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        Trouvera-t-on un jour dans le commerce des casques de stimulation magnétique permettant de mieux apprendre ses leçons ? Si I'on ne tient pas compte du prix considérable de tels équipements, c’est possible, mais cela ne dispenserait pas les élèves de travailler et d’une part de l’apprentissage de la leçon et d’autre part de sa compréhension.

        De récentes expériences ont en effet montré que l’on pourra peut-être améliorer sa mémoire en posant quelques électrodes sur son crâne avant d'aller dormir.
        Des neurobiologistes de I'Université de Lübeck,en Allemagne,ont stimulé pendant leur sommeil, le cortex préfrontal de volontaires avec des impulsions magnétiques, produites par un électro-aimant, et ils ont constaté que cela renforçait leur mémoire de mots qu'ils avaient appris juste avant de s'endormir.
        Les impulsions reproduisaient le rythme naturel d'oscillation des neurones pendant la première phase du sommeil, le sommeil profond, avec un rythme d'une oscillation par seconde. (1 Hz).
        Les volontaires devaient apprendre une liste de mots avant d'aller se coucher et on leur faisait passer un test le lendemain pour savoir combien ils en avaient retenu. Le traitement à base d'impulsions magnétiques leur a permis d'en retenir deux fois plus !

        Comment peuvent agir ces ondes magnétiques ?
        Elles instaurent un rythme périodique de polarisation et de dépolarisation des neurones (cycles analogues à des décharges électriques) dans le cortex préfrontal et dans le cortex pariétal, où tous les neurones connectés déchargent alors en même temps.
        Ces oscillations lentes favorisent la communication d’une part entre le cortex frontal qui “dirige les opérations”, l’hippocampe, où les souvenirs sont fraîchement stockés (et qui sera ultérieurement la table des matières des souvenirs), et les zones où ils sont consolidés dans le cortex pariétal.
        En quelque sorte, les souvenirs « s'échapperaient » plus facilement de l'hippocampe sous I'effet des ondes lentes et iraient plu rapidement et de façon plus durable, se consolider dans le cortex pariétal.

        En outre, ces oscillations lentes engendrent un autre type d'activité neuronale plus rapide connue sous le nom d'activité en fuseaux, à la fréquence de dix oscillations par seconde environ. De telles oscillations provoqueraient une entrée de calcium dans les neurones du cortex, renforçant I'efficacité des synapses et, par conséquent, le stockage des souvenirs.
       
        Mais cette acticvité de tri des informations et de mémorisation a lieu naturellement pendant le sommeil (même sans casque lol, voir mes articles des 8/04/2018, 19/09/2019 et 25/11/2019)

        C’est la raison pour laquelle il ne faut pas faire votre travail au dernier moment. Vous avez intérêt à commencer à le faire, à y réfléchir plusieurs jours avant (surtout les dissertations, mais même les problèmes de math et physique), car votre cerveau triera les informations pendant votre sommeil et de nouvelles idées vous viendront le lendemain,.
        Elles étaient “noyées dans la masse d’informations” la veille, et vous ne pouviez les voir, alors que le lendemain les détails superflus ayant été éliminés et les informa-tions classées, tout sera plus clair, plus simple et ces idées pourront émerger dans votre cortex, votre cerveau ayant renforcé les connexions s’y rapportant pendant votre sommeil .
         Par ailleurs on retient mieux en général une leçon apprise avant de se coucher, alors qu’on résout mieux les problèmes et qu’on a davantage d’idées le matin quand le cerveau est débarrassé de tous les souvenirs superflus.


        En prime, 10 conseils pour réussir à bien apprendre ses leçons :

        1. - Ecouter en classe le professeur expliquer la leçon.
        2. - Etre dans un endroit calme et confortable avec tout le matériel nécessaire.
        3. - Apprendre ses leçons tout de suite en rentrant de l’école et les relire avant de s’endormir.
        4. - Lire le texte plusieurs fois dans sa tête puis à haute voix.
        5. - Chercher les mots que l’on ne comprend pas bien dans le dictionnaire.
        6. - Demander à quelqu’un ou à ses parents de nous poser des questions sur la leçon.
        7. - Apprendre paragraphe par paragraphe pour ne pas s’emmêler et bien structurer les idées..
        8. - Décrire ou écrire ce que l’on a retenu de la leçon.
        9. - Ecrire sans regarder la leçon, ce qui est le plus important, un résumé.
        10. - Faire des petits exercices pour vérifier si l’on a bien compris la leçon.

        J’ai trouvé ces conseils sur internet, mais, quand j’étais enfant, mes grands parents m’avaient donné et fait appliquer presque les mêmes recettes.

     

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    J’ai été assez inquiet, après avoir lu un compte rendu d’une étude menée depuis des années par I'équipe de Joseph LeDoux, a I'Uníversité de New York, sur le fonctionnement d’une molécule, le “UO 126”, qui a la capacité d'effacer certains souvenirs.
        Schématiquement, cette molécule empêche la fabrication, dans le cerveau, de protéines qui créent des souvenirs en renfonçant les connexions entre neurones.

        Injecter le produit UO 126 à un patient rendrait impossible la mémorisation des événements désagréables. En ce qui concerne les souvenirs déja stockés, on pourrait les effacer d'une façon très simple : iI suffirait de les réactiver temporairement et d'injecter le produit, juste au moment ou ils sont “réveillés”
        Valérie Doyere (CNRS, Uníversité París-Sud) a créé des souvenirs traumatiques chez des souris (par exemple, en leur envoyant une décharge électrique dans les pattes après leur avoir fait entendre une clochette, ce qui crée le souvenir d'une douleur associée a un son), puís elle a réactivé brièvement le souvenir de la douleur en faisant tinter la clochette, et a injecté le composé UO 126. Quelques jours plus tard,  les souris ont perdu la trace de cette expérience. Elles ne présentent plus aucun signe d'angoisse en entendant la clochette.
         L' équipe a montré que le produit a effacé les connexions entre les neurones activés par la clochette et ceux qui déclenchent la peur. Cette dissociation du souvenir est observée dans une zone clé de la mémoire traumatique, les noyaux latéraux ds centres amygdaliens.
        En outre, les neurobiologistes ont constaté que d'autres souvenirs traumatiques ne sont pas effacés par cette manipulation, tant qu'ils ne sont pas réactivés.

        Au moment où un souvenir est réactivé, les neurones qui participent à ce souvenir échangent des influx nerveux intenses, et iI semble que les connexions soient alors dans un état instable, prêtes à se défaire ou, au contraire, à se renforcer.
        C'est comme si le cerveau attendait un signal pour savoir s'iI doit renforcer ou non les connexions en jeu, et le composé UO 126, en privant le cerveau de nouvelles protéines qui viendraient renforcer les connexions importantes pour tel ou tel souvenir, détruit ces connexions, qui sont les seules activées au moment de l’injection, et pas les autres

        Comme toutes les découvertes, celle-ci peut être utilisée à bon ou à mauvais escient.

        En thérapeutique, ce produit pourarit être utilisé pour supprimer des souvenirs traumatiques, liés a des événements désastreux, choquants ou effrayants., tels que víols, accidents ou attentats, voíre certaines phobies.
         Je pense que ceci serait bénéfique à deux conditions : que ce soit sous surveillance médicale et avec l’accord du patient.
        L’utilisation serait ausi possible quand une personne est, par exeple, dans un état voisin de la dépressuion après un deuil douloureux.
        Mais je pense qu’alors le médecin ne devrait pas avoir le droit de pratiquer un tel effacement sans l’accord du patient et il faudrait alors en mesurer toutes les conséquences, ce qui suppose encore de nombreuses études.
        Dans ma jeunesse, j’ai été très touché par la mort accidentelle d’un être cher et le souvenir des jours qui l’ont suivie me sont certes très pénibles. Mais je me rappelle surtout maintenant les souvenirs des jours heureux passés avec cette personne et je ne voudrais pas perdre ces souvenirs en effaçant ceux qui me sont pénibles.

        Par contre ce qui m’inquiète, ce serait une utilisation hors thérapeutique, si par exemple un patient disait “ce souvenir ne me plaît pas, celui-ci est bien, celui-Ià non, éliminez cet épisode qui m’est inutile...”, se livrant ainsi à une sorte de “lifting mnésique”, en faisant le ménage parmi ses souvenirs : une rupture amoureuse difficile, (cela arrangerait certain(e)s), des amis que I'on ne souhaite plus fréquenter, ou oublier une femme que l' on a trop aimée.
        Un petit coup de balai neuronal, et l' on pourrait se créer une existence à la carte, grâce à la molécule UO 126.
        Et en allant plus loin des personnes indélicates pourraient supprimer les souvenirs d’autres personnes, par exemple des témoins gênants ! Voilà qui intéresserait les dictateurs et la raison d’Etat !
        Tout cela me paraît par contre assez dangereux.
     
         Mais on ne trouve pas de publication récente sur ce sujet, les principaux travaux ayant eu lieu entre 2007 et 2012. Il est possible, soit que le procédé soit moins efficace que prévu chez l'homme, soit que les chercheurs se soient rendu compte du danger potentiel.
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  • http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/images-copie-1.jpg

         Vous avez sûrement, comme moi, essayé de vous rappeler des souvenirs de votre jeunesse.
         Je n’ai retrouvé aucun souvenir réel de ma vie avant 4 ans; simplement des souvenirs qui proviennent de ce que m’ont raconté mes parents ou de photos.
        Et je n’ai que peu de souvenirs avant 7 ans. Pourquoi ?
    J’ai interrogé diverses personnes et les adultes m’ont dit la même chose.
        Par contre les ados avaient un nombre plus grand de souvenirs de leur vie après 4 ans et de jeunes enfants (6/7 ans), avaient des souvenirs d’avant 4 ans mais limités à des images succinctes.
        J’ai fini par trouver des explications de ces phénomènes dans une revue de neurosciences.

        Avant 2 ans un enfant ne parle pas, et avant 4 ans, il a peu de vocabulaire. Ses souvenirs sont constitués essentiellement par des images et des émotions. Les essais menés par les chercheurs ont montré que ces images ne restaient que quelques années en mémoire et que à la suite des réorganisations du cerveau avec l’apparition du langage, elles disparaissaient peu à peu après 7/8 ans.

         En fait dès l’apparition du langage et d’un vocabulaire suffisant, la mémoire associe des images, des sentiments et des mots qui les décrivent. Un souvenir est constitué par un tel ensemble, et il s’oublie et disparaît peu à peu, s’il n’est pas rappelé. C’est pourquoi les souvenirs qui nous sont chers, qui s’impriment déjà plus profondément en mémoire, car ils sont chargés émotionellement, mais qu’en outre nous nous remémorons périodiquement, restent beaucoup mieux gravés en notre mémoire et avec plus de détail.
        Au contraire, ceux, moins importants pour nous, auxquels nous ne songeons que rarement, ne bénéficient pas de cette reconstruction lors d’un rappel en mémoire, et donc perdent peu à peu leurs détails, leur précision puis disparaissent. Ils ne sont pas en général complètement éliminés et on peut parfois les rappeler, mais avec beaucoup d’efforts et, souvent,parce qu’un mot, une circonstance, un autre souvenir, ont servi “d’amorçage” pour retrouver la voie du souvenir dans notre cerveau.
        Donc un enfant de  5 ans a des images de ce qu’il a vécu avant 3 ans, mais il les perd ensuite surtout après 7 ans. De même devenu adultes, nous perdons peu à peu beaucoup de souvenirs de notre jeunesse, car ils n’étaient pas sentimentalement précieux, et nous ne les avons pas rappelés en mémoire pour les consulter à nouveau et les connexions entre neurones les concernant, se sont peu à peu affaiblies.
        Par contre, nous gardons en général toute notre vie le souvenir de nos parents et grands parents, car nous avons souvent pensé à eux, même s’ils ne sont plus là, et  donc les connections entre neurones retrouvent leur force initiale.

        Cela dit, les jeunes enfants, qui ont une mémoire toute neuve, ont, sur le moment, des souvenirs plus nombreux, plus détaillés que les adultes.Ils se souviennent de tas de choses auxquelles nous n’avons même pas fait attention, mais leur mémoire ne doit pas s’encombrer, alors tous ces souvenirs, ils les oublient vite.
        Les chercheurs ont également constaté que les enfants et ados, qui parlaient souvent avec leur parents de leur vie de tous les jours, en gardaient davantage de souvenirs, car les connections avaient au départ, été plus fortes, car plusieurs fois rappelées et rafraîchies. Et plus un enfant est jeune, si l’on veut qu’il garde certains souvenirs, il faut lui en parler souvent, pour que sa mémoire renforce les connexions correspondantes entre neurones.
        Par ailleurs certains souvenirs très traumatisants marquent la mémoire et ont des conséquences tout au long de notre vie, même si ces souvenirs correspondent parfois à des peurs que nous avons eues avant 5 ans.

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  • http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/sourisgruyere.jpg
         J’ai lu une étude d’une expérience qui m’a amusée et je veux vous en faire profiter, bien que je me méfie un peu des extrapolations du rat à l’homme, pour avoir autrefois encadré des études comportementales sur le rat, les chiens, les singes puis l’homme et avoir vu les difficultés à chaque passage de l’un au suivant.

        Dans cette expérience, réalisée à l'institut de technologie du Massachusetts, des rats devaient réaliser un parcours dans un labyrinthe pour trouver de la nourriture, qui était disposée à divers endroits du parcours. Les biologistes étudiaient l’activation de leur cerveau et ont vu pendant le parcours s’activer successivement plusieurs zones de l’hippocampe, le “professeur de la mémoire” qui intervient dans tout effort de mémorisation.
        Après chaque prise de nourriture le rat était entraîné à faire une pause d’une dizaine de secondes, avant de repartir à la recherche de la nourriture suivante.
        Pendant cet intervalle de temps, les neuro-biologistes ont observé des épisodes de quelques millisecondes, durant lesquels ces mêmes neurones de l’hippocampe s'activaient et, surprise !, dans l'ordre inverse de l'ordre d'activation initial. Comme si le rat parcourait à l'envers, mentalement et sur un mode accéléré le parcours qui l’avait mené à la nourriture.

        Pourquoi ce rembobinage accéléré?
        La découverte de la nourriture augmenterait dans un premier temps la concentration cérébrale de dopamine, par intervention du système de récompense dont nous avons souvent parlé, mais cette dernière diminuerait rapidement dans les instants suivants, la nourriture et le plaisir étant passés.
        En activant les neurones dans l'ordre inverse, tant que la concentration de dopamine est suffisante, ce système exposerait les neurones actifs lors des dernières étapes du trajet à des concentrations élevées de dopamine. Et si l'on suppose que la dopamine renforce l'activité des neurones qui y sont exposés, ce mécanisme affermirait le souvenir des dernières phases du parcours qui ont conduit à la récompense.
        En général, les dernières étapes sont les plus directement liées à la récompense (les causes et les effets sont rapprochés dans le temps). C'est pourquoi le cerveau s'efforce de les retenir grâce à ce système

        Et le chercheur conclut :
       " Pourquoi a t’on envie de faire une pause-café juste après avoir terminé une étape importante de son travail ?
        Ne serait-ce pas plutôt le moment de mettre les bouchées doubles, de profiter de l'état de concentration dans lequel on se trouve pour faire encore mieux et plus vite la suite des tâches à accomplir ?
        Eh bien non, si vous êtes de ceux ou celles qui ont besoin de faire une pause après un moment important, ne changez pas vos habitudes: votre cerveau en tirera le meilleur profit.
        Le moment de la pause permet au cerveau de récapituler inconsciemment tout ce qu'il a fait juste avant d'arriver au but. De cette façon, la recette du succès, l’ensemble de petits gestes qui ont conduit à cet aboutissement, sont mieux mémorisés."

        Laissez le temps à votre cerveau de faire ainsi travailler votre mémoire inconsciemment, et octroyez-vous, sans mauvaise conscience, une petite pause-café, mais gare à la caféine.!

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               Le cerveau humain est un système extraordinaire, mais mystérieux car tellement complexe et encore bien peu connu.

              La partie la plus étonnante est sûrement notre mémoire, mais ce n'est pas la plus fiable et nos souvenirs sont relativement changeants car ils se modifient dans le temps, par l'oubli d'une part et par des ajouts ou modifications lorsque nous les rappelons en mémoire conciente.


        Cette transformation peut se faire de trois façons :


                        - par l’oubli de certaines parties du souvenir.
              Un souvenir c’est parfois composé de plusieurs sous-ensembles et de maints détails, images et idées et sentiment qui ont une structure lexicale (on les exprime par des mots), et éventuellement émotionelle, émotions ressenties à nouveau quand on rappelle le souvenir à notre conscience.
              Tous ces “morceaux” correspondent à des groupes de neurones reliés entre eux et activés par l’hippocampe. Mais si certaines de ces liaisons sont très solides et durables, d’autres, moins importantes pour nous, le sont moins.
              Si nous pensons souvent à ces souvenirs, les faire resurgir renforce les connexions et entretient donc le souvenir. Mais par contre, si nous ne nous l’utilisons que très peu, les connexions s’affaiblissent dans le temps et le souvenir s'atténue.
              Si pour certaines parties du souvenir cet affaiblissement devient assez important, nous ne pouvons plus les rappeler dans notre mémoire consciente.

            - par l’ajout de morceaux réels ayant trait au souvenir.
        Cet ajout se fait lorsque nous rappelons le souvenir, parce que un fait, un objet ou un autre souvenir l'a évoqué. Par exemple, nous pouvons avoir vu des photos des événements correspondants et des personnages qui y étaient présents, avoir entendu des récits de notre famille ou de tiers, avoir lu des données sur l’endroit où nous étions...
        Ces éléments sont rattachés par l’hippocampe au souvenir initial et finissent par en faire partie comme s’ils étaient “d’époque”.
        J’ai supposé que ces éléments étaient vrais, mais ils peuvent, sans que nous le sachions, se révéler inexacts.

            - par l’ajout de détails non réels mais imaginés par notre cervau et correspondant en général à des désirs, des souhaits non réalisés ou correspondant à la “persona”, à ce qu’on voudraît être et paraître.
        Au début on sait que ces éléments sont faux, mais à force, on finit par se persuader de leur réalité.
        Parfois aussi, certains détails n’existant pas ou étant oubliés, on ne veut pas qu’il y ait un “trou” dans le souvenir et on le comble par de l’imaginaire que l’on veut rendre vraisemblable, et cela pas forcément de façon consciente.

              Je voudrais aussi évoquer un autre rôle des souvenirs lointains.
              Je suppose que j’irai fêter I'anniversaire d'un de mes petits enfants dans l'appartement qu'il habite maintenant, est qui se répartit sur deux étages. Mais je n’ai jamais encore été dans cet appartement. 
              Alors, je cherche à l’imaginer : iI doit y avoir une grande salle de séjour, un escalier qui monte a gauche de I'entrée, deux chambres sous les combles, une salle de bains avec un grand miroir.
              Et subitement, je me rends compte que dans mon imagination, l'escalier que je vois, est celui de la maison de mon enfance, la chambre sous les combles est semblable à celle où j’habitais quand j’étais en prépa de maths à Paris, le miroir de la salle de bains est celui que j’ai vu dans un grand magasin...
              Pourquoi, lorsqu'on imagine I'avenir, fait-on appel à des images du passé ?    
              Des neurobiologistes de l'Université de Washington ont montré que l' esprit jongle avec des images du passé, qu'iI organise en les associant à des événements futurs ou à des mouvements fictifs du corps !
              Karl Szpunar et ses collegues ont demandé a des volontaires d'imaginer certaines scènes de leur avenir et ont enregistré leur activité cérébrale et iis ont constaté que les aires activées par cette projection dans I'avenir, étaient en partie les mêmes que celles mises en jeu quand on se souvient de choses connues.
              Dans l' exemple de l'appartement de mon petit fils, mon cerveau recourt à des images déja stockées dans ma mémoire pour créer une scène nouvelle, car c’est le matériau de base que j’ai dans ma mémoire pour construire “I'avenir mental”.        
              Autre exemple, si j’essaie d’imaginer le repas d'anniversaire de ma soeur, des images de déjeuners d'anniversaire, les miens quand j'étais ado, puis adulte, ceux de mes enfants, celui des 40 ans de ma soeur, vont me revenir à l’esprit, des visages familiers surgissent...

              La vision que nous avons du futur ressemble ainsi étonnamment à celle que nous avons du passé.
              Et pourtant, iI doit bien y avoir une différence entre les deux, sinon iI n'y aurait ni passé ni futur. Quelle est done cette différence ?
              Les neurologues ont constaté que lorsque nous pensons à l’avenir, d'autres zones du cerveau s'activent, en plus des zones mises en jeu lorsque nous nous remémorons le passé : iI s'agit de modules cérébraux qui entrent en action lorsque nous imaginons des mouvements de nos membres et de notre corps.
              Une telle observation laisse penser que nous nous projetons de façon dynamique dans cet environnement,alors que nous nous projetons de façon plus statique dans le passé.
              Lorsque nous allons vivre quelque chose, nous y allons physiquement, et le futur suppose presque toujours un déplacement. Se projeter dans le futur, c'est donc mettre son corps en mouvement pour atteindre une image encore improbable, une image que nous sommes réduits a constituer a I'aide du seul matériau dont nous disposons : les images du passé.
     
            Curieuse mémoire que la nôtre. 
     

     

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