• Pourquoi faut il apprendre en classe ?


         Je vous avais dit que je ferai quelques articles sur l'enseignement, car c'est une activité primordiale qui m'intéresse et je me pose des questions et j'aimerais provoquer de réponses de professionnels de ce secteur; il y en a beaucoup sur eklablog.

         L'une des premières questions que je me pose : pourquoi beaucoup de jeunes n'aiment ils plus l'école ?

        Il m’arrive aussi souvent d’aider des jeunes dans leur travail scolaire et je suis étonné des questions qu’ils se posent sur l’utilité de l’enseignement, qui sont parfois voisines des questions suivantes :
        "A quoi cela sert il d’apprendre l’orthographe quand on peut parfaitement se comprendre dans la jeune génération avec le langage SMS qui ne demande aucun effort de mémorisation car il n’engendre aucune contrainte.?
        A quoi cela sert il de savoir que Charlemagne n’est pas le père de Louis XiV et le grand père de Napoléon? Savoir que Louis XVI est mort sur l’échafaud ne lui fera pas retrouver sa tête !
        Est ce utile de connaître qui sont Montaigne, Montesquieu, Ronsard, Pascal, Racine, Corneille, Molière, Musset , Vigny ou Victor Hugo.... et ce qu’ils ont écrit. Ils sont morts depuis longtemps et leurs pensées sont démodées et ne nous feront pas comprendre le monde moderne.
        A t’on besoin de savoir qui sont Bach, Vivaldi, Mozart ou Beethoven quand on n’aime que le rock ou le rap?"
        Si les tables de multiplication et les proportions multiples (autrefois on appelait cela la “règle de trois”) sont utiles dans la vie courante, tout le monde ne se sert pas des triangles isométriques (on disait autrefois “semblables”) ou du théorème de Thalès et que dire des fonctions exponentielle et logarithme !
       Et je connais une jeune fille qui a son bac, mais qui, à force de se servir de sa calculette, ne sait plus faire à la main, une division avec des chiffres décimaux.

       C’est tout juste si certains ne me disent pas qu’avec les CD et DVD, le téléphone et la télévision, on pourrait se passer d’apprendre à lire et écrire.
      Mais ce qui est quand même ennuyeux c’est qu’on ne pourrait plus parler facilement sur Messenger ou Facebook et ce serait plus difficile de se servir d’un micro-ordinateur.!

        Je pense que ces réflexions sont certes provocatrices, mais je pense que cependant, elles montrent qu’apprendre n’intéresse pas certains des jeunes d'aujourd'hui.
        J’aimerais réfléchir un peu à cela.


        Je crois d’abord qu’on sous estime l’utilisation dans la vie courante de ce qu’on a appris à l’école
        Il m’arrive d’aider dans ses démarches quelqu’un qui ne sait ni lire ni écrire et je peux vous certifier que sa vie est aussi compliquée pour elle que si elle était unijambiste ou manchote.
        Des notions simples de physique comme les unités mécaniques et électriques, les lois d’ohm, la pesanteur, les mouvements linéaires servent souvent quand vous bricolez, quand vous circulez, quand vous payez votre facture d’électricité...On nous montre assez souvent à la télé ou dans des magazines, des courbes en coordonnées logarithmiques et ce serait mieux de les comprendre.
        Quant aux hommes de l’histoire, aux écrivains, aux  artistes, connaître un minimum sur eux nous évitera de paraître ignare, si certaines personnes en parlent ou si on lit un article sur ces personnes.
        L’orthographe pourrait être simplifiée certes, mais écrire correctement en français permet d’en saisir les nuances et la précision du langage, et de mieux saisir la pensée des autres et se faire comprendre, de même qu’avoir un bon vocabulaire est indispensable dans ce but.
        Je m’en rends bien compte quand je vais à l’étranger ou quand je lis un article scientifique compliqué en anglais, car je ne maîtrise pas assez la langue, et la signification avec les nuances ou même la démarche très précise et détaillée de la pensée, m’échappent, par manque de vocabulaire.

        Mais apprendre des connaissances n’est pas le but majeur des études.
        La neurobiologie nous montre aujourd’hui qu’un enfant ne naît pas intelligent. Certes il a un certain potentiel inné, mais ce potentiel reste vain s’il ne le cultive pas. Un enfant qui ne reçoit ni éducation, ni instruction reste beaucoup moins évolué qu’un simple animal de compagnie, comme l’ont montré des cas extrêmes d’enfants perdus pendant des années dans les forêts et élevés par des loups.
        C’est l’apprentissage en famille et en classe qui développe l’intelligence, notre mémoire et nos capacités de relations sociales et de communication.
        Les études de neurologie montent que l’intelligence n’est pas une simple question de compréhension, logique et de mathématiques, comme pourraient le faire croire les tests de QI. La plupart des chercheurs disent que l’intelligence d’une personne c’est 50% de mémoire, (professeurs l’hippocampe et le thalamus, mais répartie dans tous le cerveau), 25% de réflexion et organisation (l cortex préfrontal dont je viens de parler dans mes précédents articles) et 25% d’émotions et de relations sociales (notre cerveau émotionnel), cet ensemble supposant en permlanence la prise d’informations grâce aux perceptions de nos sens, mais aussi grâce à la communication avec autrui.
        Et la mémoire, c’est avant tout l’acquisition de connaissances ! Mais pas uniquement pour elles même, mais pour la formation des aptitudes de nos centres cérébraux et notamment  les former à raisonner et à connaître et maîtriser nos émotions.

        En fait l’étude non seulement développe notre savoir et notre intelligence, mais également nous donne des habitudes qui nous seront indispensables toute notre vie :
        - l’habitude de l’effort et du travail;
        - une certaine curiosité intellectuelle qui nous permettra de nous intéresser aux choses, aux êtres et de comprendre les phénomènes de notre environnement;
        - en contrepartie, un certain scepticisme qui nous évitera de nous comporter comme un mouton et de gober n’importe quelle assertion;
        - le moyen de nous comprendre et de comprendre les autres et notre environnement;
        - l’utilisation d’outils (langage, image, expression, ...) et de connaissances communes, qui nous rapprocheront de nos semblables et nous permettront de communiquer.

        Finalement les études primaires et secondaires, c'est nous développer l'esprit et apprendre à vivre en société

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  • Des mots que je en connais pas

         J'aime bien, dans eklablog, aller lire des articles faits par des Professeurs des Ecoles, et je constate tous les jours leur conscience professionnelle, leur envie de bien former les enfants et certaines méthodes que je trouve astucieuses.
        Je me garderai de juger toutefois ces méthodes, je ne suis pas un professionnel de l'enseigne-ment. Toutefois j'ai lu pas mal d'articles de neurobiologistes sur l'enseignement aux enfants et surtout, en tant qu'ingénieur,  j'ai fait beaucoup d'enseignement à des adultes, j'ai suivi les études de mes enfants et petits enfants, et j'ai aidé pas mal de correspondants de mes blogs à faire des devoirs de maths, physique-chimie, français et philosophie ou des CPE.
       Et j'ai toujours considéré que la maitrise de la langue était un bagage essentiel.

      Mais, il y a quelques temps,  feuilletant un nouveau livre de français de CE2, dans lequel je voulais voir les méthodes d’apprentissage de la compréhension de ce qu'on lit et de l'orthographe,  j’ai eu la surprise de trouver le terme “d’anacoluthe”. Je sais que c’est une rupture voulue dans la construction d’une phrase qui permet une figure de style plus élégante et plus claire. Mais je n’ai jamais employé ce mot ailleurs que dans des mots croisés !!
        J’ai trouvé ensuite une “didascalie”, terme également usité dans les mots croisés, qui désigne, dans le texte d'une pièce de théâtre ou le scénario d'un film, une note rédigée par l'auteur à destination des acteurs ou du metteur en scène, donnant des indications d'action, de jeu ou de mise en scène.
        Poursuivant ma lecture, j’ai trouvé les mots “prétérition” et “paronomase”.
    Là j’ai dû aller voir, chez mon ami le petit Robert ou ma petite amie La Rousse, le sens de ces mots que je ne connaissais pas  :
        La prétérition  du latin praeteritio (« action de passer sous silence »),  est une figure de style consistant à parler de quelque chose après avoir annoncé que l'on ne va pas en parler. Elle permet de ne pas prendre l'entière responsabilité de ses propos et se reconnaît à l'emploi de formules particulières d'introduction comme « Ai-je besoin de vous dire... ».
        Une paronomase consiste à rapprocher des mots comportant des sonorités semblables mais qui ont des sens différents. On appelle paronymes des mots qui se ressemblent par leurs sons :« Qui se ressemble, s'assemble. »
       Je n'ai pas encore trouvé l'occasion d'employer ces deux mots. J'avoue d'ailleurs que d'annoncer qu'on ne va pas parler de quelque chose et ensuite disserter dessus, me paraît une idée bizarre.

        Quand je vois la pauvreté du vocabulaire courant de certains élèves du lycée, je me dis qu’on ferait mieux de leur apprendre des mots plus utiles; ils pourront attendre pour utiliser de tels termes de faire un mastère de lettres !!
        Suivaient ensuite des leçons de grammaire, de syntaxe et d’analyse logique, avec un vocabulaire et des explications incompréhensibles, bien plus hermétiques ( le livre en question aurait écrit “absconses” lol), que certains livres de maths modernes, pourtant déjà gratinés !

        Je me suis remémoré avec nostalgie mon enfance où mes grands parents m’avaient appris à décortiquer des mots simples, puis à les assembler, puis à comprendre leur sens, à les aimer, puis à leur faire dire ce que je souhaitais faire comprendre aux autres.
        Ils m’avaient donné aussi le goût de la lecture. Et ma grand-mère, ancienne institutrice, m'a appris à lire sur un livre que l'on trouverait bébête aujourd'hui, qui s'appelait "Taptap et Bilili" et qui racontait la vie quotidienne d'un petit garçon et d'une petite fille, mais j'avais 4 ans et il me semblait, en le lisant, vivre avec eux. C'était évidemment les mots de la vie de tous les jours et je n'étais pas capable de comprendre ce qu'était une prétérition.

        Quatre ans après, je ne connaissais pas de mots savants et ésotériques, mais sur une dictée de vocabulaire courant d'une page, 5 fautes d’orthographe étaient éliminatoires à l’examen d’entrée en sixième ! On avait intérêt à se relire. Mais je n'ai pas fait de faute.
        Là je me pose la question : comment voulez vous, à l’époque de Messenger et des SMS, si l’on rend incompréhensible la construction des phrases et les règles de grammaire, si on apprend aux enfants des mots inutiles et savants, si on ne leur apprend pas à s’exprimer simplement et sur des sujets de tous les jours, comment voulez vous qu’ils essaient de respecter l’orthographe.?
       
        Pour moi, l’orthographe, l’expression simple et claire, c’est comme la qualité du son de ma chaîne hi-fi, ou la netteté des images de la télé.
        J’aime bien les blogs que j'ai fréquentés, parce beaucoup des jeunes que j’y rencontre essaient de bien écrire et sans fautes si possible, malgré la frappe sur le clavier, moins rigoureuse au plan de la mémoire que l’écriture à la main.
        Une de mes correspondantes (une matheuse pourtant qui est entrée depuis à Normale SUP !), mais qui était aussi excellente en français, me disait qu’écrire correctement était, pour elle, de la politesse vis à vis de son interlocuteur, et je suis d’accord avec elle.
        De plus, le patron d’une PME qui embauchait des ingénieurs et des techniciens, me disait qu’il écartait tous les CV qui comportaient beaucoup de fautes d’orthographes, car pour lui, cela dénotait un manque de rigueur, de persévérance et de volonté.
        Je ne suis pas entièrement d’accord au plan psychologique, mais je comprends qu’il en fasse un des critères de choix : rares sont les métiers où la communication avec les autres n’est pas indispensable.
        Une autre personne m’a dit un jour que la maitrise des mots étaient un gage de liberté et que la pauvreté du vocabulaire engendrait l’incompréhension et la violence. C’est vrai que la plupart des “accrochages” dont j’ai été témoin dans ma vie, étaient dus à des malentendus.

       Il est connu qu'en matière de communication, 
                   - il y a ce qu'on a l'intention de dire.
                   - il y a ce qu'on a dit réellement.
                   - il y a ce que les gens ont entendu,
                   - il y a ce que les gens n'ont pas entendu,
                   - il y a ce que les gens ont compris,
                   - il y a ce que les gens n'ont pas su ou voulu comprendre,
                   - et il y a ce que les gens ont finalement retenu.

        Ce serait vraiment un comble que ce manque de vocabulaire courant chez les jeunes soit dû à un manque de bon sens dans nos programmes éducatifs. J'espère que le livre dont je parle n'est qu'une exception.

       

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  • Etes vous douée en maths, Mademoiselle ?

          Cela m’arrive de temps à autre, d’aider une de mes correspondantes dans un lycée a faire un devoir de maths, de physique-chimie ou de philo. Quelquefois aussi après le bac, mais là mes études sont un peu anciennes et j’ai davantage de difficultés ! LOL
    Et souvent l’une d’elle me dit “Les filles ne sont pas douées en maths !” , ce qui est parfaitement ridicule.

        D’abord, à l’origine, personne n’est plus ou moins doué(e) en maths, pas plus une fille qu’un garçon.
        Mais, selon nos préférences cérébrales innées nous avons un mode de décision logique ou bien qui procède à partir des valeurs, des goûts, des sentiments. Les personnes ayant un cortex frontal prépondérant sur le cerveau émotionnel lorsqu’il fait un choix, et donc une préférence pour les raisonnements logiques, apprendront plus facilement certaines parties des mathématiques.
        De même quelqu’un qui a une meilleure représentation spatiale se représentera plus facilement les figures géométriques.
        Une personne dont les préférences de perceptions seront plutôt sensorielles et factorielles sera moins rebutée et plus précise dans les calculs longs d’algèbre, alors que la personne globale et imaginative résoudra plus facilement les problèmes de géométrie ou ceux pour lesquels il faut “créer”.
        Mais ce ne sont que des préférences innées de départ et l’éducation, l’instruction et l’expérience de la vie ont une grande influence sur le développement de nos préférences cérébrales, de même que notre capacité mémorielle, que nous pouvons grandement développer et qui est une part importante de l’intelligence.
        C’est une question de travail et d’entraînement.

        C’est vrai que le cerveau se développe un peu différemment chez les filles et chez les garçons dans l’enfance et l’adolescence.
        Au départ l’hémisphère gauche se développe plus vite chez les filles qui s’expriment mieux en moyenne que les garçons, dont l’hémisphère droit est plus efficace en moyenne, pour les représentation spatiales. Mais les différences sont très atténuées à l’entrée au lycée et diparaissent complètement à l’âge adulte.
        La formation du cerveau de chacun est beaucoup plus dépendante de l’entraînement et du travail fourni notamment avant 25 ans environ, et du vécu de toute la vie, que des “dons innés”.
        Et les filles qui travaillent plus que les garçons en maths, sont plus “douées” qu’eux dans cette matière !
        J’ai eu presque autant de collaboratrices ingénieurs femmes que d’hommes et elles étaient aussi efficaces et performantes. C’était le plus souvent le plus travailleur qui était le meilleur !
        Une de mes correspondantes, que j'ai connue au début de mes blogs, il y a 15 ans, était aussi forte en sciences qu’en lettres, a réussi son bac avec plus de 18 de moyenne et a été reçue brillamment à l’Ecole Normale supérieure de la rue d’Ulm et à l’X, qui à l'agrégation, et elle est actuellement maître de recherches au CNRS. Mais pour arriver à cela, elle a abattu une quantité énorme de travail. Il n’y a pas de miracle.
        Et si elle est très intelligente, elle le doit plus à son travail qu’à ses dons innés et sans ce travail, je suis sûr qu’elle n’aurait eu que des résultats médiocres.
        Pour réussir en maths comme dans la vie, bien sûr il faut une part de chance, celle notamment d’avoir des parents ou un contexte qui vous permette de faire des études, mais la motivation, la volonté et le travail sont beucoup plus efficaces que les dons innés.

        Pour en revenir à la légende de la  “bosse des maths”, j'avais lu un article assez curieux sur des études faites par une psychologue de l'Université de San Francisco, Talia Ben-Zeev, qui s’élevait contre l’idée que les carrières scientifiques sont dominées par les garçons, et qu'il est notablement plus difficile à une fille d'y réussir. C'est une idée reçue, mais plus dangereuse qu'il n'y paraît car ce stéréotype s'auto-entretient en complexant les filles, et il les inhibe et les conduit effectivement à moins bien réussir.

        Il y a quelques années, T. Ben-Zeev avait réalisé une expérience aussi simple qu'édifiante : elle avait demandé à des étudiantes de résoudre des exercices de mathématiques, d'une part, dans des classes composées exclusivement de filles et, d'autre part, dans des classes composées de filles et de garçons. Elle avait constaté que les notes étaient nettement inférieures dans le second cas.
        Aujourd'hui, elle pense avoir élucidé le mode d'action des stéréotypes. Elle a ajouté un détail à ses expériences: les jeunes filles étaient réunies avec des garçons dons une salle où étaient diffusées, (leur disait-on, mais c’était faux) des ondes ultrasonores inaudibles qui pouvaient avoir une incidence sur le rythme cardiaque et la transpiration. Curieusement, les filles ont alors obtenu de très bonnes notes.
        T. Ben-Zeev interprète ainsi cette observation  : dès qu'une fille entre dans une salle d'examen où se trouvent des garçons, sans même qu'elle en ait conscience, le stéréotype,  selon lequel les filles réussissent moins bien en mathématiques, provoque chez elle une anxiété inconsciente. Si elle pense que les garçons sont meilleurs en maths, le trac aura un impact néfaste sur sa prestation. Au contraire, si elle pense qu’elle transpire et que son cœur est accéléré à cause de l’émission d’ondes ultrasonores, le stéréotype est balayé et elle pourra réfléchir à  ses problèmes de maths librement, et révéler sa vraie valeur. C'est effectivement ce qui s'est produit.

        Suffit-il, mesdemoiselles, de diffuser de fausses ondes acoustiques dans les salles d'examen pour que vous soyez performantes en maths ?
    Moi je vous conseillerai plutôt de travailler beaucoup et d’apprendre vos formules et la façon dont on s’en sert !


         C’est vrai qu’aujourd’hui, avec toutes les tentations médiatiques et multimédia, il est plus difficile de travailler. Mais internet est aussi un fabuleux outil pour trouver des renseignements tant scientifiques que littéraires

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  • A quoi cela sert il d'étudier ?

              C'est la rentrée des classes et évidemment tous les médias parlent études, collèges, lycées et  on constate souvent les mêmes problèmes..

              Avant le bac les élèves travaillent moyennement, ayant des tas d’activités multiples, avec notamment beaucoup de temps sur Snapchat ou autre, à discuter de tout et de rien ou à lire et taper des SMS toutes les 3 minutes.
              Ils font un effort quelques mois avant l’examen, qui, il faut le dire est moins exigeant qu’autrefois, et ils obtiennent en général leur diplôme, même assez souvent avec la mention AB. (12 à 14 de moyenne).
              Puis ils vont en IUT, en fac ou en prépa et là c’est l’horreur : il faut travailler si l’on veut suivre.
              En prépa c’est simple, ou ils se mettent à travailler et tout va bien, ou ils abandonnent vite, car une fois qu’on n’a pas travaillé suffisamment, au bout de 3 mois c’est trop tard, on est largué. L'année P1 de médecine avec le concours en fin d'année est au moins aussi exigeante en travail.
              En BTS ou IUT, c’est pareil, mais le travail est plus pratique plus concret et on s’y adapte mieux.
              Et puis Prépa ou IUT, ce sont des classes de 30 élèves et on est très suivi par les profs. Donc on ne peut pas bailler aux corneilles.
              En fac c’est très différent. Les profs ne viennent que pour leurs cours, les travaux dirigés sont une aide mais pas une contrainte, on manque de directives et on est livré à soi-même.
              Alors on peut travailler comme ne rien faire, mais évidemment si on veut avoir ses partiels, il faut bosser.
              Et j’entends dire que la moitié des étudiants seulement réussissent leurs examens; les autres sont des dilettantes. Pourquoi?

              Les discussions que j’ai avec certains jeunes me laissent perplexes.
              D’une part ils ne semblent pas vraiment convaincus qu’en travaillant à leurs études, ils préparent leur vie professionnelle et donc leur capacité à gagner leur vie.
               Je sais que la période actuelle avec le chômage est assez décourageante mais pour moi ce serait une raison de plus de travailler, car les places étant plus rares, il faut avoir davantage d’atouts dans son jeu.
              D’autre part  les tentations de faire autre chose que les études sont effectivement plus fortes qu’autrefois : cinéma, télé, téléphone portable et surtout internet avec les jeux et les réseau sociaux Les sorties avec les copains et le (la) petit(e) ami(e) également.
              Mais je connais aussi des jeunes qui, au moment des examens, concours, partiels et rédaction de mémoires, se privent pendant quelques temps d’internet et de sorties, afin de réussir.
              Enfin ce qui m’attriste aussi un peu, c’est que je trouve que vous n’avez pas beaucoup de curiosité intellectuelle, de volonté, d’envie et même de plaisir à apprendre et à vous perfectionner, à mieux connaître votre domaine, voire même celui des autres.
              Je ne sais pas si cela est dû à votre personnalité d’aujourd’hui ou à un manque coté parents ou professeurs, ou encore aux programmes et méthodes d’enseignement de l’Education Nationale.

              Autrefois les études certes demandaient du travail et de ne pas trop se disperser, mais elles donnaient aussi beaucoup de satisfaction, car une partie de ce qu’on apprenait était intéressant, voire passionnant.
              J'ai fait par exemple six ans de latin (5 heures par semaine) et traduire la guerre des Gaules de César ou les textes de Pline sur la vie à Rome ou l'éruption du Vésuve m'intéressait énormément et beaucoup de choses que j'ai vues en Italie plus tard m'ont rappelé ces traductions. 
              Parmi les jeunes que je connais bien peu ont eu le courage de faire du latin et d'être intéressés par cette vie antique, même les littéraires de L, alors que j'étais en S
              Aujourd’hui j’ai l’impression que ce que vous faites en classe ou en fac, n’intéresse qu‘une partie d’entre vous, les autres faisant cela parce qu’il faut bien avoir des diplômes et qu’il faut faire plaisir aux parents !
              Il y a, me semble t’il, un manque d’information et d’éducation dans ce domaine. Je me demande si c’est particulier à la France?

              Je crois aussi que malheureusement la complexité des métiers, la difficulté de trouver du travail, fait que les professeurs ne cherchent plus tellement à orienter les élèves, tâche confiée maintenant à une psychologue, à qui on n'a donné ni la formation, ni les moyens pour faire ce travail. Il devrait y avoir une documentation très fournie à disposition sur les divers métiers, alors que les élèves sont livrés à leurs propres recherche et initiatives.
              Je suis par exemple étonné qu'on ne fasse pas passer à ceux qui vont voir cette orientatrice des tests sur leurs personnalité (genre préférences cérébrales) qui permettent de voir les types de métiers auxquels on s'adapterait plus facilement, et qu'on n'interroge pas ces jeunes sur le genre d'existence qu'ils aimeraient mener, car vie de tous les jours et travail sont liés, notamment par de nombreuses contraintes.
              J'ai souvent l'impression que les jeunes ont choisi leur orientation d'après de vagues idées pas du tout réalistes quant à leur travail futur où en espérant gagner beaucoup d'argent.

              Je crains aussi que la volonté politique (peut être pour limiter le nombre statistique de chômeurs) de faire réussir à presque tous un bac général et de poursuivre des études supérieures, ne soit finalement pas une bonne orientation.
              Je connais beaucoup de jeunes qui ne "mordent" pas aux études générales, mais ils ne sont ni bêtes ni paresseux, et on leur aurait appris un métier concret avec plus de facilité et ils seraient mieux armés pour trouver du travail (à condition de choisir une orientation où l'on cherche de la main d'oeuvre).
              Mais cette volonté politique a marqué les esprits des parents et des jeunes, qui rêvent plus d'être assis dans un bureau devant un ordinateur, que d'être devant une tâche manuelle à accomplir. Il n'y a pourtant rien de déshonorant à travailler de ses mains, et c'est sûrement plus porteur que de faire des études supérieures sans les réussir et de se retrouver sur le marché du travail avec un simple baccalauréat.

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  •  

    Faut il avoir le bac ?

         Evidemment c'est un sujet d'actualité à la rentrée et l'un de mes lecteurs m'écrit : 

    Quand t'as l'envie de vaincre, la niaque quoi, et que tu te présentes, dynamique et très motivée, les employeurs ne font plus gaffe à ton CV.
        Le bac ne sert pas à grand chose.”

        Je suis presque d'accord sur les deux premières lignes, mais pas sur le troisième.

         Je pense que lorsqu’on a plutôt du goût pour les travaux concrets et manuels, ou lorsqu’on ne réussit vraiment pas dans le secondaire classique, il est préférable alors de poursuivre des études plus pratiques et techniques dans les lycées professionnels ou en apprentissage.
        Les métiers d’ouvrier ont leur intérêt notamment dans le domaine de l’artisanat et du bâtiment où ils peuvent assurer des rémunérations convenables si l’on travaille consciencieusement.
        Beaucoup d’artisans et d’entreprises cherchent un plombier,  un maçon, un électricien un chauffagiste.... compétents et les personnes qui travaillent dans ces domaines se sentent utiles et apprécient de réaliser des installations.
        D’autres secteurs peuvent offrir des débouchés intéressants, les métiers de la restauration et de l’hôtellerie par exemple.
        Le secteur de la vente peut être apprécié par ceux ou celles qui aiment les contacts humains, mais ils sont en général assez mal rémunérés.
         Mais les gens qui vont vous embaucher sont quand même sensible au niveau que vous avez et passer le bac professionnel est très utile pour être embauché. Par ailleurs il permettra à certains de poursuivre des études en BTS ou DUT.


        Les situations qui me préoccupent ne sont pas celles là, mis celles de personnes qui sont au lycée en enseignement général, et qui pouvaient réussir, mais ont tendance à rêver à beaucoup de désirs, normaux pour une jeune à condition qe les regarder avec réalisme et que ces rêves ne viennent pas handicaper les études.
        Certes, il faut réfléchir à ses souhaits de métiers, mais qu’il faut aussi tenir compte de ses aptitudes et des débouchés possibles, et que la priorité première est d’abord de passer le bac avec les résultats les meilleurs, pour poursuivre ensuite dans de bonnes conditions, et cela d’autant plus que la quantité de travail en prépa ou en fac est ensuite très supérieure à celle que l’on doit fournir au lycée. IL faut donc que les études secondaires apprennent à travailler assez et pas à flemmarder.

        Quand je dis qu’il faut tenir compte des débouchés, des goûts et des aptitudes, je vais prendre un exemple :
        Il est certain que l’on aura toujours besoin de médecins et que c’est un secteur où il n’y a pas de chômage. Mais aimerez vous ce métier certes passionnant car on va sauver des gens, mais aussi traumatisant car on ne les sauve pas tous et on voit la souffrance ? Et serez vous capable, d’abord d’une quantité énorme de travail sans aucune relâche possible, pour réussir le concours de première année et ensuite des études longues faisant beaucoup appel à la mémoire.?

        Je suis d’accord sur le fait que ce qui compte beaucoup c’est d’une part la conscience professionnelle, la motivation, le dynamisme, l’esprit d’initiative, l'envie de travailler. Mais en général l’employeur ne s’en rend compte qu’au bout de quelques mois quand il a vu travailler la personne.
        Certes il y a un entretien d’embauche, mais c’est difficile de déceler ces qualités lors de la demi-heure d’entretien. Et si on est en concurrence avec des gens plus qualifiés au plan technique et diplômes et qu’ils semblent également motivés, ils auront la préférence.
        Je suis assez d’accord sur le fait que le seul bac ne sert pas énormément pour avoir un métier convenable, encore qu’il témoigne tout de même d’un certain niveau; mais par contre il ouvre la porte de l’enseignement supérieur.
        Les écoles d’ingénieur ou commerciales, les métiers littéraires de bon niveau qui passent par des prépas ou des écoles spécialisées, ne peuvent  être préparés qu’après le bac. Et la plupart des métiers de technicien et même artistiques ou du bureau, demandent des études de BTS ou d’IUT, auxquels il est impossible ou difficile d’accéder sans le bac.
        Je crois donc que si on n’a pas su ou n’a pas pu, s’orienter à temps vers une formation pratique du domaine technologique dans l’enseignement  professionnel et que l’on est resté dans le secondaire général, mieux vaut consentir un effort important et réussir son bac.

        Certes ce n’est qu’un avis personnel, mais il résulte de mes 40 années de métier et des mes contacts encore assez nombreux avec le monde du travail.

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