• Le revenu universel : avantage et inconvénients.

    Le revenu universel : avantage et inconvénients.

              Pour compléter mon article sur le revenu universel de base », quels en sont les avantages attendus et les inconvénients possibles.

               L’universalité de ce revenu, versé même aux plus riches (mais dont les impôts augmenteront plus qu’ils ne toucheront ainsi), fait référence au principe de « respect de soi » : éviter la stigmatisation des bénéficiaires de l’allocation. 
               Par ailleurs quelqu’un qui est privé d’emploi est privé de légitimité sociale, et il vit tellement mal cette mise à l’écart qu’il développe des pathologies physiques ou mentales qui coûtent à la société. Le revenu universel diminuerait cette hantise, et ce fléau.
               Mais en fait le revenu universel ne résout pas le problème du chômage : il ne crée pas d’emplois.  Il rend seulement plus clair la redistribution des richesses.

               Les partisans mettent surtout en avant une notion de liberté plus grande et considèrent que l'allocation universelle entraînerait une évolution de la relation contractuelle entre les salariés et leur employeur, plus aucun salarié n'étant dans la situation de devoir accepter n'importe quel emploi pour gagner de quoi vivre : les salariés pourraient plus librement négocier leur contrat, ce qui conduirait à la suppression des emplois trop pénibles. Les salaires proposée pour les emplois pénibles devraient augmenter.
               Surtout ils voient une réaction contre la robotisation en cours du travail, qui diminue inexorablement le nombre d’emplois de bas niveau, pour le moment dans l’industrie et demain dans les services; les individus sont de mieux en mieux éduqués. Ils accepteraient de confier aux robots les tâches fastidieuses, dangereuses ou hypercomplexes, à condition de pouvoir traiter les tâches décisionnelles et créatives. 
               Mais une partie de la réflexion nécessaire à ces tâches n’est pas actuellement prévue dans le cadre du travail. La préparation de l’avenir, primordiale pour les nations, est négligée car c’est du long terme et politiciens comme industriels sont dans le court terme.
               La recherche, qui nécessite de gros moyens n’est pas encouragée : un chercheur à bac + 10 reçoit actuellement un salaire ridiculement bas. Nous ne reconnaissons que les tâches productives axées sur le court terme. Dans le domaine de l’innovation et du travail social, les tâches à long terme sont surtout du domaine contributif et confiées au volontariat et au bénévolat.
               Les partisans du revenu de base espèrent que celui ci permettrait d’abord aux jeunes de faire plus facilement des études supérieures, et d’autre part permettrait aux adultes de consacrer un temps plus important à des tâches contributives.
                Il devrait favoriser la création de microentreprises et de startups.
               Une amélioration également de la qualité de la vie en permettant de consacrer plus de temps à la vie communautaire et familiale.

                Certains craignent qu’il ne favorise l’oisiveté : donner l’argent sans contrepartie n’a pas réussi aux romains et heurte la culture que nous avons acquise depuis des millénaires « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». Certains peuvent être tentés de se laisser vivre. Cependant dans les expérimentations qui ont été faites, on n’a pas constaté un nombre important de personnes ayant cessé de travailler.
               On peut craindre aussi une certaine ubérisation du travail et que les entreprise, compte tenu de ce que les personnes touchent cette allocation, ne proposent des salaires au rabais.

              Il est certain que l’instauration du revenu universel  parie sur les qualités de l’être humain et nécessiterait malgré tout un changement de nos mentalités et de nos habitudes.
               Son financement sera difficile, mais des solutions devraient être trouvées avec des sources multiples.
               Le plus gros problème, à mon avis, est que pour le moment le problème n’a pas été assez étudié et nécessite de nombreuses expériences et mises au point. 
               Or le système ne fonctionnera bien que s’il est généralisé. Tant qu’il sera partiel ou limité à quelques pays, il introduira une telle distorsion de concurrence que cela risque de faire échouer le processus.


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