•           Je vois souvent autour de moi des ados tristes, bien qu'ils ne soient pas dépressifs, et qui vivent dans un monde irréel et ne peuvent en sortir.
             
    Par le passé l'un d'entre eux m'avait dit : “...je suis dans une cage de verre dont j'ai perdu la clé.”
              Ce n'est pas facile de répondre à cette question car chacun est un cas particulier : son environnement familial, ses camarades, sa propre personnalité influent sur ses comportements et il faut donc étudier chaque cas.

              Je peux cependant essayer de donner quelques idées générales sur ce sujet.
              Mais cela repose sur une notion un peu difficile : le différence entre l'imagination et le fantasme. Alors pour mieux vous faire comprendre je vais vous donner deux exemples.

              D'abord, étant petit(e), il vous est sans doute arrivé d'avoir un “doudou”, une poupée ou un ours en peluche. A quoi vous servait il.?
              Au début de son développement, l'enfant ne fait pas la différence entre le monde extérieur et son monde à lui, intérieur. 
              Il est dans une « phase d'omnipotence » où il a l'illusion que ses moindres pensées et désirs façonnent le monde extérieur. S'il pleure, sa mère accourt et lui donne à manger: ses moindres envies se réalisent. La frontière entre le monde de ses désirs et celui de leur réalisation n'existe pas pour lui.

              Progressivement. toutefois. cet enfant découvre que la réalité n'obéit pas toujours aux règles de son monde intérieur : sa maman n'accourt pas toujours immédiatement pour satisfaire ses désirs : il se rend compte que sa mère a son existence propre, distincte de la sienne.
              Cette découverte est stressante et l'enfant recourt à un objet le doudou , le nounours, la poupée, pour apprivoiser cette nouvelle réalité et pour calmer son angoisse face au monde qui ne lui obéit plus. Cet objet est doté d'une charge affective, et peut encore être contrôlé par l'enfant qui va « modéliser » sa relation avec sa mère ou avec d'autres personnes.    
              L'enfant par exemple, va battre son doudou s'il est fâché à cause d'une décision sévère de sa mère, ou jouer au docteur avec lui s'il a été malade.
              Cet objet est alors bénéfique et l'enfant utilise son imagination pour le mettre en scène dans des situations qui ressemblent à celles de la réalité.
             
    Mais l'enfant peut aussi se réfugier entièrement dans son attachement au doudou qu'il ne peut plus quitter un instant et qui est alors son monde à lui, distinct de la réalité, où il va vivre des histoires détachée de la vie réelle. C'est alors un fantasme.

              Deuxième exemple celui d'un ado qui joue sur son ordinateur à un jeu de rôle.
             
    Certes il n'est pas dans un monde réel mais les aventures qu'il va avoir ressemblent à celles de la réalité et il va essayer de résoudre les problèmes qu'elles posent en faisant preuve d'imagination. C'est une activité mentale de réflexion et d'organisation qui pourra ensuite réagir sur des situations de la vie réelle (comme un apprentissage par la simulation).

              Supposons maintenant que l'adolescent ne prenne plus cela pour un jeu mais ne se sente bien qu'immergé dans ce monde quelles que soient les situations, qu'il ne cherche pas vraiment à vivre, à imaginer. Il passe sa vie dans ce monde virtuel d'ordinateur.
              C'est devenu un fantasme qui ne mène plus à l'imagination et à l'action : ce n'est plus qu'un exutoire. L'ado fuit le monde réel pour se réfugier dans son monde artificiel.
              Ce n'est pas forcément un monde virtuel. Ce peut être un monde philosophique, religieux, l’identification à un personnage de manga ou de série télévisée, un monde d'apparence vis à vis des autres (j'ai connu quand j'étais jeune des “zazous” aux vêtements , à la coiffure, aux bijoux et aux fards plutôt originaux, qui vivaient cette situation comme une philosophie ou une religion, complètement coupés de leurs camarades qui n'avaient pas les mêmes “convictions”),....

              Ce monde irréel devient pour l'ado la cage de verre dont il a perdu la clé.

              En fait cette fuite dans un monde irréel a une raison générale : le refus d'abandonner son “fantasme d'omnipotence” comme l'appellent les psys.'
             
    Ce “sentiment d'omnipotence” c'est effectivement ce que ressentait l'enfant au début de sa vie, comme nous l'avons dit plus haut.

              Pour l'ado, c'est quelque chose de plus précis, des raisons multiples qui font qu'il ne peut plus satisfaire rapidement tous ses désirs comme il le voudrait (pour des raisons diverses : un des parents qui ne s'occupe plus de lui, pas assez de tendresse, pas de “reconnaissance” des camarades, problèmes avec les professeurs, enfant trop gâté ou au contraire,manque de ressources,….). Chaque cas est particulier.
              Mais l'ado se réfugie alors dans son monde imaginaire, son fantasme, où ses désirs peuvent théoriquement être satisfaits, puisque ce n'est pas un monde réel, mais un monde de rêve
              Il croit par exemple dans ce monde où il se donne une apparence originale qu'il se fait remarquer et a l'estime qui lui manque, sans s'apercevoir que cette attention ne touche guère que ceux qui ont le même fantasme que lui, et en fait au lieu de s'intégrer dans la vie, il s'isole dans un monde de plus en plus étroit et loin des réalités.

              C'est finalement une “dépendance”, et il est difficile pour cet ado  de revenir aux contraintes matérielles de la vie réelle de tous les jours.
             
    On ne peut pas être dans la vraie vie, un personnage de manga, beau, intelligent, spirituel, fort, qui a du succès auprès des autres ou en amour.

              Alors l'ado refuse d'abandonner son “pouvoir d'omnipotence” et il retourne dans son monde imaginaire où il peut satisfaire ses désirs, (du moins il le croit), ce qui va entretenir le cercle vicieux de la dépendance.
              Il faut dire que la société de consommation aide cette fiction maléfique : voyez les nombreux jeux d'ordinateur, les films tels que “Matrix”, les mondes virtuels tels que “second life” ou la multitude de gadgets, vêtements, cd, livres... hors de prix pour se constituer une réputation de “soi-disant gothique”, analogue aux zazous que j'ai connus dans ma jeunesse.     

              Ce ne serait pas grave, si cela ne gâchait pas la vie de nombreux jeunes.

     

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  •     Le nombre de lecteurs des horoscopes m’a toujours étonné, et j'ai essayé de vous expliquer comment les astrologues des magazines parviennent à ce que leurs lecteurs se retrouvent dans leurs petits textes ?
        Ils ont quelques astuces professionnelles dont je vous ai parlé dans mon dernier article.

        Mais je suis encore plus étonné du nombre de gens sensés qui vont voir des marabouts ou des diseuses de bonne aventure, avec leurs tarots ou leur boule de cristal, et qui croient à leurs prédictions.
       
    Un tel “consultant”  évalue les réactions de la personne d'après ses mimiques, ses gestes, ses vêtements et son comportement
        Il est en général un bon psychologue et s’il est expérimenté, à l’aide de questions subtiles, iI peut rapidement corriger les propositions qu’il compte vous faire, vous dévoiler ce qu’en fait vous lui avez révélé vous même, ce qui effectivement vous étonnera et vous mettra en confiance, et il vous prédira un avenir qui corresponde à vos désirs d’une part et d’autre part à quelque chose de vraisemblable dans le contexte que vous avez fourni.Je vais vous donner un exemple vécu.

        Il y a dans les pays du Maghreb de nombreuses personnes qui prédisent votre avenir et beaucoup de gens crédules qui vont les consulter, et cela d’autant plus que leur instruction est faible, certains ne sachant ni lire, ni écrire.
        Dans certains endroits, ce sont des gens influents qui ont un véritable ascendant sur la population, qui vont les consulter à chaque décision importante à prendre.
        Mais certaines de ces diseuses de bonne aventure sont assez remarquables, bien que fort peu instruites.


        Il m’est arrivé dans les années 60/70 d’aller en mission dans un laboratoire que nous possédions dans le Sahara, à des kilomètres de toute ville, et à une vingtaine de kilomètres d’une palmeraie habitée par une centaine de personnes et qui était une halte sur le chemin de caravanes nomades.
        Le niveau de vie n’était pas très élevé; comparons le à celui des campagnes au Moyen-Age, mais l’eau des puits y était abondante et permettait de cultiver pour produire des légumes et élever des volailles et des petits animaux genre moutons, facochères, gazelles.... (beaucoup de mouches aussi hélas !!)
        La population habitait dans des maisons aux murs très épais, faits de briques de glaise, fraiches malgré le climat. (45 à 50 d° à l'ombre l'été)
        Leur gros handicap était la salubrité et beaucoup de femmes mouraient en couches et des enfants en bas âge, par manque d’hygiène et contamination par des bactéries du genre escherichia-coli ou staphylocoques. Les hommes eux mouraient d’accidents ou de maladies mal soignées.
        Un de mes collaborateurs, médecin, était là au cas où nous serions malades, mais il avait donc beaucoup à faire dans la palmeraie et grâce à lui, nous étions les bienvenus. Mais nous n’y allions pas non plus les mains vides.
        Tous les habitants et nomades parlaient un français compréhensible et étaient extrêmement accueillants et nous voyons souvent le chef de palmeraie et certaines personnes de sa famille, assez nombreuse car la polygamie était de règle. Sur cette famille “régnait” sa mère, âgée d’une soixantaine d’années, qui était la pythie du lieu, que l’on consultait à toute occasion. C’est elle qui choisissait toutes les épouses de son fils !!
        Je ne sais pas exactement à quelle ethnie ils appartenaient dans les palmeraies, mais je pense que c’était la même que les Touaregs nomades qui y faisaient halte.

        J’avais deux collaborateurs immédiats, jeunes ingénieurs, un homme et une femme, qui m’accompagnaient souvent et la “voyante” sympathisait avec l’ingénieur masculin, très extraverti, et lui avait proposé de lui prédire l’avenir.
        Elle avait discuté presque deux heures avec lui, devant, sur une table, du sable, des feuilles de thé vert et des pierres, ainsi que des vestiges animaux, tels des moustaches, poils, dents et ongles divers, qu’elle manipulait adroitement semblant les consulter un peu comme on le ferait avec des tarots, histoire d'impressionner le consultant.
        Notre ingénieur était revenu bouleversé et enthousiaste : “elle m’a raconté mon enfance, ma vie, mes ennuis et mes joies, mon caractère. Elle est extraordinaire; je crois à ce qu’elle m’a prédit”.
        Cela nous avait interloqué mon "ingénieure" et moi et nous avons décidé d’agir. Nous avons réfléchi chacun de notre coté, puis nous avons mis au point notre plan ensemble un soir.

        Nous nous étions constitué chacun une personnalité, évidemment différente de la nôtre, mais pas trop, nous nous étions imaginé une enfance et une adolescence vraisemblables, et puis une aventure commune et nous lui avons demandé conseil car nous souhaitions nous marier, ce qui était évidemment une invention de toutes pièces. La veille, on s’était testé mutuellement dans une "répétition" de façon à être naturels.
        Nous sommes restés deux heures avec notre voyante. Alors que c’était une femme presque illettrée, elle faisait preuve d’un don de psychologie extraordinaire
        Elle nous écoutait avec beaucoup d’attention, ne nous quittait pas des yeux, manipulant ses gris-gris sans les regarder. Elle observait non seulement la personne à laquelle elle parlait mais aussi les réaction de l’autre.
        Quand elle s’adressait à l’un de nous deux, ce qui mobilisait alors  l’attention de celui-ci pour répondre, (d’autant plus qu’il ne fallait pas être nous même mais le “personnage” que nous avions décidé d’être), l’autre observait et notait mentalement les événements, de telle sorte que nous essayons de démonter son processus de devin du Sahara.
        Ses questions étaient simples, claires, mais souvent ambigües et on ne savait pas bien auquel de nous deux elle s’adressait, ce qui lui permettait de voir les réactions des deux et de rectifier s’il y avait erreur sur l’un des deux seulement. On ne savait pas toujours si c’était une question ou une affirmation, et cela lui permettait parfois d’obtenir une réponse, de rectifier si elle était dans l’erreur et de conforter son opinion, si elle avait trouvé juste.
        Notre voyante avait un don certain pour imaginer ce qui reliait les réponses à des questions, puis pour vérifier par petites touches si ce qu’elle devinait était exact ou non.
        Peu à peu elle a restitué ainsi quelques faits importants de notre vie à tous deux, pas de notre vraie vie, mais de celle que nous avions imaginée et pour laquelle nous jouions la comédie.
        Elle nous a aussi restitué quelques traits de nos caractères, en termes simples, (pas ceux des psys qu’elle ignorait sûrement), et là c’était plus complexe car il est difficile de jouer tout à fait le rôle d’un autre et donc, ce qu’elle nous a dit était un mélange des personnalités fictives que nous nous efforcions de jouer, et de la réalité. Certes ce n'était pas une étude approfondie de personnalité, mais quelques grands traits.
        Elle s’appuyait aussi sur ce qu’elle voyait et ses opinions transparaissaient parfois. Ainsi elle a longuement parlé des mérites de ma collaboratrice, car pour elle, dans son contexte, imaginer une femme ingénieur, qui commande des hommes techniciens et ouvriers pour leur travail, était quelque chose d’extraordinaire, de presque inconcevable, dans son monde à elle.
        Bien entendu elle nous a prédit notre avenir. Nous avions fait exprès de venir, la main dans la main, et d’avoir l’air très affectueux l’un pour l’autre.
    Alors elle nous a dit que notre amour était grand et durable, et elle a essayé de combler nos “désirs fictifs”, en nous disant que nous allions nous marier, et que nous aurions trois enfants, deux garçons et une fille qui feraient notre joie.

        Finalement nous sommes partis admiratifs, qu’une personne aussi peu instruite, aussi éloignée de notre monde, ait su, avec autant d’habileté et de psychologie, déduire de nos réponses, notre passé et des éléments de nos personnalités, même si ce n'étaient que ceux que nous nous étions inventés.
        Certes ce n’étaient pas la vérité, puisque nous avions joué la comédie, et nous en étions presque honteux, mais cela nous avait permis de démonter les mécanismes que notre pythie Touareg utilisait.
        Au fond nous avions reçu une formidable leçon d'écoute, de déduction et de communication.

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  • Pourquoi croit on les horoscopes?

              Aujourd’hui, je me demanderai, pourquoi les élucubrations d’un horoscope paraissent elles si vraisemblables à bon nombre de gens ?

              D’abord certaines prédictions se réalisent : je rappellerai l’histoire de Raymond Devos, qui a lu dans son horoscope qu’il devait avoir un accident de voiture et qui, rentrant de son travail, arrive près de chez lui sans le moindre accrochage. Alors il prend le journal sur le siège à coté de lui, pour vérifier qu’il ne s’est pas trompé, quitte le route des yeux... et rentre dans la voiture devant lui qui avait freiné un peu fort. !
              Il demande au conducteur de cette voiture quelle est sa date de naissance, regarde son horoscope et lui dit “votre horoscope ne prévoit pas pour vous d’accident aujourd’hui, vous êtes en tort, monsieur !”
              Beaucoup de choses nous arrivent parce qu’on en est persuadé et qu’on fait tout, inconsciemment pour qu’elles se réalisent !

               Mais l’explication de la vraisemblance des bons horoscope réside ailleurs.
     

               Le chercheur américain Geoffrey Dean a identifié une trentaine de raisons psychologiques, dont la principale était « l’effet Barnum ».     
             
    Cet effet tire son nom de Phileas Barnum (1810-1891), qui était directeur d’un cirque, et qui disait que ce qui faisait le succès de ses spectacles était “qu’il y mettait un peu de ce que chacun des spectateurs espérait  y trouver”.

              En 1948, le psychologue californien Bertram Forer a étudié cet effet pour la première fois. et a demandé à ses étudiants de remplir un test de personnalité, en leur disant qu’ils leur en donnerait une analyse. Mais, au lieu de l'analyse personnelle annoncée, il a donné le même texte à tous les participants, qu'il avait assemblé a partir d'horoscopes trouvés dans les journaux.
              Les étudiants devaient alors juger de la conformité de l'analyse les concernant en lui attribuant une note entre 0 (ne me correspond pas du tout) et 5 (me convient parfaitement). La moyenne des notes rassemblées fut égale à 4,2.        
              Par la suite, le test a été répété avec d'autres sujets et par beaucoup d'autres chercheurs avec des textes préparés selon certaines règles. Des affirmations vagues, générales et ambigües, telles que ”Vous avez tendance à trop critiquer” ou “Parfois vous doutez sérieusement d'avoir pris la bonne décision” font la quasi-unanimité : 97 % des sujets sont d'accord avec de telles “analyses”. !    
              D’après Forer, et d'autres scientifiques, les personnes sont d'autant plus d'accord avec les propositions de ce type qu'elles croient en l'astrologie, que les descriptions sont positives, et que leur date de naissance a été prise en compte - même si elles sont conscientes que les propositions sont formulées de façon très générale.
              Le psychologue viennois Andreas Hergovich conclut de ces expériences, que nous sommes capables d'appliquer les propositions Barnum à n'importe quel événement ou n'importe quelle caractéristique nous concernant, et que nous pouvons même accepter des propositions contradic-toires. Ainsi, nous serions capables de considérer que n'importe quel horoscope s'applique à nous personnellement. 

               Un autre mécanisme impliqué est nommé “pseudo-individualisation”. 

               En 1973, le psychologue américain Rick Snyder, de I'Université du Kansas, avait donné des textes astrologiques identiques supposés décrire leur caractère à trois groupes de sujets. 
             
    Il avait expliqué, au premier groupe qu'il s'agissait d'une description générale de la personnalité, qui pourrait s'appliquer à tout le monde, au deuxième groupe, que le texte était fondé sur une description de personnalité en fonction de l'année et du mois de naissance, et aux sujets du troisième groupe qu'il s'agissait d'un horoscope établi pour chaque individu à partir de sa date de naissance.

              Bien que les participants aient tous reçu le même texte, (sans le savoir), ils ont émis des jugements différents : le premier groupe a jugé le texte ni particulièrement juste ni particulièrement faux; le troisième a considéré que les propositions étaient en bon, voire très bon, accord avec leur cas personnel; l'évaluation faite par le deuxième groupe était intermédiaire.    
              Cela signifie que plus un horoscope est présenté comme étant “pseudo-individualisé”, plus l'impression qu'il est exact est marquée. 

               Un troisième phénomène qui rend les horoscopes convaincants pour le lecteur est “l'erreur d'attribution”.

              Les psychologues nomment ainsi la tendance à chercher les causes d'un comportement dans les caractéristiques stables d'une personne plutôt que dans les conditions changeantes de l'environnement.            
              L’astrologie a tendance à penser qu'une personne se comporte de façon plutôt réservée, plutôt obstinée ou plutôt émotionnelle, selon qu'elle est née sous le signe du poisson, du taureau ou du cancer. Si un taureau se comporte de façon obstinée dans une situation particulière, un partisan de l'astrologie aura tendance à attribuer la cause au signe du zodiaque, sans penser que beaucoup d'autres personnes auraient réagi de la même façon dans la même situation, quelle que soit leur date de naissance. 

               Nous avons tendance a trouver ce qui répond à nos attentes ou à nos convictions. Les partisans de I'astrologie ne retiennent souvent que ce qui confirme leurs attentes, oubliant le reste. 

              Pour vous faire sourire, 200 volontaires avaient été recrutés par une petite annonce, pour participer à une émission de télévision traitant d’un “projet de recherche en astrologie”.
              On leur avait distribué, sans qu’il le sachent un même horoscope, en leur disant qu’il avait été établi spécifiquement pour eux et les 3/4 des personnes ont trouvé qu’il décrivait très bien leur personnalité.
              Or cet horoscope avait été établi par un astrologue pour Friedrich Haarmann, un tueur en série allemand, qui avait assassiné 24 personnes !!.

               Le nombre d'éléments d'interprétation dans un horoscope complexe est tellement grand qu'on peut finalement trouver n'importe quel trait de caractère dans n'importe quel horoscope, et qu'on y trouve toujours quelques faits qui réponde à nos désirs et nos attentes. 
              Alors rien d'étonnant si on croit ce qu'il nous prédit !

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  • La folie des horoscopes

               Je suis toujours étonné par le nombre de personnes, même avec une instruction dite scientifiques, qui soit croient en les prédictions diverses d’avenir, soit, du moins lisent, sans doute sans y croire vraiment,  l’horoscope que publient de nombreux journaux.
               
    Et dans le petit bourg où je suis en vacances, le supermarché vend aussi des journaux et ceux ayant une rubrique d’astrologie occupent plus du dixième de l’étalage
               
    Quelques personnes que je connais, ont même été voir des voyants en tous genre et m’ont raconté leurs séances.
               
    Je connais même un psy qui envoyait ses patients consulter un marabout, mais je n’ai jamais su quelle était son intention véritable.

     Voyons aujourd’hui : que sait on sur l’astrologie.?

               Pourquoi y aurait-il une connexion entre les positions des astres ou des planètes et le caractère ou l’avenir de personnes ? Même les astrologues ne sont pas d'accord entre eux sur le sujet.  Historiquement, iI s'agissait de I'expression de la volonté des dieux et des démons. Mais cette approche a perdu sa crédibilité, quand, il y a quelque 2500 ans, nos ancêtres ont appris à calculer les trajectoires des planètes sur plusieurs siècles et que Képler a expliqué les lois de leurs mouvements, au début du 17ème siècle.
               On a alors proposé I'existence d'influences physiques sur nos vies, un peu comme l’attraction de la lune en a sur les marées. Mais cette théorie est apparue de plus en plus improbable à mesure du développement des sciences.             
               Les astrologues ont alors admis qu’il n'y avait pas des influences des astres, mais bien des “analogies symboliques” - c’est à dire que quelque chose se passe de façon analogue “en haut” (dans le firmament) et "en bas", sur terre , parce qu’une certaine “qualité du temps” règne partout. De nombreuses études ont montré que de telles connexions n'existent pas et la relativité d’Einstein a porté un coup définitif à ces théories fumeuses.
               Alors, les astrologues ont fait appel au contenu “archétypique” des systèmes de symboles en tant que produit de I'histoire culturelle humaine. Interprétation curieuse des théories de Jung sur l’inconscient collectif : il a dû se retourner dans sa tombe, lui qui s’indignait de ce que “L'astrologie moderne se rapproche de plus en plus de la psychologie et frappe déja cIairement aux portes des universités” !  

               Mais voyons avant ce qu’est un horoscope pour ceux qui y croient (ou font semblant d’y croire, mais veulent paraître sérieux aux yeux de leurs clients), car j’ai connu aussi un informaticien qui a fait fortune en inventant un logiciel de calcul d’horoscope..

                Comment fabriquer un horoscope et comment travaillent les astrologues du 21ème siècle ? 
               
    Tout d'abord, ils entrent les dates de naissance d'une personne dans un ordinateur qui calcule alors une configuration compliquée de différents symboles mythologiques, qui sont la base d’un horoscope. Cette configuration repose sur une projection assez peu conventionnelle sur une feuille de papier, des positions des planètes dans le ciel. Les corps célestes eux-mêmes, leurs attractions ou leurs distances ne sont pas intéressants pour les astrologues. La plupart d'entre eux ne sont pas capables de reconnaitre ne serait-ce que les constellations les plus importantes dans le ciel nocturne, parce que le monde symbolique des astrologues n'a presque rien en commun avec l’univers étudié par les astronomes.

               Le métier d'un astrologue consiste à “interpréter” I'horoscope : il doit combiner le contenu des symboles, parmi lesquels au moins 9 planètes, 12 signes du zodiaque, 12”maisons” (des champs symboliques, dont un plus influent, qui s'appelle I'ascendant), de nombreux “aspects” (des relations d'angle entre les symboles), si bien qu'émerge d'une façon ou d'une autre, une image qui semble sensée.
               II n'existe pas de système d'interprétation unique, reconnu par tous les astrologues - iI faut plutôt utiliser son “intuition”. En tous les cas, différents astrologues arrivent souvent a des propositions très différentes en partant de la même date de naissance et, chose curieuse, ils n’essaient jamais de prédire leur propre vie !

               Mais peut on savoir l’influence de la date de naissance sur un horoscope ou sur votre avenir ?
               
    Pour le tester, les chercheurs ont systématiquement comparé des horoscopes fondés sur de vraies dates de naissance et sur des fausses.

               Si les deux conduisent à des phénomènes et  des expériences de la même intensité et aussi fréquentes, alors ces expériences ne peuvent pas être liées a la date de naissance ni à la position des étoiles et des planètes. C'est exactement ce qu'ont montré de nombreuses études, portant sur des milliers de sujets.
               L’une d’entre elles, menée par Edgar Wunder, à l’université d’Heidelberg, est amusante, car, bien que les astrologues aient eu la possibilité de demander aux sujets tout ce qu'iIs voulaient - à I'exception de leur date de naissance, iIs ont été incapables de décider laquelle, parmi deux dates de naissance possibles, était celle des personnes interrogées. De même, les sujets n'étaient pas capables de déterminer laquelle de deux analyses astrologiques avait été établie pour leur propre date de naissance.
               D'autres études, dont certaines réalisées par les astrologues eux-mêmes, confirment ces résultats.
               G. Dean, qui a abandonné son activité d'astrologue à cause de ces résultats décevants, et  a comparé plus de 50 études de ce type, a conclu que ses anciens collègues ne sont pas capables d'associer un horoscope établi sur la base de la date de naissance à un profil de personnalité ou à une histoire, mieux que ne le ferait un tirage au sort.
               Malgré cela, iI semble plutôt que la psychologie académique frappe aux portes de I'astrologie et je suis scandalisé quand je vois certains recruteurs dans de grandes sociétés, trier certains candidats à partir de données d’astrologie ou de numérologie. La bêtise humaine n’a pas de limite, même chez les gens dits intelligents.

               Et si vous êtes agacé parles proposition de voyance par démarchage au téléphone, je vous livre ma façon de m’en débarrasser. Je leur dit qu’ils sont un ou une mauvais(e) voyant(e). Interloqué on me demande pourquoi. Je leur réponds que s’ils étaient de bons devins, ils auraient dû savoir que cela ne m’intéressait pas et ils n’auraient pas perdu leur temps à me téléphoner.
               En général, on me raccroche au nez !!

               Demain j’essaierai d’expliquer pourquoi, psychologiquement, on croit aux horoscopes.

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  • Méfions nous de notre première impression sur quelqu'un !

              Quand j’étais encore en fonction j’ai souvent discuté avec les personnes de la DRH chargées des embauches pour les mettre en garde contre les premiers tris effectués sur les CV, avant d’en retenir certains pour un entretien.
               Ce tri peut comporter en effet de nombreux biais qui faussent les choix.
              Depuis que je suis à la retraite, j’ai constaté que de nombreuses personnes, dans une réunion ode travail ou de récréation, se faisaient une opinion sur des personnes qu’ils connaissaient pas ou peu, sur une simple impression immédiate et en en discutant ensuite avec elles, je constatais que cette première impression était erronée.
              De nombreux facteurs peuvent venir en effet rendre caduc un jugement trop rapide.

               D’abord notre propre situation : si nous sommes fatigué ou de mauvaise humeur, car cela influence notre jugement, en général de façon négative. Mais notre inconscient peut intervenir de façon pernicieuse : lorsqu’on projette des mots de façon très rapide pour que la perception soit subliminaire donc inconsciente, on s’aperçoit si on a projette ainsi à un premier groupe des mots favorables à la personne que l’on doit juger et à un autre groupe des mots défavorables, le premier groupe juge beaucoup plus favorablement cette personne.  
             
    Ce que vous avez donc vécu peu avant de rencontrer une personne peut donc influencer le jugement que vous aurez sur elle de façon immédiate et spontanée.   

               Les chercheurs ont également montré que si on lit une liste de qualités et de défauts d’une personne, l’ordre de ces adjectif n’est pas neutre, le premiers ayant beaucoup plus d’influence que les suivants. Nous sommes marqués par les premiers mots lus.  
              Quand vous voyez un visage ou une photographie, vous n’êtes pas neutre non plus. De nombreux stéréotypes vous influencent. Non seulement les expressions du visage provoquent des réactions inconscientes, mais aussi l’allure, la façon de s’habiller, de se comporter. Même éventuellement l’environnement qui entoure la personne peut avoir une action.

              On peut donner des exemples d’erreurs que l’on commet souvent :

              Une première catégorie d’erreurs concerne des erreurs sur nous même ou engendrées par des considérations personnelles.
                     - Nous exagérons l’attention et l’intérêt que nous portent les autres, et nous croyons que les autres examinent en détail ce que nous faisosn de bien ou de mal. Quelqu’un qui vous regarde à un moment donné n’éprouve pas forcément une passion pour
                     - Quand nous avons fait une erreur ou subi un échec, nous avons tendance à en attribuer la responsabilité aux autres. Sous le coup de cette contrariété, nous pouvons être influencé dans notre jugement sur autrui.
                     - Nous accordons de l’intérêt à un argument qui nous satisfait parce qu’il nous concerne, parce qu’il nous plaît, parce qu’il est flatteur pour nous. De ce fait nous faisons moins attention à d’autres arguments moins favorables qui l’accompagnent. C’est ce qu’on appelle l’effet « Barnum ».
                    - Nous voulons produire une bonne impression sur les personnes que nous rencontrons; cela peut nous amener à juger positivement un individu pour lui faire plaisir, mais aussi être trompé dans notre jugement par l’attitude de l’interlocuteur qui veut faire bonne impression. En fait quand nous émettons une opinion sur la personnalité de quelqu’un que nous connaissons peu, nous jugeons sa « Persona » (l’image qu’elle veut donner), et pas sa personnalité propre réelle.
                     - Nous avons tendance à penser que le monde est bon et juste, et que tout doit bien se passer. Donc s’il arrive quelque chose de désagréable à quelqu’un, nous penserons que cela est de sa faute et qu’il l’a mérité, et au contraire nous prêterons des qualités à celui qui réussit.

               Un  deuxième type d’erreurs est au contraire dû à des idées que nous nous faisons sur la personnalité d’autrui :
                        - Nous mettons inconsciemment certains événements extérieurs, certains aspects, en relation avec la personnalité, même si cela est faux : c’est ce que l’on appelle les « stéréotypes » et les « à priori ».
                     - Nous considérons que les résultats des actions d’un individu sont dues à sa personnalité, sans nous demander quelle est la part du contexte dans lequel il était, ou celle d’autres personnes en interaction avec lui.
                     - A partir des informations que nous avons, nous portons un jugement sur la personnalité d’un interlocuteur. Mais ces informations acquises dans un temps très court, sont très partielles. Mais si des informations nous parviennent ensuite, qui contredisent notre première impression, nous y accordons moins d’intérêt.
                     - Nous pouvons avoir eu des renseignements (ou des ragots !) sur une personne avant de la rencontrer. Nous pouvons inconsciemment porter un jugement sur sa personnalité à partir de ces élément et nous le justifierons après coup.
                     - Quand nous nous sommes fait une opinion sur quelqu’un, bonne ou mauvaise, nous cherchons les arguments qui confortent notre opinion, et nous négligeons ceux qui la contrediraient.

               Une troisième sorte de biais provient d’impressions sociales
              Par exemple vous remarquerez davantage (et donc vous vous intéresserez à cette personne), si elle croise souvent votre route.
              On fait également en général meilleure impression en groupe (accompagné), que si on se trouve seul en face de vous.

              Donc ne cherchez pas à définir la personnalité d’un interlocuteur dès le premier contact et d’après la première impression. Elle risque d’être biaisée.
              C’est la raison pour laquelle on essaie de se baser sur des critères mieux définis, comme ceux des « préférences cérébrales » ou du « big-five ».
              Mais là encore, il ne faut pas aller trop vite. Ce n’est qu’après une longue discussion avec la personne, quant à ses comportements dans des circonstances précises, que vous pourrez ensemble vous forger un avais pertinent.    

              J’ai été amené à expliquer les préférences cérébrales et à former des jeunes et moins jeunes à leur emploi. Après une première discussion d’une vingtaine de minutes avec la personne qui servait de cobaye et dont je connaissais bien la personnalité, je demandais aux stgiaire de donner leur avis sur cette personnalité.
              Bien sûr une partie de leurs réponses étaient justes, mais d’autres aspects étaient erronés. Et l’on s’apercevait alors que les stagiaires décrivaient la personnalité, non pas celle réelle de notre cobaye, mais celle de sa « Persona » (au sens de Jung - voir mes articles des  22/6/2014 et 15/1/2016  Papynet des   9/1/2016 et 2/5/2016), c’est à dire ce que la personne veut bien montrer aux autres. Cette Persona comporte des morceaux de sa vraie personnalité, mais aussi des images de soi que la personne voudrait donner d’elle même aux autres, et aussi de ce qu’elle voudrait être au fond d’elle même, de façon consciente ou non. Par contre on ne trouvera pas aussi rapidement la partie de son moi qu’elle veut cacher aux autres.   

              En fait nous avons l’impression de bien connaître nos proches et nos amis, et même une personne  que nous avons peu vue. En fait nous pouvons reconnaître certains traits, mais pas leur intensité ou certaines de leurs déviations. Les intéressés eux mêmes ne se connaissent pas parfaitement.
              Il faut donc beaucoup nous méfier de nos premières impressions, mais aussi des conclusions trop rapides d’une analyse plus objective de leur personnalité à l’aide d’outils adaptés..

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

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