•      Je ne sais pas si cela vous laisse indifférent d’avoir un moustique dans votre chambre, alors que vous voudriez dormir.
Moi cela m’agace et il faut que je l’élimine !
        Alors j’ai construit l’arme fatale.
        J’appuie sur un petit bouton sur ma table de nuit, et un petit rayon lumineux violet se promène dans l’obscurité, alors que j’entends le vrombissement de mon sale moustique.
        Et puis clash, un petit éclair dans l’espace, une petite boule de feu de quelques millimètres de diamètre et un peu de fumée, et le vrombissement aigu s’est éteint brusquement.
        Mon moustique a flambé, atteint par un rayon laser.
        Voici l’engin : un petit laser, peu puissant, mais assez pour cramer des ailes de moustique; un petit sonar à trois détecteurs en triangle qui détecte son vrombissement, et un calculateur qui triangule la position du moustique et oriente le laser, et quand rayon et moustique se rejoignent, déclenche le tir.
        Maintenant je dors tranquille toute les nuits, après une petite chasse aux moustiques pour s’apaiser avant de dormir.
        Et la SPA n’a rien à dire, le moustique ne souffre pas : l’impulsion laser est trop rapide.
        Ci- dessous une vue de l’engin et un schéma :

    http://lancien.cowblog.fr/images/Objetsdivers/lasermoustique.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Objetsdivers/maxresdefault.jpg





                                         Oui mais





    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux6/ccmr110001.jpg   

     

                                      Poisson d’avril me direz vous ?
        Pas tout à fait.
        Bien sûr je n’ai pas construit cet engin.
        Mais le laser anti-moustiques n’est pas une vue de l’esprit.


        Bill Gates avait suggéré cette méthode comme l'une des techniques de pointe pour lutter contre le paludisme ou la malaria et détruire facilement de grandes quantités de moustiques anophèles femelles.
        Nathan Myhrvold, ancien directeur technologique de Microsoft, est venu faire une démonstration avec un appareil mis au point par sa société « Intellectual Ventures".
        Le prototype a été construit à partir d'éléments très communs (qu'on trouve dans des imprimantes, des appareils photos et lecteurs Blu-Ray), presque tous achetés d'occasion sur eBay et des sites similaires.
        Cette arme laser est capable de détecter un moustique à une trentaine de mètres, de faire la différence avec d'autres insectes et même entre un moustique mâle et femelle (selon la taille et la fréquence du battement d'aile).
        Une fois la cible validée, elle est abattue en plein vol en moins d'un 1/10e de seconde par un laser «non mortel» qui «n'endommage pas les tissus humains». Ce laser peut rôtir de 50 à 100 moustiques par minute et dispose d'une sécurité pour ne pas tirer si autre chose qu'un moustique se trouve dans la zone sous surveillance.
        Par contre il n’est pas prévu de récupérer les moustiques grillés pour déjeuner.

     

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  • Bon sens et crédulité : l'instruction ne fait malheureusement pas tout.


              J'examinais hier les mécanismes de notre cerveau qui pouvaient nous conduire à être crédules, notamment les jeunes, mais aussi toutes les personnes, en matière de communication.

              Pourtant, en moyenne, les jeunes sont plus instruits aujourd’hui qu’autrefois, mais l’un de mes grands pères, qui habitait la campagne et n’avait que le certificat d’études, n’aurait jamais cru les sornettes que beaucoup de gens, théoriquement intelligents et instruits, avalent aujourd’hui sans sourciller. 

               Je suis souvent très étonné des bêtises qui circulent sur internet, de celles que l’on me raconte parfois dans des mails, et des croyances de certain(e)s de mes correspon-dant(e)s.  Certes c’est souvent par manque du savoir ou de la culture correspondante, mais dans beaucoup de cas, une réflexion logique et rationnelle aurait dû suffire pour douter de la véracité de l’information, ou au moins, ne pas la croire sans vérification de sa véracité.

               Je crois qu’il y a quatre types de raisons à cette évolution :
                        - D’abord, les enseignements primaires et secondaires donnent sans doute au moins autant de connaissances qu’autrefois, mais elles sont souvent mal apprises, car l’attention des élèves n’est plus aussi grande et le contenu de l’enseignement, trop théorique, ne les intéresse pas parce qu’ils n’en voient pas l’intérêt.
                Les professeurs, par ailleurs, n’ont souvent pas su ou pu développer leur curiosité intellectuelle.  Mais surtout les programmes actuels et surtout l’absence d’exercices pratiques d’application, aussi bien en français pour comprendre la pensée d’autrui qu’en physique et mathématiques, ne développent plus l’esprit critique et l’autonomie intellectuelle.
               Pour ne pas fatiguer les élèves - et les parents - il y a beaucoup moins de travail à faire à la maison qu'il y a 30 ans, mais ces exercices, par leur répétition faisaient acquérir des connaissances et des mécanismes.

                         - Parallèlement les parents ne remplissent souvent plus leur rôle d’éducateur dans bien des domaines. D’une part ils n’en ont plus le temps, travaillant souvent tous deux dans le couple, quand ils ne sont pas mono-parent, et stressés par le rythme et l’atmosphère du travail actuel.           
           
        D’autre part ils ne servent plus de modèles à leurs enfants, comme lorsque j’étais jeune. Les enfants sont aujourd’hui intégrés au groupes de copains, qui sont devenus les modèles à la place des parents, aidés par le développement du numérique et la pression de la société de consommation.                     
           
       On veut avoir tout ce qu’ont les copains, voire plus, et la plupart du temps, pas en ce qui concerne les choses importantes, mais pour des tas d’objets dont on pourrait, soit se passer, soit acquérir avec un bien meilleur rapport qualité-prix.  La publicité est malheureusement toute puissante pour déformer l’esprit des jeunes et leur imposer des choix inconscients regrettables.

     

                          - Paradoxalement, alors que l’individualisme s’est développé, c’est l’esprit moutonnier qui fait loi, sous l’impulsion des moyens modernes de communication.  
             
    Le nombre de jeunes ayant une préférence cérébrale fortement influençable est anormalement élevé, car tous veulent appartenir à un groupe, et donc adoptent automatiquement et sans réfléchir les règles et habitudes du groupe, ainsi que ses croyances, sans même essayer de les comprendre, d’en connaître origines et conséquences, et de se demander si elles conviennent à leurs désirs et  leur personnalité.  
           
       Beaucoup sont paradoxalement des individualistes moutonniers, qui suivent une mode, des rites de groupes et croient n’importe quoi.

                         - La facilité de communication aujourd’hui, entre la messagerie, mais surtout les réseaux sociaux, les sites du web, et les téléphones portables, font que n’importe qui peut écrire n’importe quoi, et sans esprit critique, ni culture suffisante, quelqu’un va donc être exposé à croire n’importe quelle baliverne qu’il lira sur internet ou recevra sur son portable.
               Des chercheurs américains ont récemment fait des études dans le domaine de la santé et ont publié un rapport accablant.  Les campagnes d’information des pouvoirs publics sont systématique-ment suspectées et les personnes testées préféraient croire toute autre information qui arrivait sur internet.  Certains accordent quand même plus de crédibilité aux propos d’un médecin, mais d’autres acceptaient sans sourciller, les ragots les plus absurdes, les propos de lobbyistes ou ceux de mages, diseuses de bonne aventure, ou astrologues. ‘ Les pires rumeurs sont diffusées sur les vaccins et les risques associés, et la non vaccination contre la grippe ou la rougeole, a entrainé de nombreuses morts aux USA.
               Je suis parfois effaré par les bêtises que je dois rectifier auprès de mes correspondant(e)s, concernant le sida, le risque de grossesse et la contraception, et le manque de connaissance des notions élémentaires concernant les hormones et la fertilité, alors que des cours sont en principe donnés sur ces sujets, au collège et au lycée.

               Il ne faut pas s’étonner qu’ensuite, quelques jeunes un peu paumés et déjantés, se laissent convaincre d’aller faire le djihad en Syrie ou en Irak, en croyant faire œuvre utile et agérable, mêmes des jeunes filles ,qui seront ensuite transformées en bombe humaine ou en poupées sexuelles des terroristes, en se rendant compte trop tard, des conséquences de leur crédulité.  
              Et que penser des gens qui, malgré toutes les preuves qui existent, croient que les attentats étaient une fable créée sur la télévision et internet par le gouvernement, ou que les camps de la mort de la dernière guerre n'existaient pas.? Où est leur intelligence ?

               Je rends hommage aux gens qui animent Wikipedia, car ils ont institué un auto-contrôle par les lecteurs eux mêmes, qui certes ne permet pas d’être sûr à 100% des informations, mais qui prévient alors le lecteur, et qui élimine toutes les  erreurs importantes.
              Il est normal qu’on ne puisse instaurer la censure systématique sur internet, sauf dans des cas de nuisance très grave, car ce serait ouvrir la porte à  la suppression de la liberté de penser.  
             
    Mais il faudrait que sur les sites, soit mis en place un système de commentaires contradic-toires, qui permette de donner des avis contraires, de mettre en garde contre des idées fausses, et de faire réfléchir aux conséquences des actes engendrés par une trop grande crédibilité. Aux lecteurs d’opinions diverses d’alimenter ces commentaires.

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    La crédulité des hommes

     La crédulité des hommes La crédulité des hommes


                Je dis souvent que je suis étonné du manque de bon sens de nos jours, de beaucoup de personnes et notamment de la crédulité des gens, surtout chez les jeunes, dont beaucoup me paraissent très crédules et croient ce qu’on leur dit, pourvu que cela ait l’air logique, ou que cela provoque une émotion qui les touche.
                Certes c’est faire confiance facilement et c’est une qualité, mais cela peut être nocif, notamment sur internet où circulent de nombreuses informations fausses, voire destinées à tromper et à escroquer les internautes crédules.

                A t’on une idée des raisons de cette crédulité, en matière de fonctionnement de notre cerveau.?
               
                Nous pouvons être abusé par nos sens et percevoir une sensation de façon erronée, mais c’est rarement une question de crédulité, mais un défaut d’analyse de la perception dans lequel notre capacité de jugement n’est que peu en cause : c’est la cas par exemple des illusions d’optique ou des dessins en trompe-l’œil.

                Nous pouvons aussi penser vraie une proposition, après une analyse logique, où nous avons été trompés par un « biais de raisonnement ». Là encore, notre cerveau a cette fait une erreur, mais ce n’est que rarement un problème de crédulité.
                Les informations qui mettent en cause notre crédulité sont en général celles qui sont communiquées par autrui, que ce soit oralement ou par lecture sur des journaux , livres ou internet, ou à la vue de certaines images fixes ou vidéo.
                Normalement on ne devrait pas y croire, mais… et on ressent à postériori une certaine gêne : « comment ai-je pu croire une chose pareille !! ».
                En effet normalement notre cerveau analyse et réfute ce qui nous paraît faux, mais notre cerveau n’est pas parfait. Il ne peut notamment consacrer assez de temps et d’énergie à une analyse approfondie, et donc il peut faire des erreurs.
                En fait il est utile de collecter de nombreuses informations et notre cerveau est programmé par l’évolution, à la fois pour s’informer, mais aussi pour ne pas croire n’importe quoi. Mais entre les deux tendances il peut y avoir des failles.

                Au départ, il est normal qu’un enfant soit crédule et fasse confiance aux gens qui lui donnent des informations. Pour douter de la véracité de l’une d’entre elles, il faut en effet avoir eu connaissance d’informations éventuellement contradictoires.
                  Mais très vite l’enfant apprend à douter de ce qui est en contradiction avec les faits dont il a l’habitude : les noms des objets courants, les images de l’environnement, ses possibilités gestuelles.    
                Par contre il est sensible à une croyance partagée par plusieurs personne et ce sera encore vrai pour influencer les ados et les adultes.
                Il est certain que l’éducation et l’instruction jouent un rôle important. Un famille où l’on a l’habitude de discuter de la véracité des informations, une instruction scientifique qui favorise la logique, le raisonnement et la référence à des théories, favorise sûrement la capacité à douter.
                 A l’inverse un scepticisme à outrance, peut amener à rejeter des informations contradictoires vraies au profit de la première hypothèse qui était fausse.
                Les émotions influencent aussi notre jugement, nous croyons plus volontiers des informations d’une part qui nous touchent émotionnellement et d’autre part qui nous sont données par des personnes qui nous sont chères.
                Le cerveau a également plus de facilité à croire une information qui suscite un certain plaisir induisant une production de dopamine par ses centres de récompense.

                Le cerveau a deux filtres principaux pour trier les informations :

                Le filtre cognitif, que l'on pourrait appeler le "sens critique" ou simplement le "bon sens", cherche à établir si une information est crédible ou non au regard de l'expérience et de la culture de chacun.
                Face à une information absurde ou contre-intuitive, (un vaisseau martien atterrit dans mon jardin !), nous exerçons spontanément ce filtre cognitif.
                Evidemment ce filtre est donc plus ou moins performant selon l'éducation et l'instruction que nous avons reçue, mais aussi suivant notre personnalité (avons nous une préférence cérébrale de décision "logique"?), et aussi selon l'expérience que nous a apportée la vie.
                La défaillance de ce filtre peut se manifester de deux façons :
                       - la première apparaît comme une acceptation non critique de choses ou de possibilités invérifiables. Ces croyances invérifiables appartiennent le plus souvent aux religions ou à un corps de doctrines et de rites pratiqués en groupe, sous une autorité hiérarchisée. C'est le cas de l'adhésion aux doctrines de sectes.
                     - la deuxième manifestation de la crédulité, consiste en une acceptation non critique de choses ou de possibilités vérifiables, ce qui relève d'une confiance naïve et paresseuse. Une analyse logique et scientifique correcte devrait les éliminer; encore faut il avoir les connaissances suffisantes, et la volonté de le faire (c’est fatigant !!).

                Le filtre émotionnel trie ce qui est désirable ou non. Car pour qu'une information soit acceptée, il ne suffit pas qu'elle paraisse vraie ou fausse, il faut aussi qu'elle ne perturbe pas trop l'équilibre psychique
                Le filtre émotionnel tient compte de nos désirs, de nos sentiments, de nos valeurs morales et religieuses.
                Si nous désirons fortement quelque chose, toute information qui nous porte à croire que ce désir va être exaucé, apparaît comme bienvenue, et nous avons davantage tendance à la croire. Tout l'art des astrologues et cartomanciens est fondé sur cette tendance, leur problème étant de nous faire avouer nos désirs profonds, sans que nous nous en rendions compte.
                Des personnes ayant une grande curiosité intellectuelle et une éducation sentimentale, morale et religieuse poussée, peuvent trouver dans des doctrines ou croyances très discutables - comme l'astrologie par exemple - un élément qui les passionne et les rassure, ne sachant plus ce qui relève de la croyance non fondée et de la raison, tout en ayant l'illusion d'accéder à des niveaux de compréhension supérieurs.

                 Le psychologue américain Robert Cialdini a montré que, bien que notre cerveau soit équipé de certains mécanismes fondamentaux destinés à vérifier la cohérence des informations communiquées, par autrui, notre esprit n'a pas les moyens d'être exhaustif, et il utilise par conséquent de nombreux raccourcis cognitifs pour se forger une opinion, ce qui n'est pas sans inconvénients.
                En cas d'incertitude, on a tendance à former ses croyances en se référant à ce qui semble être admis par le plus grand nombre de personnes ; plus on a l'impression qu'une croyance est partagée, plus elle a des chances d'être acceptée par le système cognitif.
                Si cette stratégie se révèle satisfaisante dans de nombreuses situations, elle peut aussi conduire à adhérer à des idées fausses, notamment lorsque ce mécanisme est mis à profit par des personnes mal intentionnées, notamment sur internet.
                Le tri effectué est loin d'être imperméable à toute forme d'informations erronées, car d'une part il est indispensable que ce filtrage soit une évaluation automatique et très rapide, et d'autre part, l'évaluation logique doit aussi se préoccuper des conséquences émotion-nelles que les informations reçues auraient sur l'organisme.
                Et comme le filtre émotionnel a également son mot à dire, ils entrent tous deux en compétition.

          Alors comment procède un manipulateur pour nous faire croire à ses arguments ?
                D'abord, il essaie d'avoir des arguments qui soient vraisemblables au plan de la logique ou des connaissances moyennes des individus ou de leurs habitudes.
                Ainsi dans les arnaques sur internet pour vous extorquer des renseignements sur votre messagerie ou vos comptes bancaires, on vous envoie un message avec des en-têtes qui sont exactement celles de l'organisme qui est censé vous demander les renseignements. Il vous faudrait un examen de plusieurs minutes avec les deux modèles sur votre écran, pour déceler de petites différences.
              Ensuite il s'adresse à votre émotivité ou aux conséquences possible de votre émotivité en vous promettant soit un cadeau "vous n'allez pas le croire, vous êtes le millième gagnant...", soit il va vous faire peur "pour que vous puissiez continuer à vous servir de votre compte, vous devez...." et vous vous imaginez privé(e) de votre carte bleue.
             Ainsi, l'art des manipulateurs consiste à formuler leurs thèses de façon à ce qu'elles soient évaluées positivement par les mécanismes du filtre cognitif  en leur donnant une tournure apparemment logique, en faisant miroiter les conséquences émotionnelles positives de leurs propositions, ou en utilisant éventuellement des complices afin de susciter un effet de consensus, tout en tenant un discours clairement articulé qui procure une satisfaction intellectuelle.
            A l'inverse, on croit peu aux prédictions funestes, car elles procurent des émotions négatives, sauf lorsque le danger est imminent et que la réaction de survie paraît essentielle. Dans ce cas, nos centres amygdaliens s'emparent du problème, et le filtre cognitif est court-circuité, car la nécessité d'agir rapidement l'emporte, er la crédulité devient totale.

           Mais personnellement, ce qui m'ennuie le plus, c'est que les journalistes, pour faire du sensationnel, notamment à la télé, disent souvent n'importe quoi, sans vérifier si c'est vrai, et même sans penser aux conséquences possibles de ce qu'ils disent.
          Et, sur les réseaux sociaux, c'est encore pire; c'est normal, tout le monde peut y publier ce qu'il veut, sans réfléchir. 
          Cette liberté d'expression est essentielle pour notre liberté de penser, mais le progrès et notamment internet, comme la médaille, ont leur revers.

           Mais cette crédulité et ce manque de bonnes ont aussi des raisons qui proviennent du mode de vie de nos jours. C'est ce que j'essaierai d'analyser demain.

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  • Le coronavirus va-t'il faire évoluer le monde ?

               La crise du coronavirus nous amène à réfléchir sur l’évolution de notre société et ses carences

               Dans ma ville, les queues s’allongent devant les magasins, et me rappellent la guerre de 40 lorsque j’étais enfant. Mais ce n’est pas parce que les magasins manquent de nourriture, mais parce qu’il faut se protéger du voisin et rester à au moins un mètre de distance. Alors on ne rentre dans les magasins que par paquets de dix, quand dix autres personnes en sont sorties.
               Ce n’est qu’une image banale, mais elle est le reflet d’une situation soudaine qui nous fait réfléchir sur nous mêmes mais aussi sur l’évolution de notre société, du rôle des entreprises et de l’Etat.
                                                          

     

               Nous sommes tous bloqués chez nous : en soi ce n’est pas si grave que cela. On a de quoi manger, on peut ouvrir la fenêtre quand il fait beau, on peut lire, écouter des CD ou voir des DVD,  regarder la télé ou aller sur internet, et on ne risque pas, comme pendant la guerre, qu’une bombe vienne exploser sur la maison.           

               Certes on est isolé, mais on peut communiquer avec sa famille : il y a le téléphone, skype, les réseaux sociaux, la messagerie sur internet.

     

               En fait ceux qui souffrent de la situation actuelle, et risquent leur santé, ce sont ceux qui sont obligés de continuer à travailler dans leur entreprise ou commerce, et surtout ceux qui soignent ceux qui sont malades, dans le cabinets médicaux, les hôpitaux, les EPADS, ou les infirmières libérales, et sont donc en contact avec eux
               Pourtant beaucoup de gens ont peur et certains se promènent dans la rue avec un masque plus une écharpe par dessus, ce qui ne sert strictement à rien, (sauf s’ils sont malades et alors ils devraient rester chez eux) car le masque ne sert qu’a arrêter les postillons et gouttes expulsées par la toux ou un éternuement et nous ne risquons rien à un mètre les uns des autres (et encore moins si, dans une queue ils nous tournent le dos).

     

               Du jour au lendemain le monde est devenu inquiétant, vidé d’humanité, et les gestes réconfortants - manger ensemble, s’embrasser, se serrer la main, discuter - sont maintenant interdits, par précaution tout à fait nécessaire, mais qui bouleverse nos attitudes et nos émotions.

               La peur nous guette, car dans notre société et surtout en France, la santé était considérée comme une chose acquise, d’une part par notre système de protection sociale et d’autre part parce que nos médecins étaient compétents et notre personnel soignant dévoué et efficace. Certes on savait que nos politiques négligeaient les hôpitaux publics, mais les conséquences, on ne les voyait pas. Cent mille lits d’hôpitaux ont été supprimés ces vingt dernières années  et les soins à domicile ne sauraient compenser des lits en unités de soins intensifs, et depuis un an, médecins et infirmières manifestent pour dénoncer les coupes budgétaires qui détruisent peu à peu nos hôpitaux.
               Les crédits de recherche - médicale et autre - ont été réduits au minimum, et les stocks de sécurité ont diminué, comme les masques, les médicaments, les vaccins.

     

              Mais il n’y avait pas de crise, alors on ne s’en souciait pas tellement !           

     

               Certes on sait que la mondialisation existe, mais on en connaissait que les méfaits économiques et les exils de ceux qui étaient confrontés à des situations dramatiques.

                L’Etat était censé garantir notre sécurité, mais il y a eu le terrorisme et les guerres du Moyen Orient, qui sont venu entamer cette certitude.

               Certes il y a le chômage qui est au dessus de nous comme une épée de Damoclès, les faillites, les délocalisations, le manque d’emploi, surtout pour les moins qualifiés. Mais on voyait une lueur d’espoir, l’emploi allait un peu mieux.

               En janvier on  a entendu parler de ce nouveau virus en Chine, mais la Chine c’est loin. Des cas au Japon, en Corée. Puis une alerte en France mais très bien maîtrisée.
               Puis tout à coup l’Italie contaminée, la réunion des évangélistes à Mulhouse, des aviateurs d’une base militaire revenant de Chine et c’est brutalement l’explosion de la maladie en France. On s’aperçoit que la mondialisation, c’est aussi celle du virus, et que les frontières n’existent pas pour lui.

     

              Et l’on découvre tout d’un coup , que l’on ne fabrique plus en grande quantité les masques et les respirateurs en France, qu’on manque de lits de réanimation et que les médicament sont fabriqués à l’étranger, notamment en Chine.

             On prend tout à coup conscience que les personnels soignants ne peuvent être efficaces, malgré leur savoir et leur dévouement, que s’ils disposent du matériel nécessaire.

     

              La crise actuelle est certes gérée au mieux par les pouvoir publics des pays, mais avec un mélange de gravité et d’hystérie, qui cache en réalité une énorme impréparation, et une évolution du rôle de l’Etat, qui lui a fait négliger la santé au profit de la politique et de l’économie. Et là, tout à coup, on s’aperçoit que, sans la santé, il n’y a plus ni économie, ni politique.

              Quand j’étais jeune ingénieur, c’étaient mes anciens, ingénieurs eux aussi, qui dirigeaient les entreprises et ils avaient le souci de ceux qui travaillaient : certes l’entreprise ne devait pas faire de perte, et devait rémunérer ceux qui lui donnaient des fonds, mais son rôle était aussi de procurer du travail pour que les gens puissent gagner leur vie, et subvenir à la vie de leur famille.
            Certains de mes camarades, dans le Ministère de l’Industrie, avaient la tâche de  ce qu'on appelait « l’organisation du territoire », c’est à dire de faire en sorte qu’il y ait des entreprises qui distribuent du travail et qui par ailleurs, produisent en France, les produits et denrées stratégiques, nécessaires à la poursuite de notre activité, même si un de nos partenaires étrangers faisait faux bond.
              Maintenant tout cela n’existe plus, les sociétés sont dirigées par des financiers, l’Etat devient libéral et mondialiste et ne pense que finances et à réduire ses dépenses, ainsi que le coût du travail. L’entreprise doit « produire des richesses » et faire le maximum de profit et ne se sent plus responsable de fournir des emplois. Donc les salaires doivent être au plus bas et on délocalise là où ils le sont. Les états sont aux mains des investisseurs financiers, donc préoccupés par leurs dettes et accaparés par la sécurité et les relations internationales gangrénées par les guerres entre religions et ethnies, qui se disputent le pouvoir politique.

     

             La politique et le goût du pouvoir rendent aveugle. Plutôt que prendre tout de suite les mesures pour endiguer la dissémination du virus, on a attendu car on voulait maintenir les élections municipales. On a attendu de se rendre compte de la pénurie des moyens de soins pour essayer d’y faire face et de passer les commandes nécessaires. Certes les mesures prises sont bonnes, mais très tardives. On aurait notamment pu se rendre compte, début janvier, par exemple, du faible niveau des stocks de masques.

             Finalement la crise sanitaire était aussi impréparée et mal réfléchie de la réforme des retraites absurde et l’économie est à l’arrêt.

            Mais seul l’Etat a pu gérer cette crise. Les GAFA sont impuissants vis à vis d’un virus et Amazon ne peut qu’expédier des colis. Peut être que Google devrait se demander si des recherches médicales ne sont pas plus utiles qu’une voiture robot sans chauffeur.

            Cette épidémie va causer des dommages économiques importants, des faillites et du chômage en résulteront, une croissance négative, et cela affectera le monde entier, les économies asiatiques ayant des chances d’en sortir les plus fortes. 

            Les banques, les entreprises et les sociétés financières vont devoir en supporter les charges, aux côtés de l’Etat, une fois cette crise terminée. Elles devront porter le fardeau de la reconstruction économique, même si cet effort collectif ne génére que peu de profits. 

            L’Etat devra tirer les leçons de la crise. Il devra se demander si notre société n’est pas trop occupée à réaliser des bénéfices, et à exploiter la terre et la main d’œuvre, sans se soucier des conséquences. La crise a montré que l’économie n’existe pas si la sécurité et la santé des personnes n’est pas assurée. 

           La mondialisation et le capitalisme tel que nous l’avons connu doivent changer car ils profitent de la garantie de sécurité, santé et éducation qui est fournie par les Etats, et si seuls les Etats peuvent gérer une crise d’une telle ampleur, ils ne pourront pas nous faire sortir à eux seuls de cette crise : il faudra que les entreprises contribuent au maintien des biens publics, dont elles ont tant bénéficié.

           Le retour en France de certaines fabrications stratégiques  devra en particulier être envisagé, malgré son coût plus élevé qu’une fabrication dans les pays à bas coûts.

           Et quand je vois l’envoi d'un million de masques par la Chine à l’Italie, récupéré par la République Tchèque - puis rendus heureusement - je me pose des questions sur l’avenir de l’Europe et je continue de penser qu’on aurait dû rester dans une Europe limitée de 17 membres, sans un certain nombre de pays, qui égoïstement ne pensent qu’à eux mêmes.

     

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  •            J'ai déjà publié, en janvier 2019, des photographies de René Maltête, photographe breton né en 1930 et mort en 2000, qui a publié des livres de photos humoristiques prises sur le terrain, donc réelles et pas arrangées ou truquées. Ce sont des photographies de coïncidences insolites et originales, prises avec beaucoup d'humour :

    Des photographies de René Maltête (2)


    Il a pris beaucoup de photos de son pays natal, attaché à ses monuments et à son folklore. Cette photo me paraît très représentative du pays
    bigoudin

    Des photographies de René Maltête (2)

     

     

     Prise sur une plage cette photo qui étonne. il faut 2secondes pour réaliser.

     

    Des photographies de René Maltête (2)

      

     

     

     

     

     

          Est ce vraiment la course et qui a gagné ?

     

     

     

     

    Des photographies de René Maltête (2) 

     

     

          Un comité d'accueil en Dordogne.

    Il fallait être là pour prendre cette photo !

     

    Des photographies de René Maltête (2)

     

    ..

     

     

           

     

     

     

            A bancal, bancal et demi !

    Ou heureusement qu'on peut avoir des étais

     

     

     

    Des photographies de René Maltête (2)

     

     

     

     

            

     

    Des photographies de René Maltête (2)

     

     

     

     

     

            On a toujours secoué les tapis par les fenêtres, au risque d'être prise pour une  (belle) sirène

     

     

     

     

     

     

    Des photographies de René Maltête (2)

     



            

     

    Des photographies de René Maltête (2)

     

     

     

     

       L'homme s'identifie à sa voiture, c'est bien connu !

         

     

     

     

     


    Des photographies de René Maltête (2)

     

     

     

     

     

     

     

     

           Avez vous vraiment peur de ce gentil chien ?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Help !
    Ce n'est pas moi qui suis sous la bouée, je sais encore nager, malgré mon âge !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un saint homme ce prêtre ! A quand la canonisation ?

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