•           Nous avons vu dans les précédents articles, que la cochlée analysait intensité et fréquence des sons et transmettait l'influx nerveux à un centre du cerveau, comment celui-ci traitait les sons.
              Je ferai aujourd'hui un article reliant les précédent à la musique et à la parole.
              Je voudrais d'abord souligner que l'on trouve beaucoup d'études de livres et d'articles sur le langage, mais très peu sur la perception de la musique.

              Rappelons d'abord la zone de perception des sons en fonction de leur fréquence, pour une ouïe humaine, de 20 à 16 000 hz environ.
              Le schéma ci dessous donne la zone de perception de l'oreille humaine en fonction de l'intensité du son en décibels et de la fréquence en herz.
              Il y a d'une part un seuil d'audibilité et d'autre part une limite supérieure en intensité au delà de laquelle il y a douleur et les cils de la colchée sont endommagés
              La zone en vert foncé montre que la parole n'utilise qu'un quart environ de ces fréquences. La musique couvre une zone beaucoup plus importante (en bleu).

    Le cerveau musicien.


                        Traitement de la parole

              Sur le schéma ci-dessous on voit les zones du cerveau de l'hémisphère gauche qui contribuent à l'interprétation des sons et à l'utilisation du langage. (voir les articles déjà écrits sur le langage dans ce blog).
              On y voit l'aire du cortex auditif primaire qui fait l'interprétation physique, (en violet), puis l'aire secondaire (en rose foncé), qui nous donnent une “représentation des sons” avec des fonctions différentes des deux hémisphères cérébraux.
              On voit que l'aire de Wernicke qui interprète les sons relatifs à la parole, se trouve immédiatement en dessous (en ocre). Elle est évidemment reliée également aux aires visuelles car elle participe aussi à la compréhension du langage écrit.
              La petite zone orangé (aire supramarginale) est impliquée dans la mémoire de la phonologie et de l'articulation des sons et elle est en relation avec les aires de Wernicke et de Broca (production de la parole). L'aire supplémentaire du cortex moteur commande les muscles qui nous permettent de parler.
              Enfin la zone en vert est aussi appelée centre de Geschwind et c'est le siège d'une partie de la mémoire sémantiue des mots.

    Le cerveau musicien.


              Dans l'hémisphère droit on retrouve des zones analogues, mais plus petites qui concernent l'interprétation des mélodies et du contexte émotionnel du langage.
              Des études ont montré que chez l'enfant qui ne sait pas encore parler, , c'est d'abord l'hémisphère gauche qui apprend à reconnaitre les rythmes dans la phrase (vitesse, accentuation) et qui reconnait (sans comprendre), la langue maternelle et la voix de sa mère par rapport à d'autres langues (il y fait plus attention).
              Puis après six mois, l'enfant apprend peu à peu à reconnaître la “prosodie”, c'est à dire la mélodie du langage et son intonation émotionnelle (il ne comprend pas “oui” ou “non” mais le ton d'acquiècement (même si on dit non) et le ton de refus (même si on dit oui). C'est le rôle surtout de l'hémisphère droit.
              Puis l'hémisphère gauche et les centres de Wernické et de Broca reprennent la direction des opérations d'apprentissage des mots et du langage..
       
                        Venons en à la musique

              La figure ci-dessous montre en activité le cerveau d'un musicien, (en haut) et d'un non musicien (en bas) écoutant le même morceau.

    Le cerveau musicien.

              On voit que dans l'hémisphère gauche une aire beaucoup plus importante est activée chez le musicien; les neurobiologistes l'appellent l'aire de “l'oreille absolue”, c'est la partie qui identifie une à une les notes, (leur ”hauteur”) et permet de les différencier au milieu d'autres sons musicaux, de savoir si par rapport à une référence cette note est la bonne (c'est ce qui permet au musicien de jouer “juste” et au chef d'orchestre de suivre ce que joue un musicien particulier).
              Cette aire s'est développée peu à peu au cours de l'apprentissage du musicien (de même que dans l'aire de Broca et dans le cortex moteur primaire, des aires qui permettent de jouer d'un instrument.)
              Dans l'hémisphère droit le volume des centres en action est également plus grand chez le musicien, mais la différence est moindre. Ce sont les centres qui reconnaissent et suivent la mélodie, avec un aspect émotionnel.
              Une mélodie (notes successives) met surtout en jeu l'hémisphère droit, alors qu'une suite d'accords (notes simultanées implique plutôt l'hémisphère gauche.
              Il est à peu près certain qu'une place plus grande dans l'aire de Geswind d'un musicien (ou dans des zones autres) est réservée à la mémoire des morceaux de musique, de même que celui qui lit énormément à une place plus grande consacrée à la mémoire de ses lectures.
              Mais je n'ai pas trouvé d'étude importante, simple et claire sur ces sujets.
              Il existe des études sur le mécanisme de reconnaissance au son des instruments de musique, mais leurs résultats sont très complexes.

              Vous avez maintenant un aperçu assez complet de la façon dont nous percevons les sons et comment nous les interprétons.

              Je voudrais appeler votre attention sur le fait suivant :
              La musique, les sons la parole, ne sont que des vibrations dans l'air.
              La parole, un mot ce n'est qu'une suite de sons de diverses fréquences avec un certain rythme, des variations d'intensité.
              De même une mélodie, cela n'existe pas : ce sont des instruments qui envoient ensemble, un horrible mélange de vibrations sonores dans l'air.
              Et pourtant nous écoutons avec délices un orchestre, un morceau de musique et nous avons parfois les larmes aux yeux en écoutant les mélodies que nous aimons.
              Ceux qui sont musiciens parmi nous, lorsqu'ils jouent un air, ont la mélodie qui chante dans leur tête. J'ai souvent vu un chef d'orchestre chanter tout doucement certaines parties du morceau qu'il dirigeait.
              C'est notre cerveau qui crée, qui invente une “représentation” des sons et de la musique et cette “sensation qu'il a créée devient notre réalité, et nous finissons par croire que c'est le monde réel.

                  Je pourrais vous montrer que c'est la même chose pour les couleurs et la vue. Les couleurs ne sont que des photons animés d'une certaine énergie, et ce qui nous environne des amas de moolécules et d'atomes.
              Mais notre cerveau en fait des “images” et ces images deviennent pour nous le monde qui nous entoure.
        

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  •           Je vous ai montré hier comment fonctionnait l'oreille et nous avons vu que la cochlée transmettait, par environ 30 000 fibres nerveuses, les informations recueillies par les cils vibratiles quant aux fréquences et intensité sonores, des sons transmis auparavant par le tympan et amplifiés par les osselets.
            Aujourd'hui nous allons voir ce que fait le cerveau de ces influx nerveux et comment il traite ces informations.

            Le schéma ci-dessous indique d'abord le trajet des influx nerveux dans le cerveau.
            Ils passent en effet par plusieurs relais avant d'aboutir à un centre qui va faire une interprétation détaillée des sons.
            Chaque relais fait des prétraitements mais pour ne pas compliquer les choses je ne rentrerai pas dans le détail.

    L'interprétation des sons par le cerveau.


            Le premier relais est au niveau du “tronc cérébral” au dessus de la colonne vertébrale. Ce relais peut commander des actes réflexes si le traitement effectué décèle un son anormal qui peut avertir d'un danger . Il compare entre autre les sons provenant des deux oreilles et détermine des différences qui renseigner sur la position de l'émetteur.

            Le deuxième relais est au niveau des tubercules quadrijumeaux; le traitement  décèle là aussi des sons associés à certains dangers ou situations anormales et il y a alors alerte des centres amygdaliens que nous connaissons bien, et qui contrôlent peur, colère, réaction de défense ou de fuite, stress.

            Le troisième relais est dans le thalamus. Ce centre interroge nos cinq sens tous les 1/40èmes de seconde et envoie les signaux vers les centres spécialisés d'interprétation. Mais il fait aussi des synthèses entre les diverses perceptions : vue, ouïe, toucher, odorat et goût, pour caractériser leur origine afin de renseigner le cortex central.

            Les signaux vont enfin être interprétés par un centre spéciailisé dans l'analyse des sons : on l'appelle le “cortex auditif” et il comporte des “couches” spécialisées dans certains traitements.
            C'est ce traitement que nous allons détailler un peu plus, à partir du schéma ci-dessous, en différenciant ce que font les hémisphères droit et gauche.

    L'interprétation des sons par le cerveau.

            Nous allons d'abord parler d'un premier traitement qui est fait à la fois par le tronc cérébral qui échange des informations reçues des oreilles droite et gauche, par les tubercules quadrijumeaux et un “sous-centre” du cortex que j'appelerai pour simplifier “où ?”
            Ces centres analysent l'écart de temps entre les signaux provenant de chacune des deux oreilles, et qui ne sont pas simultanés sauf si le son provient de la direction face à la tête (devant ou derrière : égale distance des deux oreilles).
    Ils analysent aussi les différences d'intensité, notamment pour savoir si le son provient de devant , derrière, en haut ou en bas. (grâce aux réflexions dans le pavillon de l'oreille)..
            Ce traitement est fait plutôt sur la partie “aigue” du son.
            Pour une tête d'adulte, une inclinaison d'undegré d'angle correspond à un écart de 10 microsecondes. Un adulte bien entraîné arrive à localiser l'origine du son avec une précision d'environ 10 degrés quant à sa direction.
            Il détecte aussi si le son est proche ou lointain, mais avec une précision faible. Une alerte peut être envoyée aux centres amygdaliens pour prévenir un danger.

            Les diverses couches du cortex auditif font surtout trois types de traitement d'interprétation des influx nerveux qu'ils reçoivent.
            Un premier groupe de neurones va mesurer la durée et l'intensité du son.        
            Un second groupe va mesurer la “hauteur” du son, c'est à dire la fréquence de base hors harmoniques, en quelque sorte le détail des notes isolées les unes des autres.
            Un troisième groupe plus important va faire une analyse de Fourier et déterminer le “timbre” du son, c'est à dire l'importance des différentes fréquences.et des diverses harmoniques
            Ces trois centres font donc une analyse physique du son, à partir des signaux nerveux reçus de la cochlée.
            C'est le traitement primaire.

            Le cerveau va ensuite faire un traitement secondaire plus évolué  à partir de ces diverses informations données par les couches primaires.
            Un premier centre, situé dans l'hémisphère gauche, que j'appellerai le “QUOI”  va essayer d'identifier le son, en travaillant plutôt sur les fréquences graves. Il va transmettre l'information au thalamus et au cortex qui compareront à une base de données de notre mémoire et pourront dire : c'est une voiture, un avion, un chant d'oiseau, une musique, de la parole....
            Un deuxième centre situé également dans l'hémisphère gauche du cerveau,  va séparer les sons un peu comme le ferait un analyseur digital et il va identifier et comparer les notes isolées. Il va entre autres, analyer le rythme de la succession des sons, ce qui est très important notamment dans le domaine musical ou de la parole.
    C'est ce centre qui est très actif lorsque le musicien accorde son instrument, sur le "la" puis sur les diverses notes.   
            Un troisième centre, qui lui est principalement situé dans l'hémisphère droit, va analyser la mélodie, le chant, la suite des notes. Il est particulièrement actif lorsque nous écoutons de la musique ou quelqu'un parler.
            Les centres auditifs de l'hémisphère gauche vont donc analyser les éléments rationnels des sons, alors que ceux de l'hémisphère droit vont examiner les "impressions", les données émotionnelles et sentimentales des sons.

            En urgence (quelques millisecondes), des informations d'alerte et de danger sont transmises directement par les tubercules quadrijumeaux et le thalamus aux centres amygdaliens.
            Toutefois le cerveau élimine d'office des sons “habituels” (par exempla le bruits des autos sous vos fenêtres ou du métro sous votre immeuble...), pour réserver l'alerte à des cas d'urgence.
            Tous les renseignements que le Thalamus juge importants, des centres auditifs sont transmias au cortex frontal qui va analyser ces informations, faire appel à la mémoire, et comparer avec ce qu'il sait déjà, redemander des précisions afin de pouvoir prendre éventuellement des décisions et agir.
            Les sensations d'ordre émotionnel sont transmises dans l'hémisphère droit aux centres du cerveau limbique (émotionnel) et notamment dans le gygus cingulaire aux centres qui vont gérer nos émotions.

            Dans un futur article j'essaiera de décrire succintement ces éléments et en particulier les traitements de la musique et de la parole et comment le cerveau, à partir d'éléments  purement physiques (vibrations de l'air) imagine et crée une "réalité fictive" : les sons, la musique, la parole.

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  •           J'ai fait plusieurs articles sur l'œil, la vue et l'interprétation des images visuelles par le cerveau. 
              J'ai pensé qu'il serait peut être intéressant de faire plusieurs articles sur l'ouïe et le rôle du cerveau dans la perception des sons, voire de la musique.
              De même que j'avais commencé par décrire l'œil, je vais commencer dans cet article par décrire l'oreille et essayer de décrire son fonctionnement.

              Vous voyez ci-dessous un schéma de notre oreille. 
              Le "pavillon" qui est la partie que l'on voit, le conduit auditif puis le tympan, cette membrane qui isole et protège l'oreille interne et vibre sous l'effet de la pression des sons. 

    Ce que l'on connait moins c'est l'oreille interne.

              Elle comporte une partie qui ne contribue pas à l'audition mais à l'équilibre de notre corps lorsque nous marchons, nous grimpons ou nous faisons des acrobaties : ce sont les canaux semi-circulaires.
              Ce sont trois “boucles” à angle droit, comme un trièdre trirectangle :l 'une est parallèle au sol, la deuxième est parallèle au côté de la tête et la troisième est parallèle au front ou au visage. Ces canaux sont responsables de la perception des mouvements de la tête dans trois dimensions.
              Chaque canal contient un liquide et des cils sensitifs reliés à des cellules réceptrices qui transmettent les informations au cervelet. Lors de l'inclinaison de la tête, le liquide exerce une pression sur les cils sensitifs des cellules réceptrices. Les cellules réceptrices transforment cette pression en impulsions nerveuses qui sont envoyés au cervelet  et celui ci a “appris” à contrôler notre équilibre à partir de ces signaux.

              Vous voyez aussi sur le schéma la trompe d'Eustache, canal qui aboutit dans le pharynx. A chacune de nos déglutitions, elle assure l'équilibre de pression entre l'oreille moyenne et l'extérieur, condition indispensable à la mobilité du tympan et donc la transmission des sons.
              nlèveSon obstruction par les "végétations" (des granulations qui sont un organe de l'immunité chez le jeune enfant et s'atrophient d'elles mêmes, mais tardent parfois à le faire) pourra être la source d'infections (le médecin e alors les végétations); les otites ou une obstruction lors d'un rhume diminuent les capacités auditives.
              En avion quand vous changez d'altitude, des différences de pressions se produisent et vous avez mal aux oreilles  C'est pour cela qu'on vous recommande de sucer un bonbon et de déglutir pour rétablir l'équilibre des pressions.

              Revenons au son et à l'audition.

              Le tympan vibre et transmet cette vibration à trois osselets, dont vous voyez le schéma ci-dessous (leurs noms servent souvent dans des mots-croisés IoI), qui vont transmettre les sons en les amplifiant d'un facteur d'environ 100 (40 décibels).
              Le marteau est enchâssé dans le tympan en faisant corps avec lui au niveau de sa longue
    apophyse ; sa tête est articulée  avec l'enclume qui lui fait suite (osselet intermédiaire). La branche descendante de l'enclume est reliée à la tête de l'étrier qui va transmettre la vibration sonore à la cochlée.
              En outre des muscles relient ces osselets et  diminuent automatiquement le niveau de transmission lorsque la pression devient trop élevée, pour protéger dans une certaine mesure la cochlée.
              Ils filtrent aussi les bruits de fond graves pour faciliter l'audition et notamment la compréhension de la parole en ambiance sonore élevée.

              La cochlée est une cavité remplie de liquide, en forme de colimaçon, qui contient des cils vibratiles : une rangée de 3 500 cellules cillées "internes”  et  trois rangées de chacune 4 000 cellules cillées "externes” qui modulent la stimulation acoustique en changeant de longueur.
               Ces cellules font à la fois, une analyse de l'intensité des sons et surtout une analyse de fréquence, qui va permettre leur interprétation. 


                Sur la figure ci dessus vous voyez des courbes de réponse des cils en fonction de leur position dans la cochlée et vous voyez que chacun des cils vibratile a sa réponse propre avec un maximum de sensibilité pour une fréquence donnée.
               L'ensemble de la cochlée fait donc à la fois une analyse de l'intensité des sons et surtout une analyse de fréquence, qui va permettre leur interprétation.    
               Gros danger, quand les sons sont trop intenses (plus de 120 db, ce qui peut se produire près des bafles dans une boite de nuit ou avec les écouteurs d'un baladeur), les cils vibratiles cassent et ceci définitivement et l'audition devient défectueuse.
               Un ou 2 canaux ioniques par cil (de grosses protéines laissant passer les ions), s'ouvrent si la cellule est activée par un son de la fréquence appropriée et laissent entrer des ions Ca++ qui engendrent l'influx nerveux en moins d'une milliseconde 
               Il existe environ 30 000 fibres nerveuses dans chaque oreille. Ces fibres transmettent des signaux d'influx nerveux au tronc cérébral et au cortex auditif du cerveau.


               Dans le prochain article nous parlerons de l'interprétation par le cerveau de ces signaux.

     

              

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  •          J'ai regardé dimanche dernier un téléfilm à la télévision, dans lequel une psychiatre qui faisait du profilage, considérait que la délinquance était héréditaire et que l'on pouvait déceler à l'avance par une étude psychologique des enfants et ados, les jeunes qui seraient un jour délinquants.
              Je ne comprends pas que des producteurs de télévision suggère des âneries pareilles que les spectateurs risquent ensuite de croire, ce qui peut entraîner des problèmes sérieux entre personnes.
              On ne nait pas délinquant, on le devient !
              On n'est ni délinquant, ni saint, de façon innée. C'est l'éducation, l'environne-ment et les actes personnels qui essentiellement peuvent vous amener à la délinquance ou à la sainteté.
              Croire l'inverse dans ce domaine, en une espèce de prédestination ou d'hérédité, me paraît au contraire une chose très dangereuse à l'origine de monstruosités comme on en a connues sous le nazisme.
              C'est également faux de croire que la plupart des délinquants sont nés dans une famille pauvre ou immigrée.
              Il y a beaucoup de délinquants qui sont issus de familles relativement aisées (peut être parcequ'ils ont été trop gâtés dans leur enfance), et je connais des jeunes issus de familles modestes et immigrées, qui ont fait des études réussies et ont actuellement un métier et un poste importants.

               Il est cependant certain qu'il y a une part d'inné dans notre personnalité.
               Je suis tout à fait d'accord et c'est ce que je vous ai montré dans les articles sur les “préférences cérébrales” qui ont une part importante d'innéité, mais que nous pouvons ensuite modifier par l'éducation et l'apprentissage de nos tendances “non préférées”. (voir mes précédenyts articles sur les préférences cérébrales).
              Cela influe certainement sur notre devenir : prenons des exemples.

              On constate que la plupart des ingénieurs ont une préférence cérébrale de décision “Logique”. Ils font leurs choix après un examen logique des situations et de leurs conséquences et ne prennent pas, le plus souvent, leurs décisions selon leurs goûts et valeurs de façon intuitive et subjective, comme le font les personnes de préférences “Valeurs”.
              On trouve également que la plupart d'entre eux donnent priorité à la décision et veulent maitriser les événements, (préférence J) plutôt qu'attendre pour décider et s'adapter ensuite (préférence P).
              Pourquoi?
              D'abord parce que ces préférences sont plus favorables pour comprendre et résoudre les problèmes qu'on vous pose dans des études scientifiques.
              Ensuite parce que ces études scientifiques développent énormément ce processus de décision et d'emprise sur les phénomènes.
              Ceux qui étaient “L J” de façon innée ont renforcé leurs préférences et ceux qui étaient “V”  ou “P” ont appris à se servir de leur mode non préféré qui est devenu presque habituel (une seconde nature).
              A l'inverse j'ai constaté que certains jeunes qui avaient passé un bac S et avaient commencé une prépa scientifique, ont renoncé parce que leur préférence était “Valeurs” et qu'ils avaient du mal à s”adapter.

              Si l'on prend les métiers de la santé ou de l'aide sociale, on y trouve beaucoup d'extravertis qui ont au contraire une préférence de décision “valeur” car ces deux préférences entraînent une affectivité et un altruisme plus grands, nécessaires dans leur métier.
              Là encore cela facilite leurs études qui leur plaisent mieux et l'exercice de leur métier renforce ces préférences.

              Alors comment devient on délinquant ?
    Certes il n'y a pas de chemin imposé, sinon on arriverait à éviter cet écueil, mais on peut cependant trouver quelques explications.

              Les parents ont comme devoir vis à vis de leurs enfants de les éduquer, c'est à dire de leur donner la formation nécessaire pour qu'ils puissent ensuite s'assumer hors du nid familial. (ex-ducare, c'est conduire vers l'extérieur). Cela implique qu'on leur assure une certaine instruction à l'école et qu'on leur communique certaines règles morales et de conduite et des valeurs de vie sociale en société.
              Malheureusement certains parents, soit parce qu'ils sont trop occupés, soit parce que famille monoparentale, la personne seule qui les élève, doit travailler dûrement pour assurer la subsistance de la famille, soit aussi quelquefois parce qu'ils n'ont pas appris et ne savent pas élever leurs enfants, ne jouent pas leur rôle d'éducateurs et cette éducation parentale fait défaut.
              De ce fait, le jeune ignore ces règles et n'a pas acquis de système de valeurs;
              Il est alors livré à ses seuls instincts et goûts.

              Les parents, qui ont de moins en moins d'autorité sur leur enfant, ne contrôlent pas ses actions et notamment sa présence à l'école, et le laissent traîner dans la rue, notamment le soir. Peu à peu il fait partie de groupes de camarades, dont certains sont malheureusement des délinquants. Le jeune ado, de nature frondeuse comme tout ado, aura tendance à suivre ces exemples, plus spectaculaires et excitants, et sera ainsi initié à des pratiques qui ne lui apparaissent pas comme particulièrement répréhensibles, puisqu'il n'a pas reçu des règles qui pourrait rendre pour lui ces pratiques suspectes
              Peu à peu ses centres d'apprentissage et du plaisir vont lui faire s'approprier ces actes répréhensifs comme habituels.
              C'est d'autant plus dangereux qu'à l'âge ado, les centres du cortex frontal qui sont chargés de prévoir les conséquences de nos actes, ne sont pas encore arrivés à maturité.
              C'est ainsi que le jeune commencera par fumer du cannabis, puis en vendre pour gagner de l'argent et ensuite faire partie d'un réseau et participer à des actions de violence pour défendre son territoire et celui de sa bande.

              J'ai connu quelques jeunes qui ont suivi ce chemin. Au départ c'étaient de braves garçons, pas très malins et qui étaient très influençables et insouciants, puis peu instruits, peu travailleurs et ayant envie de vivre largement sans s'en donner la peine.
              Leurs parents ne leur avait donné ni règles, ni valeurs, et c'était devenu pour eux normal de mépriser la société et la loi. Ils se sentaient au dessus de cela et se croyaient “invulnérables”.
              Peu à peu ils ont ainsi glissé sur la mauvaise pente, et se sont trouvés confrontés à la police et aux tribunaux à plusieurs reprises, certes pour des délits mineurs, mais qui ont accumulé la prévention et l'attention des autorités sur eux. Puis un jour ils ont fait la grosse bêtise qui a entraîné leur arrestation et un jugement sévère : une condamnation à de la prison ferme.

              Dans cette évolution catastrophique, il n'y a guère de place pour l'hérédité ou l'innéité, mais une déficience des parents à l'origine, une paresse, une insouciance et un manque de volonté des jeunes intéressés, mais aussi une responsabilité de la société qui ne les a pas freinés à temps sur la voie de la délinquance et qui trop souvent, s'est contenté de les sanctionner.

             Toutefois certaines configurations de préférences cérébrales peuvent augmenter chez les jeunes la probabilité d'être en difficulté.
             J'ai eu l'occasion, il y a quelques années de discuter avec des jeunes en difficulté (pas des délinquants, mais des situations difficiles) et j'ai constaté (et cela sur plus de 200 cas) que beaucoup d'entre eux étaient de préférences cérébrales E S V P, ce qui n'est pas conforme aux statistiques sur la population générale, et étaient par ailleurs très influençables.
              Cela signifie quoi ?
                      Extravertis, (“E”), ils se plaisent en compagnie des autres et n'aiment pas leur monde intérieur, celui des idées. Ils ont donc plus tendance à parler qu'à réfléchir.
                      Sensitifs, (“S”), ils vivent dans le présent et aiment les sensations et donc tout ce qui touche au plaisir rapide immédiat. Ils prévoient mal les conséquences de leurs actes, et cela d'autant plus que les centres du cortex destinés à cette prévision ne sont pas encore entièrement développés chez les ados.
                      Valeurs (“V”),  ils ne décident  pas  en fonction de raisonnements logiques, mais font    « ce qui leur plait, en fonction de leurs valeurs ». Mais ces jeunes ont eu une (absence d') éducation dans laquelle on ne leur a pas donné de valeurs (ni de règles). Ils font donc ce qui leur plait en fonction uniquement de leurs goûts, leurs instincts, et de leurs envies ou de leurs pulsions.
                      Perception (“P”), ils ne cherchent pas prise sur les événements mais se laissent dominer par ce qui arrive, en s'y adaptant au mieux.
                      Influençables, ils ont l'esprit moutonnier et suivent donc facilement l'exemple de leurs copains, qu'il soit bon ou mauvais.
              Et j'ai constaté que parmi eux, ceux qui avaient des préférences autres arrivaient beaucoup mieux, dans des situations analogues, à remonter la pente.

              Si leur situation était souvent difficile, avec des échecs scolaires ou sociaux, les préférences cérébrales n'en sont pas la seule explication. La situation familiale, l'incapacité des parents à les éduquer, la faible instruction scolaire, étaient grandement responsables.
                 Et ce n'étaient pas des délinquants, mais des ados un peu paumés et en difficulté.

       

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  •           Quelques mots d'abord sur des bestioles (insectes) que je trouve souvent dans mon jardin en Bretagne : les phasmes. J'ai dû utiliser ce mot dans un article sur les phobies, et on me demande ce qu'est cet insecte

            "Phasme" provient du grec phasma signifiant "apparition" ou "fantôme", caractérisant leur capacité à se confondre avec leur milieu c'est à dire leur mimétisme; Les bretons les appellent aussi "bâton du diable" ! lool
            Mais ils sont totalement inoffensifs. Vous pouvez les toucher.
           
            Il y a plus de 300 espèces de phasmes dont le “phasme gaulois” qui vivent dans mon jardin. Ils pondent des oeufs, mais je n'ai jamais vu de “bébé phasme”.. Il grandit en muant toutes les 3 semaines et vit  environ 8 mois
            Les phasmes vivent surtout la nuit. Le jour ils se cachent.
            Ils ont une carapace cormée très dure, 6 grandes pattes munies de “crochets”et des antennes segmentées recouvertes de poils sensoriels aux multiples fonctions : odorat, goût toucher, ouie. Ils n'ont pas d'ailes et se déplacent lentement, mais peuvent sauter un peu comme les criquets.
            Ils mangent des herbes et des feuilles de plantes du jardin.
            Les oiseaux et les mulots les mangent ainsi que les mantes religieuses ou les fourmis
            Pour survivre sans se faire manger,, ils se fondent dans leur environnement en imitant à la perfection des brindilles, des feuilles mortes ou vertes. (homotypie et homochromie :même forme, même couleur)
            Mais s'ils sont sur un support non naturel la chose est plus difficile :

            La première photo a été prise sur la porte du garage. Le phasme essayait d'être blanc

    mais c'était trop difficile.

    J'ai des phasmes et des mantes religieuses pour ami(e)s

            Dans la deuxième photo, il était allé se poser sur le manche de mon balai. Là c'est du bois et il sait en prendre la couleur

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            La troisième photo est curieuse car le phasme est sur une vitre d'une fenêtre à l'intérieur du séjour,  et il y a derrière des buissons et des arbres verts. Alors le phasme est devenu vert. et on le distinguait à peine
            Alors pour le voir, je l'ai pris par dessous, en me couchant sur le carrelage et on ne voit pas le jardin mais uniquement  la vitre tansparente qui reflète le plafond blanc et le phasme s'est “fait avoir”, son camouflage n'a pas leurré mon appareil photo ! (la tête est en bas).

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           Quelques photos également de mantes religieuses, insectes carnassiers qui mangent les phasmes. Elles sont surtout connues par le fait qu'elles mangent leur mâle après l'accouplement. Elles ont une tête assez terrible et de solides mandibules.

    J'ai des phasmes et des mantes religieuses pour ami(e)s

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