• D'où vient notre pessimisme ?

          Plusieurs personnes me demandent de mieux expliquer comment dans l’optimisme ou le pessimisme, il y a une part d’inné et d’acquis et pourquoi.
        C’est un problème d’autant plus complexe quil y a encore beaucoup d’éléments dans ce domaine qu’on ne connaît pas encore.
        Je vais essayer cependant de vous l’expliquer le plus simplement possible, mais je vous renvoie aussi aux articles que j’ai déjà écrits dans la rubrique “inné ou acquis” et sur la préférence cérébrale "optimisme - pessimisme".


        Vous savez tous que nous héritons de nos parents des caractéristiques génétiques.
        Les cellules humaines comportent 22 paires de chromosomes asexués plus une paire différente selon le sexe que l’on appelle XY chez l’homme et XX chez la femme.
        Les cellules sexuelles (gamètes : ovules ou spermatozoïdes), ne possèdent que la moitié des chromosomes (23), de telle sorte que lors de la fécondation, l’oeuf issu de la réunion des deux cellules, retrouve ses 46 chromosome, la moitié venant du père et la moitié de la mère.
        Dans ces chromosomes il y a de de très nombreux gènes, qui eux mêmes sont composés de molécules d’ADN (acide désoxyribonucléique), sorte d’échelle hélicoïdale, dont les barreaux sont constitués de 4 types de bases azotées, dont l'ordre de succession dans cette échelle constitue nos facteurs héréditaires.
        En effet par un mécanisme complexe, ces bases sont à l’origine de la synthèse des acides aminés dont la combinaison fournit les protéines qui déterminent le fonctionnement du corps humain (et de sa formation).
        Mon article du9 juins 2018 décrivait la formation du cerveau.
        A l’origine ce sont des gènes qui déclenchent le processus de formation des neurones et la croissance de leurs prolongements et il y a donc dans la formation initiale “grossière” des centres du cerveau, une part d’hérédité.
        Par grossière j’entends que le nombre des neurones des diverses régions du cerveau et la croissance initiale des axones et dendrites est commandée par les gènes et donc l’hérédité joue à ce stade.

        Mais comme je l’ai déjà dit dans plusieurs articles, le fonctionnement de notre cerveau est essentiellement déterminé par les connexions entre neurones. Or les gènes font en sorte que les axones et les dendrites soient au voisinage les uns des autres, mais ils ne déterminent pas les connexions    Celles -ci se font ensuite au hasard, et il y a donc dans la formation de notre cerveau une part d’incertitude, qui n’est pas génétique mais qui se détermine avant notre naissance et qui donc est innée (mais pas héréditaire).

        Nous héritons donc à notre naissance d’un cerveau dont les centres sont déterminés partie par l’hérédité, partie par le hasard, de telle sorte que même les cerveaux de deux jumeaux sont différents.
        Nous avons donc à la naissance des préférences cérébrales innées résultant de cette formation, qui prédisposent notre cerveau à certains types de fonctionnements de préférence à d’autres (Ce que CG. Jung appelait les "types psychologiques")

          Trois zones du cerveau sont importantes  pour notre comportement optimiste ou au contraire pessimiste et anxieux : le cortex préfrontal qui raisonne et examine logiquement les faits, les centres de récompense qui nous procurent du plaisir lors d'un événement qui nous plaît, et les centres amygdaliens qui gèrent l'inquiétude, la peur, le stress.
         A la naissance, l’un de nos deux circuits de liaison positif (cortex préfrontal - circuit de récompense) et négatif  (cortex préfrontal - centres amygdaliens), fonctionne plus facilement que l’autre pour des raisons héréditaires ou innées.
         On ne sait pas pourquoi, sans doute comporte t’il davantage de connexions neuronales, ou utilise t’il davantage de neurotransmetteurs chimiques, ce qui est sûr c'est que les connexions se font plus facilement et donc plus fréquemment.

        Mais en fait à la naissance nous avons un cerveau “vide”, car, en dehors des centres qui régulent la vie du nouveau né et les centres de la perception qui ont commencé à fonctionner très succinctement (surtout l’ouïe), le reste du cerveau n’a rien fait et rien mémorisé, ni souvenirs ni surtout processus de commande de notre corps et de notre esprit.
        Notre cerveau a un énorme potentiel, mais il faut l'utiliser pour transformer ce potentiel en capacités réelles. C'est l'habitude de fonctionner et la fréquence des utilisations qui créera peu à peu des connexions "solides" . Les autres inutilisées disparaîtront.

        Comme je l’ai décrit dans mes précédents articles, le cerveau va alors faire son “apprentissage”, aidé par des “centres d’apprentissage, de récompense et de sanction” qui délivreront de la dopamine (un neurotransmetteur) chaque fois qu’une action entreprise réussira et cette libération de dopamine induit une sorte de satisfaction qui incite à recommencer à réussir et faire mieux. (les journalistes appellent ces centres les “centres du plaisir” (voir mon article du 30 avril 2017 sur le mécanisme de ce circuit)
        C’est ainsi que par des essais réussis et d’autres ratés, l’enfant va progresser, apprendre à se servir de ses mains en coordination avec sa vision et son toucher, puis à marcher, à se servir de ses cinq sens, puis à parler, à lire et écrire......

        Cet apprentissage se compliquera et deviendra l’éducation des parents et l’instruction à l’école.
        Evidemment ces divers apprentissages vont avoir une grande influence sur nos préférences cérébrales innées. Ils ne les changeront pas mais ils pourront renforcer l’usage de ces préférences ou au contraire nous permettre d’utiliser plus souvent l’aptitude non préférentielle.
        Un pessimiste restera donc un pessimiste, mais il pourra apprendre à être aussi optimiste dans certains cas et donc à diminuer son comportement pessimiste.
    Son cerveau pourra en particulier apprendre à être réfléchi et logique.

        Vous allez me demander comment se traduit cet apprentissage dans notre cerveau : il favorise certaines connexions entre neurones qui se renforcent par suite de l’usage fréquent de telle sorte que des processus (comme : se servir de ses mains, marcher, faire du vélo... réfléchir, organiser, créer....) vont se mettre au point ainsi que la mémorisation d’images, de perceptions, d’événements, de sentiments et bien entendu du vocabulaire nécessaire au langage, sans lequel les idées n’existent qu’à l’état frustre.
        Dans le cerveau, tout est affaire de connexions. Lorsque les connexions sont renforcées, entre deux neurones, si l’un est sollicité il sollicite automatiquement l’autre et l’information se propage ainsi, comme lorsqu’un ordinateur exécute un programme dans sa mémoire, avec cette différence essentielle que l’ordinateur fait cela pas à pas, alors que dans le cerveau à tout instant, les connexions sont multiples et très nombreuses.

        Revenons à notre nouveau né “pessimiste”.
        Si on l’aide dans son apprentissage, son circuit de récompense va souvent fonctionner et il prendra l’habitude de fonctionner, mais à ce stade d’apprentissage élémentaire cela n’aura guère d’influence encore sur l’aspect optimisme/pessimisme, qui n’est pas une notion de cet âge. Mais si ce jeune enfant n’a pas l’affection et l’attention des parents, le manque d’aide qu’il ressentira pourra néanmoins renforcer le circuit négatif.
        Il n’en est pas de même du jeune enfant, dès qu’il est en possession du langage et que donc il peut vraiment émettre des idées, penser vraiment.
        Le type d’éducation qu’il recevra peut grandement influencer sa préférence.
        Si l’enfant est entouré d’amour et de tendresse, si on n’oublie pas de le complimenter quand il réussit, si on ne se contente pas de le gronder quand il fait mal, mais qu'on sollicite son cortex en lui expliquant pourquoi c’était mauvais pour lui (ou autrui) et ce qu’il aurait dû faire, si on l’écoute chaque fois qu’il a besoin d’aide, alors son circuit négatif sera beaucoup moins sollicité et il prendra l’habitude d’utiliser davantage son circuit positif, dont les connexion se renforceront. Il diminuera ainsi sa tendance pessimiste.

         Les premières années de l’éducation sont fondamentale car le cerveau est encore très malléable, les connexions non encore renforcées étant infiniment nombreuses.
        Puis vient l’école qui agit autrement car elle sollicite essentiellement notre mémoire et la faculté de notre cortex de raisonner. Elle nous donne aussi par nos lectures (et autres perceptions), une certaine idée des sentiments et émotions.
        L’instruction n’entraîne pas à priori l’orientation vers le circuit positif ou négatif, mais elle nous apprend à maîtriser nos émotions à comprendre nos sentiments et dans une certaine mesure de les soumettre à la raison du cortex au lieu de les laisser tourner en rond dans notre cerveau émotionnel.

        Ce cours de SVT est un peu long, excusez moi, mais je voulais répondre le mieux possible aux questions qui m’avaient été posées.
        J’espère qu’il n’a pas été trop ésotérique et je suis prêt bien sûr, à vous donner des explications complémentaires.

     

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  • Savez vous ce qu'est l'orthorexie ?

         Bien que je possède un vocabulaire assez important (environ 60 000 mots), je découvre toutes les semaines des mots que je ne connaissais pas.
        Cette semaine c’est une de mes petites filles, qui fait une thèse de psychologie et vient de choisir son sujet : « l’orthorexie ». Savez vous ce que c’est ?

        Si vous écoutez la télévision ou lisez quelques journaux, si vous suivez des blogs ou des forums sur internet, vous devez être saturés d’informations concernant la nourriture.
        Cela peut être des recettes pour « bien manger » et avoir le plaisir du goût, mais le plus souvent  ce sont des information de dangers : la viande et les abats au temps de la vache folle, les canards de la grippe aviaire, les maladies causées par les pesticides….
        Là ce sont des dangers précis, même si les médias les exagèrent parfois, mais en permanence, nous avons des mises en garde contre tel ou tel additif, tel produit présent dans l’environnement qui risque de se retrouver dans la nourriture.
        Les médias ont trouvé là, une tarte à la crème, mais aussi de nombreuses personnes qui y voient un moyen de gagner de l’argent, en fonction de la mode et au dépends de la crédulité de leurs interlocuteurs.
        Je remarque que la plupart de ces informations sont purement qualitatives, sans chiffres et sans références précises d’études scientifiques.
        Or d’une part, avec les moyens modernes d’analyse, on peut trouver des traces infimes de n’importe quel produit, et d’autre part tout est question de quantité : au dessous d’une certaine dose tout produit est inoffensif et au delà d’une dose, en général beaucoup plus forte, il devient dangereux : faites boire en très peu de temps 30 litres d’eau pure à une personne et elle mourra d’œdèmes !.
        Et quand des statistiques sont données, on ne cite pas les sources, on ne dit pas dans quelles conditions elles ont été mesurées, elles semblent peu crédibles car les phénomènes ont des causes très nombreuses et une analyse multi-critères est très difficile à faire. Enfin souvent, on confond une corrélation (deux phénomènes liés, mais on ne sait par quoi) et une relation de cause à effet.
        Mais il est certain qu’avec ce battage médiatique, les gens ont de quoi être inquiets.
        Sans parler des gens qui veulent perdre quelques kilos et qui trouvent maintes recettes tous les jours dans la pub sur la télé et sur internet.
        Alors on prône maintes solutions pour diminuer le risque de mauvaises conséquences de notre alimentation et surtout l’inquiétude grandissante des personnes : dates de péremption, composition, traçabilité, contrôle de l’origine, labels multiples…).
        Des logiciels apparaissent sur les smartphones qui donnent un avis (pas très justifié) quant à la « consommabilité » du produit : bon, moyen, mauvais, très mauvais. (Il faut bien que les informaticiens gagnent leur vie !).
        Les autorités sanitaires défendent d’ailleurs ces actions et poussent à légiférer.
        Mais la réduction du risque par le contrôle accroît la peur du risque. L’appareil législatif et réglementaire inflationniste génère un effet pervers très contre-productif de majoration du danger imaginé.

       Venons en à « l’orthorexie » (du grec orthos, « correct », et orexis, « appétit ») Qu’est ce ?
        Ce terme a été créé en 1997 par le Dr Steven Bratman qui propose de considérer cette pratique comme un trouble des conduites alimentaires, comme le sont l’anorexie ou la boulimie, plus connus de tous.
        C’est « un ensemble de pratiques alimentaires, caractérisé par la volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains ».
        La personne orthorexique pousse à l'extrême l'idée d'une saine alimentation en planifiant longuement cette dernière pour réduire sa consommation de toute substance qu'elle considère nuisible à sa santé.
        L’orthorexique se fixe une éthique alimentaire rigoureuse, composée de règles strictes, qu’il s’astreint à respecter quotidiennement : concernant le choix et le rituel d’achat des aliments, leur préparation, leur cuisson, etc. Il ne cesse de planifier, sur un terme plus ou moins long, ce qu’il va manger et dans quelles conditions.

        L'orthorexie ne figure pas dans le manuel de référence en psychiatrie, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), mais elle commence à faire l’objet d’étude, et les écrits de madame Camille Adamiec, Docteur en Sociologie et professeur  à l’Université de Strasbourg, sont intéressants à lire. (vous trouverez sur internet un CV étonnant de ce chercheur et la liste de ses publications).
    Patrick Denoux, professeur de psychologie interculturelle à l’Université de Toulouse Montmirail est également l’auteur de différentes publications sur le thème de l’alimentation et des nouvelles obsessions qu’elle génère. Nathalie Dumet, psychologue clinicienne, a publié divers cas dans « L’inconscience dans l’assiette ».

        Le problème c’est de différencier le juste souci que nous avons de manger sain, d’une part d’une exagération due au battage médiatique et d’autre part d’une véritable obsession que l’on peut considérer comme pathologique. Cela ne semble pas facile.
        En fait quand nous faisons nos courses alimentaires, nous avons une offre démentielle de centaines de repas et de produits différents, la pub nous vantant chacun d’entre eux dans ce milieu ultra-concurrentiel. Il me paraît donc normal que nous ayons le désir d’ordonner une offre de consommation anarchique qui n’obéit à aucune valeur sinon celle du marché et du profit, et ceci dans un environnement aux risques multiples.
        Les pratiques traditionnelles ont également changé. L’approvisionnement local a été en ville replacé par le supermarché, les couples travaillent en général tous deux et sont dans une situation de stress et d’urgence, et on recherche de plus en plus des plats tout faits ou une cuisine rapide et simple.

        Je connais un camarade qui a remplacé dans son alimentation tout le lait et les yaourts par du lait de soja, (qui n’est pas un lait mais un jus), parce qu’on en vante les bienfaits sur le cholestérol et l’ostéoporose. Mais à haute dose le soja peut aussi être nocif et les occidentaux sont moins habitués que les asiatiques à le tolérer. Cette personne a déclenché des réactions allergiques et une carence calcique et a dû arrêter son habitude alimentaire. Mais était-ce vraiment une obsession.?
        Je connais aussi quelqu’un qui a banni tout à coup toute consommation de gluten (et cela complique singulièrement ses courses). Pourtant elle n’a jamais été sensible ou allergique au gluten. Cela frise l’obsession, mais est ce vraiment pathologique ? Elle est cependant assez hypochondriaque.
        Patrick Denoux cite des pratiques plus bizarres :  « ne pas manger de légumes qui ont quitté le contact avec la terre depuis plus de 15 mn, mâcher au moins 50 fois chaque bouchée avant de l’ingurgiter, ne jamais être rassasié, ne manger que du poisson mais pas d’œufs, certains légumes mais pas tous, tant de fois à tel moment de telle façon, effectuer 12 petits repas par jour d’un seul aliment chaque fois, consommer chaque jour 80 suppléments alimentaires provenant de magasins diététiques….. »
        Un tel carcan conduit inévitablement à une restriction considérable de la socialité, obligeant pour chaque invitation à se déplacer muni d’un menu alimentaire restreint.
        J’ai trouvé dans mes lectures, cette différenciation : « Vous êtes orthorexique quand votre vie tourne entièrement autour de l'alimentation. Le point de bascule, c'est quand on ne peut plus faire autrement, par exemple, quand on commence à refuser des repas chez des amis uniquement pour cette raison. »

        Et il faudrait alors aborder un autre sujet qui relève de la psychologie  : ces excès sont ils la conséquence d’un malaise, de problèmes psychologiques, qui ont engendrés cette pathologie ?

        Mais beaucoup de personnes n’en sont pas là et cèdent simplement à la mode, au battage médiatique, à l’inquiétude ou au souci d’être mieux et plus attrayant(e).
        A mon avis, dans ce cas :
               - Il faut limiter le temps de préoccupation à la recherche de manger sain, sinon cela devient très chronophage et on n'a plus de vie sociale.
              - Il vaut mieux consulter un nutritionniste, un médecin, un vrai professionnel, que de récolter des conseils plus ou moins sérieux à droite et à gauche.                       
             - Il ne faut pas croire toutes les publicités, les gens qui veulent se faire remarquer ou vous arnaquer, les gourous.
            - il faut déculpabiliser le « plaisir de manger » et remettre à l’honneur la pratique de la « bonne cuisine ».

        Et je remercie ma petite fille, qui a piqué ma curiosité et m’a fait chercher des documents qui expliquent ce qu’était l’orthorexie. Je lirai avec plaisir et intérêt ce qu’elle va écrire dans sa thèse
    .

    Savez vous ce qu'est l'orthorexie ?

     

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    Qu'est ce que l'impulsivité ?

     

          J'ai lu une thèse de Joel Billieux sur l'impulsivité, qu'il a passée à l'université de Genève, au service de psychopathologie et de neuropsychologie.
        Cette étude est intéressante car elle décortique les aspects de l'impulsivité et j'essaierai ensuite de la rattacher à l'usage du portable.

        L'impulsivité c'est le manque de patience lorsque l'on cherche à satisfaire un désir, à obtenir satisfaction, une tendance à agir selon ses pulsions et donc un faible contrôle de soi.
        Joel Billieux distingue quatre composantes de l'impulsivité :

        “L'urgence “, c'est avoir de fortes réactions face à une situation, lorsque la personne est en proie à une émotion forte positive ou négative, au risque d'avoir des réactions regrettables.
        Les personnes ayant une forte composante d'urgence réagissent sans prendre assez de recul sous le coup de l'émotion, et peuvent se mettre en colère, avoir des mots vifs pour une personne, faire des gestes regrettables.
        C'est probablement dû entre autres, à une forte activité des centres amygdaliens du cerveau et à une insuffisance de contrôle de ses réactions par les cortex frontaux et préfrontaux qui doivent inhiber les réactions exagérées.

        “Le manque d'anticipation” désigne le fait de ne pas savoir suffisamment prévoir les conséquences de ses actions avant de s'y engager. C'est une prédisposition à se focaliser sur le présent plutôt que sur l'avenir.
        C'est peut être le cas des personnes de préférence cérébrale de perception “sensitif” “S” mais c'est aussi celui de personnes dont le cortex préfrontal ne remplit pas suffisamment ce rôle de prévision.
        Rappelons nous que les adolescents n'ont pas un cortex préfrontal arrivé à maturité.

        “Le manque de persévérance” est une difficulté à rester concentré sur une tâche éventuellement longue, difficile et fastidieuse. Elle serait liée à une faible capacité de la personne à résister à l'intrusion de pensées, images et souvenirs qui peuvent distraire la personne de sa tâche et en perturber le déroulement et la réalisation.
        C'est peut être le cas des personnes de préférence cérébrale de perception “global” “G” mais c'est aussi celui de personnes dont les centres du cortex et du cerveau émotionnel chargés de maintenir l'attention ne remplissent pas suffisamment leur rôle.
        La sérotonine est un neuromédiateur qui joue un rôle important dans ce domaine. 
    Les adolescents, outre un cortex préfrontal non totalement mature, peuvent avoir des troubles de la sécrétion de sérotonine, (en partie dus à la puberté), ce qui rend plus difficile leur concentration sur une tâche et il faut particulièrement les habituer à cet effort. 
        En effet interrompre sa réflexion pour penser à ses amis, à un jeu, une soirée, une sortie, consulter un SMS... oblige à tout reprendre depuis le début et donc à perdre énormément de temps.

        Enfin la recheche de sensations fortes et la prise de risque est le quatrième facteur de l'impulsivité; c'est la tendance à apprécier et rechercher des activités excitantes et de nouvelles expériences.
        Au début de l'adolescence, le cerveau, considérant que la période d'apprentissage intensif de l'enfant est terminée, réduit d'un tiers les connexions des centres de récompense et de sanction, dont le rôle est de déclencher un certain plaisir par la libération de dopamine, un neurotransmetteur très important.
        Dès lors l'adolescent a besoin de sensations plus fortes pour déclencher ces réactions de récompense et donc, comme par ailleurs son cerveau préfrontal ne maîtrise pas bien la prévision des conséquences de ses actes, il prend des risques inconsidérés.

    Quel est  le comportement d'une personne impulsive, notamment un ado : on peut avoir trois approche :

         D'abord au plan intellectuel , la personne
            - ne sait pas bien lorsqu'un problème se présente, réfléchir à la situation et prévoir les conséquences de ses actes.
            - a tendance à suivre ses émotions qu'elle contrôle mal, plutôt qu'un raisonnement, et à répondre à partir de ses premières pulsions..
            - évalue mal le risque et a tendance à rechercher des émotions fortes.   
            - a du mal à se concentrer et à faire preuve de persévérance.

        Au niveau des actions normales la personne :
            - supporte mal que ses désirs ne soient pas vite satisfaits.
            - peut être hyperactive, avec un niveau d'activité excessif et perturbateur, par exemple un enfant rencontre de la difficulté à rester en classe dans les rangs ou devant son bureau et à attendre son tour dans les jeux.
            - se précipite souvent pour répondre aux questions sans attendre qu'on ait terminé de les poser.       
            - parle souvent trop, sans tenir compte des conventions sociales; Interrompt par exemple autrui, impose sa présence ou intervient sans raison dans les discussions ou les jeux des autre.
            - a du mal à respecter les règles, refuse souvent de répondre à une demande ou d'obéir et claque les portes.
            - elle a du mal à écouter, à se concentrer sur son travail ou sur une tâche fastidieuse, parce qu'elle est distraite par le moindre incident, ou par ses propres pensées et rêveries.
            - agit spontanément, sans réfléchir aux conséquences, et prend donc des risques excessifs notamment dans des “jeux” qui peuvent se révéler dangereux.
            - elle peut avoir deux types d'impulsions:  impulsion positive (acte pour sauver quelqu'un sans réfléchir au danger); impulsion négative (violence).

        La personne peut même faire preuve de violence :
            - elle veut toujours avoir raison sans écouter l'autre
            - elle cherche la bataille facilement et peut faire des colères très violentes entraînant la destruction de beaucoup de choses, brutaliser et briser des objets.
            - elle peut même utiliser la violence physique.

        Que dire du rapprochement de ces quatre facettes de l'impulsivité, avec l'usage par les adolescents du téléphone portable ?
        D'abord on vient de le voir, les adolescents du fait de leur évolution cérébrale sont tous plus ou moins impulsifs et donc agissent dans l'urgence (et cela d'autant plus qu'ils ont la préférence cérébrale “P” d'adaptation aux événements); ils manquent d'anticipation et de persévérance et recherchent les sensations fortes.
        Bien entendu l'intensité de cette impulsivité dépend de leur personnalité (préférences cérébrales notamment), et du développement plus ou moins rapide de leur cerveau, sous l'effet notamment de l'éducation, de l'instruction et du vécu.
        L'impulsivité est un trait de comportement fréquent à l'adolescence; mais certains adolescents ne supportent aucune limite, ne supportent aucune frustration, et dès qu'ils éprouvent un certain désir ou besoin, ils doivent aussitôt le satisfaire ou l'accomplir.

        Un haut niveau “d'urgence” se traduit par un usage éventuellement regrettable du téléphone portable, des difficultés financières d'utilisation et un certain niveau de dépendance.
        Lorsque ces personnes sont  sous le coup d'une émotion, elles ne peuvent s'empêcher de se servir de leur portable pour parler immédiatement de cette situation, à chaud et sans recul suffisant, et le dialogue peut tourner mal.
        Cela peut aussi arriver simplement pour répéter à son chéri “jtm”.
        Dès lors ne pouvoir se servir du portable représente une forte contrainte qui se traduit par un sentiment de dépendance et peut conduire à des utilisations dangereuses (au volant par exemple).
        L'envie irrésistible de téléphoner qui entraîne une utilisation intensive du téléphone portable, coûte cher financièrement !

        Le manque d'anticipation sur les conséquences des actes entraîne (associé au haut niveau d'urgence), l'utilisation du téléphone en des lieux et devant des personnes, qui apporte une gêne et peut entraîner dans certains cas des remontrances ou des sanctions. (utilisation en classe, dans une conférence, au cinéma, au volant, dans le métro)
        Je me souviens d'un voyage dans l'Eurostar où je n'entendais pas ce que me disait mon voisin de fauteuil en raison du niveau sonore de toutes les personnes qui téléphonaient.

        Les personnes qui ont de faibles niveaux de concentration font un usage immodéré du portable, tant en nombre de communications qu'en durée.
        La multiplication des pensées intrusives ramène à l'esprit une multitude de sujets de conversation, incitant à téléphoner et entraine à aborder de nouveaux thèmes de conversation, qui augmentent sa durée.

        La recherche de sensation peut être liée à l'utilisation dangereuse du téléphone (au volant ou en filmant des images... ). Mais elle peut aussi aggraver le sentiment de solitude et donc pousser à contacter d'autres personnes.

        Finalement on peut dire que certaines caractéristiques de la personnalité liées à l'impulsivité et à un manque de contrôle de soi, peuvent entraîner un usage du téléphone portable ayant des conséquences néfastes, sur soi même et sur les autres, notamment chez les adolescents dont le cerveau n'a pas atteint encore sa maturité.
        Mais je me pose aussi la question inverse : l'utilisation du téléphone portable intensive et alors qu'on est trop jeune, ne perturbe t'elle pas le développement de la personnalité, habituant les jeunes à l'impulsivité et les empêchant d'acquérir un contrôle suffisant de soi, face aux émotions et aux pulsions.?
        De plus, en privilégiant la communication instantannée, le portable n'est il pas un handicap à la projection sur le futur et la planification des décisions et de l'action ?

     

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  • Mes rencontres dans un ascenseur (2)Mes rencontres dans un ascenseur (2)

               Dans mon dernier article, je vous parlais d’études de chercheurs en psychologie sur les comportements des gens qui se côtoient dans les ascenseurs.

              Je les ai donc observés dans mon immeuble et je dois dire que certains des résultats de l’étude m’ont paru assez justes.

              C’est vrai que les gens lorsqu’ils rentrent dans l’ascenseur ne se mettent pas n’importe où, n’importe comment.
       
              J’ai souvent vu celui qui entre le premier dans l'espace étroit de l'ascenseur se pressser de se placer au fond, dos à la paroi, comme s'il disait: « Ce territoire est à moi et tu es un intrus. »
              Les parois doivent probablement rassurer certains : près d'elles, aucun danger ne peut surgir, et on est donc inconsciemment porté à s'y adosser. De plus étant au fond, face à la porte on voit tout ce qui se passe, qui entre et qui sort.
              Il y a aussi des hommes, souvent des cadres ou des personnes qui se croient importantes, que je vois s’adosser à la paroi du fond, parcourant du regard ceux placés devant eux , l’air supérieur, les bras croisés comme pour établir une barrière avec le menu fretin des autres personnes. Ce doit être un signe de “goût du pouvoir”, faudra que je demande aux psys.
              Cependant si quelqu’un s’est déjà installé au fond, les nouveaux arrivants se placent le plus souvent de part et d'autre de la porte, indifféremment à gauche ou à droite. Mais quelques uns d'entre eux veulent quand même se mettre contre la paroi du fond, obligeant les autres à se pousser dans un coin, comme dans une bataille de positions. Les personnes dérangées bougonnent ou les foudroient du regard. Ils me font penser aux singes dominants.

              Ces attitudes ne sont évidemment pas valables pour les “prêts-à-bondir”, qui ont tendance à tourner le dos même à ceux qui entrent après eux.
              Ils se placent près de la sortie, mais légèrement de biais, afin de laisser passer ceux qui veulent sortir. Si quelqu'un est dans un coin, le prêt-à-bondir se place face à la sortie, comme à son habitude. En revanche, si quelqu'un entre dans un ascenseur occupé par un prêt-à-bondir, ce dernier laisse le passage, mais reprend très vite sa position de fuite habituelle, guettant l'ouverture de la porte.
              Et dès que la porte de l’ascenseur s’ouvre c’est la fuite en avant comme au départ d’une course de cent mètres ! Peut être se sentait il en danger dans l'ascenseur ?

              Les “âmes en peine” m’amusent. Une dame de l’immeuble a toujours l’air inquiète quand l'ascenseur descend, consulte trois fois une liste, sort de l’ascenseur en regardant partout, tourne à droite au sortir de l’immeuble, puis se ravise et part à gauche.
              A la montée je la vois souvent sortir avec moi du parking en sous-sol, demander l’arrêt au rez de chaussée, sortir et rentrer précipitament avant que les portes ne se referment et monter jusqu’à son étage en regardant avec angoisse le compteur d’étages, comme si elle avait peur de louper le sien. Qui ou que cherche t'elle, mystère !

              Quant aux claustrophobes, l’attente n’est pas trop longue lorsque l’ascenseur fonctionne. Mais s’il tombe en panne c’est la galère car en région parisienne les secours peuvent mettre une demi heure à venir.
              Les symptômes sont alarmants : sensation d'étouffement, transpiration abondante, nausée, sécheresse de la bouche, tremblements, palpitations, incapacité à penser de façon rationnelle, perte de contrôle. Parfois même dangereux pour une femme enceinte ou une personne cardiaque par exemple.   
              Alors j’ai appris à désincarcérer les gens bloqués (il y a quelques précautions à prendre et une clé spéciale). Cela m’a valu quelques bisous sur les joues de dames qui croyaient leur dernière heure venue.
              Pourtant l’ascenseur reste éclairé et bien aéré, mais c’est plus fort que soi quand on a ainsi peur d'être enfermé dans les espaces étroits et clos.

              On a parfois l’impression que des distances types existent,  plus courtes pour les rapports d'amitié, plus grandes pour les rapports sociaux et presque des barrières invisibles vis à vis des inconnus.
              Dans cet espace étroit le  non- respect d'une distance minimale provoque parfois chez certaines personnes un malaise, une gêne due à l'invasion de leur bulle virtuelle, voire une réaction d’hostilité.
              Par contre il y a des rituels entre personnes qui se connaissent : bonjour et considérations oiseuses sur la pluie et le beau temps, paroles de bienvenue, baiser sur la joue donné à un ami ou à une connaissance.
              En fait on n’est pas obligé de parler mais on est presque obligé de communiquer tellement l’espace est restreint,  c'est inévitable. On peut communiquer par un sourire ou une attitude amicale, ou l'on peut communiquer que l'on ne veut pas communiquer, en adoptant une posture de rejet, comme tourner le dos à ses compagnons de voyage d'un moment, ce qui signifie que l'on refuse toute forme de communication.
              Dans l'ascenseur, certains (surtout les extravertis), ressentent le besoin irrépressible d'entamer la conversation, tandis que d'autres refusent de dire simplement bonjour (souvent l'introverti, doté en général d'une riche vie intérieure qui le pousse à se perdre dans ses réflexions et lui permet de s'éloigner par la pensée de ce lieu confiné).
               Il y a aussi les personnes  qui ont une haute opinion d'elles-mêmes et un manque total et préjudiciable d'estime pour les autres. Les personnes rencontrées ne sont pas dignes de leur confiance, et communiquer avec elles est pour eux totalement dénué d'intérêt.

              Il y a enfin ceux qui se plantent devant le panneau de commande l’air fasciné par les boutons.
              Il y a d’abord les timides, pour qui c’est un prétexte pour ne pas être obligé de regarder les autres et une façon de s’isoler en faisant croire qu’on réfléchit intensément.
              Ces boutons stimulent un désir irrépressible d'être utilisés: lorsque plusieurs personnes sont présentes, et surtout dans les situations où l'ascenseur est bondé, très peu de résidants de mon immeuble demandent à la personne la plus proche du tableau de commande d'appuyer sur le bouton de leur étage de destination. La quasi-totalité préfère s'en charger personnellement, même si cela implique d'enjamber parapluies et poussettes, ou de se contorsionner entre bras et têtes.
              Plus étrange, quand une personne est presque seule dans l'ascenseur, il lui arrive souvent d'appuyer plusieurs fois sur le bouton de son étage. Elles doit croire qu’elle accélère l'ascenseur en pressant à plusieurs reprises le bouton de leur choix, conséquence de la hâte qui envahit notre vie. 

              Mais me direz vous, je ne vous ai pas parlé de ceux et celles qui font l’amour dans l’ascenseur. Sans doute les personnes de mon immeuble n’ont elles pas assez le goût du risque qui fait prendre du plaisir par peur d’être surpris.
              Et puis il n’y a que cinq étages et le trajet n’est pas assez long !!.

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  • Mes rencontres dans les ascenseurs (1)Mes rencontres dans les ascenseurs (1)
     
             Je m'occupe de la copropriété dans laquelle j'habite et ces deux dernières années, j'ai fait rénover les machineries et l'électronique des ascenseurs des quatre immeubles. Alors évidemment les ascenseurs cela fait partie de mes préoccupations, et pourquoi pas, ce à quoi ils sont destinés : transporter des gens !

              Comment les personnes se comportent elles dans un ascenseur ?

              Peut être avez vous lu le livre de M Barberi "L'élégance du hérisson" ? Cet auteur a fait état, dans un journal féminin, d'une étude américaine assez ancienne (2001) sur la psychologie des gens dans les ascenseurs, faite à partir des enregistrements vidéos des caméras de sécurité. Alors depuis j’observe ceux que j’y rencontre et je dois dire que cela me fait sourire.

              Un ascenseur n'est jamais qu'une cage métallique, équipée d'un éclairage, d'un tableau de commande et parfois d'un miroir: un moyen très simple de se déplacer à la verticale. Et pourtant, c'est aussi un lieu qui révèle notre façon d'interagir avec autrui et avec l'espace qui nous entoure.
              Certains s'y sentent maîtres de la situation, justement parce que l'espace est restreint. Beaucoup éprouvent un certain malaise à partager leur espace vital avec des inconnus. D'autres semblent se faire tout petits et prient pour arriver le plus vite possible à destination. D'autres encore ne perdent aucune occasion de laisser une trace de leur passage, feutre en main.
              En somme, chacun de nous aborde l'ascenseur à sa façon, hormis bien évidemment les claustrophobes, qui préféreront gravir dix étages à pied plutôt que de prendre l'ascenseur

              L’étude américaine faite en 2001, faisait état de certains de ces comportements, en rapport avec notre personnalité :

                Le prêt-à-bondir :
    Impeccablement vêtu, tel un jeune cadre dynamique, il regarde les autres avec mépris ou suffisance; c'est généralement un "prêt-à- bondir". Le plus souvent, il jaillit de l'ascenseur téléphone à l'oreille dès qu'il arrive à son étage.
           
                L’âme perdue :
    Il ne sait pas exactement à quel étage il doit aller. Parfois, il donne l'impression d'ignorer s'il est dans le bon bâtiment. Il demande constamment des renseignements. C'est un éternel inquiet.

                 L’affolé :
    Claustrophobe, il est recroquevillé sur lui même, anxieux au point de se ronger les ongles, et dès l’arrivée à l’étage, il se précipite dehors, soulagé d’être libre et encore en vie.

                L'importun :
    Ou bavard indiscret. Ce type de personne se sent en droit de parier à tout le monde, inlassablement, jusqu'à ce que l'ascenseur soit vide, et en général pour ne rien dire d’intéressant, ou ne parler que de lui.

                Le revêche :
    Il fait tout ce qu'il peut pour éviter toute forme de contact, physique ou verbal. Si l'ascenseur est occupé, il hésitera à y entrer et préférera l'escalier. Et si quelqu'un tente de lui parler, il garde le silence en regardant droit devant lui.
       
                L'inquiétant :
    Personne ne voudrait se trouver seul dans un ascenseur avec une personne de ce type. Il ressemble aux gaillards patibulaires des films américains: aucune émotion ne passe sur son visage et il scrute  tous ceux qui entrent, et ne dit pas un mot.

                Le vaniteux :
    Il ne fait rien pour cacher sa totale absence de modestie. Même accompagné, il se regarde et s'admire dans le miroir, ou à défaut, observe son reflet sur les surfaces métalliques des parois. Il vérifie son nœud de cravate, se recoiffe et, souvent, se sourit à lui-même d'un air satisfait.

              L’étude indiquait que, lorsque l’ascenseur est peu occupé et qu’elles ont le choix,  le repli contre la paroi du fond est choisi par 47 % des personnes, dont près de deux tiers d'hommes, alors que 29 % des voyageurs solitaires se placent devant la porte de la cabine; 11% s’appuient sur la paroi latérale, coté tableau de commande et les 12 % restant se mettent n’importe où.

              Alors depuis, je fais l’anthropologue dans l’ascenseur de mon immeuble.
    Dans le prochain article, je vous ferai part de mes impressions personnelles..

           

     

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