•           A la télévision, en ce moment, on reparle des ours des Pyrénées et le Ministre de l'Ecologie s'est fait des ennemis en voulant réintroduire quelques ours pour remplacer ceux ou celles qui sont morts. Evidemment tous les éleveurs ont hurlé au scandale. Pourtant ils sont remboursés chaque fois qu'un ours (ou une autre bête), tue une de leur brebis.
             Peut être est ce un souvenir de mon enfance, parce que j'avais des nounours en peluche, mais j'aime bien les ours et quand j'étais jeune, j'en ai vu de près.
     


            Quand j'avais une dizaine d'années, c'était la guerre et nous ne pouvions pas aller loin dans la montagne, car les allemands contrôlaient la frontière avec l'Espagne.
              J'habitais à Pau et nous allions souvent, à vélo, dans un petit village des Pyrénées de 1000 habitants, Laruns, dont vous voyez là une photo plus récente.
    (à l'époque les photos en couleur n'existaient pas et je n'ai pas retrouvé de photo du village de cette époque)


     

           Il y avait beaucoup d'ours à cette époque dans la montagne et un paysan de Laruns que connaissaient mes parents, avait recueilli un ourson orphelin.

              Maman et grand-mère lui donnaient souvent le biberon et l'ours les connaissait bien.
              Sur cette photo avec Maman, il avait un an et ne tétait plus.
     

     


              Le même petit ours au même endroit avec ma grand mère.
              Il grognait après mon père qui prenait la photo !
              Mais il était relativement apprivoisé et on pouvait le caresser, je me souviens ses poils étaient à la fois doux et rugueux. (comme de la laine). (excusez la mauvaise qualité des photos, elles datent de 1943 et sont prises avec un vieux Kodak)



             Ma grand mère n'aimait pas que les ours, elle donnait aussi le biberon aux petits agneaux qui avaient perdu leur mère, comme on le voit sur cette photo.

                 Après la guerre en 1946 on avait de nouveau accès à la montagne et à trois reprises je me suis trouvé nez à nez avec un ours adulte (mais je n'avais pas d'appareil photo, hélas ! )
                  La première fois c'était en forêt une ourse et son petit, mais ils étaient à une vingtaine de mêtres. L'ourse a fait partir son ourson et s'est tourné vers moi en grognant fortement. Je suis resté sans bouger et elle est partie à reculons en me surveillant : l'amour maternel.
                  La deuxième fois c'était au détour d'un rocher et j'étais à 5 ou 6 mètres de lui. Pour me montrer qu'il était une grosse bête il s'est mis debout et il m'a regardé manifestement curieux. Je n'étais pas très rassuré mais on m'a toujours dit que, dans ces cas, là, il ne faut pas bouger et surtout ne pas tourner le dos. On est resté ainsi deux ou trois minutes, puis il est parti.
                  La troisième fois c'était un ours qui pêchait des truites dans un torrent  : d'un coup de patte rapide, il en a envoyé une sur l'herbe de la berge et a ensuite été la manger, puis il est parti, calmement.

              S'ils ne se sentent pas menacés, les ours sont très pacifiques; D'ailleurs ils mangent autant de baies et légumes que de viande.

              Une amie qui faisait une promenade en bateau dans l'Ariège, a eu la chance de photographier les ébats d'un ours.  D'abord dans l'herbe, puis lui aussi dans la rivière


           

     

     

     

     

     

     

     

     

                 Il n'a pas l'air farouche, mais intéressé par ces gens sur un bateau, mais bientôt l'amusement reprend ses droits, on batifole dans l'eau !

     

     

     

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  •  

    La liberté autrefois

           Mes articles sur la liberté m'ont valu quelques mails et on me demande si c'était pareil quand j'étais jeune. Je vais essayer de répondre à cette question.

           D'abord nous avions été éduqués de façon relativement stricte, entre 2 et 6 ans par nos parents et grands parents. C'est en effet dans ce créneau d'âge qu'il faut donner les bonnes habitudes aux enfants : apprendre à obéir, à être poli, à savoir qu'un enfant n'est pas un adulte, à réfléchir avant de dire n'importe quoi, à se tenir bien à table, à s'ennuyer et s'inventer alors des occupations, à découvrir l'environnement et en avoir des explications, à s'habituer à vivre avec les autres sans leur apporter une gêne....

          Puis dans la préadolescence parents et professeurs nous avait appris à travailler, à aimer acquérir des connaissances, à avoir une curiosité intellectuelle pour un peu tout, et à respecter le travail et la propriété des autres.
          Il faut reconnaître que les programmes scolaires étaient mieux faits : on nous bourrait moins de savoir, mais on nous apprenait davantage de méthodes, d'explications. Nous avions beaucoup plus d'exercices à faire le soir, mais relativement pratiques de telle sorte qu'on comprenait ce à quoi pouvait servir ce que l'on apprenait.
          Par contre il fallait travailler et suivre sinon on redoublait ou l'oriententaion était faite plus tôt en fonction des goûts et des capacités.
         L'enseignement professionnel était fait en liaison avec entreprises et artisans, et, à cette époque, d'une part il y avait plein emploi, mais également les chefs d'entreprise avaient conscience que certes leur outil devait être rentable, mais que sont but était notamment de fournir du travail à ses employés pour qu'ils puissent vivre. Aujourd'hui, leur objectif est purement financier. On y apprenait vraiment un métier.
         Finalement nous avions tous conscience que nous préparions notre vie future à l'école et nous écoutions et respections nos professeurs et nous allions les voir si nous avions une difficulté. Bien sûr nous étions parfois turbulents, mais cela ne durait guère, les professeurs savaient rétablir la discipline et les parents les approuvaient et leur faisaient confiance.
        D'ailleurs la plupart des parents faisaient tout leur possible pour suivre les études de leur enfant et les aider s'ils le pouvaient.

        Troisième facteur, nous désirions l'indispensable et non le superflu.
        D'une part nous sortions de la guerre, nous avions à peine à manger; vêtements, chaussures, jouets, vélos, autos...étaient usés jusqu'à la corde et la plupart des gens n'avaient pas beaucoup d'argent et la priorité allait aux achats indispensables.
        D'autre part la société de consommation n'existait pas : les matières plastiques débutaient, pas de multimédia sauf de rares postes radio à lampes, pas de téléphone sauf les professions médicales, les administrations et entreprises, pas d'appareil photo, ni d'ordinateur (l'électronique était balbutiante)
        Très peu de familles avaient la chance de partir en vacances.
        Nos occupations en dehors des études : lire, jouer avec les copains notamment  à des jeux de société, et faire beaucoup de sport. Se promener aussi mais à pied ou à vélo si on avait pu en racheter, parfois le cinéma (pas encore de télé!).   
    Les marques de vêtements et produits n'existaient pas, la publicité discrète (radio et ciné). Ce qu'avait le voisin nous importait peu et nous n'aurions jamais passé notre temps à le regarder et désirer la même chose. Au contraire nous essayons de nous compléter et de mettre nos moyens en commun.
        Une conséquence autre, les particuliers faisaient beaucoup de travaux par eux mêmes et il nous semblait normal d'aider les parents aux travaux ménagers et dans leurs bricolages et rangements.

        L'éducation était en moyenne beaucoup plus sévère qu'aujourd'hui.
    Comme tous les enfants, nous étions turbulents et nous faisions des bêtises.
    Les remarques, mais aussi les conseils, les sanctions mais aussi les encouragements, venaient très vite dès que nous ne nous conformions pas aux règles. Quelques claques ou fessées, des privations de jeu ou de sports, nous incitaient à ne pas désobéir et à faire attention à nos actions. Par contre nos activités étaient souvent proches de celles des parents qui nous encourageaient aussi à bien faire.
        Mais il est certain que la surveillance par les parents et grands parents était beaucoup plus stricte qu'aujourd'hui. Pas question par exemple de s'éloigner de la maison sans autorisation, sans avoir dit où on allait et quand on rentrerai, et si on voulait obtenir ces autorisations dans le futur, on n'avait pas intérêt à mentir et raconter des histoires, car les parents communiquaient entre eux et étaient rarement dupes.
        Pour nous la plupart des parents étaient des modèles, et nous reproduisions en société les comportements que nous avions au sein de la famille. 
        Ce n'est plus vrai aujourd'hui : les modèles, ce sont les copains du groupe.

        J'ai aussi l'impression que la communication avec les parents était en moyenne, meilleure qu'aujourd'hui et le “déficit de tendresse” était beaucoup moindre chez les ados. Mais il faut reconnaitre que beaucoup de mères ne travallaient pas et que la vie était moins trépidante.

        Si les jeunes d'aujourd'hui étaient brusquement transportés à cette époque, ils se sentiraient sans doute malheureux et terriblement privés de liberté et très contraints par les parents dans leurs occupations et par leur règles.
        Pourtant nous étions heureux et nous n'avions pas l'impression de manquer de liberté.
        En fait quand on est habitué à respecter des règles qui sont relativement logiques et utiles, et qu'on les a comprises (notamment leur utilité), on n'en souffre pas : cela devient naturel et finalement cela facilite la vie en famille et en société.
        Aujourd'hui trop souvent dès qu'un ado a un désir, celui-ci est satisfait et dès lors il n'en obtient guère de satisfaction, mais il pens tout de suite au désir suivant. Il devient alors un éternel insatisfait qui ne jouit pas de ce qu'il a et souffre de tout ce qu'il n'obtient pas assez vite.
        N'ayant pas grand chose, ayant du mal à obtenir ce que nous souhaitions, si ce n'est par notre propre travail, nous étions habitués à attendre la satisfaction d'un besoin et donc nous apprécions ce que nous obtenions.

        Bien que dans un milieu sévère et austère, nous obtenions peu, mais nos désirs étaient très peu importants. Donc nous obtenions plus que ce que nous attendions avoir  et nous apprécions donc ce que nous apportait la vie.
        Les contraintes qui paraîtraient insupportables aujourd'hui, nous étaient légères et donc nous nous sentions relativement libres.
        Comme je vous le disais, le sentiment de liberté est une chose toute relative.

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  • Acheter des "marques", une illusion.

         Bien entendu, dans mon entourage c'est la rentrée, cela l'est aussi dans vos mails et je suis étonné d'entendre parler des achats “qui ne sauraient être que des produits de grandes marques”, pour faire, “comme les copains”, comme les "amis", qui ont déjà de tels produits. C'est vrai pour les ados, mais c'est aussi le cas des adultes.

        J'avoue que c'est une chose que je comprends mal.

        Certes il y a des cas où tous les produits sont de grandes marques, quand vous achetez une voiture ou un téléviseur par exemple.
        Mais il s'agit d'achats importants qu'on ne fait pas à la légère et on regarde alors les caractéristiques, les performances, les prix et on choisit alors en fonction de ce que l'on a besoin, le meilleur rapport qualité / prix.

        Là je parle des fournitures de classe ou des habits, chaussures .... bref de produits d'un usage courant bien défini et pour lesquels on a une multitude de choix, dont certaines grandes marques, connues essentiellement parce qu'elles font beaucoup de publicité.
        Je constate d'abord que leurs produits sont 50% à deux fois plus chers que d'autres ayant le même usage.
        Pour avoir discuté avec les usagers, il me semble que la qualité et les caractéristiques des produits de marque ne sont guère supérieures à celles des autres marques moins chères (ou du moins de certaines d'entre elles).
        Leur seule originalité est d'être d'un aspect assez agressif afin qu'on les remarque et d'avoir le nom de la marque écrit en gros sur les objet, afin qu'on sache bien de quoi il s'agit.
        Alors je me demande, “qu'est ce qui vous attire tant dans ces marques. ?"

        Moi j'avoue que ma réaction est différente. J'avais au début de l'été, besoin de chaussures de marche et j'ai été chez un marchand, en Bretagne.
        Lui a intérêt, je le sais, (il n'est pas philanthrope), à me vendre le plus cher possible, et il m'a donc proposé des chaussures d'une marque connue. J'ai essayé et je me suis trouvé très bien dedans (ce qui n'est pas toujours le cas même avec de grandes marques). Alors j'ai demandé le prix qui m'a paru bien élevé;
        J'ai regardé pourquoi j'étais bien dans ces chaussures : j'ai vu la semelle en forme, en mousse, à l'intérieur, et la semelle extérieure en trois parties : l'une très rigide sur les bords, pour résister à l'usure, et deux autres plus souples et élastiques sous le talon et la plante des pieds, pour amortir les chocs de la marche.
        J'ai alors cherché des chaussures ayant la même conception dans des marques peu connues (qui ne font pas de pub à la télé !).
        J'en ai trouvé deux l'une 30% moins chère et l'autre 80% de moins. J'ai essayé et je m'y sentais aussi bien; elles avaient l'air aussi solides, mais bien sûr, plus discrètes, moins “remarquables”.
        A qualité très proche, j'ai pris la moins chère des trois. Bien sûr il y en avait d'encore moins chères mais de moins bonne qualité.
        J'avoue à postériori et après utilisation tout l'été, être très content de mon choix.

        Alors j'ai l'impression que finalement les marques ne sont recherchées que parce qu'elles font remarquer l'acheteur, pour qu'il puisse se vanter auprès des copains d'avoir tel produit, et exciter un peu leur jalousie; dès lors le voisin veut la même chose.

        J'avoue que je trouve ce comportement aberrant de la part de l'utilisateur, mais je l'excuse car il est en général jeune et ne se rend pas bien compte de ce qu'est un rapport qualité / prix, mais je trouve surtout cela totalement absurde de la part des parents dont la motivation est souvent : “je veux faire plaisir à mon enfant parce qu'il a envie de la même chose que son copain et que j'ai peur que le copain ne se moque de lui”, et encore plus étonnant quand il s'agit d'adultes, qui devraient avoir un peu de bon sens.
        Je pense que les parents ne sont pas faits uniquement pour faire plaisir à leurs enfants quelle que soit leurs demandes, et que leur rôle est avant tout de les éduquer, de les préparer à leur vie d'adulte.
        Alors d'une part je pense qu'il faut leur inculquer le sens de l'économie, leur montrer comment comparer qualité et prix, et leur montrer que le plus clinquant et le plus connu n'est pas forcément le meilleur.
        Et d'autre part il faut leur montrer que le choix des copains et la mode ne sont pas forcément des critères de choix pertinents.
        Personnellement je préfèrerais encourir leurs moqueries parce que je n'ai pas un produit de marque, que de passer pour un imbécile parce que je me suis fait avoir en payant deux fois plus cher un produit qui n'a pas d'autre avantage que d'avoir eu son image sur maintes affiches et écrans de télévision.

        J'ai souvent comparé des produits ainsi dits “de marque” et à la mode, ils étaient toujours très chers et chaque fois j'ai trouvé un produit à peu de chose près équivalent ou même de meilleure qualité, mais qui évidemment ne me permettait pas de dire que j'étais un des moutons suivant la mode ou un dandy voulant paraître riche et dans le vent.

        Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais ce qui me navre le plus c'est que souvent ce sont des enfants de ménages modestes qui  demandent le plus à leur parents de tels produits, alors que le budget familial aurait grand besoin d'être consacré à des choses moins futiles.
        Là encore on retrouve l'aspect nocif des médias et de la société de consommation.

    Acheter des "marques", une illusion.

       

     

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  •           Je vois souvent autour de moi des ados tristes, bien qu'ils ne soient pas dépressifs, et qui vivent dans un monde irréel et ne peuvent en sortir.
             
    Par le passé l'un d'entre eux m'avait dit : “...je suis dans une cage de verre dont j'ai perdu la clé.”
              Ce n'est pas facile de répondre à cette question car chacun est un cas particulier : son environnement familial, ses camarades, sa propre personnalité influent sur ses comportements et il faut donc étudier chaque cas.

              Je peux cependant essayer de donner quelques idées générales sur ce sujet.
              Mais cela repose sur une notion un peu difficile : le différence entre l'imagination et le fantasme. Alors pour mieux vous faire comprendre je vais vous donner deux exemples.

              D'abord, étant petit(e), il vous est sans doute arrivé d'avoir un “doudou”, une poupée ou un ours en peluche. A quoi vous servait il.?
              Au début de son développement, l'enfant ne fait pas la différence entre le monde extérieur et son monde à lui, intérieur. 
              Il est dans une « phase d'omnipotence » où il a l'illusion que ses moindres pensées et désirs façonnent le monde extérieur. S'il pleure, sa mère accourt et lui donne à manger: ses moindres envies se réalisent. La frontière entre le monde de ses désirs et celui de leur réalisation n'existe pas pour lui.

              Progressivement. toutefois. cet enfant découvre que la réalité n'obéit pas toujours aux règles de son monde intérieur : sa maman n'accourt pas toujours immédiatement pour satisfaire ses désirs : il se rend compte que sa mère a son existence propre, distincte de la sienne.
              Cette découverte est stressante et l'enfant recourt à un objet le doudou , le nounours, la poupée, pour apprivoiser cette nouvelle réalité et pour calmer son angoisse face au monde qui ne lui obéit plus. Cet objet est doté d'une charge affective, et peut encore être contrôlé par l'enfant qui va « modéliser » sa relation avec sa mère ou avec d'autres personnes.    
              L'enfant par exemple, va battre son doudou s'il est fâché à cause d'une décision sévère de sa mère, ou jouer au docteur avec lui s'il a été malade.
              Cet objet est alors bénéfique et l'enfant utilise son imagination pour le mettre en scène dans des situations qui ressemblent à celles de la réalité.
             
    Mais l'enfant peut aussi se réfugier entièrement dans son attachement au doudou qu'il ne peut plus quitter un instant et qui est alors son monde à lui, distinct de la réalité, où il va vivre des histoires détachée de la vie réelle. C'est alors un fantasme.

              Deuxième exemple celui d'un ado qui joue sur son ordinateur à un jeu de rôle.
             
    Certes il n'est pas dans un monde réel mais les aventures qu'il va avoir ressemblent à celles de la réalité et il va essayer de résoudre les problèmes qu'elles posent en faisant preuve d'imagination. C'est une activité mentale de réflexion et d'organisation qui pourra ensuite réagir sur des situations de la vie réelle (comme un apprentissage par la simulation).

              Supposons maintenant que l'adolescent ne prenne plus cela pour un jeu mais ne se sente bien qu'immergé dans ce monde quelles que soient les situations, qu'il ne cherche pas vraiment à vivre, à imaginer. Il passe sa vie dans ce monde virtuel d'ordinateur.
              C'est devenu un fantasme qui ne mène plus à l'imagination et à l'action : ce n'est plus qu'un exutoire. L'ado fuit le monde réel pour se réfugier dans son monde artificiel.
              Ce n'est pas forcément un monde virtuel. Ce peut être un monde philosophique, religieux, l’identification à un personnage de manga ou de série télévisée, un monde d'apparence vis à vis des autres (j'ai connu quand j'étais jeune des “zazous” aux vêtements , à la coiffure, aux bijoux et aux fards plutôt originaux, qui vivaient cette situation comme une philosophie ou une religion, complètement coupés de leurs camarades qui n'avaient pas les mêmes “convictions”),....

              Ce monde irréel devient pour l'ado la cage de verre dont il a perdu la clé.

              En fait cette fuite dans un monde irréel a une raison générale : le refus d'abandonner son “fantasme d'omnipotence” comme l'appellent les psys.'
             
    Ce “sentiment d'omnipotence” c'est effectivement ce que ressentait l'enfant au début de sa vie, comme nous l'avons dit plus haut.

              Pour l'ado, c'est quelque chose de plus précis, des raisons multiples qui font qu'il ne peut plus satisfaire rapidement tous ses désirs comme il le voudrait (pour des raisons diverses : un des parents qui ne s'occupe plus de lui, pas assez de tendresse, pas de “reconnaissance” des camarades, problèmes avec les professeurs, enfant trop gâté ou au contraire,manque de ressources,….). Chaque cas est particulier.
              Mais l'ado se réfugie alors dans son monde imaginaire, son fantasme, où ses désirs peuvent théoriquement être satisfaits, puisque ce n'est pas un monde réel, mais un monde de rêve
              Il croit par exemple dans ce monde où il se donne une apparence originale qu'il se fait remarquer et a l'estime qui lui manque, sans s'apercevoir que cette attention ne touche guère que ceux qui ont le même fantasme que lui, et en fait au lieu de s'intégrer dans la vie, il s'isole dans un monde de plus en plus étroit et loin des réalités.

              C'est finalement une “dépendance”, et il est difficile pour cet ado  de revenir aux contraintes matérielles de la vie réelle de tous les jours.
             
    On ne peut pas être dans la vraie vie, un personnage de manga, beau, intelligent, spirituel, fort, qui a du succès auprès des autres ou en amour.

              Alors l'ado refuse d'abandonner son “pouvoir d'omnipotence” et il retourne dans son monde imaginaire où il peut satisfaire ses désirs, (du moins il le croit), ce qui va entretenir le cercle vicieux de la dépendance.
              Il faut dire que la société de consommation aide cette fiction maléfique : voyez les nombreux jeux d'ordinateur, les films tels que “Matrix”, les mondes virtuels tels que “second life” ou la multitude de gadgets, vêtements, cd, livres... hors de prix pour se constituer une réputation de “soi-disant gothique”, analogue aux zazous que j'ai connus dans ma jeunesse.     

              Ce ne serait pas grave, si cela ne gâchait pas la vie de nombreux jeunes.

     

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  •                 
                                    2011                                                                      2018

              Les journalistes se sont délectés de la rencontre de notre Président avec la Chancelière allemande à Marseille et le journal télévisé n'en finissait pas de nous en montrer des images.

              Cela m'a rappelé un jour de septembre 2011 où Nicolas Sarkozy avait aussi rencontré Madame Angela Merkel pour parler de l'Europe et de l'Euro en crise, et j'avais trouvé sur internet, un pastiche en vers à leur sujet.  Je me crois, en lisant ces alexandrins, revenu plus de soixante dix ans en arrière quand nous apprenions Racine et Corneille !

      "      La scène se passe dans les jardins du Château Belle vue, à Berlin.
    Angela von Mecklemburg et Nicolas de Neuilly se sont discrètement éclipsés de la réception offerte par le roi de Prusse. On entend, au loin, les accents du quatuor de Joseph Haydn.

    "Nicolas :
    Madame, l'heure est grave : alors que Berlin danse
    Athènes est en émoi et Lisbonne est en transes.
    Voyez la verte Erin, voyez l'Estrémadoure
    Entendez les Romains : ils appellent au secours !
    Ils scrutent l'horizon, et implorent les Dieux.
    Tous les coffres sont vides, et les peuples anxieux
    Guettent de vous, Madame, le geste généreux !
    De leur accablement ils m'ont fait l'interprète :
    Leur destin est scellé, à moins qu'on ne leur prête
    Cet argent des Germains sur lesquels vous régnez.
    Cette cause est bien rude, mais laissez-moi plaider…
     
    Angela :
    Taisez-vous Nicolas ! Je crois qu'il y a méprise
    Folle étais-je de croire à une douce surprise ;
    En vous suivant ici, seule et sans équipage,
    Je m'attendais, c'est sûr, à bien d'autres hommages !
    Mais je dois déchanter. Et comme c'est humiliant,
    De n'être courtisée que pour son seul argent !
     
    Nicolas :
    Madame, les temps sont durs et votre cœur est grand.
    Vos attraits sont troublants, mais il n'est point décent
    D'entrer en badinage quand notre maison brûle !
    Le monde nous regarde, craignons le ridicule !
    Notre Europe est malade, et vous seule pouvez
    La soigner, la guérir et -qui sait ?- la sauver !
    Nous sommes aujourd'hui tout au bord de l'abime.
    Vous y gagnez beaucoup; soyez donc magnanime !
    Les Grecs ont trop triché ? Alors, la belle affaire !
    Qu'on les châtie un peu, mais votre main de fer
    Est cruelle aux Hellènes, et nous frappe d'effroi !
     
    Angela :
    J'entends partout gronder, en Saxe, Bade ou Bavière,
    L'ouvrier mécontent, le patron en colère.
    Ma richesse est la leur, ils ont bien travaillé.
    L'or du Rhin, c'est leur sueur et leur habileté.
    Et vous me demandez, avec fougue et passion
    De jeter leur fortune au pied du Parthénon ?
    Ce serait trop facile et ma réponse est non !
     
    Nicolas :
    On ne se grandit pas en affamant la Grèce,
    En oubliant Platon, Sophocle et Périclès !
    Nos anciens nous regardent, et nous font le grief
    D'être des épiciers et non pas de vrais chefs !
    Helmut Kohl est furieux et Giscard désespère.
    Un seul geste suffit, et demain à Bruxelles
    Desserrez, je vous prie, le noeud de l'escarcelle !
     
    Angela :
    Brisons là, je vous prie, la nuit est encore belle
    Votre éloquence est grande et mon âme chancelle…
    Mais si je disais oui à toutes vos demandes
    Je comblerais la femme, et trahirais l'Allemande !

    (Ils s'éloignent, chacun de leur côté)
     
    Toute ressemblance avec des personnages connus et contemporains ne seraient que coïncidence !"

               Je me demande quand même si Nicolas savait qui sont Platon, Sophocle et Périclès ?
      Autrefois on apprenait cela en histoire et en philo !

               Mais remplacez Nicolas par Emmanuel, cela reste encore d'actualité. Toutefois ils parleraient sans doute davantage de migrants que de finances.

     

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