•              Dans un article sur l'optimisme, j'ai mentionné la pyramide de Maslow, mais sans développer ce sujet et des correspondants me demandent à quoi cela correspond il ?

                Chacun a une idée différente du bonheur et des désirs différents, car cela dépend de la situation dans laquelle on est et de l'environnement.
                Un psycho-sociologue américain, MASLOW, a essayé de schématiser cette échelle de désirs en fonction de la situation, en les hiérarchisant. Certes c'est un peu caricatural, mais c'est cependant instructif.   
                Cela s'appelle la “pyramide de MASLOW”

                Abraham MASLOW est un psychologue américain qui a étudié, autour de 1940, les comportements humains et a défini une hiérarchisation des besoins, dans le but de comprendre les incitations découlant de ces besoins, des aspirations et attentes correspondantes et de la motivation qu'elles engendrent.
                Il considère que notre comportement est fortement  dépendant de notre désir  conscient de croissance, de réalisation personnelle, (matérielle, intellectuelle et sentimentale), ce désir étant une part importante de la “conscience de soi” et à la base de nos motivations.

                Il a imaginé une “pyramide des besoins” qui est admise par tous les psychologues, qui hiérarchise les besoins en plusieurs strates et qui repose sur les principes suivants :
                            - un besoin supérieur ne peut apparaitre que quand les besoins inférieurs sont comblés.
                            - comme toute pyramide, pour qu'elle tienne  debout, elle doit, à l'origine, avoir une base solide, car une  détérioration de ce soubassement entraînera un  effondrement de toute la pyramide. De même à chaque étage une  anomalie de réalisation aura pour conséquence un  affaissement des étages situés au-dessus.
                            - mais une faille étendue et  profonde ultérieure peut, à n'importe quel étage de la  pyramide, avoir un effet destructeur de l'ensemble.    
                            - toutefois, la réalité n'est pas aussi statique, et une boucle  existe entre les besoins (les différents étages), la modification à un niveau pouvant entraîner des modifications aux niveaux inférieurs, puis une réorganisation de la pyramide, jusqu'aux niveaux supérieurs.

                                 

                1.) - A la base de la pyramide on trouve les  besoins de maintien de la vie (respiration, alimentation,  élimination, maintien de la température, repos et  sommeil, activité musculaire et neurologique, contact  corporel, vie sexuelle).
                Ces besoins sont fondamentaux. et prioritaires. Ils sont valables pour tout être humain, de la naissance à la mort.
                Les besoins physiologiques sont les besoins dont la  satisfaction est importante ou nécessaire pour la  survie et généralement, une personne cherche à  satisfaire ses besoins physiologiques avant tous les autres
                Un manque, une privation aura obligatoirement un impact sur les autres besoins, car la construction des étages supérieurs est alors impossible.
                À mesure qu'une personne croît et se  développe, elle est de plus en plus en mesure de  satisfaire ses besoins physiologiques; toutefois les enfants, les jeunes, les personnes  âgées, les pauvres, les malades et les  handicapés dépendent souvent des autres (au moins financièrement), pour  satisfaire leurs besoins physiologiques fondamentaux (ce qui leur pose problème).

                2.) - Le deuxième étage est constitué par les besoins  matériels et psychologiques de sécurité (protection  physique et psychologique, emploi, stabilité familiale  et professionnelle), de propriété (avoir des  choses et des lieux à soi) et de maîtrise de l'environnement (pouvoir  sur ce qui nous entoure).
                Au niveau de l'enfance, ils concernent essentiellement le milieu familial, et la propriété d'objets personnels ou d'une “chambre”; pour un adulte l'action sur l'environnement, l'emploi, et les possibilités d'acquisitions personnelles deviennent prépondérantes.
                Le maintien de la sécurité physique implique  la réduction ou l'élimination des dangers qui  menacent le corps ou la vie de la personne. Le danger peut  être une maladie, un accident un risque ou l'exposition  à un environnement dangereux.
                Parfois, la satisfaction des besoins de  sécurité physique peut être plus importante que la  satisfaction des besoins physiologiques.
                Mais une personne doit aussi se sentir  psychologiquement en sécurité et la maîtrise de ce qui l'entoure est alors essentielle. Elle doit savoir ce qu'elle peut attendre des autres, (les membres de sa famille notamment pour les jeunes); ainsi que des interventions d'autrui, des expériences nouvelles et des conditions de son  environnement.
                Elle doit se sentir rassurée par la possession de certains biens ou services.
                Un homme peut sentir sa sécurité psychologique menacée lorsqu'il doit faire face face à des  expériences nouvelles et à des situation inconnues.
           
                3.) - Le troisième étage est représenté  par les besoins sociaux : d'affectivité (être  accepté tel que l'on est, recevoir et donner amour et  tendresse, avoir des amis et un réseau de communication  satisfaisant), d'estime de la part des autres (être  reconnu comme ayant de la valeur) et d'appartenance (acceptation des autres avec leurs différences, appartenance à un groupe).
                Chez l'enfant sont essentiels l'amour de ses parents et de sa famille, la compréhension, l'estime les encouragements et la confiance de la part des parents et des amis ainsi que l'appartenance à sa famille, à un goupe de copains et à des “clubs” d'activités.
                Chez l'adulte il s'agit de sa vie en société et notamment au travail. Le besoin de compétences, d'un poste satisfaisant, d'exercer un pouvoir relève de ce niveau.
                Le désir de  combler ces besoins survient lorsque les besoins physiologiques  et les besoins de sécurité sont satisfaits, car  ce n'est que lorsqu'une personne se sent en sécurité qu'elle a le temps et la force de  rechercher l'amour et l'appartenance et de partager cet amour  avec d'autres.
                De fortes difficultés (maladie, deuil, perte d'emploi...), peuvent fortement perturber la réalisation de ces besoins.
                Cet étage a ceci de particulier qu'à l'encontre des autres, il est constitué de besoins que doivent vous donner les autres, parce que l'on vit avec eux.
                Certaines versions de la pyramide de Maslow (utilisées par d'autres sociologues, divisent ce niveau en deux en considérent  que le besoin social d'appartenance est un troisième étage prioritaire (et plus instinctif : besoin grégaire).
                Le besoin d'estime et de reconnaissance constitue alors un quatrième niveau, les autres étant décalés vers le haut, ce qui fait alors six niveaux au lieu de cinq.

                4) -  Le quatrième étage est le besoin  d'estime de soi-même et de considération des autres: sentiment d'être utile  et d'avoir de la valeur, point de départ de l'acceptation de soi et du développement de  l'indépendance. Besoin de liberté et de responsabilité qui concrétise l'estime des autres et de soi.
                C'est un besoin de développement, mais aussi de conservation de son identité et de son autonomie. Les aspirations à la connaissance, à la formation, au développement de carrière en font partie.
                Toute personne doit éprouver de l'estime pour  elle-même et sentir que les autres ont de la  considération pour elle.
                Le besoin d'estime de soi est rattaché au  désir de force, de réussite, de mérite, de  maîtrise et de compétence, de confiance en soi  face aux autres, d'indépendance et de liberté.
                Lorsque ces besoins sont satisfaits, la personne a  confiance en elle et se sent utile ; s'ils ne sont pas  satisfaits, la personne peut se sentir faible et inférieure (c'est l'une des raisons fréquente d'angoisse chez les jeunes).

                5.) - Au sommet de la pyramide, la  réalisation de soi (accroître ses connais-sances, développer ses valeurs, résoudre des problèmes compliqués, innover,  créer de l'utile et du beau, avoir une vie  intérieure)
                On pourrait résumer cette attente par :  "deviens qui tu es ".
                Mais elle explique l'attachement des personnes aux valeurs religieuses, morales, à des tâches sociales ou humanitaires ....
                Ceci nécessite une compréhension cognitive  (nouveauté, exploration, connaissance) et des besoins  esthétiques (musique, art, beauté, ordre).
                Cette réalisation suppose un but, qui n'est jamais complètement atteint et l'homme, plus ou moins insatisfait recherche toujours davantage.

                Bien sûr cette représentation est un peu caricaturale et simpliste. Mais lorsqu'on examine les problèmes de quelqu'un ou d'un groupe, commencer par se poser ces questions est fort utile et on découvre alors souvent des raisons de situations difficiles.

     

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    Un test de prédisposition à l'ennui.

              Il existe un test d'ennui connu, créé par leprofesseur Sundberg et de Richard Farmer, de l'Institut de Recherche de l'Orégon. (1986)
             Je vous en donne donc une adaptation en français faite par Kamel Gana et M. Akremi .
            Amusez vous !!!

    Attribuez aux questions suivantes une note entre 1 et 7 : 1 = jamais; 2 = rarement; 3 = parfois; 4 = moyennement; 5 = souvent; 6 = très souvent; 7 = presque toujours.

    1- J'ai toujours l'impression que le temps passe lentement.

    2 -Je me sens souvent désœuvré, ne sachant quoi faire.

    3 - Je me fais souvent piéger dans des situations où je dois faire des choses qui n'ont pas de sens.
     
    4 - Avoir à regarder, chez quelqu'un, des films de famille ou des diapositives de vacances m'ennuie terriblement.

    5 - Beaucoup de choses que je fais sont répétitives et monotones.

    6 - J'ai besoin d'être plus stimulé que les autres pour bouger.

    7 - Je suis rarement enthousiasmé par ce que j'entreprends.
     
    8 - La plupart du temps, je ne fais que trainer. et je suis souvent à ne rien faire, avec du temps devant moi.

    9 - Dans des situations durant lesquelles je dois attendre, comme dans une queue, je deviens très impatient.

    10 - J'aurais beaucoup de mal à trouver un travail (ou activité) suffisamment intéressant.

    11 - J'aimerais faire davantage de choses stimulantes dans la vie.  La plupart du temps, j'ai l'impression de travailler en dessous de mes capacités.

    12 - À moins de faire quelque chose d'excitant, voire même de dangereux, je me sens plus mort que vif et déprimé.

    13 - J'ai besoin de beaucoup de changement et de diversité pour continuer à être vraiment heureux.

    14 - On dirait que l'on passe toujours les mêmes choses à la télévision ou au cinéma, cela devient lassant.

    15 - Lorsque j'étais jeune, je me retrouvais souvent dans des situations monotones et ennuyeuses.

    16 - Quand je travaille, il m'arrive souvent d'être préoccupé par autre chose que mon travail.


    A l'inverse attribuez aux questions suivantes une note entre 1 et 7 : 7 = jamais; 6 = rarement; 5 = parfois; 4 = moyennement; 3 = souvent; 2 = très souvent; 1 = presque toujours.


     17 - Il m'est facile de me concentrer sur mes activités.

    18 - J'ai tout le temps dans ma tête des projets et des choses à faire.

    19 - Je n'ai pas de difficultés à me distraire.
     
    20 - La plupart des choses que je fais me procurent un certain plaisir.

    21 - Quelle que soit la situation, je trouve toujours quelque chose d'intéressant à faire ou à voir.

    22 - Je suis particulièrement patient quand j'attends.

    23 - Je me réveille souvent avec une nouvelle idée en tête.

    24 - Beaucoup diraient que je suis quelqu'un de créatif et d'imaginatif.

    25 -Je m'intéresse à tellement de choses que je n'ai pas le temps de tout faire.

    26 - De tous mes amis, je suis le plus persévérant.


        Faites la somme des points que vous vous avez ainsi attribués.
        Pour ne pas vous influencer je ne vous donne pas le diagnostic sous ces questions, mais vous le trouverez dans l'article suivant que je publie aussi aujourd'hui.

    Si vous voulez vous pouvez faire un copier-coller de cet article. Par principe, je ne les protège jamais.

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  • Interprétation du test sur l'ennui.

    Résultats du test de l'article précédent :

               Je ne suis pas sûr que ceux qui ont fait une terminale se souviennent des statistiques et donc je vais résumer en quelques mots ce qu'est une loi de Gauss, de façon que vous puissiez interpréter votre résultat.

              En effet dans les tests on fait une étude sur un grand nombre de sujets (ici des étudiants américains) et on étudie la répartition statistique des résultats. Lorsqu'il s'agit de phénomènes ayant un grand nombre de petites causes, on trouve en général une loi de Gauss, symétrique, en forme de cloche..

              Votre score sera donc à comparer à celui des étudiants américain et vous saurez à quel endroit vous vous trouvez dans cette population.

                Comme il s'agit d'étudiants si vous êtes au lycée ou à la facvous avez des comportements probablement voisins (ce qui ne serait pas forcément le cas d'adultes, à fortiori de vieux singes comme moi !)
                 Par contre les questions étaient traduites de l'américain  et les français ayant une culture différente, iI est très possible que, si on faisait en France un étalonnage avec ce questionnaire sur quelques centaines de lycéens on trouverait des chiffres sans doute différents.

                        La loi de Laplace Gauss ou loi “normale”.

               Les élèves de T S ou T ES devraient savoir ce que c'est.  Voici une explication résumée simple:

               Les phénomènes qui correspondent à de très nombreux cas, dont les causes sont nombreuses et parmi lesquelles il n'y en a pas qui aient de beaucoup plus grande influence que les autres, obéissent en général à ce que l'on appelle la loi  dite “normale” décrite par Laplace et Gauss.
               C'est le cas par exemple pour la taille d'une population humaine, le poids des pièces de monnaies....et lpus généralement dans la plupart des dispersions des caractéristiques des objets fabriqués sur machines en grande série.
                Si l'on trace la courbe de fréquence des diverses valeurs des cas étudiés on trouve une courbe ayant l'allure des courbes ci-dessous, dites “courbes en cloche” qui est symétrique, autour d'une valeur appelée moyenne.
               Il y a autant d'événement qui ont une valeur inférieure que d'événements ayant une valeur supérieure à cette moyenne.
               La moyenne est une des caractéristiques de la distribution des valeurs des cas : les trois courbes verte, bleue, rouge ont la même moyenne; la courbe rose a une moyenne plus faible. Vous avez tou(te)s connu ce terme avec la moyenne de vos notes de classe.

               Une autre valeur caractéristique d'une distribution selon la loi normale est ce que l'on appelle la dispersion ou l'écart type, valeur de la dispersion que l'on peut catlculer par une formule mathématique.
               Vous voyez sur la figure les courbes de même moyenne bleue, verte et rouge sont différentes car les distributions sont plus ou moins “étalées”, plus ou moins “dispersées”.
               Les valeurs des abcisses correspondent à 1, 2, 3, 4...écart-types de la courbe verte.

    Interprétation du test sur l'ennui.

     

               Une des particularité de la loi normale, (qui n'est pas valable pour les distributions qui n'obéissent pas à cette loi) est que :

                           - 68,3% des cas dont compris entre  la moyenne moins un écart-type et la moyenne plus un écart-type.
                           - 95,5% des cas dont compris entre  la moyenne moins 2 écart-types et la moyenne plus 2 écart-types 
                           - 99,7% des cas dont compris entre  la moyenne moins 3 écart-types et la moyenne plus 3 écart-type

               Ces chiffres caractéristiques ne s'appliquent pas à des valeurs qui ne correspondent pas à une loi normale. Il existe donc des tests mathématiques qui permettent de vérifier l'appartenance d'une série de chiffres à une loi de Gauss.


                 
       Interprétation du test sur l'ennui.

               Les chiffres donnés permettent de vous situer par rapport à la population testée d'étudiants américains  

               Dans le cas de notre test et pour les étudiants américains :
           
                          - La moyenne des réponses est de 99. (pour un nombre minimal de points de 26 et un nombre maximal de 182 et un neutre de 104)

                          - L'écart-type étant de 12,
            • 68% des étudiants ont des scores entre 87 et 111 (les 2/3).
            • 95,5% des étudiants ont des scores entre 75 et 123.
            • 99,7% des étudiants ont des scores entre 63 et 135.

               Pour vous aider dans l'interprétation :

                          - si vous avez 62 points, vous ne vous ennuyez jamais : vous êtes dans les 1% exceptionnels.
                          - si vous avez 76 points, vous vous ennuyez peu comme 5% des étudiants US.
                          - si vous avez 98 points, vous êtes dans la moyenne
                         - si vous avez 108 points, vous vous ennuyez assez comme les 1/3 des étudiants US
                          - si vous avez 121 points, vous vous ennuyez beaucoup comme les environ 2,5% des étudiants US


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              Pourquoi nous ennuyons nous; que nous arrive t'il ? Que disent les psychologues à ce sujet et qu'ont ils fait comme recherches dans ce domaine?

              D'abord quelques statistiques :
                       
     - l'ennui frappe plus les hommes : 30% de plus que les femmes.

                        - l'ennui est beaucoup plus important chez les jeunes : 4 fois plus fréquent à 25 qu'à 45 ans, puis il se stabilise.
                        - l'ennui intervient davantage dans des situations monotones ou difficiles, lorsqu'on ne fait rien de particulier ou lors d'échecs.
                      - il est aussi lié au fait que l'on ne peut faire ce que l'on veut, que l'on est contraint dans une occupation. On s'ennuie 6 fois moins quand on s'occupe de soi.
                       - on s'ennuie deux fois plus seul ou avec des collègues qu'avec des amis ou la famille.
                       - dans une étude d'Amanda Markey, chercheuse à New-York, qui a rassemblé des millions d'observations sur 4000 volontaires, 63ù des personnes déclaraient s'être ennuyées au moins une fois dans les dix derniers jours : c'est énorme !!

             L'ennui n'est pas un trait de caractère, mais une conséquence de nos actions.
         
       John Eastwood, de l'université de Toronto définit ainsi l'ennui : "c'est la désagréable expérience de vouloir être absorbé dans une activité satisfaisante, sans y réussir".

              En fait il semble que ce soit surtout un défaut d'attention ; nous n'arrivons pas à nous concentrer sur ce que nous voudrions faire, et nous sommes à la fois nerveux et apathiques et nous avons beaucoup de difficulté à agir sur les événements; il s'ensuit indolence et tristesse.
              En définitive, l'ennui est une sorte d'émotion, qui résulte d'un conflit entre notre attention et notre environnement.

              Que disent les psychologue quant aux comportements permettant de lutter contre l'ennui.?

             Il faut donc modifier l'environnement ou faire effort pour retrouver notre attention sur nos actions.
           
      Il faut d'abord s'interroger sur la fréquence des situations d'ennui et sur leurs causes : les circonstances dans lesquelles elles ont lieu. On peut alors trouver comment substituer des situations à d'autres et éliminer les causes de nos baisses d'attention.

    Il faut surtout arriver à ne pas se complaire dans l'ennui permanent : cela peut conduire à la dépression, et c'est au minimum une souffrance.

              Mais faut il vouloir éliminer complètement l'ennui ?
               D'une part l'ennui peut nous protéger en nous détournant de certaines situations nocives ou auxquelles nous ne sommes pas adaptés. C'est donc un signal sur lequel il faut réfléchir.
              Par ailleurs quand on s'ennuie et qu'on veut s'en sortir, on essaie de trouver des situation, des occupations nouvelles. On stimule donc son imagination, sa créativité.
              Eastwood pense qu'il serait aussi néfaste de chercher à tout prix à éliminer l'ennui, comme de vouloir éliminer toute douleur : ce sont des signaux utiles tant qu'ils ne devient pas trop importants ou chroniques.

             Et les chercheurs sont persuadés qu'il est plus difficile de diminuer l'ennui aujourd'hui.
             
     "A force de recevoir des distractions presque sans rien faire, et d'enchaîner des sensations intenses juste en appuyant sur un bouton, nous avons pris l'habitude d'être amusés ou intéressés de façon passive.

              D'une part le seuil de stimulation jugé normal  s'est élevé, et au dessous de ce seuil, on s'ennuie; d'autre part nous ne savons plus gérer l'absence de stimuli, nous ne savons plus être en prise avec le monde sans être connectés à une application de nos smartphones, nous ne savons plus rester seuls avec nous mêmes.Tout est fait pour nous dissuader de nous déconnecter de ces applications, qui, pour cela devient de plus en plus automatisées, et ne nous demandent plus, ni de réfléchir, ni d'imaginer."

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  • Trop de personnes s'ennuient, surtout des jeunes. (1)

             Je suis toujours étonné par le nombre des personnes qui me disent qu'elles s'ennuient très souvent, surtout des ados ou des jeunes. Pourtant vu le nombre d'heures qu'ils passent à s'envoyer des SMS ou sur les réseaux sociaux, c'est surprenant.
              Le dicton populaire exagère un peu quand il dit que “l’oisiveté est la mère de tous les vices”, mais c’est vrai que s’ennuyer n’est pas bon.

              D’abord puisqu’on ne fait pas grand chose, il ne vous arrive pas grand chose d’heureux. Le bonheur n’est pas un état, c’est quelque chose de dynamique qu’il faut aller chercher, une multitude de petites actions de tous les jours, qui apportent la satisfaction, la joie, la tendresse ...
              Alors comme on n’est pas assez occupé, on n’est pas heureux, et on pense bien sûr à ses petits ennuis, à ses petits soucis. Ceux ci occupent tout votre esprit, qui n’a pas autre chose à se mettre sous la dent. Ils se mettent à tourner en rond dans votre cerveau émotionnel, "relançant à chaque tour” les centres amigdaliens qui génèrent une crainte et une angoisse plus grande.
              Le cerveau intelligent, le cortex frontal, s’endort un peu dans son coin, il ne communique plus assez avec le cerveau émotionnel (le “maître” est absent et les souris dansent ! ).
              Alors les petits soucis de tous les jours, les petites contrariétés, les petits ennuis et échecs, qui ne sont que des taupinières, deviennent des montagnes à force d’être ressassés. Un(e) ami(e) qui est de mauvaise humeur, un garçon que vous trouvez mignon et qui ne vous remarque pas, une fille qui s'intéresse aux autres garçons, une remarque un peu vive des parents ou d’un professeur, un devoir qui vous casse les pieds ou que vous ne savez pas faire, autant de sujets banals que vous transformez en catastrophe inéluctable et en la fatalité qui s’abat sur vous.
              Vous n’avez plus envie de rien faire, vos amis ne vous intéressent plus, vous vous sentez seul(e) et abandonné(e).
              L’angoisse et la tristesse s’installent. Vous vous ennuyez !
        
              Chez les adolescents le phénomène est plus important,
    car, du fait de la diminution très importante des neurones des centres “d’apprentissage et du plaisir”, et aussi de l’instruction qu’il reçoit, de l’environnement des copains et de l’écoute des médias, l’ado “renie” ses plaisirs d’enfant. Il ne s’intéresse plus à ses jeux et jouets (même les jeux électroniques qu’il aimait bien), aux lectures et occupations qu’il avait jusque là. Mais comme il n’a pas encore trouvé des occupations de “grand”, il ne sait plus quoi faire et il s’ennuie.

              Vos “centres d’apprentissage et du plaisir”, - (je les appellerai “l’éducateur”, comme j’ai appelé tout à l’heure le cortex “le maître”) - qui ont perdu 30% de leurs neurones dopaminergiques au sortir de l’enfance, ne peuvent plus remplir les mêmes fonctions et ils ne sont pas encore habitués à travailler “à effectifs réduits”. Coupés eux aussi en partie du cortex, ils ont du mal à repérer ce qui est bon et mauvais pour vous et ils peuvent vous faire faire des apprentissages déplorables.
              C’est ainsi qu’ils prennent l’habitude de vous voir triste et vous font croire que c’est bénéfique pour vous de cultiver cette tristesse, d’écrire des poèmes certes beaux mais qui glorifient la souffrance (ou le sang), d’échanger avec des copines des mails plaintifs, voire morbides.
              Cela trompe votre ennui et votre “éducateur” fait fausse route et vous conditionne à la tristesse et à la souffrance.
              Et vous vous mettez à aimer cette situation, à aimer votre mal.

              Comme parallèlement vous avez besoin de développer votre autonomie, votre personnalité, vous trouvez des dérivatifs dans des situations, des habitudes où vous vous trouvez à l’aise, mais qui, en vous différenciant trop des autres, vous en éloignent et vous éloignent de la réalité.
              Souvent de plus, ces dérivatifs apportent beaucoup d’argent à ceux qui vendent des objets divers (CD, DVD, fringues, accessoires, bijoux, téléphone portable, jeux...) et cela accroit votre conditionnement.
              Il ne faut pas être moutonnier et il faut certainement avoir une originalité en harmonie avec sa personnalité. Mais il ne faut pas que cette originalité soit trop dérangeante pour les autres, afin d'éviter de se retrouver isolé(e) de son entourage
              Mais, pour ceux ou celles pour qui cela devient une habitude, une espèce de religion de l'ennui, là il y a danger, car votre “éducateur”  vous entraîne dans cet univers de tristesse, comme il pourrait vous entraîner vers la drogue : c’est un veritable conditionnement.
              Vous pouvez alors vous trouver enfermée dans un environnement de tristesse, dans un monde irréel, qui au départ vous plaît et vous apporte des satisfactions, mais où vous vous apercevez un jour, que c’est une "prison dont vous avez perdu la clé" !!        
             

              De plus on le verra dans le prochain article, l'ennui résulte en partie d'un manque d'attention et d'imagination, et ce handicap peut vous nuire dans la vie.

              Y a t’il des remèdes à tout cela.?
              A votre niveau c’est de vous trouver des occupations : d’abord votre travail : lycée, fac, métier.... Des occupations tels le sport, le théâtre, la danse, (j’ai même une correspondante qui s’est lancée dans l’école du cirque : j’admire son courage!) Puis des créations, des réalisations, seul (e) ou de préférence en groupe : un blog, écrire des poèmes ou des nouvelles, mais pas uniquement tristes, et avec humour, faire de la doc sur internet, créer un site avec des copains, bricoler, apprendre la musique ou la cuisine etc...
         .

              Et il y a beaucoup à faire au niveau des parents.
              J’ai eu la chance d’avoir des parents (et notamment un grand-père), qui ont compris (et il n’y avait pourtant pas de psys ni de médias, à l’époque), que mes occupations d’enfant ne m’intéressaient plus et qui m’ont orienté vers d’autres activités, m’ont donné le goût des études et de la création, et ont développé mon imagination, de telle sorte que au bout de peu de temps, ils n’ont plus été obligés de me suggérer des actions, j’étais capable de les trouver moi-même tout seul.
              Et je ne me suis pratiquement jamais ennuyé, car j'ai toujours eu trop de choses à faire; et quand je vais à un rendez vous où je risque d'attendre, j'emporte de la lecture.
              Il m'est arrivé quelquefois de m'ennuyer un peu : devant des films ou à des spectacles qui ne me plaisaient pas et me "cassaient les pieds"; et je ne pouvais m'en aller !. Mais en général j'arrivais à fixer mon attention sur un autre sujet, et l'ennui disparaissait.

             Demain je regarderai ce que les psychologues disent de l'ennui.

     

     

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