•     Hier nous avons vu le principe d'un "tokamak", qui préfigure le principe des réacteurs nucléaires à fusion thermonucléaire. Aujourd'hui nous allons parler d'ITER.

           ITER (“le chemin” en latin, et originellement en anglais : International Thermonuclear Experimental Reactor ) est un prototype de réacteur nucléaire à fusion actuellement en construction à Cadarache près de Manosque et Aix en Provence). Ce prototype est destiné à vérifier la « faisabilité scientifique et technique de la fusion nucléaire comme nouvelle source d’énergie ».

          Nous sommes habitués à voir des programmes de toutes sortes en coopération internationale, mais c’est en général au sein de l’Europe, ou entre pays européens et Etats Unis, mais le programme ITER est étonnant par l’ampleur de la coopération qui englobe les grand spays mondiaux : l’Europe, les USA, la Russie, la Chine, la Corée du Sud, le Japon,  l’Inde, et la Suisse via Euratom. 
           Après de longues discussions le site de Cadarache en France a été choisi pour abriter le réacteur (trois autres sites ayant été en lisse, en Espagne, au Canada et au Japon).et l’accord international a été signé à Moscou le 28 juin 2005, et l’accord définintif a été signé en France le 21 novembre 2006.
         “ITER Organization”, un organisme public, a été officiellement créé le 24 octobre 2007. Il est dirigé par un scientifique japonais.
          Le projet ITER est financé par les pays membres et les résultats seront fournis à tous ces pays. Le coût prévu était de 10 milliards d’euros en 2006, mais a doublé depuis, et  en outre, les divers pays fournissent des prestations en nature.
          C'est actuellement un énorme chantier et les premiers plasmas sont prévus pour 2025.  Le début du fonctionnement expérimental en puissance est prévu pour 2035.
          ITER ne produira pas d’électricité. Son rôle est démontrer que l’utilisation de l’énergie de fusion est possible dans de bonnes conditions de sécurité, en produisant dix fois plus d’énergie que l’on en consomme.
          Si les expérimentations avec ITER portent leur fruit, un autre réacteur de fusion nucléaire pourrait prendre sa place d'ici 2040. Il s'agit de DEMO(pour Demonstration Power Plant), un réacteur qui devrait fonctionner en continu et, contrairement à ITER, être relié au réseau électrique. Comme son nom l'indique, ce sera donc un démonstrateur industriel grâce auquel des prototypes moins coûteux pourraient ensuite être assemblés dans un but commercial. DEMO devrait être en mesure de produire au minimum une énergie de fusion de 2 gigawatts
          La première démonstration de production d'électricité aurait lieu en 2048, puis est prévuela mise en œuvre d'un autre projet, nommé PROTO, qui ferait office de prototype de centrale électrique.

    Le projet de réacteur thermonucléaire "ITER"

     

                  ITER et la sécurité nucléaire.

      Les réacteurs de fission présentent certains risques que nous connaissons bien :
              - Ils peuvent s'emballer en cas de fausse manoeuvre.
    Des sécurités importantes sont mises en place pour éviter un tel accident et il faut, comme à Tchernobyl, être assez inconscient et irresponsable pour court-circuiter les sécurités pour qu’il puisse arriver.
    .         - Un défaut de refroidissement peut faire fondre le coeur comme au Japon.
    Dans les réacteurs français les systèmes de refroidissement sont doublés, voire triplés dans l’EPR, mais au Japon la force du Tsunami avait détruit les arrivées d’eau, l’alimentation électrique, même de secours et les cuves des réacteurs ont été fissurées par le choc de la vague.
             - La production de déchets radioactifs impose un retraitement et un stockage des produits de fission notamment, pour des durées importantes.
    Ce problème diminue peu à peu et est bien moins important que celui des déchets de nos industries chimiques, d’autant plus que les déchets nucléaires signalent leur présence par leur émissions radioactives.
              - En cas de non refroidissement, de l'hydrogène peut se dégager et entraîner une explosion.   
             - Un défaut d'étanchéité de la cuve ou de l'enceinte peut entraîner la dissémination dans l'air et la retombée sur le sol de produits radioactifs, notamment Iode 137, Césium 135 et Strontium 90.
         Il faut donc d’abord essayer de limiter ce dégagement et ensuite avoir des enceintes de confinement très solides, ce qui n’était pas le cas au Japon ( et à Tchernobyl il n’y en avait pas !). De telles enceintes qui existent sur les réacteurs français et américains, ont fait leurs preuves lors de l’accident de Three Miles Island, qui n’a pas entraîné de pollution, malgré la fonte d’un coeur.

        Les réacteurs à fusion sont au contraire très sûrs et très peu polluants.
             - La moindre perturbation au sein du réacteur entraîne un refroidissement et l'arrêt de la réaction, sans possibilité d'emballement. Il n’y a d’ailleurs que quelques grammes de deutérium et de tritium dans l’enceinte à vide (et pas d’oxygène).
        Il ne peut donc pas y avoir d’emballement de la réaction de fusion qui s’arrête d’elle même, ni d’explosion de la chambre.
             - L'équivalent du coeur est le plasma gazeux et ne comporte que quelques grammes de deutérium et tritium radioactifs et les "déchets" sont constitués par de l'hélium, inerte et non radioactif.
        Il n’y a donc pas de déchets radioactifs produits par la réaction, l’hélium est sans danger (inerte chimiquement) et peut être utilisé industriellement et pourrait même être rélâché dans l’atmosphère sans inconvénient.
             - L'enceinte à vide est extrêmement solide et aucune explosion ne peut se produire. Une double enceinte en dépression est facile à réaliser pour éviter toute fuite éventuelle de tritium, qui est un produit radioactif.
        En fait une telle fuite est assez improbable. Elle n’est pas possible dans le réacteur lui même et ne concernerait qu’une quantité négligeable. Elle ne pourrait provenir que des réservoirs et canalisations destinés à alimenter le réacteur, risque que l’on peut techniquement fortement diminuer.
        De plus si l’on produit dans le futur le tritium par action des neutrons sur du Lithium, ce danger disparait presque totalement.   
             - Le seul incident radioactif serait une fuite de tritium, dont la probabilité est faible, et gaz très léger, il se diluerait et monterait rapidement en altitude.
        Cet incident a néanmoins été envisagé dans l'étude de sécurité : les calculs de concentration de tritium dans l'atmosphère montrent que la pollution de l'environnement serait très faible et qu'aucune évacuation de population ne serait à envisager, et la contamination des sols serait nulle.
             - Le seul problème qui subsiste est l'activation de certains composants du réacteur par les neutrons émis, mais c'est un problème local, interne à l'installation, qui peut être facilement défini et maîtrisé. Il s’agit de produits radioactifs d’activité faible et à vie courte et qui n’entraînent que des précautions pour le personnel du réacteur et lors de son éventuel démontage, mais en aucun cas une pollution extérieure, puisqu’il s’agit des matériaux de la chambre et de son enceinte.immédiate.
        Cette activation serait d’ailleurs très réduite en cas d’utilisation du lithium.

        On voit donc que les réacteurs à fusion seraient des engins propres au plan nucléaire, sans risque d’explosion ni de pollution externe et ne produisant pas de déchets radioactifs à vie longue comme les réacteurs à fusion.
        De plus ils constituent une énergie renouvelable car d’une part on pourrait extraire le tritium de l’eau de mer et surtout utiliser le lithium qui est assez abondant (et pourrait d’abord servir dans des batteries électriques).

         Mais ce sont des engins complexes et leur étude est longue. Ces réacteurs ne seront en service que dans la deuxième moitié du siècle, mais c'est la solution d'avenir pour la production d'énergie électrique.

    Le projet de réacteur thermonucléaire "ITER"

     

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  •       J'ai fait des articles sur les réacteurs nucléaires actuels "à fission", mais je n'ai rien dit sur les possibilités de réacteurs à fusion, car ce n'est guère envisageable avant la fin du siècle.
         Je parlerai d'abord du principe et des premières études, puis demain, dans un autre article, du projet international "ITER", mené à Cadarache, dans le midi de la France.

    La fusion nucléaire.

        Lorsque en se scindant ou en s’assemblant, les noyaux des atomes peuvent donner lieu à une diminution de la masse des composants, la réaction peut se produire et dégage de l’énergie selon la formule d’Einstein  E = mc2.
        Cette énergie est communiquée à des particules ou aux noyaux formés sous forme d’énergie cinétique, et ensuite, se transforme en chaleur au cours de leur ralentissement.
        La réaction de fission peut être spontanée parce que le noyau est instable : c’est la radioactivité. Avec des noyaux très lourds comme l’uranium, le plutonium, le thorium, on peut, en les bombadant avec des neutrons, provoquer leur fission en deux atomes plus légers.
        Des noyaux très légers tels que l’hydrogène, le deutérium, le tritium peuvent  fusionner en créant un atome plus lourd, en éjectant un neutron et de l’énergie, mais la réaction ne peut se produire qu’à une température énorme de l’ordre d’une centaine de millions de degrés.

        Ces réactions sont à l’origine du fonctionnement du soleil et des étoiles et sur terre de celui d’une bombe thermonucléaire. Dans cette dernière la température énorme est obtenue en faisant exploser une “amorce” qui est une bombe nucléaire à fission et je ferai par la suite, un article sur les réactions dans les étoiles. 
    Energie thermonucléaire (fusion) : principe et études anciennes.    Pour domestiquer l’énergie de fusion, le problème est de créer cette température et de contenir le plasma obtenu, qui, sous l’effet de la température, a tendance à chauffer tout autour de lui et à provoquer une violente expansion.
        La réaction utilisée est 
            2D1  +  3T1    -->  4He2  +  1n0
     et comme le tritium est un gaz très cher à fabriquer, on envisage de le produire par la suite en utilisant les neutrons produits au sein du réacteur, à partir du lithium, abondant sur terre, par la  réaction       
            6Li3  + 1n0  -->  4He2  +  3H

    Comment domestiquer la fusion : les “tokamak”

    Energie thermonucléaire (fusion) : principe et études anciennes.     Pour produire une réaction de fusion nucléaire, il faut chauffer la matière à de très hautes températures (plusieurs centaines de millions de degrés). Dans ces conditions, les électrons se détachent complètement de leur noyau — on dit que l'atome s'ionise. La matière entre alors dans un nouvel état : l'état de plasma.

        De nombreuses études ont été faites dans ce domaine, et les russes ont conçu en 1960 une machine appelé “Tokamak”
        Dans les années 70 des machines analogues ont été construites aux Etats-Unis et en France au centre CEA de Fontenay aux roses et à Grenoble.
        De nombreuses autres machines ont été construites par la suite, notamment “Joint European Torus,” en Angleterre et “Tore supra” à Cadarache.
         Ci-contre la chambre à vide d'un Tokamak. 

    Principe d’un “tokamak”

        Un tokamak est une chambre de confinement magnétique destinée à confiner et contrôler un plasma (deutérium + tritium), pour étudier la possibilité de la production d'énergie par fusion nucléaire.
    Energie thermonucléaire (fusion) : principe et études anciennes.    Comme le plasma est constitué de particules chargées, on peut confiner leur trajectoire de déplacement à l'intérieur d'un tore au moyen de champs magnétiques. C’est en quelque sorte une “boite aux parois immatérielle”.
        D’énormes bobines (en orange sur le schéma ci-contre), créent un champ toroïdal  qui confine le plasma à l’écart des parois et fait circuler à l’intérieur un très fort courant qui le réchauffe fortement et qui crée à nouveau un champ qui contribue aussi au confinement du plasma, qui est très chaud en son centre et va en se refroidissant vers l'extérieur.   
        D’autres bobines horizontales circulaires permettent de mieux contrôler la forme du plasma (en vert sur le schéma ci dessous).
    Energie thermonucléaire (fusion) : principe et études anciennes.    Ce courant n’est pas suffisant pour chauffer à la température voulue le plasma et on complète ce chauffage pa des ondes hautes fréquences (comme dans un four à micro-ondes) et par l’injection de particules qui par chocs  augmentent la température.
        Lorsque la température suffisante est atteinte, la réaction de fusion se produit et l’énergie dégagée suffit à entretenir la température.
        Dans l’air un tel plasma ne pourrait se former et donc on doit le créer dans une enceinte à vide torique, au sein de laquelle règne un vide extrêmement poussé.
        Il faut évacuer les produits parasites créés (l’hélium, gaz inerte et non radioactif) et d’autre part évacuer  aussi la chaleur si on veut l’utiliser ensuite pour produire de l’électricité, grâce à un fluide caloporteur entre le plasma et les parois de la chambre à vide.
    Energie thermonucléaire (fusion) : principe et études anciennes.    Un autre problème de ces réacteurs est de générer un champ magnétique suffisamment puissant c’est à dire de faire circuler un courant très important dans les bobines. Pour cela les bobine sont réalisées en matériaux supraconducteurs, dont la résistance est pratiquement nulle à une température proche du zéro absolu (- 273 d° K) de telle sorte que des courants très intenses peuvent circuler sans perte par effet joule.
        Le problème est évidemment de conserver une température aussi basse autour d’un réacteur qui est extrêmement chaud.
        Les petits tokamak déjà réalisés ont permis de démontrer la faisabilité scientifique de ce processus en dégageant quelques mégawatts d’énergie pendant plusieurs minutes. Mais par contre l’énergie fournie était presque aussi important que l’énergie produite.
       

           Le prochain article concernera, demain, le projet actuellement en cours d'étude: "ITER"

     

     

     

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  •          Le mois de juillet approche et je commence à penser à ma Bretagne. 

            Avec une de mes petites fille je regardais de vieilles photos de vacances.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Paysages1/chateausable1.jpg

            Tous les ans, des artistes proposent aux enfants en vacances de consacrer quelques matinées à construire sur la plage des châteaux de sable qui résistent  quelques semaines, à condition d’entretenir régulièrement l’humidité du sable et qu’il n’y ait pas de pluie violente dont les grosses gouttes détérioreraient la surface des statues.
        Je suis toujours étonné des merveilles que ces artistes arrivent à faire construire à ces enfants, tout en leur donnant une leçon de sculpture et d’observation des dimensions et des expressions de leur environnement

    J’adore ces réalisations, c’est sans doute un peu enfantin. 

    J'ai envie de châteaux de sable !       Si je rencontrais un psy freudien, il me trouverait sûrement des raisons multiples :
        “Quand j’étais petit enfant, j’étais sûrement amoureux de ma “mer”  et, bien que refoulant ce penchant sexuel, je faisais un complexe de ne pas pouvoir aller la voir que quelques jours par an.
        Et bien qu’obnubilé par mon complexe d’Oedipe, j'ai refoulé l’envie de tuer mon père, qui m’a baffé parce que je  torturais les puces de sable en leur arrachant les pattes une par une.

       Je ne m’en suis pas remis et depuis je rêve de bâtir des châteaux de sable pour y enfermer au secret, les refoulements sexuels de mon inconscient.”

    Pour redevenir sérieux, je précise que la neuropsychologie moderne ne reconnaît pas la notion de refoulement mais seulement celle de blocage et considère qu’un enfant (sauf éducation très spéciale) n’a pas de pulsion sexuelle avant la puberté. Quant au complexe d’Oedipe, il n'existe pas : il y a des explications beaucoup plus simples que les explications sexuelles, pour expliquer qu'un enfant soit jaloux de son père.

    J'ai envie de châteaux de sable !

     

     

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  •      Il m'arrive de discuter avec des ados ou des parents qui ont des problèmes de comportement ou des difficultés de communication.
         Je suis étonné du nombre de personnes que je vois vivre dans un monde irréel, une petite bulle qu'elles se sont construite, et qui se retrouvent seules, déconnectées de la réalité et de leur environnement ou isolées dans un groupe qui partage les mêmes chimères. 
         Ce sont pour la plupart des personnes tristes et stressées, bien qu'elle ne soient pas (encore?) en dépression.
         Certaines en souffrent et une ado m'a dit un jour “...je suis dans une cage de verre dont j'ai perdu la clé. "

         Qu'y a t'il derrière cette image ?
         Ce n'est pas facile de répondre à cette question car chacun est un cas particulier : son environnement familial, ses camarades, sa propre personnalité influent sur ses comportements et il faut donc étudier chaque cas.
       Je peux cependant essayer de donner quelques idées générales sur ce sujet.
        Mais cela repose sur une notion un peu difficile : le différence entre l'imagination et le fantasme. Alors pour mieux vous faire comprendre je vais vous donner deux exemples.

        D'abord, étant petit(e), il vous est sans doute arrivé d'avoir un “doudou”, une poupée ou un ours en peluche. A quoi vous servait il.?
        Au début de son développement, l'enfant ne fait pas la différence entre le ..nonde extérieur et son monde à lui, intérieur. 
        Il est dans une « phase d'omnipotence » où il a l'illusion que ses moindres pensées et désirs façonnent le monde extérieur. S'il pleure, sa mère accourt et lui donne à manger: ses moindres envies se réalisent. La frontière entre le monde de ses désirs et celui de leur réalisation n'existe pas pour lui.
        Progressivement. toutefois. cet enfant découvre que la réalité n'obéit pas toujours aux règles de son monde intérieur : sa maman n'accourt pas toujours immédiatement pour satisfaire ses désirs : il se rend compte que sa mère a son existence propre, distincte de la sienne. 
        Cette découverte est stressante et l'enfant recourt à un objet le doudou , le nounours, la poupée, pour apprivoiser cette nouvelle réalité et pour calmer son angoisse face au monde qui ne lui obéit plus. Cet objet est doté d'une charge affective, et peut encore être contrôlé par l'enfant qui va « modéliser » sa relation avec sa mère ou avec d'autres personnes.     
        L'enfant par exemple, va battre son doudou s'il est fâché à cause d'une décision sévère de sa mère, ou jouer au docteur avec lui s'il a été malade.
        Cet objet est alors bénéfique et l'enfant utilise son imagination pour le mettre en scène dans des situations qui ressemblent à celles de la réalité.
        Mais l'enfant peut aussi se réfugier entièrement dans son attachement au doudou qu'il ne peut plus quitter un instant et qui est alors son monde à lui, distinct de la réalité, et il y vit des histoires détachée de la vie réelle. C'est alors un fantasme.
       
    Les psy donnent alors à ce doudou le nom horrible "d'objet conta phobique"

        Deuxième exemple celui d'un ado qui joue sur son ordinateur à un jeu de rôle.
        Certes il n'est pas dans un monde réel, mais les aventures qu'il va avoir ressemblent à celles de la réalité et il va essayer de résoudre les problèmes qu'elles posent en faisant preuve d'imagination. C'est une activité mentale de réflexion et d'organisation qui pourra ensuite réagir sur des situations de la vie réelle (comme un apprentissage par la simulation), et c'est donc plutôt bénéfique.
        Supposons maintenant que l'adolescent ne prenne plus cela pour un jeu, mais ne se sente bien qu'immergé dans ce monde quelles que soient les situations, qu'il ne cherche pas vraiment à vivre, à imaginer. Il passe sa vie dans ce monde virtuel d'ordinateur.
        C'est devenu un fantasme qui ne mène plus à l'imagination et à l'action : ce n'est plus qu'un exutoire. L'ado fuit le monde réel pour se réfugier dans son monde artificiel.

        Ce n'est pas forcément un monde virtuel. Ce peut être un monde philosophique, l'identification à un personnage de manga ou de série télévisée, un monde d'apparence vis à vis des autres (j'ai connu quand j'étais jeune des “zazous” aux vêtements , à la coiffure, aux bijoux et aux fards plutôt originaux, qui vivaient cette situation comme une philosophie ou une religion, complètement coupés de leurs camarades qui n'avaient pas les mêmes “convictions”),....
        Ce monde irréel devient pour l'ado la cage de verre dont il a perdu la clef.

        
        En fait cette fuite dans un monde irréel a une raison générale : le refus d'abandonner son “fantasme d'omnipotence” comme l'appellent les psys.'
        Ce “sentiment d'omnipotence” c'est effectivement ce que ressentait l'enfant au début de sa vie, comme nous l'avons dit plus haut.
        Pour l'ado, c'est quelque chose de plus précis, des raisons multiples qui font qu'il ne peut plus satisfaire rapidement tous ses désirs comme il le voudrait (pour des raisons diverses : un des parents qui ne s'occupe plus de lui, problèmes financiers, pas assez de tendresse, pas de “reconnaissance” des camarades, problèmes avec les professeurs, enfant trop gâté....). Chaque cas est particulier.
        Mais l'ado se réfugie alors dans son monde imaginaire, son fantasme, où ses désirs peuvent théoriquement être satisfaits, puisque ce n'est pas un monde réel, mais un monde de rêve.
         Il croit par exemple dans ce monde où il se donne une apparence originale, qu'il se fait remarquer et a l'estime qui lui manque, sans s'apercevoir que cette attention ne touche guère que ceux qui ont le même fantasme que lui, et en fait au lieu de s'intégrer dans la vie, il s'isole dans un monde de plus en plus étroit et loin des réalités.

        C'est finalement une “dépendance”, et il est difficile de revenir aux contraintes matérielles de la vie réelle de tous les jours.
    On ne peut pas être dans la vie un personnage de manga, beau, intelligent, spirituel, fort, qui a du succès auprès des autres ou en amour.
        Alors on refuse d'abandonner son “pouvoir d'omnipotence” et on retourne dans son monde imaginaire où on peut satisfaire ses désirs, (du moins le croit on), ce qui va entretenir le cercle vicieux de la dépendance.
        Il faut dire que la société de consommation aide cette fiction maléfique : voyez les nombreux jeux d'ordinateur, les films tels que “Matrix”, les mondes virtuels tels que “second life” ou la multitude de gadgets, vêtements, cd, livres... hors de prix pour se constituer une réputation de “soi-disant gothique”, analogue aux zazous que j'ai connus dans ma jeunesse.     

         Ce ne serait pas grave, si cela ne gâchait pas la vie de nombreux jeunes et même de lus anciens.

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  •      D'habitude je ne publie pas le mercredi. Mais le 1er  et le 8 mai étaient des jours de vacances; alors le mercredi suivant je me sens obligé de travailler. Enfin... pour un intermède, faut pas exagérer !

    Un petit clin d'oeil trouvé sur un site d'animaux.

        J'ai trouvé le trio amusant, la mère et ses deux filles.
    La dernière girafe que j'ai vue au zoo de Vincennes, s'appelle Agathe, comme une de mes petites filles, mais elle a le cou plus long.

        Je me suis toujours demandé si on pouvait faire du "cou farci" avec les girafes comme avec les canards ?
        SPA au secours !!

    Si cela vous choque, appelez la "société protectrice des animaux !

     

    On se demande parfois ce que pensent les animaux.

    Si cela vous choque, appelez la "société protectrice des animaux !

         Voyez ce criquet, pourquoi se gratte t’il ainsi le crâne ?
        A t’il simplement une démangeaison?
        Est il en train de se dire quelque chose et quoi ?
    “ Mon Dieu que vais je faire ? ”
    “ Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt? ”

    “ Mais il est fou ce Romain !! ”
    “ J’ai oublié de lui souhaiter son anniversaire“
    "Où ai-je bien pu mettre ma batte ? (de cricket bien sûr)."

     

      Mon petit chien Truffe (un York qui a partagé 18 ans ma vie), aimait jouer au criquet (ce jeu incompréhensible que pratiquent les Britishs) en "petite" Bretagne, dans le jardin à Saint Cilomban, près de Carnac.
       Il se promenait nez dans l’herbe jusqu’à ce qu’un criquet  vert saute; il bondissait à l’endroit de son atterrissage et le faisait sauter à nouveau.
        Il s’amusait ainsi une bonne dizaine de minutes jusqu’à ce que le criquet soit trop fatigué pour sauter et se terre dans l'herbe, affolé !!

        Pauvre criquet ! J'aurais dû appeler la SPA !

     

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