• Notre personnalité peut elle évoluer ?

     

             J’ai fait un certain nombre d’articles sur les préférences cérébrales et la personnalité car c’est un sujet qui m’intéresse et surtout je suis persuadé qu’il est important de se connaître. Par ailleurs étudier les préférences de deux interlocuteurs ma souvent permis d’expliquer leurs différends et donc de les apaiser.

           Une question m’est souvent posée : ma personnalité peut elle évoluer, dans quel sens et pourquoi ? Puis je avoir une action sur elle.?

     

           Un premier point : pour aborder ce problème sur soi même il faut déjà bien se connaître et avoir par exemple une idée précise de ses préférences cérébrales. Je préfère cette exploration préalable au big-five, car il n’y a aucun jugement de valeur dans les préférences cérébrales et leur examen est plus complet et plus facile.

     

           La personnalité évolue au cours de la vie. Même si les préférences cérébrales sont au départ innées, l’éducation puis l’instruction les font évoluer. Elles changent aussi avec l’âge et l’expérience que nous acquérons au cours de notre vie. Le contact des autres nous font évoluer. Enfin un travail personnel ou une intervention psychothérapeutique a une action sur notre personnalité.

           Il est certain qu’une personne d’une quarantaine d’années, dont l’éducation et l’instruction sont en partie passées, qui a vécu de nombreux événements, aura une personnalité plus stable qu’une personne d’une vingtaine d’années et à fortiori qu’un adolescent.

     

           Mais il ne faut pas croire que l’on va changer complètement de personnalité (sauf maladie mentale ou accident cérébral).

           Et les changements possibles dépendent du type de personnalité que l’on a.

           Une préférence cérébrale n’est jamais manichéenne : chacun de nous utilise les deux préférences  antagonistes selon les événements, simplement il utilise sa préférée plus facilement et donc plus souvent. Mais cela plus ou moins et c’est là une condition de l’évolution possible.

           Il sera d’autant plus difficile d’évoluer sur une préférence donnée que celle-ci est très forte et que la préférence antagoniste est faible.

     Je prends une exemple : supposez que vous vouliez apprendre à quelqu’un à être à l’aise s’il fait une conférence devant une centaine de personnes. Il est probable que vous y arriverez facilement avec quelqu’un d’extraverti, sans trop de mal avec une personne moyennement introvertie, mais que vous aurez peu de chnaces d’y arriver avec quelqu’un de très introverti, très timide et replié sur lui même.

           A l’inverse vous aurez du mal à apprendre à quelqu’un de très extraverti à être très concentré et seul pour réfléchir à un problème important.

           De même vous apprendrez difficilement à être très ordonnée et à prévoir ses actions, à une personne qui ne sait pas décider et fait tout le temps de la procrastination (une préférence « P » très exagérée), et au contraire une personne très rigoriste et qui veut tout prévoir et régenter à l’avance, aura du mal à s’adapter à l’environnement et à être plus fiable face à des événements inattendus.

     

           A l’inverse la personnalité influe fortement sur notre vie. L’enfant et l’adolescent qui ont des préférences innées choisissent des activités où ils sont plus à l’aise donc dans le sens de leurs préférences cérébrales; l’adulte s’orientera si possible vers une activité qui correspond à sa personnalité, d’une part parce qu’il y réussira mieux et d’autre part parce qu’il y trouvera plus de satisfactions et de plaisir.

     Il y a donc un certain renforcement de la personnalité par son usage même, lequel est un frein à une trop forte évolution.

     

           L’âge a aussi une forte influence. On est beaucoup plus malléable étant jeune lorsque notre système d’apprentissage et de récompense est très actif et ouvert.

    L’environnement peut alors influer sur la personnalité.

           Un jeune qui de façon innée aurait tendance à se laisser vivre et à procrastiner, le fera beaucoup moins s’il est dans une famille au contraire très ordonnée et planifiée. Sans devenir une personne très rigoureuse, il apprendra néanmoins à être moins en retard, à prévoir en partie ses actions, à prendre certaines décisions importantes. 

           Chez l’adulte il y a un phénomène particulier de l’âge, concernant les préférences de prise d’information (S ou G) et celles de décision (L ou V), c’est à dire le fonctionnement de notre cortex préfrontal.

           Ces préférences sont hiérarchisées et nous avons une préférence dominante et une secondaire, et les préférences opposées tertiaire et inférieure, selon le schéma ci-dessous, dû au psychiatre CG Jung, qu’il a appelé le « chemin du serpent ».

            Ainsi un enfant n’utilise guère que sa fonction primordiale, un ado ses fonctions primordiale et auxiliaire et peu les fonctions non préférées.

            L’usage fréquent de la fonction tertiaire non préférée n’apparaît qu’après l’adolescence ou  chez l’adulte et celui de la fonction cachée, la moins facile, à l’âge mûr, voire jamais.   .

           En fait ce schéma est très variable selon les personnes, car le développement des autres fonctions dépend fortement de l’éducation et l’instruction, des circonstances et de la volonté de l’individu de développer ses fonctions tertiaire et cachée et de son vécu qui est son expérience de la vie.

          Mais en fait l’usage des fonctions tertiaire et inférieure existe toute la vie, mais n’est pas consciente quand on est jeune et le devient peu à peu.

          En fait ces fonctions inconscientes sont utilisée quand nous ne sommes pas dans notre état normal, par exemple fortement stressés ou en colère. La barre inclinée de limite entre le conscient et l’inconscient se déplace dans le sens de la flèche au fur et à mesure que l’on vieillit.

     

          En définitive on peut faire évoluer sa personnalité dans les domaines où elle n’est pas trop tranchée. Pour cela il faut d’abord bien la connaître, puis s’entraîner régulièrement pour faire évoluer une préférence cérébrale à utiliser celle qui n’est pas la préférée. Un introverti, par exemple,  peut se forcer à voir à discuter avec d’autres, à faire des exposés en public, après s’y être entrainé en privé.


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