• La Poste sous la neige en région parisienne.

        La fonte de la neige est un redoutable test pour tout ce qui est étanchéité des toitures et des tuyauteries d’eaux pluviales.
        Mais les perturbations engendrées par une couche de neige inhabituelle est aussi un bon test pour les services publics.

        Il y a une trentaine d’années, les agents des services publics avaient conscience de leur mission de service, et surtout les personnels qui les encadraient se sentaient responsables du service qu’ils dirigeaient, de sa bonne marche, donc de son organisation et des ordres à donner à son personnel pour qu’il remplisse sa mission. Cela semble révolu dans de nombreux cas.
       
        Prenons le bureau de poste de ma commune, (25 000 habitants en région parisienne),  Depuis lundi dernier pas un document dans les boîtes au lettres de la résidence : seulement les journaux qui sont distribués sans passage par la Poste.
        Pourtant les grandes voies de la commune avaient été dégagée par les balayeuses et camions de salage et étaient aptes à la circulation à condition de modérer sa vitesse et de garder ses distances. Les petites rues étaient enneigées, mais, à condition d’aller très doucement et de ne pas donner de coup de volant, c’était praticable.
        J’avais quelques rendez-vous et surtout les courses quotidiennes et je suis sorti sans problème et sans risque. Pour quelques kilomètres, j’ai sans doute mis le double de temps, mais la neige ne m’a guère perturbé.
        Je trouve donc anormal d’être resté sans courrier, au moins tous les deux jours au lieu de tous les jours.
        Je comprends que les facteurs à vélo ne soient pas venu : c’était dangereux sur deux petites roues. Mais il y a assez de voitures postales pour faire la distribution en deux jours !
        Je ne reproche pas ce manque aux facteurs : ils suivent les ordres, mais il semble qu’ils n’en n’aient pas.
    Je considère que c’est le receveur de ce bureau, qui ne se sent pas responsable de son service, qui est incapable de l’organiser face à une situation imprévue. Il réagit comme un employé, non comme un cadre, alors qu’il est payé comme tel (mal certes, mais les salaires de la fonction publique sont très bas, c’est connu)
        Par ailleurs je connais des employés qui sont capables d’initiatives ; ce sont eux qu’on devrait promouvoir comme cadre et pas seulement ceux qui, certes savent passer des concours, mais sont nuls en pratique et en commandement.

        Certes certaines lettres n’ont pas dû venir de province aussi rapidement et certains des employés qui habitaient loin, n’ont pu venir à leur travail.
        Mais beaucoup des employés de la poste habitent la commune, et les métros qui y amènent le courrier, fonctionnaient, et la gare est à 2 km de la poste.
        J’ai fait plusieurs fois le trajet entre mon domicile et la gare en voiture, et c’était très possible, à condition d’aller lentement.
        Et tous les journaux et lettres qui ne venaient pas par la Poste, ont été livrés avec un retard minimal.

        Par contre je tire mon chapeau aux services de voirie et aux services de ramassage des ordures, pas forcément des gens des services municipaux, mais tous avec un travail pénible. Ils ont rempli parfaitement leur service malgré les difficultés de circulation, mettant simplement plus de temps à le faire.
        J’espère qu’on leur payera des heures supplémentaires.

     


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  • La régulation des réfrigérateurs-congélateurs.

           Un correspondant m’a demandé comment se faisait la régulation d’un réfrigérateur-congélateur, notamment s’il n’y avait qu’un seul thermostat.
          Je vais donc donner un peu plus d’explication sur les mécanismes de régulation.
          Il y a en effet plusieurs cas possibles :

          Le premier cas, dans les matériels haut de gamme, est d’avoir un compresseur et un circuit réfrigérant, contrôlé par un thermostat pour chaque appareil, congélateur et réfrigérateur qui sont alors complètement indépendants.

          C’est une solution chère et donc le plus souvent on a deux circuits réfrigérants séparés commandés chacun par un thermostat et un seul compresseur qui alimente tantôt l’un tantôt l’autre circuit. C’est la solution la plus courante. En effet un thermostat, pour le constructeur, coûte moins de 10 €.
          Le réfrigérateur et le congélateur sont donc régulés indépendamment l’un de l’autre.

          Le troisième cas sur les anciens réfrigérateurs-congélateurs et sur ceux bas de gamme est de n’avoir qu’un seul thermostat.
           Les deux armoires n’ont pas les mêmes besoins : le réfrigérateur a besoin d’un contrôle relativement précis en température, entre 3 et 6 d°C; le congélateur au contraire peut se contenter d’une régulation moins précise, entre - 12 et -20 d°C.
           L’unique thermostat va donc réguler la température du réfrigérateur dans lequel il y a une sonde de température.
          Mais le circuit de refroidissement commence par refroidir le congélateur et ses caractéristiques sont calculées, en fonction de la taille du congélateur et de son isolation, pour que, lorsque le circuit du réfrigérateur maintient 4 d°C, celui du congélateur maintient environ -15 d*C.
          En fait comme l’on ouvre moins le congélateur, il sera alors le plus souvent entre -16 et -18 d°C.
           C’est une correspondance purement thermodynamique, mais suffisante.

           Il y a enfin un quatrième cas que j’ai décrit dans l’article du 27 octobre 2017 : ce sont les appareils ventilés dans lesquels une petite soufflante fait en permanence circuler l’air intérieur, ce qui permet d’avoir une température uniforme dans chaque armoire et de ne pas créer de givre.
          La régulation est originale : un thermostat classique commande le compresseur et permet de réguler la température du congélateur.
          Un second thermostat de trouve dans le réfrigérateur, mais il ne commande pas le compresseur, mais un volet qui régule le passage d’air à -15 d° du congélateur dans le réfrigérateur, de telle sorte que la température dans celui-ci soit par exemple de 4 d°C.


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  •     Dans le précédent article, nous avons vus divers état de conscience et d’inconscience, et une hypothèse de fonctionnement du cerveau.
        Celle-ci supposait que de nombreux centres spécialisés traitaient et élaboraient des informations particulière de façon inconsciente, et il n’y aurait conscience que lorsqu’un autre réseau de neurones interconnectés, prendraient en charge toute ces informations pour en faire une synthèse, une information d’état, qui est ensuite diffusée à tous les centres du cerveau qui peuvent s’en servir, pour l’interpréter, la transformer, et éventuellement déclencher des actions.
        Il n’y a pas conscience s’il n’y a pas diffusion de l’information dans le cerveau. On peut donc penser qu’on pourrait mesure la conscience, si on peut mesurer la connectivité dans le cerveau.

        Depuis 1920 on enregistre les signaux neuronaux sous formes de tracés particuliers : des électro-encéphalogrammes.
    Mesure de l'état de conscience. Sommeil et rêve    On peut ainsi différencier l’éveil du sommeil, le sommeil profond du sommeil paradoxal, diverses activités du cerveau et « l’encéphalogramme plat », lorsqu’il n’y a plus de signaux électriques, diagnostic de mort cérébrale, le corps pouvant continuer à vivre s’il est assisté par un mécanisme permettant au cœur et aux poumons de fonctionne
        Le nombre d’électrodes placées sur le crâne était limité, et il fallait raser celui-ci pour mettre sur la peau, sous l’électrode, un gel conducteur. les signaux étaient évidemment fortement amplifiés.
        On dispose aujourd’hui d’électrodes sèches et plus sensibles, que l’on peut mettre en grand nombre (256) sur un casque  et d’instruments informatiques performants d’analyse, après amplification.
        Cela permet de différencier le fonctionnement de divers centres dans le cerveau.


        Steve Laureys du CHU de Liège a mis au point un système de mesure de la diffusion des informations dans le cerveau (appelé ZIP-ZAP), et Sylvia Cazarotto de l’Université de Milan, l’a utilisé pour tester 150 sujets, dont 48 étaient atteints de lésions cérébrales.
        La mesure consiste à stimuler le cerveau par une impulsion magnétique, (le ZAP), qui produit dans les neurones corticaux qui y sont soumis un bref courant électrique. Cet influx entraine la réponse d’autres neurones et l’information se propage plus ou moins dans tout le cerveau, dans des centres qui pourraient l’utiliser, puis s’arrête.
    Un électro-encéphalogramme haute densité est enregistré. On répète plusieurs centaines de fois l’excitation d’un centre donné, et on excite divers centres du cortex. On suit donc la complexité du traitement d’information du cerveau, que l’on traite par un algorithme mathématique (le ZIP).
    Ce traitement aboutit à un chiffre le PCI (perturbational complexity index), qui est censé représenter la complexité du traitement cérébral d’une série d’informations.
        Lorsque l’activité corticale est supprimée, le PCI est voisin de 0 et lorsqu’elle est maximale le PCI est voisin de 1.

    Mesure de l'état de conscience. Sommeil et rêve

        Les résultats des 150 patients testés sont représentés ci-dessous : on constate que les patients inconscients ont un PCI inférieur à 0,31

        (Nota, la kétamine n’est pas un anesthésiant profond : il déconnecte l’esprit du monde extérieur, mais n’altère pas la conscience; à faible dose c’est une drogue hallucinogène).
        Une autre expérience a été faite avec des patients dans le coma et donc qui étaient non répondants.
        Sur 43 personnes, 9 d’entre eux se sont révélés avoir un PCI peu élevé, mais supérieur à 0,31
         On peut penser que ces personnes pouvaient ressentir quelque chose, bien que ne pouvant communiquer avec l’extérieur.
        Cette méthode, très récente, soulève donc des questions non encore résolues concernant la conscience, et pourrait déboucher d’ici quelques années sur des outils de diagnostic.

        Je voudrais profiter de cet article pour compléter l'article du 12 novembre 2016 que j’avais fait sur le sommeil paradoxal et le rêve, qui était un peu compliqué.
        Dans notre vie, nous avons tous des soucis, des ennuis qui nous préoccupent et nous y pensons souvent, notamment quand nous sommes tranquilles avant de nous endormir. Pour certaines de ces préoccupations, nous ne voulons même pas trop y penser car cela est trop pénible, et elles sont refoulées dans notre inconscient.
        Avant de nous endormir, nous pouvons également penser à d’autres sujets non préoccupants.
        
Enfin toute la journée nous avons mémorisé à court terme des millions d’informations, dont la plupart sont inutiles, ou n’étaient utiles que quelques instants.
        Le cerveau, pendant le sommeil paradoxal, va faire du tri : il va éliminer tous les souvenirs conscients ou inconscients de la journée (ou des jours précédents) qui ne servent plus à rien (plus de 99%), puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), puis au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement). Il éliminera aussi les souvenirs des pensées que nous avons eu avant de nous endormir, dans la mesure où nous n’avons rien trouvé de nouveau ou d’important.
        Pour faire cela le cerveau renvoie, sans que nous en soyons conscients, les sensations mémorisées correspondantes dans les centres d’interprétation des perceptions (la vision notamment), lesquels sont, pendant le sommeil, déconnectés presque complètement des organes des sens; les connexions entre les neurones correspondant aux souvenirs à éliminer sont supprimées, et au contraire celles des souvenirs que l’on veut renforcer, sont consolidées.
        Mais toutes ces perceptions « internes », images notamment, arrivent dans ces centres de façon aléatoire dans une succession qui ne correspond à aucun ordre, que ce soit chronologique ou sur un sujet ou événement donné.
        Si nous nous réveillons, ne serait ce que quelques secondes, le cortex préfrontal, qui était déconnecté des centres de perception, va tout à coup être conscient de cette succession aléatoire et illogique de perceptions; il croira qu’elles viennent de nos sens et donc du monde réel et il tentera de trouver des explications. Le souvenir de cet épisode est ce que nous appelons un rêve.
       Et évidemment le cortex a beau faire ce qu’il peut, le rêve est forcément incohérent, illogique et farfelu, même si le cortex a su lui donner une explication réaliste.
      Mais en dehors d’un réveil il n’y a pas de rêve, car tout est inconscient, le cortex préfrontal n’étant pas informé des traitements qu’effectuent les centres d’interprétation des perception pour traiter nos souvenirs.


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  •  Dans l’article précédent, j’ai essayé de commencer à définir ce qu’était « la conscience » au sens de « être conscient ».
        Aujourd’hui je vais essayer de le préciser et de parler d’un outil tout récent de mesure, décrit dans un article que j’ai lu dans la revue « Pour la Science ».

        En fait la conscience n’est pas manichéenne. On n’est pas conscient ou non conscient : il y a une gradation continue d’états que les médecins distinguent sur le schéma ci-dessous, la conscience complète étant obtenue quand on est réveillé.
        Ne pas confondre conscience et attention. Certes on ne peut faire attention si on n’est pas conscient, mais on peut être conscient et même éveillé et ne pas être attentif.

    Les divers états de conscience.


    Les médecins distinguent d’abord ce que l’on appelle un « état non répondant », même si la personne dans le coma reste les yeux ouverts et en apparence éveillée. Dans cet état il n’y a aucune communication possible. Seuls les centres cérébraux de base indispensables à la vie et certains circuits réflexes comme ceux des mouvements des yeux ou de déglutition fonctionnent. Le patient ne répond pas à des stimuli sensoriels. Toutefois rien ne nous indique ce que peuvent ressentir intérieurement ces patients.

        La catégorie suivante est celle de toutes les personnes endormies en sommeil profond et des patients mis sous anesthésie pour une opération.  Il n’y a pas de communication, mais l’activité du cerveau reste importante : en fait il y a déconnexion du monde réel, car les centres d’interprétation des sens ne fonctionnent plus, le thalamus ne leur transmettant plus les influx nerveux.
        On peut assez facilement réveiller une personne endormie, mais par contre l’éveil n’est pas immédiat dans le cas d’une anesthésie. Mais chaque patient a une réaction différente vis à vis des anesthésiants, et il faut surveiller en permanence l’électroencéphalogramme pour éviter que le patient ne se réveille en pleine opération. Les neurones oscillateurs du pont cérébral imposent une fréquence basse de quelques hertz au thalamus, qui fonctionne au ralenti : les centres d’interprétation des sensations et le cortex préfrontal sont déconnectés; l’anesthésiant bloque en outre les influx nerveux de la douleur remontant vers l’hypothalamus.

        L’état suivant est celui de conscience minimale. Une communication minimale est possible. On peut obtenir une réponse à certains stimuli, des changements dans le regards, certains gestes minimaux volontaires éventuels, voire percevoir certaines réactions d’émotions. Le patient peut même émettre des sons, mais non des paroles. On est à la limite de la conscience.

        Viennent ensuite le sommeil paradoxal ou le réveil après anesthésie.
    L’individu est encore coupé du réel, les centres d’interprétation des sens n’interprétant pas les signaux venus de l’extérieur, mais traitent des signaux internes (j’en reparlerai dans un nouvel article sur le rêve).
        Il y a réaction à des stimuli, même à la parole ou à des événements extérieurs, mais ces réactions sont inconscientes. Le cortex préfrontal  est presque complètement déconnecté et les centres moteurs sont inhibés (sauf les mouvements des yeux).

        Le syndrome d’enfermement en bout de schéma est une affection particulière dans laquelle le patient est éveillé et totalement conscient, voit tout et entend tout, mais ne peut ni bouger ni parler, en raison d'une paralysie complète des muscles, excepté le mouvement des paupières et des yeux. Les facultés cognitives  sont intactes. Il est consécutif à un AVC du tronc cérébral qui coupe la communication entre les centres moteurs et le corps, via la moelle épinière.

        Quelles sont les théories de la conscience ?
        L’une des plus vraisemblable, due à l’origine à un neurologue de l’université du Wisconsin, Giulio Tononi, considère que le cerveau doit être à la fois capable de gérer d‘énormes quantités d’information provenant de centres différents, et de les intégrer de façon cohérente, mais aussi de faire la différence entre des informations voisines, comme par exemple reconnaître des visages.
        La conscience ne serait pas localisée à un endroit particulier du cerveau.
        Il y aurait deux architectures différentes : l’une est constituée de centres ayant des fonctions définies et pouvant fonctionner en permanence, en parallèle : par exemple les centres d’interprétation des sens, de reconnaissance des visages, du langage, les centres moteurs …. C’est une architecture modulaire peu connectée.
        Une seconde architecture est un système de nombreux neurones interconnectés, qui prend en charge les « synthèses » d’informations issues des modules du précédent système. A chaque moment ce second système saisit une scène qui correspond à une synthèse et les trois acteurs principaux sont le cortex préfrontal, chef d’orchestre du cerveau, l’hippocampe, organisateur de la mémoire, et les zones de mémoire associative.
        Un exemple concret : si on fait voir une phrase de façon subliminale (au dessous d’un seuil conscient de perception de 0,04 seconde), celle-ci est cependant entendue et lue, mais tout s’arrête là dans le cerveau. Au dessus de ce seuil, de nombreux autres centres s’activent, car le cerveau envoie l’information à tous les centres susceptibles de s’en servir, et notamment au chef d'orchestre, le cortex préfrontal, notamment pour comprendre la phrase et mémoriser l’information, voir déclencher une action. La phrase est devenue consciente.
        Chez les patients inconscients, les centres modulaires peuvent continuer à fonctionner, s’ils ne sont pas détruits, mais l’information qu’ils élaborent n’est pas transmise aux autres et ne provoque donc pas de réaction.
       
        Dans le prochain article, je parlerai d’une mesure de l’état de conscience.


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  • " Etre conscient de ", qu'est ce ?

        Il m’arrive de discuter avec des correspondants ou des amis de la « conscience ».
       Mais, en français, ce mot est ambigu, car il a, soit un aspect moral, désignant le sentiment de responsabilité de nos actions vis à vis du Bien et du Mal, (ou de la conformité aux lois et règles), soit il désigne l’état de notre cerveau vis à vis du monde extérieur, qui reçoit des sensations, des perceptions et en est ou non « conscient », c’est à dire que nous nous rendons compte de ces stimuli de notre environnement, ou non et ils sont alors « inconscients ».

        Et le mot conscience est encore plus général, puisqu’il s’applique non seulement aux sensations, mais au fait que nous sommes conscient d’être vivant et d’être une personne bien définie, différente de nos voisins : c’est la « conscience du moi ».

        Nous vivons cela tous les jours et aussi dans des cas exceptionnels.
        Tous les jours je m’endors. Je ne suis plus conscient alors de ce qui se passe autour de moi, et même si je rêve, cela n’a aucun rapport avec ce que seraient mes perceptions réelles de l’environnement si j’étais éveillé. Et quand je me réveille, peu à peu, je reprends conscience de ce qui est autour de moi, de ce que j’entends, que je vois, que je touche, que je sens ou d’une saveur, et en même temps, je sais à nouveau inconsciemment que je vis et que moi, j’existe. « Je pense donc je suis » disait Descartes.
        J’ai un jour subi un examen de l’estomac et on m’a endormi quelques minutes. Lorsque l’anesthésiste a injecté le produit, je l’ai vu faire et tout à coup, je n’ai plus de souvenir. Par contre j’ai ensuite celui de m’être soudainement « réveillé » et d’avoir vu le médecin qui rangeait ses instruments, alors qu’on m’emmenait. Plus aucune sensation ou du moins, plus de conscience pendant ces quelques minutes d’anesthésie.
        Etant jeune , j’étais en vélo dans une rue étroite, et en bas d’une descente, à un croisement, je suis rentré dans la remorque d’un camion qui passait au carrefour. Le cadre de mon vélo a plié, amortissant le choc, mais j’ai défoncé une planche de la remorque avec ma tête et j’ai été trois heures dans le coma, avec heureusement aucune séquelle. Je ne me souviens que de la rue, pas du camion et rien jusqu’à ce que je me réveille, à l’hôpital, avec mes parents à mes cotés.
        Et il y a des accidentés de la route, dans le coma pendants des semaines, certains présentant in fine, un encéphalogramme plat, leur cerveau s’étant arrêté de fonctionner, signe de la mort, le coeur devant s’arrêter normalement, mais pouvant continuer à  battre s’il est assisté électriquement.
        Voilà des états de conscience différents, mais en quoi diffèrent ils.?

        Le processus général est le suivant : nos sens ont des récepteurs qui captent ce qui se passe à l’extérieur : pour notre vue, l’oeil, si la paupière n’est pas fermée, crée sur la rétine une image de ce qu’il voit, laquelle est transmise par le thalamus, aux centres d’interprétation du cerveau, à l’arrière de notre crâne. (voir mes articles des 4, 6 et 8 mars 2017). Ce traitement est inconscient.
        Nous n’avons conscience de ce que nous voyons que lorsque le thalamus transmet en retour au cortex préfrontal l’interprétation des informations visuelles faite par ces centres de traitement. Nous n’avons pas conscience des informations que notre cerveau possède si elles ne sont pas transmises au cortex préfrontal.
         La conscience exige donc que les organes des sens fonctionnent, que les centres d’interprétation fassent cette tâche, et que le cortex frontal en reçoive le résultat.
       
        Sauf dégradation physiologique, ou obstruction volontaire (fermeture des paupières, boules quies, ne pas toucher avec la main…), nos organes de sens fonctionnent en général.
        La transmission au thalamus peut être arrêtée (destruction du nerf optique par exemple).
        Le thalamus peut ensuite ne pas transmettre les informations au centre d’interprétation, qui ne font donc pas leur tâche habituelle. C’est ce qui se passe pendant le sommeil (voir mon article du 8 mars 2017). Et évidemment rien n’est transmis au cortex préfrontal.
        Enfin les sens et leurs centres d’interprétation peuvent fonctionner, mais l’information rester inconsciente car non transmise au cortex préfrontal.

        Mais ce n’est pas aussi simple que cela, car il n’y a pas que nos sens qui nous relient à l’extérieur. Il y a aussi les informations liées à notre corps, qui ne passent pas par le thalamus, mais par l’insula ou l’hypothalamus pour la douleur.
        Et nos émotions mettant notamment en jeu le cerveau émotionnel.

        De plus les phénomènes dus au sommeil, à l’anesthésie, au coma, sont différents, (ne parlons pas de l’hypnose que l’on connaît encore plus mal), et ils varient d’une personne à l’autre.
        En fait on manque d’outils pour pouvoir mesurer l’état du cerveau dans ces circonstances différente, pour mesurer « la conscience ».
        J’en reparlerai dans un prochain article.


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