• Le schéma ci-dessous est tiré du magazine "Cerveaux et psycho".

    Les méfaits des écrans sur nos cerveaux

              J'ai utilisé autrefois pour mon métier, les services de très gros ordinateurs, je me sers d'un microordinateur depuis 1979 (un des premiers Apple2), j'ai un iMac avec un grand écran qui renferme tous mes dossiers, me sert tous les jours, et obéit au doigt et à l'œil à ce que je lui demande, une tablette qui me sert surtout à consulter internet et prendre quelques photos, mais que je n'aime pas car elle ne me laisse pas assez de liberté, et ne fait pas exactement ce que je veux, et un smartphone que je déteste, et dont je ne me sers que lorsque je ne suis pas chez moi et donc sans téléphone fixe ou sans ma tablette.
    Par ailleurs je regarde la télévision environ deux heures tous les soirs.

               Et j'avais fait installer dans mon entreprise un "intranet" dès 1986.
               Je suis donc un habitué des écrans, mais sans doute pas un accro.

               Il y a 20 ans les médias annonçaient la grande révolution du numérique : nous allions devenir des génies ayant des connaissances dans toutes les disciplines grâce à Google, nos enfants allaient être bientôt des surhommes multitâches, aux cerveaux plus performants et plus rapides, traitant des bigs data. J'avoue que j'étais très sceptique, certes conscient de ce que mon ordinateur m'apportait, mais sans que je me sente beaucoup valorisé et transformé pour autant.
               Mon mac me permettait surtout de gagner du temps et de l'espace. Il me déchargeait de tâches fastidieuses et répétitives, me permettait de classer documents et photos, de composer lettres, documents et présentations, de faire rapidement des calculs complexes et Google me permettait de lire des articles provenant de tous les coins du monde, en quelques clics, que j'aurais eu du mal à aller chercher dans les bibliothèques de Paris.
              Mes armoires contiennent encore beaucoup de livres, et des revues, mais presque plus de papiers (juste quelques archives à conserver par sécurité, malgré une sauvegarde informatique).

            Depuis c'est la déconfiture. Les enfants ont des problèmes de langage et de lecture, beaucoup doivent consulter l'orthophoniste, les professeurs nous décrivent des enfants agités, qui ne peuvent se concentrer, ni se passer de leur smartphone, les psychologues nous les décrivent comme submergés par leurs émotions, manquant de sommeil et de mémoire. Les rapports de l'Education Nationale évoquent une baisse de 40 % des performances de lecture et de calcul et une désaffection pour les études.

            Nous ne devrions pas être étonné de cela, car de nombreuses études existent sur les conséquences de cette addiction au numérique, et d'autre part, nos connaissances sur le fonctionnement du cerveau permettent d'en prévoir certaines.
             Le cerveau de l'enfant est prédisposé aux relations humaines; le nourrisson est plus attiré par la voix et le visage de sa mère que par tout autre stimuli. Même les introvertis ont besoin de relations humaines, et les enfants vivant dans la forêt au milieu des loups, ont survécu, mais sont devenus presque fous, du fait du manque d'interactions humaines.
             Les diverses études donnent des statistiques sur l'envahissement du numérique sur les enfants de divers âges et sur les parents, ce qui nuit à leurs rapports pourtant indispensables et entraine un isolement et un report sur les écrans. Les échanges verbaux deviennent minimes et le jeune enfant ne sait plus manier le langage. Plus l'enfant passe du temps devant les écrans, plus il a de chances d'être obligé de consulter un orthophoniste.!
              L'interaction humaine est tout aussi nécessaire pour l'adolescent, mais les SMS et les réseaux sociaux ont remplacé les conversations face à face, et si l'interaction existe, elle est limitée à de courtes phrases et à des photos, complètement dématérialisée. Le jeune n'apprend plus ce que les psychologues appellent "la théorie de l'esprit" : comprendre et anticiper la pensée d'autrui.
               Le langage dans ces échanges est très succinct : la grammaire, l'orthographe et le vocabulaire ne résistent pas à ces habitudes. Beaucoup de bacheliers ne savent plus écrire en français et sans fautes d'orthographe.
               Au plan de l'apprentissage et de la mémorisation, on apprend mieux avec une personne qu'avec un tutoriel ou une vidéo. Ceux-ci ne font appel qu'à la vue. Ecouter le professeur fait appel à l'ouïe et la correspondance gestes-paroles se retient mieux. Faire des fiches écrites oblige à se servir de son cortex préfrontal pour résumer l'essentiel et la mémoire manuelle intervient dans l'écriture.
        
                Sans doute est il difficile aux jeunes de se passer de Facebook, Youtube ou Instagram, de recevoir des SMS la nuit ou de regarder des vidéo en replay sur leur ordinateur, mais par contre, on ne peut se passer de sommeil sans dommage à court et moyen termes. De plus la lumière bleutée des écrans retarde la production de mélatonine et favorise donc la veille avant le sommeil..
               Du sommeil dépendent la mémorisation, la capacité d'attention et de concentration de la journée suivante, le contrôle de nos émotions, la maturation de notre cortex préfrontal, et même en partie notre équilibre physiologique et immunitaire.
              Mais les transformations sur notre cerveau peuvent même être maléfiques à long terme. Notre cerveau est câblé pour être monotâche. Les données que nous stockons sont conservées dans deux mémoires tampons, l'une pour les images, l'autre lexicale;
             Dès que nous lui faisons faire deux tâches à la fois, il partage son énergie et ses ressources et le rendement diminue. A trois tâches et plus, il s'effondre. En fait il s'occupe (comme un ordinateur) d'une tâche après l'autre puis revient à la première et à chaque fois les mémoires tampons sont vidées et rechargées des informations adéquates. Le rendement est mauvais, la dépense d'énergie et la fatigue grandes.
             Or l'utilisation des écrans et notamment d'internet fait zapper l'utilisateur d'une information à l'autre. Notre cerveau s'habitue à ne plus faire attention longtemps et ne peut plus se concentrer.
             Sans parler des changements dans la commande des doigts et de la transmission au cerveau tels que les présente le schéma ci-dessous.

    Les méfaits des écrans sur nos cerveaux

     

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  •  http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/mediumourspyrenees2.jpg

            Pour nous reposer un peu entre des articles plus sérieux, un intermède en photo, sur les bébés animaux et leurs parents.

              D'abord les parents Pingouins, un peu guindés, et leur progéniture, une  ado "manchotte", qui a l'air un peu bébête :

    http://lancien.cowblog.fr/images/oiseaux/pingouins.jpg

               Dans la savane, Maman Sarigue et son enfant, observant l'horizon, comme soeur Anne. Que voient ils venir?

    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/Sarigues.jpg











     

     

     

     

     


              Pour vous faire peur, cette grosse gorille et son bébé tout petit et un peu chauve encore.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/Singe.jpg

              Et attendrissants, Papa koala portant son petit sur ses épaules (J'ai fait cela autrefois avec mes enfants !)

    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/koala.jpg

             

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Fraska une maman ours et ses deux oursons dans les Pyrénées.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/ours2bis.jpg

    Maman Gnou (ou Elan ?) et son enfant.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/gnous-copie-1.jpg














    Maman Zèbre et son petit rejeton qui se cache :

    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/zebre.jpg

    Tout la famille éléphant, les parents et trois ados, bien couverts de poussière et de boue séchée :

    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/elephant.jpg







     

     

     

    Papa Hippopotame et son fils, à fleur d'eau :

    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/hippopotame.jpg

    Et enfin Maman Crocodile qui je l'espère n'avalera pas son petit bébé !

    http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/crocodile.jpg



















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  • Utilisez donc la force de vos mollets !

             Je me suis toujours intéressé à ce que l’on voit dans l’eau de mer, algues, poissons, crustacés coquillages....et bateaux.
               Il y a 50 ans, en Bretagne, q
    uand il y avaitmoins de monde à la plage, et que le goémon permettait aux animaux marins d'y survivre, il m'arrivaitde prendre un masque et un tuba et d'aller contempler les coquillages, les poissons et les crustacés.   

               A l'époque, on pouvait voir des petites lagoustes ou de petits homards, à coté des nombreuses crevettes, de toutes sortes de poissons et dans les trous des rochers des congres, qui parfois coupaient le doigt d'un pécheur imprudent.
               Maintenant il n'y a plus de goémon et on ne voit plus que les jambes des baigneurs, ou les ailerons des planches à voile et il vaut mieux ne pas se promener à fleur d'eau dans le chenal des planches et des bateaux si on veut conserver sa tête sur ses épaules.

               Personnellement j'aime les bateaux à voiles, dériveurs, quillards, ou les planches; moins les multicoques, cela ne gîte pas, ou du moins pas de la même façon; sur un quillard, on sent son bateau dans les mollets et les fesses, grâce aux variations d'inclinaison.
               Mais beauco d'estivants adorent les pédalos. Si vous êtes un fan de ces engins, avec le "sous-marin à propulsion musculaire""Scubster", vous pourrez goûter à l'ivresse des profondeurs! 
               Ce "yellow-submarine" eut atteindre quatre à huit fois la vitesse d'un plongeur, selon la force de vos mollets. 
    Utilisez donc la force de vos mollets !           Il a été inventé en 2010, avec 
    l'aide d'élèves ingénieurs, par un ingénieur niçois, Stéphane Rousson, qui a déjà un ballon dirigeable à pédales à son actif. 

               Mais ce n'est de loin pas le premier si l'on se réfère à la création de Cornelis Drebbel datant de 1624 qui a réussi à embarquer 12 rameurs au fond de la Tamise.
        L'histoire est truffée d'expériences similaires, notamment françaises, du "XVII" de Jean Barrié lancé à Saint-Malo en 1641 pour la chasse aux épaves au "Gymnote" des français Henri Dupuy de Lôme et Gustave Zédé, en 1887. Long de 17 m, ce dernier était propulsé par un moteur électrique de 50 ch et voguait à 8 nœuds en surface et 4 nœuds en plongée sur un rayon d'action de 120 km (dont le tiers en plongée). Il était manœuvré par un équipage de cinq hommes et armé de deux torpilles.

               L’opération Scubster est une étude à but tout à fait pacifique, et voilà comment elle définissait son poulain :
    Nom : Scubster
    Type : Sous-marin de poche à propulsion musculaire
    Longueur : 3,5 mètres
    Propulseur : 2 hélices 
    Couleur : Jaune
    Objectif : concevoir, réaliser le premier sous-marin Français à propulsion musculaire pour participer au grand challenge «International Submarine Race» qui se déroule tout les 2 ans en Floride.
    Objectif technologique :
    Vitesse supérieure à 10 Km/h.
    Maniabilité optimisée : avant-arrière,droite-gauche, montée-descente, prises d’incidences, navigation de surface.

    Intérêt du sous-marin à pédales :
    Vitesse de déplacement supérieure au plongeur palmé
    Emport de Bouteilles supplémentaire qui donne plus d’ autonomie sous-marine.
    Navigation de surface pour rejoindre un lieu d’exploration.
    La combinaison de ces trois éléments font du Scubster un outil d‘exploration à disposition des plongeurs et scientifiques du monde Océanographique.


               Mais il vous faudra aussi un équipement de plongée car le Scubster est ce qu'on appelle un sous-marin humide : le cockpit se remplit lorsque l'engin se trouve sous la surface de l'eau et donc il faut masque et respirateur.!

               C’est à proximité d'une plage de Saint-Jean-Cap-Ferrat que le sous-marin jaune a effectué son baptême de l’eau en 2011. 
               Depuis, en 2015, une version électrique à batterie a été développée  pour les “mous du mollet”, mais il faudra avoir le porte monnaie bien rempli : prix prévu 40 000 € !
               L'engin a pris le nom de Scubster Nemo"

               On a encore parlé de cet appareil en 2017 et depuis, c'est le silence radio. Le prix a dû décourager les acheteurs éventuels. 

              Heureusement mon masque de plongée et mon tuba me coûtent moins cher pour aller titiller poissons et coquillages en Bretagne. 

              A quand le fusée à pédales pour aller dans la lune ? lol

        
       

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  •       Puisque je suis dans l'artistique, un petit article sur un peintre et sur un remarquable chirurgien et professeur d'anatomie.

    Connaissez vous Fragonard ?
     
         Tout le monde connaît Jean-Honoré Fragonard, un grand peintre du 18ème siècle et en particulier sa “liseuse” qui a été reproduite maintes fois.


         Né à Grasse le 5 juin 1732, il a été l’élève de François Boucher, a remporté le premier prix de Rome en 1752, puis revint à Paris dix ans plus tard et devint célèbre par ses tableaux “osés” pour l’époque, mais qui de nos jours ne feraient même pas rougir un gamin de 12 ans.
        Il fut conservateur du Louvre et il est mort en août 1806 à Paris.


        Mais si vous allez visiter à Maison Alfort le “musée Fragonard”  un des plus vieux musée de France, fondé en 1766, vous serez étonné de n’y voir aucun tableau, mais au sein de l’Ecole vétérinaire, une importante collection de pièces anatomiques et d'animaux monstrueux, allant du mouton à cinq pattes au veau à deux têtes., une collection de concrétions diverses et calculs de même que les objets hétéroclites retrouvés dans les estomacs de vaches et une très intéressante collection de parasites, digne d’un dictionnaire illustré de zoologie.
     
    Connaissez vous Fragonard ?
           Et dans une pièce du musée, vous trouverez les “Ecorchés d’Honoré Fragonard” préparés entre 1766 et 1772., qui allient la rigueur scientifique à une certaine mise en scène que l’on pourrait attribuer à un peintre.    
         Mais il ne s’agit pas du peintre connu, mais de son cousin, né aussi à Grasse en juin 1732, prénommé aussi Honoré, mais mort en 1799 et qui fut un chirurgien et anatomiste de renom.
         Ci dessus : "Le cavalier", un de ses écorchés. 

     
    Connaissez vous Fragonard ?
         Lorsque,en 1766, Louis XV décide d'ouvrir une école vétérinaire à Paris, l'école est d'abord implantée rue Saint-Apolline avant d'être déménagée à Maisons-Alfort. 
         Honoré Fragonard en est le directeur et professeur d’anatomie et, durant 6 ans, y prépare des milliers de pièces, dont une bonne cinquantaine d'écorchés et commence à fournir les cabinets de curiosités de toute l'aristocratie.
        Ci-contre "L'Homme à la Mandibule".

        En effet, Fragonard, en plus de disséquer minutieusement ses sujets, maîtrise une technique de conservation qui reste encore un mystère de nos jours et a permis à ses pièces de parvenir jusqu'à nous en résistant aux dommages du temps et des bactéries et insectes. De plus, Il donne des poses artistiques, théâtrales à certaines de ses pièces, qui relèvent alors plutôt d'une recherche d'effet dramatiques que de la simple recherche scientifique .

    Connaissez vous Jean-Honoré Fragonard ? et Honoré Fragonard

         Ce buste humain cherche à montrer les artères et les veines, qui ont été injectées avec un mélange de graisse de mouton, d'essence de térébenthine et de résine de pin. Une fois les vaisseaux dilatés et les muscles disséqués, Fragonard a repeint les artères et les veines pour les rendre apparentes et les faire ressortir aux yeux des spectateurs peu familiarisés avec l'anatomie.
         

     
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  • Les jeunes et la mort.

         De mes relations avec mes jeunes correspondant(e)s, j’ai acquis l’impression que nos idées et notre confrontation à la mort sont très différentes.
        Paradoxalement, moi qui en suis plus proche, je la voit d’un oeil plus serein.

        Les articles de psychiatres que j’ai pu lire sur la vision de la mort d’un enfant, semblent également montrer que, même s’il est inévitablement influencé par les conditions de vie et les façons de penser de sa famille mais aussi de la société dans laquelle il vit, sa façon de voir la mort n’est pas celle d’un adulte.
        Tous les enfants et les adolescents se confrontent à la mort, à sa réalité autant qu’aux questions qu’elle pose. Elle est pour eux un élément de la réalité, en particulier par l’absence qu’elle provoque, mais aussi une question, en raison de l’inconnu qu’elle représente.
        Mais aujourd’hui, pour de nombreux enfants, la mort n’est plus en relation seulement avec la vieillesse, l’accident ou la maladie, car même s’ils ne sont pas confrontés directement ou par le récits de parents, à des famines, des catastrophes naturelles, des guerres civiles ou des génocides, les médias montent tellement de scènes de ce type, notamment à la télévision, qu’ils ne peuvent plus ignorer les horreurs morbides correspondantes.
        Les risques sanitaires font aussi la une des médias et, actuellement des jeunes voire des enfants, ne peuvent ignorer le risque de mourir de maladie..
        Par contre les rites funéraires et le culte des morts ont considérablement diminué, notamment en raison de la dispersion des familles.
        Certains adolescents sont attirés par des éléments culturels dans lesquels la fascination de la mort est présente, (gothique et satanique, par exemple, jeux violents...), par des manifestations de violence, des sports extrêmes, des conduites à risques, l’usage de drogues etc...
        Mais, dans son approche de la mort, l’enfant est aussi influencé par les événements de sa vie et par son environnement culturel et religieux, mais aussi par l’attitude de ses parents et les décès qui interviennent dans sa famille, voire même par la mort d’un animal familier.

        Les psychiatres et psychologues décrivent diverses conceptions de la mort chez l’enfant. Certains considèrent que l’enfant passe par de grandes étapes de développement, dont le rythme peut varier d’un enfant à l’autre mais qu’il est supposé suivre dans un ordre identique.
        Jusqu’à deux ans, l’enfant ne peut avoir de conception abstraite, qui ne viendra vraiment qu’avec le langage.
        Jusqu’à sept ans environ, l’enfant pense aux choses pour les réaliser, aux désirs pour obtenir, mais il a acquis la notion d’absence, de séparation de ses parents partis travailler, mais le caractère irréversible de la mort lui échappe et elle lui apparaît comme un sommeil, un voyage, une absence provisoire.
        Il n'en reconnaît ce caractère universel et irréversible que vers neuf ou dix ans et encore j’ai vu des jeunes de cet âge, très férus de jeux sur ordinateur, s’étonner que des personnes réellement mortes n’aient pas “plusieurs vies”, comme dans leurs jeux.
        Ce n’est que vers une douzaine d’années qu’il commence à avoir plus conscience, avec angoisse, de la réalité de la mort et de sa complexité ainsi que de sa propre mortalité.

        Pour d’autres psychologues, de telles étapes de développement existent bien mais elles ne sont pas homogènes et chacun des différents thèmes partiels qui constituent la conception de la mort évolue à son propre rythme.
        Cette conception de développement hétérogène distingue cinq principaux thèmes concernant la mort :       
            - l’arrêt des fonctions vitales que l’enfant attribue à tout vivant (manger, respirer, bouger, parler, etc.) ;
            - l’irréversibilité (la mort est définitive) ;
            - l’universalité (nul n’y échappe) ;
            - la causalité (la mort a une cause : un acte violent ou un accident, ; des causes naturelles, comme la maladie, ou surnaturelles pour les plus âgés, comme, par exemple, l’effet d’une justice immanente) ;
            - sa propre mortalité (lui aussi est mortel)..

        Certains psys, un peu torturés par les conceptions freudiennes sur les relations parents-enfants, considèrent que c’est la façon dont l’enfant perçoit la place de ses parents dans sa vie et sa propre place dans sa famille qui est au coeur de sa conception de la mort.
        L’enfant découvre que ses parents sont à l’origine de sa vie, et en conséquence il se demande s’ils n’auraient pas aussi le désir de la lui retirer ; il les considère pendant longtemps tout-puissants, et attend donc tout d’eux, bien au-delà du raisonnable et du réaliste, par exemple qu’ils le protègent de tout danger, de toute maladie, et donc de la mort. Personnellement je ne crois guère aux théories freudiennes.
        À l’adolescence il a besoin de trouver son autonomie, quitte à imaginer la mort de ses parents pour pouvoir trouver sa libre place dans le monde ; il fait ainsi la découverte bouleversante de leur nature mortelle et donc de sa propre mortalité, mais aussi de la peur d'un grand chagrin et de la crainte de l'abandon.
        Après la crise de l’adolescence, dans laquelle ce questionnement sur la mort et les relations complexes et parfois tumultueuses à ses parents qui en découlent, occupent une place importante, il accepte cette nature mortelle d’eux et de lui, et assume son statut d’adulte et notamment l’idée de transmettre la vie à son tour.
        Par contre la mort d'une autre personne apporte une perte et en général rien de positif en échange.
        L’enfant fait en permanence l’expérience de la perte de quelques chose, mais il trouve en général une compensation par un élargissement de sa vie :
        - la séparation fusionnelle du bébé et de sa mère, mais il va alors mieux connaître les autres membres de sa famille, et le sevrage qui change ses habitudes mais lui fait découvrir les aliments.
        - l’acquisition du langage lui fait certes perdre la complicité intime avec ses parents, qui le comprenaient sans qu’il ait besoin de parler, mais elle lui procure d’innombrables avantages relationnels.
        - à l’adolescence, il perd beaucoup des éléments de l’enfance auxquels il tenait, et en particulier l’image rassurante de la toute puissance de ses parents qui devaient le protéger de tout. Il connaît maintenant leurs défauts et leurs limites. Ils sont mortels, et lui aussi.
        Mais en revanche il découvre peu à peu la liberté et l’autonomie.
        La mort évoque donc, pour l’enfant, l’expérience de la perte douloureuse, négative : la mort d’un parent, par exemple, est souvent pour lui la perte majeure de tout ce qu’il aime, de tout ce qui lui donne son sentiment de sécurité et là, il n’y a pas de compensation.
        La relation à la mort existe aussi dans les pulsions agressives ainsi que dans les « voeux de mort » de l’enfant vis à vis de ses parents ou camarades et dont les parents devraient l’aider à prendre conscience de leur signification et à en faire un meilleur usage.
        L’enfant cherche à donner un sens à la mort, une explication(une punition, l’effet de voeux de mort), une justification (« pour laisser la place aux autres »), l’attribue à la vieillesse (qui est un temps si lointain qu’il pense ne jamais l’atteindre, et donc son angoisse est limitée).

        A l’adolescence, les questions sur la mort vont ressembler à celles que se posent les adultes, même si le langage est différent; elles portent surtout sur les modalités de la mort, sur l’angoisse et la souffrance (ça fait mal ?), sur ce que pense celui qui meurt (a-t-il peur, regrette-t-il sa vie, en veut-il aux vivants),sur ce qu’il devient dans leur vie (est-il oublié, etc. ?).     La mort représente la solitude, le temps qui ne passe plus, l’impossibilité de faire ce qu’on faisait avant, le fait de ne plus être avec les autres, etc.
        Si cette présence de la mort peut se traduire parfois par des conséquences bénéfiques, par exemple des vocations médicales (vouloir combattre la mort) ou artistiques (représenter l’irreprésentable, faire intensément exister l’image, de ce qui n’est plus là...), elles peuvent aussi s’exprimer par l’attrait pour certaines oeuvres (livres de fantômes ou livres policiers), dans les sports dangereux (qui peuvent apparaître comme un jeu avec la mort, comme pour la défier ou s’en approcher au plus près, par curiosité), ou dans des comportements violents ou d’autodestruction (comme si la personne se sentait obligée de reprendre à son compte la violence insupportable de la mort pour ne pas lui laisser ce privilège).
       
        J’ai bien des fois été confronté à des adolescents qui pensaient trop à la mort. Pour certains c’était normal, car ils avaient une maladie grave, mais je pense que même dans ce cas, si cela est plus compréhensible, c’est tout de même à éviter le plus possible car dans la lutte contre la maladie et pour qu’il reste une joie de vivre, l’espoir est indispensable.
        Mais pour un adulte, c’est beaucoup plus difficile de comprendre un adolescent pour lequel la mort est une obsession, alors qu’il a tout pour être heureux, ou que du moins, ses problèmes ne sont ni majeurs, ni vitaux, et cela d’autant plus qu’en général, il ne sait pas expliquer son attitude. Il faut alors beaucoup l’écouter, questionner, essayer de comprendre son environnement, mais c’est effectivement difficile de savoir comment l’aider à sortir de cette phase dépressive et dangereuse pour lui.
       Quant aux suicides, les jeunes que j'ai côtoyés et qui avaient des pensées morbides, n'avaient pas réellement envie de mourir et en avaient même peur, mais ils souffraient et à un moment ils avaient une "overdose de souffrance" qui arrivait comme une pulsion, et risquait de les entraîner vers l'acte fatal.

     

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