de se dire, a dégénéré sur une suite illogique de mots, sans rapport avec le sujet et quelquefois même sans signification cohérente.
        Sans le langage, nos pensées ne seraient qu’un suite de sensations, des images notamment, mais nos raisonnements, nos pensées et nos souvenirs seraient considérablement réduits. C’est d’ailleurs pour cela q’un enfant n’a pratiquement aucun souvenir réel de sa vie avant de maîtriser le langage (si ce n’est par des récits de ses parents ou des photos, qui ne sont donc pas des souvenirs acquis sur le moment).
        Il arrive aussi parfois qu’on se dise quelque chose à voix haute, mais c’est plus rare, (sauf chez le jeune enfant), et l’on appelle cela le « dialogue privé », alors que le « dialogue intérieur » à notre cerveau, est permanent.
        J’ai fait plusieurs articles sur la production et la compréhension du langage dans ce blog, qui indiquent le rôle des centres de Broca, de Wernicke, de Geschwind, des centres d’interprétation auditive et du chef d’orchestre, le cortex préfrontal.
        Qu’en est il pour le dialogue intérieur ?

        Le discours privé des enfants a fait l’objet d’études par les psychologues.
        Jean Piaget spécialiste du développement de l’enfant, pensait que cela résultait chez le jeune enfant, du fait qu’il n’était pas encore habitué à écouter les autres et à comprendre et suivre un dialogue avec autrui, sur des sujets de comparaison des points de vue. Cette attitude diminuait ensuite du fait que cette capacité de dialoguer avec autrui devenait une habitude.
        Un autre psychologue russe, Lex Vygotski, pensait au contraire que l’enfant réemployait dans ce discours privé, des termes qu’il avait déjà réussi à employer dans un dialogue réel avec autrui, et qu’il s’en servait pour se contrôler lui-même et trouver des idées, des solutions, des actions à faire.
        Un ordinateur utilise un langage (celui de la programmation), mais il ne fait qu’appliquer les directives logiques du programmeur. Il ne peut penser à de nouvelles actions en dehors de celles prescrites par ce programme.
        Le robot qui possède une certaine « intelligence artificielle » est capable de créer des morceaux de programme pour se commander lui même : il a eu un dialogue intérieur, dans le langage particulier de programmation qui est le sien.
        En fait dans le dialogue entre deux personnes, chacun gère ses propres idées mais en s’adaptant à ce que chacun perçoit et reçoit de l’autre, cela en manipulant le langage à haute voix. Si le dialogue intérieur est une adaptation de cette situation pour discuter avec nous mêmes en vue de la réflexion, de la décision et de l’action, alors les centres du langage devraient intervenir dans ce dialogue intérieur.   
        C’est ce que les neurobiologistes ont voulu vérifier en demandant à des personnes d’avoir un dialogue intérieur, sous IRM. C’est notamment le cas de Charles Fernyhough de l’université de Durham, en Angleterre à qui j’emprunte les schémas ci dessous, que j’ai un peu transformés.

        Toutefois le problème est un peu plus complexe car le dialogue intérieur peut avoir deux aspects différents : un monologue, comme par exemple lorsque j’écris cet article, ou un dialogue, lorsque je compare plusieurs solutions à un problème. De plus dans un monologue, on peut nous demander de penser seulement à des mots prédéfinis, ou au contraire de créer des phrases comme dans la rédaction d’un article.
        L’IRM a confirmé que dans le « monologue intérieur imposé », les centres qui intervenaient étaient ceux de la parole , sous la coordination du cortex frontal et sans que les centres moteurs de la diction interviennent : le centre de Broca qui gère grammaire et syntaxe pour produire les phrases et le centre de Geschwind qui gère le vocabulaire.
        Dans un « monologue intérieur libre et créatif », non seulement ces centres interviennent mais aussi l’aire de Wernicke, qui traduit les sons en mots et phrases compréhensibles. et un autre centre, le gyrus de Heschl, qui contient les aires auditives primaires et secondaires,Tout se passe comme s’il y avait une écoute de soi-même, de ce que l’on va se dire intérieurement, comme si l’on écoutait une autre personne.



        Dans le cas du « dialogue interieur », d’autres centres interviennent : ceux qui, dans l’hémisphère droit interviennent dans la « cognition sociale » : les équivalents des centres de Broca et de Wernicke dans cet hémisphère, qui interprètent les composantes émotionnelles du langage, et un centre situé à leur extrémité, qui intervient lorsque nous essayons de comprendre la pensée de nos interlocuteur, ce qu’il y a derrière les mots que Wernicke a déchiffré.
        Le gyrus frontal antérieur gauche intervient également; outre l’aire de Broca, liée directement au langage; qu’il contient, il participe à la compréhension d’un dialogue avec autrui, mais probablement avec un aspect plus logique, alors que les centres de l’hémisphère droit examinent plutôt l’aspect émotionnel.
        Deux autres gyrus sont aussi activés : le cortex cingulaire postérieur qui intervient surtout avec l’hippocampe dans des rappels de mémorisations et le précunéus qui est l’un des centres restant actifs même lorsque le cerveau est au repos, et qui a un rôle important dans la conscience de soi et par opposition de celle d’autrui.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/cerveaudiscourinterieur.jpg

        Tout se passe donc dans le dialogue intérieur avec nous mêmes, comme dans un dialogue avec autrui : il nous faut être capables de nous représenter le point de vue de notre interlocuteur, de le suivre à chaque échange, et de modifier notre propre pensée en fonction des évolutions de la conversation.
        Dans le cas du monologue ou du dialogue intérieur, notre interlocuteur est nous même avec lequel nous envisageons diverses hypothèses et pensées.


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  • La girafe et le ver de terre.      

     

     

     

              Cela fait longtemps que je n'ai pas publié d'intermède,  et aujourd’hui j’ai la flemme et je voudrais “peigner la girafe” , alors pas d’article sérieux.
             Pour ceux ou celles qui ne sauraient pas, “peigner la girafe” signifie ne rien faire ou perdre son temps.


             Mais au fait d’où vient cette expression qui a surtout été utilisée après 1900?
             L'origine en est inconnue

     

     

     

    La girafe et le ver de terre.

     

     

          On raconte qu'un gardien du Jardin des Plantes, accusé d'inactivité chronique, le jour où arriva la fameuse première girafe en 1827, aurait répondu : "Je peignais la girafe", mais cette anecdote semble avoir été inventée à posteriori..

     

     

     

              On sait aussi que lorsqu'une girafe fut offerte à Charles X par le pacha d'Egypte, celle-ci fut présentée à la France dans un grand périple où elle était accompagnée en permanence de quatre soigneurs, dont l'un avait en effet pour charge de la peigner (de l'étriller) chaque jour, travail qui, en regard de la condition ouvrière à l'époque, ne devait pas paraître exténuant. C'est un peu plus vraisemblable !

              Vous savez que je passe mes vacances en Bretagne.
              J’ai voulu savoir comment on disait “peigner la girafe” en breton ?
              C’est  “spazhañ buzhug”.  Or  “spazhañ” veut dire “castrer”  et “buzhug “ver de terre”.
            
     Un breton quand il a la flemme, “castre donc les vers de terre”, ce qui n’est pas idiot, car les lombrics n’ont pas d’organe sexuel qu’on puisse couper, et donc cela ne risque pas d’être fatigant.

              Quelques mots sur les vers de terre, car ce sont des être aussi singuliers que les pieuvres, (mais moins intelligents !).
              Le ver de terre mange des bactéries et autres nutriments dont il a besoin dans le sol. Il rejette des excréments argilo-humides qui enrichissent et engraissent naturellement le sol.
              C’est un animal utile qu’il ne faut pas détruire
              Les galeries qu’il creuse dans le sol, participent à son aération et à son drainage. Ces petits tunnels facilitent l'installation des racines de nos plantes et leur alimentation en eau.
              Le lombric mange tous les jours environ son poids de terre.   
              Quand il pleut, le lombric doit sortir pour ne pas se noyer et les oiseaux en profitent pour les manger.
              Leur corps va le plus souvent du rose au marron, parfois irisé avec des reflets violets, mais quelques espèces sont très colorées : orange ou turquoise.
              Certains vers de terre d'Amérique centrale et du Sud peuvent atteindre les 3 mètres.
              Pour se déplacer, les lombrics secrètent un mucus, qui lubrifie le sol autour de lui, facilitant leur locomotion par reptation, grâce à des muscles longitudinaux et transversaux. Des poils comme des soies, permettent d’accrocher au sol une partie des anneaux pendant que les autres vont bouger en s’appuyant sur ceux fixés au sol.

              L’anatomie d’un vers de terre est curieuse.
              Je me souviens en cours de SVT, quand j’étais ado, en avoir découpé dans le sens de la longueur avec une lame de rasoir pour examiner leur curieuse anatomie, et c'était très intéressant.
              Il est composé d’un nombre assez grand d’anneaux (appelés métamères) qui sont tous indépendants les uns des autres.
              L’ensemble de ces anneaux est traversé par un tube digestif, des vaisseaux sanguins (l'un dorsal et l'autre ventral) et une musculature longitudinale et ventrale. Tous les métamères sont identiques .
              Les deux extrémités sont différenciées en bouche et anus
              Les deux voies sanguines sont alimentées par 5 à 7 paires de coeurs.
              Le petit cerveau des vers de terre est composé de deux lobes (on les appelle "ganglions cérébroïdes". Il y a aussi une paire de "mini-cerveaux" dans chaque anneau (on les appelle ganglions métamériques), qui aident à la coordination du mouvement.
    Ils sont reliés entre eux par une corde nerveuse ventrale double.
              Du fait d'une respiration cutanée (les vers de terre ne possèdent pas de poumons), le corps doit rester humide pour permettre la respiration.

    La girafe et le ver de terre.

                  Bien que les vers de terre soient hermaphrodites et possèdent donc les deux sexes, il en faut deux pour l'accouplement.
              Les 2 partenaires, accolent l'un contre l'autre leurs clitellums, un renflement circulaire de couleur claire chez les adultes, vers les deux tiers du corps; ils vont ainsi déverser leur semence (ovules et spermatozoïdes) dans une gangue gélatineuse qu'ils laissent traîner sur le sol. La fécondation se fait donc de manière extra-corporelle, et les oeufs éclosent en "bébés vers de terre" dans la gangue laissée au sol. Cette gangue gélatineuse contient tous les éléments nutritifs nécessaires au développement des progénitures, le temps qu'ils soient assez grands pour se nourrir seuls
              Les pauvres bébés vers de terre n'ont donc aucune idée de ce que sont leurs parents (et encore moins leur grand-père).

              Vous savez donc tout maintenant sur l’expression “peigner la girafe”.

              Et ne dites pas “peindre la girafe”, ce n’est pas possible car il n’existe pas de peinture “jaune avec des taches marron”.! lol


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    Les méthodes d'enseignement de grand-mère étaient les meilleures !

              Je suis toujours intéressé quand je vois les neurophysiologistes s’intéresser à l’apprentissage des enfants et à l’enseignement, notamment primaire.
              Ma grand-mère m’avait appris à lire à 4 ans et mon grand-père m’apprenait à compter ainsi que les quatre opérations.
              Ma belle-mère, qui était institutrice, puis directrice d’école, a appris à lire et à compter à mes enfants et à certains de mes petits enfants.
              Les méthodes qu’il et elles utilisaient n’étaient pas fondées sur la connaissance du cerveau, mais sur une longue expérience de ce qui était efficace et ne l’était pas.
              Depuis l’Education Nationale a trouvé ces méthodes ringardes et a prôné un enseignement « beaucoup plus moderne », basé sur les élucubrations de quelques inspecteurs et psychologues imaginatifs, qui voulaient ne pas « traumatiser l’enfant », mais l’instruire en l’amusant, pour ne pas le fatiguer.
              Le résultat est probant : les enfants ne savent plus ni lire, ni compter, non seulement au sortir du CP mais même du CE2.
              Et je constate que les neurobiologistes qui voudraient tenir compte du fonction-nement du cerveau, recommandent les antiques méthodes de mes grands- parents ou parents enseignants.

              D’abord la lecture : la méthode dite » globale » dans laquelle on apprenait des le début de l’enseignement de la lecture, à reconnaitre les mots entiers, a été un véritable échec.
             
    Les neurobiologistes ont montré que l’apprentissage devait se faire d’une part par la répétition, mais également par l’assemblage de données logiques progressives, où nos organes de perception s’habituaient peu à peu à l’information.

              Ainsi il fallait commencer par apprendre les lettres, en les écrivants et en les prononçants pour s’habituer à leur son.
              Puis il fallait apprendre logiquement les syllabes simples, indépendamment de tout mot b+a=ba, b+e=be…. là encore en s’appuyant sur la vue et le son.
              Ensuite on peut utiliser ces données pour reconnaitre des noms simples, associés aux images correspondantes des objets dénommés; puis aborder des syllabes plus complexes telles que « on » ou « au », et les utiliser.
              Il faut attendre que ce mécanisme devienne un automatisme et que l’enfant n’ait plus besoin de syllaber pour lire un mot, pour avoir une approche globale.
              On peut alors apprendre des mots, du vocabulaire, mais en le définissant, et en l’associant à des images concrètes et en associant l’écriture à la lecture, car il y a une mémoire de la main (de ses commandes motrices), complémentaire des mémoires visuelle et auditive.
              Et ne pas vouloir trop tôt faire de la grammaire : masculin, féminin, pluriel… à fortiori sujet, verbe , compléments, adjectifs. Il faut d’abord que l’enfant sache lire une phrase en comprenant ce qu’elle veut dire, avant de lui compliquer la tâche par de nouvelles notions.
              Il faut qu’il ait déjà le plaisir de lire tout seul des histoires en les comprenant.
              Il est cependant nécessaire d’apprendre au préalable ce qu’étaient les accents et la ponctuation, par des explications des conséquences pratiques de leur usage.
              Cela parait fastidieux, mais c’est le seul moyen pour le cerveau d’obtenir un apprentissage qui reste ensuite définitivement, car il est devenu un automatisme inconscient.

              Voyons maintenant la numération et le calcul. L’enseignement actuel trouve peu intelligent de compter sur ses doigts et veut apprendre les modes opératoire, en négligent les exercices répétitifs manuels fastidieux et en utilisant tout de suite calculette et ordinateur. Là encore c’est un échec; je connais de nombreux jeunes de pus de vingt ans qui ne savent plus faire une division à la main, et la plupart sont nuls en calcul mental.
              Bien sûr il y a les calculettes et les tableurs, mais on se trompe souvent sans s’en apercevoir d’un facteur 10 ou 100, par manque d’expérience de la numération.
              Les neurobiologistes estiment que, au début de la rencontre avec les nombres, compter sur ses doigts est un réflexe presque inconscient et qui est salutaire pour avoir une notion pratique des premiers nombres et se familiariser avec le processus d’addition
              Avec la répétition, la mémoire crée un automatisme, mais compter sur ses doigts n’est pas, comme on le croit aujourd’hui un réflexe de mauvais élève iou de manque d’intelligence. C’est au contraire une stratégie intelligente
             Et dans le cerveau, certaines zones motrices caractéristiques des doigts et des nombres sont proches voire se chevauchent.
              C’est d’ailleurs de l’usage de nos dix doigts que provient le système décimal.

              Son apprentissage ne doit pas être théorique. Ma grand-mère pour me faire comprendre le système utilisait des buchettes (des allumettes sans phosphore). Chacune représentait une unité et elle les groupait par dix avec un élastique, puis par dix paquet de dix avec un gros élastique, et en même temps me montrait comment était liée l’écriture du nombre, chaque chiffre étant en relation du nombre de buchettes, de paquets de 10 et de paquet de 100. Et elle insistait bien sur les notions de 1, 10, 100, 1.000, 10.000… en utilisant ce point séparateur tant galvaudé aujourd’hui.
              Quant aux opérations c’est simple : c’est la répétition qui enseigne l’essentiel, en montrant le mécanisme et en répétant son application quelques centaines de fois.
              La « table d’addition » devient automatique à force de compter sur ses doigts. Quant aux tables de multiplication, il faut qu’elles soient apprises par cœur, pour que chaque item devienne un réflexe inconscient de la mémoire, et ensuite le mécanisme des multiplications et des divisions devient un réflexe à force d’en faire.
              Mais évidemment pour faciliter la compréhension et la mémorisation, il faut montrer qu’une multiplication résulte d’additions successives.
              Et il ne faut pas encombrer de théorie par d’autres notions inutiles, tant que le réflexe n’est pas acquit. Ne parlons surtout pas de théorie des ensembles pour montrer que 2X3 = 3X2. L’enfant s’en rendra compte très simplement par la pratique.
              Enfin le calcul mental n’est plus enseigné aujourd’hui. Et pourtant c’est lui qui donne une idée des ordres de grandeur et qui nous évite des erreurs grossières de calcul, en nous donnant une idée approximative des résultats. De plus il conforte la compréhension du système décimal. 
             
    Cela me semble bénéfique de prendre l’habitude que 362 X 5 = 3620/2 = 1810, ce qui est plus facile à faire de tête, ou que 25 X 9 = 250-25 = 225


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  •           L’homosexualité a fait couler beaucoup d’encre au moment du « mariage pour tous ». On a pu voir alors combien l’homophobie ressemblait à du racisme. Certains allaient jusqu’à regretter le temps où l’homosexualité était considérée comme une maladie mentale.


              Pourtant les neurobiologistes pensent de plus en plus que, en ce qui concerne les hommes, une conformation cérébrale favorise l’homosexualité.

              Deux types de recherches y contribuent :

    L'homosexualité est elle congénitale ?

               1.) - Chez les hommes, plusieurs chercheurs (notamment LeVay aux USA) sont arrivés à la conclusion que certains noyaux de l'hypothalamus pouvaient être en relation avec l'orientation sexuelle.
                        - un noyau de l'hypothalamus (appelé dans leur jargon noyau intersticiel de l’hypothalamus antérieur n°3 :NIHA3) était deux fois plus gros chez les hommes hétérosexuels que chez les homosexuels et chez les femmes.
              Les neurones de ce centre de l’hypothalamus produisent une préhormone de libération des gonadotrophines hypophysaire (GnRH), qui stimule la production par l’hypophyse de deux autres hormones : la FSH (hormone folliculo-stimulante), nécessaire à l'ovulation chez la femme et à la production de spermatozoïdes chez l'homme, et la LH (hormone lutéinisante), qui est responsable du déclenchement de l'ovulation et stimule la production de testostérone.
              On trouve également une analogie entre les dimensions du noyau préoptique des femmes et des hommes homosexuels, par rapport à celui des hommes hétérosexuels qui contient deux fois plus de neurones.
              Toutefois ces études n’impliquent qu’une population restreinte et les homosexuels étaient morts du sida.
           

                        - au contraire, un autre noyau (dit suprachiasmatique car il est localisé dans l'hypothalamus juste au dessus du chiasma optique, le croisement à l'entrée du cerveau des nerfs optiques droit et gauche), était deux fois plus gros chez les hommes homosexuels que chez les hommes hétérosexuels et les femmes.
             Je n'ai pas trouvé dans la littérature d'explication valable de ces constatations. Les hypothèses sur le développement de ces noyaux sous l'effet des hormones androgènes sur les gênes sont assez contradictoires.
             Il existe diverses études s'appuyant sur cette constatation de différence de formation de l'hypothalamus, qui prônent que l'homosexualité est héréditaire, (notamment une étude portant sur de vrais jumeaux, et une autre publiée en juillet 2006 portant sur la probabilité d'être homosexuel si on est le plus jeune d'une série de garçons dans une famille). Les  statistiques portent en général sur des populations très faibles et particulières et les chiffres sont très peu convaincants et très critiqués par les experts en statistique.
             De plus une étude statistique permet de trouver des corrélations mais ne renseigne pas sur les relations de causes à effets
             En fait bien que le génome soit maintenant mieux connu, aucune explication n'est venue étayer cette théorie. On n'a pas trouvé le ou les gènes de l’homosexualité.

    L'homosexualité est elle congénitale ?

               2.) - D’autres études ont porté sur le striatum, qui est un centre du cerveau central, composé de deux centres , le putamen et le noyau caudé; ce centre est impliqué dans les comportements appétitifs et aversifs, notamment en ce qui concerne la prise alimentaire et l’activité sexuelle, ainsi que dans la gestion de la douleur.
              Les chercheur ont mesuré par IRM l’activité de ce centre dans le domaine sexuel, chez les hommes hétérosexuels, homosexuels et bisexuels. Ils ont montré que le striatum s’activait beaucoup moins chez les homosexuels à la vue de photos de femmes et chez les hétérosexuels à la vue de photos d’hommes et aà pau près autant pour les bisexuels.
              Le striatum ventral, qui contrôle nos motivations notamment pulsionnelles, agirait donc pour les homosexuels comme un frein vis à vis des femmes. Toutefois c’est le problème de la poule et de l’œuf : on ne sait pas si c’est pour cela que ces hommes sont homosexuels ou si c’est par apprentissage que le striatum réagit ainsi.

    L'homosexualité est elle congénitale ?

              Chez les femmes, on a noté une activité relativement très supérieure à la normale des glandes surrénales, induisant des taux anormalement élevés d'hormones androgènes.
             
    Des études ont fait état de taux de testostérone élevés chez des lesbiennes, mais d'autres lesbiennes ne présentaient pas cette caractéristique.

              Par ailleurs on ne sait pas si le fait d'être homosexuel a une influence sur les taux d'hormones (ce pourrait être une conséquence et non une cause).
              Ces femmes présentent dans leur enfance des comportements de “garçon manqué” et devenues adultes, ont souvent tendance à nouer des relations homosexuelles.
              Par analogie avec des études menées sur des rongeurs, il est possible que ces niveaux élevés d'androgènes circulants, aient “orienté” les circuits cérébraux à l'origine dimorphes (notamment au niveau de l'hypothalamus), dans un sens masculin plutôt que féminin, avec pour conséquence, des jeux plus agressifs et finalement, le choix d'un partenaire sexuel féminin.
              Mais ce n'est pas prouvé. Injecter de la testostérone à un bébé guenon n'induit pas de comportement sexuel mâle et un singe castré (qui n'en produit plus) peut rester très actif sexuellement surtout s'il est entouré de femelles et même s'intéresser aux mâles.

               Nous n'avons pas de certitude d'explication physiologique précise de l'homo-sexualité, et il est probable qu'il y a une influence de l'environnement, mais ce qui est certain, c'est qu'il est aussi absurde de reprocher à quelqu'un cette orientation, (pire encore de la considérer  comme immorale et de l'exclure de la société), que si on excluait ainsi un gaucher par rapport aux droitiers, ou quelqu'un qui souhaitait être scientifique, auquel on aurait donné une instruction littéraire (ou inversement).

     

     


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