• Les rêves des jeunes sont ils réalistes ?

         J’ai déjà dit dans d’autres articles que les jeunes prenaient en général trop de risques sur certaines actions, car leur centres du cortex préfrontal, dont le rôle est de prévoir les conséquences de nos actes, ne se forment que lentement et ne sont complètement matures qu’entre 20 et 25 ans.
        J’ai souvent l’occasion de discuter de leurs “rêves”avec certain(e)s d'entre eux, et je dois souvent, au risque de paraître moralisateur, leur montrer que si je comprends leurs aspirations - et j’en avais de voisines quand j’étais jeune -, par contre elles n’étaient pas suffisamment réalistes et donc vouées presque sûrement à l’échec.
        Ces rêves un peu fous, je les classerai en trois catégories :

        D’abord des rêves de voyages : parcourir le monde en roulotte, en péniche, faire le tour du monde, aller dans des pays lointains et inconnus.
    C’est normal de rêver ainsi, car cela donne un sentiment d’indépendance, de liberté en même temps que voir du pays, en s’imaginant que c’est mieux ailleurs.
        J’ai voyagé beaucoup pour mon métier et  bien que ces voyages m’aient permis de voir beaucoup de choses, je peux vous dire que l’on a rarement le sentiment de liberté, que les problèmes de langues, d’habitudes sociales et de mentalité différentes, de nourriture amènent de nombreuses contraintes, et que l’accueil n’est pas toujours aussi chaleureux qu’on l’espérait et que finalement, la France est un pays ou l’on est exceptionnellement bien, malgré tous les problèmes actuels.
        De plus vivre en voyage est relativement onéreux et souvent on ne pense pas assez à cet aspect, d’autant plus que dans de tels voyages itinérants, avant que vous n’ayez un métier, il est pratiquement impossible de gagner de l’argent à l’étranger.
        Sans parler du risque de maladie et de la non couverture par la sécurité sociale, qui est une grande garantie dans notre pays, mais ne nous couvre pas en général à l’extérieur et donc des assurances efficaces sont indispensables.
        Je ne vous demande pas d’abandonner votre rêve, mais de le construire : choisissez un métier où vous devrez voyager, et vous pourrez alors satisfaire vos souhaits en grande partie. Certes vous ne pourrez pas aller à votre guise, mais vous arriverez quand même à visiter des villes, de jolis coins, des musées, des églises, des monuments.
        Vous pouvez aussi aller faire certaines études à l’étranger, dans le cadre d’Erasmus par exemple. Mais là faut bosser dur !

        Le deuxième type de rêve, ce sont les sports et  les expériences émotionnelles assimilées à tort à un sport, car en effet un sport nécessite un effort physique soutenu et une pratique courante que ce soit entraînement ou compétition. Et là vous sous-estimez totalement les difficultés et les dangers. Tout vous paraît simple et sans problèmes.
        Certains sports sont dangereux, mais si on a subi un bon entraînement, si on respecte des règles - ou des équipements de sécurité et si on a un bon moniteur, leur pratique est possible dans de bonnes conditions : je pense, parmi ce qui vous fait rêver, aux sports de combat, au canyoning, à l’équitation, au ski....
    Mais entre pratiquer le sport et être champion, il y a une marge énorme et une quantité de travail et d’entraînement que vous ne soupçonnez pas !
        Dans certains cas aussi, vous sous-estimez complètement la sécurité : grimper en haut d’une falaise puis descendre en rappel, s’il y a un moniteur et qu’on est assuré par un autre filin qui vous rattrape en cas de chute et qu’on a un casque et un vêtement solide, il n’y a pratiquement aucun danger, sauf si on fait une grosse bêtise avec les mousquetons. Par contre vouloir escalader sans cette sécurité la falaise ou un immeuble est proche du suicide!
        J’ai fait autrefois du planeur, j’ai piloté de petits avions et  fait un peu d’ULM et quelques sauts en parachute. Mais il faut un apprentissage sérieux, obéir au moniteur et respecter certaines règles. Faire du parapente (qui n’a pas de moteur), n’est pas trop dangereux  si on évite les jours de fort vent (qui vous retourne comme une crêpe !) et qu’on ne va pas bêtement au dessus d’un terrain accidenté ou avec des obstacles mais que l’on atterrit en un endroit bien déterminé  et dégagé, ce n’est pas très dangereux, mais il faut avoir appris de nombreuses fois en double commande.
        Par contre si on fait des paris avec les camarades tel que “aller le plus loin possible”, cela peut être catastrophique à l’atterrissage (le petit fils d’un ami s’est cassé deux bras et une jambe et est resté immobilisé six mois). Faire du parapente en montagne est encore plus dangereux car les vents peuvent vous plaquer contre une paroi et un moniteur que je connaissais s’est tué ainsi vers Chamonix, un été. Il avait 26 ans.
        De même alors que je fais assez bien de la planche à voile, et que j’ai mis des années pour y arriver, je ne me lancerais jamais dans le windsurf. C’est réservé aux athlètes exceptionnels. On se casse les poignets avec une grande facilité et si on se retrouve, sur une grande rafale, à dix mètres en l’air, l’amérissage risque d’être accidentel et j’ai vu en Bretagne des dommages graves à des colonnes vertébrales.                               
        Et là encore la notion de coût vous échappe. La pratique des sports de ce type coûte cher et on ne peut tout vous payer !
        Quant au saut à l’élastique, cela relève du pari, de l'épreuve pour faire peur, mais ce n’est pas un sport et c’est plus dangereux qu’on ne croit, tant au plan cardiaque que réactions sur la colonne vertébrale.
        Là aussi je ne vous demande pas d’oublier vos rêves, mais de les raisonner. Faire du sport est bénéfique, physiquement, c’est un jeu, mais cela peut être une puissante motivation qui vous fera prendre confiance en vous;
        Mais le sport n’est pas une activité pour épater les copains ou la foule.

        Et même pour prendre du plaisir dans un sport, il faut atteindre un certain niveau et dites vous que pour cela ou il faut être très doué, ou il faut beaucoup travailler et s’entraîner, surtout en débutant, et ceci dans des conditions de sécurité convenables..
       
        Le troisième type de rêve c’est celui d’être artiste célèbre, que ce soit en musique rock, en créateur de mangas, comme faire du théâtre ou du cinéma...
        Dans la fougue de votre jeunesse vous voyez cela avec passion et vous en voyez le coté agréable. Mais pour être vedette, il faut être douée au départ, cela demande un énorme travail, beaucoup de persévérance et peu arrivent à ce stade et souvent après des années de travail et de galère.
        Je pense qu’avoir ce type d’activité est très bon, essayer de faire de son mieux aussi, mais il vaut mieux s’assurer d’avoir un autre bon métier, quitte à revoir sa position si vraiment on avait du succès.

        Alors certes, continuez à rêver, mais ne prenez pas trop vos rêves pour réalités, soyez plus réalistes et ne vous étonnez pas si vos parents ne peuvent satisfaire toutes ces aspirations, et notamment s’opposent aux pratiques les plus dangereuses.
        Et appliquez le “principe de précaution” : pour avoir une vie normale demain, il vous faudra un métier et pour cela il vaut mieux si possible commencer par avoir son bac. alors travaillez d’abord le mieux possible en classe, et vos parents n’en seront que plus enclins à accepter que vous fassiez un sport ou une activité artistique raisonnables et en rapport avec vos capacités ou vos dons.
        Le vieux singe rêve aussi parfois, que tous les jeunes qu'il connaît sont heureux, réussissent leurs études et ont le sourire !   

     

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  • Eloge de la paresse

         Après celle de la gourmandise je voudrais faire l’éloge de la paresse !


        D’abord il ne faut pas prendre pour de la paresse une préférence cérébrale qui consiste en la tendance à remettre de préférence au lendemain ce qu’on pourrait faire le jour même ou à faire les choses indispensables au dernier moment.
    Cela c'est la procrastination.
        C’est la tendance qui pousse une personne à privilégier la prise d’information au détriment de la décision, à s’adapter aux événements plutôt que vouloir maîtriser les situations. 

        Ce n’est pas un défaut, cela dépend des circonstances : c’est parfois subir au lieu de réagir, mais c’est aussi ne pas se battre contre des moulins à vent, comme Don Quichottede la Manche !
        C’est simplement que certains ont un cerveau préfrontal très actif, qui gère les situations, essaye de prévoir l’avenir et d’agir dessus en prenant des décisions, alors que pour d’autres, c’est le cerveau frontal qui est prépondérant, lequel gère nos sensations et les mémorise, accumulant ainsi des informations sans décision.

       
        Il ne faut pas non plus confondre la paresse avec le loisir, l’envie de se reposer, de s’amuser une fois le travail terminé.
        Ni croire sans vérification que quelqu'un est paresseux.

        Si l’on observe son entourage, on constate que rarement quelqu'un se qualifie lui-même de paresseux. C'est une attitude qu'on attribue généralement à un autre et, souvent, pour exprimer une déception à son égard, parce qu’il n’a pas réussi quelque chose.
        Expliquer le comportement décevant d'un autre par la paresse peut permettre de donner une "explication", pour éviter la recherche des causes réelles et classer le problème, évitant ainsi un confrontation désagréable.
        Pourtant rechercher sa cause serait utile, car la personne est elle vraiment paresseuse ?  Chez celui considéré comme paresseux, la paresse sert parfois à dissimuler une peur de l'échec : s'abstenir de fournir tout l'effort possible de peur de constater qu'on n'est pas capable de réussir, même en faisant tout ce qu'on peut,.
        Il ne faut pas traiter de paresseux quelqu’un qui a un terrible manque de confiance en soi.

        Certains sont vraiment très flemmards au point de ne rien faire. Je ne défendrai pas cette tendance.
        Le travail est nécessaire, et en travaillant beaucoup on obtient très souvent ce que l’on voudrait réussir.

        Mais chacun a ses horaires, ses capacités propres et si celui ci est efficace le soir et a ensuite besoin de dormir jusqu’à la mi-matinée, je ne lui jetterai pas la pierre, sous prétexte que je suis plutôt efficace au réveil, et qu’à partir de 23h je ne suis plus capable de réfléchir à un problème complexe. J’ai besoin de ma nuit pour régénérer mes accès-mémoire !
        Je ne parlerai pas non plus de ceux qui sont fatigués physiquement et ont pendant un certain temps, besoin de se ménager et donc de travailler au ralenti, ou bien ceux et celles qui, ayant réussi un concours difficile (par exemple les grandes écoles ou médecine P1) et qui ont dû, pendant des mois fournir sans relâche un énorme effort, et qui se retrouvent pendant quelques temps avec aucune envie de travailler .... et s’ennuient d’ailleurs.

        Mais peut on concilier travail et paresse?
        Certains sont paresseux tout en travaillant beaucoup.

        Même quelqu’un ayant une grande capacité de travail sent le besoin de se ménager, et seul les paresseux savent bien le faire.
        Travailler tout en ménageant ses efforts est une qualité. Ne pas aimer faire des tâches fastidieuses et essayer de trouver une solution astucieuse pour éviter ce qui n’est pas absolument utile, est non seulement une mesure d’économie, mais presque un challenge qui stimule l’imagination.
        Quand j’étais encore un tout jeune enfant, mon grand-père m’avait appris les quatre opérations et quand j’ai été en âge d’entrer à l’école, elles ne me posaient plus de problèmes, même avec des décimales. Mais mon grand -père qui était un grand travailleur flemmard m’avait appris aussi à faire beaucoup de calcul mental, et je faisais mentalement beaucoup des opérations simples que l’on pose en CE2, où j’avais été mis pour quelques mois quand j’ai atteint 6 ans, dans une école privée en face du logement de mes parents, avant d’aller à la rentrée suivante, à l’école publique. Cela agaçait ma gentille instit, soeur Marie-Ange, car je lui donnais les résultats sans poser l’opération et elle devait la poser pour vérifier si je m’étais trompé LOL
        J’ai aussi un petit fils qui, comme beaucoup, n’aime pas certaines matières, et il fait alors le minimum pour ne pas être inquiété, mais il est capable de s’investir à fond sur celles qui l’intéressent.
        Finalement être paresseux c’est souvent éviter de papillonner et de se fatiguer inutilement, c’est réserver son énergie sur ce que l’on juge être le plus utile (mais on peut se tromper !), et c’est faire travailler son imagination pour trouver des solutions nouvelles moins contraignantes.
        Etre paresseux, cela amène à faire souvent une étude “coût - efficacité” de ses efforts, pour essayer de choisir la solution optimale qui amène à dépenser le minimum d’énergie et d’argent, et donc, comme on a quand même une certaine motivation au travail, de faire, en définitive, au total davantage de choses et des choses plus intéressantes, et donc d’avoir davantage de satisfaction personnelle.


        “Il semble que c'est le diable qui a tout exprès placé la paresse à la frontière de plusieurs vertus.”
                    François de La Rochefoucauld


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  • Eloge de la gourmandise

        Quand j'étais gosse, de bonnes âmes me parlaient souvent des "sept péchés capitaux".  Leur contenu ne me paraissait pas très clair ni bien défini.
       Cela ne me gêne pas qu’on me critique, je trouve même souvent cela constructif, mais par contre, je n’aime pas qu’on m’impose ma conduite.
       Et cela m’agace d’entendre les moralisateurs à tous crins, parler sérieusement des “péchés capitaux”.
       Je déteste ces classifications arbitraires du bien et du mal, souvent très archaïques et de moins adaptées à notre vie actuelle.Et puis capitaux et capiteux, seule une lettre diffère.

       Alors j'ai envie de faire l'éloge de certains péchés capitaux. Je commencerai par la gourmandise.

    Eloge de la GOURMANDISE :

        La gourmandise est un “vilain défaut”, lit on dans les bouquins à l’eau de rose pour jeunes enfants du 19ème siècle. Evidemment, ce n’était plus “le siècle des lumières”.

        Aristote et Platon l’opposent à la tempérance, mais de nos jours la tempérance est plutôt l’opposé de la goinfrerie.
        Paradoxalement les épicuriens la considéraient comme un plaisir superflu, contraire à l’ataraxie et la recherche du bonheur.
        La religion catholique m’a toujours amusé en la classant dans les péchés mortels justiciables du troisième niveau de l’enfer dans “la divine comédie”.
        Pourtant certains papes ont aussi dit que c’était impossible de manger sans éprouver la joie que produisent naturellement les aliments et que ce n’était pas un péché si “le mobile du repas est bon et digne”.
        Ma cervelle va bouillir : mes repas sont ils bons (oui au plan culinaire !) mais un digne mobile qu’est ce mon Dieu ?
        Mon petit ami Robert me rassure car s’il parle de gros mangeur, il dit aussi que le gourmand mange par plaisir de la bonne cuisine et que c’est une fine bouche, un gastronome et ma petite amie la Rousse, en sa quelité de femme qui sait qu’il faut retenir les homme par la bouche, dit simplement qu’un gourmand aime manger de bonnes choses !!
        Me voilà rassuré, on peut être gourmand sans être goinfre.

        En quoi cela nuit il aux autres d’être gourmand, dites moi !
    Tout au plus, si nous ne sommes pas raisonnables, si nous n’équilibrons pas assez nos repas nous prendrons un peu de poids, mais au moins ce sera par plaisir.!
        Je trouve du plaisir à manger des mets qui aient un goût agréable, des nourritures que j’aime, qui soient bien cuites, bien assaisonnées, avec éventuellement des sauces telles qu’on n’a pas envie d’en laisser dans l’assiette. C’est quand même mieux qu’une viande hachée de chien ou de chat entre deux tranches de pain bioché comme j’en ai mangé aux USA ou du lapin au court bouillon de poisson ou des cerises à l’eau de vie avec un anchois roulé dans chaque cerise, que je n’ai que moyennement appréciés lors d’une réception en Angleterre !
        Au dela du plaisir de manger, il y a aussi celui de réussir un bon plât, voire d’innover un peu, d’adapter une recette, de bien présenter la table et les plats. C’est un peu comme le travail d’un peintre ou d’un sculpteur.
        Celui aussi d’être autour d’une table, en famille ou entre amis. Le repas, outre le plaisir qu’il apporte à la fois de bien recevoir et d’être bien reçu, c’est un moment de convivialité où l’on peut discuter, échanger, ressérer les liens, bref prendre quelques instants de bonheur.
        Et n’avez vous jamais éprouvé du plaisir à offrir et à manger des chocolats ? En plus c’est excellent contre le stress et un chocolat très noir ne fait pas grossir.

        Finalement être gourmand, ce n’est pas être goinfre, ce n’est pas trop manger et boire, c’est aimer manger en petite ou raisonnable quantité des choses bonnes et qui font plaisir.
        Et c’est cela que nos censeurs grincheux nous reprochent : prendre du plaisir à vivre. Pour eux il faudrait être non seulement spartiates, mais même masochistes.
        Et je regrette souvent qu’on ne forme pas davantage le goût des jeunes, qu’on les habitue à ne manger que des pâtes et du poisson pané (avec plus de pane et d’huile que de poisson, ce qui au plan diététique...)
        Le goût se forme, comme on peut former la vue à la beauté. Les sensations que délivrent la langue, le palais, le nez à notre cerveau sont ensuite interprétées par les centres de récompense dont j’ai souvent parlé, et la dopamine et les signaux qu’ils délivrent peuvent nous apprendre à apprécier la nourriture goûteuse comme nous apprenons à marcher ou à saisir un objet.
        Personnellement ma grand-mère et ma mère m’avaient appris à faire certains plats, certes j’exerce peu ce savoir car ma femme est une excellente cuisinière, mais je pense que c’est un art qui mérite qu’on le cultive et même des recettes toutes simples apportent souvent beaucoup de plaisir.

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  • Prodcréation médicalement assistée et mères porteuses.

         Le gouvernement a approuvé le projet de loi bioéthique en conseil des ministres et le parlement doit la voter en septembre.
         Alors on me demande ce que je pense de la PMA et des mères porteuses

    La procréation médicalement assistée.

         Je ne vous décrirai pas ce que c'est, je pense que tous les lecteurs d'elablog le savent. 

         Les mères célibataires n’ont pas attendu juillet 2019 pour avoir recours à la PMA, nombre d’entre elles se rendant à l’étranger, dans des pays à la législation plus souple qu’en France, pour avoir un enfant.
         Que tout le monde ait la possibilité de le faire, cela me paraît normal.
         Je ne me sent pas original puisque presque 70% des français sont de mon avis.

         La PMA pour toutes, c’est comme le mariage, c’est un droit. Si quelqu’un a le droit de se marier tout le monde a le droit de se marier, c’est pareil pour les enfants. Pour les gens qui critiquent, il faut savoir que les femmes qui s’engagent dans une PMA y ont beaucoup réfléchi, ce n’est pas une décision qui se prend du jour au lendemain. Elles doivent ensuite prendre des traitements très lourds, et cela ne réussit pas toujours.

          Certaines personnes homophobes y sont opposées et d'autres  ont un avis négatif concernant la PMA pour toutes et l’absence de père, et notamment des personnes de certaines religions.
          Que ces personnes se refusent le droit à elles mêmes de recourir à la PMA, c'est leur droit le plus strict, mais pourquoi de mêlent elles de défendre cela aux autres.?
           Je suis tolérant envers toutes les religions, je ne vois pas pourquoi j'irai reprocher à quelqu'un de croire en tel ou tel dieu, alors je ne comprends pas que l'on veuille ainsi imposer ses idées sur un sujet qui n'est pas le sien.
           Quant aux personnes homophobes, je souhaite qu'elles aient des enfants qui soient homosexuels. Peut être alors changeraient elles d'avis.
           Beaucoup trop de personnes veulent imposer aux autres leurs propres idées, morales notamment, sans se soucier de ce que les autres pensent. Elles devraient méditer cette phrase de Nietzsche : « Il n’y a pas de phénomènes moraux, il n’y a qu’une interprétation morale des phénomènes. »

           Certains croient que les enfants de deux personnes du même sexe vont être malheureux  notamment pour l'enfant de deux femmes, du fait de l'absence du père.
            Quand je travaillais, j'ai eu trois collaborateurs ingénieurs qui avaient des enfants, et qui vivaient en couple de même sexe, un couple d'homme et deux couples de femmes.
            J'ai eu l'occasion de voir les enfants et de discuter avec eux et ils m'ont paru tout à fait normaux et heureux, bien plus heureux qe des enfants de couples divorcés que j'ai aussi connus.
            Et les études de psychologues ou les témoignages recueillis par des journalistes, semblent conforter cet avis.
             Ces témoignages montrent d'ailleurs que la situation de ces enfants est très bien acceptée par leurs camarades de classe.
              Et je citerai cette phrase d'un enfant de 11 ans : “Si j’avais un papa, je n’aurais pas mes mamans, donc moi ça me dérangerait"

    Les mères porteuses :

              Je suis par contre beaucoup plus réservé au sujet des mères porteuses.
              J’avoue que je ne me sens pas ausssi qualifié qu’une femme pour parler de ce problème, car si j’ai eu des enfants, ce n’est pas moi qui les ai portés dans mon ventre et donc je n’ai pas toute l’expérience pour parler de cela.
              Voilà néanmoins mon opinion.

              Je pense personnellement que la loi devrait interdire une telle pratique.
              En fait je ne reproche rien aux les mères porteuses, ce sont en général des femmes pauvres qui ont de grosses difficultés financières et qui n'ont pas trouvé d’autres moyens pour gagner de l’argent et survivre.
              Je comprends aussi qu’un couple soit très malheureux de ne pas avoir d’enfant. Par contre je pense que puisque ce ne sera jamais l’enfant qu’ils ont fait ensemble, l’adoption d’un enfant très jeune serait aussi bien que d’en faire faire un à une inconnue et ce serait mieux pour cet enfant abandonné.
              Je suis plus perplexe pour des cas comme celui d’une femme qui disait vouloir recourir à une mère porteuse en se faisant prélever un ovule et le faisant féconder par le sperme de son mari, uniquement parce qu’elle ne voulait pas passer 9 mois à faire son enfant en raison de son travail trop prenant. Je me demande si dans ce cas elle est vraiment prête à être une bonne mère !
              Ce qui me choque profondément ce sont les “agences” qui recrutent les mères porteuses, vendent leur service en gardant pour elles les trois quart de l’argent (et un quart seulement pour la mère porteuse). Pour moi c’est une exploitation honteuse de femmes et de pauvres. Je trouve qu’on devrait les condamner au même titre que les proxénètes !
              Et puis, autoriser cette pratique c’est autoriser tout trafic d’être humain alors qu’on a aboli l’esclavage et la traite des humains. C’est ouvrir la porte au trafic d’organes, à des “agences” qui vendront des greffes de rein, de foie et en demanderont “l’achat” à des gens pauvres.
               A la limite on peut même craindre des déviances que l’on a malheureusement connues avec les nazis, de sélection artificielle et de racisme. J’ai un peu l’impression que l’on traite ainsi une “sous-classe d’humains" que l’on fait procréer comme on le fait pour du bétail.
              Enfin je crois que chez une femme, l’instinct maternel est très fort et je ne suis pas certain que ce ne soit pas traumatisant d’abandonner à d’autres le bébé qu’elle a porté pendant neuf mois, même si on en a convenu au départ de le faire pour de l’argent.
             J’ai souvent entendu parler de mères qui n’avaient pas pu se séparer ensuite de cet enfant, mais je ne sais pas quelle est l’ampleur des cas mis en exergue par les journalistes.

             En résumé je pense que la loi devrait interdire le recours à une mère porteuse et par contre autoriser la PMA pour tous et faciliter les formalités d’adoption de jeunes enfants, au moins au sein de la France, puis de l’Europe.
             A fortiori, elle devrait punir sévèrement les “agences” qui font ainsi un trafic d’enfants et une exploitation de femmes dans des situations financières difficiles.

               Mais évidemment, ce n'est là qu'une opinion personnelle.

     

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  •  

    Tolérance et liberté

            Mes articles sur les violences des jeunes m'ont valu quelques mails, surtout après les exactions de ces deux derniers samedis, mes articles étant antérieurs à ces violences.
            Je ne cherche pas à défendre les jeunes casseurs. J'estime que ce qu'ils font est contraire à la loi mais aussi au respect des autres hommes qui vivent dans la même société, et par conséquent je le réprouve et je souhaite qu'ils soient condamnés par la justice, à la mesure de leurs délits. Mais cela ne m'empêche pas de me poser des questions sur leurs motivations, d'essayer de comprendre un comportement qui me paraît anormal et outré.

              Je constate aussi que, par ailleurs, nombreux sont ceux qui, sous des prétextes divers, veulent imposer aux autres leur façon de penser.
              La science quant à elle n’a aucune couleur idéologique. Elle essaie de comprendre les lois de la nature. Elle se situe au niveau des prédispositions, pas du choix des comportements de chacun. Les responsables politiques ou religieux devraient s’appuyer sur elle et non la contester, comme le fait Donald Trump, faute de quoi ils se comportent comme quelqu’un qui refuserait qu’un médecin le soigne , alors qu’on peut le guérir de sa maladie.
            Même si la psychologie n'est pas une science exacte, il est utile d'essayer de comprendre les autres, ne serait-ce que pour être plus tolérant vis à vis d'eux.

              Je ne souhaite pas traiter des questions trop philosophiques, car je ne veux pas transformer ce blog en lieu de polémique, mais je voudrais cependant faire quelques remarques générales dans le domaine de la liberté de notre comportement.
             
    Je pense qu’il ne faut pas confondre notre comportement avec nos “prédispositions” qui résultent de l’évolution de l’espèce et de notre hérédité personnelle et aussi de la part d’aléas qu’il y a dans la formation du cerveau, les gênes en programmant les grandes lignes, mais une part assez grande de hasard intervenant au niveau des détails au cours de la génèse.

              Nous avons certaines prédispositions, puis nous recevons une certaine éducation et nous sommes ensuite libres de rendre notre comportement conforme (ou pas) aux valeurs auxquelles nous croyons, ce que Freud appelle le "surmoi".
            Alors nous sommes libres de nos comportements me direz vous?
            Pas tout à fait : encore faut il qu’ils ne soient pas nuisibles aux autres d'une part, et que d'autre part, que nous ne cherchions pas à imposer aux autres nos propres convictions. Ce qui n'empêche pas d'en discuter.

              Nous avons cette liberté, et elle nous est personnelle et à mon sens nous devons respecter celle des autres hommes. Cela s’appelle la tolérance.
              La tolérance est une valeur fondamentale, sans laquelle la vie en société devient rapidement un enfer, la démonstration étant faite par le montée des intégrismes de toutes sortes (et pas seulement musulman), qui conduisent aux massacres.

             Bien entendu il y a d’abord les comportements interdits par la loi, car elle est là pour organiser cette liberté et ses limites : il faut respecter la vie d’autrui, sa santé, ses biens, son équilibre moral et psychique.... 

            Mais le comportement des autres doit être respecté dans la vie de tous les jours :    
            Je prends quelques exemples :

                      - vous pouvez avoir un fort appétit et une prédisposition pour la gourmandise , par exemple aimer la nutella ou le chocolat au lait,  et décider que c’est un vilain défaut et vous efforcer de ne pas être trop portée sur la bonne chère ou les boissons alcoolisées. Vos raisons peuvent être diverses : religion, éducation, santé, voire la peur de grossir.
            Je les respecte et je trouve votre comportement conforme à la liberté de vos idées, dans la mesure toutefois où vous ne voulez pas m’imposer la même conduite, car je n’ai peut être pas tout à fait les mêmes idées que vous (je n’aime pas tellement la nutella mais beaucoup le chocolat noir ! 
                   - votre système hormonal, les médias, la mode, vous incitent à tomber amoureuses de garçons et à avoir un petit ami. Mais certaines d’entre vous ne veulent pas d’un petit ami, d’autres l’acceptent au plan sentimental, mais ne veulent pas aller trop loin avec lui au plan physique. Cela peut être de même pour des garçons.
             Là encore j’estime que c’est votre choix personnel et je ne jugerai jamais le comportement d'un jeune sur ces critères et sur son comportement, tant qu'il ne rend pas trop malheureux son partenaire; ou les personnes autour de lui. C’est votre liberté de pensée et d’action.
                 - pour moi une personne peut avoir une prédisposition à être homosexuelle, et je comprendrai tout aussi bien qu’elle la suive, ou que, pour des raison d’éthique, qui ne regardent qu’elle, elle la combatte et n’y cède pas.
             C’est exactement comme deux personnes qui ne s’entendent plus dans un couple et qui peuvent décider de divorcer, ou au contraire de rester ensemble et de se supporter, ceci par exemple pour des raisons de conviction religieuse. C’est leur décision et nous devons la respecter. Cela n'empêche pas d'aider leurs enfants s'ils sont malheureux.

             L'un des problèmes est de savoir à partir de quand son comportement gêne les autres qui nous entourent.
             Je suis le responsable bénévole de la copropriété où j’habite et tous les résidants trouveraient normal que je fasse demande à quelqu’un, qui ferait sécher son linge dans les ascenseurs, de faire cette opération dans son appartement, car il gêne ainsi les autres résidants.
            Cela vous paraît normal car il s’agit là d’un fait simple et tangible.
            Lorsqu’il s’agit d’idées, c’est beaucoup moins évident. Pourtant est ce si différent ?
           
           On entend souvent dire des choses inexactes sur la laïcité que certains considèrent comme opposée aux religions, alors que c’est le contraire.
           L’Etat est au service de tous, quelles que soient leur croyances et il est donc normal que dans les lieux publics, chez les fonctionnaires, qui sont au service de tous, voire dans une entreprise où travaillent diverses personnes, chacun se sente libre de ses opinions et il est donc normal d’y interdire toute pression religieuse ou politique, qui serait telle que certains se sentiraient menacés en raison de leurs convictions, ou gênés par celles des autres et donc tout prosélytisme doit être prohibé.

           Mais l'Etat n'est pas seul en cause. Notre comportement peut aussi blesser.
           Pour moi, toutes les religions ont la même valeur; l'une ne détient pas plus la vérité que les autres et en conséquence je dois toutes les respecter, et ceux qui y croient.

             Chacun doit être libre de ses idées et de les exprimer, mais, à mon avis, il doit faire attention à la façon dont il les montre pour ne pas choquer, pour ne pas avoir l'air de vouloir les imposer aux autres.
            Si une de mes petites filles distribuait à toutes ses camarades des prospectus à la gloire du pape, leur vantant les bienfaits de la religion catholique, je lui dirais qu’on ne vend pas ses idées comme une voiture ou un camembert et qu’elle peut déranger celles qui ont d’autres convictions.
           Si j’étais musulman, je dirais à mes filles et petites filles qu’elles peuvent si c’est leur idée, porter le voile à la maison, mais que, dans la rue, afficher ainsi ostensiblement son appartenance, peut déranger les autres personnes et attirer des critiques.
          Si mon fils était israélite et avait sur le bureau de son entreprise la Ménorah (le chandelier à sept branches) et portait en permanence le petit couvre chef  traditionnel (la  kippa), je lui dirais qu’il doit réserver cela pour chez lui et que les personnes avec lesquelles il travaille, n’ont pas à supporter ces signes, qui pour elles n’ont pas de signification traditionnelle.
         Et si mon petit-fils portait un tee-shirt avec une inscription “Je suis athée, Dieu merci”, je lui dirais qu’il risque de choquer ceux qui ont des convictions religieuses et qui ne cherchent pas à le convertir, lui.

        Enfin, cela, c’est mon opinion personnelle sur la tolérance et je ne vous oblige pas à la partager.

    Tolérance et liberté

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