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Evidemment la guerre en Iran et ses conséquences font la une des actualités.
Comme beaucoup de personnes, je n’étais pas très calé sur notre approvisionnement en pétrole et en gaz, sur le détail du prix de l'essence et du gazole en France et sur la géographie du détroit d’Ormuz.
Alors je suis allé faire un peu de doc sur internet et je me suis dit que les informations plus précises que j’avais obtenues, intéresseraient peut être certains de mes lecteurs.
Aujourd’hui je vais parler du détroit dormez et après demain je regarderai les problèmes d’approvisionnement et du prix des carburants
Qu’est ce que le détroit d’Ormuz :
C’est un passage étroit entre le Golfe persique et la mer d’Oman (voir carte en tête d’article). Ses dimensions : environ 60 km de long, environ 50 km de large à son entrée et à sa sortie, et 33 km à son point le plus étroit.
Sa profondeur est suffisante pour laisser passer les plus grands pétroliers et porte-containers du monde. Environ 3.000 navires le traversent chaque mois.
Donnant sur le golfe persique des états gros producteurs de pétrole et de gaz : l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Quatar, Bahrein, le Koweit et l’Irak. Et en face, sur le golfe persique (en vert)? l'Iran, qui achemine aussi son pétrole par le détroit.
Sur la carte sont mentionné les bases américaines, qui font l’objet d’attaques par l’Iran.
C’est effectivement facile pour l’Iran de bloquer le passage dans le détroit, en tirant sur les navires qui tentaient de franchir cette zone.
On trouve actuellement des information selon lesquelles environ 750 navires sont à l'arrêt, bloqués dans les ports du golfe persique, dont 100 porte-conteneurs. Environ 50 navires seraient français.
Le détroit est un point de passage du pétrole et du gaz : 1/4 du pétrole mondial et 1/5 du gaz naturel liquéfié. En 2025, environ 20 millions de barils de pétrole ont transité par le détroit d'Ormuz chaque jour, ce qui représente près de 600 milliards de dollars par an. (520 milliards d'euros).
D’autres produits circulent par le détroit : environ 33 % des engrais mondiaux, du soufre et de l'ammoniac, et 23 millions de tonnes par an de polyéthylène, l'un des plastiques les plus utilisés dans le monde, soit 15 % de la production mondiale. La majorité des marchandises transportées via Ormuz sur des porte-conteneurs concert la Chine et l’Inde : la moitié sont des produits industriels, chimiques et de l’automobile, l'autre moitié de l'électroménager, des meubles, du textile, des cosmétiques et de l'agroalimentaire. L’Europe n’est concernée que par 10 % du traffic
Les pays du moyen orient ont essayé de diversifier les voies de passage , mais cela ne concerne qu’une faible partie des produits pétroliers : L'Arabie saoudite a transformé un ancien gazoduc en oléoduc pour exporter une partie de son pétrole par la mer Rouge (5 millions de barils par jour) mais cela allonge la durée et augmente les coûts de transport vers l’Asie. Les Emirats arabes unis ont réalisé un oléoduc pour acheminer leur pétrole via le port de Fujaïrah, en dehors du détroit, d'une capacité de 1,5 million de barils par jour, soit la moitié de la production nationale. L'Iran a développé le terminal de Djask, dans l'est du pays, qui peut accueillir environ 350.000 barils par jour, soit 20 % des exportations iraniennes.
On comprend mieux l’inquiétude provoquée par le blocage du détroit d’Ormuz : sa fermeture est une catastrophe pour tous les pays producteurs de la région. Pour les acheteurs, 82 % du pétrole transitant par Ormuz est destiné à la Chine; l'Inde, le Japon et la Corée du Sud sont également concernés. L’Europe est peu concernée, bien qu’elle achemine un peu de pétrole et de gaz ainsi que des engrais, mais elle subit, comme les autres pays, l’augmentation des prix mondiaux du marché.