• La société favorise t'elle les extravertis.?

    La société favorise t'elle les extravertis.?

               Il y a en France, à peu près moitié-moitié extravertis et d'introvertis, mais aux USA, 60% au moins de la population est extravertie.
              Sont ils mieux adaptés que nous à leur environnement ?

               Les psys disent souvent que « Le système, à l'oral, est fait pour les extravertis. »

     Une de mes correspondantes qui avait eu 18 en français à l’écrit n’a eu que 13 à l’oral, (et elle en était vexée), car la question l’avait prise de court; en effet les introvertis ont besoin de réfléchir longtemps avant de donner une réponse, car ils veulent qu'elle soit bien argumentée et bien présentée. Elle s’est bien rattrapée depuis : elle est entrée dans les premiers à Normale Sup Sciences, rue d’Ulm, la première école scientifique française.

               C’est vrai que dans le primaire ou même au collège, les introvertis sont souvent seuls dans un coin de la cour, lisent ou discutent tranquillement, alors que d’autres parlent tout le temps et jouent à des jeux collectifs et l’on dit d’eux qu’ils sont « sociaux ».

                En fait les introvertis ne sont pas asociaux; ils sont juste moins adaptés à la vie en groupe, parce qu’ils ont besoin d’être parfois seuls et tranquilles pour se reposer et réfléchir. Ce n’est pas une question d'environnement, ni de sociabilité, mais de tempérament.

     

                En fait c’est vrai, l’enfant a besoin de relations sociales pour se construire, et donc l’école, surtout maternelle et primaire, a un rôle de socialisation.

                 Alors, c'est une institution où l'on parle tout le temps, car la pensée de l’homme est structuré autour du langage. C’est vrai que les introvertis sont souvent pris de court par les extravertis qui lèvent tout de suite le doigt et, à force de ne pas être interrogés, ils finissent par se lasser et ne plus se manifester, sûrs de ne pas être écoutés.

     Ils risquent alors d'entamer leur estime de soi, d’autant plus qu’il y a parfois sur leur bulletin « Ne participe pas assez en classe », mais ils devraient se rendre compte qu’ils disent beaucoup moins de bêtises que les extravertis qui parlent trop vite, sans réfléchir, poussés par leur tempérament.

                Certes les profs interrogent plus volontiers les extravertis, mais ils se réjouissent de ne pas en avoir 30 dans leur classe, car les gérer dans cet espace limité deviendrait vite anarchique, et les profs préfèrent en général les enfants calmes.

     

                 Bien sûr les réseaux sociaux, les fêtes et anniversaires agités sont plutôt faits pour les extravertis, et les introvertis ne sont pas toujours invités, et n'y sont pas à l'aise en général, mais ils préfèrent peut être n’avoir que quelques copains, mais de bons amis et ils se passent volontiers de ces rassemblements où les extravertis populaires et chefs de file passent leur temps à parler, à vouloir être les leaderships et à toujours avoir raison et la barre sur les autres.

                 Il peut aussi y avoir des cas extrêmes, quand des groupes (où il y a aussi des introvertis mais menés par des extravertis), prennent un introverti pour tête de turc, le traitent de « loser », d’ « intello », et le font passer pour un imbécile infréquentable, l’isolant  à la cantine face à son plateau et lui faisant subir les quolibets de la bande.

                Là il faut réagir et l’aider. C’est d’abord aux parents et aux profs de le faire, mais il faut aussi se prendre en charge soi même.

     

               Je suis personnellement nettement introverti. J’aime réfléchir et bouquiner, faire de la doc, et les réseaux sociaux et grandes fêtes ne m’ont jamais tenté. Cela a un avantage, seul ou entouré je ne m’ennuie jamais, ayant bien trop de choses à faire et à penser.

               Quand j’étais gosse, en classe, je ne levais pas le doigt tout de suite, mais quand je le faisais, la réponse était juste, et le prof, plutôt que m’interroger, m’envoyait au tableau corriger les exercices, et me demandait d’aider ceux qui avaient du mal à suivre.

                Mon grand père, qui était ingénieur, me faisait lire des documents techniques puis me les faisait résumer oralement. En première et terminale, mes parents m’ont fait faire du théâtre et cela m’a appris à poser ma voix et à articuler face au public, en le regardant.

                J’avais un petit groupe d’amis solidaires et qui s’estimaient et se respectaient et on discutait ensemble de ce qu’on allait faire, et c’est valorisant pour un introverti d’organiser cette discussion. Le sport développe aussi le sens social.

                Jeune ingénieur, j’ai eu tout de suite à diriger des équipes, chose difficile au début pour un introverti, mais comme on connaît peu à peu ses collaborateurs, la confiance s’installe, et alors que sur le plan général on reste introverti, dans le petit groupe que l’on dirige, on se comporte comme un extraverti, qui écoute volontiers les autres et essaie de les aider. 

                Le plus difficile c’est de faire un discours lors d’une réunion ou d’une cérémonie, surtout si l’on doit l’improviser. Mais si on le fait souvent et assez facilement sur des sujets techniques qu’on connaît bien, même devant des interlocuteurs importants, on finit par être capable d’improviser un minimum en toutes circonstances, même sur des sujets qu’on connaît moins.

     

                Certains introvertis se plaignent d'être trop timides et qu'ils ont tendance à être dominés pas des "extravertis intrépides". Est ce vraiment une catastrophe ?

                Nous avons vu que les introvertis ne prennent pas facilement la parole, qu’ils hésitent avant de faire connaissance, mais aussi avant de prendre un risque et qu’ils réfléchissent avant d’agir. En ce sens, ils s'exposent moins aux dangers, que les extravertis, ceux qui profiteraient de la situation, qui sont plus enclins à prendre des risques, réfléchissent moins avant l’action, et courent plus de dangers d'être confrontés a des difficultés.
                Prenons un exemple : le timide qui ne parle guère ne prend pas le risque de se discréditer en public, alors que l'extraverti qui prend sans cesse la parole pour se faire valoir, prend aussi le risque de choquer ou de se fourvoyer, ce qui peut lui óter tout crédit.
                La timidité est vraisemblablement une composante naturelle de la personnalité humaine. Depuis des centaines de milliers d'années, l’homme vit en communauté avec des individus qui ne sauraient être tous des dominateurs.
                Il faut une certaine proportion de personnes réservées, pas trop bruyantes, réfléchies, circonspectes, prudentes, hésitant a entrer en conflit, afin que la vie en communauté ne soit pas constamment parsemée de disputes et de dissensions,    
                Ainsi, les timides et les introvertis sont souvent considérés comme des pacificateurs, des gens qui « arrondissent les angles ", Ils jouent en quelque sorte le rôle de « lubrifiants sociaux ".
                Nous avons besoin d'eux, car une société sans timides serait une société de frictions constantes...
                La timidité  ne constitue pas un avantage pour la qualité de vie de l'individu, et pourtant il semble qu'elle aide au fonctionnement de la société, et même qu'elle participe au jeu de la séduction. David Buss a constaté que les femmes qui regardent tres franchement les hommes dans les yeux attirent moins un homme qui recherche une relation de confiance durable qu’une femme qui baisse les yeux timidement. La société accepte plus difficilement la timidité masculine, dès le plus jeune âge. Les parents semblent mieux tolérer la timidité de leur fille que de leur fils. !
               De nombreuses études ont été réalisées auprès de parents d'enfants très timides. Ces parents ont le plus souvent un comportement de timide introverti, ayant peu de relations humaines et donnent à leurs enfants des habitudes négatives qui renforcent leur timidité naturelle, de surptotection et de froideur affective.   
               Bien entendu il y a sûrement une composante génétique notamment de la préférence cérébrale E/I.

     

                Ceci pour vous dire qu’il ne faut pas regretter d’être introverti, pas plus qu' extraverti; chaque personnalité a ses avantages et ses inconvénients. Certes en apparence la société actuelle semble, au départ, favoriser les extravertis, mais à l’âge adulte, c’est l’inverse dans certaines professions.

     

                 Et surtout d’une part il faut que parents et professeurs aident les introvertis à mieux se comporter en groupe et à développer leur confiance en eux, mais il faut aussi qu’ils ne soient pas pessimistes sur leur sort et fassent eux mêmes l’effort nécessaire pour développer leurs capacités d’expression, de communication et de relations sociales.
    Mais c’est vrai qu’il faut aussi aider les introvertis à être optimistes et à avoir confiance en eux et empêcher certains groupes de leur nuire.


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