• Crépages de chignons à la nutella

     

    Crépages de chignons à la nutella

       J’ai vu à la télévision des scènes qui m’ont un peu surpris : une promotion sur le Nutella a déclenché des scènes d’émeutes dans plusieurs hypermarchés de la marque Intermarché : Les clients se tirent les cheveux, d'autres se bousculent et se précipitent….. sur des pots de pâte à tartiner !
        C’était évidemment intéressant : 1,41 euro le pot de 950 grammes, au lieu de 4,70 € d’ordinaire, soit 70 % de réduction. C’est évidemment sur le prix TVA comprise au taux de 5,5%, mais tout étant proportionnel, la réduction est aussi de 70% sur le prix hors taxes.
        En supposant que dans cette promotion le supermarché vende au prix coûtant, cela veut dire qu’habituellement la nutella qu’il a achetée 30€ à Ferrero, il la revend 100 € en faisant une marge de 70 €. Certes les hypermarchés ont des frais important d’approvisionnement et de main-d’oeuvre, voire de perte de marchandises, mais je pense qu’il font quand même un bénéfice confortable.
        Alors de telles promotions représentent un manque à gagner et il n’est pas question pour le commerçant de perdre de l’argent : alors on compte que le client, appâté par la nutella va acheter d’autres produits courants de consommation obligatoire : des légumes, des fruits, du lait, de la viande… Et sur ces produits il va gonfler sa marge, diminuant le prix payé aux agriculteurs et faisant payer plus cher le consommateur.
        La promotion de nutella est donc payée par les agriculteurs qui produisent viandes, lait, fruits et légumes, et par les consommateurs qui en achètent.
        Finalement, même si les agriculteurs ne semblent pas a priori concernés par les promotions sur le Nutella, ils en sont pourtant victimes. et les consommateurs ne savent plus quel est le « juste prix ».
       
        Le gouvernement s’est ému de cette situation, avant l’émeute nutella, et il a en préparation une loi qui limitera réductions et marges de promotion des produits alimentaires, ces promotions étant limitées à 34% : on pourra donc recevoir un produit gratuit pour 2 achetés, mais pas 2 produits pour un acheté.
        La vente au prix coûtant serait interdite, et le prix de vente devrait au moins comporter 10% de marge brute pour couvrir une partie des frais.
        La fixation des prix devrait être également encadrée pour que les producteurs agricoles soient moins étranglés par les gros commerçants.
        Le gouvernement rédige un projet de loi, mais reste ensuite à la faire accepter et la faire appliquer, ce qui ne semble pas une chose aisée, les distributeurs se montrant pour l’instant rétifs à équilibrer les négociations avec les agriculteurs.
       Faudra t’il organiser des boycotts des consommateurs contre les récalcitrants ?   
     

       Personnellement je vais toutes les semaines faire des courses à Auchan, mais je suis prêt à payer un peu plus cher pour que les agriculteurs puissent vivre de leur métier, et aussi à aller dans un autre supermarché, si M. Auchan ne se montre pas raisonnable et socialement responsable.


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