• Méfions nous de notre première impression sur quelqu'un !

              Quand j’étais encore en fonction j’ai souvent discuté avec les personnes de la DRH chargées des embauches pour les mettre en garde contre les premiers tris effectués sur les CV, avant d’en retenir certains pour un entretien.
               Ce tri peut comporter en effet de nombreux biais qui faussent les choix.
              Depuis que je suis à la retraite, j’ai constaté que de nombreuses personnes, dans une réunion ode travail ou de récréation, se faisaient une opinion sur des personnes qu’ils connaissaient pas ou peu, sur une simple impression immédiate et en en discutant ensuite avec elles, je constatais que cette première impression était erronée.
              De nombreux facteurs peuvent venir en effet rendre caduc un jugement trop rapide.

               D’abord notre propre situation : si nous sommes fatigué ou de mauvaise humeur, car cela influence notre jugement, en général de façon négative. Mais notre inconscient peut intervenir de façon pernicieuse : lorsqu’on projette des mots de façon très rapide pour que la perception soit subliminaire donc inconsciente, on s’aperçoit si on a projette ainsi à un premier groupe des mots favorables à la personne que l’on doit juger et à un autre groupe des mots défavorables, le premier groupe juge beaucoup plus favorablement cette personne.  
             
    Ce que vous avez donc vécu peu avant de rencontrer une personne peut donc influencer le jugement que vous aurez sur elle de façon immédiate et spontanée.   

               Les chercheurs ont également montré que si on lit une liste de qualités et de défauts d’une personne, l’ordre de ces adjectif n’est pas neutre, le premiers ayant beaucoup plus d’influence que les suivants. Nous sommes marqués par les premiers mots lus.  
              Quand vous voyez un visage ou une photographie, vous n’êtes pas neutre non plus. De nombreux stéréotypes vous influencent. Non seulement les expressions du visage provoquent des réactions inconscientes, mais aussi l’allure, la façon de s’habiller, de se comporter. Même éventuellement l’environnement qui entoure la personne peut avoir une action.

              On peut donner des exemples d’erreurs que l’on commet souvent :

              Une première catégorie d’erreurs concerne des erreurs sur nous même ou engendrées par des considérations personnelles.
                     - Nous exagérons l’attention et l’intérêt que nous portent les autres, et nous croyons que les autres examinent en détail ce que nous faisosn de bien ou de mal. Quelqu’un qui vous regarde à un moment donné n’éprouve pas forcément une passion pour
                     - Quand nous avons fait une erreur ou subi un échec, nous avons tendance à en attribuer la responsabilité aux autres. Sous le coup de cette contrariété, nous pouvons être influencé dans notre jugement sur autrui.
                     - Nous accordons de l’intérêt à un argument qui nous satisfait parce qu’il nous concerne, parce qu’il nous plaît, parce qu’il est flatteur pour nous. De ce fait nous faisons moins attention à d’autres arguments moins favorables qui l’accompagnent. C’est ce qu’on appelle l’effet « Barnum ».
                    - Nous voulons produire une bonne impression sur les personnes que nous rencontrons; cela peut nous amener à juger positivement un individu pour lui faire plaisir, mais aussi être trompé dans notre jugement par l’attitude de l’interlocuteur qui veut faire bonne impression. En fait quand nous émettons une opinion sur la personnalité de quelqu’un que nous connaissons peu, nous jugeons sa « Persona » (l’image qu’elle veut donner), et pas sa personnalité propre réelle.
                     - Nous avons tendance à penser que le monde est bon et juste, et que tout doit bien se passer. Donc s’il arrive quelque chose de désagréable à quelqu’un, nous penserons que cela est de sa faute et qu’il l’a mérité, et au contraire nous prêterons des qualités à celui qui réussit.

               Un  deuxième type d’erreurs est au contraire dû à des idées que nous nous faisons sur la personnalité d’autrui :
                        - Nous mettons inconsciemment certains événements extérieurs, certains aspects, en relation avec la personnalité, même si cela est faux : c’est ce que l’on appelle les « stéréotypes » et les « à priori ».
                     - Nous considérons que les résultats des actions d’un individu sont dues à sa personnalité, sans nous demander quelle est la part du contexte dans lequel il était, ou celle d’autres personnes en interaction avec lui.
                     - A partir des informations que nous avons, nous portons un jugement sur la personnalité d’un interlocuteur. Mais ces informations acquises dans un temps très court, sont très partielles. Mais si des informations nous parviennent ensuite, qui contredisent notre première impression, nous y accordons moins d’intérêt.
                     - Nous pouvons avoir eu des renseignements (ou des ragots !) sur une personne avant de la rencontrer. Nous pouvons inconsciemment porter un jugement sur sa personnalité à partir de ces élément et nous le justifierons après coup.
                     - Quand nous nous sommes fait une opinion sur quelqu’un, bonne ou mauvaise, nous cherchons les arguments qui confortent notre opinion, et nous négligeons ceux qui la contrediraient.

               Une troisième sorte de biais provient d’impressions sociales
              Par exemple vous remarquerez davantage (et donc vous vous intéresserez à cette personne), si elle croise souvent votre route.
              On fait également en général meilleure impression en groupe (accompagné), que si on se trouve seul en face de vous.

              Donc ne cherchez pas à définir la personnalité d’un interlocuteur dès le premier contact et d’après la première impression. Elle risque d’être biaisée.
              C’est la raison pour laquelle on essaie de se baser sur des critères mieux définis, comme ceux des « préférences cérébrales » ou du « big-five ».
              Mais là encore, il ne faut pas aller trop vite. Ce n’est qu’après une longue discussion avec la personne, quant à ses comportements dans des circonstances précises, que vous pourrez ensemble vous forger un avais pertinent.    

              J’ai été amené à expliquer les préférences cérébrales et à former des jeunes et moins jeunes à leur emploi. Après une première discussion d’une vingtaine de minutes avec la personne qui servait de cobaye et dont je connaissais bien la personnalité, je demandais aux stgiaire de donner leur avis sur cette personnalité.
              Bien sûr une partie de leurs réponses étaient justes, mais d’autres aspects étaient erronés. Et l’on s’apercevait alors que les stagiaires décrivaient la personnalité, non pas celle réelle de notre cobaye, mais celle de sa « Persona » (au sens de Jung - voir mes articles des  22/6/2014 et 15/1/2016  Papynet des   9/1/2016 et 2/5/2016), c’est à dire ce que la personne veut bien montrer aux autres. Cette Persona comporte des morceaux de sa vraie personnalité, mais aussi des images de soi que la personne voudrait donner d’elle même aux autres, et aussi de ce qu’elle voudrait être au fond d’elle même, de façon consciente ou non. Par contre on ne trouvera pas aussi rapidement la partie de son moi qu’elle veut cacher aux autres.   

              En fait nous avons l’impression de bien connaître nos proches et nos amis, et même une personne  que nous avons peu vue. En fait nous pouvons reconnaître certains traits, mais pas leur intensité ou certaines de leurs déviations. Les intéressés eux mêmes ne se connaissent pas parfaitement.
              Il faut donc beaucoup nous méfier de nos premières impressions, mais aussi des conclusions trop rapides d’une analyse plus objective de leur personnalité à l’aide d’outils adaptés..

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

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         Il m'arrive souvent dans mes discussions avec mes correspondant(e)s ou avec mes petits enfants, que l'on me répète : “je m'ennui iiiiie....!!!.” , avec beaucoup de tristesse et en se lamentant sur les méfaits de la solitude.
        Cela me parait effectivement un symptôme courant de la jeunesse actuelle, voire même de notre temps.
         J'ai fait en mars dernier plusieurs articles sur l'ennui et même un test, et quelqu'un m'écrit : "c'est la société actuelle qui est comme cela : c'est normal de s'ennuyer, quand après avoir été surchargé d'activités, on n'a tout à coup un creux".

         Et pourtant il y a une catégorie de personnes qui ne s'ennuie pas : le jeune enfant entre deux et six ans, voire plus.
         J'ai peu de souvenirs de cette lointaine enfance, mais j'ai souvent observé de jeunes enfants dans ma famille. Il me semble qu' ils ne s'ennuient jamais.

          D'abord le petit enfant n'est jamais seul. Il peut, sans difficulté imaginer la présence de ses parents près de lui, surtout de sa mère, qui l'accompagne dans ses soliloques. Il a aussi près de lui son “doudou”, ses ours en peluche et ses jouets préférés.
         Et même sans eux, l'enfant ne s'ennuie pas il découvre le monde.
         Je pense que comme moi vous avez joué à faire entrer ou sortir un escargot de sa coquille.
        “Escargot, montre moi des cornes , ou sinon, je te casse ta maison !“ dit la chanson enfantine.

         Bien sûr l'enfant cherche d'abord à jouer avec ses jouets. Mais cela ne l'occupe qu'une partie du temps
         Il ne s'ennuie pas pour autant; l'enfant est intéressé par tout ce qui l'entoure et la moindre petite chose capte son attention : un insecte qui butine, une grue qui construit un immeuble, les oiseaux qui viennent manger des graines sur un balcon, les avions qui atterrissent au loin, sa mère qui fait la cuisine ou son père qui bricole.
         Il regarde attentivement, cherche à comprendre, observe pour pouvoir imiter. Il découvre ce qui l'entoure et se forge peu à peu une certaine expérience.
         Au fond l'enfant s'amuse de tout, car tout pour lui est une aventure, une découverte, une nouveauté, une stimulation.
         Ses sens sont en éveil, son attention est soutenue, son cortex frontal réfléchit, sa mémoire emmagasine et des tas de questions fusent. Et lorsqu'il ne s'agit pas de choses nouvelles mais de jeux avec des objets connus, alors son imagination invente, lui raconte un conte, une nouvelle histoire. Il joue alors un jeu de rôle.
       
        Quand il est en bonne santé, l'enfant est dans son monde à lui, heureux.
        Tout pour lui est nouveauté, stimulation, imagination.
        L'ennui, il ne connait pas, sauf si les adultes lui ont inculqué cette notion, malgré lui.

         Malheureusement il n'en sera plus de même lorsqu'il grandira. Pourquoi ?
         Personnellement j'ai l'impression de ne jamais m'être ennuyé. Pourquoi ?
         Je pense que mes parents comme mes professeurs m'avaient habitué à être curieux, à poser des questions et ils y répondaient. Les livres qu'on me faisait lire, les cours en classe, étaient tels qu'ils excitaient ma curiosité et mon imagination. Alors j'étais en perpétuelle découverte.
         Découverte de l'environnement, découverte de la littérature, découverte des sciences, découverte découverte des méthodes, de tous les problèmes de la vie quotidienne et de trouver leur solution.
         Je n'avais pas des jeux sur internet ou sur console où l'on exerce seulement la rapidité de ses tirs et de ses réflexes. C'étaient, en dehors du sport des jeux de réflexion, d'imagination, de création.
         Bref j'avais toujours quelque chose à faire, à réfléchir, à imaginer. J'étais toujours occupé, même quand j'étais seul.

         Je pense qu'effectivement, c'est notre société d'aujourd'hui et l'éducation de ses enfants par leurs parents et dans l'Education Nationale, qui crée l'ennui.

     

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          Je suis toujours un peu surpris quand je vois des automobilistes ou des personnes au supermarché, qui se disent tout le mal qu'elles pensent l'une de l'autre, dans un langage en général peu châtié que n'oserait même pas utiliser un charretier.

          Un vieux monsieur (comme moi !) devant moi regardait aussi, et se tournant vers moi m'a fait cette réflexion, parodiant ainsi Madame du Barry : "La France, la politesse fout le camp !" Et il a ajouté "mais qu'est ce qu'on leur a donc appris à l'école"?

          Est ce vraiment à l'Education Nationale de nous apprendre la politesse ?

         Cela m'a donné à réfléchir : d'abord qu'est ce que la politesse ?

         La politesse c'est un ensemble de règles destinées à rendre meilleurs nos rapports entre personnes à l'intérieur de notre société et cela dans la vie de tous les jours. C'est un régulateur de la vie sociale.
         Ma grand mère, lorsqu'elle m'enseignait la politesse, appelait cela du “savoir vivre” !
         Ces règles peuvent avoir des origines diverses, certaines anciennes correspondant à la culture “ethnique”, à l'appartenance culturelle à une communauté et diffèrent donc suivant nos origines. Chaque groupe culturel a ses propres règles, reliées à son système de valeurs. Dans un pays où l'on concsidère que chacun est maître de son temps, être bref est une marque de respect; mais au contraire là ou le degré de respect et d'attention que l'on vous porte, se mesure au temps passé avec vous, ce serait au contraire une impolitesse et il faut donc “être long”.
         Dans le même esprit certaines règles sont très traditionnelles, comme la façon de saluer ou de dire bonjour, de manifester sa déférence, qui varie beaucoup d'un pays à l'autre.
         Comparez nos traditions à celles des japonais ou de la Corée du Sud. Dans ce pays par exemple, on doit être déférent vis à vis de toute personne plus âgée que vous, ne serait ce que de quelques mois, et un jeune ne peut s'adresser aux adultes comme à des personnes de son âge et il ne peut parler à des parents ou grands parents comme on le fait chez nous, respect oblige. C'est eux qui parlent et on répond.   
         Ces coutumes se sont forgées au cours du temps et évoluent lentement.

         Pratiquer les règles en vigueur revient à reconnaître que l'on appartient à un groupe dans lequel elles ont cours, que l'on adhère à ses valeurs et que l'on désire s'y faire accepter. Elles sont un facteur d'intégration et un lien social.
         D'autres règles sont plutôt l'apanage d'une catégorie sociale, car elles correspondent à des modes de vie, des habitudes différentes, mais ces différences, très fortes autrefois, tendent aujourd'hui à s'estomper.
         En effet elles peuvent aussi créer un clivage entre ceux qui les connaissent et ceux qui ne les connaissent pas et contribuer à une ségrégation sociale entre les riches et les pauvres, les autochtones et les immigrés, les gens des villes et ceux de la campagne, dans l'entreprise entre les cadres et les employés..... Il fut essayer d'atténuer ces différences.
         Auxiliaire du lien social, mais aussi vecteur de ségrégation et d'hypocrisie, la politesse, tel le dieu Janus, a un double visage et les philosophes se sont toujours demandé s'il fallait la considérer comme une vertu ou en dénoncer le formalisme. Je crois que tout dépend de l'usage que nous en faisons.
         Enfin je pense qu'il faut, pour être complet, citer certains détails de cette politesse, propres à une communauté ou à une famille, habitudes qui sont issues de circonstances historiques particulières, d'un environnement géographique ou culturel ou de personnes marquantes qui la composent.
       
         Enseigner la politesse, c'est donc enseigner d'abord des règles et je me souviens avoir lu - quelquefois en riant quand celles-ci avaient beaucoup changé, de petits livres qui donnaient des conseils pour bien “se tenir” en société, pour savoir quoi dire dans certaines circonstances (éviter par exemple de dire à une dame qui vous remercie d'avoir assisté à l'enterrement de son mari “mais pensez donc c'était avec plaisir” !), ou pour savoir les coutumes pour mettre les verres et couverts et bien se tenir à table.
         Il me semble tout d'abord qu'une partie de cette politesse s'apprend très tôt, avant quatre ans et c'est aux parents de faire l'éducation des jeunes enfants, par l'exemple qu'eux mêmes donnent et que l'enfant essaie d'imiter, en recevant des conseils, voire quelques remontrances. C'est le cas notamment de ce qui devrait devenir un réflexe tel que “bonjour”, “s'il vous plaît”, “merci” ou s'excuser quand on gêne.
         La presque totalité de ces “coutumes” s'apprend avant dix ans. Si l'école devait donner un complément de formation par rapport à celle des parents, c'est plutôt d'abord à la maternelle, puis à la communale.
         Cela s'est d'ailleurs toujours fait. Quand j'étais gosse, si en arrivant en classe nous n'enlevions pas notre casquette, si nous ne disions pas “bonjour Monsieur”  à l'instituteur, nous avions droit à des remarques et nous trouvions cela normal et lorsque nous étions ainsi impolis, c'était un oubli, très rarement volontaire.
         Il existe même des stages de “savoir vivre”, mais ceux ci sont perçus comme des moteurs d'ascension sociale, ce qui ne serait sûrement pas le cas pour des élèves des collèges et lycées qui y verront une “matière scolaire” comme une autre et surtout son coté contraignant et moraliste, qui risque de leur déplaire.
         En outre la force de notre école, c'est son coté universel pluraliste, laïque, qui lui fait un devoir d'accueillir tous les élèves quelle que soit leur origine, leur nationalité, leurs opinions ou leur religion.
         Or si on regarde les règles de politesse dans leur détail, elles peuvent être différentes selon ces critères, et alors que faut il enseigner qui soit réellement utile et qui ne choque personne ?
       
         Je ne pense donc pas que l'école soit à même d'enseigner la politesse comme devraient le faire les parents. Ce n'est pas son rôle.
         Alors comment ferais je personnellement si on me demandait de le faire en classe ?
        Je crois que j'essaierai d'en expliquer non pas les règles, mais les principes, éventuellement  avec des exemples.

        Dominique Picard, professeur de Psychologie sociale à l'université de Paris, estime que la politesse a quatre grands piliers :

        La “sociabilité” : c'est :
            - la “convivialité” dire bonjour, merci, respecter des règles simples.
            - les “marques d'intérêt”  vis à vis des autres.
            - la “bienveillance” : proposer ses services.

        Le “respect d'autrui” :
            - la “considération” : ne pas gêner les autres.
            - “le tact, la discrétion”, éviter les propos désobligeants.
            - la “retenue”  être modéré dans ses propos, exprimer son désaccord sans blesser.

        Le respect de soi même :
            - avoir une tenue correcte
            - garder un langage châtié et si possible clair.
            - éviter les attitudes gênantes ou provocantes.

        Un équilibre dans ses attitudes :
            - la “bonne distance”, éviter les excès de froideur ou de familiarité;
            - la “modération”, ne pas abuser du temps d'autrui, ne pas s'imposer
            - la “réciprocité” , être avec une personne comme elle a été avec vous lorsque elle a été elle même polie.

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  • Les phobies et peurs instinctives.

              Beaucoup de personnes ont des "phobies" qui sont des peurs instinctives , réflexes inconscients dont on connaît mal l'origine.
              Elles sont en général présentes dès l'enfance, sauf traumatisme particulier qui a engendré un choc psychologique chez un adulte, dont la phobie est alors la conséquence.
              En général, elles sont présentes chez le jeune enfant et on pourrait les croire héréditaires.
              Dans de rare cas elles peuvent résulter de traditions, d'archétypes d'une société particulière.
              Mais, pour le plupart d'entre elles, il est naturel qu'un enfant ait une crainte vis à vis d'un animal inconnu et il gardera cette crainte si on ne lui montre pas qu'elle est irraisonnée, et cette crainte sera renforcée s'il voit des adultes la partager, surtout si c'est sa famille.

             Une peur très courante est celle des serpents. Cette peur est souvent disproportionnées à vis de l'animal que l'on a en face de soi, un orvet par exemple. Mais il faut rester calme et si l'on voit un serpent qui ressemble à une vipère, il faut rester prudemment à distance et au besoin chercher quelqu'un qui est davantage habitué à reconnaître ces bêtes.
              J'ai vu des vipères à cornes et des serpents à lunettes au Sahara et je restais à distance et je n'allais pas les exciter bêtement. D'ailleurs j'avais toujours du sérum dans la voiture , avec une seringue auto-injectante, car une piqure de cobra ne pardonne pas; si on n'intervient pas tout de suite, on meurt en quelques heures, le venin neurotoxique vous paralysant.
              Mais ce n'est pas une raison pour en avoir une peur panique !

                  Je connais beaucoup de gens qui ont une peur maladive des araignées et moi même je ne prendrais certainement pas une mygale dans les mains, même si on en avait enlevé les crochets venimeux. Mais il ne s'agit pas de s'enfuir en hurlant. Un balai, un morceau de carton, une chaussure suffit à l'écraser.
              Une de mes petites-filles qui avait peur des araignées , mais à qui sa grand-mère a peu à peu montré que ce n'était pas raisonnable, a maintenant pitié, même des grosses araignées noires du garage en Bretagne et elle les prend dans ses mains pour aller les déposer dans le tas de bois du jardin.

              Et si j'aime bien les souris et les petits mulots, je connais des gens qui paniquent à la vue, non pas d'un gros rat, mais d'une petite souris.
              Je me souviens quand j'étais gosse d'une grosse dame qui tournait en rond dans une petite cour cimentée avec un petit mulot qui lui courait derrière et comme la dame était trop volumineuse pour que je me risque à essayer de l'arrêter dans sa course, j'avais choisi de marcher à son passage sur la queue de la musaraigne, ce qui évidemment l'a bloquée net.
              Je l'ai prise ensuite, toute tremblante, la pauvre, pour aller la remettre dans l'herbe du jardin tandis que la dame hystérique criait “tue la surtout !!! “
              Et plus tard au temps où j'avais un laboratoire au Sahara, un technicien qui pesait bien
    120 kgs (il ressemblait à Obélix !) nous aidait.
              Un jour on était allé sur le terrain, on rentre au labo et on le voit monté sur une table, la figure décomposée. A ses pied, une petite gerboise de 50 grammes mangeait tranquillement un biscuit.  (ces gentilles bêtes sont des espèces de petites souris avec de grandes pattes et sautent comme des kangourous, mais adorent aussi le cuir des chaussures ! ).
              Il a fallu mettre la gerboise à la porte du laboratoire pour que mon technicien veuille bien descendre de sa table, et encore en regardant partout s'il n'y en avait pas une autre dans un coin !

              Je me souviens aussi que ma secrétaire n'aimait pas les hamsters qu'on élevait au labo. Et un jour de jeunes médecins du labo se sont amusés à lui mettre la soir, dans le tiroir du haut de son bureau en bois, un jeune hamster gris.
              Le lendemain ils guettaient ses cris, mais tout restait muet.
              Ils sont venus voir et on a constaté que pendant la nuit le hamster avait mangé le fond du tiroir en bois, un grand trou dans deux paquets de papier blanc, re-fond de tiroir, deux revues et un roman, (sans les lire) et re-trou dans le fonds en bois du troisième tiroir du bas.
    Et enfin dehors, la liberté. On ne la jamais revu ce petit hamster!
              Mes médecins étaient déçus, bien fait pour eux !!

             Certaines personnes ont aussi une peur maladive des insectes  : abeilles, guêpes (certes elles piquent, mais seulement si on les excitent), mais aussi des mantes religieuses, des phasmes, comme celui de la photo en fin d'article, Voire même des coccinelles ou des sauterelles.
              J'avais un petit York qui a trouvé un jour dans un coin de le terrasse, trois minuscules crapauds l'un a côté de l'autre, et il a été fourrer son nez dedans; les trois crapaud ont alors sauté en même temps et il a eu la peur de sa vie. Par contre il aimait "jouer au criquet" dans le jardin en mettant son nez dur un petit criquet vert qui sautait alors 30 cm plus loin, et il allait à nouveau le faire sauter. Il s'amusait ainsi une demi-heure et le criquet tombait de fatigue !

             Mais j'ai connu une petite fille qui, dans la mer sur le bord de la plage, dans une eau très transparente, se mettait à hurler et s'accrochait désespérément à sa grand mère, dès qu'un crabe (tout petit) s'approchait de ses doigts de pieds. Mon york, alerté par les cris venait à son secours, attrapait le crabe dans sa gueule et l'écrasait entre ses dents. !moi cela m'arrive, mais je le fait cuire avant !!)

    Les phobies et peurs instinctives.

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  •              Dans un article sur l'optimisme, j'ai mentionné la pyramide de Maslow, mais sans développer ce sujet et des correspondants me demandent à quoi cela correspond il ?

                Chacun a une idée différente du bonheur et des désirs différents, car cela dépend de la situation dans laquelle on est et de l'environnement.
                Un psycho-sociologue américain, MASLOW, a essayé de schématiser cette échelle de désirs en fonction de la situation, en les hiérarchisant. Certes c'est un peu caricatural, mais c'est cependant instructif.   
                Cela s'appelle la “pyramide de MASLOW”

                Abraham MASLOW est un psychologue américain qui a étudié, autour de 1940, les comportements humains et a défini une hiérarchisation des besoins, dans le but de comprendre les incitations découlant de ces besoins, des aspirations et attentes correspondantes et de la motivation qu'elles engendrent.
                Il considère que notre comportement est fortement  dépendant de notre désir  conscient de croissance, de réalisation personnelle, (matérielle, intellectuelle et sentimentale), ce désir étant une part importante de la “conscience de soi” et à la base de nos motivations.

                Il a imaginé une “pyramide des besoins” qui est admise par tous les psychologues, qui hiérarchise les besoins en plusieurs strates et qui repose sur les principes suivants :
                            - un besoin supérieur ne peut apparaitre que quand les besoins inférieurs sont comblés.
                            - comme toute pyramide, pour qu'elle tienne  debout, elle doit, à l'origine, avoir une base solide, car une  détérioration de ce soubassement entraînera un  effondrement de toute la pyramide. De même à chaque étage une  anomalie de réalisation aura pour conséquence un  affaissement des étages situés au-dessus.
                            - mais une faille étendue et  profonde ultérieure peut, à n'importe quel étage de la  pyramide, avoir un effet destructeur de l'ensemble.    
                            - toutefois, la réalité n'est pas aussi statique, et une boucle  existe entre les besoins (les différents étages), la modification à un niveau pouvant entraîner des modifications aux niveaux inférieurs, puis une réorganisation de la pyramide, jusqu'aux niveaux supérieurs.

                                 

                1.) - A la base de la pyramide on trouve les  besoins de maintien de la vie (respiration, alimentation,  élimination, maintien de la température, repos et  sommeil, activité musculaire et neurologique, contact  corporel, vie sexuelle).
                Ces besoins sont fondamentaux. et prioritaires. Ils sont valables pour tout être humain, de la naissance à la mort.
                Les besoins physiologiques sont les besoins dont la  satisfaction est importante ou nécessaire pour la  survie et généralement, une personne cherche à  satisfaire ses besoins physiologiques avant tous les autres
                Un manque, une privation aura obligatoirement un impact sur les autres besoins, car la construction des étages supérieurs est alors impossible.
                À mesure qu'une personne croît et se  développe, elle est de plus en plus en mesure de  satisfaire ses besoins physiologiques; toutefois les enfants, les jeunes, les personnes  âgées, les pauvres, les malades et les  handicapés dépendent souvent des autres (au moins financièrement), pour  satisfaire leurs besoins physiologiques fondamentaux (ce qui leur pose problème).

                2.) - Le deuxième étage est constitué par les besoins  matériels et psychologiques de sécurité (protection  physique et psychologique, emploi, stabilité familiale  et professionnelle), de propriété (avoir des  choses et des lieux à soi) et de maîtrise de l'environnement (pouvoir  sur ce qui nous entoure).
                Au niveau de l'enfance, ils concernent essentiellement le milieu familial, et la propriété d'objets personnels ou d'une “chambre”; pour un adulte l'action sur l'environnement, l'emploi, et les possibilités d'acquisitions personnelles deviennent prépondérantes.
                Le maintien de la sécurité physique implique  la réduction ou l'élimination des dangers qui  menacent le corps ou la vie de la personne. Le danger peut  être une maladie, un accident un risque ou l'exposition  à un environnement dangereux.
                Parfois, la satisfaction des besoins de  sécurité physique peut être plus importante que la  satisfaction des besoins physiologiques.
                Mais une personne doit aussi se sentir  psychologiquement en sécurité et la maîtrise de ce qui l'entoure est alors essentielle. Elle doit savoir ce qu'elle peut attendre des autres, (les membres de sa famille notamment pour les jeunes); ainsi que des interventions d'autrui, des expériences nouvelles et des conditions de son  environnement.
                Elle doit se sentir rassurée par la possession de certains biens ou services.
                Un homme peut sentir sa sécurité psychologique menacée lorsqu'il doit faire face face à des  expériences nouvelles et à des situation inconnues.
           
                3.) - Le troisième étage est représenté  par les besoins sociaux : d'affectivité (être  accepté tel que l'on est, recevoir et donner amour et  tendresse, avoir des amis et un réseau de communication  satisfaisant), d'estime de la part des autres (être  reconnu comme ayant de la valeur) et d'appartenance (acceptation des autres avec leurs différences, appartenance à un groupe).
                Chez l'enfant sont essentiels l'amour de ses parents et de sa famille, la compréhension, l'estime les encouragements et la confiance de la part des parents et des amis ainsi que l'appartenance à sa famille, à un goupe de copains et à des “clubs” d'activités.
                Chez l'adulte il s'agit de sa vie en société et notamment au travail. Le besoin de compétences, d'un poste satisfaisant, d'exercer un pouvoir relève de ce niveau.
                Le désir de  combler ces besoins survient lorsque les besoins physiologiques  et les besoins de sécurité sont satisfaits, car  ce n'est que lorsqu'une personne se sent en sécurité qu'elle a le temps et la force de  rechercher l'amour et l'appartenance et de partager cet amour  avec d'autres.
                De fortes difficultés (maladie, deuil, perte d'emploi...), peuvent fortement perturber la réalisation de ces besoins.
                Cet étage a ceci de particulier qu'à l'encontre des autres, il est constitué de besoins que doivent vous donner les autres, parce que l'on vit avec eux.
                Certaines versions de la pyramide de Maslow (utilisées par d'autres sociologues, divisent ce niveau en deux en considérent  que le besoin social d'appartenance est un troisième étage prioritaire (et plus instinctif : besoin grégaire).
                Le besoin d'estime et de reconnaissance constitue alors un quatrième niveau, les autres étant décalés vers le haut, ce qui fait alors six niveaux au lieu de cinq.

                4) -  Le quatrième étage est le besoin  d'estime de soi-même et de considération des autres: sentiment d'être utile  et d'avoir de la valeur, point de départ de l'acceptation de soi et du développement de  l'indépendance. Besoin de liberté et de responsabilité qui concrétise l'estime des autres et de soi.
                C'est un besoin de développement, mais aussi de conservation de son identité et de son autonomie. Les aspirations à la connaissance, à la formation, au développement de carrière en font partie.
                Toute personne doit éprouver de l'estime pour  elle-même et sentir que les autres ont de la  considération pour elle.
                Le besoin d'estime de soi est rattaché au  désir de force, de réussite, de mérite, de  maîtrise et de compétence, de confiance en soi  face aux autres, d'indépendance et de liberté.
                Lorsque ces besoins sont satisfaits, la personne a  confiance en elle et se sent utile ; s'ils ne sont pas  satisfaits, la personne peut se sentir faible et inférieure (c'est l'une des raisons fréquente d'angoisse chez les jeunes).

                5.) - Au sommet de la pyramide, la  réalisation de soi (accroître ses connais-sances, développer ses valeurs, résoudre des problèmes compliqués, innover,  créer de l'utile et du beau, avoir une vie  intérieure)
                On pourrait résumer cette attente par :  "deviens qui tu es ".
                Mais elle explique l'attachement des personnes aux valeurs religieuses, morales, à des tâches sociales ou humanitaires ....
                Ceci nécessite une compréhension cognitive  (nouveauté, exploration, connaissance) et des besoins  esthétiques (musique, art, beauté, ordre).
                Cette réalisation suppose un but, qui n'est jamais complètement atteint et l'homme, plus ou moins insatisfait recherche toujours davantage.

                Bien sûr cette représentation est un peu caricaturale et simpliste. Mais lorsqu'on examine les problèmes de quelqu'un ou d'un groupe, commencer par se poser ces questions est fort utile et on découvre alors souvent des raisons de situations difficiles.

     

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