• Psychologie, comportement

              

  •            Je suis toujours étonné de voir combien certaines personnes ont souvent une mauvaise opinion d’elles mêmes et donc une confiance très limitée en elles.

    Que faire quand on n'a pas confiance en soi ?         Elles décrivent souvent en noir foncé leur environnement, leur réalité, leur vie et s'accablent de mille défauts. :  “Je ne vaux rien; je suis toujours en retard, désorganisée;  je ne travaille pas efficacement. Je suis nulle en communication et personne ne me prend au sérieux et ne m’aime; je suis une incapable, je n'ai aucun succès en amour, je n’entreprends rien, je rêve de choses impossible; je ne réussirai rien de ma vie.

               C'est une avalanche d'idées moroses et négatives et il faut donc demander aux personnes qui n'ont pas confiance en elles, d’analyser le coté positif des situations qu'elles ont rencontrées En se forçant ainsi à analyser tous les aspects positifs et négatifs des situations rencontrées, elles peuvent ainsi remettre en cause - voire modifier - leurs à-priori.
                Personnellement lorsque j’aide quelqu’un qui n’a pas confiance en soi, je lui demande de lister et d’analyser toutes ses qualités, les actions qu’il a réussies, les personnes qui l’apprécient, les compliments qu’il a reçus ...

              Mais en fait il y a maintes façons de ne pas avoir confiance en soi. On peut les représenter sur deux schémas ci-dessous, qui indiquent en gras le coté positif qu'il faut encourager et faire appréhender aux personnes sui souffrent du manque de confiance correspondant.

    Que faire quand on n'a pas confiance en soi ?

     

               On peut aussi définir les problèmes sous l'angle des peurs, des angoisses à la pensée de ne pa être capable de....

    Que faire quand on n'a pas confiance en soi ?

     

                Lorsqu’une personne qui n'a pas confiance en elle, est laissée face à ses peurs, les évitements lui permettent de fuir les situations angoissantes, mais la maintiennent  dans l'idée fausse qu'elle ne peut les affronter, et peu à peu elle s'isole dans son coin, psychiquement et même physiquement à l'écart. Cela peut aller jusqu'à l'agoraphobie.
                  Il faut donc lui apprendre à s'exposer à des niveaux croissants d'anxiété, en provoquant des situations faiblement, puis plus fortement anxiogènes (aborder des inconnus, se faire remarquer dans un lieu public, prendre la parole dans une réunion, etc.). Elle peut alors constater que son angoisse peut être forte « a l'intérieur» sans que cela soit perçu par les autres, ce qui n'a pas de conséquences sur le plan de l'opinion d'autrui, que craint énormément une personne qui n'a pas confiance en elle même..

                Je voudrais traiter un cas particulier, car je suis toujours étonné de voir combiencertaines personnes attachent surtout une importance exagérée à l’opinion des autres, de leurs familles et amis, mais aussi de personnes qu’elles ne connaissent pas.
                Il en résulte souvent que leur comportement et l’image qu’elles veulent donner d’elles, ne sont pas conformes à la réalité, à ce qu'elles sont réellement, mais au personnage qu’elles voudraient que les autres voient en elle. C’est ce que C.G. Jung appelait la “Persona”.

               Bien sûr, il existe une certaine correspondance entre l’opinion que nous croyons que les autres ont de nous et ce qu’ils pensent réellement de nous, mais nous nous trompons parfois complètement à ce sujet, et l'opinion des autres sur nous mêmes n'est pas le plus souvent conforme à l'idée que nous nous en faisons.
                Souvent la manière dont nous nous présentons aux autres dans nos relations dépend directement de la perception que nous croyons que les autres ont de nous. Il en résulte que notre “Persona”, le rôle que nous jouons en société, correspond peut être à ce que nous voudrions que les autres voient et pensent de nous, mais pas forcément à ce qu’ils voient et pensent réellement.                          
               J’ai remarqué que souvent ces personnes se trompent quant à l’opinion des autres et c’est en partie ce qui nuit à leur estime de soi !               
               Elles croient en général que les autres les jugent mal et que les autres ne les aiment pas, ce qui a une influence négative sur leur vision d’elles-mêmes. Et plus nous croyons que les autres ne peuvent pas s’intéresser à nous, plus nous paralysons notre comportement de manière à susciter le moins de réactions (négatives) possibles de la part des autres. 
               A l'inverse, une personne qui croirait que les autres l’apprécient, alors que ce n'est pas vrai, risque de se plonger dans une situation humiliante. 

               Retrouver une confiance en soi, demande que l'on analyse sa "Persona", ce que le sociologue Erving Goffman appelle la “présentation de soi” en comparant la vie humaine à un théâtre : nous y jouons tous différents rôles, nous suivons des règles et sommes évalués par les autres selon nos performances.
               Mais nous adoptons surtout un comportement différent lorsque nous sommes seuls ou devant un auditoire. Nous possédons plusieurs “nous-mêmes” que nous présentons à différentes occasions en société selon nos intentions et selon les situations. 
               Décrypter ces comportements et les situations correspondantes, devrait permettre d'être davantage nous même, de nous affirmer et de moins craindre l'opinion des autres.

              Je suis toujours un peu embarrassé quand je suis face à quelqu’un qui a une mauvaise image d’elle même parce qu’elle attache trop d’importance à l’opinion des autres. Il n’y a pas de recettes universelles dans ce domaine et chaque cas est particulier.
              J’essaie de montrer à ces personnes qu’on ne devrait jamais être obnubilé par le regard des autres, ni se fier à l'opinion des autres pour avancer dans la vie. Une opinion est un ensemble d'idées que l'on se fait sur quelque chose ou sur quelqu'un - un jugement donc - et une opinion peut être influencée par le milieu social, les médias et les préjugés...   
             Alors, pourquoi se fier sur les idées ou les préjugés de certains pour s'empêcher de vivre librement sa vie ? Et je me souviens d’une dissertation que j’avais faite en philosophie, il y a plus de 70 ans :“Le jugement d'autrui ne peut-il pas constituer une entrave à ma liberté ?”   

             Je pense enfin que pour retrouver confiance en soi, il faut regarder l'avenir et donner un sens à sa vie : “Qu’est ce qui est important pour moi? Ma vie vaut elle d’être vécue ? Pourquoi?”  
             La réponse à la quête du sens de sa vie peut être très différente d'une personne à l'autre, voire chez la même personne à des moments différents de sa vie.
             Cependant, les recherches de psychologie menées sur le sujet montrent que l'être humain donne du sens essentiellement à travers trois dimensions:
                  - une dimension affective et relationnelle : l'amour, l'amitié et la famille ;         - une dimension cognitive : les pensées, convictions, valeurs et choix philosophiques, appréciation de l'art ou connaissances scientifiques ;
                 -  l'engagement dans une activité, professionnelle (y compris bien sûr les études) ou autre.        

             Chacun donne du sens à sa vie au travers de son cœur, de son cerveau et de ses mains.     Pour approcher ce que donner du sens à sa vie peut signifier, il faut donc examiner ces trois dimensions : les relations affectives, les convictions personnelles et l'action.

     

     

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  • La confiance en soi. Qu'est ce ?

                 L'un des premiers articles que j'avais écrit sur ce blog, il y a trois ans, concernait le manque de confiance en soi des jeunes.

              En fait c'est une difficulté générale que rencontrent de nombreuses personnes de tous âges et qui empoisonnent leur vie de famille et leur travail, voire leurs loisirs.
               C'est normal qu'un jeune n'ait pas entièrement confiance en lui : il n'a pas encore l'expérience de la vie, son cerveau préfrontal n'est pas encore complètement mature car il n'a pas encore eu un apprentissage suffisant pour prévoir toutes les conséquences de ses actes.
               Mais cette faiblesse ne doit pas dépasser une certaine limite sinon elle apporte des perturbations gênantes et d'autre part elle devrait s'atténuer en prenant de l'âge et une certaine expérience de la vie.

              D'où vient ce manque de confiance en soi ?
              Il y a une part de prédispositions inconscientes dues à nos préférences cérébrales. (pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, vous trouverez de nombreux articles sur mon blog dans cette catégorie).
     

    La confiance en soi. Qu'est ce ?

      Les deux préférences qui sont les plus déterminantes dans ce domaine sont l'indépendance d'esprit et l'optimisme / pessimisme.
     
                La personne indépendante d'esprit est celle sur laquelle les autres, et la société, n'ont pas une influence déterminante : elle les écoute, tient compte des us et coutumes, mais conserve son libre arbitre et tient surtout compte de ses idées personnelles et de sa propre estime.            
                 La personne influençable l'est principalement par deux voies :
                La plus courante, elle est trop attachée à l'opinion que les autres ont sur elle. Elle a peur d'être jugée et d'être mal jugée. Cela devient pour certains un véritable tourment et une obsession, à tel point que toutes leurs décisions, toute leur vie en dépendent.
                La deuxième influence est celle de toutes les règles et tendances : règles morales et religieuse, règles de vie en société, mais aussi les tendances à la mode, les règles du groupe auquel on appartient ... Bien sûr, la vie en société ne serait pas possibles sans règles, mais elles sont loin d'être toutes indispensables, et, même dans ce cas, il faut qu'elles soient comprises, acceptées (le "surmoi" de Freud), et appliquées intelligemment, après réflexion.
                il faut dire que l'influence actuelle des médias, (télévision, internet, cinéma et livres) et le développement exagéré des réseaux, que ce soit sur les téléphones portables ou sur le web, fait que l'on a l'impression, si on n'y prend garde, d'être en permanence sous le regard d'autrui.
                La télévision qui nous gave d'informations stéréotypée, la saturation d'informations sur des sujets voisins (voir la campagne électorale des derniers mois), la société de consommation et la pub qui veut nous faire acheter, favorisent l'esprit moutonnier et l'esprit de mode, en nous enlevant peu à peu, notre équation personnelle pour la remplacer par ce qu'on veut que nous soyons.
                Les deux influences combinées font qu'une personne très influençable devient très sensible à l'opinion des autres, au point de bne plus avoir confiance en ses propres opinions, en ses décisions et en ses actes.
                Il est par ailleurs connu que si nous sommes sous le coup d'émotions, nous sommes moins objectifs et que pour faire agir un groupe, les meneurs savent le saturer d'émotionnel pour l'empêcher de réfléchir.
                Une personne qui ne maîtrise pas ses émotions, qui ne les comprends pas bien et qui les subit, est plus influençable.
     
                 La personne optimiste voit le verre à moitié plein, est sereine, tourne la page face au passé et revient assez rapidement à l'objectivité après une émotion négative.
                La personne pessimiste voit le verre à moitié vide, est soucieuse de l'avenir, a, sur le passé, des remords de ce qu'elle a fait et des regrets de ce qu'elle n'a pas su faire, et le retour à la normale après un passage malheureux est lent et difficile.
                Le pessimiste au contraire, non seulement se lamente sur les problèmes importants qu’il rencontre, mais a tendance à ne pas reconnaître la part bénéfique des événements et se plaint toujours de leur aspect maléfique. Il se rend ainsi malheureux lui même et est donc souvent stressé;
                Il est certain que ces comportements pessimistes enlèvent une partie de votre assurance et sape la confiance en soi.
     
                De plus, les autres préférences cérébrales peuvent influer sur le niveau de cette confiance.
     
                L'introverti, timide aura tendance à avoir moins confiance en lui que l'extraverti, insouciant et qui a des contacts faciles avec autrui. Mais ce n'est pas généralisable, car l'introverti qui réfléchit davantage, sera très mal à l'aise dans une réception, mais aura confiance en lui pour faire un exposé sur un sujet qu'il connaît bien.
                Et l'extraverti fera dans certain cas, plus attention au jugement d'autrui que l'introverti qui a l'habitude du monde de ses pensées.
     
                Celui qui a une sensibilité émotionnelle très forte "A", aura plus de mal à maîtriser ses émotions, que celui "O", qui est peu sensible et passe rapidement à une perception objective des faits et des situations.
     
                La personne "L", qui prends ses décisions en fonction d'un raisonnement logique, aura davantage tendance à contester l'opinion des autres et à les comparer aux siennes propres, que la personne "V", qui suit intuitivement ses goûts et ses valeurs.
                Elle aura le plus souvent davantage confiance en elle.
     
                La personne de perception sensitive" S", qui examine les détails, avance pas à pas dans sa prise d'information, aura davantage confiance dans les faits et la vue des événements, que la personne "G" qui perçoit globalement et intuitivement, mais de façon moins précise.
     
                Enfin la personne "J", qui donne priorité à la décision et cherche à prévoir son comportement face aux événements, sera plus assurée qu'une personne "P", qui donne priorité à l'information, et sera donc peu confiante en ses décisions (si elle en prend).
    Mais par contre la personne J aura moins confiance en elle face à une situation imprévue qu'elle n'aura pas pu étudier, alors que la personne "P" saura mieux s'adapter.
     
                La préférence "tolérance, intolérance" a une influence particulière : la personne intolérante a évidemment davantage confiance dans ses propres opinions, mais par contre, peu sensible à l'environnement et à l'opinion de ceux qui ne pensent pas comme elle, elle risque de se trouver très démunie 
      
                Mais le vécu exerce aussi son influence sur ces préférences et sur notre confiance en nous.
                L'adolescent et même le jeune plus âgé est en général à un tournant de sa vie où il cherche peu à peu son autonomie, en sortant du cocon de la famille, en prenant ses responsabilités et en devenant progressivement adulte.
                En général le manque de confiance en soi résulte d’expériences négatives qui incitent l’adolescent à douter de ses capacités qu’il est en train d’acquérir peu à peu, et de penser qu’il ne peut être autonome et responsable.
                Mais cela reste vrai pour l'adulte qui doute de lui, car le plus souvent il se laisse envahir par les impressions négatives et ne sait pas profiter de celles qui sont positives.
                Le réflexe habituel de l'extraverti timide et plutôt pessimiste et influençable, est de rester uniquement sur les sensations d'anxiété ou de gêne qu'il a ressenties, et non pas de mémoriser les éléments positifs des expériences (même s’il a fait l'effort d'en tirer les leçons, et de communiquer avec des personnes qui avaient l'air sympathiques).
     
              Dans mon prochain article, j'essaiera de voir comment on peut remédier à ces problèmes.
     
    dans un milieu hostile à ses valeurs et à ses désirs.
     
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  • D'où vient notre pessimisme ?

          Plusieurs personnes me demandent de mieux expliquer comment dans l’optimisme ou le pessimisme, il y a une part d’inné et d’acquis et pourquoi.
        C’est un problème d’autant plus complexe quil y a encore beaucoup d’éléments dans ce domaine qu’on ne connaît pas encore.
        Je vais essayer cependant de vous l’expliquer le plus simplement possible, mais je vous renvoie aussi aux articles que j’ai déjà écrits dans la rubrique “inné ou acquis” et sur la préférence cérébrale "optimisme - pessimisme".


        Vous savez tous que nous héritons de nos parents des caractéristiques génétiques.
        Les cellules humaines comportent 22 paires de chromosomes asexués plus une paire différente selon le sexe que l’on appelle XY chez l’homme et XX chez la femme.
        Les cellules sexuelles (gamètes : ovules ou spermatozoïdes), ne possèdent que la moitié des chromosomes (23), de telle sorte que lors de la fécondation, l’oeuf issu de la réunion des deux cellules, retrouve ses 46 chromosome, la moitié venant du père et la moitié de la mère.
        Dans ces chromosomes il y a de de très nombreux gènes, qui eux mêmes sont composés de molécules d’ADN (acide désoxyribonucléique), sorte d’échelle hélicoïdale, dont les barreaux sont constitués de 4 types de bases azotées, dont l'ordre de succession dans cette échelle constitue nos facteurs héréditaires.
        En effet par un mécanisme complexe, ces bases sont à l’origine de la synthèse des acides aminés dont la combinaison fournit les protéines qui déterminent le fonctionnement du corps humain (et de sa formation).
        Mon article du9 juins 2018 décrivait la formation du cerveau.
        A l’origine ce sont des gènes qui déclenchent le processus de formation des neurones et la croissance de leurs prolongements et il y a donc dans la formation initiale “grossière” des centres du cerveau, une part d’hérédité.
        Par grossière j’entends que le nombre des neurones des diverses régions du cerveau et la croissance initiale des axones et dendrites est commandée par les gènes et donc l’hérédité joue à ce stade.

        Mais comme je l’ai déjà dit dans plusieurs articles, le fonctionnement de notre cerveau est essentiellement déterminé par les connexions entre neurones. Or les gènes font en sorte que les axones et les dendrites soient au voisinage les uns des autres, mais ils ne déterminent pas les connexions    Celles -ci se font ensuite au hasard, et il y a donc dans la formation de notre cerveau une part d’incertitude, qui n’est pas génétique mais qui se détermine avant notre naissance et qui donc est innée (mais pas héréditaire).

        Nous héritons donc à notre naissance d’un cerveau dont les centres sont déterminés partie par l’hérédité, partie par le hasard, de telle sorte que même les cerveaux de deux jumeaux sont différents.
        Nous avons donc à la naissance des préférences cérébrales innées résultant de cette formation, qui prédisposent notre cerveau à certains types de fonctionnements de préférence à d’autres (Ce que CG. Jung appelait les "types psychologiques")

          Trois zones du cerveau sont importantes  pour notre comportement optimiste ou au contraire pessimiste et anxieux : le cortex préfrontal qui raisonne et examine logiquement les faits, les centres de récompense qui nous procurent du plaisir lors d'un événement qui nous plaît, et les centres amygdaliens qui gèrent l'inquiétude, la peur, le stress.
         A la naissance, l’un de nos deux circuits de liaison positif (cortex préfrontal - circuit de récompense) et négatif  (cortex préfrontal - centres amygdaliens), fonctionne plus facilement que l’autre pour des raisons héréditaires ou innées.
         On ne sait pas pourquoi, sans doute comporte t’il davantage de connexions neuronales, ou utilise t’il davantage de neurotransmetteurs chimiques, ce qui est sûr c'est que les connexions se font plus facilement et donc plus fréquemment.

        Mais en fait à la naissance nous avons un cerveau “vide”, car, en dehors des centres qui régulent la vie du nouveau né et les centres de la perception qui ont commencé à fonctionner très succinctement (surtout l’ouïe), le reste du cerveau n’a rien fait et rien mémorisé, ni souvenirs ni surtout processus de commande de notre corps et de notre esprit.
        Notre cerveau a un énorme potentiel, mais il faut l'utiliser pour transformer ce potentiel en capacités réelles. C'est l'habitude de fonctionner et la fréquence des utilisations qui créera peu à peu des connexions "solides" . Les autres inutilisées disparaîtront.

        Comme je l’ai décrit dans mes précédents articles, le cerveau va alors faire son “apprentissage”, aidé par des “centres d’apprentissage, de récompense et de sanction” qui délivreront de la dopamine (un neurotransmetteur) chaque fois qu’une action entreprise réussira et cette libération de dopamine induit une sorte de satisfaction qui incite à recommencer à réussir et faire mieux. (les journalistes appellent ces centres les “centres du plaisir” (voir mon article du 30 avril 2017 sur le mécanisme de ce circuit)
        C’est ainsi que par des essais réussis et d’autres ratés, l’enfant va progresser, apprendre à se servir de ses mains en coordination avec sa vision et son toucher, puis à marcher, à se servir de ses cinq sens, puis à parler, à lire et écrire......

        Cet apprentissage se compliquera et deviendra l’éducation des parents et l’instruction à l’école.
        Evidemment ces divers apprentissages vont avoir une grande influence sur nos préférences cérébrales innées. Ils ne les changeront pas mais ils pourront renforcer l’usage de ces préférences ou au contraire nous permettre d’utiliser plus souvent l’aptitude non préférentielle.
        Un pessimiste restera donc un pessimiste, mais il pourra apprendre à être aussi optimiste dans certains cas et donc à diminuer son comportement pessimiste.
    Son cerveau pourra en particulier apprendre à être réfléchi et logique.

        Vous allez me demander comment se traduit cet apprentissage dans notre cerveau : il favorise certaines connexions entre neurones qui se renforcent par suite de l’usage fréquent de telle sorte que des processus (comme : se servir de ses mains, marcher, faire du vélo... réfléchir, organiser, créer....) vont se mettre au point ainsi que la mémorisation d’images, de perceptions, d’événements, de sentiments et bien entendu du vocabulaire nécessaire au langage, sans lequel les idées n’existent qu’à l’état frustre.
        Dans le cerveau, tout est affaire de connexions. Lorsque les connexions sont renforcées, entre deux neurones, si l’un est sollicité il sollicite automatiquement l’autre et l’information se propage ainsi, comme lorsqu’un ordinateur exécute un programme dans sa mémoire, avec cette différence essentielle que l’ordinateur fait cela pas à pas, alors que dans le cerveau à tout instant, les connexions sont multiples et très nombreuses.

        Revenons à notre nouveau né “pessimiste”.
        Si on l’aide dans son apprentissage, son circuit de récompense va souvent fonctionner et il prendra l’habitude de fonctionner, mais à ce stade d’apprentissage élémentaire cela n’aura guère d’influence encore sur l’aspect optimisme/pessimisme, qui n’est pas une notion de cet âge. Mais si ce jeune enfant n’a pas l’affection et l’attention des parents, le manque d’aide qu’il ressentira pourra néanmoins renforcer le circuit négatif.
        Il n’en est pas de même du jeune enfant, dès qu’il est en possession du langage et que donc il peut vraiment émettre des idées, penser vraiment.
        Le type d’éducation qu’il recevra peut grandement influencer sa préférence.
        Si l’enfant est entouré d’amour et de tendresse, si on n’oublie pas de le complimenter quand il réussit, si on ne se contente pas de le gronder quand il fait mal, mais qu'on sollicite son cortex en lui expliquant pourquoi c’était mauvais pour lui (ou autrui) et ce qu’il aurait dû faire, si on l’écoute chaque fois qu’il a besoin d’aide, alors son circuit négatif sera beaucoup moins sollicité et il prendra l’habitude d’utiliser davantage son circuit positif, dont les connexion se renforceront. Il diminuera ainsi sa tendance pessimiste.

         Les premières années de l’éducation sont fondamentale car le cerveau est encore très malléable, les connexions non encore renforcées étant infiniment nombreuses.
        Puis vient l’école qui agit autrement car elle sollicite essentiellement notre mémoire et la faculté de notre cortex de raisonner. Elle nous donne aussi par nos lectures (et autres perceptions), une certaine idée des sentiments et émotions.
        L’instruction n’entraîne pas à priori l’orientation vers le circuit positif ou négatif, mais elle nous apprend à maîtriser nos émotions à comprendre nos sentiments et dans une certaine mesure de les soumettre à la raison du cortex au lieu de les laisser tourner en rond dans notre cerveau émotionnel.

        Ce cours de SVT est un peu long, excusez moi, mais je voulais répondre le mieux possible aux questions qui m’avaient été posées.
        J’espère qu’il n’a pas été trop ésotérique et je suis prêt bien sûr, à vous donner des explications complémentaires.

     

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  • Savez vous ce qu'est l'orthorexie ?

         Bien que je possède un vocabulaire assez important (environ 60 000 mots), je découvre toutes les semaines des mots que je ne connaissais pas.
        Cette semaine c’est une de mes petites filles, qui fait une thèse de psychologie et vient de choisir son sujet : « l’orthorexie ». Savez vous ce que c’est ?

        Si vous écoutez la télévision ou lisez quelques journaux, si vous suivez des blogs ou des forums sur internet, vous devez être saturés d’informations concernant la nourriture.
        Cela peut être des recettes pour « bien manger » et avoir le plaisir du goût, mais le plus souvent  ce sont des information de dangers : la viande et les abats au temps de la vache folle, les canards de la grippe aviaire, les maladies causées par les pesticides….
        Là ce sont des dangers précis, même si les médias les exagèrent parfois, mais en permanence, nous avons des mises en garde contre tel ou tel additif, tel produit présent dans l’environnement qui risque de se retrouver dans la nourriture.
        Les médias ont trouvé là, une tarte à la crème, mais aussi de nombreuses personnes qui y voient un moyen de gagner de l’argent, en fonction de la mode et au dépends de la crédulité de leurs interlocuteurs.
        Je remarque que la plupart de ces informations sont purement qualitatives, sans chiffres et sans références précises d’études scientifiques.
        Or d’une part, avec les moyens modernes d’analyse, on peut trouver des traces infimes de n’importe quel produit, et d’autre part tout est question de quantité : au dessous d’une certaine dose tout produit est inoffensif et au delà d’une dose, en général beaucoup plus forte, il devient dangereux : faites boire en très peu de temps 30 litres d’eau pure à une personne et elle mourra d’œdèmes !.
        Et quand des statistiques sont données, on ne cite pas les sources, on ne dit pas dans quelles conditions elles ont été mesurées, elles semblent peu crédibles car les phénomènes ont des causes très nombreuses et une analyse multi-critères est très difficile à faire. Enfin souvent, on confond une corrélation (deux phénomènes liés, mais on ne sait par quoi) et une relation de cause à effet.
        Mais il est certain qu’avec ce battage médiatique, les gens ont de quoi être inquiets.
        Sans parler des gens qui veulent perdre quelques kilos et qui trouvent maintes recettes tous les jours dans la pub sur la télé et sur internet.
        Alors on prône maintes solutions pour diminuer le risque de mauvaises conséquences de notre alimentation et surtout l’inquiétude grandissante des personnes : dates de péremption, composition, traçabilité, contrôle de l’origine, labels multiples…).
        Des logiciels apparaissent sur les smartphones qui donnent un avis (pas très justifié) quant à la « consommabilité » du produit : bon, moyen, mauvais, très mauvais. (Il faut bien que les informaticiens gagnent leur vie !).
        Les autorités sanitaires défendent d’ailleurs ces actions et poussent à légiférer.
        Mais la réduction du risque par le contrôle accroît la peur du risque. L’appareil législatif et réglementaire inflationniste génère un effet pervers très contre-productif de majoration du danger imaginé.

       Venons en à « l’orthorexie » (du grec orthos, « correct », et orexis, « appétit ») Qu’est ce ?
        Ce terme a été créé en 1997 par le Dr Steven Bratman qui propose de considérer cette pratique comme un trouble des conduites alimentaires, comme le sont l’anorexie ou la boulimie, plus connus de tous.
        C’est « un ensemble de pratiques alimentaires, caractérisé par la volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains ».
        La personne orthorexique pousse à l'extrême l'idée d'une saine alimentation en planifiant longuement cette dernière pour réduire sa consommation de toute substance qu'elle considère nuisible à sa santé.
        L’orthorexique se fixe une éthique alimentaire rigoureuse, composée de règles strictes, qu’il s’astreint à respecter quotidiennement : concernant le choix et le rituel d’achat des aliments, leur préparation, leur cuisson, etc. Il ne cesse de planifier, sur un terme plus ou moins long, ce qu’il va manger et dans quelles conditions.

        L'orthorexie ne figure pas dans le manuel de référence en psychiatrie, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), mais elle commence à faire l’objet d’étude, et les écrits de madame Camille Adamiec, Docteur en Sociologie et professeur  à l’Université de Strasbourg, sont intéressants à lire. (vous trouverez sur internet un CV étonnant de ce chercheur et la liste de ses publications).
    Patrick Denoux, professeur de psychologie interculturelle à l’Université de Toulouse Montmirail est également l’auteur de différentes publications sur le thème de l’alimentation et des nouvelles obsessions qu’elle génère. Nathalie Dumet, psychologue clinicienne, a publié divers cas dans « L’inconscience dans l’assiette ».

        Le problème c’est de différencier le juste souci que nous avons de manger sain, d’une part d’une exagération due au battage médiatique et d’autre part d’une véritable obsession que l’on peut considérer comme pathologique. Cela ne semble pas facile.
        En fait quand nous faisons nos courses alimentaires, nous avons une offre démentielle de centaines de repas et de produits différents, la pub nous vantant chacun d’entre eux dans ce milieu ultra-concurrentiel. Il me paraît donc normal que nous ayons le désir d’ordonner une offre de consommation anarchique qui n’obéit à aucune valeur sinon celle du marché et du profit, et ceci dans un environnement aux risques multiples.
        Les pratiques traditionnelles ont également changé. L’approvisionnement local a été en ville replacé par le supermarché, les couples travaillent en général tous deux et sont dans une situation de stress et d’urgence, et on recherche de plus en plus des plats tout faits ou une cuisine rapide et simple.

        Je connais un camarade qui a remplacé dans son alimentation tout le lait et les yaourts par du lait de soja, (qui n’est pas un lait mais un jus), parce qu’on en vante les bienfaits sur le cholestérol et l’ostéoporose. Mais à haute dose le soja peut aussi être nocif et les occidentaux sont moins habitués que les asiatiques à le tolérer. Cette personne a déclenché des réactions allergiques et une carence calcique et a dû arrêter son habitude alimentaire. Mais était-ce vraiment une obsession.?
        Je connais aussi quelqu’un qui a banni tout à coup toute consommation de gluten (et cela complique singulièrement ses courses). Pourtant elle n’a jamais été sensible ou allergique au gluten. Cela frise l’obsession, mais est ce vraiment pathologique ? Elle est cependant assez hypochondriaque.
        Patrick Denoux cite des pratiques plus bizarres :  « ne pas manger de légumes qui ont quitté le contact avec la terre depuis plus de 15 mn, mâcher au moins 50 fois chaque bouchée avant de l’ingurgiter, ne jamais être rassasié, ne manger que du poisson mais pas d’œufs, certains légumes mais pas tous, tant de fois à tel moment de telle façon, effectuer 12 petits repas par jour d’un seul aliment chaque fois, consommer chaque jour 80 suppléments alimentaires provenant de magasins diététiques….. »
        Un tel carcan conduit inévitablement à une restriction considérable de la socialité, obligeant pour chaque invitation à se déplacer muni d’un menu alimentaire restreint.
        J’ai trouvé dans mes lectures, cette différenciation : « Vous êtes orthorexique quand votre vie tourne entièrement autour de l'alimentation. Le point de bascule, c'est quand on ne peut plus faire autrement, par exemple, quand on commence à refuser des repas chez des amis uniquement pour cette raison. »

        Et il faudrait alors aborder un autre sujet qui relève de la psychologie  : ces excès sont ils la conséquence d’un malaise, de problèmes psychologiques, qui ont engendrés cette pathologie ?

        Mais beaucoup de personnes n’en sont pas là et cèdent simplement à la mode, au battage médiatique, à l’inquiétude ou au souci d’être mieux et plus attrayant(e).
        A mon avis, dans ce cas :
               - Il faut limiter le temps de préoccupation à la recherche de manger sain, sinon cela devient très chronophage et on n'a plus de vie sociale.
              - Il vaut mieux consulter un nutritionniste, un médecin, un vrai professionnel, que de récolter des conseils plus ou moins sérieux à droite et à gauche.                       
             - Il ne faut pas croire toutes les publicités, les gens qui veulent se faire remarquer ou vous arnaquer, les gourous.
            - il faut déculpabiliser le « plaisir de manger » et remettre à l’honneur la pratique de la « bonne cuisine ».

        Et je remercie ma petite fille, qui a piqué ma curiosité et m’a fait chercher des documents qui expliquent ce qu’était l’orthorexie. Je lirai avec plaisir et intérêt ce qu’elle va écrire dans sa thèse
    .

    Savez vous ce qu'est l'orthorexie ?

     

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    Qu'est ce que l'impulsivité ?

     

          J'ai lu une thèse de Joel Billieux sur l'impulsivité, qu'il a passée à l'université de Genève, au service de psychopathologie et de neuropsychologie.
        Cette étude est intéressante car elle décortique les aspects de l'impulsivité et j'essaierai ensuite de la rattacher à l'usage du portable.

        L'impulsivité c'est le manque de patience lorsque l'on cherche à satisfaire un désir, à obtenir satisfaction, une tendance à agir selon ses pulsions et donc un faible contrôle de soi.
        Joel Billieux distingue quatre composantes de l'impulsivité :

        “L'urgence “, c'est avoir de fortes réactions face à une situation, lorsque la personne est en proie à une émotion forte positive ou négative, au risque d'avoir des réactions regrettables.
        Les personnes ayant une forte composante d'urgence réagissent sans prendre assez de recul sous le coup de l'émotion, et peuvent se mettre en colère, avoir des mots vifs pour une personne, faire des gestes regrettables.
        C'est probablement dû entre autres, à une forte activité des centres amygdaliens du cerveau et à une insuffisance de contrôle de ses réactions par les cortex frontaux et préfrontaux qui doivent inhiber les réactions exagérées.

        “Le manque d'anticipation” désigne le fait de ne pas savoir suffisamment prévoir les conséquences de ses actions avant de s'y engager. C'est une prédisposition à se focaliser sur le présent plutôt que sur l'avenir.
        C'est peut être le cas des personnes de préférence cérébrale de perception “sensitif” “S” mais c'est aussi celui de personnes dont le cortex préfrontal ne remplit pas suffisamment ce rôle de prévision.
        Rappelons nous que les adolescents n'ont pas un cortex préfrontal arrivé à maturité.

        “Le manque de persévérance” est une difficulté à rester concentré sur une tâche éventuellement longue, difficile et fastidieuse. Elle serait liée à une faible capacité de la personne à résister à l'intrusion de pensées, images et souvenirs qui peuvent distraire la personne de sa tâche et en perturber le déroulement et la réalisation.
        C'est peut être le cas des personnes de préférence cérébrale de perception “global” “G” mais c'est aussi celui de personnes dont les centres du cortex et du cerveau émotionnel chargés de maintenir l'attention ne remplissent pas suffisamment leur rôle.
        La sérotonine est un neuromédiateur qui joue un rôle important dans ce domaine. 
    Les adolescents, outre un cortex préfrontal non totalement mature, peuvent avoir des troubles de la sécrétion de sérotonine, (en partie dus à la puberté), ce qui rend plus difficile leur concentration sur une tâche et il faut particulièrement les habituer à cet effort. 
        En effet interrompre sa réflexion pour penser à ses amis, à un jeu, une soirée, une sortie, consulter un SMS... oblige à tout reprendre depuis le début et donc à perdre énormément de temps.

        Enfin la recheche de sensations fortes et la prise de risque est le quatrième facteur de l'impulsivité; c'est la tendance à apprécier et rechercher des activités excitantes et de nouvelles expériences.
        Au début de l'adolescence, le cerveau, considérant que la période d'apprentissage intensif de l'enfant est terminée, réduit d'un tiers les connexions des centres de récompense et de sanction, dont le rôle est de déclencher un certain plaisir par la libération de dopamine, un neurotransmetteur très important.
        Dès lors l'adolescent a besoin de sensations plus fortes pour déclencher ces réactions de récompense et donc, comme par ailleurs son cerveau préfrontal ne maîtrise pas bien la prévision des conséquences de ses actes, il prend des risques inconsidérés.

    Quel est  le comportement d'une personne impulsive, notamment un ado : on peut avoir trois approche :

         D'abord au plan intellectuel , la personne
            - ne sait pas bien lorsqu'un problème se présente, réfléchir à la situation et prévoir les conséquences de ses actes.
            - a tendance à suivre ses émotions qu'elle contrôle mal, plutôt qu'un raisonnement, et à répondre à partir de ses premières pulsions..
            - évalue mal le risque et a tendance à rechercher des émotions fortes.   
            - a du mal à se concentrer et à faire preuve de persévérance.

        Au niveau des actions normales la personne :
            - supporte mal que ses désirs ne soient pas vite satisfaits.
            - peut être hyperactive, avec un niveau d'activité excessif et perturbateur, par exemple un enfant rencontre de la difficulté à rester en classe dans les rangs ou devant son bureau et à attendre son tour dans les jeux.
            - se précipite souvent pour répondre aux questions sans attendre qu'on ait terminé de les poser.       
            - parle souvent trop, sans tenir compte des conventions sociales; Interrompt par exemple autrui, impose sa présence ou intervient sans raison dans les discussions ou les jeux des autre.
            - a du mal à respecter les règles, refuse souvent de répondre à une demande ou d'obéir et claque les portes.
            - elle a du mal à écouter, à se concentrer sur son travail ou sur une tâche fastidieuse, parce qu'elle est distraite par le moindre incident, ou par ses propres pensées et rêveries.
            - agit spontanément, sans réfléchir aux conséquences, et prend donc des risques excessifs notamment dans des “jeux” qui peuvent se révéler dangereux.
            - elle peut avoir deux types d'impulsions:  impulsion positive (acte pour sauver quelqu'un sans réfléchir au danger); impulsion négative (violence).

        La personne peut même faire preuve de violence :
            - elle veut toujours avoir raison sans écouter l'autre
            - elle cherche la bataille facilement et peut faire des colères très violentes entraînant la destruction de beaucoup de choses, brutaliser et briser des objets.
            - elle peut même utiliser la violence physique.

        Que dire du rapprochement de ces quatre facettes de l'impulsivité, avec l'usage par les adolescents du téléphone portable ?
        D'abord on vient de le voir, les adolescents du fait de leur évolution cérébrale sont tous plus ou moins impulsifs et donc agissent dans l'urgence (et cela d'autant plus qu'ils ont la préférence cérébrale “P” d'adaptation aux événements); ils manquent d'anticipation et de persévérance et recherchent les sensations fortes.
        Bien entendu l'intensité de cette impulsivité dépend de leur personnalité (préférences cérébrales notamment), et du développement plus ou moins rapide de leur cerveau, sous l'effet notamment de l'éducation, de l'instruction et du vécu.
        L'impulsivité est un trait de comportement fréquent à l'adolescence; mais certains adolescents ne supportent aucune limite, ne supportent aucune frustration, et dès qu'ils éprouvent un certain désir ou besoin, ils doivent aussitôt le satisfaire ou l'accomplir.

        Un haut niveau “d'urgence” se traduit par un usage éventuellement regrettable du téléphone portable, des difficultés financières d'utilisation et un certain niveau de dépendance.
        Lorsque ces personnes sont  sous le coup d'une émotion, elles ne peuvent s'empêcher de se servir de leur portable pour parler immédiatement de cette situation, à chaud et sans recul suffisant, et le dialogue peut tourner mal.
        Cela peut aussi arriver simplement pour répéter à son chéri “jtm”.
        Dès lors ne pouvoir se servir du portable représente une forte contrainte qui se traduit par un sentiment de dépendance et peut conduire à des utilisations dangereuses (au volant par exemple).
        L'envie irrésistible de téléphoner qui entraîne une utilisation intensive du téléphone portable, coûte cher financièrement !

        Le manque d'anticipation sur les conséquences des actes entraîne (associé au haut niveau d'urgence), l'utilisation du téléphone en des lieux et devant des personnes, qui apporte une gêne et peut entraîner dans certains cas des remontrances ou des sanctions. (utilisation en classe, dans une conférence, au cinéma, au volant, dans le métro)
        Je me souviens d'un voyage dans l'Eurostar où je n'entendais pas ce que me disait mon voisin de fauteuil en raison du niveau sonore de toutes les personnes qui téléphonaient.

        Les personnes qui ont de faibles niveaux de concentration font un usage immodéré du portable, tant en nombre de communications qu'en durée.
        La multiplication des pensées intrusives ramène à l'esprit une multitude de sujets de conversation, incitant à téléphoner et entraine à aborder de nouveaux thèmes de conversation, qui augmentent sa durée.

        La recherche de sensation peut être liée à l'utilisation dangereuse du téléphone (au volant ou en filmant des images... ). Mais elle peut aussi aggraver le sentiment de solitude et donc pousser à contacter d'autres personnes.

        Finalement on peut dire que certaines caractéristiques de la personnalité liées à l'impulsivité et à un manque de contrôle de soi, peuvent entraîner un usage du téléphone portable ayant des conséquences néfastes, sur soi même et sur les autres, notamment chez les adolescents dont le cerveau n'a pas atteint encore sa maturité.
        Mais je me pose aussi la question inverse : l'utilisation du téléphone portable intensive et alors qu'on est trop jeune, ne perturbe t'elle pas le développement de la personnalité, habituant les jeunes à l'impulsivité et les empêchant d'acquérir un contrôle suffisant de soi, face aux émotions et aux pulsions.?
        De plus, en privilégiant la communication instantannée, le portable n'est il pas un handicap à la projection sur le futur et la planification des décisions et de l'action ?

     

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