• Les enfants surdoués sont ils malheureux ?

         J'ai eu l'occasion, pendant le confinement et depuis le déconfinement, d'aider quelques jeunes à mieux comprendre les cours sur internet, pour lesquels on ne peut pas forcément avoir l'aide du professeur, surtout lorsqu'on a un débit internet faible.
          Et évidemment j'ai eu quelques mails d'élèves - ou de parents, - qui m'ont parlé d'enfants surdoués et de leurs difficultés.
          Alors je vais refaire un article à ce sujet.

          Très peu sous l’angle de la neurologie, car on ne sait pas bien la raison de la différence entre les cerveaux des surdoués et ceux des enfants moins précoces.
         Plusieurs hypothèses semblent possibles :  
      

            -   un nombre de mémoires tampon plus élevé de telle sorte que le cerveau peut retenir à court terme et travailler sur davantage de données.
            - une myélinisation plus rapide de telle sorte que la vitesse de transmission de l’influx nerveux atteint plus vite sa rapidité définitive.
            - paradoxalement une diminution plus rapide du nombre de connexions, mais qui aboutit en fait à une meilleure utilisation, avec moins d’énergie, de celles qui ont été conservées.
            - une meilleure prévision des conséquences de ses actes par le cerveau préfrontal qui est mature plus rapidement.
            - des phases de sommeil paradoxal plus importantes et un mouvement des yeux pendant ces phases deux fois plus rapide. Cela correspondrait à une capacité inconsciente à organiser, pendant ces phases de sommeil, les informations emmagasinées durant l'éveil.
            - peut être une utilisation plus imporatante de l’hémisphère droit et des modes visuo-spatiaux, mais par contre un moindre recours aux méthodes déductives.
         Ce qui est certain à la lumière de ces hypothèses, c’est que les enfants en cause ne sont pas des génies, mais des enfants précoces, qui sont plus proches de l’état adulte que leurs camarades et donc à âge égal, ont davantage de possibilités intellectuelles, mais la différence s’atténuera lorsqu’ils atteindront l’âge adulte.

        Je rappellerai qu’on appelle surdoué, sans doute de façon trop simpliste,  un enfant qui vers 9 à 10 ans obtient aux tests de QI classiques (les échelles de Wechsler Wisc de 6 à 17 ans), un score supérieur à 135/140 et souvent de l’ordre de 145/150 (en principe environ 2% de la population a un QI supérieur à 130)
        En plus de ces capacités intellectuelles de compréhension, on s’aperçoit que, très jeunes, ces enfants sont très éveillés, attentifs et émotifs. Certains ont un développement moteur avancé. Leurs repères spatiaux et temporels sont plus vite acquis.
        En grandissant, ils développent une grande sensibilité, s'imprégnant de tout ce qui se produit autour d'eux. Ils sont très vigilants, lucides, empathiques (perméables aux sentiments d'autrui), ils ressentent la joie et la tristesse avec davantage d'intensité. Ils analysent les conversations des adultes et conversant avec eux, peuvent comprendre des concepts difficiles et acquérir un vocabulaire étendu.
            Un enfant précoce ou surdoué lit beaucoup, sa mémoire, sa créativité ou son imagination sont souvent très développées, de même que la flexibilité de la pensée ou l'élaboration de la réflexion. Ces enfants sont généralement attirés par les adultes ou par les enfants plus âgés qu'eux. Enfin, ils posent souvent de nombreuses questions et ont une grande curiosité intellectuelle.
            Un enfant précoce ou surdoué a certainement certaines prédispositions génétiques ou du moins innées, mais le rôle des parents, de l’éducation et de l’instruction est fondamental.
            Si les parents et les grands parents s’occupent beaucoup de cet enfant, lui apprennent à parler relativement tôt, conversent avec lui, répondent à ses questions, ses facultés se développent tout jeune.
            Si à partir de 4 ans, on lui apprend à lire et à écrire puis à compter et à effectuer les quatre opérations, qu’on le fait dessiner et acquérir des repères spatiaux, il va lire beaucoup et acquérir du vocabulaire et des facultés logiques et de calcul, souhaiter développer ces notions par curiosité et donc se perfectionner en mathématiques très élémentaires et en vision spatiale.
            Rien d’étonnant qu’à 8 ou 10 ans, si on lui fait passer un test de QI, basé sur la logique, le calcul, la représentation spatiale et la connaissance de la langue, qu’il ait un score très élevé. Il n'est pas super-intelligent, il est simplement entraîné et a eu une " éducation précoce".
        C’est un enfant qui avait certes des facilités et de grandes prédispositions, mais qu’on a surtout formé avec temps, attention et amour, et qui a développé son esprit et son intelligence par l’exercice, et à qui en plus, cela plaît de le faire, et qui donc, a pris l'habitude de travailler, sans que cela lui en coûte.
            Mais c’est un enfant tout à fait normal et pas une bête de cirque, comme l’on voudrait nous le faire croire aujourd’hui (les médias et les psys, mais aussi quelques parents!).
        Pour beaucoup de jeunes surdoués que j’ai connus, ceux qui ne se sentait pas bien était souvent ceux à qui on avait trop dit qu’ils étaient surdoués et donc ils se voyaient comme anormaux, ce qui est totalement faux.

        Quand j’étais jeune, il y avait rarement problème.
        On faisait démarre l’enfant en CE2 ou même en CM1, ou sinon on lui faisait ensuite sauter une classe, une ou deux fois.
        De la sorte il trouvait suffisamment de difficulté à apprendre et ne s’ennuyait pas et il était au contact de camarades plus âgés mais de son niveau d’âge intellectuel.
        Les professeurs veillaient à ce qu’il ne décroche pas par ennui, lui donnaient parfois un complément d’exercices plus difficiles, ou, chose plus astucieuse et efficace, le chargeaient d’expliquer et de soutenir les élèves les moins doués de la classe, ce qui lui permettait de découvrir que ce n’est pas si facile que cela d’expliquer simplement (il faut avoir parfaitement compris) et c’était un exercice très formateur pour lui aussi.

        Aujourd’hui c’est assez catstrophique.
        Très souvent les parents ont mis dans la tête de l’enfant que c’est un génie et qu’il n’a pas besoin de travailler pour comprendre et réussir, ce qui est faux.
        Surtout on refuse de faire sauter des classes à cet enfant  car il faut ajourd’hui rentrer dans le moule de “l’égalité des chances”, ce qui est une déformation aberrante de ce principe.
        Il suffit alors d’un problème supplémentaire (parents très occupés, divorce, camarades désagréables, problèmes de santé ....), pour que l’enfant bascule dans des difficultés importantes, et cela d’autant plus que c’est un enfant très sensible, très empathique et très lucide, envisageant les risques et donc les possibilités d’échec, échec auquel les surdoués sont plus sensibles que les autres.
        Cette conscience de tous les instants peut paralyser les enfants surdoués. Leur esprit porté vers l'abstraction est également souvent fasciné par la mort, ce qui est une source d’inquiétude et de stress.
        Ils disposent en général de beaucoup plus d’informations, car leur esprit en recueille davantage sur tout sujet qu’il aborde, et cette masse d’information à traiter peut perturber par toutes les questions qu’elle pose.
       
            Certes, de nombreux enfants surdoués dominent cette angoisse et obtiennent des résultats brillants dans leurs études. Mais parfois aussi, l'enfant s'engage dans un dangereux repli sur soi et ne réussit plus en classe.
            La peur de mal faire est sans doute la source de certains résultats médiocres à l'école, par crainte de ne pas donner aux parents l’image que les parents ont inculqué à l’enfant de génie qui doit réussir..
        L’attitude de retrait résulte vraisemblablement de la peur d'être jugé par les autres enfants.
        Parmi les surdoués que j’ai connus depuis quelques années, la plupart de ceux qui avaient des problèmes, s’étaient exclus eux mêmes des groupes qui les entouraient, en s’estimant trop différents d’eux.
       
        Cela dit je connais plusieurs jeunes surdoué(e)s qui ont parfaitement réussi, certes avec plus ou moins de problèmes et cela en fonction de la façon dont les parents et les professeurs s’occupaient d’eux.
        Parmi ces jeunes plusieurs sont mécdecins, chercheurs ou ingénieurs, l’une est à Normale Sup sciences, l’autre à Normale Sup lettres, une troisième à Polytechnique, trois sont au milieu de leurs études de médecine, une en pharmacie et le dernier à l’ENA.
        Mais nous et toutes ont un point commun : ces jeunes ne reculent pas devant l’effort et le travail, bien qu arrivant à comprendre plus vite que les autres et de plus ont une grande curiosité intellectuelle. Ilss ont aussi une grande sensibilité, que souvent ils répugnent à montrer, mais qui les rend plus vulnérables aux problèmes personnels ou de leur environnement, qu'ils analysent avec lucidité et clairvoyance, ce qui heureusement les aide à les surmonter, à condition d'en avoir la volonté et le courage.

        Par ailleurs la simple référence au QI est trop simple, et  elle cache des enfants surdoués de natures très différentes et en fait il faut un bilan psychologique beaucoup plus fouillé pour séparer les diverses catégories et notamment ceux qui risquent le plus de rencontrer des problèmes.

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  •  J’ai trouvé sur "L'internaute", une liste de superstitions amusante, qui montre que les hommes ont parfois tendance à croire n’importe quoi.
    En intermède, je vous en cite quelques unes :


    http://lancien.cowblog.fr/images/Images3/62245renverserlesel.jpg     
     
         Au Danemark, renverser du sel porte bonheur, et en France c’est l’inverse. En France le vendredi 13 porte chance ou malchance, alors qu’en Italie c’est le vendredi 17, plutôt néfaste d’ailleurs



    http://lancien.cowblog.fr/images/Images3/57969200.jpg

         En Inde, il ne faut pas se couper les ongles le mardi et le vendredi, ni la nuit. La nuit si on n’a pas de lumière je comprend, mais pourquoi ces deux jours de la semaine ?





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        Aux USA, dans certaines villes , les fenêtres à guillotine sont parfois inclinées. Il parait que c’est pour empêcher les sorcières de rentrer dans la maison à cheval sur leur balais. Certains américains ont dû trop regarder Harry Potter.     
        
     

    En Russie, il ne faut pas se laver les cheveux avant un examen. Cela pourrait enlever de votre cerveau les connaissances que vous venez de réviser. Il faut croire qu’ils ont des lessives très puissantes !!
    Au Vietnam il faut manger des bananes pour réussir son examen. Moi j’aurais plutôt peur de glisser sur leur peau et de me casser une patte !

    http://lancien.cowblog.fr/images/Images3/90984812.jpg
     
     

    Au Portugal il ne faut pas marcher à reculons, c’est le chemin du diable. Je pense plutôt que si on recule sans regarder derrière on a de fortes chances de collision ou de se casser la figure sur un obstacle par terre, que l'on n'a pas vu..






    http://lancien.cowblog.fr/images/Images3/10203872rwandamangerdelaviandedechevrefaitpousserlabarbedesfemmes.jpg
     
     

         Au Rwanda, manger de la viande de chèvre fait pousser la barbe des femmes et les rendrait tétues. De quoi faire devenir chèvre leur mari !




    En Egypte ne faites pas fonctionner des ciseaux à vide : cela coupe les âmes et les esprits qui rodent. Cela m’arrive de le faire et je n’ai jamais vu une goutte de sang sur les lames.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Images3/10203876chinesurtoutpasde4.jpgEn Chine, le 4 est signe de malchance, car il ressemble dans cette langue au mot "mort". C'est aussi le cas au Japon, au Vietnam ou encore en Corée du Sud. Alors, dans la vie de tous les jours, on évite ce nombre et il n'apparaît pas dans les ascenseurs - que ce soit le 4, le 14 ou le 42 C’est bien car pour monter au 400 ème étage d’une tour par l’escalier, vous n’avez que 20 fois 320 marches à monter.

    En Serbie, renverser de l’eau derrière quelqu’un lui porte chance. L'eau représente le mouvement, la fluidité, signe que tout va bien se dérouler. Je vais faire cela tous les matins sous ma douche !

    http://lancien.cowblog.fr/images/Images3/Mventre.jpg



           Au Japon, il faut cacher son nombril quand vient l’orage. Non, ce n’est pas à cause de la foudre ! C’est parce que le dieu du tonnerre et des éclairs, mange le nombril des petits enfants.


     
     

     

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  •           La mort de Georges Floyd est un crime odieux et je comprend qu'il y ait eu de grandes manifestations pour demander que les policiers, auteur du meurtre, soient jugés. Cela d'autant plus que , même si le racisme a diminué aux USA, il est encore très présent , notamment parmi les électeurs de Trump, peu intelligents.
              Cela me paraît aussi normal qu'en France on exprime sa solidarité avec la famille de cette victime et la minorité noire américaine.
             Mais retrouve curieux que l'on refasse des manifs importantes en France, en mélangeant le racisme et les quelques bavures policières de l'an passé, à un moment où les commerces affaiblis par les manifestations successives de la SNCF, des gilets jaunes, dues à la réforme absurde des retraites, et par les trois mois d'arrêt à cause de la pandémie, sont au bord de la faillite.
             Cela me semble irresponsable, car il y a bien d'autres moyens de donner son avis dans un tel contexte, avec tous les moyens de communication dont nous disposons.

            Quand j'étais jeune, au lendemain de la guerre de 39-45, peu de gens en France étaient racistes. Les noirs, les musulmans, les italiens, les polonais, qui vivaient en France, étaient souvent devenus français et s'étaient intégrés dans la population, passaient inaperçus et étaient respectés.
            Par contre des caricatures de la presse passeraient aujourd'hui pour racistes, alors qu'elles ne choquaient alors personnes, pas même ceux qui étaient caricaturés.
           Je vous en montre un exemple, qui, à l'époque m'avait amusé :

    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/plantecarnivore2-copie-1.png

        Un explorateur dans de lointaines contrées, tombait aux mains d’une tribu d’anthropophages.
        Ils commençaient  par le ficeler comme un saucisson  puis le mettaient dans une grande marmite d’eau froide. Il avait demandé pourquoi on le ficelait : la réponse avait été : “pour que tu tiennes dans la marmite qui est trop petite"
        A l’extérieur il faisait  très chaud et ce bain frais était agréable; dommage qu’être ficelé empêchait de nager.


    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/explorateur.jpg     Un anthropophage aux sentiments humanitaires (eh oui cela existe ! ), dit “Vous allez voir, si on chauffe doucement, il ne s’apercevra de rien”
         Le feu est allumé sous la marmite, l'eau chauffe et elle est bientôt tiède.
        L’explorateur trouve cela plutôt agréable et continue à profiter de son bain en sifflant
        La température continue de monter. L'eau est maintenant chaude.
        C'est  un peu plus que n'apprécie l’explorateur, ça le fatigue un peu, mais  il ne s'affole pas pour autant..
        L'eau est cette fois vraiment chaude
        L’explorateur commence à trouver cela désagréable, mais il s'est affaibli,  alors il supporte et ne fait  rien.
    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/marmite.jpg

           Il reste perplexe quand on lui demande de bien remuer les pieds pour que les pommes de terre et les carottes n’attachent pas au fond de la marmite.
           La température continue à monter jusqu'au moment où l’explorateur va tout  simplement finir par cuire et mourir.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/indigenesbis.jpg

       Si le même explorateur avait été plongé directement dans l'eau à 50°, il aurait compris qu’il fallait réagir pour sa survie et aurait sans doute donné le coup de pied adéquat qui l'aurait peut être éjecté de la marmite et lui aurait permis de discuter du menu du repas..

     

     

               Mais, après tout, était-ce du racisme ? Toutes les photos que j'ai trouvées représentent les cannibales en noir et les pots-au feu en blanc, et ce sont donc les blancs les victimes, mais évidemment cela ne prouve pas qu'il n'y avait pas de cannibales blancs et d'explorateur noir !
             Peut être n'est ce que de l'humour noir !.

             Les sociétés évoluent. Qu'en est il aujourd'hui?
             Ceci est bien connu des psychologues et des hommes politiques : lorsqu'un changement s'effectue d'une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du  temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte .
            Si nous regardons ce qui se passe dans notre société depuis quelques années, nous subissons une lente dérive à laquelle nous nous habituons.
    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/marianne-copie-1.jpg
        De nombreuses choses qui nous auraient horrifiés il y a 20, 30 ou 40 ans, ont été peu à peu banalisées et nous dérangent faiblement à ce jour,  ou laissent carrément indifférents la plupart des gens.

        Au nom du progrès et de la science, ou simplement en bourrant le crâne des gens d'idées fausses, les pires atteintes aux libertés individuelles, à la dignité , à l'intégrité de la nature, à la beauté et au bonheur de vivre, s'effectuent lentement et inexorablement avec la complicité constante des gouvernants et des victimes, ignorantes ou démunies.

               Le racisme est davantage stigmatisé qu'autrefois, mais au niveau des apparences, et en fait il a beaucoup augmenté. Beaucoup de gens croient à nouveau que les juifs sont tous riches et des exploiteurs financiers, que tous les musulmans sont terroristes ou veulent installer la charria en France, et que les noirs sont tous des gens peu instruits, enfin que ce sont tous des "étrangers" et des délinquants.
              Ces généralisations sont absurdes, mais d'un autre coté les personnes mises en cause ne s'intègrent plus comme autrefois dans la population française et forment des "communautés", et donc se font davantage remarquer et dérangent.
              C'est d'ailleurs tout aussi absurde de dire que tous les policiers sont racistes.

                                                                                                                  Une pub des années 50 pour une  
                                                                                                                  marque d'extincteurs

    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/DownloadedFile-copie-2.jpg          Alors si nous ne sommes pas déjà à moitié cuits,  il faudrait peut être le coup de patte salutaire avant qu'il ne soit trop tard, pour nous sortir de la marmite.
              Peut être faudrait il réfléchir un peu avant de généraliser ainsi.?
              Peut être faudrait il se demander si organiser à lal fois une 
    manifestation contre le racisme et contre la police, est vraiment logique.
             Peut être faudrait il se demander si des manifestations certes importantes, sont une chose intelligente quand une partie des manifestants sont des anarchistes qui sont contre toute autorité étatique et contre la démocratie, venus en découdre avec la police, ou bien des casseurs et des voleurs qui ne pensent qu'à piller les magasins.

               A l'époque du numérique, ou il est facile de manifester sur les réseaux sociaux ou grâce à tous les moyens de communication, et par l'intermédiaire des journalistes, toujours à l'affût de sensationnel, on se demande vraiment si les manifestations dans la rue, qui engendrent des dégâts et des incidents, relèvent du raisonnable.

                                                                                           

            

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  • La religion engendre t'elle la violence.

       J'ai entendu , il y a quelques jours à la télévision, un homme politique qui voulait prouver que les religions, (surtout celles des étrangers), engendraient systématiquement la violence.
       Ses propos m'ont parus très réducteurs, car  évidemment les exemples où religion et violence sont mêlés ne manquent pas dans l'histoire du monde, et notamment en France, mais ce n'est pas une raison suffisante pour conclure que l'une engendre automatiquement l'autre
       Alors malgré ma réticence à parler de religion, car je respecte toute croyance dans ce domaine, bien que je ne sois pas croyant, et je ne voudrais pas choquer par mes propos, je pense que ce sujet vaut quand même la peine d’être soumis à la discussion.

       Dans la Bible, la violence est exercée au nom de Dieu. Il suffit d’ouvrir le livre de Josué pour voir mis en oeuvre, au nom de Dieu, ce qui est un génocide. N’échappent à la mort que ceux qui savent ruser ou qui sont assez forts pour résister à la conquête.
        Ayant comme vous appris l’histoire de France en classe, j’ai effectivement constaté que la religion pouvait engendrer la violence : persécution des premiers chrétiens, croisades contre les infidèles, guerre et tueries entre catholiques et protestants, mise à l’index de savants qui avaient des idées trop révolutionnaires par rapport à l’Eglise (Galilée, Darwin...).
        L’histoire des pays étrangers n’est pas plus sereine : Inquisition en Espagne, persécution des juifs en Allemagne...
        L’actualité est presque pire : extrémistes arabes, conflit israélo-palestinien, génocides en Afrique, oppositions chiites-sunnites au Moyen orient....
        C’est vrai que la religion semble susciter bien des catastrophes.
        On peut tout de même se demander si elle ne sert pas de prétexte. Dans la plupart des cas, il s’agit de luttes pour le pouvoir ou pour l’appropriation de richesses. Souvent une partie de la population, une ethnie, les pratiquants d’une variante de la religion, sont opprimés par ceux qui détiennent le pouvoir.
        La religion est alors soit un prétexte pour avoir bonne conscience et ne pas encourir les reproches pour des motivations beaucoup moins nobles, soit un moyen de fanatiser des combattants.

        Cependant j’ai lu quelques études où la question était posée de savoir si de vrais croyants religieux pouvaient devenir suffisamment fanatiques pour en arriver à l’utilisation de la violence. Je vais essayer de résumer ce que je crois avoir compris.

            Religion et autoritarisme :

        La prétention de toute religion à être la seule à détenir la vérité,  l'idée d'une supériorité par rapport aux autres religions sont des éléments qui peuvent entraîner la présence, au sein des religions, d'une violence au moins symbolique, par exemple un discours dévalorisant envers les « infidèles », qui peut le cas échéant se traduire en actes (discrimination, exclusion), voire en violence physique (vandalisme, assassinats).
        Plusieurs études ont montré que la tendance à être fondamentaliste dans sa foi s'accompagne souvent d'attitudes discriminatoires telles que le racisme, la xénophobie, l'homophobie, le sexisme et l'hostilité symbolique envers des personnes ne partageant pas les mêmes valeurs  ou qui diffèrent dans leurs convictions religieuses, qu'il s'agisse d'adeptes d'une autre religion ou de non-croyants.
        Dans plusieurs de ces études, les chercheurs ont tenté de comprendre si l'effet observé était dû à la tendance fondamentaliste des participants, ou à leur structure de personnalité dite « de type autoritariste ».
        Ces études ont montré que si l'on isole altemativement I'effet de l'autoritarisme et l'effet du fondamentalisme sur les préjugés et la discrimination, c'est Ia structure autoritaire qui se révèle être Ia cause des attitudes discriminatoires et non le fondamentalisme. Certains résultats laissent même penser que la religiosité des fondamentalistes serait même un
    frein aux conséquences de leur autoritarisme.
        Il ne faut pas conclure trop vite que la religion en soi n'y est pour rien et que Ia vraie cause de la violence se situe au niveau de la personnalité et du profil autoritariste. Des personnes avec une structure autoritaire semblent trouver leur compte au sein d'une religion, trouvant là des idées, des croyances, des rites, des règles morales et une dyramique communautaire qui semblent correspondre à leurs besoins et leurs attentes.
        La personne autoritaire n’est d’ailleurs pas forcément agressive : I'agression autoritaire ne se dirige vers des cibles externes lorsque celles-ci sont signalées comme dangereuses par les autorités reconnues du sujet autoritariste. 0n peut ainsi comprendre comment des croyants (quelle que soit leur religion) se trouvent un jour mêlés à des actes de violence, y compris physique, dès lors que des autorités (leader, prêtre, textes, théologies) leur assure une légitimité morale, alors que la plupart des religions ont aussi, en général, un message d’amour envers les autres hommes et une interdiction de la violence..

            Religion et altruisme

        A l’inverse, de nombreuses recherches montrent que l’idée selon laquelle Ia religion favoriserait l’altruisme et la préoccupation du sort des autres est relativement vraie : les croyants tendent à se percevoir comme étant altruistes, prêts à aider, chaleureux et peu distants, et à donner une grande importance à la bienveillance, et leur entourage valide ce jugement.
        On constate d’ailleurs que ce n’est pas une simple apparence mais qu’ils mettent en pratique des comportements prosociaux
        Certains pour expliquer si la religion est facteur d'amour ou de haine, de paix ou de guerre distinguent croyants fondamentalistes et croyants ouverts : les uns seraient des durs dangereux, les autres des modérés, flexibles et amoureux de la paix sociale.
        Les études ne confirment pas cette thèse et les psychologues se sont plutôt orientés vers la recherche de ce qui, au sein même de la religion, représente une logique commune aux deux réalités, prosocialité et violence.
        L'impact positif de la religion sur la qualité prosociale des personnes est plus grand lorsque les bénéficiaires de Ieur aide sont des proches ou des semblables ; il devient quasi inexistant lorsqu'il s'agit d'inconnus ; et iI se transforme en discrimination et en violence dès qu'il s'agit d'interagir avec une personne perçue comme menaçant ses valeurs et ses convictions.

        Finalement les psychologues pensent que la religion (quelle qu’elle soit), est au sein de ses membres un facteur important de coopération, d’aide, d’altruisme et donc de cohésion . Mais cet aspect qu’ils dénomment “coalitionnel” devient alors, aux frontières avec d’autres “entités de coalition (autres religions, civilisations, ethnies...et athéisme) un facteur de séparation, d’exclusion, voire de violence et de persécution.
        C’est en définitive l’intransigeance des croyances et des valeurs, associée à la forte cohésion au sein des fidèles du fait de leur altruisme, qui pourrait être à l’origine de la violence.
     
     

     

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  • Le bien et le mal : notion culturelle ou personnelle ?

         Evidemment dès hier soir, j'avais, suite à mon article sur , plusieurs mail qui me demandaient comment concilier son attitude avec les notions de bien et de mal.
        C'est une question qu'on est forcément amené à se poser quand on est confronté à ce que nos parents nous enseignent sur la morale, ce qu'une religion veut nous imposer ou pire, ce que décrète Trump qui décide ce qu'est le bien et le mal et qui veut aligner le comportement de chaque américain sur ses conceptions.

       Chacun de nous a un certain bagage génétique, qui résulte, depuis la préhistoire de la sélection naturelle chère à Darwin.
        Cet atavisme est responsable notamment des réactions de sauvegarde de l’individu face à certains dangers, impulsives et avec un très faible contrôle rationnel.
        Il oriente aussi (associé aux aspects biologiques et notamment hormonaux) certaines grandes aspirations, tels que l’instinct maternel et de stabilité du foyer chez la femme et l’esprit de chasse et d’aventure chez l’homme, mais aussi de protection du foyer et de subvenir aux besoins de la famille.
        Mais au plan moral et associé au développement des civilisations et des cultures, ce patrimoine va apporter un “inconscient collectif” et ce que CG Jung nomme des “archétypes”, formés “d’à priori”  : préjugés, tabous, idées préconçues, us et coutumes,  règles implicites.  
       Cela est destiné à protéger l’espèce et sa civilisation; (par exemple dans notre civilisation, la   tendance naturelle à ne pas avoir de relations sexuelles au sein d’une même famille, ou à ce que la majorité des couples soient de sexes différents...).

    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/4244.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/jiminy2.gif

         Il y a ensuite toutes les règles éducatives que nous recevons enfants, d’abord de notre famille, avec des règles morales, éventuellement issues de convictions religieuses, mais aussi avec des “à priori” issus de notre civilisation et de notre appartenance à une certaine communauté (nationale, ethnique, régionale, catégorielle, religieuse ....), qui ensuite sont complétées par des instances hors famille (profes-seurs, amis, et plus généralement toute personne ayant une influence sur nous).
        Ceci constitue un bagage moral qui nous est imposé et que nous acceptons enfants, (plus ou moins “bien” élevés !), et que nous contestons à l’adolescence.
        Par la suite notre cortex intervient et nous remettons partiellement en cause ces règles. Nous en acceptons alors certaines en connaissance de cause, nous en rejetons d’autres et nous transformons certaines d’entre elles.
        Nous constituons ainsi notre propre morale personnelle  (qui d’ailleurs pourra évoluer dans le temps à la suite d’événements ou de rencontres), ce que les psychologues, à la suite de Freud, appellent le “surmoi” et qui est l’ensemble des règles que nous acceptons et auxquelles nous adhérons : nos “valeurs”..
        Pour moi, il n’y a donc pas (comme pour M. Trump, beaucoup de religions et presque toutes les sectes), un “Bien” et un “Mal” universels, les mêmes qui devraient s’imposer à tous (et qui évidemment sont ceux de M.Trump ou du gourou, et qui doivent être imposés aux autres; c’est d’ailleurs l’attitude de tous les intégristes, quelle que soit leur philosophie ou leur religion).
        Chaque personne a droit a son “surmoi”, à sa notion personnelle du bien et du mal, car c’est sa liberté de pensée, (y compris religieuse bien entendu), mais en conséquence de cet aspect individuel, il peut évidemment en parler, mais n’a pas à en faire de prosélytisme, car il doit respecter la liberté des autres.
       
        Mais cette morale personnelle ne doit pas porter atteinte à la collectivité et à son voisin. C’est l’autre aspect collectif, tout à fait distinct du premier. Vous ne devez pas croire que tout vous est permis même si vous estimez que c'est "bien".
       
        A défaut de cette restriction, que se passe t’il : chacun fait ce qu’il trouve juste et finalement ce qui lui plaît, ce qu’on croit bien (ou tout simplement avantageux pour soi), et si on n’est pas content, si on est offensé ou attaqué, on fait justice soi même.
        C’est ce qui existait il y a 5000 ans mais malheureusement ce qui existe encore aujourd’hui, même chez nous.
        C’est ce qui a été à l’origine des croisades catholiques, de l'Inquisition, des guerres de religion, des massacres ethniques récents en Afrique, ce qui fait condamner par les intégristes musulmans tous ceux qui n’ont pas leur foi, mais aussi de façon beaucoup plus subjective ce qui provoque les bagarres (entraînant parfois la mort), entre jeunes parce que l’un a osé regarder l’autre d’une façon qui ne lui plaît pas, courtiser une fille de la bande rivale ou empiéter sur son territoire.
        C’est aussi le domaine de la cruauté et de la vengeance, la vendetta des Corses, c’est l’attitude “oeil pour oeil et dent pour dent” (mais qui n’est pas la” loi du talion”)
        Cela résout les problèmes quand il y a un faible, qui devient l’opprimé du plus fort, (voir le Moyen Orient actuel), mais, quand ce n’est pas le cas, on aboutit à la violence entretenue, comme celle entre Israël et la Palestine, qui ne cessera pas tant que les Palestiniens continueront à envoyer des obus sur Israel et les Israéliens à créer des colonies en Palestine.
    Le bien et le mal : notion culturelle ou personnelle ?
        Le seul moyen d’enrayer cette violence et cette vengeance individuelle et les cruautés qui en résultent, c’est l’application de règles : la loi et la justice qu’elles soient nationales ou internationales.
        C’est ce que je développerai dans le prochain article, une certaine “histoire du droit et de la justice” dans l’antiquité.

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