• Une "overdose de tristesse".

    Une "overdose de tristesse".

              Je vous avais dit, dans l'article d'hier, que je ferai un article sur une situation critique "l'overdose de tristesse" qui explique certains actes dramatiques.

              Ce n’est pas une notion “officielle” ni chez les neurobiologistes, ni chez les psys, c’est moi qui l’appelle ainsi, mais j’ai plusieurs fois constaté ce phénomène.
              Un ado ou un jeune peut avoir des problèmes, nombreux mais assez bénins et être actif joyeux, plein de vie. Personne ne s’attend à quoi que ce soit.
              Et puis un jour cela va moins bien, il est fatiguée, il a eu des ennuis : mauvaise note en classe, copains ou copines qui lui font la tête, reproches des parents ...
              Alors la tristesse le gagne et le soir, avant de dormir, il rumine sa peine.
              Ses sentiments négatifs tournent en rond dans son cerveau émotionnel, (le circuit de Papez), et à chaque ”tour” les centres amygdaliens rajoutent un zeste de stress et cela s’accumule.
              Il se sent malheureux, les larmes viennent, la tristesse augmente, il ne raisonne plus et les pensées morbides apparaissent tout à coup ! Le contact entre le cerveau émotionnel et le cortex frontal est coupé et celui ci ne peut plus prévoir les conséquences possibles des actes qu’on va commettre.
              Le jeune est là, au bord du gouffre, et il serait temps de se ressaisir.

              Cet engrenage m’a été très bien décrit par une de mes correspondantes, il y a plus de 10 ans; elle est en parfaite santé, et n'appartient pas à eklablog : donc vous ne pouvez l’identifier et je peux la citer, en coupant les aspects trop personnels :

        “.....parce que on en a marre de vivre, on se dit que si c'est comme ça toute la vie , il vaut mieux abandonner tout de suite.
        parce qu'on est lâche et qu'on préfère la facilité plutôt que de se battre .
        parce que les choses tristes se reflètent en nous comme dans un labyrinthe de miroirs et sont décuplées et nous font plus mal qu'elles ne devraient.
        parce que on renonce à chercher le bien et l'on ne pense plus qu'au mauvais
        parce qu'on se dit que ça ne changera jamais quoi qu'on puisse faire
        parce que c'est rapide, simple, qu'on se dit qu'on ne fera plus de mal
        parce qu'on a l'impression que personne ne nous pleurera
    voilà c'est tout ce que je trouve pour l'instant ...

          .....c'est complètement idiot... il suffit d'une amie qui ne va pas bien, qui t'explique ses problèmes, enfin, ce qui ne va pas, pourquoi elle est triste.
           .. puis elle te dit que elle est complètement folle, que ses parents vont la faire enfermer , et que pour ça il n’y a qu'un moyen de se délivrer;
         ... alors t'essaies de lui expliquer que c'est pas vrai, que c'est quelqu'un de génial, que tu l'adores plus que tout, mais elle te croit pas...
         ....et ça continue...

          ....et c'est comme ça que t'as envie de mourir, parce que tes amis, ce sont des gens auxquels tu tiens énormément, et rien que d'imaginer une semaine sans eux, c'est dur, mais une vie c'est impossible, alors tu te dis que si t'arrives à ne rien faire pour les aider, autant partir avec eux, tu ne manqueras rien ...
          ....alors tu sens les larmes couler sur tes joues, depuis déjà plusieurs longues minutes...
          ....il n'y  a plus personne avec toi, personne sur msn; te voilà toute seule
          ... face à ce couteau de randonnée qu’on t’a offert, il y a quelques mois ...et là, tu te demandes si tu seras assez courageuse pour l'enfoncer;
          ... mais non , tu n'y arrives pas; tu as trop peur de souffrir;
          ....alors tu retournes dans l'armoire à pharmacie celle que tu as évitée depuis quelques mois,           
         ....mais là ça recommence.tu prends des plaques de médicaments
    et tu réfléchis à tout ce qui se passe de bien et de pas bien; tu sais que tu as plein de belles choses dans ta vie, mais voir des gens aimés souffrir, ça me fais énormément mal
          ...alors tu te dis pourquoi pas; tu vas jusque la salle de bain avec le verre qui te sert depuis plusieurs années tous les soirs , tu fais attention à ne réveiller personne surtout; tu reviens dans ta chambre, tu te mets bien confortablement dans le lit , les larmes continuent à tomber

         ... tu éteins ton réveil ... les larmes sont encore plus grosses, il n'y a plus personne pour te sauver ..
        ....et là, tu revois le visage des gens qui sont morts, ce qui te donne envie d'aller les rejoindre, cela fait tellement longtemps que tu ne les a pas revus;
         ...
    alors tu avales le premier cachet ... puis le deuxième , puis tu es prête à avaler tous les autres, et à attendre ton heure venir ..

        Si tu veux savoir ce que j'en pense là dans l'instant ... je pleure, je tremble comme quand je dois réciter au prof de maths la liste des intégrales usuelles que j'ai apprise la veille ....
     et je veux aller visiter un autre pays.......sauf si tu m’en empêches, vite, vite.... “


        Peut être avez vous compris maintenant, ce qu’est une “overdose de tristesse”, alors que finalement les raisons de désespoir n’étaient pas si importantes que cela.
        Dans ces cas là il faut effectivement intervenir, vite !

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  • Commentaires

    1
    Samedi 15 Juin à 09:06

    ah la depression chez les jeunes n'est pas à prendre à la légère, suffit de peu de chose, un mal être, une parole mal interpréter.. et vlan la spirale infernale commence, je ne suis pas tendance dépressive, mais jai dans mon entourage connu beaucoup de gens qui l'était, dont la tante lily sœur de ma gd mère, qui toute sa vie a été en état depressif, donc je sais plus ou moins que cela n'est pas facile et qu'ils ont besoin d'une oreille qui écoute et qui les comprend, et surtout pas de discours style faut faire comme çi, comme ça , juste soumettre des idées intelligemment.. en disant tiens on irait bien à tel endroit mais ton avis nous serait d'un bon secours.. en la jouant fine quoi.. c'est comme ça que l'on a sorti la sœur de mémé d'une depression forte.. en vieillissant ça allait mieux mais au moindre ennui, ça repartait vite… heureusement ma gd mère a été là pour sa sœur, et moi aussi, je l'aimais beaucoup, même jeune femme j'allais en vacances la voir avec ma gd mère… 

    un bon w.end, au plaisir, biz flo

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