• La NASA publie sur ses sites des images intéressantes de notre monde.
    J'en ai sélectionné quelques unes :

    La nuit tombe sur la Terre.
    Regardez à Paris et à Barcelone, les lumières sont déjà allumées, tandis qu’à Londres, Lisbonne et Madrid le soleil est encore là. Au Sud on voit les îles dans le milieu de l’océan. La vue des îles Britanniques, de l’Islande et du Groenland est parfaite.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/Diapositive05.jpg
     

         La nuit tombe sur l'Amérique du sud

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          Les villes des Etats unis, éclairées la nuit :

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    Le détroit de Gibraltar

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    Les Alpes et le lac Léman

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         La Mer Noire

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         La Mer Rouge

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  •      Les grands observatoires français ne sont plus performants car leurs télescopes sont maintenant de diamètres trop faibles et les grands observatoires modernes sont pour beaucoup internationaux, en altitude pour profiter de la transparence de l’air et dotés de miroirs dont le diamètre est compris entre 5 et 40 mètres (voir une liste un peu ancienne sur http://astro.vision.free.fr/gdteles.php ) et un texte plus récent sur http://www.topito.com/top-plus-gros-telescopes-monde
        Voici quelques images de certains sites.

    Les grands télescopes dans le monde :

     

       L'un des plus récents et des plus puissants est le installé en 2004 au mont Graham aux USA à 3 267 m d’altitude et qui est doté de deux miroirs de 8,40 m, travaillant en biboculaire. L’installation a coûté  120 M$ et a été financé moitié par les USA et par l’Allemagne et l’Italie et elle a commencé à fonctionner en 2005 et est opérationnelle depuis 2008

       

    Les grands télescopes dans le monde :  En Europe, aux îles Canaries, l’Espagne a financé à 90% et construit en 2007 et mis en service en 2009, le “Grand télescope des Iles Canaries” (GCT) d’un coût de 130 M$.
        Son miroir principal, de 10,30 m de diamètre, est composé de 36 sections de vitrocéramiques hexagonales mesurant 1,9 m de large chacune, de 8 cm d’épaisseur et pesant 470 kg, qui sont en permanence réglées les un par rapport aux autres par un ordinateur. Poli avec une précision, de 15 nanomètres, il fournit des images d’une résolution proche de celles prises en orbite par le télescope spatial Hubble. Avec une surface totale de miroir de 75,7 m2, il est un des plus grands télescopes du monde.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/Mauna2.jpg
        Les observatoires du Mauna Kea sont une collection d'observatoires astronomiques indépendants, comptant les télescopes parmi les plus grands et les plus puissants du monde, situés au sommet du volcan Mauna Kea sur l'île d'Hawaï,  à 4200 m d’altitude
        La NASA y exploite deux télescopes jumeaux aux miroirs de 10 mètres de diamètre et un télescope de 3,60m y est utilisé par la France et le Canada
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    Les grands télescopes dans le monde :

     

     

     

     

     

     




    La NASA y exploite deux télescopes jumeaux KECK, aux miroirs de 10 mètres de diamètre (photo ci-dessus), et un télescope de 3,60m y est utilisé par la France et le Canada (photo ci-contre à droite).
    Un autre télescope de 8,30 m a été installé également par le Japon

        Le très grand observatoire de Cerro Paranal, (ci-dessous), dans le désert au nord du Chili à 2630 m d’altitude, qui comporte 4 coupoles de formes assez particulières, dotées de miroirs de 8,2 mètres, a été crée en 2001 par l’Organisation européenne pour les recherches astronomiques (ESO).

    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/Paranal2.jpg

    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/EELT42.jpgLes grands télescopes dans le monde :
       



     

     



    Un télescope doté d'un miroir de 100 m de diamètre avait été envisagé OWL, et la pré-étude avait montré sa faisabilité, mais son coût était trop onéreux (de l'ordre de 1,5 milliards) et le projet a été abandonné (voir ci dessus maquette à gauche).

       Le projet “Europeen Extremely Large Telescope” (EELT) doté d'un un miroir de 39 mètres de diamètre, forme de 798 pièces qu'il faudra joindre au micron près, sera implanté au Chili en 2026, sur le mont Armazones à 3000 mètres d’altitude, non loin de Paranal. Il devrait permettre de voir les étoiles et galaxies qui se sont formées il y a environ 13,5 milliards d’années, et de découvrir des planètes de faible masse comme celle de la Terre.
    (photo de droite).

    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/EELT3.jpg
        Il faut aussi mentionner les télescopes embarqués dans l’espace sur des satellites.
        Ils ont l’inconvénient de ne disposer que d’un espace limité et de nécessiter des moyens sophistiqués de communication pour les commander et en extraire les résultats d'expériences.
        Mais ils ont l’énorme avantage de ne plus subir les perturbations atmosphériques.
        Le télescope GAIA, lancé en 2013 par l'Agence spatiale européenne sur un satellite et être positionné à 1,5 millions de kilomètres de la Terre sur une orbite stable.
        Il sera équipé d'un miroir de 1,4 × 0,5 m² pour chaque direction de visée et de 106 capteurs CCD de 4500×1966 pixels dans un plan focal de 1,0 x 0,5 m dont les images seront ensuite transmises vers la terre. Il a dévoilé les images prises à partir de 2016.
         Hubble, en service depuis 1990 et doté d'un miroir de 2,40 m, est très connu car la NASA a publié de très nombreuses images prises par son télescope. Son remplaçant James Webb devrait être lancé en mars 2021, avec un miroir de 6,50 mètres. (cf. dernière photo)

    Les grands télescopes dans le monde :
    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/hubble.jpg



       





       

     

     

     

     

     

     

     

    Les grands télescopes dans le monde :

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  • Coupole de l'Observatoire de Paris dans le 14ème et la grande lunette d'Arago.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/coupol4.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/coupol5.jpg

        Je ne sais pas si vous vous intéressez aux étoiles, aux planètes, à l’astronomie.
        Cela m’arrive quand j’ai un peu de temps et j’ai autrefois organisé pour des ingénieurs, des conférences par des astronomes à l’Observatoire de Paris, qui nous ont parlé du métier d’astronome, des moyens dont ils disposent et des résultats des recherches dans ce domaine, et qui, par la suite, nous ont fait visiter ces lieux anciens (boulevard de l'Observatoire et avenue Denfert-Rochereau, à Paris). Je vais donc essayer de faire plusieurs articles agrémentés de photos sur ce sujet.

    Qu'est ce que l'astronomie ?

        L'Astronomie, science de l'Univers, a pour objet l'étude du mouvement, de la nature et l'évolution des corps célestes et de leurs systèmes.
        Le domaine de l'astronomie commence au dessus de l'atmosphère terrestre pour s'étendre jusqu'aux « limites » de l'Univers.
        Le champ des objets étudiés est très vaste, des plus proches aux plus lointains : les planètes et leurs satellites, le Soleil, les comètes, les étoiles, la matière interstellaire, notre galaxie, les galaxies extérieures, les quasars, la forme générale et l'origine de l'Univers.

        L’astrophysique est une branche de l'astronomie qui concerne principalement la physique et l'étude des propriétés des objets de l'univers (étoiles, planètes, galaxies, milieu interstellaire par exemple), comme leur luminosité, leur densité, leur température et leur composition chimique. Mais tout astronome est aujourd'hui un physicien et l’astrophysique et l’astronomie sont de plus en plus confondues.

     Un peu d’histoire :

        Aussi loin que remontent les données historiques, on trouve des preuves de l’existence de l’astronomie.
        Les astronomie indienne, chinoise, sumérienne, égyptienne etc.. remontent à plusieurs milliers d’années avant Jésus Christ   
        Alors que tous croyaient que la terre était le centre du monde, Aristarque de Samos fut le premier en -280 av. JC, à penser que les planètes et la terre tournait autour du soleil qu’il supposait fixe, mais sa théorie fut déclarée farfelue et hérétique.
        Ce n’est qu’au XVIème siècle que Nicolas Copernic va réhabiliter ce modèle héliocentriste, mais il y avait encore bien des sceptiques, l'Eglise catholique en particulier..
        En 1610 Galilée, grâce à ses observation avec sa lunette astronomique, découvre que la voie lactée est un amas d’étoiles, ainsi que les quatre satellites de Jupiter et montre qu’il tournent autour de cette planète.  Il étudiera Saturne et découvrira les taches solaires.
        Mais ses thèses seront censurées en 1620 par l’Eglise et, condamné à la prison à vie pour hérésie en 1633, il devra abjurer ses thèses et déclarer que son œuvre n’était que pur travail mathématique abstrait, contrairement à la “physique”.
        Pourtant Képler en Allemagne avait énoncé en 1609 et 1618, les lois de la gravitation et du mouvement des astres. En 1687 Newton explique la proportionnalité des accélérations et des forces, l’inertie et les lois d’attraction universelle.
        Ce n’est qu’en 1728 que James Bradley prouva scientifiquement la rotation de la terre autour du soleil et qu’en 1748, les oeuvres de Galilée furent réhabilitées.
        C’est au 19 et 20ème siècles que des progrès importants seront faits en astronomie avec le développement des appareils d’observation et de mesure.

    Le métier d'astronome :

        Le travail de l'astronome a pour but de faire progresser notre connaissance de l'Univers.
        Il s'appuie pour cela sur les connaissances déjà acquises, et il utilise des observations, il réalise des expériences, il fait des calculs de modélisation.
        Le rôle des observations et des instruments est particulièrement important en astronomie : en effet l'objet de sa recherche est hors de sa portée directe.
        Les objets les plus proches peuvent maintenant être atteints en utilisant des techniques spatiales, mais la très grande majorité des objets astronomiques ne peuvent être étudiés qu'en recueillant et en analysant le rayonnement qu'ils envoient.
        Le travail de l'astronome peut être spécifié par les objets qu'il étudie ou par les techniques et les méthodes qu'il emploie :
        - le soleil, les planètes, les petits corps du système solaire, les planètes extrasolaires, les étoiles (les différents types, leur évolution…), la matière interstellaire, les nébuleuses, la galaxie, les galaxies extérieures, la cosmologie…
        - il peut faire de la mécanique céleste, de l’astrophysique....
        Il peut être plus particulièrement théoricien, observateur, concepteur d'instruments…
    Il peut travailler dans les longueurs d'ondes visibles, radio, utiliser des techniques spatiales.
        La plupart du temps, il travaille dans plusieurs domaines, selon différentes techniques, et utilise plusieurs méthodes.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/tx047.jpg

        On distingue aujourd’hui de grands secteurs ;
            - l’étude du soleil;
            - l’étude des étoiles;
            - l’étude des planètes;
            - l’étude de notre galaxie;
            - l’étude des objets extragalactiques;
            - la cosmologie : l’étude de la structure et de l’origine de l’univers, de ses limites, du big-bang....
        Les techniques d’observation sont diversifiées : dans le visible, l’infra-rouge, l’ultraviolet, les ondes radio, les rayons X et les particules cosmiques.

    Quelques chiffres et sites en France :

        L’Union Astronomique Internationale :regroupe 13 530 membres en 2019, des astronomes du niveau doctorat es sciences, et essaie de coordonner leurs travaux de recherche.
        La Société 'française d'Astronomie et d'Astrophysique comprend environ 500 membres
        L’Observatoire de Paris-Meudon : emploi environ 600 emplois permanents sur trois sites : Paris dans le 14ème, Meudon et le radio télescope de Nançay, près de Bourges.
         Il emploie 90 astronomes et 250 chercheurs du CNRS, ainsi que des enseignants.
         Il a en effet :    
                    • une mission de recherche ;
                    • une mission d'enseignement avec environ 250 étudiants;
                    • une mission de diffusion du savoir vers le grand public.
     
    Qu'est ce que l'astronomie ?
     
     
     
     
     
    L'observatoire de Paris :

     
     
     

    Qu'est ce que l'astronomie ?
     
     
     
    L'observatoire de Meudon et sa coupole tournante de 18,50 mètres de diamètre :
     
     
     
    Voici enfin le site de Nancay, créé en 1955 près de Bourges, grand récepteur destiné à capter les émissions du ciel et notamment du soleil dans le domaine des ondes radio de 30 MHz à 10 GHz, qui fait de nombreuses expérimentation, notamment avec la NASA

    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/Nancay-copie-1.jpg
     
    D'autres observatoires en France :
     
     
    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/Hteprovence.jpg

        L’Observatoire de Haute Provence, à 650 mètres d’altitude, près de Manosque est resté pendant longtemps le plus important d’Europe  avec depuis 1958 le télescope de 1,93 m de diamètre qui a permis la découverte en 1995, de la première planète hors système solaire.
    Ci dessous une photo de son télescope

    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/HteProvtelescope.jpg












     
     
     
     
     
     
     
     
     
              L’observatoire en haut du Pic du Midi de Bigorre, à 2 877 mètres d'altitude, dont la première coupole date de 1908, posède le plus grand télescope de France de 2 m de diamètre.
        Je vous recommande d’aller sur le site http://www.picdumidi.com/ et de faire la visite virtuelle. Le panorama est époustouflant. La visite et les documents fort bien faits.
    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences/Picmiditelescope.jpg
    Qu'est ce que l'astronomie ?
     
        Demain je publierai des photos d’autres grands sites d’observation à l’étranger, mais très utilisés aussi par les astronomes français. Puis nous parlerons dans quelques jours, de l'Univers et notamment des galaxies et des étoiles.
     
     

     

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  •    Nous avons vu hier, quelques données techniques préalables à des explications sur le champ magnétique terrestre. Nous avons vu en particulier ce qu’était l’effet dynamo.
        Dans un article du 16 octobre 2017, j’avais expliqué la structure de la Terre et j’avais dit qu’elle avait en son centre un noyau interne solide essentielle-ment métallique (alliage de fer et de nickel principalement, en proportions environ 80 %-20 %) et constitué par cristallisation progressive du noyau externe. La pression de 3,5 millions de bars, le maintient dans un état solide malgré une température supérieure à 6000 °C et une densité d’environ 13.
        Le noyau externe est liquide. Il est essentiellement composé de fer à 80-85 %, d'environ 10-12 % d'un élément léger non encore déterminé parmi le soufre, l'oxygène et le silicium, et enfin de l'ordre de 5 % de nickel. Sa viscosité est estimée à de 1 à 100 fois celle de l’eau, sa température moyenne atteint 4000 °C et sa densité 10.
        Ce métal en fusion est animé de mouvements de convection, essentiellement de nature thermique , qui interagissent avec les mouvements de la planète, (rotation quotidienne principalement, à plus longue échelle de temps, précession du globe terrestre). Le fer liquide profond est plus chaud et moins dense que celui plus près du manteau terrestre, et la poussée d’Archimède entraîne le fer liquide chaud vers le haut et celui moins chaud vers le bas.
        De plus au contact du noyau solide, le fer cristallise, ce qui entraine une modification de la composition du noyau liquide et des éléments légers, plus nombreux remontent en augmentant les phénomènes de convection.
        La rotation de la Terre joue un rôle et notamment la pseudo-force de Coriolis (voir mes explications du 15 août 2019 sur cette force), qui s’oppose à toute variation de vitesse selon l’axe de rotation de la planète, organise le fluide en colonnes tourbillonnantes parallèles à cet axe. (voir le schéma ci-dessous). Ces colonnes auraient un diamètre d’une trentaine de km (le noyau ayant un diamètre de plusieurs milliers de km).

    Quelle est l'origine du champ magnétique terrestre


        On a donc un système qui peut comporter un effet dynamo et où les mouvements du liquide conducteur sont suffisants pour empêcher une décroissance des courants électriques, et donc des champs magnétiques, mais on ne sait pas quel a été l’élément initial de déclenchement de l’instabilité.
        Les physiciens et les mathématiciens ont réussi à modéliser ces phénomènes, grâce à un système de 3 équations, la première décrivant le mouvement du liquide, la seconde décrit la formation du champ magnétique et les effets de l’induction et la troisème régit les transferts thermiques;
        En fait on ne sait pas résoudre ces équations par simulation numérique (c’est à dire par approximations successives), car les dimensions des divers paramètres sont extrèmement différentes, et ce malgré des simplifications afin de faciliter la résolution.
        Par contre Emmanuel Dormy,et ses collègues de l'Ecole Normale Supérieure de Paris ont réussi à modéliser les inversions du champ magnétique terrestre : une lent décroissance, suivi d’une période cahotique, puis d’une brusque inversion de la polarité et un rétablissement rapide de l’intensité du champ. (mais sur des millions et milliers d’années).
        A notre échelle de temps, le pôle nord magnétique (celui ou l’aiguille de la boussole est orientée vers le centre de la terre) varie de 55km par an, et se déplace autour du pôle géographique (l’axe de rotation de la Terre. (Voir figure ci dessous).
Le pôle sud magnétique est plus calme et ne se déplace que de 10 km par an.

    Quelle est l'origine du champ magnétique terrestre


        Il n’y a pas de crainte à avoir quant à une inversion de polarité du champ magnétique terrestre avant des centaines de milliers d’années, la période d’inversion où le champ est variable et faible, induisant des modifications très importantes du fonctionnement de tous les appareils électromagnétiques..

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  • La boussole et le champ magnétique terrestre.      J’ai longtemps utilisé une boussole, quand j’allais me promener dans la nature, et j’en ai une dans ma voiture et lorsque je pilotais un avion, j’avais un « compas » à coté des aides radio à la navigation.
        Je pense que mes petits enfants ne connaîtront plus ces instruments, car le GPS plus précis et plus automatisé les a remplacés.
        Néanmoins, le champ magnétique terrestre reste une réalité, mais peu de gens savent à quoi il est dû.
        Cela a longtemps été une énigme et cela pose encore de nombreux problèmes aux physiciens et mathématiciens..

        Les premières expériences sur le champ magnétique terrestre sont attribuées à l’astronome Willam Gilbert, vers 1600, qui cherchait à comprendre l’alignement des boussoles et pensait que la Terre renfermait en son sein un immense aimant et il avait conçu un petit aimant sphérique qu’il appela « petite Terre », et la boussole que l’on approchait pointait vers le pôle nord de sa « Terrella » et s’inclinait légèrement vers le centre comme dans la réalité. 

        La boussole était beaucoup plus ancienne, car au 4ème siècle avant notre ère, les Chinois utilisaient un « indicateur astral » pour se repérer. C’était une cuillère en magnétite (un oxyde de fer à aimantation permanent) dont la queue pointait vers le sud. L’usage de boussoles pour la navigation s’est propagé en Europe vers 1190.

        Mais vers 1634, Henry Gellibrant, astronome à Londres, montra que l’angle entre le pôle nord magnétique et le pôle nord géographique (la »déclinaison), qui était de 6 degré en 1622, était passé à 4,1 deg. et que cette évolution n’était pas possible avec un simple dipôle.
        L’augmentation de l’intensité du champ magnétique terrestre avec la latitude avait été établie dès la fin du XVIIIème siècle par De Rossel lors de l’expédition d’Entrecasteaux (1791-1794), à bord de la Recherche et de l’Espérance, et peut-être déjà par Robert de Paul, chevalier de Lamanon, lors de l’expédition malheureuse de La Pérouse (1785-1788), à bord de la Boussole et de l’Astrolabe.
        La première carte de l’intensité du champ magnétique terrestre fut publiée en 1825 par Christopher Hansteen

        La première représentation du champ magnétique terrestre sous forme mathématique fut proposée par Karl Friedrich Gauss en 1838. Son modèle, calculé à partir des valeurs de déclinaison, d’inclinaison et d’intensité extraites des cartes magnétiques alors disponibles, est remarquablement performant et proche des modèles actuels. Le modèle de Gauss confirme la nature dipolaire et géocentrique du champ magnétique terrestre qui, en première approximation, peut être assimilé à celui d’un aimant placé au centre de la Terre suivant une direction faisant un angle de 11°30’ avec l’axe de rotation de la Terre. Le modèle montre également que la partie principale du champ, soit plus de 90%, provient de sources situées à l’intérieur du globe terrestre.
    Le modèle simplifié permet de calculer de façon précise la position sur le globe de pôles géographique (l’axe de la terre)  et géomagnétique, mais ne permet pas de connaître la position des pôles magnétiques vrais Nord et Sud, c’est-à-dire les coordonnées des points pour lesquels l’inclinaison est verticale et la déclinaison indéterminée.
        Gauss a fait des mesures précises du champ en se servant de l’analogie avec un pendule dans le champ de gravité terrestre qui oscille avec une période T = 2π √ l/g  ou l est la longueur du pendule et g la valeur du champ de gravité -vous avez dû faire cette manipulation en terminale !. Il a montré que lorsqu’on écarte une boussole de sa position d’équilibre, elle oscille de la même façon avec une période qui ne dépend que du champ local.

        En 1895, Pierre Curie montra qu’au delà d’une température de quelques centaines de degrés (dite température de Curie), les matériaux ferromagnétiques perdent leur magnétisme, en raison de l’agitation thermique. La température augment de façon très importante lorsqu’on pénètre dans la Terre et l’hypothèse d’un définitivement écartée.
        Les physiciens Orsted et Ampère avaient montré en 1820 la relation entre courants électriques et champ magnétique, et Ampère proposa l’hypothèse d’un courant électrique se propageant dans la Terre perpendiculairement au méridien magnétique.   
    Mais l’origine en restait inconnue et par ailleurs, ce courant non entretenu se dissiperait, en raison de la résistivité, en quelques milliers d’années.
        Or certaines coulées volcaniques contiennent des éléments ferromagnétiques, qui s’alignent dans le champ magnétique terrestre du moment, et ils montrent que le champ magnétique terrestre existe depuis plusieurs milliards d’années.
        De plus, en 1906, le géophysicien Bernard Brunhes a découvert grâce à ces fossiles, que le champ magnétique terrestre s’était inversé au cours des époques très lointaines, la dernière inversion remontant à 773 000 ans.
        Depuis ce phénomène a été étudié et le schéma ci-dessous montre les dates de cette évolution (en millions d’années avant notre ère. Les périodes d’inversion correspondaient à une décroissance plus rapide de la déclinaison , l’inversion mettant quelques milliers d’années à se produire.
    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/Numeriser-copie-2.jpg    Le Le phénomène de production du champ magnétique est donc très complexe et en 1919 le physicien Joseph Larmor, de l’université de Cambridge proposa un mécanisme où une partie de l’énergie mécanique d’un fluide conducteur et convertie en courant électrique et en champ magnétique, sans qu’aucun aimant ne soit nécessaire pour initier ce phénomène, qui repose sur une instabilité. C’est ce que l’on appelle « l’effet dynamo » que je vais expliquer.

        Dans une dynamo de vélo la roue fait tourner un aimant permanent dans un bobinage, ce qui crée un courant électrique. de même si l’on fait tourner un disque dans le champ d’un aimant, ou si on remplace l’aimant par un bobinage parcouru par un courant (voir schéma ci-dessous).
    http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/Numeriser3.jpg
        Le courant produit dans le bobinage interne produit lui même un champ et si le bobinage externe est dans le bon sens, le courant qui le parcourt va augmenter, lequel augmentera le champ induit….. On a ainsi une auto-augmentation des champs et des courants : c’est l’effet dynamo.
        Pour amorcer le phénomène, il suffit d’une petite instabilité électrique ou magnétique si petite soit elle, car elle est très fortement amplifiée; C’est une instabilité.
        Un autre exemple d’instabilité est l’effet « Larsen » bien connu. Quand un micro et un haut parleur sont branchés sur un amplificateur, et que ke gain de celui-ci est trop important, il suffit du moindre petit bruit (une instabilité) pour provoquer l’équivalent de l’effet dynamo, et un son strident dans le haut parleur, que l’on ne peut arrêter qu’en diminuant le gain de l’amplificateur.   
    La boussole et le champ magnétique terrestre.    En 2006, Von Karman, à Cadarache a montré en pratique cet effet dynamo en faisant tourner du sodium fondu, contenu dans un cylindre et brassé aux deux extrémités par deux disques munis de pales tournant en sens inverse (voir figure).
        Un champ magnétique est apparu et, en faisant tourner les disques à des vitesses différentes, on a réussi à créer une inversion progressive du champ magnétique.   

        Vous avez maintenant les éléments théoriques pour comprendre ce qui se passe sous nos pieds, au centre de la Terre et qui explique le magnétisme terrestre..
        Demain je décrirai l’application de l’effet dynamo au centre de la terre dans un noyau constitué à 80% de fer liquide à haute pression et haute température.

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