• Le bien et le mal : notion culturelle ou personnelle ?

         Evidemment dès hier soir, j'avais, suite à mon article sur , plusieurs mail qui me demandaient comment concilier son attitude avec les notions de bien et de mal.
        C'est une question qu'on est forcément amené à se poser quand on est confronté à ce que nos parents nous enseignent sur la morale, ce qu'une religion veut nous imposer ou pire, ce que décrète Trump qui décide ce qu'est le bien et le mal et qui veut aligner le comportement de chaque américain sur ses conceptions.

       Chacun de nous a un certain bagage génétique, qui résulte, depuis la préhistoire de la sélection naturelle chère à Darwin.
        Cet atavisme est responsable notamment des réactions de sauvegarde de l’individu face à certains dangers, impulsives et avec un très faible contrôle rationnel.
        Il oriente aussi (associé aux aspects biologiques et notamment hormonaux) certaines grandes aspirations, tels que l’instinct maternel et de stabilité du foyer chez la femme et l’esprit de chasse et d’aventure chez l’homme, mais aussi de protection du foyer et de subvenir aux besoins de la famille.
        Mais au plan moral et associé au développement des civilisations et des cultures, ce patrimoine va apporter un “inconscient collectif” et ce que CG Jung nomme des “archétypes”, formés “d’à priori”  : préjugés, tabous, idées préconçues, us et coutumes,  règles implicites.  
       Cela est destiné à protéger l’espèce et sa civilisation; (par exemple dans notre civilisation, la   tendance naturelle à ne pas avoir de relations sexuelles au sein d’une même famille, ou à ce que la majorité des couples soient de sexes différents...).

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         Il y a ensuite toutes les règles éducatives que nous recevons enfants, d’abord de notre famille, avec des règles morales, éventuellement issues de convictions religieuses, mais aussi avec des “à priori” issus de notre civilisation et de notre appartenance à une certaine communauté (nationale, ethnique, régionale, catégorielle, religieuse ....), qui ensuite sont complétées par des instances hors famille (profes-seurs, amis, et plus généralement toute personne ayant une influence sur nous).
        Ceci constitue un bagage moral qui nous est imposé et que nous acceptons enfants, (plus ou moins “bien” élevés !), et que nous contestons à l’adolescence.
        Par la suite notre cortex intervient et nous remettons partiellement en cause ces règles. Nous en acceptons alors certaines en connaissance de cause, nous en rejetons d’autres et nous transformons certaines d’entre elles.
        Nous constituons ainsi notre propre morale personnelle  (qui d’ailleurs pourra évoluer dans le temps à la suite d’événements ou de rencontres), ce que les psychologues, à la suite de Freud, appellent le “surmoi” et qui est l’ensemble des règles que nous acceptons et auxquelles nous adhérons : nos “valeurs”..
        Pour moi, il n’y a donc pas (comme pour M. Trump, beaucoup de religions et presque toutes les sectes), un “Bien” et un “Mal” universels, les mêmes qui devraient s’imposer à tous (et qui évidemment sont ceux de M.Trump ou du gourou, et qui doivent être imposés aux autres; c’est d’ailleurs l’attitude de tous les intégristes, quelle que soit leur philosophie ou leur religion).
        Chaque personne a droit a son “surmoi”, à sa notion personnelle du bien et du mal, car c’est sa liberté de pensée, (y compris religieuse bien entendu), mais en conséquence de cet aspect individuel, il peut évidemment en parler, mais n’a pas à en faire de prosélytisme, car il doit respecter la liberté des autres.
       
        Mais cette morale personnelle ne doit pas porter atteinte à la collectivité et à son voisin. C’est l’autre aspect collectif, tout à fait distinct du premier. Vous ne devez pas croire que tout vous est permis même si vous estimez que c'est "bien".
       
        A défaut de cette restriction, que se passe t’il : chacun fait ce qu’il trouve juste et finalement ce qui lui plaît, ce qu’on croit bien (ou tout simplement avantageux pour soi), et si on n’est pas content, si on est offensé ou attaqué, on fait justice soi même.
        C’est ce qui existait il y a 5000 ans mais malheureusement ce qui existe encore aujourd’hui, même chez nous.
        C’est ce qui a été à l’origine des croisades catholiques, de l'Inquisition, des guerres de religion, des massacres ethniques récents en Afrique, ce qui fait condamner par les intégristes musulmans tous ceux qui n’ont pas leur foi, mais aussi de façon beaucoup plus subjective ce qui provoque les bagarres (entraînant parfois la mort), entre jeunes parce que l’un a osé regarder l’autre d’une façon qui ne lui plaît pas, courtiser une fille de la bande rivale ou empiéter sur son territoire.
        C’est aussi le domaine de la cruauté et de la vengeance, la vendetta des Corses, c’est l’attitude “oeil pour oeil et dent pour dent” (mais qui n’est pas la” loi du talion”)
        Cela résout les problèmes quand il y a un faible, qui devient l’opprimé du plus fort, (voir le Moyen Orient actuel), mais, quand ce n’est pas le cas, on aboutit à la violence entretenue, comme celle entre Israël et la Palestine, qui ne cessera pas tant que les Palestiniens continueront à envoyer des obus sur Israel et les Israéliens à créer des colonies en Palestine.
    Le bien et le mal : notion culturelle ou personnelle ?
        Le seul moyen d’enrayer cette violence et cette vengeance individuelle et les cruautés qui en résultent, c’est l’application de règles : la loi et la justice qu’elles soient nationales ou internationales.
        C’est ce que je développerai dans le prochain article, une certaine “histoire du droit et de la justice” dans l’antiquité.

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          Le confinement a eu des effets néfastes sur les amours de certain(e)s de mes correspondant(e)s. Séparé(e) de leu bien-aimé(e), ils s'ennuyaient, ont été beaucoup sur les réseaux sociaux, ont connus d'autres jeunes et leur amour semble maintenant  en veilleuse. Beaucoup de jeunes rêvent d’un grand amour, mais ne savent pas trop comment le reconnaître et comment savoir si un de leur ami(e)s qui leur est cher(e)les aime vraiment.
            Y a t’il une recette, un philtre d’amour?

            Eh bien non, je n’ai pas de solution et je crains qu’il n’y ait plusieurs réponses à la question.
            Qu’appelle on amitié et qu’appelle on amour ? (pour m'éviter des "e" nombreux, je parlerai au féminin, mais cela concerne aussi les garçons)

           Je l’ai déjà dit, il y a les copains, les copines. On peut avoir un certain attachement pour eux, mais, à mon avis, ce n’est ni de l’amitié, ni de l’amour.

            A mon sens, ce que j’appelle un véritable ami doit être presque comme un amoureux, il doit aimer vraiment son amie, mais la différence avec l’amour est qu’il ne la désire pas, qu’il n’y a pas attirance physique (cela ne veut pas dire qu’il la trouve moche et qu’il n’aime pas qu’on lui dise que l’on tient à lui et que, si l’on se pend à son cou, cela ne lui plaise pas. lol). mais il n’a pas de projet d’avenir, ni physique, ni sentimental, si ce n’est de rester son ami.
            Si l’ami et l’amie ont le même âge, c’est peut être provisoire, peut être n’est il pas sûr de lui, peut être sera t’il vraiment amoureux un jour de celle dont l’amitié lui tient tant à coeur: ce sont des choses qui vont lentement.

            Alors un véritable amour qu’est ce ? : cela se déduit, à mon avis, de ce que je viens de dire : c’est un très grand ami, que l’on aime tellement que l’on a envie de ne jamais le quitter, de rester toujours avec lui, qu’il vous aime éternellement (utopie, je sais, mais on peut rêver !), et on a envie de faire des projets d’avenir avec lui, de vivre avec lui.

            Souvent mes correspondantes me disent : “on est trop jeunes pour penser à cela”. Je veux bien, mais je pense que, pour cette raison, ce que vous prenez pour le grand amour n’est qu’une attirance passagère, une amourette et non le grand amour que vous croyez avoir trouvé.
            Ce n’est pas parce que vous avez échangé quelques baisers avec un garçon, que vous l’aimez et qu’il vous aime. Ce n’est pas parce que vous aimez sortir avec lui et que les autres l’appellent votre “petit ami”, que vous voulez faire votre vie avec lui. Ce n’est pas non plus parce que votre copain de classe est mignon que vous allez lui tomber dans les bras (enfin cela je n’en suis pas certain, mais je ne dirai pas que c’est de l’amour!).
            Cela ne veut pas dire qu’une amourette ne vaut pas la peine d’être vécue, qu’elle n’apportera pas son lot de joies. Mais il faut savoir qu’elle n’est que provisoire et il ne faut pas que l’un des deux s’engage trop loin, sous peine de souffrir ensuite. Le grand amour sans réciprocité meurt vite.

           Je ne sais pas donner de recette précise, car chacun est un cas particulier, mais ce dont je suis certain, c’est que le véritable amour, celui auquel la plupart d’entre vous rêvent, ne se construit pas en un jour. Il passe par l’amitié, par une communion des esprits qui ne peut exister réellement que peu à peu et qui dépend des “affinités” entre les cerveaux, les coeurs, les cultures et les goûts et c’est une construction lente de plusieurs mois, voire de plusieurs années.
           
    Et à un moment cet amour passe par la redoutable épreuve de la vie en commun : supporter l’autre près de soi tous les jours, ceux où tout va bien, mais aussi ceux où tout va mal. Tous les amours n’y résistent pas.

            Certaines de mes correspondantes, qui sont des “vieilles” de plus de 20 ans, me confirment souvent ce que je viens de vous dire.
       
            Ce que je dis là n’est pas nouveau et je demande aux fidèles qui lisent mon blog depuis longtemps de m’excuser de cette répétition.
            Mais c’est un problème éternel qui se repose et se reposera encore.

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  • "Le plus grand mal, à part l'injustice, serait que l'auteur de l'injustice ne paie pas la peine de sa faute.”  Platon.

         Au niveau collectif, il ne s’agit pas d’une morale à imposer à tous : le problème n’est pas philosophique mais un problème de garanties du fait de la vie en société, d’organisation de la vie commune, de règles “juridiques” en quelque sorte.
    Il s’agit que chacun dans son comportement nuise le moins possible à autrui et qu’éventuel-lement, il soit sanctionné de ses débordements.
        C’est la ” loi “, qui est en principe (en démocratie) déterminée par des représentants élus de la population et qui devrait être un certain compromis des diverses circonstances et modes de vie possibles, indépendamment de toute croyance philosophique, politique et religieuse et bien entendu des “surmoi” personnels des élus en cause.


        Depuis quand l’homme a t’il érigé des lois et mis en place une certaine justice.? Probablement depuis plus de 5000 ans, mais les preuves qu’on a retrouvées, sont un peu plus récentes.
        Le plus ancien document juridique qui institue un ordre social, vers 2350 avant J-C, est le code d’Urukagina, qui régnait sur Lagash, en Mésopotamie (l’actuel Irak), mais nous n’en avons pas le détail.
        Nous est également parvenu, le code d’Ur-Nammu, souverain de la cité d’Ur qui date d’environ 2100 avant J-C, dont on a pu traduire du sumérien 40 des 57 lois qu’il comprenait.

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    Ci dessus Ur-Nammu recevant une délégation 


           et ci contre la stèle d'Hammurabi au musée du Louvre.




        Mais le plus intéressant est le code d’Hammurabi, vers 1750 avant J-C, qui a été utilisé pendant un millénaire, notamment en Iran après la prise de Babylone, et que l’on peut voir sur une stèle de basalte, au musée du Louvre.
        Ce code, outre une introduction et une conclusion qui ressemblent un peu à une “constitution royale”, comporte 282 articles de loi qui sont à la fois code civil et code pénal, avec, ce qui est normal pour l’époque, beaucoup de délits sanctionnés par la peine capitale. Ce qui est étonnant pour l’époque c’est que ce n’est pas un code d’inspiration religieuse, mais très pragmatique et concernant les problèmes de la vie courante.
        On a souvent parlé de “loi du Talion” à propos de ce code, et pour le commun des mortels, la loi du Talion, c’est la vengeance personnelle. C’est une erreur. La “loi du Talion” est au contraire un effort de lutte contre l’application par chacun de sa propre justice, c’est la peine, la sanction qui doit être adaptée à la faute, à défaut d’un  recours à un juge, tiers impartial et désintéressé.
        Un des héritages de la loi du Talion est la notion de légitime défense.

    La justice et les lois existaient dans l'antiquité.    Dans l'Égypte antique, la loi est contenue dans les “livres de la sagesse” qui sont des préceptes et des recommandations et juger ceux qui mettent en danger la sécurité de l'État, est délégué par le Pharaon à son vizir, le premier magistrat, et à ses assesseurs. Quand il s'agit de délits mineurs, la justice est rendue par des magistrats locaux, (les « préposés aux querelles ») ou par des représentants de la communauté où l'infraction a été commise.
    Je cite ce précepte des livres égyptiens de la sagesse, qui s’appliquerait bien de nos jours et que devrait méditer notre gouvernement et les grands Pdg :
    “ N'accorde pas une attention exagérée à celui qui possède de beaux vêtements et ne méprise pas celui qui est couvert de haillons. N'accepte pas les dons de l'homme puissant et ne persécute pas le faible à ton profit.”


    La justice et les lois existaient dans l'antiquité.    La loi des hébreux était beaucoup plus d’inspiration divine : à l’origine, Dieu avait remis à Moïse les “tables de la loi”,  dix commandements inscrits dans la pierre.  Parmi eux  “tu ne tueras point “ qui est souvent oublié par l’armée israélienne actuelle.
        Cette prédominance religieuse influençait aussi les lois pratiques : la terre par exemple étant la propriété de l’Eternel et l’Israélite n’en avait que l’usufruit.
    Le chef de famille avait un pouvoir certain et le travail était une valeur à honorer.
    Vous pourrez constater que la législation hébraïque était très complète sur le site
    http://www.regard.eu.org/Livres.16/Etude_sur_la_legislation_des_hebreux
       
    La justice et les lois existaient dans l'antiquité.    Le Coran, qui est plus récent (vers 635) est, lui aussi, d’inspiration religieuse. Ce sont des préceptes de vie avec une référence permanente à Dieu.
    Pour lui, dans les sociétés fondées par des personnes pieuses, les affaires judiciaires n'arrivent jamais jusqu'à la cour, celui qui suit les préceptes du Coran ne commettant pas de faute..
        Le Coran condamne aussi de tuer autrui à l’homme, qui sait que Dieu a interdit le crime.
    Sa crainte de Dieu garantit son abstention de tout acte provoquant sa colère.

        “Ne semez pas le désordre sur la terre, après que l'ordre y a été établi.” (Coran, 7 : 56) est certainement oublié par les terroristes et le Hamas.
        Notons au passage que la polygamie, le voile, la répudiation sont des déviations historiques par rapport au Coran, qui faisait une place aux femmes, normale pour l’époque, mais n’oublions pas qu’au VIIème siècle de l'ère chrétienne, l'Eglise doutait encore que les femmes aient une âme !!

        Dans une autre civilisation très ancienne, la Chine, des textes existent aussi, mais les conflits devaient faire l’objet de règlements à l’amiable et comme pour le Coran, le tribunal devait être exceptionnel.

    La justice et les lois existaient dans l'antiquité.    Mais les lois les plus complètes sont les lois romaines, dont d’ailleurs notre droit actuel européen s’est fortement inspiré.
        Leur technicité est celle d’un droit moderne, et une catégorie spécialisée de juristes (les jurisconsultes) avait été créée et était relativement autonome vis à vis tant de la religion que du pouvoir politique.


        On voit donc que la tradition juridique est très ancienne.
        Les grands principes en sont très voisins et, si on tient compte des différences de vies des époques, les délits évoqués sont relativement semblables.
        Dans la vie courante, des délits sont sanctionnés au nom de ces lois.

        Cependant des individus s’estiment au dessus des lois et les Etats n’appliquent pas forcément à eux mêmes les préceptes, qu’ils appliquent à leurs concitoyens.

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  •   Je continue mon petit examen des sujets qui auraient pu être donnés cette année si le virus avait aimé la philosophie.

    Les sujets de philo du bac, il y a 10 ans (2)

    Les sujets de philo du bac, il y a 10 ans (2)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Est-ce la loi qui définit ce qui est juste?

         Ce sujet m’a beaucoup intéressé, car je ne l’avais jamais traité en classe (pourtant à l’époque on avait une dissertation de philo à rendre toutes les semaines, même en S) et je n’avais pas eu l’occasion d’y réfléchir particulièrement depuis.
        Au départ il paraît simple : que veut dire le mot “juste” c’est être conforme à la loi, aux règles instituées par la société.
        La loi est censé éviter le recours à la force, à la vengeance personnelle, en instituant des règles qui permettent de régler les conflits et éventuellement de sanctionner en fonction de la gravité des fautes commises.
        Donc tout paraît réglé : la loi définit ce qui est juste. Etonnant qu’un sujet soit traité en 3 lignes, et effectivement si on réfléchit un peu, ce n’est pas si simple.

        Prenons d’abord le juridique, les textes de loi élaborés dans un pays démocratique comme le nôtre : ces textes sont ils justes aux yeux de tous ?
        Certes ils sont élaborés par nos élus et sont donc censés ne pas être partisans, mais représenter l’opinion de tous et ils devraient donc nous paraître justes parce que conformes à ce que nous pensons.
        Mais d’une part ces textes sont souvent un compromis entre prévention et répression, et évaluer la gravité des fautes n’est pas mathématique, donc l’erreur ou simplement l’écart entre opinions est possible.
        D’autre part les textes d’un moment sont élaborés par une majorité ayant ses opinions, ses électeurs. Une majorité représentant les riches peut elle élaborer des textes qui soient vraiment justes pour les pauvres ?
        Et chaque cas est particulier, en fonction des circonstances, et la loi ne peut traiter chaque cas; elle est donc partiellement imprécise et heureusement il y a des juges et des enquêtes.

        Que dire alors quand la loi est élaborée dans un pays non démocratique, par exemple au bon vouloir d’un dictateur par exemple.?
        Et par ailleurs la loi élaborée dans un pays peut paraître tout à fait injuste à des personnes d’un autre pays : la loi américaine, basée sur la jurisprudence nous paraît moins garantir le juste traitement des parties et que dire de pays où l’on coupe la main du voleur, où l’on lapide la femme adultère, ou l’on condamne à mort les homosexuels.! Un génocide même justifié par la loi est il tolérable?
        La loi définit donc ce qui est censé être juste, mais la loi n’est pas universelle et son élaboration ne peut garantir la justice pour tous.

        Mais la “loi juridique “ est elle toute la loi? A coté d’elle des règles tout aussi contraignantes existent : les règles morales, religieuses, sociales et sociétales.
        Agir conformément à la loi est souvent très au dessous de ce que nous imposent ces autres règles. Et aux juges se substituent les moralistes et les éducateurs, les prêtres et l’opinion et le jugement des autres, tous aussi terribles.
        Les moralistes ont pour guide leur éducation personnelle, leurs propres convictions, leurs intérêts, leur subjectivité dans un domaine qui n’a aucune rigueur scientifique. De même pour les prêtres, soumis en outre à la pression de leur église, et parfois comme le montre l’histoire, imbus du pouvoir qu’ils ont sur les fidèles qui leur sont soumis. Quant à l’opinion des autres, elle est totalement subjective et irrationnelle, soumise à la mode, à des délires moutonniers et parfois cruelle comme le montrent les plaintes de certains élèves soumis au haro de leurs camarades de classe.

        Mais allons plus loin, celui qui se soumet à la loi est il juste pour cela, et est il souhaitable que toutes ces règles nous soient imposées sans que nous puissions les discuter.?
        Freud indique qu’après avoir admis enfant les règles que l’on nous a données, nous faisons une analyse et nous gardons celles que notre intime conviction a considérées comme justes : c’est le “surmoi”... à moins que nous ayons gardé celles qui nous arrangent, dans notre intérêt.

        Finalement le problème de la loi et des règles est plus une confrontation avec le problème de liberté individuelle.
        La loi est un minimum imposé pour que la vie dans une société donnée soit possible (et harmonieuse ?). et au plan juridique ce qui n’est pas interdit par la loi est autorisé, ce qui est quand même préférable au droit du plus fort. Mais certaines sociétés préfèrent dire que tout ce qui n’est pas autorisé est interdit.
        A coté de la loi existent des règles basées sur des valeurs (morales et religieuses lentes à s’adapter), qui sont plus liées aux notions de “bien” et de “mal” qu’aux notions de justice, et sur des us et coutumes sociétales, qui évoluent plus rapidement, mais sont plus arbitraires.
        Et finalement c’est à chacun de trouver la place de ces règles propres dans le cadre d’un respect des lois et de la liberté du voisin.

    "Ressentir l'injustice m'apprend-il ce qui est juste ?"

        J’avoue que ce sujet ne m’emballe pas, parce qu’il est ambigu.
        Là encore question de sens des mots de définition.
        Qu’est ce que la justice ? Des règles juridiques ou morales, auxquelles l’homme doit se conformer pour vivre en société et au regard desquelles les comportements peuvent être sanctionnés ou récompensés selon leurs manquements ou leurs mérites.
        Je me souviens un peu de mes cours de philo, de Platon souhaitant l’harmonie entre les vertus humaines et l’ordre de la cité, et Aristote qui distinguait la justice individuelle et morale (la vertu) de la justice globale et communautaire (les lois) et je me souviens de traductions de Cicéron sur ce sujet.
        La phrase me paraît aussi ambigüe car à priori les règles qu’elles soient morales ou surtout juridiques sont rationnelles et “ressentir” est une impression, presque une émotion, donc peu objective et peu rationnelle.
        Injustice, c’est essentiellement une erreur de justice, avoir accusé ou condamné quelqu’un pour une erreur qu’il n’a pas commise, pour une faute contre les règles qu’il n’a pas commises.
        Normalement pour être sensible à une injustice, il faudrait être objectif, et d’une part connaître la loi (ou les règles) et d’autre part connaître les faits, les actions reprochés.
        En fait ce n’est pas aussi simple, car notre connaissance des lois et des règles n’est pas aussi bonne ni aussi précise et celle des faits non plus (sauf si ce sont ceux de nos actions personnelles).
        D’où ressentir l’injustice, car c’est plus un sentiment qu’un raisonnement.
    Donc un sentiment qui peut être fallacieux et qui n’est pas forcément objectif par rapport aux règles et aux faits.
        J’aurais volontiers fait une digression sur les règles morales, qui sont loin d’être universelles et où chacun de nous s’est approprié certaines d’entre elles : le “surmoi” de Freud.
        Et puis je suis souvent confronté aux plaintes de jeunes, qui s’indignent et souffrent d’être accusées à tort par leurs parents, leurs profs ou leurs camarades, de “méfaits” qu’ils n’ont pas commis.
        Ce sentiment d’injustice est profondément ancré en nous, indépendamment des lois et règles et davantage associé à toute critique, tout reproche, mais bien sûr, pour que ceux-ci soient “injustes”, il faut que nous ayons conscience d’avoir ou non enfreint les règles ou porté préjudice à autrui.
        A mon avis, ressentir l’injustice suppose que je connais au moins approximativement ce qui est juste, mais je ne pense pas que cela m’apprenne davantage sur ce qui est juste, sauf si je vais faire cette recherche de façon réfléchie et volontaire.
        D’ailleurs ne dit on pas “c’est injuste” pour “ce n’est pas mérité”, devant des catastrophes qui s’abattent sur des innocents.?

       - "Peut-on avoir raison contre les faits ?"

        Je devrais demander à ma femme, elle sait parfaitement raisonner ainsi !!
        Je crois qu’il y a au départ un problème de vocabulaire.
        Les faits qu’est ce?
        A priori c’est ce qui a eu lieu, ce qui a été fait, sur ce qui est arrivé.
        Mais si on accordait une certaine véracité aux faits, parce qu’on supposait que c’était ce qui s’est passé réellement, de nos jours avec l’engouement des médias (et l’esprit voyeur du public), pour les “faits divers”,  sans vérification de ce qui s’est passé réellement, l’incontour-nabilité des faits est de venue un mythe.
        C’est tout de même resté  dans certaines expressions : prendre quelqu’un sur le fait, les faits qui s’opposent aux dires.....
        Je ne sais pas trop ce que l’on enseigne en philo aujourd’hui; autrefois ce problème des faits était vu surtout sous l’angle de la science expérimentale, et plus généralement de l’attitude de la raison face aux faits.
        Il y avait donc les faits et l’interprétation qu’on en fait dans les domaines scientifiques et pseudo scientifiques, mais finalement face à toute expérience.
        Je me souviens d’un cours de notre prof de philo sur la paléontologie, où il nous montrait que, dans ce que nous savons sur les dinosaures, il y avait peu de faits réels (les squelettes et ce qui est enterré autour) et beaucoup de déductions, mais certaines très raisonnées et basées sur de nombreuses analogies et déductions, et d’autres plus aléatoires. On rejoignait les cours sur “la science et l’hypothèse” d’Henri Poincaré.
        Un autre aspect de la question, plus proche du fait divers que de la science, c’est la déformation qu’apporte la communication (langage autrefois et image également aujourd’hui), dans la présentation de ce qui se passe.
        Je me rappelle au moment de la première guerre Amérique, Irak, la télévision faisant état de la fuite d’avions irakiens à Malte et présentant des images d’atterrissages de F16 américains, en les faisant passer pour les avions irakiens.
        On ne peut être crédible en paroles et en images sans des preuves, ces preuves ce sont les faits, à condition qu’on ne les travestisse pas. “Je ne crois que ce que je vois” disait Saint Thomas.
        On peut évidemment faire le tour de tout ce qui permet “raisonnablement” c’est à dire volontairement, de vouloir travestir les faits. Je ne me lancerai pas dans cette longue énumération et je pense que les meilleurs connaisseurs sont sûrement les hommes politiques.
        Mais les sentiments peuvent aussi nous éloigner des faits : ‘l’amour est aveugle” dit le proverbe.

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  •       Tous les ans, quand arrive le bac, je me délecte méchamment avec les sujets de philo et de français.
         Cela d’une part me rappelle ma jeunesse et d’autre part je me rassure en me disant que je pourrais encore passer le bac !
        Je faisais donc tous les ans 3ou 4 articles sur ces sujets.
        Mais cette année, le coronavirus m'a privé de mon jeu favori. Alors j'ai été rechercher des sujets de 2010-2011, ceux qui ne me plaisaient 

    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/guillotine.jpg

        Mais, avant d’être sérieux je sélectionne pour vous cinq perles de bac” qui m’ont fait sourire :

    “Louis XVI a été guillotiné parce qu’il avait triché au jeu de paume ! “
    “Comme Bonaparte, Jules César pouvait dicter plusieurs lettres à la fois, c’était un dictateur. “
    “Charlemagne se fit châtrer en l’an 800. “
    “ Néron était un empereur romain qui organisait des combats de radiateurs.”
    “Les dolmens étaient des espèces d’abribus postés tous les 100 mètres. “ (candidat breton, bien sûr !).

     

    Les sujets de philo du bac, il y a 10 ans.

     

    Les sujets de philo du bac, il y a 10 ans.

     

    Passons aux choses sérieuses : les sujets de philo du bac :

    http://lancien.cowblog.fr/images/images/Artmoderne23951.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/images/ArtModernelarge08.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/images/bostonterrierpopdogartcollage.jpg
    Ces tableaux sont exposés dans des musées

    L'art est il un moyen d'accéder à la vérité?

      
     
    Je n’aime pas beaucoup ce sujet car il me paraît reposer sur la signification du vocabulaire et il n’y a rien de plus propre à malentendu car les interprétations peuvent être divergentes.

        Qu’est ce que l’art? Nous connaissons tous la peinture, la sculpture, la musique, la littérature, la photographie, le cinéma ..... Ce sont les actions menées par des “artistes”, une façon pour eux de s’exprimer, mais souvent également de communiquer. Cet action aboutit souvent à une réalisation qui s’adresse surtout à nos sens , nos sentiments et nos émotions.
        En général cette action a un souci, un but esthétique.
        On parle d’oeuvre d’art, encore que le contenu de ce terme soit très variable et mal défini (cf les neuf muses), et l’on va jusqu’à dire que “un objet d'art, par définition, est l'objet reconnu comme tel par un groupe d’individus”.!!
        J’ai été étonné de voir au musée d’arts modernes ou vendus très chers, des tableaux comportant quelques bandes de couleur sur un fond blanc : des enfants en font d’analogues à la maternelle. Sont ils des artistes ? Mais ils ne vendent pas leurs oeuvres !
        Mais dans des expressions comme “l’art de faire telle chose”, ou autrefois “la médecine est un art” ... l’art est alors la manière de faire une chose selon une méthode, selon des procédés.

        Qu’est ce que la vérité? C’est tout aussi flou ! C’est la qualité de ce qui est vrai, c’est à dire réel, ce qui est conforme aux faits, ce dont on peut apporter la preuve.
        Mais c’est là l’aspect de la réalité juridique, historique et scientifique. Car dès que nous parlons de pensées, d’imaginaire, de concepts abstraits, la vérité devient plus floue, c’est quelque chose de conforme à des représentations (de préférence les nôtres!). Elle est le contraire de l’erreur et est liée au jugement.
        C’est finalement la conformité de ce qu'on dit, de ce qu'on pense avec ce qui est, de ce qu'on dit avec ce qu'on pense.
        Les cours de philo donnaient maintes interprétations et définitions de philosophes, que j’ai bien sûr oubliées : Aristote, Descartes, Kant, Spinoza, Nietzsche...mais que connaissent peut être les élèves de L d'aujourd'hui.

        Même si les sentiments, les émotions sont des faits réels, ce sont des ressentis personnels, différents de l’un à l’autre, très imprécis, que nous avons bien du mal à décrire, et même à comprendre. L’émotion esthétique, le sentiment de beauté en font partie. Nous avons tous des ressentis différents devant tel type de peinture ou de musique. Le beau s’éprouve alors que la vérité se prouve.
        Un film peut vouloir prouver ce que son auteur considère comme une vérité  (sur un procès par exemple), mais ce n’est pas le coté artistique du film qui lui est lié aux images, aux acteurs aux émotions ressenties, peut être certes liées au sujet, mais indépendamment de la vérité ou de l’inexactitude de celui-ci.
        A la limite l’art, qui est une représentation imaginaire et originale, peut même nous détourner de la réalité.

        Par contre l’art , en tant que méthode, manière de faire une chose demande des qualités analogues à celles nécessaires en sciences, en justice, en histoire pour accéder à la vérité : imagination,observation, perspicacité, rigueur, opiniâtreté et habileté, mais aussi des connaissances techniques du métier

    "L'art est-il moins nécessaire que la science ?"

        Traiter ce sujet m’aurait embarrassé car je le trouve très mal posé, mal rédigé.
        Quelque chose n’est pas nécessaire, utile en soi.
    Je ne peux pas décréter que , si je trouve quelques chose d’utile pour noi, il doit l’être pour tous.
        La science comme l’art sont utiles à quelque chose, nécessaire à certains et pour certaines raisons.
        A mon sens l’utilité et la nécessité de la science et de l’art sont de nature très différentes et on ne peut guère les comparer.
        La science c’est la recherche de la connaissance et de la compréhension du monde, l’expression de la curiosité intellectuelle.
        L’art c’est la recherche de la beauté, de l’émotion par nos sens, l’expression d’un besoin d’un désir, d’une création personnelle.

        Il y a cependant un lien entre utilité de la science et de l’art que l’on peut évoquer, leur pratique et leur apprentissage est formateur pour l’esprit.
        Or ils mettent en oeuvre des qualités intellectuelles voisines :  travail, imagination, créativité, une certaine rigueur, le sens de l’observation, une idée des ordres de grandeur et des proportions, un souci du détail allié à une vision globale des choses, ce qui est parfois contradictoire.

        Alors oui l'art est moins nécessaire que la science pour comprendre le monde, mais la science est moins indispensable pour comprendre la beauté.


    - "La culture dénature-t-elle l'homme ?"

        Je crois que l’un des problèmes du sujet vient en partie du vocabulaire :
    qu’est ce que la culture, et qu’appelle t’on dénaturer.
        On utilise souvent le mot "culture" pour désigner presque exclusivement l'offre de pratiques et de services culturels dans les sociétés modernes, et en particulier dans le domaine des arts et des lettres, mais c’est un abus de langage
        En sociologie, la culture est définie comme "ce qui est commun à un groupe d'individus, à une catégorie sociale, à un peuple... et qui le "soude"., lui donne sa personnalité.
        En philosophie, le mot culture désigne ce qui est différent de la nature, c'est-à-dire ce qui est de l'ordre de l'acquis et non de l'inné.
        Dénaturer c’est rendre non conforme à la nature. Mais c’est trop restrictif car alors il va de soi que culture et nature sont antinomiques.
        Dénaturer au sens large c’est changer, , mais c’est souvent péjoratif : c’est déformer, altérer.
        Si l’on accepte ces définitions, c’est aussi un “sujet bateau”; du moins autrefois : c’était le cours sur ce qui est inné : hérédité et formation du foetus qui apporte son lot de prédispositions, extrême importance de l’éducation des premières années de l’enfance, puis de l’éducation et de l’instruction en classe, puis de l’expérience que l’on acquiert peu à peu.
        Mais évidemment ce que l’on apprend forme et donc “déforme” l’esprit.
        Ce que nous apprenons nous conditionne.
        C’est aussi le problème du bien et du mal, l’homme est il bon de nature et la société le rend il mauvais ou bien l’homme n’est ni bon ni mauvais, mais la société le rend bon et mauvais selon les circonstances.?
      On pourrait discuter longuement sur ces notions !

     

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