•      Sans doute ne savez vous pas ce qu’est un « blob » et encore moins un « Physarum polycéphalum ». Je n’en n’avais aucune idée avant d’avoir lu un article dans la revue « Pour la Science ».
        Les scientifiques appellent cette plante particulière le « blob » en pensant au monstre d’un film d’horreur, visqueux et gluant. Elle ressemble à une moisissure, ou une levure, de couleur jaune vif, et elle a une particularité rare : elle est formée d’une seule cellule, mais, alors que la taille d’une cellule est habituellement de quelques microns et qu’elle ne possède qu’un noyau, le blob unicellulaire peut s’étaler sur plusieurs mètres carrés et comporter des milliards de noyaux.
        Et ce n’est pas sa seule originalité.
        Si cette plante est classée dans la catégorie des « fungi » (levures, moisissures et champignons ), elle a certaines caractéristiques de comportement du monde animal.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetationarbres2/blob.jpg
        En général les cellules des organismes évolués se reproduisent par mitose : le matériel génétique se duplique, puis se sépare; les noyaux se séparent tous deux identiques et deux cellules diploïdes (les chromosomes vont par paires) se séparent (cf. schéma ci-dessous).
    http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetationarbres2/350pxEvenementsimportantsenmitosesvg.png    Le « blob » se reproduit très différemment et a une structure très particulière.     
    Comme par exemple les champignons, des protubérances de la cellule produisent des spores qui donnent naissance à des gamètes, qui n’ont qu’un seul chromosome (haploïdes), et qui fusionnent pour donner une cellule fille à deux chromosome (diploïde).
        Mais chose rare, dans le cas du blob, cette cellule ne va pas se diviser en deux autres identiques, mais seuls les noyaux vont se diviser et l’on n’aura qu’une cellule unique qui grandit peu à peu avec une multitude de noyaux, mais qui peut se reproduire selon le même cycle; (cf. schéma ci-dessous).

    http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetationarbres2/blobrepro.jpg
        Seules des gamètes de sexes différents peuvent fusionner, mais pas de problème de rencontre pour les blobs, car il y a 720 sexes différents !!
        De plus le blog a une propriété particulière : si vous coupez un blob en deux, vous avez deux blobs parfaitement vivants et en pleine forme. A l’inverse si vous mettez deux blobs en contact, ils fusionnent en un seul blob, évidemment plus étendu, mais avec une parfaite entente au sein du nouveau blob.

        Le blob se déplace, notamment pour trouver sa nourriture. Il est parcouru par un réseau de « veines » dans lesquelles circule un liquide qui contient des protéines et des nutriments. Le courant du liquide dans ces veines s’inverse toutes les deux minutes, exerçant ainsi des pressions uniformément réparties sur la cellule. Mais si le blob veut se déplacer, il privilégie une direction dans laquelle le liquide se déplace davantage et exerce donc une pression directionnelle sur la cellule, qui alors se déplace dans cette direction, à quelques centimètres par heure.

        Le blog se nourrit de spores, de bactéries, de champignons et moisissures. Comme il n’a pas de bouche, il phagocyte ses proies : il se lie à elles par ses pseudopodes et des «colles» utilisant des glucoses. Il y a alors une fusion de la paroi de la proie avec la membrane de la cellule blob et la cellule va digérer sa proie grâce à des enzymes.

        Les blobs ont des comportements proches d’animaux, en ce sens qu’on peut leur faire subir un apprentissage, qu’ils peuvent transmettre à d’autres blobs si on les fusionne et on les re-sépare ensuite.
        
    Savez vous ce qu'est un "blob" (pas un blog!)     Ainsi les blobs peuvent s’habituer au milieu. Si on les sépare de nourriture éventuelle par un chemin qu’ils vont emprunter pour se l’approprier, on peut mettre sur ce chemin un produit chimique répulsif (du sel par exemple).
        Le blob va alors mettre beaucoup de temps pour parcourir le chemin. Mais si on répète l’expérience plusieurs fois, il mettra de moins en moins de temps, ayant acquis de l’expérience par apprentissage.

    Savez vous ce qu'est un "blob" (pas un blog!)    Plus étonnant, les chercheurs ont placé deux blobs devant deux entrées proches d’un labyrinthe, et de la nourriture à deux sorties de cet espace.
    Les deux blobs ont commencé à se propager dans le labyrinthe, ont fusionné entre eux et ont peu à peu rempli tout l’espace du labyrinthe jusqu’aux deux stocks de nourriture. Puis, une fois cette nourriture repérée, ils se sont retirés de toutes les parties inutiles du labyrinthe, n’occupant plus que les deux plus courts chemins des entrées à la nourriture.

    Savez vous ce qu'est un "blob" (pas un blog!)    Encore plus étonnant, les chercheurs ont disséminé tout autour d’un blob des flocons d’avoine en divers emplacements. Le blog est alors allé chercher sa nourriture en s’étalant sur l’emplacement; mais dans la cellule chaque fois que le blob trouvait un nouveau flocon d’avoine, une veine apparaissait dans sa circulation, entre le point précédent et le nouvel emplacement. A la fin de l’expérience un réseau de veines s’était formé dans la cellule, reliant tous les points où se trouvaient des flocons d’avoine. Mais le réseau ne comportait que les chemins les plus courts en ligne droite, et avec une redondance minimale, les chemins inutiles ayant été éliminés.

        A croire que les blobs ont appris la géométrie et la théorie des graphes !!

        Les chercheurs ont alors fusionné des blobs « initiés par apprentissage », avec des blobs « naïfs » qui ne l’avaient pas subi. Au bout de diverses durées ils ont séparé les blobs fusionnés. Si la fusion avait duré plus de 3 heures, les deux blobs avaient les mêmes « connaissances » : le blob initié avait transmis ce qu’il avait appris au blob naïf.
        On ne connaît pas exactement le mécanisme de cette transmission, mais il est de nature chimique, soit par formation de composés chimiques par apprentissage, soit par modification épigénétique de l’ADN, modifications transmises d’un blog à l’autre demandant une durée d’environ 3 heures.
       
    Nota : les schémas sont empruntés à l’article de la revue « Pour la Science ».


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  •           Je suis en vacances en Bretagne et dans mon jardin, il y a quelques pins
              Cette année, une grosse tempête a eu lieu début mars et j’ai trouvé quelques branches de pins au sol, arrachées par le vent et certaines avaient des « bouquets »  de pommes de pins à divers stades de maturité. En voici une photo. 

              En bas à droite les « bébés » pommes de pin, en grand nombre; mais ce sont les « cônes » mâles du pin. Ce sont eux qui portent le pollen qui va féconder les pommes femelles.
              En bas à gauche les « ados », qui ont considérablement grandi et se sont organisés en étoile.        
             En haut à gauche les « adultes », plus gros, moins nombreux, compacts et pas encore desséchés.

            Enfin en haut à droite, les « vieilles pommes de pin », à la taille maximales, devenues sèches et qui se sont ouvertes, contenant une graine sous chaque écaille, ce dont raffolent mes écureuils qui viennent visiter les pins le matin de bonne heure : Queue Rousse et Queue Noire.
           En fait ces trois stades sont ceux de pommes qui sont les « cônes » femelles du pin. Ils recevront le pollen et transformeront les ovules en graines.

               Chose curieuse, les cônes mâles et femelles poussent sur des branches différentes. Les cônes mâles poussent sur les branches inférieures de l'arbre tandis que les cônes femelles se situent sur les branches supérieures, ce qui paraît illogique, car le pollen a peu de chance de monter vers les cônes femelles.
              La fécondation se fait normalement par un autre arbre ce qui permet de croiser les fécondations et d’éviter des dégénérescences par « consanguinité ». 
              Après la fécondation, les cônes femelles restent sur l'arbre deux à trois ans, pour que la graine se développe. Les gros cônes femelles ne sont plus alimentés par la plante mère et ils sèchent donc peu à peu, ce qui provoque l'ouverture des écailles, libérant les graines qui sont le plus souvent ailées. Cette aile leur permet de parcourir de longues distances grâce au vent.

            J’ai ainsi très souvent des tout petits pins qui poussent un peu partout dans mon jardi : je les mets en pot et s’ils ne meurent pas, j’en fais des bonzaïs.


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      Peut être avez vous entendu parler du cèdre pleureur bleu de l'Atlas, qui vient d’être élu « arbre de l’année 2015 »
        Il déploie ses immenses branches dans l’arboretum du Chatenay Malabry, à 1 km de chez moi, dans la « Vallée aux Loups ».
        C’est un arbre immense puisqu’il couvre plus de 700 m2; Il mesure 13 m de haut et surtout la circonférence qu’il couvre a 28 m de diamètre environ. Vous voyez la grandeur de son tronc sur une photo avec une femme adulte à coté. (en rouge).
        Autrefois l’arborétum faisait partie des pépinières « Croux » et cette famille a vendu une partie du terrain qu’elle possédait  en 1986, au département des Hauts de Seine.
        Les pépinières existent toujours mais  ont été rachetées par Truffaut et c’est là que je vais acheter plantes et fleurs.
        L’arborétum reçoit plus de 200 000 visiteurs par an.
        Ce cèdre a un entremêlement de branches extraordinaire, qui retombent en cascade jusqu’au sol, et lui confèrent une apparence arachnéenne, et doivent être soutenues par des étais que l’on voit sur une des photos. Il aurait 130 ans environ.
        L’arbre initialement planté n’était pas pleureur, mais il aurait subi une mutation, et il est actuellement le seul cèdre pleureur bleu de l'Atlas le plus ancien, tous les autres arbres pleureurs ne provenant que de sa descendance, 
        Les graines de ses pommes de pin ne donnent pas des cèdres pleureurs, mais on peut les obtenir par greffe sur la bouture poussée à partir de la graine.à partir de cet arbre unique.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

          Les pépinières Croux vendaient de telles petites boutures et en 1979, une petite bouture de ce cèdre bleu de l'Atlas a été plantée sur ma terrasse, au 5ème étage, sur le toit de l’immeuble adjacent, dans une épaisseur de terre de 40 cm au plus. Ce petit arbre a étendu ses racines, en surface, puisqu’il ne pouvait le faire en profondeur, et il a grandi et supporté vaillamment la tempête de 1999 (le vent a soufflé sur la terrasse à 140 km/h, déplaçant une lourde table en bois sur une quinzaine de mètres).
        Mon cèdre pleureur, arrière petit fils de celui de l’arboretum, a maintenant une quarantaine d’années et vous en voyez quatre photos à la fin de l’article. Il fait environ 4 m de haut, mais ne s’est pas développé de façon circulaire, mais en fonction du vent et du soleil. Il ressemble ainsi plutôt à un dinosaure !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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