• Evolution du cerveau de l'homme depuis la préhistoire.

         Quand on s'intéresse au cerveau humain, on se pose forcément la question de la comparaison à d'autres animaux et on se demande pourquoi l'homme a t'il acquit de nombreuses facultés et donc une certaine intelligence, différente de celle des animaux, notamment par le langage.
         J'avais écouté à ce sujet, une conférence très intéressante de Philippe Vernier, Directeur de l’Institut des Neurosciences de Saclay, sur l’ « Evolution de l’homme et du cerveau humain ». Je vais essayer de vous en résumer le contenu en deux articles.

        Au cours de la préhistoire, l’homme s’est peu à peu différencié des animaux aux temps préhistoriques, et, par rapport aux animaux, il est capable :
               -    d’inventer des technologies (les animaux n’inventent que des outils)
               -    d’utiliser des symboles et notamment un langage complexe.
               -    de créer une culture technique, artistique, religieuse.
               -    De faire de l’introspection.
        Il y a donc eu une certaine discontinuité à partir de laquelle l’homme s’est développé différemment et notamment son cerveau. Pourquoi ?

        L’émergence des vertébrés remonte à 450 millions d’années et celle des mammifères à 340. La divergence homme/singe ne date que de 5 millions d’années environ.
        Pourtant 95% du génome est commun entre l’homme et le singe.
        Le cerveau de tous les animaux, notamment mammifères, est bâti sur le même modèle structural:
               -    une commande centrale, le « pallium », devenu le cortex chez l’homme, qui entre autres, assure le contrôle moteur et l’interprétation des sensations.
               -    un sous-pallium support de certaines émotions, notamment du danger (le cerveau émotionnel chez l'homme et notamment les centres amygdales).
               -    l’hypothalamus et les noyaux centraux qui contrôlent la vie.
        Cette divergence a eu lieu en Afrique de l’Est à une époque de grande variabilité climatique  et elle va prendre 4,5 millions d’années.

         Si on compare certains paramètres de l’homme et des animaux, on constate
              -    que l’homme ne donne pas naissance aussi vite à sa descendance, mais qu’il vit beaucoup plus longtemps ;
              -    que la reproduction et le sevrage sont plus rapides ;
              -    qu’il a davantage accès à des nourritures variées au sein d’une société ;
              -    que sa taille et son corps ont beaucoup plus évolués, mais avec une grande variabilité. Son cerveau notamment s’est considérablement accru (cf. schéma ci dessous).


        Certains animaux ont un cerveau plus gros que l’homme : éléphant 3,5 kg contre 1,45 pour l’homme. Mais si on étudie le rapport poids du cerveau/poids du corps, on trouve, en coordonnées logarithmiques, une droite de régression de pente 0,7. Il y a une certaine variabilité, certains points étant plus ou moins écartés de la droite.
        Ceux les plus écartés vers le haut, correspondent aux animaux les plus intelligents : l’homme, les singes supérieurs, les dauphins, les baleines, les corbeaux et pies.


        Avoir un gros cerveau permet d’avoir davantage de neurones et donc de traiter plus d’informations ; en outre, par rapport aux singes, la densité de neurones dans le cerveau est deux fois supérieure chez l’homme.   
         Cela dit un gros cerveau ne rend pas forcément plus intelligent, car la densité de neurones n'est pas forcément la même et de plus la rapidité de traitement des informations dépend de l'isolement électrique des axones par la gaine de myéline qui les entoure et qui accroit considérablement la vitesse de transmission de l'influx nerveux.
         Cette augmentation du nombre de neurones s’est effectuée essentiellement sur le cortex périphérique, qui en outre s’est plissé pour tenir dans la boîte crânienne qui n’avait pas grossi autant que le cerveau. On constate que chez le fœtus, la division des cellules neuronales souches, au moment de la formation du cerveau, est plus importante et plus rapide chez l’homme, ce qui accroit considérablement le nombre de neurones formés.

     


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