• Psychologie, comportement

              

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    Pourquoi tenons nous à nos opinions ?

        Nous tenons tous à nos opinions. Certains plus que d’autres et celui qui est tolérant écoute les autres, défend certes ses opinions, mais s’il se rend compte qu’il a tort, il ne s’entête pas et change d’opinion ou en tout cas, la modifie.

        Tout le monde n’est pas tolérant et parfois les opinions sont si fortes qu'elles nous font perdre toute raison et le savoir-vivre recommande de ne pas aborder les sujets de politique et de religion à table, de peur de soulever des polémiques.
        Alors, si vous avez eu le malheur de vous brouiller avec vos meilleurs amis à cause d'un différend sur une question politique, vous serez sans doute content d'apprendre que c'est à cause de la « réduc-tion neurale d'amorçage».
        Vous ne savez sans doute pas ce qui se cache derrière cette appellation barbare, alors je vais essayer de vous l’expliquer.

        Le neurobioloqiste Gagon Wig et son équipe, de l'Université de Hanovre, aux Etats-Unis, ont mis en évidence ce phénomène en montrant à des volontaires une série d'images d'objets, de paysages, d'animaux ou d'outils qu'ils devaient classer le plus rapidement possible dans deux catégories: « êtres vivants » et « objets inanimés ».
        Après quelques répétitions, ils ont constaté que les sujets classent plus rapidement les images  dans l'une ou l'autre des deux catégories et qu’en même temps l’activité du cortex préfrontal gauche diminuait fortement.
        Cette diminution est due au fait que le cerveau dépense de moins en moins d'énergie pour faire fonctionner les connexions neuronales entre l'image observée et Ie choix de la catégorie où le sujet doit ranger l'image.
        Au début de l'exercice, relier une image à une catégorie met en marche des millions de neurones et nécessite une intense activation, notamment du cortex préfrontal. Puis, progressivement, seules les connexions les plus efficaces  sont conservées. Il en résulte une réduction d'activité et une économie d'énergie pour le cerveau.

        Comment peut-on appliquer ces résultats aux opinions que l'on se forge sur tel ou tel sujet ?
        Prenons l'exemple d'une opinion sur le thème du réchauffement climatique et soumettons-le au protocole expérimental précédent. On demande au sujet de classer des images telles qu'une bombe à aérosol, une automobile, une vache, une poubelle.... dans deux catégories : « Participe au réchauffement climatique » et « Ne participe pas au réchauffement climatique. »
        Initialement, le classement est un peu hésitant, mais il devient progressivement de plus en plus rapide. Le cerveau du sujet s'active de moins en moins, ce qui reflète une diminution de l'effort et une économie d'énergie face au problème à résoudre. Ainsi, plus Ia personne prend l'habitude de considérer que tel ou tel facteur contribue au réchauffement climatique, moins son cerveau produit d'effort et plus ce classement devient automatique.
        Ces expériences montrent que l'opinion permet au cerveau de fonctionner en mode   « économie d'énergie ».

        Si nous tenons tant à nos opinions, c’est qu’elles nous évitent d'avoir à mener une réflexion consommatrice d'énergie, elles sont reposantes car elles mobilisent moins notre cortex préfrontal..
        Pour modifier une opinion, il faut remodeler ses connexions cérébrales, activer intensément le cortex préfrontal gauche et dépenser beaucoup de glucose et notre cerveau répugne à cela.                
        Ces travaux montrent nos oplnions sous un jour nouveau : celui de mécanismes et d’automatismes de la pensée.                
        En sélectionnant des circuits économiques, le cerveau rend peu probable la circulation de l'information dans d'autres circuits.
        Reposante et peu coûteuse, l'opinion représente en quelque sorte pour cette raison, une restriction de la liberté de penser.                
        Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas avoir d’opinions, mais qu’il faut savoir les remettre en question., quitte à se fatiguer un peu

        Et cela me rappelle un conseil que me donnait mon grand-père :
        "Quand tu regardes une chose, une personne, dans une direction, quand tout le monde regarde par là, n'hésite pas à te retourner, cherche un autre point de vue, cherche à voir et à montrer autre chose. Cela t'évitera de toujours penser aux mêmes solutions."

     

     

     

     

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  • Dites moi ce qu'est le bon sens.

        J'ai déjà publié deux articles sur le "bons sens" (25/05/19) et sur le fait qu'il devenait plus rare de nos jours, malheureusement.
       Et un correspondant m'a dit qu'il faudrait peut être d'abord le définir. Je reconnais qu'il a raison, alors je vais essayer de répondre à cette question difficile :
                                                                             qu’est ce que le “bon sens” ?


        Si je vais voir chez  mes ami(e)s, le petit Robert et la rousse, je lis
    “capacité à distinguer le vrai du faux, d’agir raisonnablement”, mais aussi ce qui m’a étonné “manière commune d’agir à tous les hommes, ensemble des opinions dominantes dans une société”.
        Je trouve que ces deux aspects sont extrèmement différents. Cette deuxième définition autrefois concernait le “sens commun”..
        J’ai d’ailleurs trouvé dans mon livre de philosophie d’il y a plus de 60 ans, l’explication suivante : “Le bon sens diffère du sens commun en ce qu'il consiste dans l'emploi des facultés, tandis que le sens commun est un ensemble de connaissances innées ou acquises, résultant, pour tous les humains, de ces facultés appliquées spontanément à leurs objets respectifs.”
    et un vieux dictionnaire de mon enfance dit que c’est la “capacité de bien juger, sans passion, en présence de problèmes qui ne peuvent être résolus par des raisonnements scientifiques”.

        Il faut croire que le sens du mot a évolué puisqu’on semble confondre les deux maintenant.
       
        Voyons ce que disent quelques littérateurs connus :
        Le bon sens est la “la saine et droite raison”, dit le Littré et il reprend ensuite une définition assez curieuse due à Rivarol en 1827 “La portion de jugement et de lumière, départie à tous les hommes bien organisés.”
        L’encyclopédie de l’Agora écrit “Le bon sens est l'intermédiaire entre l'ignorance et la connaissance bien assurée. Il est la raison sans raisons. Entre la sphère théorique où l'on s'entend rarement sur le sens d'un mot ou d'une idée et la sphère pratique où l'on doit agir, le plus souvent sans être assuré de pouvoir le faire en connaissance de cause, il y a un vide. Le bon sens comble ce vide.”
        Pour Descartes le bon sens est “la chose du monde la mieux partagée, car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils n'en ont. En quoi il n'est pas vraisemblable que tous se trompent; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égal en tous les hommes”, mais Boileau est plus réservé : “Tout doit tendre au bon sens, mais pour y parvenir le chemin est glissant et pénible à tenir; pour peu qu'on s'en écarte aussitôt on se noie.”

        J’aime bien aussi Descartes, mais j’avoue que je doute aujourd’hui que le bon sens soit partagé par tous.
        Les hommes se déchirent et courrent à leur perte par leurs divisions et leurs interminables querelles d'opinions : pluralité des politiques, des religions et des philosophies, génératrices le plus souvent de discordes, parce que ne servant que des partis et des partis pris, et qui ne concourent que rarement à unir les hommes pour un but commun.
        Je suis aussi quelquefois étonné des décisions que prennent certaines personnes, car il paraît évident, même à un ado qui n’a pas l’expérience de la vie que cette décision sera mauvaise et aboutira à des problèmes certains.
        Le bon sens est ce l’intelligence. J’en doute quand je vois notre président de la république, qui a sûrement une certaine intelligence pour être parvenu à ce poste, faire des erreurs de logique, de compréhension de l'opinion des gens et de concertation, sans parler de Trump; où là je me demande même parfois s'il est intelligent. Mais cependant,  il ne faut pas être idiot pour avoir du bon sens
        Le bon sens est il dû à l’instruction ? Sans doute en partie, mais j’avais deux grands-pères qui m’expliquaient leurs raisonnements et les critères et motifs de leurs actions et ils avaient tous deux beaucoup de bon sens. Pourtant si l’un était ingénieur, l’autre n’était qu’un simple paysan de Dordogne, qui n’avait que le certificat d’études, mais lisait beaucoup et avait une bibliothèque énorme où je puisais souvent mes lectures l’été. Mais je pense que mon grand-père de Dordogne, intelligent, travailleur et curieux  auurait aujourd’hui fait des études plus longues.
        Le bon sens est il dû à l’éducation ? Je serai tenté de dire qu’elle peut avoir beaucoup d’influence, mais je crains d’être influencé par ma jeunesse avec mes grands parents et parents.
        Les vieux paysans d’autrefois apprenaient à leurs enfants à se méfier des “on dit” de ce que l’on entendait ou lisait ça et là, à essayer de se faire sa propre opinion en examinant les faits et l’environnement. Ils apprenaient la modestie, le pragmatisme, l’observation, les caprices du temps et de la terre.... et l'esprit critique.
        Mes instituteurs m’ont fait observer la nature et nous apprenaient de façon très simple le pourquoi des choses, en même temps que les notions élémentaires d’arithmétique, mais aussi la compréhension de ce que nous lisions. 
        Mes professeurs m’ont appris le raisonnement, l’analyse de la pensée littéraire,  la logique du latin, des mathématiques et des sciences.
        Quand je vois ce qu’aprennent mes petits-enfants, je pense qu’une partie de ce sens pratique, de ce pragmatisme n’est plus enseigné.
        On ne sait guère plus apprendre le bon sens !

        Je n’ai rien trouvé dans mes articles de neurologie ou de psycho sur le bon sens. Ce n’est pas étonnant : on ne sait déjà pas ce qu’est l’intelligence !
        La seule chose que j’ai lue, c’est que dans toute recherche de décision, c’étaient le cortex préfrontal qui organisait la réflexion et qui faisait des simulations des conséquences, en consultant le cerveau émotionnel et les centres de récompense, pour comparer les solutions et les critiquer.

        Essayons du coté des préférences cérébrales.
        Un “I” aura t’il plus de bon sens qu’un “E” ? L’introverti réfléchira plus que l’extraverti qui a tendance à parler trop vite, mais je connais des extravertis qui ont beaucoup de bon sens. 
        Un “S” sera t’il plus sensé qu’un “G”.. J’ai eu parmi mes camarades de Polytechnique un “G” très rêveur, qui parfois sortait des inepties dignes du professeur Tournesol et il ne le faisait pas exprès. Il était très inventif, mais incapable de faire le tri de ses idées. Mais heureusement on atteint rarement cette intensité de préférence G. Le S certes est plus analyste, plus méticuleux, plus pragmatique, mais l’excès dans ce domaine mène certains S à des actions tatillonnes bien déraisonnables.
        Le “L” aura t’il plus de bon sens qu’un “V” du fait de ses critères de décision logiques. Oui sur des décisions rationnelles, où l’on peut en partie lier causes et effets. Mais sur des problèmes complexes philosophioques ou humains, un V pourra montrer beaucoup de bon sens dans des décisions pourtant très subjectives.
        Influençabilité et bon sens sont sûrement liés, mais quel est celui qui est la cause de l’autre ou la cause commune : c’est le paradoxe de l’oeuf et de la poule.

        Finalement, je ne sais pas ce que c’est que le bon sens : un mélange d’intelligence, d’expérience, de pragmatisme, de logique, d’intuition et de raison, d’esprit critique, mais aussi du souci de la liberté de pensée et d’expression.
        Qu’en pensez vous?

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  • Cas de conscience.

              J'avais décrit, les 4, 5 et 6 novembres 2019 les expériences de Migram et une émission de télévision qui les avait reprises dans un "jeu télévisé", sur les réactions de personnes soumises à une autorité et qui ne se sentaient plus suffisamment responsables pour refuser de torturer un (faux, mais elles ne le savaient pas) patient au moyen de décharges électriques.
              J'ai reçu plusieurs mails avec des remarques très diverses, mais on m'a demandé s'il existaient d'autres expériences analogues.
              Je n'en connais pas, mais j'ai lu des  compte-rendus d'expériences sur des décisions difficiles proposées à des "cobayes" et notamment  un compte-rendu d’études d’Antonio Damasio, neurobiologiste italien connu, qui travaille à l’université d’Iowa, sur un “cas de conscience théorique” qu’il proposait à des personnes volontaires.

        « Vous êtes avec quelqu'un que vous ne connaissez pas au-dessus d'un pont qui enjambe une voie ferrée. Derrière un tournant de la voie ferrée, vous apercevez une voiture bloquée sur la voie, avec plusieurs occupants a son bord et vous voyez le train approcher. Vous avez une seule solution pour forcer le train a s'arrêter : pousser votre voisin par dessus la barrière du pont et créer un accident qui bloquera la circulation.Que faites-vous? »
       

              Certes la situation est peu vraisemblable et je ne suis pas certain que la solution serait efficace.
               Mais supposons comme le demande Damiano qu’elle le soit.
               Doit-on sacrifier la vie d'un innocent pour en sauver plusieurs autres ?
               Voilà le type de questions auxquelles on soumet les sujets quand on veut étudier comment ils réagissent face à des dilemmes moraux.
               La plupart des sujets interrogés sont incapables de sacrifier la personne présente à leur coté. 

               Dans une variante de ce dilemme, ils ont la possibilité de détourner le train, en actionnant un aiguillage, vers une voie de garage., mais, sur cette voie, se trouve précisément la personne qui, dans I'autre version, était à coté d'eux sur le pont.
               Dans ce cas, la plupart acceptent d'actionner I'aiguillage.

               Dans les deux cas le point de vue proposé est le même : plusieurs vies valent mieux qu'une, et toutes les personnes en cause nous sont inconnues
               Cette expérience montre que nous pouvons faire le choix moral de sacrifier une personne au profit de plusieurs autres, tant que I'on reste dans une approche rationnelle, une logique froide, presque instrumentale où l’empathie n’intervient pas, mais où on “applique une règle”.
               Mais la présence réelle d’une personne, d’une logique « chaude» et donc une approche émotionnelle rend impossible cette façon d'envisager la situation, et les volontaires sont incapables de précipiter leur voisin sur la voie, même en pensant que sinon, ce sont plusieurs personnes qui seront sacrifiées.

               Damasio a également montré que, chez des personnes dont une zone du cortex préfrontal est lésée a cause de la rupture d'un vaisseau sanguin, zone qui relie les émotions ressenties aux choix que l' on fait, cette zone, n'étant plus active, seule I'approche “froide” est envisagée.

              Cette expérience met en lumière l’influence de nos émotions sur nos choix et notamment le lien émotionnel avec d’autres personnes analogues à nous.

              Mais ce genre de situation est heureusement peu fréquente, mais elle peut se présenter autrement : c'est le cas pour les programmeurs des projets de voiture à conduite automatique. Si la voiture se trouve devant un piéton qu'elle va écraser et si elle veut l'éviter va se trouver face à une voiture venant en sens inverse, qu'elle percutera : que doit dire de faire à la voiture le programmeur ?

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  • Estime de soi et confiance en soi

     
            Le premier article que j’ai fait sur ce blog, en décembre 2015 concernait les problèmes d’estime de soi, chez les jeunes d’aujourd’hui et je constatais que si la plupart des jeunes autrefois avaient pour modèle leurs parents, ce n’est plus le cas pour les jeunes d’aujourd’hui, qui n’ont plus d’estime d’eux même s’ils ne peuvent se comporter comme les copains du groupe et leur ressembler, physiquement et en actions.

               Le problème est que ces désirs à la base de leur estime d’eux mêmes, ne sont pas des vraies valeurs et que la plupart de ces comportement sont plutôt négatifs et leur apportent donc une image très peu encourageante.
              Les modèles rassurants de la famille et de l’instruction ont en partie disparus, la prépondérance de la société de consommation et de l’argent apportent plus de stress que de satisfactions.
              On aurait pu croire que la libération des mœurs depuis 1968 aurait apporté un calme sentimental, mais il a en fait amené un amour changeant et éphémère et les divorces ont enlevé le caractère sécurisant de la famille.

              Par la suite, dans un article du 18/12/2018, j’avais indiqué des liens possibles entre la confiance en soi et les préférences cérébrales.

              L’optimiste avait forcément davantage confiance en l’avenir et l’indépendant d’esprit était moins sensible à l’opinion d’autrui et aux influences néfastes des médias et des réseaux sociaux.

              L’introverti est en général timide ; mais il réfléchit plus et est moins sensible à l’opinion d’autrui que l’extraverti.

              La personne de perception sensitive" S", qui examine les détails, avance pas à pas dans sa prise d'information, aura davantage confiance dans les faits et la vue des événements, que la personne "G" qui perçoit globalement et intuitivement, mais de façon moins précise.

              La personne « L » qui prends ses décisions en fonction d'un raisonnement logique, aura davantage tendance à contester l'opinion des autres et à les comparer aux siennes propres, que la personne "V", qui suit intuitivement ses goûts et ses valeurs. Elle aura le plus souvent davantage confiance en elle.

              Celui qui a une sensibilité émotionnelle très forte "A", aura plus de mal à maîtriser ses émotions, que celui "O", qui est peu sensible et passe rapidement à une perception objective des faits et des situations.

               Enfin la personne "J", qui donne priorité à la décision et cherche à prévoir son comportement face aux événements, sera plus assurée qu'une personne "P", qui donne priorité à l'information, et sera donc peu confiante en ses décisions (si elle en prend).
              Mais par contre la personne J aura moins confiance en elle face à une situation imprévue qu'elle n'aura pas pu étudier, alors que la personne "P" saura mieux s’adapter.

               La combinaison de certaines préférence peut être défavorable : par exemple, une personne fortement « A » et « V », très émotive et qui maîtrise mal ses émotions et décide sans analyse logique, subjectivement en fonction de ses goûts valeurs, sentiments et émotions, et qui, étant « J » voudrait maîtriser les événements, va se trouver très démunies devant des questions, des problèmes, des événements qu’elle n’a pas prévus, et cela pourra être une forte source de Stress et de manque de confiance en soi.

               Aujourd’hui je voudrais aborder un autre aspect : la confiance en soi qui est différente de l’estime de soi. car c’est elle qui nous fait agir.

    Estime de soi et confiance en soi

              L’estime de soi est nécessaire à la confiance en soi; C’est avoir confiance en ses compétences. Cela peut suffire dans des métiers manuels, car la compétence le savoir pratique, le savoir-faire permet d’avoir confiance en ce que l’on va faire et on n’a pas absolument besoin des compliments d’autrui. Le maçon est fier d’avoir construit la maison, le plombier d’avoir réparé une fuite et cela sufit pour qu’il soit confiant en son travail.
              C’est beaucoup moins vrai pour un cadre qui, malgré ses compétences, a besoin du satisfecit de son patron pour conforter l’opinion sur ses capacités.

               Pour avoir confiance en nous, il nous est aussi nécessaire d’avoir confiance en la vie, en la nature, en notre bonne étoile.
              Si l’on vous dit tout le temps "Si tu connais pas, tu manges pas, tu touches pas, tu t'approches pas », alors vous pensez que tout mécanisme inconnu est un danger, y compris une jolie fille si vous êtes un garçon, ou vos camarades masculins du lycée si vous êtes une fille.
              Pour avoir confiance en soi, il faut entreprendre et même essuyer quelques échecs, en tirer les leçons, puis tourner la page et agir à nouveau. On finit par réussir et la confiance vient.
              Je suis effaré de voir les lycéens et étudiant avoir tout le temps peur de faire une erreur, mais l’expérience de la vie n’est que la somme des erreurs qu’on a faites et de celles qu’on a évitées, ce qui a permis la réussite. Il faut s’accepter comme un être faillible. 

               Enfin, on ne prend pas confiance en soi en se regardant devant un miroir et en chantant ses propres louanges et ses grandes capacités. Il faut aller chercher sa confiance en soi à l’extérieur, dans les pensées des autres en instituant de bonnes relations de confiances, de bons liens avec les autres.
               Je connais des personnes, notamment des jeunes, compétents et qui peuvent bien faire, mais qui sont paralysés par le regard et l’opinion des autres. Que vont ils penser.?C’est le meilleur moyen pour ne rien faire et ne plus avoir confiance en soi.
               Certes il ne faut pas négliger l’opinion d’autrui, surtout celle des personnes qui nous sont chères, mais il faut se garder de juger les autres comme il faut se dire qu’ils n’ont pas à nous juger. Ils n’ont pas les éléments.
              Et il ne faut surtout pas prendre toute remarque qui vous est faite comme une critique et ruminer ainsi dans son coin que l’on est un martyre.
               La confiance en soi, c’est affronter le regard des autres avec sérénité et essayer de nouer avec eux les meilleurs rapports.

               Un autre aspect de la question, avoir confiance en soi est ce être sûr de soi. Je pense que c’est différent : une personne intelligente doute toujours devant la complexité des phénomènes, la difficultés des buts à atteindre. Un homme trop sûr de lui n’est pas dans la réalité. A force d’avoir confiance en lui, il se coupe des autres et finit par échouer. C’est ce qui arrive souvent à des personnes haut placées qui finissent par être complètement coupée de leurs collaborateurs et des réalités et de l’opinion des autres;

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  • Nos peurs instinctives (2)

          J'avais raconté quelques anecdotes  le 3 septembre 2009 sur nos peurs instinctives, nos "phobies.
          Je voudrais revenir sur ce sujet, mais de façon plus sérieuse.

        Je pense qu’il faut bien distinguer les émotions analogues à la peur selon leur cause.
        Certaines inattendues, peu rationnelles, inconscientes en partie, sont tout à fait instinctives. D’autres au contraire, moins instinctives, mais tout aussi pénétrantes, sont liées aux représen-tations mentales conscientes. Quiconque a frémi en lisant une nouvelle angoissante, le sait bien.
        C’est des premières que je voudrais vous parler, car je constate que vous me dites souvent: “j’ai eu peur de telle ou telle chose, mon coeur a battu la chamade puis j’ai transpiré, mon coeur s’est serré, mes tripes se sont tordues....”.
        En fait vous vous dites que l’événement a déclenché la peur qui a ensuite entraîné des manifestations physiologiques.
        Mais est ce ce qui se produit dans ces peurs instinctives.?

        Silke Anders et son équipe de l’université de Tübingen en Allemagne, ont étudié les réactions de peur chez des patients qui ne sont pas conscients de ce qu'ils voient, car une lésion cérébrale a détruit la zone de la conscience visuelle. Ils se disent aveugles, mais détectent cependant à leur insu, certaines caractéristiques élémentaires visuelles des objets,telles les orientations d'une barre noire sur un fond blanc, même si leur monde visuel est obscur (des signaux cérébraux particuliers que l’on peut capter dans la zone arrière du cerveau révèlent ces détections inconscientes).
        Si l'on fait entendre un cri effrayant à une telle personne à chaque fois qu'une barre horizontale apparaît sur un écran devant elle, son cerveau associe la perception inconsciente de la barre à la perception consciente du cri qui la fait sursauter, du moins pour une partie de ces personnes.
        Après un certain temps, la seule vue (inconsciente) de la barre, fait sursauter ces personnes qui disent avoir peur, même si elles ne savent pas ce qui suscite cette peur. D’autres par contre semblent moins effrayées et sursautent peu, ou sursautent mais n’ont pas ensuite ce sentiment de peur.

        Les neurologues ont étudié ces personnes et ont constaté qu'elles se divisent en deux groupes.
        Chez les personnes dont le sentiment de peur est lié à l'intensité du sursaut, une zone du cortex pariétal antérieur gauche est très active. Chez les autres, elle est peu active.
        Le cortex pariétal antérieur est une zone activée par les mouvements : quand un individu bouge un membre, se lève ou sursaute, bref, fait un mouvement.   
        Les personnes dont le cortex pariétal est plus actif ont une sensibilité accrue aux mouvements de leur corps: elles « écoutent » leur corps, le sentent sursauter et en conçoivent de la peur.    
        Les autres sursautent parfois très fort, sans que leur peur n'en soit augmentée car, chez elles, le cortex pariétal est peu actif et elles prêtent moins d'attention aux réactions de leur corps. Elles n'ont pas peur.
        On pense donc que le cortex pariétal, détectant une réaction du corps, envoie des impulsions nerveuses aux centres amygdaliens, dont je vous ai souvent parlé, lesquels donnent une connotation émotionnelle négative au sursaut, puis renvoie cette information à d'autres zones du cortex qui prennent conscience de la peur en tant que sentiment.
        Tout cela demande beaucoup plus de temps que la survenue d'un sursaut et les peurs instinctives seraient bel et bien des constructions du cerveau à partir d'une réaction de l'organisme, par exemple le sursaut
        Les centres amygdaliens ayant un temps de réaction très court et préparant très rapidement l’organisme à faire face à un danger, déclenchent des réactions telles que l’accroissement du rythme cardiaque, la transpiration, le coeur qui se serre et le ventre qui se contracte...
        En fait c’est l’ensemble de ces réactions presque instantanées et inconscientes, qui sont ensuite perçues par le cortex pariétal et les centres amygdaliens, lesquels “disent” au cortex conscient qui réfléchit, que nous avons une réaction qu’il interprète comme de la peur.
        Les réactions instinctives de peur d’araignées, de souris ou autres perceptions inquiétantes sont de ce type, inconscientes avant d'être conscientes, et c’est pour cela que nous avons beaucoup de mal à les contrôler, mais c’est seulement que nous avons des centres amygdaliens et un cortex pariétal très actifs !!

       Et pour atténuer un peu votre peur des araignées voici une photo plus rassurante d'une araignée amoureuse qui tisse des toiles en forme de cœur !

    Nos peurs instinctives (2)

     

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