•       Suite à mon article sur les médicaments psychotropes (28/06/2019), et celui d'hier sur la surconsommation d'anxiolytiques, un lecteur m'a demandé de préciser la façon d'agir de ces médicaments.

        Pour comprendre l’action des  neuro-transmetteurs et des anxiolytiques, il faut d’abord comprendre comment fonctionne une synapse.
        Les étapes de ce fonctionnement sont schématisées sur le schéma ci dessous.

    Synapss et anxiolytiques


        Autour des synapses et dans l’interstice (appelé fente synaptique, on trouve des ions à des concentrations diverses, relativement constantes en moyenne, principalement calcium Ca++, sodium Na+, potassium K+ et chlore Cl-.
        L’arrivée de l’influx nerveux dans l’axone du neurone précédent provoque l’entrée massive d’ions calcium qui libèrent le neurotransmetteur contenu dans des capsules, dont les molécules vont migrer dans la fente synaptique.
        Ce neurotransmetteur est capté par des récepteurs spécifiques et cette capture va ouvrir des canaux ioniques qui permettront à des ions soit sodium positifs Na+, soit chlore négatifs Cl- , d’entrer dans la dendrite du neurone suivant et de transmettre un potentiel d’action vers le neurone lui même. Si l’ensemble de ces potentiels en provenance des diverses dendrites est supérieur à un certain seuil, ce neurone enverra un influx nerveux dans son propre axone;
        Pour décrire tout à fait de manière simple le phénomène, un mot de ces récepteurs et “canaux ioniques” . Regardez le schéma ci dessous :

    Synapss et anxiolytiques


        Un canal ionique est constituée par une très longue protéine, qui traverse plusieurs fois la paroi entre la fente synaptique et la dendrite suivante.
    Certaines parties qui se trouvent sur la paroi de la fente ont une structure telle que des molécules de neurotransmetteurs (ou parfois d’autres produits chimiques de structure voisine), peuvent venir s’ccrocher sur cette partie émergeante.
        Plus loin la protéine traverse une nouvelle fois la paroi en s’enroulant en spirale et constitue un canal qui toutefois est bouché à ce stade.
        Lorsque le neurotransmetteur est fixé sur son récepteur spécifique, la protéine subit un changement de structure chimique et stérique et  la partie qui bouche le canal se distend. De plus des phénomènes électriques se produisent à la surface du canal qui attirent des ions Na+ ou Cl- à travers ce canal, de telle sorte qu’ils peuvent traverser la paroi pour entrer dans la dendrite.
        Selon le neurotransmetteur et l’ion concerné on aura ainsi crée une polarisation positive ou négative dans la dendrite du neurone suivant.
        Certains canaux ioniques comportent plusieurs récepteurs pouvant créer des ouvertures à partir de neurotransmetteurs différents (ou de produits chimiques ayant une structure voisine)

       Les neurotransmetteurs de l'anxiété.

        Le processus chimique dans le cerveau, à partir des actions des centres amygdaliens, est mal connu parce que très complexe.
        Les systèmes de neurotransmetteur qui peuvent avoir une influence sur l'anxiété sont nombreux. La sérotonine est souvent citée pour ses taux élevés dans certaines régions du cerveau associées à l'anxiété et pour son rôle dans les troubles obsessionnels- compulsifs et la dépression, qui sont tous deux états voisins de l'anxiété. Et le fait que les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (qui augmentent sa concentration) aient un effet sur ces états montre que la sérotonine y joue un rôle.
        La noradrénaline  en excès est souvent associée aux états de panique, une forme aiguë d'angoisse.
        Dans le processus de préparation à la contraction des muscles, l’excitation, la colère, les amygdales utilisent l’acétylcholine.

       Par contre on connaît mieux les réactions de l’organisme destinées à faire diminuer la peur ou l’anxiété qui sont dues à l’action d’un neuro-transmetteur le GABA (acide gamma-amino-butyrique), très répandu dans le cerveau, qui a pour fonction naturelle de diminuer l'activité nerveuse des neurones sur lesquels il se fixe.
        Le récepteur GABA est probablement le récepteur le plus répandu dans le système nerveux des mammifères. !près de 40 % des synapses du cerveau humain fonctionneraient avec du GABA et impliquerait donc son récepteur).
       Ce récepteur canal,  lorsque le GABA s'y fixe, change légèrement de forme et permet ainsi à des ions négatifs Cl- de traverser son canal central, ce qui a pour effet de diminuer l'excitabilité du neurone.
        D’autres produits peuvent influencer ce récepteur en se fixant à d’autres endroit sur la grosse protéine.

        Ces substances sont dites modulatrices car elles diminuent ou augmentent l'effet du GABA, mais sont sans effet en absence de GABA. Celles qui diminuent l'efficacité du GABA, donc la perméabilité au chlore, auront un effet anxiogène. Celles au contraire qui augmentent l'efficacité du GABA, et par conséquent la perméabilité au chlore, auront un effet anxiolytique.
    Synapss et anxiolytiques
       C'est le cas des de benzodiazépines, le potentialisateur le plus puissant de la perméabilité au chlore donc de la puissance inhibitrice du GABA (vous avez sûrement entendu parler du valium, du diazépam, du lexomil, du tranxène, ou du témesta qui sont les plus connus - le xanax et l’équanil ne sont pas des benzodiazépines, mais ont des effets analogues).

        Elles accroissent l’action du Gaba en augmentant l’ouverture du canal, ce qui facilite le passage des ions chlore et contribuent ainsi à diminuer l’intensité du message nerveux des amygdales.
        Mais ces médicaments ne sont pas sans danger et on contate notamment en France, une surconsommation anormale d’automédicalisation
        Les anxiolytiques, s’ils sont pris de façon régulière, produisent une certaine addiction, et surtout diminuent l’ensemble de l’activité cérébrale, provoquant des baisses de motivation, de volonté et d’attebtion, voire même à long terme certains troubles de la mémoire.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

    Nous consommons trop d'anxiolytiques

       Nous sommes les plus gros consommateurs de psychotropes du monde. Et cette situation ne cesse d'empirer. Plus d'un quart des Français consomme des anxiolytiques, des antidépresseurs, des somnifères et autres médicaments pour le mental. 150 millions de boites sont prescrites chaque année

        J’ai parfois des correspondant(e)s qui sont tristes et pessimistes et prennent des anxiolytiques, le plus souvent des benzodiazépines (Valium, Xanax, Lexomil, Temesta, Seresta…) ou un médicament apparenté (Stilnox, Imovane, Myolastan…), et de nombreux médicaments se terminant par "azépam" : (bromazépam, prazépam, oxazépam, clonazépam...)
        Je connais aussi des personnes plus ou moins âgées auquel leur médecin donne de tels médicaments pour qu’elles soient plus heureuses, ou parfois simplement pour qu’elles dorment mieux.
        La France est d’ailleurs l’un des pays où la consommation de ces médicaments est la plus forte. Chaque année, un Français sur cinq consomme au moins une benzodiazépine. et 17% de la population a consommé au moins une prescription en 2017.
         En 2015, 64,6 millions de boîtes de benzodiazépines anxiolytiques et 46,1 millions de boîtes d’hypnotiques ont été vendues en France.

        Sur tous les articles et livres de médecine que je possède, il est dit que ces médicaments ne doivent pas être prescrits plus de 12 semaines (en gros 3 mois), mais un article récent indiquait que la moitié des patients prenait des benzodiazépines plus de 4 mois et 16 % d'entre eux ont même été traités en continu avec une durée médiane d'environ 6 ans!
        Ce même article indiquait que le consommateur de benzodiazépine est le plus souvent une femme (67 % des consommateurs), l'âge médian des patients est de 55 ans, un tiers d'entre eux étant âgés de plus de 65 ans et 10 % de plus de 80 ans.

        Certes il y a des cas de dépression où un traitement par des benzodiazépines est nécessaire, de même que l’administration d’autres psychotropes, mais les patients  qui ont de simples angoisses, ont tendance à demander un traitement qui leur donne l’impression d’être moins anxieux et d’autre part les médecins cherchent la tranquillité et donnent facilement un médicament qui calment leurs clients.
        En fait ce bien être est passager, le temps d’action du médicament, et ensuite les problèmes et l’angoissent ressurgissent, plus forts qu’avant, et donc incitent à reconsommer.
        On arrive à une certaine accoutumance psychique et même physique, qui conduit à une sorte d’addiction.

        La plupart des personnes que j’ai connues et qui prenaient des anxiolytiques depuis quelques mois, éprouvaient une baisse d’efficacité de la mémoire à court terme et un ralentissement dans l'apprentissage des nouvelles informations.
        A long terme pour des personnes âgées, j’ai pu constater une aggravation de la maladie d’Alzeimer et du déclin cognitif; bien sûr on n’a pas de preuve de effet des benzodiazépines, mais je reste persuadé que leur prise aggravait le déclin de fonctionnement du cerveau.
         A court terme les principaux effets secondaires cités sont les suivants :
                   - Environ 23% des effets indésirables graves déclarés avec les benzodiazépines sont des affections du système nerveux (somnolence, comas, convulsions voire, plus rarement, amnésies).
                   - Les affections psychiatriques représentent 12% des effets indésirables graves des benzodiazépines anxiolytiques et 17% des hypnotiques avec majoritairement des états confusionnels.
                    - Des études internationales montrent une augmentation de  60 à 80% du risque d’accidents de la route, ce risque étant multiplié par 8 en cas de consommation concomitante avec de l’alcool.

        Par ailleurs certains chercheurs pensent que certains de ces psychotropes sont peu efficaces et donc leur efficacité est faible vis à vis du risque pris.
        Il faudrait que l’on éduque les médecins à moins prescrire, mais malheureusement les fabricants de médicaments ne l’entendent pas ainsi, et que l’on persuade les patients que leurs problèmes ne peuvent être résolus par une simple pilule. Elle peut les aider, comme un plâtre aide l’os à se reconstituer, mais la guérison dépend avant tout de leur volonté.

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •           Et pour vous faire sourire un peu, parlons de l'addiction au chocolat (mais ne vous y méprenez pas, ce que je raconterai est exact au plan chimique).

     L'addiction à la "drogue" chocolat.         Près de 15 % des hommes et de 30 % des femmes avouent avoir des envies compulsives de chocolat. La proportion est double chez les ados.

        On connaît plus de 300 substances qui composent le chocolat. Parmi celles-ci, on en a effectivement identifié certaines qui pourraient provoquer des effets de dépendance comme la caféine et la théobromine, un autre stimulant un peu moins puissant. Mais ces substances se retrouveraient en trop faible quantité dans le chocolat pour avoir vraiment un effet.

       
    Même chose pour la présence de phényléthylamine, une substance reliée à une famille de stimulants : les amphétamines. A titre d'exemple, le chocolat contient moins de phényléthyl-amine que le fromage de chèvre.! (donc attention à ceux qui vont sur “face de bouc” LOL).

       
    Enfin, récemment, un neurotransmetteur naturellement produit par le cerveau, l'anandamide, a été isolé dans le chocolat. Les récepteurs neuronaux à l’anandamide sont aussi ceux auxquels se fixe le THC, le principe actif du cannabis. L’anandamide du chocolat pourrait donc peut-être contribuer au sentiment de bien-être rapporté par les personnes accrocs au chocolat (bien que plus de 30 kilos de chocolat devraient être ingurgités pour avoir des effets comparables à un joint de cannabis ! Je suis certain que cela est au delà des capacités des personnes que je connais et donc cela ne m’alarme pas).

       
    Quoiqu'il en soit, plusieurs scientifiques s'accordent pour dire que la dépendance au chocolat pourrait être simplement due à son bon goût qui entraîne une sensation de plaisir intense qu'on veut renouveler.
        Vous voyez, encore la faute du circuit de la récompense ! On le trouve partout, celui là , avec sa dopamine de petite amie !
        Tiens si j’étais en âge d’avoir encore une fille, je l’appellerais “Dopamine”, c’est mignon ! IOI  Après tout, j’ai connu des filles qui s’appelaient Annie-Line (un produit chimique jaune,) ou même Ikéa.(Il y a bien des garçons qui s'appellent Périféric !)

     
       Mais soyez rassurées, le chocolat noir, qui contient peu de sucre et seulement du beurre de cacao (et pas les graisses que nous retrouvons dans maints aliments) ne fait pas grossir. C’est une légende inventée par les grand-mères pour éviter une indigestion à leurs petits enfants.
        Bien plus il contient divers éléments bénéfiques, et notamment du magnésium et il est excellent pour notre équilibre neurologique.
        Alors quand vous êtes un peu anxieuses, remplacez les anxiolytiques par du chocolat, vous vous porterez mieux à terme.
    L'addiction à la "drogue" chocolat.
          Moi pour me remonter le moral et me défatiguer, le clavier de mon macintosh est en chocolat ! Miam !    

           C'est très agréable, mais je dois acheter un clavier neuf toutes les semaines !

           Les addictions c'est contraignant et cela coûte cher ! LOL

     

    Partager via Gmail

    1 commentaire
  •           J'ai fait le 5 juin 2019, un article sur les amphétamines et l'addiction correspondante. Aujourd'hui, je voudrais parler des opiacés (morphine, héroïne) et de la cocaïne.

    Les opiacés (héroïne, morphine)

              L'héroïne ou diacétylmorphine est obtenue par acétylation de la morphine, le principal alcaloïde issu du latex du pavot (l’opium).
              L'héroïne pure est de couleur blanche, mais la drogue produite dans les laboratoires clandestins est de couleur plus ou moins brunâtre selon le degré de pureté, souvent coupée  avec d'autres produits psychoactifs (cocaïne par exemple) ou non,  (caféine  paracétamol) voire toxiques.
              Les pays producteurs sont essentiellement l’Asie (notamment Afganistan, Pakistan et Inde) et le Mexique
              Dans l'organisme, elle est métabolisée en monoacétylmorphine puis en morphine par le foie.
              L'héroïne peut se consommer par :injection intraveineuse, l'effet apparaît en moins d'une minute et s'estompe au bout de 3 à 5 heures; ou par inhalation (fumée ou prisée), entraînant un effet analgésique, puis un effet apaisant.
              Les effets psychologiques recherchés par ceux qui consomment cette drogue sont la relaxation, l’apaisement, une certaine euphorie voire une extase, suivis de somnolence.
              Les effets physiologiques des opiacées à court terme sont un ralentissement du rythme cardiaque et de la respiration, une hypothermie et une contraction de la pupille, mais aussi des problèmes gastro-intestinaux  et des démangeaisons, des nausées et des vertiges.
              A terme on constate des insomnies, des perturbations hormonales, des carences alimentaires dues à une perte d’appétit, des infections, un affaiblissement général, des problèmes cutanés, et sur le plan psychique, une apathie générale, des troubles de l’humeur et des angoisses.

    Addiction aux drogues dures : héroïne, morphine, cocaïne.          Notre organisme utilise naturellement des substances similaires aux opiacés comme neurotransmetteurs. Il s’agit des endorphines, des enképhalines et de la dynorpine, que l’on désigne souvent sous l’appellation d’opioïdes endogènes. Ces molécules modulent les réactions aux stimuli douloureux, régulent les fonctions vitales comme la faim ou la soif, interviennent dans le contrôle de l’humeur, de la réponse immunitaire, etc.
              Les effets très puissants des opiacés comme l’héroïne ou la morphine s’expliquent par le fait que ces substances exogènes vont se fixer , dans les synapses nerveuses, sur les mêmes récepteurs que nos neurotransmetteurs opioïdes endogènes naturels de notre organisme (en vert sur le schéma).

             En absence d'héroïne, pour empêcher un excès de dopamine, l'hypothalamus fait intervenir in neurotransmetteur inhibiteur, le GABA, qui libère des ions chlore, lesquels bloquent l'influx nerveux du neurone dopaminergique.
              L'héroïne se fixe sur les récepteurs des opiacés naturels et diminue cette émission de GABA. Le neurone dopaminergique n'est plus bloqué et il y a émission d'excès de dopamine  relâchée dans l’ATV et le noyau accumbens qui sont donc sont moins ralentis dans leur action ce qui produit un renforcement du processus de satisfaction.
             L’addiction est rapide (quelques semaines) au bout desquelles les sensations agréables diminuent et obligent à augmenter les doses. De plus s’installent rapidement l’anorexie et l’insomnie, entraînant une fatigue générale croissante.

             En 2017, 0,6 % des filles et 0,7 % des garçons âgés de 17 ans ont expérimenté l’héroïne. Après une période d’évolution stable entre 2000 et 2005, le niveau d’usage de l’héroïne a augmenté jusqu’en 2008 et se trouve actuellement dans une phase de lente décrue, notamment chez les garçons (1,0% en 2014).

             Le niveau d'expérimentation (usage au moins une fois dans la vie) de l'héroïne en population générale en France est faible, à 1,5 % (légère hausse par rapport à 2010 : 1,3%) parmi les 18-64 ans (2,5 % parmi les hommes et 0,6 % parmi les femmes) et l’usage régulier actuel apparaît très rare (0,2 % des personnes interrogées). Le nombre d'expérimentateurs d'héroïne en France parmi les 11-75 ans est estimé à 600 000 personnes 

    La cocaïne :

             La coca est une plante d'Amérique du Sud qui joue un rôle important dans la culture locale et ancestrale, à travers ses utilisations rituelles ou médicinales.
             La cocaïne est extraite de ses feuilles. C’est un alcaloïde classé en occident comme stupéfiant.
             Environ 1 000 tonnes de cocaïne sont produites chaque année. La Colombie est le premier pays producteur
             La cocaïne se présente le plus souvent sous la forme d'une poudre blanche et floconneuse, plus rarement sous forme de cristaux. La cocaïne (ou chlorhydrate de cocaïne de son nom scientifique) qui alimente le trafic clandestin, est la plupart du temps coupée - « allongée » - dans le but d'en augmenter le volume, avec des substances diverses telles que le bicarbonate de soude, le sucre, le lactose ou divers autres produits pharmaceutiques.
       
    Addiction aux drogues dures : héroïne, morphine, cocaïne.         La dépendance à la cocaïne est intimement lié à son action sur les neurones du circuit de la récompense.
             La cocaïne agit en bloquant la recapture de certains neurotransmetteurs comme la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine. En se fixant sur les transporteurs chargés d’éliminer l’excès de ces neurotransmetteurs de la fente synaptique, la cocaïne empêche ceux-ci d’être recaptés par le neurone émetteur et fait ainsi augmenter leur concentration dans la synapse
             Ceci va donc amplifier l’effet naturel notamment de la dopamine sur le neurone post-synaptique.
             L’ensemble des neurones ainsi modifiés produit l’euphorie (dopamine), le sentiment de confiance (sérotonine) et d’énergie (noradrénaline) typiques de la prise de cocaïne.
             Avec la prise chronique de cocaïne, le cerveau va compter sur à cette drogue exogène pour maintenir un niveau élevé de plaisir associé à l’élévation artificiel du taux de dopamine dans ses circuits de la récompense. La membrane post-synaptique va même aller jusqu’à s’adapter à ce haut taux de dopamine en synthétisant de nouveaux récepteurs de dopamine dans la partie synaptique des neurones récepteurs..
             Cette sensibilité accrue provoquera la dépression et le sentiment de manque quand cessera l’apport extérieur de la cocaïne et le retour à la normale du taux de dopamine.

             Au plan physiologique, la prise de cocaÎne provoque sur le moment une sécheresse de la bouche et de la gorge, une augmentation du rythme cardiaque et de la pression sanguine, de la fièvre, des spasmes, crampes, tremblements, et éventuellement des hémorragies, notamment des saignements de nez et des troubles de l’odorat, des insomnies, une perte d’appétit..
             Au plan psychologique, elle engendre une forte euphorie, un sentiment de puissance intellectuelle (illusion de tout comprendre et d'avoir une intelligence inconcevable) et physique (voire sexuelle) qui provoque une desinhibition, une indifférence à la douleur, à la fatigue et à la faim, éventuellement des difficultés à respirer..
             Ces effets vont laisser place ensuite à un état dépressif et à une anxiété que certains apaiseront par une prise d'héroïne ou d’anxiolytiques.
             La levée des inhibitions peut provoquer une perte de jugement entrainant parfois des actes inconsidérés, tels que la violence, des comportement très agressifs, accidents voire suicides, crimes ou viols.
              A long terme la consommation régulière de cocaïne, outre la dépendance, nécrose les vaisseaux sanguins, dérègle le rythme cardiaque et la tension artérielle et peut donc provoquer accidents vasculaires et cardiaques, ainsi que des insomnies et amnésies, des difficultés de concentration et des tics nerveux. Un usage intensif de la cocaïne par voie nasale, provoque la gerçure des narines par la suite une atrophie de la cloison nasale avec perte d'olfaction, pouvant mener à une perforation de la paroi séparant les narines.
              Au plan psychique, elle entraîne des troubles chroniques de l'humeur : irritabilité, nervosité, panique, anxiété, sentiments de persécution, actes violents crises de paranoïa et hallucinations.
              Un dosage trop élevé peut entraîner la mort par overdose, notamment quand on consomme d’autres substances (alcool, tabac, amphétamines....), qui en aggravent les effets
        S'ils sont partagés entre plusieurs usagers, les matériels utilisés pour "sniffer" peuvent transmettre les virus des hépatites A, B et C, et le matériel d'injection, le virus du sida.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

    Les dangers de l'ecstasy.

         Je souhaitais faire des articles sur l'action des drogues.
         Certes les plus connues sont la cocaïne et l'héroïne, sans doute à cause du cinéma.
         Mais celles qui sont le plus utilisées et donc font le plus de ravages sont le cannabis et l'ecstasy.
         Commençons par l'ecstasy, qui est une amphétamine.

                Les amphétamines :

          Les amphétamines sont des drogues utilisées pour lutter contre la fatigue.
    Ce sont des produits de synthèse, apparus à la fin du 19ème siècle et connus à l’époque sous le nom d’éphédrine (qui était extraite d’une plante) puis de  “benzédrine” (synthétique)
          A l’origine elles étaient destinées à remplacer comme médicament l’adrénaline qui ne peut être ingérée par voie orale.
          Puis elles furent utilisées pendant la guerre par les combattants (pour rester éveillés)  puis par des étudiants qui appréciaient de pouvoir se passer de sommeil en période d'examens (le célèbre maxiton) ou comme produit de dopage par des sportifs (donc certains ont trouvé la mort !).
          Enfin elles ont été utilisées comme substances psychotropes pour leurs effets hallucinogènes et stimulants.
          Généralement, elles sont ingérées, mais aussi injectées par voie intraveineuse, sniffées ou fumées (parfois mélangées à un autre produit, voire un stupéfiant).
          L’Ecstasy, produit très utilisé en milieu festif, est un dérivé des amphétamines, particulièrement efficace et très dangereux.

        Les amphétamines entraînent  assez rapidement (une heure) :
              • la diminution, et parfois la suppression totale de la fatigue et de l'envie de dormir ;
              • la disparition de la faim ;
              • l'euphorie, la confiance en soi exagérée qui conduit à largement surestimer ses capacités et sous-estimer les obstacles (et est donc la cause d'accidents);
              • une impression de capacités intellectuelles accrues : jugement plus sûr, mémoire meilleure, compréhension plus rapide. En fait, ces sensations sont simplement un effet de l'euphorie : on ne doute plus de sa mémoire, on s'arrête au premier degré de compréhension.
        Mais par la suite les effets inverses apparaissent dûs au manque : l'euphorie est remplacée par le découragement, la sensation que tout effort de réflexion est démesuré, et la lassitude face à toute activité, ce qui incite à une nouvelle prise.
        A terme, on voit apparaître hypertension, palpitation et fièvre, d’où migraines tremblements, crampes, troubles digestifs et insomnies, et incapacité à se concentrer, voire dépression.

        L’ecstasy (appelée aussi MDMA) est utilisée surtout lors de fêtes par les jeunes, et elle donne les mêmes sensations que les emphétamines, plus une grande impression d’empathie qui facilite les relations et la communication (“tout le monde m’aime” d’où son nom de “pilule d’amour”).
        C’est une des amphétamines les plus dangereuses qui peut entraîner la mort à partir de 150 mg, (4 décès par an environ), et conduit à l’anxiété, la dépendance, la dépression et à des troubles de la personnalité
         C’est donc une drogue à part entière.

     Les dangers de l'ecstasy.   Voyons maintenant leur mode d’action sur le cerveau 
        Comme la cocaïne, les amphétamines augmentent la concentration de dopamine dans les synapses mais par un mécanisme différent.
        Les amphétamines, (grâce à leur structure qui ressemble à celle de la dopamine), entrent dans le bouton pré-synaptique par des protéines appelées “transporteurs de dopamine”  ainsi qu’en diffusant directement à travers la membrane. 
        Une fois à l’intérieur du neurone pré-synaptique, les amphétamines chassent les molécules de dopamine hors de leurs vésicules de stockage, et les expulsent dans la fente synaptique en faisant fonctionner en sens inverse les transporteurs de dopamine. Le taux de dopamine présente dans la synapse est ainsi augmenté;

     Les dangers de l'ecstasy.   Les amphétamines agissent aussi par plusieurs autres mécanismes.
        Par exemple, elles diminuent la recapture de la dopamine qui permet aux molécules de dopamine, de regagner les capsules de stockage après avoir fait leur effet sur les récepteurs du neurone cible.et avoir ainsi déclenché son influx nerveux.
        Les amphétamines peuvent aussi exciter les neurones dopaminergiques par l’entremise des neurones utilisant comme neurotransmetteur le glutamate. Les amphétamines lèvent  un effet inhibiteur dû aux récepteurs du glutamate et en enlevant ainsi ce frein naturel, les amphétamines rendent ainsi les neurones dopaminergiques plus facilement excitables.

        L’effet à la fois stimulant et hallucinogène de l’ecstasy provient de sa structure moléculaire proche des amphétamines et du LSD.
        Comme les amphétamines ou la cocaïne, l’ecstasy bloque les protéines de recapture de certains neurotransmetteurs, augmentant ainsi leur présence dans la fente synaptique et leur effet sur les récepteurs des neurones post-synaptiques.
        L’ecstasy augmente donc les effets de la dopamine ce qui donne l’impression de bien être, mais également ceux de la noradrénaline comme d’autres drogues psychostimulants
       
    Les dangers de l'ecstasy.     Elle se distingue de ces drogues par sa forte affinité avec les transporteurs de la sérotonine, un autre neurotransmetteur chimique, entraînant une libération accrue de sérotonine par les neurones sérotoninergiques. L’individu peut alors ressentir un regain d’énergie, une euphorie et la suppression de certains blocages ou interdits dans les relations avec les autres.
        Quelques heures après, on assiste à une diminution de la sérotonine qui est amplifiée par la baisse d'activité d’un enzyme responsable de la synthèse de sérotonine, réduction qui peut être beaucoup plus prolongée que celle de l’augmentation initiale de sérotonine.
        Comme très souvent dans les effets des drogues, on constate que l’augmentation artificielle d’un neuro-transmetteur exerce une rétroaction négative sur l’enzyme chargée de le fabriquer : quand cesse l’apport extérieur de la drogue, l’excès se transforme en manque.
        La toxicité de l’ecstasy est en partie due à une destruction sélective des terminaisons sérotoninergiques.

        Ce que je voudrais que vous reteniez c’est que l’ecstasy, qui a trop souvent la réputation d’un excitant anodin est en fait presque aussi dangereuse que les drogues dures comme l’héroïne ou la cocaïne.

     

    Partager via Gmail

    4 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique