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        Je lis souvent, dans certains blogs que des personnes se plaignent d'avoir des moments parfois difficiles et se sentent inutiles, vides et sans énergie et aimeraient retrouver plus d'enthousiasme, croire en soi et faire de nouveaux projets.
        D’habitude j’essaie de  remonter le moral de telles personnes en leur faisant voir qu’elles ont plus de qualités que de défauts. Je cherche avec elles pourquoi elle se sentent ainsi inutiles, et nous regardons leur activité et on s’aperçoit vite qu’elles ne regardent que leurs échecs, mas pas leurs réussites.
        Finalement ce n’est pas la réalité qui les rends malheureuses, mais leur état d’esprit : c’est une forme de pessimisme.

        Je viens de lire une étude de Emile Pronin, de l'Université de Princeton, et Daniel Wegner, de l'Université de Harvard, qui prônent dans ce cas une méthode assez curieuse, qui me laisse un peu perplexe et j’avoue que j’attendrai que certaines personnes l’utilisent avec succès pour y croire.
        Mais ce n’est pas absurde non plus.
        Mais avant d’en parler il faut que je précise un point de psychologie :  qu’appelle t’on “maniaque” ? Qu'est-ce que la pensée maniaque ?

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        Les manioco - dépressifs alternent les phases de dépression (repli sur soi, manque de motivation, baisse d'estime de soi, perte de créativité et de plaisir, idées suicidaires dans certains cas) et des phases d’excitation (dites de “monie”), où  les pensées deviennent très rapides (trop rapides), la personne se sent créative, elle ressent une impression de grande puissance, ne s’ennuie plus et aime alors vivre à cent à l’heure.
        C’est cette activité débordante qui est l’aspect “maniaque”
        Il ne faut donc pas confondre l’état maniaque avec des traits obsessionnels (obsession de la propreté par exemple), acception pourtant retenue dans le langage courant.
        Je n’ai pas l’intention ici de développer les données sur ce type de maladie, on trouve de bons articles pour cela sur le web.

        Revenons à la méthode prônée par E. Pronin et D. Wegner : ils ont considéré que, la rapidité des pensées étant l'un des aspects de la pensée maniaque, il serait possible de susciter les caractéristiques de ce comportement en exerçant la rapidité et donc de sortir d’un état un peu dépressif pour passer à un état d’activité plus heureuse et d’augmenter les sentiments de puissance, de confiance en soi, de créativité et de bien-être.

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        Les exercices proposés par les psychologues sont simples: il s'agit de lire une succession de phrases exprimant différentes idées, et ce le plus vite possible. Cette tâche accélère le rythme de la pensée. Il en résulte une “pensée rapide”, qui constitue l'un des aspects de Ia pensée maniaque.
         D'après eux, les personnes testées se sont senties plus heureuses, débordantes d'énergie, davantage créatives et « grandioses» pour exprimer leur sensation de flotter au-dessus des difficultés de Ia vie.
        Alors si vous vous sentez tristes et déprimées, pourquoi ne pas ajouter un peu de
    « pensée maniaque » dans vos comportements ?

       Mais j'ai lu au autre article sur une méthode physique américaine pour diminuer la tristesse : soumettre le cerveau à de faibles champs magnétiques qui induisent des dépolarisations au niveau des neurones.
          
    Les centres du cerveau visés sont le cortex préfrontal dorsolatéral et le cortex cingulaire antérieur, qui sont beaucoup impliqués dans la régulation de nos états émotionnels, en contrôlant notamment l'activité négative des centres amygdaliens.
            Les patients ont subi 10 sessions de 10 minutes espacées de 50 minutes de pause, pendant lesquelles on les soumettait à un champ impulsonniel de 1800 impulsions par session.
            Les chercheurs de l'Université de Standford, ont constaté une amélioration très sensible au bout de la journée, les signes de dépression ayant disparu chez 19 patients sur 21.
            La méthode appelée "SAINT" (Standford accelérated intelligent neuromodulation thérapy) est aujourd'hui testée sur de nombreux patients et semble sans effet secondaire.

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  •      Mes correspondant(e)s me posent souvent la question : Comment lutter contre la tristesse et le stress ?
         J'ai déjà fait un article sur ce sujet le 15/05/2018, mai je vais reprendre le problème autrement.

        La meilleure solution serait évidemment de faire disparaître la cause de cette tristesse ou de ce stress !
        Mais ce n’est pas facile ni même toujours possible : 

        Si votre petit ami vous a quitté, il est peu probable que vous le récupériez; si vous ne réussissez pas bien dans vos études ou que vous ayez un examen à passer, celui ci sera toujours d’actualité jusqu’au jour J; si vous avez des difficultés avec vos parents ou avec des camarades, ces problèmes ne disparaîtront pas comme cela subitement.
        
        Cependant la première résolution à prendre est de lutter le mieux possible pour atténuer les causes à l’origine de votre état actuel. Il faut donc d’abord les cerner objectivement et réfléchir à la meilleure façon d’avoir une action sur elles.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/50554421231305653917849n.jpg   Face à une situation donnée, certains parmi nous, voient systématiquement le “verre à moitié plein” et d’autres, le “verre à moitié vide”

    C’est inné et dans certains cas, une éducation mal adaptée a pu renforcer en vous cette tendance.
     

    Lutter contre le stress.   Il est certain que si, au moindre ennui, vous sous imaginez une catastrophe, rien d’étonnant à ce que, si vous avez plusieurs petits “pépins”, vous paniquiez et vous vous trouviez dépassé(e) par les événements !

        Que faire pour prévenir cela?

      Il faut arrêter de voir tout en noir, se forcer à rechercher tous les cotés positifs de la situation présente (et elle en a toujours, il suffit de vouloir les trouver !), de minimiser ceux qui sont négatifs.



    Lutter contre le stress.    Si mon petit ami m’a quittée, c’est que nous n’étions pas faits l’un pour l’autre, qu’il ne m’aimait pas assez (voire même, ce n’était pas un garçon sérieux), et il vaut mieux s’en apercevoir maintenant que lorsque nous aurions été plus engagés et que j’aurais été encore plus malheureuse, ou pire, que nous soyons restés toute notre vie ensemble, alors que j’aurais pu avoir un compagnon bien mieux adapté à ma personnalité.
    Et puis je suis jeune, des garçons il y en a bien et il y en aura bien un, un jour pour m’aimer et qui soit celui que je souhaiterais avoir comme amoureux et comme compagnon. Il faut être parient(e)!
     
    Lutter contre le stress.   Si mes parents ne sont pas vis à vis de moi, comme je le souhaiterais, ai je bien compris leur personnalité, leur motivation. ?

    Ils m’aiment sûrement, mais à leur façon.  Leur ai-je montré assez moi même que je les aimais, ai je fait un effort suffisant vers eux, est ce que je ne me conduis pas, trop souvent, en enfant gâtée et trop exigeante ?. N’ont ils pas leur propres soucis?
        Je jalouse mes camarades d’avoir des parents aussi parfaits, mais n’ai-je pas fortement embelli leurs dires, n’ont elles pas paré leurs parents, dans leurs récits,  de toutes les qualités dont elles rêvaient?
        Après tout, il y a bien plus malheureux que moi, ceux qui sont orphelins à la DASS, ceux qui sont pauvres et ont juste de quoi manger, ou dont les parents sont au chômage, ceux qui sont obligés de travailler tout jeunes et ne peuvent pas avoir le métier qu’ils souhaiteraient, ou tout simplement ceux dont les parents ne s’aiment plus, se disputent et divorcent. 
        Une grande partie de mes désirs ne sont ils pas satisfaits et est ce vraiment raisonnable de ne pas être content(e) et de me plaindre ainsi.
        On ne peut pas tout avoir, tout ne peut être permis en ce monde, et bien des “misères” que me font mes parents, ne sont que les conditions nécessaires pour me protéger contre des catastrophes, m’habituer à voir la valeur des choses, à être patient (e) et à ne pas tout exiger bêtement.

    Lutter contre le stress.

        Si j’ai des problèmes en classe, j’ai peut être eu un peu de malchance, et je n’ai peut être pas assez travaillé. Si je m’y mets, si je vais voir mon prof pour lui demander honnêtement ce que je dois faire, si je fais cet effort, si un de mes camarades m’aide, je finirai bien par y arriver. J’ai pris du bon temps, c’était bien agréable, cette flemme, mais cela ne peut durer éternellement.


        Une des clés du bonheur c’est de toujours regarder ce que l’on a la chance d’avoir, plutôt que ce que l’on a pas, tous les avantages d’une situation, plutôt que ses inconvénients et d’imaginer les choses agréables qui vont arriver, plutôt que les catastrophes.
        C’est une habitude à prendre. C’est difficile au début, puis de moins en moins au fur et à mesure qu’on sait réagir ainsi.

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  • Les jeunes et la mort.

         De mes relations avec mes jeunes correspondant(e)s, j’ai acquis l’impression que nos idées et notre confrontation à la mort sont très différentes.
        Paradoxalement, moi qui en suis plus proche, je la voit d’un oeil plus serein.

        Les articles de psychiatres que j’ai pu lire sur la vision de la mort d’un enfant, semblent également montrer que, même s’il est inévitablement influencé par les conditions de vie et les façons de penser de sa famille mais aussi de la société dans laquelle il vit, sa façon de voir la mort n’est pas celle d’un adulte.
        Tous les enfants et les adolescents se confrontent à la mort, à sa réalité autant qu’aux questions qu’elle pose. Elle est pour eux un élément de la réalité, en particulier par l’absence qu’elle provoque, mais aussi une question, en raison de l’inconnu qu’elle représente.
        Mais aujourd’hui, pour de nombreux enfants, la mort n’est plus en relation seulement avec la vieillesse, l’accident ou la maladie, car même s’ils ne sont pas confrontés directement ou par le récits de parents, à des famines, des catastrophes naturelles, des guerres civiles ou des génocides, les médias montent tellement de scènes de ce type, notamment à la télévision, qu’ils ne peuvent plus ignorer les horreurs morbides correspondantes.
        Les risques sanitaires font aussi la une des médias et, actuellement des jeunes voire des enfants, ne peuvent ignorer le risque de mourir de maladie..
        Par contre les rites funéraires et le culte des morts ont considérablement diminué, notamment en raison de la dispersion des familles.
        Certains adolescents sont attirés par des éléments culturels dans lesquels la fascination de la mort est présente, (gothique et satanique, par exemple, jeux violents...), par des manifestations de violence, des sports extrêmes, des conduites à risques, l’usage de drogues etc...
        Mais, dans son approche de la mort, l’enfant est aussi influencé par les événements de sa vie et par son environnement culturel et religieux, mais aussi par l’attitude de ses parents et les décès qui interviennent dans sa famille, voire même par la mort d’un animal familier.

        Les psychiatres et psychologues décrivent diverses conceptions de la mort chez l’enfant. Certains considèrent que l’enfant passe par de grandes étapes de développement, dont le rythme peut varier d’un enfant à l’autre mais qu’il est supposé suivre dans un ordre identique.
        Jusqu’à deux ans, l’enfant ne peut avoir de conception abstraite, qui ne viendra vraiment qu’avec le langage.
        Jusqu’à sept ans environ, l’enfant pense aux choses pour les réaliser, aux désirs pour obtenir, mais il a acquis la notion d’absence, de séparation de ses parents partis travailler, mais le caractère irréversible de la mort lui échappe et elle lui apparaît comme un sommeil, un voyage, une absence provisoire.
        Il n'en reconnaît ce caractère universel et irréversible que vers neuf ou dix ans et encore j’ai vu des jeunes de cet âge, très férus de jeux sur ordinateur, s’étonner que des personnes réellement mortes n’aient pas “plusieurs vies”, comme dans leurs jeux.
        Ce n’est que vers une douzaine d’années qu’il commence à avoir plus conscience, avec angoisse, de la réalité de la mort et de sa complexité ainsi que de sa propre mortalité.

        Pour d’autres psychologues, de telles étapes de développement existent bien mais elles ne sont pas homogènes et chacun des différents thèmes partiels qui constituent la conception de la mort évolue à son propre rythme.
        Cette conception de développement hétérogène distingue cinq principaux thèmes concernant la mort :       
            - l’arrêt des fonctions vitales que l’enfant attribue à tout vivant (manger, respirer, bouger, parler, etc.) ;
            - l’irréversibilité (la mort est définitive) ;
            - l’universalité (nul n’y échappe) ;
            - la causalité (la mort a une cause : un acte violent ou un accident, ; des causes naturelles, comme la maladie, ou surnaturelles pour les plus âgés, comme, par exemple, l’effet d’une justice immanente) ;
            - sa propre mortalité (lui aussi est mortel)..

        Certains psys, un peu torturés par les conceptions freudiennes sur les relations parents-enfants, considèrent que c’est la façon dont l’enfant perçoit la place de ses parents dans sa vie et sa propre place dans sa famille qui est au coeur de sa conception de la mort.
        L’enfant découvre que ses parents sont à l’origine de sa vie, et en conséquence il se demande s’ils n’auraient pas aussi le désir de la lui retirer ; il les considère pendant longtemps tout-puissants, et attend donc tout d’eux, bien au-delà du raisonnable et du réaliste, par exemple qu’ils le protègent de tout danger, de toute maladie, et donc de la mort. Personnellement je ne crois guère aux théories freudiennes.
        À l’adolescence il a besoin de trouver son autonomie, quitte à imaginer la mort de ses parents pour pouvoir trouver sa libre place dans le monde ; il fait ainsi la découverte bouleversante de leur nature mortelle et donc de sa propre mortalité, mais aussi de la peur d'un grand chagrin et de la crainte de l'abandon.
        Après la crise de l’adolescence, dans laquelle ce questionnement sur la mort et les relations complexes et parfois tumultueuses à ses parents qui en découlent, occupent une place importante, il accepte cette nature mortelle d’eux et de lui, et assume son statut d’adulte et notamment l’idée de transmettre la vie à son tour.
        Par contre la mort d'une autre personne apporte une perte et en général rien de positif en échange.
        L’enfant fait en permanence l’expérience de la perte de quelques chose, mais il trouve en général une compensation par un élargissement de sa vie :
        - la séparation fusionnelle du bébé et de sa mère, mais il va alors mieux connaître les autres membres de sa famille, et le sevrage qui change ses habitudes mais lui fait découvrir les aliments.
        - l’acquisition du langage lui fait certes perdre la complicité intime avec ses parents, qui le comprenaient sans qu’il ait besoin de parler, mais elle lui procure d’innombrables avantages relationnels.
        - à l’adolescence, il perd beaucoup des éléments de l’enfance auxquels il tenait, et en particulier l’image rassurante de la toute puissance de ses parents qui devaient le protéger de tout. Il connaît maintenant leurs défauts et leurs limites. Ils sont mortels, et lui aussi.
        Mais en revanche il découvre peu à peu la liberté et l’autonomie.
        La mort évoque donc, pour l’enfant, l’expérience de la perte douloureuse, négative : la mort d’un parent, par exemple, est souvent pour lui la perte majeure de tout ce qu’il aime, de tout ce qui lui donne son sentiment de sécurité et là, il n’y a pas de compensation.
        La relation à la mort existe aussi dans les pulsions agressives ainsi que dans les « voeux de mort » de l’enfant vis à vis de ses parents ou camarades et dont les parents devraient l’aider à prendre conscience de leur signification et à en faire un meilleur usage.
        L’enfant cherche à donner un sens à la mort, une explication(une punition, l’effet de voeux de mort), une justification (« pour laisser la place aux autres »), l’attribue à la vieillesse (qui est un temps si lointain qu’il pense ne jamais l’atteindre, et donc son angoisse est limitée).

        A l’adolescence, les questions sur la mort vont ressembler à celles que se posent les adultes, même si le langage est différent; elles portent surtout sur les modalités de la mort, sur l’angoisse et la souffrance (ça fait mal ?), sur ce que pense celui qui meurt (a-t-il peur, regrette-t-il sa vie, en veut-il aux vivants),sur ce qu’il devient dans leur vie (est-il oublié, etc. ?).     La mort représente la solitude, le temps qui ne passe plus, l’impossibilité de faire ce qu’on faisait avant, le fait de ne plus être avec les autres, etc.
        Si cette présence de la mort peut se traduire parfois par des conséquences bénéfiques, par exemple des vocations médicales (vouloir combattre la mort) ou artistiques (représenter l’irreprésentable, faire intensément exister l’image, de ce qui n’est plus là...), elles peuvent aussi s’exprimer par l’attrait pour certaines oeuvres (livres de fantômes ou livres policiers), dans les sports dangereux (qui peuvent apparaître comme un jeu avec la mort, comme pour la défier ou s’en approcher au plus près, par curiosité), ou dans des comportements violents ou d’autodestruction (comme si la personne se sentait obligée de reprendre à son compte la violence insupportable de la mort pour ne pas lui laisser ce privilège).
       
        J’ai bien des fois été confronté à des adolescents qui pensaient trop à la mort. Pour certains c’était normal, car ils avaient une maladie grave, mais je pense que même dans ce cas, si cela est plus compréhensible, c’est tout de même à éviter le plus possible car dans la lutte contre la maladie et pour qu’il reste une joie de vivre, l’espoir est indispensable.
        Mais pour un adulte, c’est beaucoup plus difficile de comprendre un adolescent pour lequel la mort est une obsession, alors qu’il a tout pour être heureux, ou que du moins, ses problèmes ne sont ni majeurs, ni vitaux, et cela d’autant plus qu’en général, il ne sait pas expliquer son attitude. Il faut alors beaucoup l’écouter, questionner, essayer de comprendre son environnement, mais c’est effectivement difficile de savoir comment l’aider à sortir de cette phase dépressive et dangereuse pour lui.
       Quant aux suicides, les jeunes que j'ai côtoyés et qui avaient des pensées morbides, n'avaient pas réellement envie de mourir et en avaient même peur, mais ils souffraient et à un moment ils avaient une "overdose de souffrance" qui arrivait comme une pulsion, et risquait de les entraîner vers l'acte fatal.

     

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  • La mort et nous, adultes.

      J’ai eu l’occasion ces temps derniers, à la suite de la pandémie actuelle et de tout ce que l'on voit à la télévision, de parler, avec certain(e)s de mes correspondant(e)s d’un sujet pas très gai et un peu tabou, “la mort”, et je crois qu’il n’est peut être pas inutile d’en parler parfois et d’y consacrer quelques articles.
        Déjà un de mes correspondants m’avait demandé si je craignais la mort et je lui avais répondu, que je craignais beaucoup plus de souffrir que de mourir, mais que ma préoccupation actuelle était plus de vivre et d’arriver à faire tout ce que j’entreprenais, occupations peut être un peu trop nombreuses pour le temps dont je dispose, et que parmi ces occupations, il pouvait y avoir aussi celle de préparer ma mort, non pas pour moi, qui n'en aurai plus rien à faire, mais pour ceux qui seront encore vivants après moi (et de préparer ainsi la vie.des autres).

        Aujourd’hui je voudrais voir de façon plus générale l’attitude de l’homme adulte face à la mort. Mais bien sûr je n’aurais pas la hauteur philosophique des “philosophes” et je dirai  que je ne suis qu’un scientifique plus habitué à la logique qu’aux altitudes de la pensée.
        Mais j’essaierai aussi de réfléchir un peu à ce qu’est la mort pour un enfant ou un ado, car je crois que l’approche est très différente de celle d’un adulte.

        La mort, et plus précisément “sa propre mort” (pas le fait de mourir mais celui d’être mort) est pour tout humain, enfant ou adulte, impensable, irreprésentable, inimaginable.
        Mais c’est justement parce qu’elle est impensable qu’elle occupe une place si importante dans la psychologie de chacun, et qu’il faut y penser, l’apprivoiser, pour qu’elle ne reste pas une inconnue effrayante et qu’elle ne suscite pas des images perturbantes et obsédantes.
        La mort est un sujet difficile et, dans notre civilisation actuelle occidentale, relativement tabou. D’un point de vue philosophique, ce thème est bien entendu étroitement lié à celui du temps et de la religion. Qu’elle soit religieuse ou philosophique, toute réflexion sur la mort a un aspect paradoxal et plein de contradictions.
        De plus la mort a une composante sociale puisque l’homme est le seul animal qui enterre ses morts au cours de cérémonies rituelles, et qui se souvient d’eux (plus plaisamment, on peut dire aussi que l’homme est le seul animal qui connaisse ses grands parents).
        Et tant qu’on y est l’homme est le seul animal qui sache qu’il doit mourir un jour, les autres animaux ne s’en rendant compte qu’à l’approche immédiate de leur mort.

        Je me souviens de mes cours de philosophie au lycée et d’avoir été assez frappé par ce que nous présentait notre professeur : la vie, parcours dans le temps entre deux néants, l’avant naissance et l’après mort. Alors à quoi bon vivre, puisque je ne pourrai réaliser tous mes désirs et mes projets.? Cette conception m’avait paru très intellectuelle et peu réaliste, car au fond que valent nos désirs et quel est le réalisme de nos projets, dans la vie, indépendamment de toute mort ?
        Mais il nous avait fait comprendre que le mort était quelque chose de difficile à imaginer : une “irréalité”. On conçoit mieux la mort d’un autre que la sienne propre !
        Cela et “l’être” et le “non être”, qui n’est pas le néant,  de quoi avoir mal au crâne pour un pauvre élève de terminale.!
        Mais de mes cours de philo et de français, je me souviens aussi des philosophes qui, comme Sartre (reprenant Epicure), niaient presque la mort, avec finalement un réalisme assez logique et fataliste : "tant que j’existe, la mort n’est rien pour moi, et quand elle est passée, je n’existe plus et elle ne me concerne plus. Alors où est le problème ?"
        Je me souviens aussi des auteurs de la renaissance de Villon et ses pendus, Ronsard et du Bellay et leurs incitations à trouver belle la vie et en profiter.

        Nous mourons tous d’un arrêt du coeur et du fonctionnement du cerveau, mais ce n’est pas si simple que cela et la question de passage de la vie à la mort est une transition qui apparaît pour tous, même aux non croyants, comme un mystère angoissant.
        En fait un simple arrêt cardio-circulatoire, et de réactions cérébrales est qualifié de "mort clinique" et  "l’Organisation mondiale de la santé " considère la mort comme « la disparition irréversible de l’activité cérébrale mise en évidence par la perte des réflexes du tronc cérébral », le tronc cérébral contenant les neurones qui par leurs pulsations régulièrement cadencés, comman-dent le fonctionnement de tout le cerveau et notamment des organes vitaux et de l’horloge biologique (voir mes articles à ce sujet).

        Je ne me lancerai pas dans le problème de l’âme, de la vie éternelle, voire de la résurrection des corps ou de la réincarnation. C’est une question de religion et donc de foi, qui par définition ne se démontre pas. Il y a sur internet des articles très intéressants sur les pensées et les usages, sur les rites aussi, des diverses grandes religions, voire même de certaines sectes.
        La seule remarque que je ferai est que la mort est associée au “mérite de l’au delà” et donc au respect de règles morales, qui varient grandement selon les époques et les endroits et sont édictées par les prêtres ou les personnes se prétendant telles, puisque cela peut aller jusqu’à promette le paradis aux kamikazes qui font des attentats contre les “ennemis de leur religion”.

        Quand j’étais jeune, c’était la guerre et tout jeune enfant, j’ai vu des fusillades entre résistants et allemands et des hommes mourir devant moi dans la rue. C’était choquant et pendant des semaines je ne suis plus repassé par cette rue, qui pourtant était le plus court chemin pour aller en classe. Mais c’était plus de la peur que la conscience de la mort.
        Puis adolescent, j’ai vu mourir mes grands parents et d’autres personnes que j’aimais beaucoup et là j’ai pris la mesure de l’absence, du vide que cause la mort, de la disparition de l’autre que l’on aimait et qui n’est plus là et qui vous manque énormément.
        Alors je me pose des questions quand je vois le journal télévisé qui chaque jour, fait 80% de son contenu avec les morts dans les guerres internes et attentats dans le monde, tous les assassinats et accidents en France et maintenant le coronavirus, et où les journalistes interrogent à n’en plus finir les proches, malgré leur peine, les voisins, les autorités et s’ils le pouvaient, les assassins, pour leur demander leurs impressions.
        Quelle en sera la conséquence, sans doute parfois la peur de la mort, surtout chez les jeunes qui sont sensibles, mais aussi une banalisation qui peut mener au suicide et au crime.

        Malgré tout, je crois que la mort n’est réellement pensée que lorsqu’il s’agit de la mort d’autrui. En ce qui concerne notre propre mort, et bien que se sachant mortel, on ne peut l’envisager en toute sérénité, on ne sait pas ce qu’elle sera, ni quand (heureusement d’ailleurs) et c’est un événement angoissant.
        Je crois que l’erreur à ne pas faire est de se dire “à quoi bon vivre si je dois mourir ?” Au contraire c’est la mort qui donne un sens à la vie, car, en nous obligeant à faire face aux hasards et à la brièveté des choses, elle nous oblige à agir et à donner un sens à notre existence. .
        Nous n’avons pas de temps à perdre, il faut réaliser le plus vite possible ce à quoi nous aspirons, les buts que nous nous assignons pour nous et pour ceux qui nous entourent.
        Je peux vous assurer que, même quand on est vieux et proche de cette mort, si on déborde d’activité, on n’a guère le temps de penser à elle.


        Mais pour les enfants et les ados, la conception de la mort est différente et ce sera le sujet de mon prochain article.

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    Dépression fait de société.

       La dépression touche aujourd'hui 10 à 15 pour cent de la population française.
         J’ai côtoyé des personnes en dépression dans mon travail, et surtout certain(e)s de mes correspondant(e)s de blogs, se sentaient mal, au bord de la dépression.
         C’est toujours délicat, car on ne sait pas bien comment s’y prendre, le raisonnement logique étant tout à fait perturbé et le pessimisme poussé à l’extrême.
         Ce qui m’étonne c’est que je n’ai pas souvenir d’avoir vu en dépression, quand j'étais très jeune, des adultes et surtout des jeunes parmi mes camarades, sauf  quand ils avaient subi une catastrophe, le deuil d’un être très cher notamment. Pourtant on sortait de la guerre et la période n’avait pas été très rose.

        Est ce donc notre époque actuelle qui veut cela?
        Mal conjoncturel, la dépression est interprétée par le sociologue Alain Ehrenberg comme le symptôme d'une société individualiste qui a fragilisé le lien social autrefois fondé sur la famille, la hiérarchie des classes et les conventions.        
        Condamné à improviser, à s'inventer et à faire à chaque instant la preuve de sa valeur personnelle, l'individu s'est de plus en plus centré sur lui-même (notamment sous la pression des discours visant à développer l'initiative personnelle, la consommation, la libre entreprise et le narcissisme des théories à la mode du « développement personnel »).
        Selon A. Ehrenberg, la dépression est la part réservée à tous ceux qui, ayant cherché leur accomplissement personnel, n'ont pas rencontré le succès attendu : isolés, déçus et épuisés par les efforts consentis, ils subissent la violence d'une société sans compassion à laquelle ils ont l’impression d’être inutiles. Ceux qui en sont atteints, souffrent d'une solitude auto-centrée et d'une perte de socialisation.

        Or, la dépression est une maladie, où le fragile équilibre des neuromédiateurs est perturbé. L’activation de certaines zones cérébrales apparaît modifiée lors d’examens IRM du cerveau.
        On sait que la sérotonine est l’un des neurotransmetteurs qui détermine le plus nos humeurs, notre moral.
        Comment expliquer que la concentration cérébrale de sérotonine d'un individu centré sur lui-même baisse et que ses ressources cognitives diminuent ?

        Les animaux ne sont pas à l’abri de telles manifestations :  une souris régulièrement agressée et repoussée par ses semblables se replie sur elle-même, évite tout contact même avec les animaux bienveillants et dépérit, privée de tissu social.
        Le neurobiologiste Olivier Berton et son équipe de neurosciences fondamentales de l'Université du Texas ont découvert qu’une molécule qu’ils ont appelée BDNF (Brain Derived Neurotrophic Factor), pourrait faire le lien entre le cerveau déprimé et l'environnement social:
        Cette substance est libérée dans le cerveau d'animaux qui subissent un rejet social, et si on supprime chimiquement l'action de cette molécule dans le cerveau de souris de laboratoire, on constate que les souris privées de cette molécule ne sont plus sujettes à la dépression lorsqu'elles ont été rejetées par leurs congénères .
        Chez une souris normale, un réseau de neurones  établit des ordres de préférence, que ce soit dans le domaine de la nourriture ou des relations sociales. Chez la souris rejetée par ses congénères, le BDNF est synthétisé en excès, et ce réseau devient incapable de faire ces choix liés aux relations sociales.

        Les généticiens et biochimistes auteurs de cette découverte soulignent son potentiel thérapeutique. Selon eux, en plus des antidépresseurs classiques, de nouvelles molécules enrayant l'action du BDNF éviteraient aux exclus sociaux de se replier sur eux- mêmes et d'accentuer leur isolement. Toutefois, cette étude souligne surtout l'impact déterminant des conditions de socialisation des animaux sur leur fonctionnement cognitif.
        Hélas, la dépression est probablement un produit de notre société moderne, qui devient de moins en moins humaine.

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