• Freud, le conscient et l'inconscient (2)

        Je vous ai décrit, dans l’article d'hier comment Freud voyait l’organisation de notre psychisme et notamment de notre inconscient.
        Certes, pour les neurobiologistes actuels, l'inconscient existe, mais il est différent de la conception qu'en avait Freud.
    Il est étroitement associé à la mémoire et notament à la mémoire épisodique qui stocke les informations successives de tout ce qui nous arrive, dans l’ordre chronologique et il met en jeu tout le cerveau, lorsque les communications se font entre des centres, sans remonter au cortex préfrontal, qui perd conscience des événements et sensations


        La mémoire stocke d'abord inconsciemment pour des temps courts toutes les informations de perceptions que nous enregistrons tous les quarantièmes de seconde (voir mes précédent article sur le cerveau, la perception et lamémoire). Quand nous conduisons une voiture par exemple, nous enregistrons de nombreuses informations sur la route, sur les autres véhicules environnants, sur le bruit de notre moteur, l’évaluation de notre vitesse... ceci pour des temps assez courts qui permettent de prendre des décisions de conduite, dont certaines sont de purs réflexes quasi inconscients.
        Nous comparons volontairement certaines perceptions emmagasinées inconsciemment (par exemple du paysage), en les rappelant alors dans le cortex préfrontal pour les comparer à celles de notre mémoire et par exemple nous guider sur un itinéraire.
        Ces informations ne sont donc pas “bloquées” dans notre inconscient, mais peuvent avec un certain effort, devenir conscientes.
        Elles resteront plus ou moins longtemps dans notre mémoire puis seront éliminées pour ne pas l’encombrer.
        La plupart des images observées par nos yeux, puis enregistrées par des centres intermédiaires du cerveau sont éliminées rapidement (quelques secondes ou quelques minutes, selon leur utilité) car elles ne servent plus à rien. Nous conserverons plus longtemps certaines informations perçues presque inconsciemment (où ai je garé ma voiture dans le parking?), car il faut s’en servir au bout de quelques heures par exemple.

        Nous pouvons aussi garder en mémoire des souvenirs, par exemple des images que nous n'avons pas conscience d'avoir vues, des paroles ou des mots que nous n'avons pas le souvenir d'avoir entendues ou lus. C'est en particulier ce que l'on appelle les “perceptions subliminales” (au dessous du seuil de perception conscient) utilisées parfois par la publicité (bien que ce soit interdit) et les services secrets (associées à des psychotropes dans les lavages de cerveau).
        Les centres du cerveau mis en jeu dans ces opérations sont essentiellement les centres de perception associés à nos cinq sens, le thalamus, aiguillage de nos perception, et l’hippocampe, “professeur de la mémoire”.

        Certains souvenirs dont nous avons eu conscience sont gardés par notre mémoire, se déforment dans le temps d’autant plus que nous les rappelons peu pour nous en servir, mais ils sont d’autant mieux conservés qu’ils ont pour nous une “charge émotionnelle”.
        S'ils nous ont “traumatisés”, ils ne sont pas facilement évoqués, bien que nous nous en souvenions en faisant un très gros effort.
        C'est une sorte de refoulement, mais il n'est pas totalement inconscient, et les neurobiologiste préfèrent parler de “difficulté de rappel”, et la plupart de ces "difficultés de mémoire" ne sont pas d'ordre sexuel.
        Les difficultés de rappel peuvent être dues au choc subi. Quand j’avais 16 ans je suis rentré à vélo dans la remorque d’un camion de déménagement et suite au choc sur la tête je suis resté une heure dans le coma. Pendant quelques jours je n’avais aucun souvenir de l’accident. puis je me suis rappelé mon réveil, puis l’accident, puis au bout d’une semaine, la minute avant l’accident. C’est un phénomène connu et banal.
        Les difficultés de rappel peuvent être dues, dans le cas d’images traumatisantes, à des blocages de notre cerveau émotionnel et notamment des centres amygdaliens qui contrôlent la peur, l’angoisse, le stress.
        Ces images ont été enregistrées consciemment, mais le cerveau ne veut pas les revoir, et ceci plus ou moins inconsciemment. C’est vrai notamment des images par exemple d’attentat ou d’accident de la route, la vue de gens qui souffrent ou qui meurent. Elles sont intimement mélées à des émotions vives et traumatisantes.
        Plus proches du refoulement des mélanges de perceptions et de traumatismes graves subis nous mêmes, comme une agression non sexuelle ou un viol,
    Là si une nouvelle sensation nous rappelle inconsciemment ce traumatisme, il y a blocage, le cerveau émotionnel bloquant les ordres donnés par le cortex qui réfléchit, soit à d'autres parties du cerveau, soit à notre corps même si le cortex frontal plus ou moins conscient de cela, trouve ce blocage ridicule.
        C'est assez proche de la “censure” de Freud, mais la plupart de ces blocages ne sont pas non plus d'ordre sexuel.

        Autre phénomène, nous mémorisons des émotions, des sentiments.
    Avant de prendre une décision, notre cortex frontal compare diverses informations logiques et objectives ou bien subjectives, et le cortex préfrontal essaie de’évaluer les conséquences de nos actes, avec l’aide du cerveau émotionnel qui, se référant aux émotions et sentiments en mémoire, donne une appréciation émotionnelle avec l’aide du circuit de la récompense (voir mes articles à ce sujet).
        Une partie de ce mécanisme décisionnel est inconscient, même si l’objectif de la décision est conscient.
        Il peut arriver que le cerveau émotionnel élabore des évaluations sans que le cortex lui ait demandé consciemment de le faire et qu’il nous pousse ainsi inconsciemment à l’action.
        Il peut donc y avoir des mécanismes inconscients à l’origine de nos actions conscientes. Colère, jalousie, peur, ou divers défauts ou addictions peuvent ainsi avoir une influence inconsciente certaine sur nos actes.
       Certains neurobiologistes estiment que la plupart de nos décisions sont fortement influencées par une réflexion inconsciente et que ces éléments étant transmis au cortex préfrontal, nous avons l'impression d'une prise de décision rationnelle, alors qu'elle a été principalement subjective.
       
        Notre inconscient peut même nous “tromper” parfois en nous donnant de fausses raisons de nos actes pour nous protéger. C'est effectivement proche du “déplacement” de Freud, mais sur de nombreux sujets très divers et pas uniquement d’ordre ou d’origine sexuels.

        L'inconscient de l'enfant n'a pas plus d'aptitude que l'enfant lui même, contrairement à ce que pensait Freud et l'enfant ne peut donc, comprendre dans son inconscient, plus que ce qu'il ne comprend consciemment, en fonction de son âge.
        Freud attribuait aux jeunes enfants des pensées et des désirs d’adultes qu’ils refoulaient ensuite dans leur inconscient. Cela apparaît impossible au neurobiologiste, car le cerveau de l’enfant n’en a pas la capacité, tant au plan réflexion et compréhension qu’apprentissage et expérience.
        Le “ça” de Freud est donc beaucoup plus restreint pour le neurobiologiste

        Par contre, les neurobiologistes ne font pas d’objection à la distinction du “moi” et du “surmoi” qui sont des notions d’ordre psychologique sans que l’on puisse les relier à des mécanismes précis cérébraux.

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  • Freud, le conscient et l'inconscient

        Les psychologues et les médecins avaient depuis longtemps remarqué que certains phénomènes échappent à la conscience .
        Freud a introduit une conception nouvelle de l'inconscient, car il y place à la fois un certain nombre de données, d'informations, de désirs tenus hors de la conscience, mais aussi l'ensemble des processus mentaux qui empêchent certaines données d'arriver à la conscience et permettent à d’autres données d'y accéder, processus comme le refoulement, les  pulsions, le désir et le plaisir de les satisfaire, mais aussi la possibilité d’y résister par conformité à des règles.
        Ainsi, Freud considère l'inconscient comme à l’origine de la plupart des phénomènes conscients de notre vie.

        Freud a organisé notre psychisme conscient et inconcient en trois entités, organisation qui est encore très utilisée en psychologie.

        Le “Ça” : présent dès la naissance, inaccessible à la conscience, réunit l’ensemble de nos instincts “d’animal”, nos tendances à des pulsions agressives ou sexuelles, de recherche de plaisir et de la satisfaction immédiate, c’est une conséquence de nos désirs refouléset de nos pulsions.
    C’est quelque chose d’individuel, alors que CG Jung, à la même époque, préférait faire référence à un inconscient collectif, résultat de l'évolution au sein de notre civilisation dont les éléments étaient ce qu’il appelait des “archétypes” et n'avait pas de rapport avec le refoulement.
       
        Le “Moi” : en grande partie conscient, il cherche à rendre la vie sociale possible en acceptant les règle de la société, et en évitant les tensions trop fortes du monde extérieur, et en mettant en jeu des mécanismes de défense pour éviter les souffrances : refoulement, régression, rationalisation, etc. .
        Il ressemble à la “Persona”  que décrit CG Jung (cf. mes articles dans la catégorie “psychologie-comportement, notamment les 9 janvier et 30 mai 016)

        Le “Surmoi” : au cours de son enfance et de son adolescence, nous recevons de l’éducation de nos parents, de la société et de notre instruction, de nombreuses règles morales et de savoir-vivre à respecter.
        Dans notre adolescence et en devenant adulte, nous discutons et nous refusons ou nous acceptons ces règles morales ou sociétales en mettant en oeuvre, d'après Freud,  le refoulement qui interdit certaines actions contraires à ces règles.
        Le Surmoi est en définitive l’ensemble des règles acceptées qu’il essaie d’imposer au “Moi”  et si celui-ci ne les respecte pas, il le punit en provoquant le remords et la culpabilité. C’st un “directeur de conscience”, un policier.   

          Les neurobiologistes ne mettent pas en cause cette organisation de notre psychisme, mais ils ont une conception différente et beaucoup plus large de l’inconscient, liée à la mémoire, et à nos innombrables perceptions. Surtout cet inconscient n'est pas une fonction de notre psychisme comme le décrivait Freud, mais il fait partie de tout le cerveau, lié à son fonctionnement conscient et participe notamment à toutes nos décisions et nos réflexions.
         Par ailleurs, ils n’admettent pas la notion de refoulement, mais parlent de “blocage”. Mais l'inconscient est surtout actif et son rôle de blocage est rare.

         Pour eux le "ça" a un caractère biologique et génétique et donc à la fois individuel et collectif, lié à l'évolution. Ce ne sont pas des données, mais des tendances physiologiques et psychologique, qui engendrent des comportements, partiellement inconscients et conscients.

        Ce sera le sujet de mon prochain article.

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  • Freud et ses théories

              J'avais fait le 08/04/2018 un article sur les théories de Freud, qu'une de mes correspondantes (prof de philo ou psy, je ne sais pas) a récemment lu et elle me dit dans un mail, que d'une part je suis trop sévère vis à vis de ce grand psychiatre, et d'autre part que je ne précise pas assez mes critiques.

              Je vais donc revenir sur ce sujet, notamment l'inconscient,  pendant quelques articles.

              Ne voyez pas dans mes articles une critique de Freud. C’est quelqu’un qui a apporté beaucoup à la connaissance du psychisme humain. Mais l’état des connaissances de l’époque et ses conditions de travail ne lui permettaient pas de disposer des données que nous avons aujourd’hui et qui font voir ses théories sous un autre jour

              Le contexte dans lequel Freud a élaboré ses théories est en effet particulier.
              Né en 1856 dans ce qui est actuellement la république tchèque, sa famille s’est installée à Vienne quand il était enfant et il y passera la plus grande partie de sa vie.
              Il fera ses études de médecine (après avoir hésité à faire du droit ou de la  philosophie) et travaillera quelques années en hôpital et notamment quatre mois à Paris avec le doctreut Charcot qui prétiquait l’hypnose pour soigner des malades mentaux.
              En fait c’est un scientifique, mais les connaissances de l’époque en neurobiologie du cerveau étaient relativement très succinctes.
              Il a ensuite soigné dans son cabinet de Vienne de nombreuses femmes de la bourgeoisie de Vienne qui avaient des problèmes d’ordre sexuel ou avaient été victimes d’agressions dans leur jeunesse, et une partie de ses théories repose donc sur l’observation de cette population très particulière et l’amènera à exagérer l’importance du sexe et des conséquences de l’enfance sur le psychisme, et ses thèses l’opposeront à son ami CG. Jung, psychiatre qui soignait en hôpital une clientèle beaucoup plus variée.
              Les disciples des théories de Freud étaient ensuite des utilisateurs de la psychanalyse plus que des scientifiques, et on a souvent l’impression que les extensions de la théorie ont été alors faites pour justifier cette démarche thérapeutique, sans vérification scientifique.
       
              Je pense faire plusieurs articles sur les pricipaux apports conceptuels de Freud, pour décrire le psychisme, à savoir :
           
                  - l'inconscient, qui échappe à notre connaissance, et contient surtout des représentations refoulées, c'est-à-dire maintenues par la censure hors du champ de la conscience et pouvant influer nos actions hors de notre volonté

                  - la censure, barrage sélectif engendré par l'éducation, la société et l'expérience et certains traumatismes vécus.

                  - le refoulement, opération par laquelle le sujet repousse dans l'inconscient des idées et images provoquant du déplaisir et concernant généralement nos désirs sexuels ou notre vécu dans l’enfance et l’adolescence.
       
                 - la pulsion, poussée d'origine biologique et essentiellement sexuelle faisant tendre l'organisme vers un but, et destinée à supprimer un état de tension, créé par le désir conscient ou inconscient.

                 - la libido, énergie entraînant des pulsions essentiellement sexuelles et ayant des conséquences dans le domaine psychique;

                  - le transfert, projection sur une personne proche ou sur l'analyste, de sentiments originellement éprouvés à l 'égard des parents, et généralement inconscients.

                  - le complexe d’OEdipe. Pour Freud, la structure de notre personnalité se crée étant enfant, par rapport à la fonction d’autorité paternelle et au complexe d’Œdipe, jalousie sexuelle de l’enfant vis à vis de sa mère et de ses rapports avec son père.

                 - l’interprétation de rêves qui est en partie une conséquences de ses théories.

              En fait une partie de ses théories reste toujours admise, mais en supprimant la référence permanente au sexe.
              Ce qui est par contre assez étonnant, c’est que, alors qu’une partie des théories de Freud apparaissent aujourd’hui comme périmée et qu’elles sont moins utilisées dans les pays anglo-saxons, on continue en France à former essentiellement à partir de ces théories, les psychiatres et les psychologues thérapeutes et certaines de leurs interprétations sont parfois très surprenantes.

         Pour ne pas faire des articles trop longs, je traiterai ces questions en plusieurs fois et je renverrai aussi à d’autres articles sur le cerveau que j’ai déjà publiés.

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  • A quoi peut servir l'hypnose.

          Je ne parlerai pas des applications ludiques et des magiciens en tous genre, mais essentiellement des applications en médecine, qui sont les plus importantes, surtout d’une part dans le domaine psychiatrique et psychologique, et d’autre part de lutte contre la douleur, mais ce ne sont pas les seules applications.

        Les premières applications de l’hypnose ont été d’accéder à l’inconscient des personnes, pas au sens de Freud des refoulement notamment sexuels, qui ne sont qu’une bien faible partie de l’inconscient et ne sont plus une préoccupation importante sauf pour quelques anciens inconditionnels de Freud, Lacan et leurs disciples.
        Il s’agit simplement de retrouver certains souvenirs enfouis au fond de la mémoire, d’expliquer certaines réactions, certains blocages et ensuite ayant conscience de ces notions de trouver avec le patient une solution à ses problèmes.
        Ce qui est le plus proche des refoulements, ce sont certains blocages ou certaines souffrances après un traumatisme psychologique, connu ou inconnu.
        Un traumatisme connu peut être par exemple un accident, un décès, une rupture.
        Mais d’une part la personne s’est renfermée sur elle même et ne veut pas aborder le sujet avec ses proches, et déjà le fait d’extraire ces souvenirs d’en parler est bénéfique, mais d’autre part on connaît les circonstances du traumatisme, mais pas forcément le fait détaillé qui vous a frappé, qui a bloqué quelque chose en vous. Le recours a l’hypnose peut permettre à la personne de découvrir ce détail important et ensuite de voir avec le thérapeute comment diminuer son action, même s’il est impossible à éliminer.
        Le traitement des phobies est un  cas particulier de ce type de blocage.
        On trouve dans la littérature de très nombreux exemple de traitement par des séances d’hypnose, et parfois, on s’aperçoit que la cause initiale traumatique remonte à des années en arrière. Phobie des piqûres médicales, des araignées ou autres bestioles, de la foule, claustrophobie dans les ascenseurs ou dans un appareil IRM, l’agoraphobie dans les manifestations et les foules, la peur du dentiste, d’un accouchement ou d’une opération, voire même la phobie scolaire ou la gestion du stress d’étudiants lors des examens.
        Bref en général la lutte contre les stress et peurs diverses et notamment les crises de panique.
        L'hypnose a beaucoup été utilisée aux USA pour soigner des séquelles de chocs psychologiques, subis par des militaires lors d’opérations de guerre.
        On commence à l’utiliser pour soigner le burn-out et le stress en entreprise.
        Mais évidemment on ne supprimera pas des causes physiologiques : on peut essayer de lutter contre des acouphènes, mais si ceux-ci ont pour origine un défaut de l’oreille, tout au plus, atténuera t’on leur perception.

        L’hypnose est également utilisée dans le traitement des maladies mentales (cela a même été une des premières applications pour des malades hystériques), mais elle est alors un palliatif pour éviter un trop important usage des médicaments psychotropes, et il est évident qu’elle ne traitera pas vraiment un défaut physiologique, mais ses conséquences psychiques.
        L’hypnose a par exemple été souvent utilisée pour soigner des épilepsies chez des enfants pour lesquels les crises n’était pas dues à une anomalie cérébrale, mais essentiellement d’ordre psychique.

        Mais une utilisation de plus en plus fréquente est la lutte contre la douleur.
        L’hypnose permet de bloquer en partie, voire totalement la transmission de la douleur jusqu’au cortex frontal et donc à la conscience. Les principales aires qui interviennent dans cette transmission sont partiellement bloquées : cortex somatosensoriel sur le sommet du crâne, cortex cingulaire antérieur, insula, hypothalamus…)
        L’hypnose est utilisée pour le traitement de douleurs aigües, et même dans certaines opérations, où le malade au lieu de subir une anesthésie, est simplement sous hypnose et tranquillisant.
        Mais elle est aussi utilisée pour des douleurs chronique, notamment les migraines des enfants et permettent de diminuer considérablement la quantité d’antialgiques administrés.
        Elle est aussi de plus en plus utilisée en cancérologie et dans des soins palliatifs de fin de vie, pour soulager de la douleur et du stress, avec moins de recours à des doses importantes de psychotropes ou de morphine.
        Une autre action est la lutte contre les sensations non seulement douloureuses, mais les démangeaisons et même les stress qui en résultent en dermatologie ou dans des maladies inflammatoires, notamment du système gastro-intestinal.

        D’autres applications voient peu à peu le jour, car la plupart des maladies ou des problèmes de santé, ont un aspect psychologique, qui intervient, ne serait ce qu’au plan du confort de la personne qui subit. C’est le cas de traitement des conséquences de la ménopause, des problèmes respiratoires, ou l’insomnie.

        Un des avantage de l’hypnose en thérapeutique, est que, si elle est pratiquée par une personne compétente, ayant bien été formée à ces techniques, elle n’a pratiquement aucun effet secondaire, aucune séquelle psychologique ultérieure, si ce n’est qu’elle n’est pas toujours pleinement efficace.

        L’hypnose est évidemment aussi utilisée par des « coachs » et des gourous divers, pour son pouvoir de suggestion.
        Il n’est pas impossible d’atteindre de meilleures performances sportive, ou certains objectifs professionnels grâce à des séances d’hypnose, mais il faut se méfier, car il est certain que, comme dans tous les domaines, on peut avoir affaire à des charlatans ou simplement à des personnes peu formées, dont l’action sera inefficace, bien que rémunérée.
        On trouve de nombreuses annonces sur internet de « thérapeutes » ou de « mages » qui vont soigner par l’hypnose, les chagrins d’amour, les troubles sexuels ou les addictions, notamment le tabagisme.
        Certes cela est possible si l’on a affaire à un expert compétent, mais il faut s’assurer, si on ne veut pas dépenser inutilement, de cette expertise.
        La plupart des applications efficaces de l’hypnose, restent faites en hôpital ou par des médecins, ou au minimum des psychologues confirmés et formés à cette technique.
     

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  • Hypnose et cerveau

       Pour continuer l’article d’hier, sais t’on ce qui se passe dans le cerveau, lorsqu’on est en état d’hypnose ?
        Il n’y a pas beaucoup de publications sur ce sujet et cela semble encore peu connu.

        D’abord rien à voir avec le sommeil :  si l’on regarde les tracés des électroencéphalogrammes, et les rythmes de certains neurone du tronc cérébral (qui sont entre autres, le métronome du cerveau, son « oscillateur » sous diverses fréquences, et du thalamus, qui coordonne nos sensations, on constate qu’on est éveillé, avec des fréquences autour de 40 hz.
        Ce n’est donc pas non plus le rêve, au sens habituel du terme.
        Ce n’est pas non plus une rêverie, comme lorsque éveillé, notre imagination vagabonde d’une pensée à l’autre. En fait, contrairement à ce que beaucoup croient, le cerveau est, dans ce cas en forte activité, non seulement au niveau du cerveau émotionnel, (sentiments et émotions) mais aussi du cortex frontal (qui dirige l’opération), de l’hippocampe (mémoire), mais aussi des centres d’interprétation des sens (notamment le cortex visuel primaire qui imagine des images) et mêmle des centres de Geschwind et de Broca, à l’origine d’un dialogue lexical intérieur (on se raconte intérieurement une histoire !).
        Lors de l’hypnose, on constate au contraire une baisse d’activité du cerveau.
        Ce n’est pas une méditation non plus, car les électroencéphalogrammes sont différents dans les deux cas. Mais c’est l’état qui se rapproche le plus de l’hypnose.

        Alors que ce passe t’il dans l’hypnose?

        Ce n’est pas facile à définir, car les questions posées aux divers patients ne sont pas les mêmes, et l’activité cérébrale dépend en partie des questions posées. Par ailleurs le mécanisme d’hypnose est avant tout sensoriel, et les sensibilités des organes et des centres d’interprétation du cerveau, peuvent être assez différentes selon les individus.
        Il faut donc trouver des facteurs communs qui seraient importants en cas d’hypnose.
        On a pu notamment observer, par IRM, la réaction de certaines zones du cerveau (voir le schéma ci dessous)
            - le cortex cingulaire antérieur, qui est activé lorsque nous faisons attention, et dans le contrôle cognitif des émotions et sentiments (habituellement en liaison avec le cortex préfrontal). Il reste très actif même quand le cerveau est au repos,
            ll est beaucoup moins actif dans l’hypnose, sauf dans sa région dorsale, qui est au contraire très active, zone qui contrôle la concentration, ce qui explique qu’une personne hypnotisée soit tellement absorbée qu’elle ne se soucie plus de rien d’autre.

            - le précunéus : il est situé entre les aires somato-sensorielles sur le dessus du crâne (qui nous renseignent sur l’état de notre corps, de nos membres, de nos muscles…) et l’aire d’interprétation visuelle à l’arrière de notre crâne. Il reçoit des informations très élaborées en provenance des divers centre d’interprétation des sens et semble participer à la mémorisation épisodique. Il semble avoir un rôle dans la « conscience de soi ».
        Il a habituellement une grande activité quand le cerveau est au repos, ou lorsqu’on est éveillé et il a alors des connexions nombreuses avec le cortex frontal.
        Il est au contraire presque inactif dans le cas de l’hypnose.

            - dans le cortex temporal, les centres liés à la mémorisation et notamment à la production d’images mentales, qui sont ensuite « visualisées » dans les centre primaires d’interprétation de la vue du cortex occipital, restent au contraire très actifs en cas d’hypnose, comme dans la réalité.

          - Le cortex préfrontal est peu actif dans l'hypnose, sauf le préfrontal dordolatéral qui échange avec l'insularité (qui nous renseigne sur nos états internes), tous deux intervenant dans la conscience de soi et la flexivité cognitive.

    Hypnose et cerveau

        Mais d’autres centres aussi sont activés suivant les circonstances de l’hypnose :
            - les centres de Wernicke et de Geschwind, qui interviennent pour comprendre les paroles du thérapeute hypnotiseur. Mais en fait sous hypnose, il semble qu’il y ait valorisation des termes à répercussion positive et atténuation des termes à répercussion négative.
            - les centres prémoteurs, qui préparent un mouvement (d’habitude sur ordre du cortex préfrontal). Il semble qu’ils provoquent alors des images mentales des mouvements.
    Mais les centres moteurs peuvent également intervenir, car on constate pendant l’hypnose certains mouvements des membres ou des yeux, involontaires ou sur commande de l’hypnotiseur : balancement des pieds, ou lévitation ou de paralysie des bras par exemple.
    Lorsque le thérapeute demande de bouger ou de bloquer un membre, les phases de mouvement ne semblent pas modifiées dans le cerveau, mais ce sont les phases de transmission des ordres moteur et de préparation motrice qui sont différentes dans l’éveil normal et dans l’hypnose.
        On constate même une hyper activité de la partie motrice quand on donne des ordres de mouvement sous hypnose.
        Par contre il y a pendant l’hypnose détente des muscles.
            - les expériences sous hypnose montrent une sensibilité particulière des centres d’interprétation sensorielle.
        Par exemple le centre d’interprétation auditive réagit de la même façon si on écoute un morceau de musique, réellement en étant éveillé, et si sous hypnose, on vous demande de l’écouter, sans qu'il y ait de son extérieur.
        Lorsqu’on présente un  objet rouge à un individu, les neurones « rouges » du centre d’interprétation visuelle restent activés, même si on lui dit que l’objet est bleu. Par contre, sous hypnose, les neurones « rouges » s’éteignent et les neurones bleus sont activés quand le thérapeute lui dit que l’objet est bleu et il peut faire de même avec d’autres couleurs.

        On ne sait pas ce qui provoque l’hypnose dans le cerveau, mais les données ci dessus donnent une approche des conséquences :

        Le cerveau contient une multitude de centres,  qui d’une part interprètent le monde extérieur grâce à nos sens, et d’autre part créent des actions dans notre corps et dans l’environnement par l’intermédiaire de nos membres (et du langage).
        En temps normal, quand nous somme éveillés, notre cortex préfrontal est le chef d’orchestre de ces centres : il reçoit des information sur l’état de notre corps et de l’environnement, consulte notre cerveau émotionnel, réfléchit, organise et donne des ordres pour améliorer son information à partir de nos sens, et pour déclencher des actions.
        Il est aidé par le cortex cingulaire antérieur qui focalise notre attention et oriente notre conscience.
        Il est aidé aussi par le précunéus qui différencie nous même par rapport au monde extérieur, notamment au niveau des images mentales.

        Dans le cas de l’hypnose, les connexions semblent modifiées.
        Le rôle du cortex préfrontal, de cortex cingulaire antérieur et du précunéus sont fortement diminués. Nos sens et nos centres moteurs n’obéissent plus au contrôle rationnel et aux ordres du cortex préfrontal.
        Notre attention est relâchée et nous avons une conscience du « moi » très réduite et surtout de sa place dans l’environnement.
        Les mouvements sont déconnectés de l’intention et de l’attention.
        D’où notre dépendances aux ordres de l’hypnotiseur.
        Par contre il y a une hyper activité des centres qui interprètent les données des sens, activité sous forme d’images mentales, non liées aux perceptions réelles. Une particulmarité des sensations sous hypnose est que les sujets ont une impression beaucoup plus grande de "vivre dans un souvenir" avec toutes ses sensations, que s'ils se remémoraient ce souvenir en état normal de veille.
         L’hypnose, par sa capacité à modifier la perception de la réalité, favorise la « flexibilité psychologique », soit notre aptitude à prendre du recul face à une situation donnée, car si l’on est trop en prise avec un problème, on fait obstacle à sa résolution.
        Elle nous met dans une forme de perception globale dans laquelle nous recevons toutes les informations en même temps, sans fournir de signification. Cet état de confusion permet de circuler d’un élément de la réalité à un autre sans avoir à justifier de liaisons logiques et de sortir de notre manière habituelle d’assembler des pensées, et de faire des choix.

        Cependant il reste une veille de nos sens et même de notre cortex frontal :
    Des personnes sous hypnose et placées en position d’écriture automatique, et dont on avait plongé la main dans l’eau glacée écrivaient « sortez ma main de l’eau » l’individu étant encore sensible aux états dangereux, et si on veut imposer à un sujet sous hypnose, une action qui le choque profondément, il sort de son état.

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