•           Dernier article sur les sujets de philo du bac 2017. Les derniers sujets de L et de T dont je n’ai pas encore parlé.

    Bac 2017; sujets de philo; observer pour connaître; le bonheur.

    Bac L : Suffit-il d’observer pour connaître ?

              C’est un sujet très classique sur les méthodes scientifiques notamment et plus particulièrement les sciences expérimentales. Je me souviens avoir traité ce sujet quand j’étais en terminale S (math-élem à l’époque, en 1947)
              En fait, énoncé ainsi, le sujet est vague et indéfini. Tout dépend de ce qu’on veut connaître.
              Si l’on veut savoir quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV, il suffit de lire la phrase avec attention; à la limite d’observer le cheval avec les yeux pour déterminer sa couleur.
             Dans le domaine non scientifique, prenons par exemple le droit, connaître la loi n’est pas une question d’observation, mais de mémorisation.
             Finalement je pense que le sujet se rapportait aux sciences, et surtout aux sciences expérimentales.
             En mathématiques il suffit de connaître certaines propriétés et de raisonner logiquement; en principe cela devrait suffire. Mais on sait bien que, notamment en géométrie, faire une figure aide parfois beaucoup, car l’on voit le problème d’une autre façon, moins abstraite, et cela suggère souvent des solutions qu’on n’aurait eu de la peine à trouver par une simple réflexion

             Venons en aux sciences expérimentales, physique, chilie, biologie…
             Jusqu’au développement récent de l’informatique et des ordinateurs performants, le processus était simple.
             On avait un problème, on se posait une question qui demandait une explication. En général on disposait de chiffres d’expériences dont l’examen avait justement posé le problème. En général ces chiffres suggéraient plusieurs solutions possibles avec des degrés de probabilité différents.
             On faisait une hypothèse d’explication concernant la solution la plus probable, et on imaginait une expérimentation qui permettait de vérifier l’exactitude de l’hypothèse. Si l’expérience était concluante, le problème était résolu, sinon il fallait passer à une autre hypothèse en cas de résultat négatif, ou affiner l’expérimenattaion si le résultat était incertain.
             La science progressait ainsi, mais souvent résoudre une question faisait se poser de nombreuses autres question, et, au fur et à mesure que le « connu » augmentait, « l’inconnu croissait encore plus.

             L’arrivée de l’informatique a changé les méthodes, car elle permet de faire des simulations numériques, à partir de théories. Face à un problème on fait une hypothèse sur la nature des phénomènes et on essaie de modéliser par des formules mathématiques le problème en cause. On peut alors définir les paramètres de la situation initiale par des chiffre et calculer la solution finale correspondante. On « simule » ainsi l’expérimentation.
            Mais le plus souvent on ne connaît pas parfaitement le phénomène et , pour représenter son fonctionnement, on est obligé de laisser indéfinis un certain nombre de paramètres dans les formules mathématiques.
            Pour les déterminer on va faire un certain nombre d’expériences dans des conditions différentes et les résultats permettront de définir la valeur de ces paramètres. On aura alors un modèle valable.
            L’expérimentation de départ existe toujours mais les hypothèses faites concernet en général la formulation mathématique de la simulation, et de nouvelles expérimentations vont permettre de déterminer les paramètres de la simulation.
           Dans des phénomènes simples, la formulation mathématique peut être déterministe, mais dans des cas plus complexe elle peut mettre en jeu des lois de probabilité et cela complique les expériences qui suivent et augmente leur nombre.

            Dans certaines sciences dans lesquelles les connaissances sur le fonctionnement des phénomènes est mal connu (la médecine ou la psychologie par exemple) la simulation est difficile et finalement on a recours à de très nombreuses expérimentations et on essaie de tirer des conclusions de données statistiques.
            Les résultats sont moins surs, notamment quand de nombreuses cause possibles sont à la base des phénomènes.
           J’ai toujours dans ce domaine un doute important quand les journalistes annoncent le nombre de personnes que l’on aurait pu sauver en faisant une action donnée (par exemple le nombre de morts du cancer du poumon en réduisant de 20% le nombre de fumeurs) et je suis encore plus sceptique lorsqu’on annonce oar exemple le nombre de morts qu’entraîne l’utilisation d’un produit dans l’alimentation. Les effets précis du produit sont souvent mal connus dans les conditions d’utilisation (on sait ce qu’il fait si on donne une dose importante à un rat !), et les conclusions reposent sur des statistiques dans lesquelles interviennent de nombreuses causes possibles, dont on ne sait pas en général déterminer les influences relatives..

            Enfin je ferai remarquer qu’on peut connaître l’existence d’un objet sans l’avoir réellement observé, mais simplement en observant son action sur d’autres objets. C’est le cas des exo-planètes, que l’on ne peut pas voir, vu leur éloignement, mais que l’on découvre par les perturbations qu’elles provoquent sur les autres astres environnant. Cela nécessita alors la connaissance préalable des lois théoriques d’interaction entre ces objets.

     Bac 2017; sujets de philo; observer pour connaître; le bonheur.Bac 2017; sujets de philo; observer pour connaître; le bonheur.

     

     

     



    Bac T : Pour trouver le bonheur, faut-il le rechercher ?

                Sujet bien classique aussi, mais j’avais traité cela en première, en tant que composition de français. Evidemment en philo, cela permettrait de rappeler tout ce que les philosophes ont dit à ce sujet, mais je ne m’amuserait pas à cela : ce n’est pas un corrigé mais des réflexions personnelles.

               J’ai écrit sur mes blogs de nombreux articles sur le bonheur. Ils reposaient sur trois sortes d’idées :
                    - le bonheur c’est d’abord l’absence de malheur. Certains de ces malheurs sont malheureusement inéluctables, mais nous nous en créons de nombreux plus ou moins imaginaires. Les philosophes du courant grec stoïcien parlaient « d’ataraxie », qui désigne l’absence de trouble dans l’âme, la quiétude, la tranquillité de l’esprit. La sagesse, c’est de n’être pas affecté par les aléas du destin.
                   - le bonheur c’est ensuite une question de mentalité : les optimistes qui voient le verre à moitié plein sont plus heureux que les pessimistes qui voient le verre à moitié vide. Pour être heureux il faut chasser les idées négatives et favoriser les pensées positives.
                    - le bonheur c’est profiter de tous les petits instants heureux de tous les jours beaucoup plus que des grands événements heureux, que, bien sûr, on doit aussi apprécier.

             Je citerai également des études américaines : 

              Les chercheurs pensent actuellement que les déterminants génétiques - héréditaires ou innés imposant un niveau de base élevé, faible ou moyen - sont responsables de la moitié environ des différences de niveau de bonheur entre les personnes (par exemple la préférence cérébrale d’être optimiste ou pessimiste).
              Le facteur le moins important (dix pour cent environ des variations interindividuelles) tiendrait aux conditions de vie, c'est-à-dire au fait que l'on est riche ou pauvre, bien portant ou chétif, marié ou divorcé, etc.  Cela est surprenant car c’est contraire à l’idée les conditions de vie ont une influence notable sur le bonheur.
             Il reste 40 pour cent qui correspondent à la possibilité que nous avons d'agir sur notre niveau de bonheur.
             Cela signifie qu'une personne malheureuse a d'importantes ressources psychologiques pour être plus heureuse, sous réserve d'analyser les comportements et les activités des gens heureux, de rechercher ses propres comportements et notamment tous ceux négatifs qui incitent à la tristesse et au stress, et à essayer d’évoluer dans le sens positif.

              D’après les mêmes chercheurs de l’université de Californie, les gens heureux et positifs consacrent beaucoup de temps à leur famille et à leurs amis, entretiennent des relations régulières avec autrui, expriment souvent leur satisfaction pour ce qu'elles ont, sont souvent les premières à offrir leur aide à leurs collègues ou amis, imaginent leur avenir avec optimisme, savourent les plaisirs de la vie et vivent intensément le moment présent. Elles pratiquent un sport régulièrement et ont des objectifs et des ambitions.

            Bien sûr c’est un peu caricatural à mon goût (et très américain), mais il est certain qu’être conscient des avantages que l’on a par rapport à d’autres moins favorisés et découvrir leurs problèmes pour les aider, imaginer ce que l’avenir peut apporter de bien plutôt que de passer son temps à le craindre, se donner des objectif et prendre ses responsabilités, lire, écrire, jouer de la musique, faire su sport, apportent de petites et grandes joies qui donnent un sentiment de bien-être.
             Mais pour cela il faut triompher et vaincre ses démons négatifs, il faut cesser de se plaindre soi-même, il ne faut surtout pas pour conserver un amour, une amitié, une position, se complaire dans une situation défavorable, voire catastrophique, afin que les autres s’intéressent à vous et pour ne pas se sentir  “transparente et inaperçue”.
             Il faut psychologiquement remplir le verre à moitié vide pour qu’il paraisse à moitié plein, avec la même proportion pourtant d’éléments positifs et négatifs..
             C’est en partie une affaire de volonté.

     


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    Bac 2017; sujets de philo; culture, œuvre d'art

    Encore ce que m’inspirent les sujets du bac 2017.
    Aujourd’hui, je traiterai successivement de deux sujets différents :

    Bac S : Peut-on se libérer de sa culture ?

              Je ne pense pas que le terme se libérer soit équivoque, c’est « faire abstraction de », « s‘affranchir » ou « ne plus subir la contrainte de ».
              Par contre les limites du terme « culture » mériteraient d’être définies.

              Le mot culture recouvre deux notions assez différentes : 
                     - d’une part ce qui relatif à l’héritage de civilisation : mœurs, valeurs, codes sociaux, archétypes chers à CG Jung, y compris des aspects négatifs tels les préjugés.
                    - d’autre part ce qui est relatif à notre vie : éducation des parents qui ont transmis certaines règles morales et de vie et on laissé à leurs enfants plus ou moins de liberté de choix. Instruction ensuite, qui apporte des connaissances de culture générale et de spécialisation, mais surtout une formation (et par là même une déformation par habitude) de l’esprit. Enfin notre evécu ajoutera, renforcera ou diminuera ces diverses influences.
              On pourrait d’ailleurs réfléchir à l’influence du langage sur notre culture, les diverses langues ne permettant pas de décrire tous les notions de la même façon et avec le même détail.
              En fait les habitudes ancestrales dont nous héritons sont certes spécifiques de la culture occidentale et dune certaine façon de vivre qui a évolué, qui a évolué, soit au niveau global, soit au niveau national, soit à celui d’un groupe de société.
               Certaines notions sont devenues universelles (par exemple la suppression du cannibalisme), d’autres assez générales (la monogamie). Des incitations sont universelles propres à l’humain : l’instinct de survie, l’amour la haine, un certain altruisme et ont donc inspiré partout des us et coutumes, mais différents selon les endroits.
              Si l’on examine ces règles sociétales et une partie de celles transmises par l’éducation de nos parents, on s’aperçoit quelles sont de deux sortes :
                    - certaines sont des règles de la vie en commun, morales, religieuses, de bienséance; elles règlent nos rapports avec les autres. Certaines sont assez générales telles les aspirations de liberté et d’égalité, d’autres plus spécifiuqes comme le souhait français de laïcité.
                  - d’autres sont plus personnelles et aboutissent à notre propre jugement sur nous mêmes. Il y a évidemment un certain lien entre elles car le jugement sur nous mêmes peut interférer avec notre conduite vis à vis d’autrui (tu ne tueras point ou tu ne voleras point le bien d’autrui par exemple).
              Par contre l’instruction nous apporte une culture qui nous est propre et personnelle, même si elle est partagée par d’autres.

               Je pense que l’enfermement dans une culture résulte d’une vue trop étroite sur notre environnement. Plus nous sommes solitaire, plus nous sommes dans un milieu replié sur lui même, plus nous sommes sujets à obéir aux règles de ce milieu.
               On le voit bien dans les milieux de ségrégation qui aboutit à un communautarisme ethnique, qui existe dans de nombreux pays.
               A l’inverse, je connais des jeunes qui ont profité de l’enseignement Erasmus, qui se sont frottés à différentes cultures et qui ont appris à relativiser leur acquis culturel en le comparant à celui des autres, tout aussi valable. Cela ne veut pas dire qu’ils ont abandonné leur culture, mais qu’ils ont compris qu’elle n’était pas unique, et qu’il était bon de connaître celle des autres, voire d’en adopter certains éléments.
              Ceci est vrai pour des éléments culturels hérités de notre société, mais aussi pour des éléments personnels : il est certain qu’enfermés sur nous même nous resteront attaché à nos idées, même si nous en souffrons. 
              L’instruction au collège et au lycée qui en français, en histoire et en philosophie, nous ouvre sur les idées des autres, nous aide déjà à relativiser. Mais à coté de ces exemples abstraits, un contact concret avec des personnes d’horizons divers aux idées différentes, obige à discuter de la portée des règles, de leurs origine, de leurs conséquences et de leur efficacité, et les exemples autres nous amènent à évoluer.
             Je dirai que le moyen de s’affranchir de certaines contraintes de notre culture est l’instruction et le contact avec autrui.

              Le plus difficile sera surtout d’être conscient de certaines déformations qu’apportent la culture d’instruction de spécialité;. Il est certain par exemple que ma culture essentiellement scientifique a développe des réflexes, des habitudes et des méthodes rationnelles et logiques, ainsi qu’expérimentales d’aborder les problèmes.
             Cela est bénéfique et il ne s’agit pas de s’en débarrasser, mais cela peut me faire moins bien comprendre ceux qui ont une culture différente, par exemple littéraire. Là encre un effort d’éducation dans un sens différent peut apporter une solution.

     

    Bac ES : Une oeuvre d’art est-elle nécessairement belle ?

              Là encore le vocabulaire est important : qu’est ce que la beauté.
             Je me rappelle que tous les philosophes et les dictionnaires sont d’ accord pour dire que c’est une é motion, ressentie par une personne après une sensation, une perception causée par un objet ou une personne, notamment la vue. Toutefois les autres sens peuvent intervenir et on peut parler de beauté musicale.

              Certains dictionnaires vous disent que le beau est esthétique et attirant, mais il faut alors dire ce qu’on entend par esthétique.
              Mais après je me rappelle que les philosophes n’étaient pas d’accord et je suis allé consulter mon vieux bouquin de philo des années 45, qui est encore dans un coin de ma bibliothèque.
              Pour Platon, ce qui est beau procure une sensation de plaisir; mais cette sensation peut être dépassée pour parvenir à la contemplation de la beauté, se rapprocher d’un idéal. Elle n’est pas seulement une qualité de l’objet, mais aussi celle de l’individu qui y est sensible. L’objet est beau s’il est fidèle à l’idée qu’on s’en fait.
             Kant ne reconnait pas le plaisir ressenti, mais est un jugement de goût désintéressé, qui est propre à l’individu, mais aussi à l’oeuvre. Il pense que l’oeuvre a cette qualité en elle-même pour tous : « Est beau ce qui plaît universellement sans concept. » : on ne peut démontrer la beauté d’un objet.
             Hume, au contraire, estime qu’il n’y a pas de beauté universelle. Des personnes différentes n'ont pas le même jugement sur le même objet : « La beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes, elle existe seulement dans l’esprit qui la contemple, et chaque esprit perçoit une beauté différente »  Il admet toutefois que l’éducation et l’instruction peuvent amener à un consensus pour trouver certains objets beau. Il associe, lui aussi l’idée de beauté au plaisir ressenti.
             Des philosophes ou des intellectuels ont essayé de définir des caractéristiques logiques, matérielles de ce qui est beau ou plutôt esthétique, mais leurs conclusions n’ont jamais été satisfaisantes.

              Notons qu’on ne nous parle dans l’énoncé du sujet que d’une œuvre d’art.
              Certains philosophes ont en particulier mis un peu à part une oeuvre d’a rt par rapport à la beauté d’une femme ou d’un paysage, plus généralement d’une œuvre réelle de la nature.

              L’œuvre d’art est pour certains par essence une création esthétique, un ressenti qui implique déjà une émotion au moment de la création. « Est qualifié "d’art" une oeuvre, une production de l’esprit, dont on estime qu’elle est belle ».
             Mais qui est ce juge « on »? Si c’est chacun de nous selon ses goûts il n’y aura pas accord sur la beauté d’une œuvre. Est ce la statistique, une majorité de personnes, qui vont définir les standards du goût ? Ou bien peut on donner des critères pratiques précis pour définir la beauté ?
            Dire en effet qu’une oeuvre est nécessairement belle reviendrait à affirmer qu’il existe des critères a priori permettant de déterminer la valeur esthétique d’une œuvre artistique et donc qu’on pourrait établir scientifiquement la beauté d’une oeuvre.
            Personne n’a réussi à quantifier la beauté par des critères divers. Par ailleurs si notre environnement est quantifiable, la vison de l’artiste le transforme, l’imagine autrement, le sublime. Et enfin on ne peut quantifier une émotion, mais encore moins les diverses proportions de ses causes.

             Cela dit la notion d’œuvre d’art est assez subjective et variable, et relativement soumise à la mode, et surtout de nos jours à la mercantilité et à la publicité qui jouit des moyens énormes électroniques.
             Personnellement j’ai visité de très nombreux musées en Europe et dans le monde, et j’ai apprécié la beauté de nombreuses œuvres figuratives.
             J’avoue être assez imperméable aux œuvres non figuratives, par exemple un Picasso connu mais qui représente une femme à la fois de face et de profil, avec des fesses et une poitrine en triangle et le nez et les yeux à des places habituelles. Je ne ressent aucune émotion à cette vue car je trouve cette femme pas du tout à mon goût, mais j’admets que certaines personnes aient une émotion à la vue des couleurs et de leur enchevêtrement.
             Là où je ne comprends lus du tout c’est qu’un appelle œuvre d’art un tablea tout bleu avec une bande rouge au milieu. Qui peut être ému par cette œuvre que n’oserait même pas faire un peintre en bâtiment. Pourquoi pas une toile toute blanche, sans peinture dessus. Où est la création ?
             Mais la publicité, l’appât du gain et la bêtise des gens fait vendre de telles tableaux à des prix démenties vu leur nullité.

             Une oeuvre d’art n’est pas nécessairement belle, mais encore moins une pseudo-œuvre d’art.


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  • Deuxième inspiration des sujets du bac, deux sujets connexes de S et de L :

    Bac 2017 : sujets de philo : droits et justice

    Bac S : Défendre ses droits, est-ce défendre ses intérêts ?

    Bac L : Tout ce que j’ai le droit de faire est-il juste ?

              Là encore, les problèmes de vocabulaire sont importants. Qu’est ce que le droit ou « avoir le droit de «  et quelle est la signification de juste ?
              Ce que l’on a le droit de faire, c’e’st ce qui est autorisé ou n’est pas interdit par le droit (c’est à dire la loi au sens général du terme). On peut évidemment élargir le débat en ajoutant au droit des règles de société, de morale ou de religion, mais cela devient plus flou.
              Le mot « juste » est bien plus difficile à définir. La justice, au plan philosophique, c’est le principe selon lequel les actions doivent être récompensées ou punies en fonction de leur mérite, cela par référence à des règles : de droit, morales, ou autres règles. Le problème est l’évaluation de ce « mérite » et d’autre part la multiplication des règles envisageables. On parle même en religion de justice divine, ce qui est alors parfaitement indéfinissable.

              Le premier sujet paraît évident à priori : il est possible que certains de mes droits ne me soient pas très utiles et que je ne les utilise pas, mais s’ils me sont nécessaires, quel serait l’intérêt de m’en priver ?
              En fait il faudrait poser le problème autrement :
                   - mes intérêts sont ils toujours compatibles avec mes droits ou peut il y avaoir conflit.? Et défendre un droit (existant ou en projet) est il toujours compatible avec les intérêts de ses défenseurs.?
                    - autre aspect, pour le législateur, ou celui qui défend un droit, les motivations sont plutôt la justice et/ou la morale, et non ces intérêts. Cela ne fait que reporter le problème : justice et morale sont elles compatibles avec les intérêts des personnes.?

             Le second sujet a l’intérêt de montrer le flou qu’il y a dans la notion de justice qui peut être assez variable suivant les individus, car on est proche de la notion personnelle morale qu’on peut avoir du bien et du mal. Autrui peut ne pas avoir la même notion et notamment celui qui a conçu les règles des droits.
             Mais évidemment si l’on limite les droits aux aspects civiques, le sujet est alors plus précis.
             Cela dit on trouvera toujours des droits qui semblent injustes, et on peut alors se demander pourquoi ils existent.

             Le premier sujet est donc surtout celui de la compatibilité des droits et des intérêts  et défendre un droit défend il toujours les intérêts du défenseur ou d’autrui.
             On peut trouver des exemples de divergence.
             La personne qui défend le droit de se droguer va en fait à l’encontre de sa santé,  ou de celle des autres si elle-m^me ne se drogue pas et qu’elle défend seulement la liberté.        
             De la même façon la liberté de la presse ou plus généralement d’expression, notamment sur internet, peut aller contre les intérêts de certaines personnes et même conduire à des injustice, dans la mesure où on raconte n’importe quoi et où l’opinion publique attache autant d’importance à une information calomnieuse qu’à une vérité. Des règles peuvent donc s’avérer très injustes dans certains cas.
             Le législateur qui élabore le droit, le fait en général en pensant à l’intérêt du plus grand nombre. S’il interdit le recours à des mères porteuses, c’est parce quil pense que ce type de gestation est néfaste pour la mère et pour l’enfant, dont on sous-estime le lien, même s’il n’a duré que 9 mois.
             Mais quand on aborde des règles morales, à fortiori de bienséance, le but originel de la règle est bien plus flou, et les règles peuvent avoir été édictées pour favoriser une certaine catégorie de population (les classes aisées, ou les hommes au détriment des femmes, dans certaines règles de l’Islam…) et notamment leur donner des avantages financiers ou du pouvoir sur les autres.
             Le problème est également plus difficile quand le droit en cause est très général et de haut niveau : par exemple la liberté ou l’égalité.
             On ne peut avoir une liberté totale : la révolution de 1789 avait précisé que la liberté de chacun s’arrêtait la où commençait celle du voisin, ce qui est évidemment flou, mais est assez pragmatique.        
             Le droit à l’égalité entrainerait d’enlever aux uns pour donner aux autres, ce qui va à l’encontre de l’intérêt des premiers. Cala paraît néanmoins juste dans une certaine mesure, mais malheureusement nous ne naissons pas tous égaux et notre environnement peut être très différents et le principe d’égalité est bien difficle à appliquer. On le voit bien dans l’actualité, en ce qui concerne l’enseignement, ou l’accueil des migrants.

              Le second sujet nous fait réfléchir sur le fait que la justice suppose que l’on sanctionne ou récompense selon le mérite des actions que l’on mène, mais que cette notion de mérite est mal définie.
             Elle est simple si on se limite au droit pur, car on peut penser que le législateur l’a érigé dans un esprit de justice et d’autre part les règles sont précises.
             Mais je viens de parler de la difficulté d’appliquer avec justice des principe tels que la liberté ou l’égalité.
             Par ailleurs je n’ai pas le droit de faire ce qui est interdit, mais je peux en principe, faire tout ce qui ne l’est pas. Il est certain que les règles ne peuvent prévoir tous les cas.
             Mais dès qu’on sort de cette notion de droit légal, tout devient plus flou, parce que le bien et le mal ne sont pas les mêmes selon les sociétés, les groupes, voire même les individus. Certaines tribus admettent le cannibalisme, certains peuples la polygamie, et on a vu dans de nombreux cas, comme celui du mariage pour tous les différences quant aux règles souhaitées et malheureusement la volonté de les imposer à tous quelque soit leurs opinions. C’est actuellement la racine même du terrorisme issu de l’intégrisme musulman, et en fait de tout intégrisme.
            Et dès lors le droit valant pour tous de manière indifférente va peut être se heurter à certaines conceptions de la justice, qui seraient différentes selon les individus, les groupes, ou les sociétés.

            Une particularité qui mérite réflexion est l’action de juges ou des jurés dans un procès. Il y a des cas simples où le prévenu a commis des actes prémédités sans circonstances vraiment atténuantes, mais il y a aussi des cas qui poent problème : je ne citerai que celui de cette femme qui avait tué son mari qui la battait et avait violé ses deux filles ou de médecins qui ont pratiqué l’euthanasie sur des malades condamnés qui souffraient beaucoup.
           Il est certain que les juges sont obligés par le droit d’appliquer une peine minimale, selon la loi du moment, mais que dans ces cas particuliers extrêmes, la loi peut apparaître comme injuste vis à vis des circonstances du drame.


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  •             Tous les ans, après la parution des sujets de philosophie du bac, je m’amuse à écrire des articles les concernant. Ce ne sont surtout pas des corrigés, mais de simples réflexions personnelles qu’ils m’inspirent. Je ne sais pas trop ce qu’en penserait un prof de philo : sans doute que j’ai mal appris mon cours, qui date de 70 ans, (en 1947) quand j’étais en terminale S, qui s’appelait à l’époque « mathélem ».

               Je commencerai par deux sujets d’ES et de T, qui sont assez voisins :

     

    Bac ES : La raison peut-elle rendre raison de tout ?

    Bac T : Y a-t-il un mauvais usage de la raison ?

                Je n’aime pas la rédaction de ces sujets, mais je pense que c’était fait exprès pour faire réfléchir : qu’est ce au juste que la raison ? C’est vague et discutable.
     On peut le prendre dans deux sens différents :: 

               La raison, c’est la cause d’un phénomène, d’une action. Ce que nous donnons comme justification à nous mêmes et aux autres de nos dires ou de nos actions. Ce sont les arguments lors d’un polémique qui déterminent (ou non), qui « avait raison « .
               Mais c’est aussi une faculté, être rationnel, être raisonnable, analyser causes et conséquences avec logique. C’est un mode de pensée.
              Les deux sont liés car si l’on est rationnel, les raisons que l’on donnera devraient être mieux déterminées, mieux justifiées.
              Les raisons que nous donnons de nos idées et de nos actes ne sont pas toujours fiables, voire peuvent être erronées.
              Même si nous les avons énoncées avec impartialité, même si nous avons essayer de faire une analyse rationnelle et logique avant de les énoncer, des opinions différentes peuvent être tout autant valables.
              Une analyse part de faits, de constatations, de perceptions et chacun ne possède pas les mêmes informations que l’autre. Il faut aussi une méthode et elles ne sont pas identiques. Une raison n’a donc qu’une portée limitée propre à chaque individu.
              Par ailleurs l’analyse n’est pas forcément logique et les phénomènes analysés ne s’y prêtent pas forcément. Notre vécu, nos sentiments, nos émotions interviennent dans notre jugement et vont donc influer sur les raisons que nous donnerons. « Le cœur a ses raisons que la raison de connait pas », disait Pascal.
              Aujourd’hui, les neurobiologistes diraient que le cortex préfrontal qui raisonne et est le support dela logique, est en compétition avec le cerveau émotionnel, et les deux coopèrent plus ou moins de façon prépondérante aux décisions que nous prenons.
             De plus nous pouvons être de mauvaise foi inconsciemment ou volontairement, et, dans ce cas, les raisons que nous allons donner ont toutes chances d’être faussées. Ce sera un mauvais usage de la raison, mais les actes et idées pourront dans ce cas être parfaitement rationnelles : il ne faut pas confondre raison et vérité.

                Examinons maintenant la raison en tant que « faculté de raisonnement », que mode de pensée. On dit de quelqu’un qu’il est rationnel ou qu’il se comporte de façon raisonnable, c’est à dire conforme à la raison.
               Là encore il ne faut pas confondre avec la vérité ou la morale. Il s’agit en fait d’un mode d’analyse et de décision. Il s’agit de la façon d’analyser les données dont on dispose pour prendre des décisions, ou ériger des règles, des théories et comprendre les phénomènes.
              Remarquons d’abord que nous ne sommes pas égaux devant ce problème au plan biologique et psychique.
              Certains d’entre nous sont de préférence cérébrale « logique », c’est à dire que leur cortex préfrontal est prépondérant et que leurs décisions se font après une analyse logique des causes et conséquences, ou des arguments. D’autres au contaire, de préférence « valeurs », feront leurs choix plus instinctivement selon leurs valeurs et leurs goûts : leur cerveau émotionnel aura plus d’influence. Ils seront en général moins rigoureux, mais plus altruistes.
             Mais notons que la psychologie considère que ces deux modes de décisions sont rationnels.

             Mais tous les phénomènes, toutes les pensées ne sont pas non plus propres à une analyse rationnelle.
             Il est certain que les mathématiques sont le terrain de choix dans ce domaine. Les sciences expérimentales (physique ou chimie, physiologie par exemple) sont également un bon terrain, car l’hypothèse peut ensuite être vérifiée et validée par l’expérience et de plus, aujourd’hui, la simulation sur ordinateur permet de valider en partie les hypothèses faites. Certains domaines sont plus incertains, bien que scientifiques, comme la paléontologie eou la psychologie, car l’expérimental qui permet de vérifier le raisonnement rationnel est plus difficile et incertain. Cela devient encore plus difficile quand il s’agit des émotions, et par exemple de l’amour, de la beauté ou de l’art. On peut analyser les situations, mais on ne peut saisir par elle qu’une partie des problèmes.
             D’autres domaines ne se prêtent pas au raisonnement logique : Kant l’a bien montré en ce qui concerne la métaphysique dans la « critique de la raison pure », ouvrage qui, lorsque j’étais en terminale S, en 1947, ne m’a pas laissé un souvenir de lecture facile.

              Une autre différence entre les préférences cérébrales : certains de préférence « perception », accumulent les observations mais tardent à décider et remettent facilement au lendemain. Face aux événements ils ne prévoient pas et s’adaptent.
             D’autres de préférence « Jugement », veulent anticiper sur les événements, les maîtriser et prévoir à l’avance ce qu’ils décideront. Par contre ils ont davantage de mal à s’adapter à un événement imprévu.
             Vouloir « rendre raison de tout » c’est tout vouloir ainsi maîtriser, même l’imprévu, qui pourtant est par définition imprévisible.
             C’est d’ailleurs en ce sens que l’on dit que le « risque zéro » n’existe pas.


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  •           Un correspondant, à juste titre, me dit que dans mes derniers articles, je parle de sommeil profond et de sommeil paradoxal, et que je n'ai pas défini ce que c'était. C'est vrai.
              Je vais réparer cet oubli, mais c'est assez compliqué et il faut un article entier pour décrire notre sommeil. C'est assez technique et donc un peu difficile à lire !

              Nous allons voir d'abord pourquoi nous nous endormons de façon assez régulière et de préférence la nuit, grâce à ce que l'on appelle nos "horloges circadiennes".

    Les diverses phases du sommeil.

              A l'origine des rythmes circadiens se trouvent les noyaux suprachiasmatiques (ou NSC), et paraventriculaires, oscillateur central de notre horloge biologique. Ces deux noyaux de l'hypothalamus antérieur de quelques dizaines de milliers de petits neurones chacun, ont un rythme d'activité biochimique et électrique spontané.
              Un pigment de la rétine de l’oeil est activé par la lumière, la “mélanopsine” qui active des neurones, qui transmettent leur information aux neurones des centres suprachiasma-tiques. Cette horloge transmet ensuite l'information aux horloges secondaires, qui régulent dans notre corps, diverses activités métaboliques et hormonales.

               Quand vient l’obscurité, cette horloge émet une substance particulière, la “mélatonine”, produite par la glande pinéale,  qui recalera les horloges secondaires sur la nuit et provoquera le sommeil. La glande pinéale ou épiphyse, est une petite glande située en bordure du thalamus, d'environ 8 mm et ayant la forme d'une pomme de pin, d'où son nom. Chez les animaux elle est parfois située derrière la rétine et réagit directement à la lumière pour produire la mélatonine.
              Chaque neurone des noyaux suprachiasmatiques de l'hypothalamus est capable de produire et d'entretenir une oscillation circadienne : chacun d'eux est une cellule-horloge autonome, un “pacemaker circadien”.
              A l'inverse lorsque revient la lumière les noyaux suprachiasmatiques sont moins excités et ce sont les noyaux paraventriculaires qui prennent le relais; ils diminuent la production de mélanine, mais peuvent également agir sur les horloges secondaires pr l'intermédiaire du système sympathique.
                Dans les diverses horloges circadiennes, des gènes s’expriment tous les jours, selon une périodicité de 24 heures, leur ADN codant un ARN messager qui va engendrer la production d’acides aminés puis de protéines : les protéines des horloges présentent leur pic de concentration à des moments précis de la journée et elles activent ou inhibent les gènes contrôlés par l'horloge, ce qui constitue une boucle de rétroaction, et stabilise ce processus.

              Ainsi, la production et la libération de neurotransmetteurs dans le cerveau ou le métabolisme des sucres dans le foie, d’insuline dans le pancréas ou de leptine par les graisses et, plus généralement, toutes les fonctions de tous les organes sont coordonnées pour être synchronisées par l'hypothalamusavec l'alternance cyclique du jour et de la nuit.

    Les diverses phases du sommeil.

              Nous allons maintenant examiner ce qui se passe dans le cerveau au plan des transmissions d'influx nerveux, ce que l'on peut analyser par des enregistrements des signaux électriques sur des électroencéphalogrammes (EEG).

              Dans la journée lorsqu’on est éveillé, lorsque le cortex est engagé dans l’analyse d’information provenant d’une stimulation sensorielle ou d’un processus interne, l’activité de ses neurones est relativement élevée mais également peu synchronisée. Chaque petit groupe de neurones étant activé par des aspects différents de la tâche cognitive à résoudre, la synchronisation est donc faible et par conséquent l’amplitude de l’EEG aussi avec des ondes rapides dites “béta”, et des mouvements rapides des yeux..
              La période de veille calme, où I'on est au repos,les yeux clos, est caractérisée par une activité électroencéphalographique de type alpha, de 8 a 12 cycles par seconde (ou hertz), un tonus musculaire et des mouvements oculaires lents.

    Les diverses phases du sommeil.

              Le sommeil lent, qui débute le sommeil, comprend quatre stades de profondeur croissante :
              Le stade 1 est observé lors de I'endormissement. avec une activité de fréquence de 2 à 7 hertz, un tonus musculaire, des mouvements oculaires lents de fréquence inférieure à un hertz et souvent des ondes pointues, ou « pointes vertex ».
              Le stade 2 est également caractérisé par une activité de fréquence mixte, avec, de façon intermittente, les fuseaux rapides, de fréquence comprise entre 12 et 16 hertz (ils ont probablement un rôle protecteur du sommeil) et des ondes diphasiques lentes et de forte amplitude. Le tonus musculaire est toujours présent mais iI n'y a plus de mouvements oculaires.
              Les stades 3 et 4 constituent le sommeil lent profond, avec des ondes lentes de type delta de fréquence comprise entre 0,5 et 2 hertz et d'amplitude supérieure a 75 microvolts, présentes pendant 20 à 50 % du stade 3 et plus de 50 % stade 4. Le tonus musculaire diminue dans le sommeil le plus profond et les mouvements oculaires sont toujours absents.

              Le sommeil paradoxal (stade 5) s'oppose au sommeil lent auquel il succède. L'activité électroencéphalographique présente une fréquence proche de celle du stade 1, mais elle est associée à des trains d'ondes (theta), en dents de scie. Des mouvements oculaires rapides apparaissent, isolés ou en bouffées, sous les paupières qui demeurent closes. Le tonus musculaire est aboli, mais cette atonie musculaire est interrompue par de brèves décharges musculaires, affectant les muscles du visage et des extrémités.

              Le sommeil lent représente environ 80% de la durée totale de sommeil, dont 5% pour le stade 1, 50% pour le stade 2, et 15 à 20 % pour les stades 3 et 4.
              Le sommeil paradoxal de I'ordre de 20 pour cent.
              Rappelons aussi que, chez l’homme, l’intervalle qui sépare deux périodes de sommeil paradoxal l’ordre de 90 minutes, et que pendant ces périodes il peut se produire de micro-réveils et donc des rêves.


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