• Connaissez vous Caillebotte ?

    Je parlais d'art hier, mais préhistorique. Revenons à des temps plus modernes.

    Connaissez vous Caillebotte ?Je ne sais pas si vous connaissez Gustave Caillebotte, 1848/1894, un peintre impressionniste français remarquable, mais malheureusement peu connu du grand public.
      J'avais été voir, il y a quelques années, une exposition au grand Palais et j'avais été ébloui par ses toiles, et notamment par la façon dont il peignait les reflets de l'eau de pluie sur les pavés des rues de Paris, ou dans une rivière.
      Personnellement je l'aime autant que Renoir, Monet, Manet, Sisley, Degas ou Cézanne, bien plus connus que lui.
      Ci après, quelques unes de ses toiles que je préfère 

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  •      Parmi les grottes, certaines sont imposantes et superbes par leurs dimensions, et par les concrétions que vous pouvez y voir, surtout si elles sont bien mises en valeur par l’éclairage.
        Je vous recommande bien sûr, en Dordogne ou dans le Lot,  le gouffre de Padirac, mais aussi les grottes de Donne, de Proumeyssac et de Lacave
         Mais d’autres sont très intéressantes par les vestiges préhistoriques : leurs peintures rupestres.
        J’ai visité bien sûr les fac similés de la grotte de Lascaux, mais aussi la grotte de Rouffignac, celles de St Cirq, de Combarelles, et de Pechmerle, également en Dordogne ou le Lot, mais aussi des grottes dans le Sahara.
        Il y en a bien d’autres en France que je n’ai pas eu la chance de voir et notamment la grotte Chauvet dont on a beaucoup parlé à la télévision à l’occasion de son accession au patrimoine de l’UNESCO.
        Cette grotte de l’Ardèche comporte un milliers de peintures et de gravures qui datent de 20 000 à 30 000 ans avant JC.
        Les œuvres de la grotte Chauvet montrent qu'il existait déjà, à ces dates, des artistes capables de préparer la paroi calcaire et penser le dessin. et de maîtriser des techniques très complexes comme l'estompe et la perspective, et de donner de donner du volume et un mouvement aux représentations.
        Je trouve que ses peintures sont parmi les plus belles :

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    Pourquoi tenons nous à nos opinions ?

        Nous tenons tous à nos opinions. Certains plus que d’autres et celui qui est tolérant écoute les autres, défend certes ses opinions, mais s’il se rend compte qu’il a tort, il ne s’entête pas et change d’opinion ou en tout cas, la modifie.

        Tout le monde n’est pas tolérant et parfois les opinions sont si fortes qu'elles nous font perdre toute raison et le savoir-vivre recommande de ne pas aborder les sujets de politique et de religion à table, de peur de soulever des polémiques.
        Alors, si vous avez eu le malheur de vous brouiller avec vos meilleurs amis à cause d'un différend sur une question politique, vous serez sans doute content d'apprendre que c'est à cause de la « réduc-tion neurale d'amorçage».
        Vous ne savez sans doute pas ce qui se cache derrière cette appellation barbare, alors je vais essayer de vous l’expliquer.

        Le neurobioloqiste Gagon Wig et son équipe, de l'Université de Hanovre, aux Etats-Unis, ont mis en évidence ce phénomène en montrant à des volontaires une série d'images d'objets, de paysages, d'animaux ou d'outils qu'ils devaient classer le plus rapidement possible dans deux catégories: « êtres vivants » et « objets inanimés ».
        Après quelques répétitions, ils ont constaté que les sujets classent plus rapidement les images  dans l'une ou l'autre des deux catégories et qu’en même temps l’activité du cortex préfrontal gauche diminuait fortement.
        Cette diminution est due au fait que le cerveau dépense de moins en moins d'énergie pour faire fonctionner les connexions neuronales entre l'image observée et Ie choix de la catégorie où le sujet doit ranger l'image.
        Au début de l'exercice, relier une image à une catégorie met en marche des millions de neurones et nécessite une intense activation, notamment du cortex préfrontal. Puis, progressivement, seules les connexions les plus efficaces  sont conservées. Il en résulte une réduction d'activité et une économie d'énergie pour le cerveau.

        Comment peut-on appliquer ces résultats aux opinions que l'on se forge sur tel ou tel sujet ?
        Prenons l'exemple d'une opinion sur le thème du réchauffement climatique et soumettons-le au protocole expérimental précédent. On demande au sujet de classer des images telles qu'une bombe à aérosol, une automobile, une vache, une poubelle.... dans deux catégories : « Participe au réchauffement climatique » et « Ne participe pas au réchauffement climatique. »
        Initialement, le classement est un peu hésitant, mais il devient progressivement de plus en plus rapide. Le cerveau du sujet s'active de moins en moins, ce qui reflète une diminution de l'effort et une économie d'énergie face au problème à résoudre. Ainsi, plus Ia personne prend l'habitude de considérer que tel ou tel facteur contribue au réchauffement climatique, moins son cerveau produit d'effort et plus ce classement devient automatique.
        Ces expériences montrent que l'opinion permet au cerveau de fonctionner en mode   « économie d'énergie ».

        Si nous tenons tant à nos opinions, c’est qu’elles nous évitent d'avoir à mener une réflexion consommatrice d'énergie, elles sont reposantes car elles mobilisent moins notre cortex préfrontal..
        Pour modifier une opinion, il faut remodeler ses connexions cérébrales, activer intensément le cortex préfrontal gauche et dépenser beaucoup de glucose et notre cerveau répugne à cela.                
        Ces travaux montrent nos oplnions sous un jour nouveau : celui de mécanismes et d’automatismes de la pensée.                
        En sélectionnant des circuits économiques, le cerveau rend peu probable la circulation de l'information dans d'autres circuits.
        Reposante et peu coûteuse, l'opinion représente en quelque sorte pour cette raison, une restriction de la liberté de penser.                
        Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas avoir d’opinions, mais qu’il faut savoir les remettre en question., quitte à se fatiguer un peu

        Et cela me rappelle un conseil que me donnait mon grand-père :
        "Quand tu regardes une chose, une personne, dans une direction, quand tout le monde regarde par là, n'hésite pas à te retourner, cherche un autre point de vue, cherche à voir et à montrer autre chose. Cela t'évitera de toujours penser aux mêmes solutions."

     

     

     

     

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  • Dites moi ce qu'est le bon sens.

        J'ai déjà publié deux articles sur le "bons sens" (25/05/19) et sur le fait qu'il devenait plus rare de nos jours, malheureusement.
       Et un correspondant m'a dit qu'il faudrait peut être d'abord le définir. Je reconnais qu'il a raison, alors je vais essayer de répondre à cette question difficile :
                                                                             qu’est ce que le “bon sens” ?


        Si je vais voir chez  mes ami(e)s, le petit Robert et la rousse, je lis
    “capacité à distinguer le vrai du faux, d’agir raisonnablement”, mais aussi ce qui m’a étonné “manière commune d’agir à tous les hommes, ensemble des opinions dominantes dans une société”.
        Je trouve que ces deux aspects sont extrèmement différents. Cette deuxième définition autrefois concernait le “sens commun”..
        J’ai d’ailleurs trouvé dans mon livre de philosophie d’il y a plus de 60 ans, l’explication suivante : “Le bon sens diffère du sens commun en ce qu'il consiste dans l'emploi des facultés, tandis que le sens commun est un ensemble de connaissances innées ou acquises, résultant, pour tous les humains, de ces facultés appliquées spontanément à leurs objets respectifs.”
    et un vieux dictionnaire de mon enfance dit que c’est la “capacité de bien juger, sans passion, en présence de problèmes qui ne peuvent être résolus par des raisonnements scientifiques”.

        Il faut croire que le sens du mot a évolué puisqu’on semble confondre les deux maintenant.
       
        Voyons ce que disent quelques littérateurs connus :
        Le bon sens est la “la saine et droite raison”, dit le Littré et il reprend ensuite une définition assez curieuse due à Rivarol en 1827 “La portion de jugement et de lumière, départie à tous les hommes bien organisés.”
        L’encyclopédie de l’Agora écrit “Le bon sens est l'intermédiaire entre l'ignorance et la connaissance bien assurée. Il est la raison sans raisons. Entre la sphère théorique où l'on s'entend rarement sur le sens d'un mot ou d'une idée et la sphère pratique où l'on doit agir, le plus souvent sans être assuré de pouvoir le faire en connaissance de cause, il y a un vide. Le bon sens comble ce vide.”
        Pour Descartes le bon sens est “la chose du monde la mieux partagée, car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils n'en ont. En quoi il n'est pas vraisemblable que tous se trompent; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égal en tous les hommes”, mais Boileau est plus réservé : “Tout doit tendre au bon sens, mais pour y parvenir le chemin est glissant et pénible à tenir; pour peu qu'on s'en écarte aussitôt on se noie.”

        J’aime bien aussi Descartes, mais j’avoue que je doute aujourd’hui que le bon sens soit partagé par tous.
        Les hommes se déchirent et courrent à leur perte par leurs divisions et leurs interminables querelles d'opinions : pluralité des politiques, des religions et des philosophies, génératrices le plus souvent de discordes, parce que ne servant que des partis et des partis pris, et qui ne concourent que rarement à unir les hommes pour un but commun.
        Je suis aussi quelquefois étonné des décisions que prennent certaines personnes, car il paraît évident, même à un ado qui n’a pas l’expérience de la vie que cette décision sera mauvaise et aboutira à des problèmes certains.
        Le bon sens est ce l’intelligence. J’en doute quand je vois notre président de la république, qui a sûrement une certaine intelligence pour être parvenu à ce poste, faire des erreurs de logique, de compréhension de l'opinion des gens et de concertation, sans parler de Trump; où là je me demande même parfois s'il est intelligent. Mais cependant,  il ne faut pas être idiot pour avoir du bon sens
        Le bon sens est il dû à l’instruction ? Sans doute en partie, mais j’avais deux grands-pères qui m’expliquaient leurs raisonnements et les critères et motifs de leurs actions et ils avaient tous deux beaucoup de bon sens. Pourtant si l’un était ingénieur, l’autre n’était qu’un simple paysan de Dordogne, qui n’avait que le certificat d’études, mais lisait beaucoup et avait une bibliothèque énorme où je puisais souvent mes lectures l’été. Mais je pense que mon grand-père de Dordogne, intelligent, travailleur et curieux  auurait aujourd’hui fait des études plus longues.
        Le bon sens est il dû à l’éducation ? Je serai tenté de dire qu’elle peut avoir beaucoup d’influence, mais je crains d’être influencé par ma jeunesse avec mes grands parents et parents.
        Les vieux paysans d’autrefois apprenaient à leurs enfants à se méfier des “on dit” de ce que l’on entendait ou lisait ça et là, à essayer de se faire sa propre opinion en examinant les faits et l’environnement. Ils apprenaient la modestie, le pragmatisme, l’observation, les caprices du temps et de la terre.... et l'esprit critique.
        Mes instituteurs m’ont fait observer la nature et nous apprenaient de façon très simple le pourquoi des choses, en même temps que les notions élémentaires d’arithmétique, mais aussi la compréhension de ce que nous lisions. 
        Mes professeurs m’ont appris le raisonnement, l’analyse de la pensée littéraire,  la logique du latin, des mathématiques et des sciences.
        Quand je vois ce qu’aprennent mes petits-enfants, je pense qu’une partie de ce sens pratique, de ce pragmatisme n’est plus enseigné.
        On ne sait guère plus apprendre le bon sens !

        Je n’ai rien trouvé dans mes articles de neurologie ou de psycho sur le bon sens. Ce n’est pas étonnant : on ne sait déjà pas ce qu’est l’intelligence !
        La seule chose que j’ai lue, c’est que dans toute recherche de décision, c’étaient le cortex préfrontal qui organisait la réflexion et qui faisait des simulations des conséquences, en consultant le cerveau émotionnel et les centres de récompense, pour comparer les solutions et les critiquer.

        Essayons du coté des préférences cérébrales.
        Un “I” aura t’il plus de bon sens qu’un “E” ? L’introverti réfléchira plus que l’extraverti qui a tendance à parler trop vite, mais je connais des extravertis qui ont beaucoup de bon sens. 
        Un “S” sera t’il plus sensé qu’un “G”.. J’ai eu parmi mes camarades de Polytechnique un “G” très rêveur, qui parfois sortait des inepties dignes du professeur Tournesol et il ne le faisait pas exprès. Il était très inventif, mais incapable de faire le tri de ses idées. Mais heureusement on atteint rarement cette intensité de préférence G. Le S certes est plus analyste, plus méticuleux, plus pragmatique, mais l’excès dans ce domaine mène certains S à des actions tatillonnes bien déraisonnables.
        Le “L” aura t’il plus de bon sens qu’un “V” du fait de ses critères de décision logiques. Oui sur des décisions rationnelles, où l’on peut en partie lier causes et effets. Mais sur des problèmes complexes philosophioques ou humains, un V pourra montrer beaucoup de bon sens dans des décisions pourtant très subjectives.
        Influençabilité et bon sens sont sûrement liés, mais quel est celui qui est la cause de l’autre ou la cause commune : c’est le paradoxe de l’oeuf et de la poule.

        Finalement, je ne sais pas ce que c’est que le bon sens : un mélange d’intelligence, d’expérience, de pragmatisme, de logique, d’intuition et de raison, d’esprit critique, mais aussi du souci de la liberté de pensée et d’expression.
        Qu’en pensez vous?

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  • La lecture rapide

         A la suite de mes articles sur l'apprentissage à l'école et l'utilisation de notre cerveau, j'ai eu pas mal de questions. Je vais essayer de répondre à celle-ci :
                  ”La vitesse de lecture joue-t-elle un rôle dans la facilité et la qualité des acquisitions?”

        Je vais essayer de répondre à ces questions en expliquant comment on peut acquérir une plus grande vitesse de lecture et comment je l’ai fait moi-même quand j’avais une trentaine d’année, avec l’aide d’une collègue psychologue qui faisait de l’orientation professionnelle et s’intéressait à l’enseignement de la lecture.
        Mais cette augmentation de vitesse de lecture se traduit par une baisse de la qualité de compréhension.

        Pendant longtemps l’homme n’a connu que la “tradition orale”, mais les informations étaient mal transmises et peu à peu déformées.   
        Puis, pendant des siècles, le livre, d’abord manuscrit, puis, après Gutemberg, imprimé, a constitué le seul moyen d’enregistrement, de conservation et de transmission de la connaissance.
        Mais, depuis quelques dizaines d’années, la radio, le CD, le DVD, le film et Internet remplissent le même office : ils nous transmettent les messages sous une forme plus facile et plus séduisante que ne le faisait l’austère imprimé. En effet, il est plus reposant d’écouter un journaliste que de lire un quotidien. Nous prenons plus de d’intérêt à la vision d’un documentaire télévisé qu’à la lecture d’un livre sur le même sujet.
        Or, à la surprise générale, et contrairement aux prévisions émises il y a quelques décennies par les spécialistes, la production de textes imprimés n’a pas baissé face à cette redoutable concurrence.
        La raison de cette supériorité du texte sur le langage sonore est simple : on lit beaucoup plus vite qu’on ne parle.
        Tandis que l’auditeur d’un conférencier, d’un disque, de la radio, le spectateur d’un film, d’une émission de télévision, perçoivent le message à la vitesse d’articulation orale du  speaker  à un rythme moyen de 150 mots à la minute, un lecteur  lit entre 300 et 500 mots par minute.

        Peut on lire plus vite ?
        On peut vraiment augmenter sa vitesse de lecture de 30 à 50%, mais il faut savoir parfaitement lire et avoir déjà beaucoup lu, avoir une bonne mémoire et  avoir un cerveau préfrontal presque totalement mature (donc disons plutôt étudiant qu’élève)
       
    Les méthodes de lecture rapide sont à proscrire totalement pour un enfant qui ne sait pas encore parfaitement lire, car on risque de perturber considérablement de façon durable sa façon de lire.


        Les méthodes sérieuses de lecture rapide comportent en effet cinq types d’entraînement :
            - d’abord apprendre à se concentrer au maximum.
            - éliminer la subvocalisation. (la vocalisation interne inconsciente de notre cerveau qui prononce mentalement les mots).
            - élargir physiologiquement son champ de lecture et maîtriser les saccades de ses yeux.
            - apprendre à repérer les termes importants.
            - apprendre à résumer et retenir l’essentiel d’une lecture,
    méthodes qui ne sont pas à la portée d’un enfant et empêchent au contraire le bon apprentissage initial de la lecture.

        Contrairement à ce que l’on croit, la lecture rapide demande une attention plus grande que la lecture habituelle, et il faut se concentrer et demander un effort beaucoup plus grand à notre cortex préfrontal. On se fatigue donc plus vite et on ne peut pas lire ainsi tout un roman : ce type de lecture est réservé à des documents peu volumineux et des temps de lecture séparés par des temps de repos entre les documents lus (par exemple du courrier).
        Il faut apprendre à se concentrer au maximum et surtout à maintenir sa concentration. C’est une question de volonté et de fatigue.

        La subvocalisation est le phénomène consistant à prononcer mentalement les mots lus lors d'une lecture silencieuse c'est-à-dire que la lecture devient un discours intérieur.. Elle est inutile et ralentit beaucoup la lecture sans améliorer la compréhension car le cerveau n'a pas besoin d'« entendre » le mot pour en comprendre le sens.
        Mais contrairement à ce que l’on dit ce n’est pas un défaut. Elle est nécessaire au moment de l’apprentissage de la lecture, de la même façon que lorsque, sachant écrire à la main, vous apprenez à taper de vos dix doigts sur le clavier : au début vous épelez les mots pour chercher les touches et ce n’est que lorsque vous vous serez débarrassé de cette habitude que vous taperez vite en anticipant mentalement sur votre frappe, comme vous le faisiez sur votre écriture.
        On arrive avec l’habitude à se forcer à ne pas subvocaliser, mais on constate alors que les erreurs de compréhension et de mémorisation sont alors plus nombreuses.

        On sait aujourd'hui que I'œil d’un enfant ne peut voir plus d'un mot complet. En raison du câblage des cellules photo-réceptrices de la rétine au cerveau, nous ne voyons avec précision qu’un tout petit secteur sur le papier, et les enregistrements réalisés avec des caméras  montrent que les yeux de l'enfant réalisent de courtes pauses sur les lettres au rythme de trois par seconde, saisissant de petits groupes de lettres les uns après les autres.
        Un adulte peut augmenter ce champ de vision  en déplaçant un carton muni d’une fenêtre devant le texte, cette fenêtre étant agrandie progressivement à deux puis trois mots au cours de l’apprentissage, de même qu’on augmente la vitesse de déplacement de la fenêtre et que l’on diminue ainsi les temps de pause.
        On peut ainsi augmenter le champ de vision des mots et la vitesse de parcours du texte, mais ceci n’est possible qu’à une distance assez précise du document qui dépend de votre vision.

        Mais ceci ne suffit pas et vous risquez de ne pas bien assimiler ce que vous lisez et il faut un entraînement complémentaire cognitif pour faire travailler davantage et mieux votre cerveau frontal.
        Les connaissances ou souvenirs stockés en mémoire à long terme peuvent durer des semaines, voire toute une vie (si on les rappelle régulièrement). Les connaissances ou souvenirs stockés en mémoire à court terme (les mémoires “tampon” dont se sert le cortex préfrontal), ne durent qu’au plus quelques secondes si un effort n’est pas fait pour se les rappeler (par exemple par répétition).
        Il y a trois états possibles d’une connaissance : un état de non-acquisition; un état d’acquisition instable (stockage en mémoire tampon); un état d’acquisition stabilisé (stockage en mémoire à long terme). Des expériences ont montré que l’utilisation d’une méthode qui choisit selon certains critères les items à réétudier optimisait l’efficacité des études.
        La lecture rapide va de pair avec une bonne mémoire, d’une part à court terme et d’autre part une bonne transformation en un souvenir à moyen terme.
        Un lecteur qui ne peut conserver en « mémoire immédiate” tous les mots d’une phrase, trébuche mentalement, revient en arrière : il lit donc plus lentement et retient mal.
        Il arrive à l’oeil du bon lecteur et aux mécanismes mentaux qui le commandent, d’anticiper certains des mots des phrases qu’il lit et donc de les lire plus vite. De même notre cerveau préfrontal fait des prévisions par exemple celle de la signification du mot. (soit « venir » soit « apparaître » pour le mot « venir ») ou la nature syntaxique du mot (substantif, verbe, adjectif...) ou son genre (masculin, féminin).
        Ce n’est plus la lecture proprement dite qui va plus vite, mais le mécanisme de reconnaissance et de compréhension dans le cortex frontal et les centres associés de la mémorisation des mots (centres de Wernicke et de Geschwind, dont j’ai déjà parlé dans des articles sur la parole).
        On peut donc d’une part faire des exercices pour améliorer sa mémoire à court terme et la transformation des données en mémoire à moyen terme et d’autre part des exercices qui font reconnaitre dans le texte qu’on lit, sujet, verbes, complément et adjectifs, prépositions ou adverbes importants (par exemple les négations !), en négligeant en quelque sorte les autres mots.
        Un bon entraînement consiste également à résumer des textes en en sortant les idées principales.
        Ainsi, la recherche de “mots signaux” dans une page et la sélection des parties essentielles permettent au lecteur de démultiplier sa vitesse de lecture, en augmentant la vitesse de traitement de notre cortex frontal et des centres associés, notamment de la mémoire des mots.

        J’ai fait il y a 50 ans un tel apprentissage de lecture rapide et je peux vous certifier que l’on augmente sa vitesse de lecture de façon notable, mais sur des textes courts et au détriment de la compréhension des nuances et des détails.
        Mais cela permet par exemple de gagner un temps précieux sur la lecture du courrier.
        Vous vous rappelez les lettres que vous avez lues, les sujets et en gros ce qu’elles disaient.
        Mais si l’une d’elle est très importante et comporte des points particuliers, en général vous la mettez de coté pour la relire à vitesse normale, en pesant tous les termes.
        C’est vrai également pour un contrat, pour un article scientifique. Cela vous permet d’en parcourir vite les pages et de cocher certains paragraphes importants, que vous viendrez relire ensuite, pour mieux en saisir les nuances.
        Je ne conseille pas à mes correspondant(e)s littéraires de lire ainsi les livres nécessaires à leurs études, ni aux étudiant(e)s de prépa ou de médecine de lire leurs cours pour les apprendre en lecture rapide
     
       La lecture rapide n’est qu’un survol de reconnaissance d’un texte.

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