• La soif de la nouveauté : un  mal du siècle ou un déficit d'éducation ?

         Il m’arrive souvent de montrer à des adolescents qu’ils ont pris une attitude détestable qui consiste à regarder en permanence ce que leurs camarades possèdent et qu’eux n’ont pas (mais ils ont d’autres choses ! ). Ils n’ont de cesse ensuite de satisfaire leur désir de possession et dès qu’on leur a permis d’acheter l’objet convoité, ils s’en désintéressent pour avoir un nouveau désir.
        Je connais quelques ados pour lesquels ce défaut est poussé à l’extrême, et leurs désirs sont alors de toutes sortes, et disparaissent sitôt satisfaits, pour faire immédiatement place à un autre, et je pense qu’il s’agit d’un véritable dérèglement du système de récompense de leur cerveau .
        En fait j’estime également que leurs parents sont fautifs d’être trop laxistes et de satisfaire tous leurs caprices sous prétexte de “vouloir se faire aimer”.
        Ils ne se rendent pas compte qu’une telle éducation conduit ensuite à un style de vie analogue.

        Je dis souvent à de jeunes adolescentes, qu’il ne faut pas choisir un petit ami uniquement parce qu’il est mignon et a un bon baratin et de l’humour, qu’il ne faut pas être ainsi impatiente dans le domaine de l’amour mais connaître beaucoup mieux  et choisir soigneusement l’élu de son coeur en fonction de ses qualités. Mais à leur âge une telle erreur n’est pas grave et elle ne risque guère que de leur causer les tourments d’une rupture.

        Mais les adultes sont ils plus raisonnables de nos jours, que les jeunes.?
        L’importante influence de la publicité témoigne bien de notre appétit de consommation encouragé par les médias et la mode, la pression du paraître et du qu’en dira t’on
        Je vois certains acquérir un chien ou un chat, puis s’apercevoir ensuite que c’est une sujétion : il faut le promener, l’emmener en vacances, s’occuper de lui.
        Alors on finit par abandonner la pauvre bête ou la confier à une association.

        Mais pire : certains parents, qui ont pourtant désiré leur enfant, s’en occupent peu ensuite, pris par leur travail, mais peut être aussi parce que leur “joujou” a cessé de leur plaire et ils ne se rendent pas compte des ravages que provoque cette attitude chez leur enfant  qui se sent privé de tendresse et se croit mal aimé. J’ai dû essayer d’en consoler certains.
        J’ai entendu parler à la télé de parents qui avaient adopté un enfant et l’ont renvoyé ensuite dans son pays parce qu’il ne leur “convenait pas”
        Et quand je vois le nombre de divorces, souvent plusieurs pour une même personne, je pense que pour les adultes aussi malheureusement, on croit s’aimer et puis quand on s’est lassé, on change de partenaire
        Tant qu’il n’y a pas d’enfant cela vaut peut être mieux que de continuer à se regarder en chiens de faience, mais les enfants sont souvent les grandes victimes de ces séparations qui leur laissent un profond traumatisme.

        Et ne sommes nous pas contaminés sur le plan collectif, notamment dans le domaine politique. Nous nous entichons d’une personne qui a un grand baratin, et nous l’élisons, pour nous apercevoir ensuite qu’elle ne convient pas du tout et n’a pas les qualités que nous lui prêtions.

        La société de consommation est certes responsable d’une partie de ces méfaits.
        Mais réfléchissons : élevons nous nos enfants pour qu’ils sachent ensuite vivre leur vie. ?
        Faut il vraiment céder à tous leurs caprices ?
        Ne leur apprenons nous pas à être instables et à ne pas se satisfaire de ce qu’ils ont ?
        Sauront ils que le bonheur est fait des petites joies de tous les jours et non de la posssession de biens multiples dont on ne se sert pas.
        Leur apprenons nous à être heureux ?
        Et vous, les jeunes qui courrez après vos désirs, comment élèverez vous vos enfants demain ?
       

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  • Etre ou paraître ?


       Nous avons tous le choix, adultes, jeunes ou ados entre deux attitudes : être ou paraître.

        Bien sûr nous avons tous ce que Jung appelait une “persona” , c’est à dire ce que nous voulons montrer aux autres de notre “moi”, dont une partie est véridique et une autre correspond non pas à ce que nous sommes, mais à ce que nous souhaiterions être ou à ce que nous souhaiterions que les autres voient en nous.
        Mais si une persona qui ne s’écarte pas trop de la réalité est supportable, trop privilégier le “paraître” conduit à l’esprit moutonnier, voire à l’esclavage et à l’addiction. Et les médias aujourd'hui nous poussent à paraître et ce sont les ados qui sont le plus sensibles à cette tendance et notamment qui sont les plus accros aux marques.
        Que vous soyez attentifs à votre look, je veux bien, mais vous êtes souvent esclave des marques, des nouveautés et surtout de ce qu’ont vos camarades au point de vider votre porte-monnaie et de faire “péter les plombs” à vos parents.
        En définitive, vous êtes esclaves des “marchands de soupe” et de leur publicité.
        Quel que soit le milieu, social, professionnel, notre “société de l’apparence” fait porter le jugement sur le paraître, la manière d’être .

        Pourquoi les ados seraient ils plus sensibles à l’apparence ?
        A mon avis parce qu’ils n’ont pas assez d’exparience et sont en train de construire leur personnalité. Ils éprouvent le besoin d’appartenir à un groupe, en intégrant ses codes, pour prendre de la distance par rapport à leur famille, leur environnement, car lorsqu’on est plusieurs, on se sent plus fort !
        Il y a donc l’habillement qu’il faut porter mais aussi la musique qu’il faut écouter, les jeux et sports qu’il faut pratiquer, les émissions qu’il faut regarder et, à l’inverse, les fringues qu’il ne faut pas porter, la musique qu’il ne faut pas écouter, etc., en général ce que pratiquent les parents ou ce qu’ils aimeraient que vous pratiquiez.
        J’avoue que quand je vois sur la place de la Bourse un jeune traider de trente ans se balader en trottinette, un sac noir à son guidon, je ris.
        Mais je souris tout autant quand je vois un ado en baggy qui montre les trois quarts de ses fesses ou son nombril (qui n’est pas malgré Georges Fourest en forme de crysobéryl ), ou qui s’est teint les cheveux en rouge et vert et ressemble à une carotte, ou saute sur le trottoir comme un marsupilami en écoutant la musique de son smartphone.
        C’est encore plus  pour se donner une identité, donc de l’importance, pour se faire remarquer qu’un moyen de choquer ses parents, devenus d’ailleurs plus tolérants là-dessus que leurs propres parents et le paradoxe c’est que pour se distinguer, l’ado cherche à ressembler aux autres.

         En fait vous êtes le jouet des médias : les marques de chaussures de sport par exemple consacrent 80% de leur publicité aux jeunes de 12 à 20 ans ! et je lisais un article qui disait que 95% des garçons et 75% des filles de 12 à 15 ans voulaient absolument porter des chaussures de marque et si possible les mêmes que celles de leur copain (ou à la rigueur celles qui sont encore plus chères), chaussures que les garçons en particulier, massacraient ensuite allègrement en jouant au foot et en les traînant dans la boue.
        Et il ne faut pas croire que les chaussures de marque sont forcément de meilleure qualité parce qu’elles sont plus chères. C’est juste que leur budget de publicité est beaucoup plus important parce que ce sont de grosses sociétés qui peuvent se le permettre.  “ Des marques, pas des produits” disait un dirigeant de Nike !
        Si vous analysez la publicité et le discours des marques, vous verrez qu’elles mettent souvent en oeuvre des scènes de la vie quotidienne qui montrent les jeunes en leur donnant des repères qui évidemment mènent ensuite à la marque. C’est adroit car les jeunes d’aujourd’hui manquent de repères : parent laxistes, qui divorcent, familles recomposées, chômage, société assez anarchique...
        Alors les marques sont perçues comme des signes d’identité, identité éphémère de façade, car le discours comme la marque sont aussi périssables que la marchandise. Mais la pression du groupe est forte car on a peur, si on ne suit pas ses règles, de passer pour un ringard et un “bouffon” comme on me dit parfois. Celui qui maintient son originalité va être méprisé. On est dans une logique de soumission ! Et le meilleur est celui qui a le dernier produit. Du coup, on entre dans un univers où la consommation est grandissante.

        Certes la pub donne envie d’acheter mais comment ne pas se laisser duper.?
        D’abord savoir que les entreprises ne sont pas philanthropes : elle pensent à gagner le plus d’argent possible et non à faire votre bonheur.
        Vous dire que votre argent est limité, comme le budget de vos parents, et que donc il vaudrait mieux l’employer intelligemment.
        Vos copains vous snobent avec leurs marques futiles, snobez les avec votre intelligence, avec vos résultats en classe (ils viendront vous demander des tuyaux pour les devoirs !), avec vos connaissances des livres, de la musique, du cinéma, des sciences, bref par une culture moins éphémère que des objets périssables.
        Et puis regardez un peu moins la pub et ce qu'ont les autres !!
       
    Méditez cette pensée trouvée sur un blog :
    "Quand tu regardes une chose, une personne, dans une direction, quand tout le monde regarde par là, n'hésite pas à te retourner, cherche un autre point de vue, cherche à voir et à montrer autre chose."

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  • Bon sens et crédulité : l'instruction ne fait malheureusement pas tout.


              J'examinais hier les mécanismes de notre cerveau qui pouvaient nous conduire à être crédules, notamment les jeunes, mais aussi toutes les personnes, en matière de communication.

              Pourtant, en moyenne, les jeunes sont plus instruits aujourd’hui qu’autrefois, mais l’un de mes grands pères, qui habitait la campagne et n’avait que le certificat d’études, n’aurait jamais cru les sornettes que beaucoup de gens, théoriquement intelligents et instruits, avalent aujourd’hui sans sourciller. 

               Je suis souvent très étonné des bêtises qui circulent sur internet, de celles que l’on me raconte parfois dans des mails, et des croyances de certain(e)s de mes correspon-dant(e)s.  Certes c’est souvent par manque du savoir ou de la culture correspondante, mais dans beaucoup de cas, une réflexion logique et rationnelle aurait dû suffire pour douter de la véracité de l’information, ou au moins, ne pas la croire sans vérification de sa véracité.

               Je crois qu’il y a quatre types de raisons à cette évolution :
                        - D’abord, les enseignements primaires et secondaires donnent sans doute au moins autant de connaissances qu’autrefois, mais elles sont souvent mal apprises, car l’attention des élèves n’est plus aussi grande et le contenu de l’enseignement, trop théorique, ne les intéresse pas parce qu’ils n’en voient pas l’intérêt.
                Les professeurs, par ailleurs, n’ont souvent pas su ou pu développer leur curiosité intellectuelle.  Mais surtout les programmes actuels et surtout l’absence d’exercices pratiques d’application, aussi bien en français pour comprendre la pensée d’autrui qu’en physique et mathématiques, ne développent plus l’esprit critique et l’autonomie intellectuelle.
               Pour ne pas fatiguer les élèves - et les parents - il y a beaucoup moins de travail à faire à la maison qu'il y a 30 ans, mais ces exercices, par leur répétition faisaient acquérir des connaissances et des mécanismes.

                         - Parallèlement les parents ne remplissent souvent plus leur rôle d’éducateur dans bien des domaines. D’une part ils n’en ont plus le temps, travaillant souvent tous deux dans le couple, quand ils ne sont pas mono-parent, et stressés par le rythme et l’atmosphère du travail actuel.           
           
        D’autre part ils ne servent plus de modèles à leurs enfants, comme lorsque j’étais jeune. Les enfants sont aujourd’hui intégrés au groupes de copains, qui sont devenus les modèles à la place des parents, aidés par le développement du numérique et la pression de la société de consommation.                     
           
       On veut avoir tout ce qu’ont les copains, voire plus, et la plupart du temps, pas en ce qui concerne les choses importantes, mais pour des tas d’objets dont on pourrait, soit se passer, soit acquérir avec un bien meilleur rapport qualité-prix.  La publicité est malheureusement toute puissante pour déformer l’esprit des jeunes et leur imposer des choix inconscients regrettables.

     

                          - Paradoxalement, alors que l’individualisme s’est développé, c’est l’esprit moutonnier qui fait loi, sous l’impulsion des moyens modernes de communication.  
             
    Le nombre de jeunes ayant une préférence cérébrale fortement influençable est anormalement élevé, car tous veulent appartenir à un groupe, et donc adoptent automatiquement et sans réfléchir les règles et habitudes du groupe, ainsi que ses croyances, sans même essayer de les comprendre, d’en connaître origines et conséquences, et de se demander si elles conviennent à leurs désirs et  leur personnalité.  
           
       Beaucoup sont paradoxalement des individualistes moutonniers, qui suivent une mode, des rites de groupes et croient n’importe quoi.

                         - La facilité de communication aujourd’hui, entre la messagerie, mais surtout les réseaux sociaux, les sites du web, et les téléphones portables, font que n’importe qui peut écrire n’importe quoi, et sans esprit critique, ni culture suffisante, quelqu’un va donc être exposé à croire n’importe quelle baliverne qu’il lira sur internet ou recevra sur son portable.
               Des chercheurs américains ont récemment fait des études dans le domaine de la santé et ont publié un rapport accablant.  Les campagnes d’information des pouvoirs publics sont systématique-ment suspectées et les personnes testées préféraient croire toute autre information qui arrivait sur internet.  Certains accordent quand même plus de crédibilité aux propos d’un médecin, mais d’autres acceptaient sans sourciller, les ragots les plus absurdes, les propos de lobbyistes ou ceux de mages, diseuses de bonne aventure, ou astrologues. ‘ Les pires rumeurs sont diffusées sur les vaccins et les risques associés, et la non vaccination contre la grippe ou la rougeole, a entrainé de nombreuses morts aux USA.
               Je suis parfois effaré par les bêtises que je dois rectifier auprès de mes correspondant(e)s, concernant le sida, le risque de grossesse et la contraception, et le manque de connaissance des notions élémentaires concernant les hormones et la fertilité, alors que des cours sont en principe donnés sur ces sujets, au collège et au lycée.

               Il ne faut pas s’étonner qu’ensuite, quelques jeunes un peu paumés et déjantés, se laissent convaincre d’aller faire le djihad en Syrie ou en Irak, en croyant faire œuvre utile et agérable, mêmes des jeunes filles ,qui seront ensuite transformées en bombe humaine ou en poupées sexuelles des terroristes, en se rendant compte trop tard, des conséquences de leur crédulité.  
              Et que penser des gens qui, malgré toutes les preuves qui existent, croient que les attentats étaient une fable créée sur la télévision et internet par le gouvernement, ou que les camps de la mort de la dernière guerre n'existaient pas.? Où est leur intelligence ?

               Je rends hommage aux gens qui animent Wikipedia, car ils ont institué un auto-contrôle par les lecteurs eux mêmes, qui certes ne permet pas d’être sûr à 100% des informations, mais qui prévient alors le lecteur, et qui élimine toutes les  erreurs importantes.
              Il est normal qu’on ne puisse instaurer la censure systématique sur internet, sauf dans des cas de nuisance très grave, car ce serait ouvrir la porte à  la suppression de la liberté de penser.  
             
    Mais il faudrait que sur les sites, soit mis en place un système de commentaires contradic-toires, qui permette de donner des avis contraires, de mettre en garde contre des idées fausses, et de faire réfléchir aux conséquences des actes engendrés par une trop grande crédibilité. Aux lecteurs d’opinions diverses d’alimenter ces commentaires.

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  •     

    La crédulité des hommes

     La crédulité des hommes La crédulité des hommes


                Je dis souvent que je suis étonné du manque de bon sens de nos jours, de beaucoup de personnes et notamment de la crédulité des gens, surtout chez les jeunes, dont beaucoup me paraissent très crédules et croient ce qu’on leur dit, pourvu que cela ait l’air logique, ou que cela provoque une émotion qui les touche.
                Certes c’est faire confiance facilement et c’est une qualité, mais cela peut être nocif, notamment sur internet où circulent de nombreuses informations fausses, voire destinées à tromper et à escroquer les internautes crédules.

                A t’on une idée des raisons de cette crédulité, en matière de fonctionnement de notre cerveau.?
               
                Nous pouvons être abusé par nos sens et percevoir une sensation de façon erronée, mais c’est rarement une question de crédulité, mais un défaut d’analyse de la perception dans lequel notre capacité de jugement n’est que peu en cause : c’est la cas par exemple des illusions d’optique ou des dessins en trompe-l’œil.

                Nous pouvons aussi penser vraie une proposition, après une analyse logique, où nous avons été trompés par un « biais de raisonnement ». Là encore, notre cerveau a cette fait une erreur, mais ce n’est que rarement un problème de crédulité.
                Les informations qui mettent en cause notre crédulité sont en général celles qui sont communiquées par autrui, que ce soit oralement ou par lecture sur des journaux , livres ou internet, ou à la vue de certaines images fixes ou vidéo.
                Normalement on ne devrait pas y croire, mais… et on ressent à postériori une certaine gêne : « comment ai-je pu croire une chose pareille !! ».
                En effet normalement notre cerveau analyse et réfute ce qui nous paraît faux, mais notre cerveau n’est pas parfait. Il ne peut notamment consacrer assez de temps et d’énergie à une analyse approfondie, et donc il peut faire des erreurs.
                En fait il est utile de collecter de nombreuses informations et notre cerveau est programmé par l’évolution, à la fois pour s’informer, mais aussi pour ne pas croire n’importe quoi. Mais entre les deux tendances il peut y avoir des failles.

                Au départ, il est normal qu’un enfant soit crédule et fasse confiance aux gens qui lui donnent des informations. Pour douter de la véracité de l’une d’entre elles, il faut en effet avoir eu connaissance d’informations éventuellement contradictoires.
                  Mais très vite l’enfant apprend à douter de ce qui est en contradiction avec les faits dont il a l’habitude : les noms des objets courants, les images de l’environnement, ses possibilités gestuelles.    
                Par contre il est sensible à une croyance partagée par plusieurs personne et ce sera encore vrai pour influencer les ados et les adultes.
                Il est certain que l’éducation et l’instruction jouent un rôle important. Un famille où l’on a l’habitude de discuter de la véracité des informations, une instruction scientifique qui favorise la logique, le raisonnement et la référence à des théories, favorise sûrement la capacité à douter.
                 A l’inverse un scepticisme à outrance, peut amener à rejeter des informations contradictoires vraies au profit de la première hypothèse qui était fausse.
                Les émotions influencent aussi notre jugement, nous croyons plus volontiers des informations d’une part qui nous touchent émotionnellement et d’autre part qui nous sont données par des personnes qui nous sont chères.
                Le cerveau a également plus de facilité à croire une information qui suscite un certain plaisir induisant une production de dopamine par ses centres de récompense.

                Le cerveau a deux filtres principaux pour trier les informations :

                Le filtre cognitif, que l'on pourrait appeler le "sens critique" ou simplement le "bon sens", cherche à établir si une information est crédible ou non au regard de l'expérience et de la culture de chacun.
                Face à une information absurde ou contre-intuitive, (un vaisseau martien atterrit dans mon jardin !), nous exerçons spontanément ce filtre cognitif.
                Evidemment ce filtre est donc plus ou moins performant selon l'éducation et l'instruction que nous avons reçue, mais aussi suivant notre personnalité (avons nous une préférence cérébrale de décision "logique"?), et aussi selon l'expérience que nous a apportée la vie.
                La défaillance de ce filtre peut se manifester de deux façons :
                       - la première apparaît comme une acceptation non critique de choses ou de possibilités invérifiables. Ces croyances invérifiables appartiennent le plus souvent aux religions ou à un corps de doctrines et de rites pratiqués en groupe, sous une autorité hiérarchisée. C'est le cas de l'adhésion aux doctrines de sectes.
                     - la deuxième manifestation de la crédulité, consiste en une acceptation non critique de choses ou de possibilités vérifiables, ce qui relève d'une confiance naïve et paresseuse. Une analyse logique et scientifique correcte devrait les éliminer; encore faut il avoir les connaissances suffisantes, et la volonté de le faire (c’est fatigant !!).

                Le filtre émotionnel trie ce qui est désirable ou non. Car pour qu'une information soit acceptée, il ne suffit pas qu'elle paraisse vraie ou fausse, il faut aussi qu'elle ne perturbe pas trop l'équilibre psychique
                Le filtre émotionnel tient compte de nos désirs, de nos sentiments, de nos valeurs morales et religieuses.
                Si nous désirons fortement quelque chose, toute information qui nous porte à croire que ce désir va être exaucé, apparaît comme bienvenue, et nous avons davantage tendance à la croire. Tout l'art des astrologues et cartomanciens est fondé sur cette tendance, leur problème étant de nous faire avouer nos désirs profonds, sans que nous nous en rendions compte.
                Des personnes ayant une grande curiosité intellectuelle et une éducation sentimentale, morale et religieuse poussée, peuvent trouver dans des doctrines ou croyances très discutables - comme l'astrologie par exemple - un élément qui les passionne et les rassure, ne sachant plus ce qui relève de la croyance non fondée et de la raison, tout en ayant l'illusion d'accéder à des niveaux de compréhension supérieurs.

                 Le psychologue américain Robert Cialdini a montré que, bien que notre cerveau soit équipé de certains mécanismes fondamentaux destinés à vérifier la cohérence des informations communiquées, par autrui, notre esprit n'a pas les moyens d'être exhaustif, et il utilise par conséquent de nombreux raccourcis cognitifs pour se forger une opinion, ce qui n'est pas sans inconvénients.
                En cas d'incertitude, on a tendance à former ses croyances en se référant à ce qui semble être admis par le plus grand nombre de personnes ; plus on a l'impression qu'une croyance est partagée, plus elle a des chances d'être acceptée par le système cognitif.
                Si cette stratégie se révèle satisfaisante dans de nombreuses situations, elle peut aussi conduire à adhérer à des idées fausses, notamment lorsque ce mécanisme est mis à profit par des personnes mal intentionnées, notamment sur internet.
                Le tri effectué est loin d'être imperméable à toute forme d'informations erronées, car d'une part il est indispensable que ce filtrage soit une évaluation automatique et très rapide, et d'autre part, l'évaluation logique doit aussi se préoccuper des conséquences émotion-nelles que les informations reçues auraient sur l'organisme.
                Et comme le filtre émotionnel a également son mot à dire, ils entrent tous deux en compétition.

          Alors comment procède un manipulateur pour nous faire croire à ses arguments ?
                D'abord, il essaie d'avoir des arguments qui soient vraisemblables au plan de la logique ou des connaissances moyennes des individus ou de leurs habitudes.
                Ainsi dans les arnaques sur internet pour vous extorquer des renseignements sur votre messagerie ou vos comptes bancaires, on vous envoie un message avec des en-têtes qui sont exactement celles de l'organisme qui est censé vous demander les renseignements. Il vous faudrait un examen de plusieurs minutes avec les deux modèles sur votre écran, pour déceler de petites différences.
              Ensuite il s'adresse à votre émotivité ou aux conséquences possible de votre émotivité en vous promettant soit un cadeau "vous n'allez pas le croire, vous êtes le millième gagnant...", soit il va vous faire peur "pour que vous puissiez continuer à vous servir de votre compte, vous devez...." et vous vous imaginez privé(e) de votre carte bleue.
             Ainsi, l'art des manipulateurs consiste à formuler leurs thèses de façon à ce qu'elles soient évaluées positivement par les mécanismes du filtre cognitif  en leur donnant une tournure apparemment logique, en faisant miroiter les conséquences émotionnelles positives de leurs propositions, ou en utilisant éventuellement des complices afin de susciter un effet de consensus, tout en tenant un discours clairement articulé qui procure une satisfaction intellectuelle.
            A l'inverse, on croit peu aux prédictions funestes, car elles procurent des émotions négatives, sauf lorsque le danger est imminent et que la réaction de survie paraît essentielle. Dans ce cas, nos centres amygdaliens s'emparent du problème, et le filtre cognitif est court-circuité, car la nécessité d'agir rapidement l'emporte, er la crédulité devient totale.

           Mais personnellement, ce qui m'ennuie le plus, c'est que les journalistes, pour faire du sensationnel, notamment à la télé, disent souvent n'importe quoi, sans vérifier si c'est vrai, et même sans penser aux conséquences possibles de ce qu'ils disent.
          Et, sur les réseaux sociaux, c'est encore pire; c'est normal, tout le monde peut y publier ce qu'il veut, sans réfléchir. 
          Cette liberté d'expression est essentielle pour notre liberté de penser, mais le progrès et notamment internet, comme la médaille, ont leur revers.

           Mais cette crédulité et ce manque de bonnes ont aussi des raisons qui proviennent du mode de vie de nos jours. C'est ce que j'essaierai d'analyser demain.

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  •  

    Pourquoi tenons nous à nos opinions ?

        Nous tenons tous à nos opinions. Certains plus que d’autres et celui qui est tolérant écoute les autres, défend certes ses opinions, mais s’il se rend compte qu’il a tort, il ne s’entête pas et change d’opinion ou en tout cas, la modifie.

        Tout le monde n’est pas tolérant et parfois les opinions sont si fortes qu'elles nous font perdre toute raison et le savoir-vivre recommande de ne pas aborder les sujets de politique et de religion à table, de peur de soulever des polémiques.
        Alors, si vous avez eu le malheur de vous brouiller avec vos meilleurs amis à cause d'un différend sur une question politique, vous serez sans doute content d'apprendre que c'est à cause de la « réduc-tion neurale d'amorçage».
        Vous ne savez sans doute pas ce qui se cache derrière cette appellation barbare, alors je vais essayer de vous l’expliquer.

        Le neurobioloqiste Gagon Wig et son équipe, de l'Université de Hanovre, aux Etats-Unis, ont mis en évidence ce phénomène en montrant à des volontaires une série d'images d'objets, de paysages, d'animaux ou d'outils qu'ils devaient classer le plus rapidement possible dans deux catégories: « êtres vivants » et « objets inanimés ».
        Après quelques répétitions, ils ont constaté que les sujets classent plus rapidement les images  dans l'une ou l'autre des deux catégories et qu’en même temps l’activité du cortex préfrontal gauche diminuait fortement.
        Cette diminution est due au fait que le cerveau dépense de moins en moins d'énergie pour faire fonctionner les connexions neuronales entre l'image observée et Ie choix de la catégorie où le sujet doit ranger l'image.
        Au début de l'exercice, relier une image à une catégorie met en marche des millions de neurones et nécessite une intense activation, notamment du cortex préfrontal. Puis, progressivement, seules les connexions les plus efficaces  sont conservées. Il en résulte une réduction d'activité et une économie d'énergie pour le cerveau.

        Comment peut-on appliquer ces résultats aux opinions que l'on se forge sur tel ou tel sujet ?
        Prenons l'exemple d'une opinion sur le thème du réchauffement climatique et soumettons-le au protocole expérimental précédent. On demande au sujet de classer des images telles qu'une bombe à aérosol, une automobile, une vache, une poubelle.... dans deux catégories : « Participe au réchauffement climatique » et « Ne participe pas au réchauffement climatique. »
        Initialement, le classement est un peu hésitant, mais il devient progressivement de plus en plus rapide. Le cerveau du sujet s'active de moins en moins, ce qui reflète une diminution de l'effort et une économie d'énergie face au problème à résoudre. Ainsi, plus Ia personne prend l'habitude de considérer que tel ou tel facteur contribue au réchauffement climatique, moins son cerveau produit d'effort et plus ce classement devient automatique.
        Ces expériences montrent que l'opinion permet au cerveau de fonctionner en mode   « économie d'énergie ».

        Si nous tenons tant à nos opinions, c’est qu’elles nous évitent d'avoir à mener une réflexion consommatrice d'énergie, elles sont reposantes car elles mobilisent moins notre cortex préfrontal..
        Pour modifier une opinion, il faut remodeler ses connexions cérébrales, activer intensément le cortex préfrontal gauche et dépenser beaucoup de glucose et notre cerveau répugne à cela.                
        Ces travaux montrent nos oplnions sous un jour nouveau : celui de mécanismes et d’automatismes de la pensée.                
        En sélectionnant des circuits économiques, le cerveau rend peu probable la circulation de l'information dans d'autres circuits.
        Reposante et peu coûteuse, l'opinion représente en quelque sorte pour cette raison, une restriction de la liberté de penser.                
        Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas avoir d’opinions, mais qu’il faut savoir les remettre en question., quitte à se fatiguer un peu

        Et cela me rappelle un conseil que me donnait mon grand-père :
        "Quand tu regardes une chose, une personne, dans une direction, quand tout le monde regarde par là, n'hésite pas à te retourner, cherche un autre point de vue, cherche à voir et à montrer autre chose. Cela t'évitera de toujours penser aux mêmes solutions."

     

     

     

     

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