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    Une seule cigarette peut vous rendre accro à la nicotine !!

                  J'ai montré avant-hier comment la nicotine agissait sur le cerveau et impactait notre système de récompense, nous rendant peu à peu accro au tabac.

                 Mais cette théorie, qui suppose une certaine saturation permanente du cerveau en nicotine, si elle montre bien la dépendance chronique, ne peut expliquer les dépendances rapides dès les premières cigarettes, même si leur nombre est faible.
                En effet la désensibilisation des récepteurs après une seule cigarette est faible; la réduction du plaisir n’intervient pas, et la sensation de manque correspondant au retour à la normale de ces récepteurs, non plus. Une cigarette de temps en temps suffit donc, mais cette utilisation répétée développera peu à peu la tolérance et la diminution de l’impact de chaque cigarette, mais cela pourra mettre plusieurs mois ou plusieurs années, au fur et à mesure de l’augmentation de la consommation. Elle n’est donc pas une explication de l’augmentation rapide de celle ci chez beaucoup de jeunes.
               Il faut trouver une autre explication.

              Les chercheurs pensent, qu’au début de la consommation de cigarettes, ce n’est pas le plaisir qui incite à fumer à nouveau, mais un certain manque créé au niveau des équilibres homéostatiques. Ce serait donc alors le manque qui créerait la dépendance; (je rappelle que l’homéostasie est la capacité que peut avoir notre organisme à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes extérieures qui lui sont imposées par l’environnement : fréquence cardiaque, tension, respiration, constantes physicochimiques du sang ou dans les cellules…).

      Comment va apparaître ce manque qui va inciter le jeune à fumer ?

    Une seule cigarette peut vous rendre accro à la nicotine !!

              Chez les non-fumeurs, le système cérébral produisant le besoin de fumer et le système inhibant ce besoin, sont en équilibre.
              C'est le même genre d’équilibre qui contrôle la faim : quand on a faim, le système déclenchant active Ie comportement de prise de nourriture que le système inhibiteur interrompt lorsque l'individu est rassasié, à la fin du repas.
              Le non-fumeur n'a pas envie de fumer.




              A la première cigarette, la nicotine stimule le système d'inhibition du besoin jusqu'à ce que son activité l’emporte sur celle du système déclenchant le besoin, et le fumeur n’allume pas une nouvelle cigarette.
              Le cerveau tente ensuite, de rétablir l'équilibre en développant rapidement des adaptations biologiques qui renforcent l'activité du système activateur stimulant le besoin.
              Ces modifications n’entraînent pas d’effet immédiat, puisque l’on tend vers l’équilibre.


              Lorsque les effets de la nicotine disparaissent, le système d'inhibition du besoin n'est plus stimulé et retrouve un niveau d’activité inférieur de l’inhibition. Mais le système déclenchant le besoin, a été au contraire, renforcé par les adaptations précédentes et on se retrouve de nouveau face à un déséquilibre, déséquilibre qui crée alors un désir intense pour la seule chose qui puisse inhiber le besoin : une cigarette.
              C’est donc ce manque homéostatique qui incite à refumer.

    Nota : les schémas ci contre sont tirés d'un article du docteur Di Franza, professeur de médecine générale au centre médical de l’université du Massachusetts à Worcester, USA.

              L’usage du tabac est une calamité, dont les plaisirs procurés ne compensent pas malheureusement les inconvénients : coût élevé, sujétion permanente, situations de manque éventuelles, cancers du poumon et infarctus qui limitent l’espérance de vie au dessous de 80 ans.
              Quand on voit la rapidité avec laquelle on prend cette habitude, la réaction de toute personne sensée est de faire le maximum pour ne jamais commencer à fumer et d’inciter les autres, notamment ses enfants et petits enfants à ne jamais essayer.

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  • Pourquoi devient on accro à la cigarette.?

               Je souhaite faire quelques articles sur les drogues (pas tous en suivant !), et je vais commencer par la drogue la plus répandue : le tabac.

               Je croyais que l’on fumait avant tout par plaisir et que l’on devenait psychologiquement dépendant de ce plaisir. Personnellement je n’ai pratiquement jamais fumé parce que les quelques essais que j’ai faits, étant jeune, m’enlevaient toute sensation de goût de la nourriture et ne m’apportaient aucun plaisir, et je pensais que c’était la raison qui m’avait épargné cette calamité, ce grâce à quoi je suis encore en bonne santé, alors que tous mes camarades de mon âge qui fumaient plus de 10 cigarettes par jours ne sont plus de ce monde, morts de cancers ou d'infarctus.
               La croyance médicale d’il y a quelques années était que l’absorption de la nicotine inciterait à fumer plus fréquemment, et, à partir d'une consommation régulière de cinq cigarettes par jour, et au bout de quelques années de tabagisme, la dépendance physique s'installerait, caractérisée par les symptômes du manque de nicotine : agitation, irritabilité, incapacité de se concentrer, etc. Le point faible de cette conception, est que ceux qui fument moins de cinq cigarettes par jour, ne deviendraient jamais dépendants, ce qui ne semble pas exact.
               En effet, des études américaines ont montré que apparition rapide de la dépendance était très fréquente, le plus souvent durant les premières semaines après la première cigarette et que les envies impérieuses de fumer et les échecs des tentatives d’arrêt peuvent apparaître chez les adolescents, dès les premières semaines de consommation, avec moins de 2 cigarettes par semaine.

                         Comment agit la nicotine.?

    Une seule cigarette peut vous rendre accro à la nicotine !!           Un neuromédiateur est particulièrement important dans notre système nerveux : l’acétylcholine. Il intervient dans la commande de tous les mouvements et la contraction des muscles  Mais il est aussi impliqué dans la mémoire et l'attention, le sommeil et la veille, la douleur et l’anxiété. Ses récepteurs sont présents dans le cerveau, dans tous les muscles, mais aussi dans les systèmes nerveux autonome et végétatif.
              En ce qui concerne la commande musculaire, l’influx nerveux arrivant aux muscles, libère l’acétylcholine, qui se fixe sur des récepteurs, lesquels laissent passer des ions Na+, K+ et Ca ++, lesquels font contracter le muscle voir schéma ci-contre);
               Puis, pour que le muscle cesse d’être contracté, une enzyme, l’acétylcholinestérase, vient hydroliser l’acétylcholine en choline et acide acétique.

               En fait les récepteurs de l’acétylcholine sont de deux sortes :
    Une seule cigarette peut vous rendre accro à la nicotine !!                  - des récepteurs dits « muscariniques, car ce toxique (celui des champignons mortels amanites), peut aussi se fixer sur eux et les bloque.
                       - des récepteurs dits « nicotinique », car la nicotine peut aussi se fixer sur eux et ne s'y détruit que lentement.

               Les études menées par plusieurs laboratoires on montré que 3 bouffées de fumée de cigarette saturaient la moitié des récepteurs nicotiniques et qu’une cigarette provoquait l’occupation de 88% d’entre eux.
         Lorsque le canal ionique est activé par la nicotine, le temps d’action est un peu plus long que pour l’acétylcholine qui est détruite très rapidement, laissant entrer davantage d’ions, et en outre l’excitation du neurone entraîne la libération de dopamine par les centres de récompense, ce qui procure un certain plaisir.
               En effet des récepteurs nicotiniques sont présents sur les neurones de l’aire tegmentale ventrale,(ATV, voir mon article d'hier), lequel est le principal centre de récompense entraînant la libération de dopamine et la sensation de plaisir. Fumer semble donc agréable !.

               Les stimulations nicotiniques répétées chez les fumeurs, augmentent donc la libération de dopamine dans l'ATV, le septum et le noyau accumbens et le plaisir correspondant.
               De plus le nombre de récepteurs dans les neurones augmente, ce qui augmente cette libération et le plaisir ressenti, donc l’envie de fumer.
               Mais le fumeur chronique maintient, entre chaque cigarette, une concentration de nicotine suffisante pour désactiver les récepteurs et pour ralentir leur renouvellement. D’où peu à peu une certaine désensibilisation du récepteur et la réduction du plaisir ressenti.
    Progressivement  les neurones réagissent de moins en moins à la nicotine, puisque les récepteurs nicotiniques perdent en partie leur capacité de s'activer en réponse à la nicotine.
               Le fumeur doit alors fumer un nombre croissant de cigarettes pour obtenir le même effet de plaisir de fumer.

               Après une brève période d’abstinence (une nuit de sommeil par exemple), la concentration de nicotine redescend et permet à une partie des récepteurs de retrouver leur sensibilité. Le retour de tous ces récepteurs à un état fonctionnel normal, augmente la neurotransmission cholinergique à un niveau anormal affectant l’ensemble des voies cholinergiques du cerveau, voies qui commandent notamment nos muscles. Le fumeur éprouve alors de l’agitation et de l’inconfort (le phénomène de manque), qui le conduit à fumer une nouvelle cigarette.
               Les stimulations nicotiniques répétées chez les fumeurs, augmentent donc la libération de dopamine dans l'ATV, le septum et le noyau accumbens et le plaisir correspondant.
               De plus le nombre de récepteurs dans les neurones augmente, ce qui augmente cette libération et le plaisir ressenti, donc l’envie de fumer.
               Mais le fumeur chronique maintient, entre chaque cigarette, une concentration de nicotine suffisante pour désactiver les récepteurs et pour ralentir leur renouvellement. D’où peu à peu une certaine désensibilisation du récepteur et la réduction du plaisir ressenti.
    Progressivement  les neurones réagissent de moins en moins à la nicotine, puisque les récepteurs nicotiniques perdent en partie leur capacité de s'activer en réponse à la nicotine.
               Le fumeur doit alors fumer un nombre croissant de cigarettes pour obtenir le même effet de plaisir de fumer.

               Dans cette théorie, la dépendance provoque le manque.

               Les stimulations nicotiniques répétées chez les fumeurs, augmentent donc la libération de dopamine dans l'ATV, le septum et le noyau accumbens et le plaisir correspondant.
               De plus le nombre de récepteurs dans les neurones augmente, ce qui augmente cette libération et le plaisir ressenti, donc l’envie de fumer.
               Mais le fumeur chronique maintient, entre chaque cigarette, une concentration de nicotine suffisante pour désactiver les récepteurs et pour ralentir leur renouvellement. D’où peu à peu une certaine désensibilisation du récepteur et la réduction du plaisir ressenti.
    Progressivement  les neurones réagissent de moins en moins à la nicotine, puisque les récepteurs nicotiniques perdent en partie leur capacité de s'activer en réponse à la nicotine.
               Le fumeur doit alors fumer un nombre croissant de cigarettes pour obtenir le même effet de plaisir de fumer.
               Mais cette théorie, qui suppose une certaine saturation permanente du cerveau en nicotine, si elle montre bien la dépendance chronique, ne peut expliquer les dépendances rapides dès les premières cigarettes, même si leur nombre est faible.

               Les stimulations nicotiniques répétées chez les fumeurs, augmentent donc la libération de dopamine dans l'ATV, le septum et le noyau accumbens et le plaisir correspondant.
               De plus le nombre de récepteurs dans les neurones augmente, ce qui augmente cette libération et le plaisir ressenti, donc l’envie de fumer.
               Mais le fumeur chronique maintient, entre chaque cigarette, une concentration de nicotine suffisante pour désactiver les récepteurs et pour ralentir leur renouvellement. D’où peu à peu une certaine désensibilisation du récepteur et la réduction du plaisir ressenti.
    Progressivement  les neurones réagissent de moins en moins à la nicotine, puisque les récepteurs nicotiniques perdent en partie leur capacité de s'activer en réponse à la nicotine.
               Le fumeur doit alors fumer un nombre croissant de cigarettes pour obtenir le même effet de plaisir de fumer.

           

              J'essaierai d'expliquer demain pourquoi les fumeurs débutants 
    peuvent être rapidement accro à la cigarette.

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  • Historique du plaisir

              Je voudrais faire quelques articles sur les drogues et le mécanisme de leur action sur le cerveau et sur leur addiction.
              Ces phénomènes sont surtout importants au niveau de nos "centres d'apprentissage et de récompense" (voir mon article du 13/12/2015 ), que les journalistes appellent en général les ""centres du plaisir". Je reviendrai sur ce sujet en fin d'article.
              Mais pour rendre mes articles moins rébarbatifs, j’ai pensé que je pouvais en profiter pour parler aussi du plaisir et du bonheur et mêler un peu, selon les articles philosophie, psychologie et neurologie.

              Commençons donc par des choses simples : l’historique du plaisir.

              De nombreux philosophes ont pensé que le bonheur résultait de la recherche du plaisir et de l’évitement des choses désagréables.

              Épicure, (photo de son buste), phophilosophe de la Grèce antique, est certainement le plus célèbre représentant de cette pensée. Épicure insiste sur l'importance de combler nos désirs de manière simple en évitant les excès. Contrairement à ce que signifie couramment le terme « épicurisme » de nos jours, les véritables épicuriens vivaient donc dans la plus grande simplicité, en évitant le luxe et les mondanités.
              Le véritable épicurisme implique un certain ascétisme.  C’était une sagesse assez austère qui sacrifiait certains plaisirs pour éviter des déplaisirs plus grands.
              L’épicurisme prône la nécessité de faire un tri sélectif entre ses désirs afin de parvenir à un état de repos et d'équilibre, que les grecs appelaient "ataraxie " et que nous appelons aujourd’hui le "bonheur".

              Au Moyen âge, la pensée et les autorités religieuses condamnèrent l’hédonisme, mais entre 1500 et 1535, Erasme tenta de montrer que la recherche du plaisir pouvait être compatible avec la volonté de Dieu de voir les humains heureux et Thomas More ira plus loin en affirmant que notre désir pour le plaisir et le bonheur nous incite à agir moralement.
              Je me demande s'il dirait la même chose aujourd'hui, avec le règne de l'argent et de la société de consommation.

              Puis, au 18e siècle, le thème du plaisir et du bonheur fut exploré plus systématiquement par des philosophes comme Hume, Locke et en France, Diderot, qui associent hédonisme, empirisme et matérialisme.
              Ces philosophes considèrent que ce sont nos sens qui doivent être les critères du bien et du mal. (ce qui apporte satisfaction à nos sens est appelé " bien " et ce qui leur déplait est appelé " mal "), et reconnaissent donc que nous cherchons naturellement à satisfaire certains besoins corporels et que suivre nos désirs et nos plaisirs, permet d’établir les normes de l'action juste et morale.
              Pour eux, nos connaissances et nos idées nous viennent aussi des sens, de leur combinaison ainsi que de la répétition des expériences et des observations que nous faisons. (c'est l'empirisme).

              Deux autres philosophes connus, Jeremy Bentham et John Stuart Mill , ont pröné au 19 ème siècle, une thèse un peu différente car c’est une thèse “sociale”
              Il faut choisir, entre plusieurs solutions, celle qui apporte le plus grand bonheur pour le plus grand nombre. Il s’agit donc d’une éthique pragmatique prétendant, à partir du critère du bonheur du plus grand nombre (lui-même déduit des désirs, des plaisirs et des peines individuels), déterminer des lois et des politiques justes pour la collectivité.
              L'utilitarisme fonde donc ses principes de recherche du bonheur non pas sur une norme idéaliste (comme Platon ou Kant) mais sur une norme réelle, issue de l'observation et de l'expérience, avec une échelle des plaisirs où les plus raffinés doivent être les plus recherchés.

              J’ai plus une culture scientifique que littéraire, et donc je ne connais pas bien la philosophie moderne : j’ai entendu parler du philosophe français Michel Onfray qui se pose la question sur ce que nous apportent  le corps et ses sens.
              Il appelle à rechercher des plaisirs à travers la musique, la peinture ou la gastronomie.
              Mais loin d'être une philosophie des plaisirs faciles de la société de consommation, l'hédonisme que propose Onfray serait plutôt une philosophie tragique finalement beaucoup plus proche de l'ascétisme que de la débauche.

              Voici donc un petit aperçu sur la philosophie du plaisir. Voyons maintenant un résumé de ce que pensent les neurobiologistes. (plus de détails dans l'article du 13/12/2015)

             Le schéma ci-dessous résume ce que sont nos "centres d'apprentissages, de récompense et du plaisir" (de sanction aussi en cas d'échec)

    Historique du plaisir

              Lorsque nous avons une sensation agréable (ou lorsque nous réussissons une tentative, des stimuli arrivent sur l'aire tegmentale ventrale (ATV), qui va produire de la dopamine.. L'influx est envoyé au septum qui va évaluer la "valeur hédoniste" du stimuli.et il transmet l'information au cortex préfrontal, pour réflexion, décision et action. L'ATV informe aussi le "noyau accumbens" et les "centres amygdaliens". L'ATV saisit également l'hippocampe, qui est le "central téléphonique" de la mémoire.L'hippocampe va rechercher dans la mémoire si de tels stimuli ont déjà existé et il peut éventuellement informer le cortex préfrontal de ce qu'il a trouvé.

              Si le cortex préfrontal envisage une suite favorable, l'information revient dans le cerveau émotionnel et le "noyau accumbens" va évaluer la valeur hédoniste de l'action proposée et la motivation correspondante. Elle est aussi envoyée aux centres amigdaliens, qui vont analyser tous les cotés négatifs de l'action.
              Les centres amygdalite et le septum peuvent éventuellement bloquer l'action, en agissant sur l'hypothalamus. Celui-ci régule en effet l'action de l'ATV au moyen d'un neuromédiateur inhibiteur, le GABA, afin de limiter l'émission de dopamine par l'ATV.

              Ce mécanisme est complexe, mais c'est lui qui intervient dans l'action des drogues et des addictions. Ce sera l'objet de prochains articles.

     

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  • Des fêtes trop arrosées !

             Après les fêtes de Noël et du nouvel an, je constate toujours les effets des festivités, parfois très néfastes.
             Bien sûr vous pouvez avoir une indigestion ou mal au foie, mais cela ne serait pas bien grave;
             Ce dont je veux vous parler, ce sont  principalementl'alcool et le cannabis.

             L'effet le plus insidieux et le plus courant est celui de quelques verres de vin, les bonnes bouteilles que l'on réserve pour les fêtes. Quatre ou cinq verres, on ne s'en aperçoit guère, surtout au cours d'un repas où l'on mange, et le danger c'est ensuite de prendre volant de la voiture.
              En temps normal plus de 30% des accidents de voiture sont dus à l'alcool et le jour du réveillon les 50% doivent être dépassés.        
              La télé nous met tout le temps en garde contre le risque mais ne donne pas beaucoup de chiffres quant aux taux d'alcoolémie, si ce n'est les limites légales de o;5 g/l de sang et O,2 pour les personnes en permis probatoire.

              La quantité d'alcool dans le sang dépend bien sûr de la quantité absorbée en centilitres (un verre plein fait le plus souvent 10 à 12 cl), du degré alcoolique de la boisson (11 à 13% pour le vin, 16 à 20 pour les apéritifs, de l'ordre de 40% pour les digestifs), du poids de l'individu, et du fait que l'on ait mangé ou bu de l'eau en même temps, encore que cela retarde plus l'absorption de l'alcool que cela ne diminue la quantité absorbée.
              Il faut se rappeler que deux verres de vin pour un homme de 75 kg risquent de faire atteindre les 0,5 g/l.
           
     L’alcool est ensuite éliminé dans l’organisme par le foie à 95% (le reste étant éliminé par les reins et une très petite quantité par les poumons), mais cela ne se fait que lentement.

              Les données moyennes approximatives suivantes peuvent être données :
              Une fois le verre d’alcool ingéré il faut 30 min pour que le taux d’alcool dans le sang soit au maximum si vous êtes à jeun et 1h lors d’un repas. Après 4 verres d’alcool (par exemple de vin) et un taux maximum estimé à 0,7g/L dans le sang, il faut en moyenne 2 heures après avoir atteint le taux maximum (pour un homme en bonne santé de 70 kg) pour revenir  sous les 0,5g/L. Ce qui fait en pratique 2h+30min = 2 h30 au moins à compter de l’absorption du dernier verre si vous avez consommez à jeun et 2h +1h= 3h lors d’un repas.

              Ce temps pour une femme sera plus important, il faudra compter 30 min de plus par sécurité, soit 3h et 3h30 respectivement. Dans le cas évoqué ci-dessus, on parle du temps pour revenir sous le taux légal maximum et non pour éliminer totalement l’alcool. Il faudra compter 6 à 10h à partir du dernier verre pour revenir à zéro, ce délai est bien sûr fonction de ce taux. Au delà d’1,5g/L dans le sang, une nuit de sommeil pourrait ne pas être suffisante pour prendre le volant !            Je voudrais maintenant parler des soirées de jeunes et d'ados.

               Dans ces soirées on a envie de faire la fête, on fume éventuellement pour faire comme les autres, on boit de l'alcool et souvent on ne se rend pas compte des quantités que l'on absorbe.
              L'alcool est souvent mélangé à des jus de fruits sans d'ailleurs que cela améliore beaucoup le goût de la boisson, mais c'est une “tradition” , et comme on a l'impression de boire un simple jus de fruit, la quantité d'alcool ingurgitée peut largement dépasser celle qui rendrait ivre.
              Ce que l'on sait moins, c'est que fumer deux “joints” rend euphorique et diminue le sens du danger, mais aussi annihile les réflexes, trouble le cerveau dans son interprétation de ce que nous voyons, et notamment fausse les impressions de vitesse. Conduire une voiture dans ces conditions est voisin d'une conduite en état d'ivresse.

              Mais je voudrais vous parler aussi d'un autre danger.
              En début d'année 2006, les premiers jours de janvier trois jeunes ados m'ont appelé à l'aide, parce qu'elles étaient très éprouvées et ne savaient pas à qui se confier.
              Les deux premières avaient bu, au point de ne plus savoir exactement ce qu'elles faisaient. Les garçons de la soirée aussi sans doute, je ne sais pas.
    Mais ce qui est certain, même si elles ne pouvaient se rappeler de façon très précise ce qui s'était passé, c'est qu'ils avaient abusé d'elles et que quoiqu'ils pensent, elles n'étaient pas consentantes, et le lendemain, elles avaient l'impression d'avoir été violées !
              C'est un énorme traumatisme, et malheureusement peu de garçons de nos jours, s'en rendent compte, et il a fallu plusieurs mois pour que leur souffrance s'atténue. Et cela aurait été encore pire si elles avaient gardé cela pour elle; elles auraient alors traîné leur peine pendant de très longs mois.
              Pour la troisième, c'était moins grave, mais c'était une très mauvaise plaisanterie de ses copines qui l'a aussi profondément traumatisée pendant plusieurs jours.
              Comme les précédentes, ayant trop bu, elle était à peu près inconsciente, ses copines (pour la punir, ce qui est idiot), l'ont à moitié déshabillée et l'ont couchée sur un lit dans une chambre, et lui ont fait croire le lendemain qu'elle y était restée avec des garçons, de telle sorte que ma jeune ” guenon” se demandait ce qu'elle avait bien pu faire et subir.
              Finalement, le doute s'est vite installé et ses camarades ont avoué la supercherie.
             J'avais trouvé cette blague vraiment ignoble et indigne de copines intelligentes.

              Quant aux garçons, la seule chose que je puisse leur conseiller s'ils sont ivres, c'est de s'allonger et de dormir, mais de ne pas conduire, car ils risquent leur vie et celle de leurs passagers, et de ne pas essayer de faire alors la conquête d'une fille, car ils ne se rendent plus bien compte de ce qu'ils font, et risquent de traumatiser leur camarade de façon telle, que cela peut la pousser au désespoir, voire au suicide.

              Ce n'est pas parce qu'on est encore encore ado qu'il ne faut pas être responsable de ses actes.! Mais ce que je dis, est vrai aussi malheureusement pour certains adultes.

    Des fêtes trop arrosées !

     

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  • Cannabis, tabac et alcool.

              On parle beaucoup actuellement de dépénalisation du cannabis.

              Un de mes lecteurs trouve mes articles, écrits sur un autre blog, à propos du cannabis, trop alarmants et me dit que fumer du cannabis n’est pas dangereux, beaucoup moins que consommer du tabac ou de l’alcool et qu’on a tort de le qualifier de drogue douce, car il n’y a.aucune dépendance au cannabis
              Je ne suis pas d’accord avec lui.  

              Les termes de “drogue douce” et “drogue dure” sont couramment utilisés par les chercheurs et les médecins : ils désignent des produits en général psychotropes (d'où le terme de drogue) à forte dépendance physiologique (les drogues dures) ou à faible dépendance, celle ci étant plutôt psychique (drogue douce), ce terme méritant d'ailleurs certaines précisions.
              Les études des années 1990 sur le cannabis, que cite mon correspondant dans son mail, étaient très incomplètes et des études plus récentes (2005 -2006), puis en 2014/2016, utilisant les moyens d'investigations actuels sur le cerveau, sont plus complètes et plus pessimistes.
              Par ailleurs on ne peut comparer "en bloc" un “danger” qui a des facettes multiples.

              Si on compare la dépendance physiologique cannabis, alcool et tabac, effectivement la dépendance physiologique au cannabis est moindre.
              Il faut des “doses” de “tétrahydrocarbinol” (ou THC, le principe actif du cannabis) très importantes pour induire une dépendance physiologique, ce qui implique de fumer plusieurs joints tous les jours.
              Au contraire la nicotine entraîne une dépendance plus ou moins importante selon les personnes et la façon dont elles fument. L'arrêt de l'usage du tabac peut entraîner un véritable “manque”, sans compter l'effet sur la prise de poids.
              L'alcool entraîne également une dépendance assez variable suivant les individus, car elle dépend, évidemment des quantités régulièrement absorbées, mais aussi de la réaction de l'organisme qui a une capacité plus ou moins importante de destruction de l'alcool absorbé.

              Par contre la dépendance psychologique du cannabis est au moins aussi importante que pour l'alcool ou le tabac. Il s'agit d'une réaction de nos “centres d'apprentissage”  qui sont aussi les “centres du plaisir” comme les appellent les journalistes
              Il s'agit de l'incitation à refaire à nouveau (ou corriger), une action qui nous a apporté un bénéfice, une amélioration de notre condition, un plaisir...
              C'est par la répétition et la sélection des résultats par ces centres d'apprentissage, que nous apprenons chez le bébé à prendre des objets, à marcher, chez l'enfant à lire, écrire et le comportement de tous les jours et chez l'adulte de nombreux mécanismes et une certaine expérience.            
              Mais ce sont aussi ces centres qui nous incitent aussi à refaire une action qui nous a apporté du plaisir à court terme, sans se soucier des conséquences à moyen et long terme.
              L'usage régulier du cannabis entraîne une telle dépendance au moins aussi importante que pour l'alcool et plus importante que pour le tabac, l'addiction (l'habitude pour être plus simple), résultant pour le tabac, plus du manque de nicotine, de la peur de grossir ou de la manipulation de la cigarette par les doigts.

     

              En ce qui concerne la dépendance “sociale”, l'usage du cannabis et du tabac résultent en partie d'un besoin de faire “comme les autres” ou pour un ado “comme les adultes”.
              C'est moins le cas de l'alcool.
              Par contre, alors que fumer du tabac est plutôt une action individuelle, fumer du cannabis ou boire de l'alcool est souvent une “occupation de groupe”.

              En ce qui concerne les dangers, il faut voir divers aspects.
              Le plus gros danger du cannabis actuellement est la conduite d'un véhicule Dans ce domaine le tabac n'a pratiquement aucun effet.
              On connaît les effets de l'alcool et 30% des accidents environ sont dûs à ces effets.
              Mais ce qui est moins connu c'est que dans ce domaine, fumer du cannabis est encore plus dangereux. Le cannabis modifie les perceptions et notamment l'interprétation de la vision par le cerveau; les réflexes baissent considérablement et  il diminue l'évaluation du danger, et donne une confiance exagérée. Fumer plusieurs joints augmente de façon importante le risque d'accident, la personne sous-évaluant les limites dangereuses des manoeuvres.
              D’où des accidents dus au cannabis aussi nombreux qu’à l’alcool.

                  En ce qui concerne les effets à court terme autres que les effets sur la perception et l'attention, le cannabis entraîne des troubles de la mémoire, et une incapacité à réfléchir et travailler par perte d'attention, mais il semble que pour la plupart des fumeurs, ces phénomènes soient passagers et le trouble disparaît si on arrête de fumer.
              Toutefois de récentes études semblent montrer que pour les très gros fumeurs une atteinte permanente de la mémoire est possible et on n'a pas assez de recul pour connaître les effets à long terme, mais une certaine suspicion règne car l'atteinte de l'hippocampe (le “professeur” de la mémoire), est toujours inquiétante (c'est cette atteinte qui est à la base de la maladie d’Alzeimer).
              Des études récentes américaines sur des fumeurs de longue durée (plus de 10 ans), et qui ont commencé jeunes (16 ans), montrent une baisse systématique du QI due surtout à une diminution des capacités de la mémoire, qui semble alors irréversible, par atteinte des neurones. Mais la diminution des capacités d’attention, de concentration et donc de réflexion ont également une influence.
             A long terme on connaît les effets du tabac sur l'appareil respiratoire et de l'alcool sur l'appareil digestif et le foie.

              Enfin on connaît aussi les effets cancérigènes de l'alcool et surtout du tabac. Ce qui est mal connu et non encore quantifié de façon certaine, c'est l'effet du cannabis, car il faut un recul de plusieurs dizaines d'années pour se prononcer.
            Toutefois on peut mesurer les quantités de goudrons cancérigènes absorbées et on sait que fumer deux ou trois joints équivaut dans ce domaine à environ un paquet de tabac avec filtres.

              La raison invoquée par les fumeurs est en général l’oubli de leurs difficultés et ennuis. Mais si cela soulage un moment, ces problèmes persistent et doncd’une part ils sont encore plus préoccupants quand l’effet du cannabis diminue et cela incite à recommencer à fumer.

              Les effets du cannabis sont encore mal connus. Mais les études récentes semblent montrer qu'il est plus dangereux que l'alcool en ce qui concerne la conduite de véhicules et que les effets à long terme qu'il est susceptible d’entraîner, sont probablement plus nocifs que ceux du tabac.
              A faible dose, il entraîne des effets à court terme gênants, notamment sur la mémoire et la volonté, mais qui seraient, semble t'il, réversibles.
              Et surtout le cannabis induit une accoutumance psychique qui incite à continuer à fumer des joint et donc à provoquer des effets nocifs.

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