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Cet article est un résumé d’un exposé d’Amelie MöhringGeisler, psychologue à l’université de Greifswald
L’utilisation du smartphone a explosé en 15 ans. Selon une étude menée en 2021, chaque Français ou Allemand passe, en moyenne, 3 h 30 par jour sur son smartphone, et plus de 5 heures pour un Brésilien et 3 heures pour un Chinois. (graphique ci-dessous).
Certains, à peine levés, le regardent pour consulter les dernières notifications, et le soir, le posent près du lit juste avant de s’endormir pour être sûr de ne pas rater un SMS.
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Une partie de ce temps est consacré aux réseaux sociaux et des effet toxiques apparaissent, notamment parmi les jeunes, dus aux comparaisons et aux fausses informations, se traduisant notamment par des troubles du comportement alimentaire et des actes de harcèlement en ligne. Récemment, la dépendance aux jeux vidéo en ligne (internet gaming disorder) a été incluse dans l’annexe du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5).
Nous ne sommes pas tous égaux devant ce risque. Une étude a montré, en se référant au "big five", qu’un faible niveau de « concienciosité » (le fait d’être méticuleux, organisé, ponctuel), ou qu’une médiocre maîtrise de soi (personnes agissant souvent par impulsion, résistant difficilement aux plaisirs immédiats), ou qui sont peu coopératives, confiantes et compatissantes, passent en, moyenne, plus de temps sur les médias sociaux que les autres.
En général, les femmes utilisent davantage leur téléphone portable pour discuter, tandis que les hommes préfèrent les jeux vidéo.
Certaines fonctionnalités des applications, jeux vidéo, réseaux sociaux, plateformes de discussion contribuent au comportement problématique, voire addictif, des utilisateurs, en créant des outils immersifs vous obligeant à rester sur le site, car plus on passe de temps sur une application, plus on en dit sur soi-même, plus on livre des données personnelles, ce que recherchent ces plateformes, car elles tirent profit en revendant ces informations. (Voir mon article du 25/11/2021 « Comment influencer les enfants sur internet ? »).
Christian Montag, de l’université d’Ulm, a dénoncé six comportements pervers des propriétaires des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram,et TikTok.....).
Le « flow »:
Les fils d’actualité présentent des informations, des photos, des vidéos et des publicités, sans fin, qui attirent votre œil, et empêchent de faire attention à ce qui se passe à l’extérieur. Vous faites défiler le menu, sans jamais arriver au bout. Vous passez d’une vidéo à une autre, sans rien retenir, et sans vous rendre compte que le temps passe vite. Les psychologues appellent cela un état de ‘flow", une sensation de bien-être et de plénitude qui intervient lorsqu’on est complètement absorbé par une activité.
L’effet de possession et d’appropriation :
Vous pouvez télécharger une nouvelle application ou un nouveau jeu.qui ensuite vous appartient. En ne faisant pas payer l’application au départ, et en favorisant une progression rapide, les opérateurs permettent à l’utilisateur de s’approprier le jeu et il faut souvent ensuite payer si l’on veut continuer et accéder au niveau suivant.
La pression sociale :
Lorsque vous envoyez un message à quelqu'un, apparaissent « message envoyé » et « message lu ». On attend la réponse, on est énervé si elle tarde, et on est ainsi incité à répondre le plus vite possible.
L’appartenance à un groupe intensifie cette attitude et on est incité à rester plus longtemps sur le site.
Flatter vos opinions.
Nous passons plus de temps sur des contenus en ligne qui correspondent à nos propres opinions que sur des informations qui ne nous plaisent pas.
Quand on souhaite maintenir les gens le plus longtemps possible en ligne, on conçoit des algorithmes qui font des statistiques sur les opinions, goûts et désirs des internautes et choisissent des contenus conformes à ceux-ci.
Jugement de valeur
Une production que vous avez faite et qui n’est pas appréciée vous déçoit, alors que l’inverse vous apporte de la satisfaction, du bien être de votre système de récompense.
Cette recherche d’un avis positif sur ce que l’on fait, est un moteur essentiel de l’activité sur les réseaux sociaux, et va nous pousser à y passer du temps pour éviter de chuter en matière d’estime et de popularité.
Interrompre votre activité :
On a tendance à mieux se souvenir d’une tâche qu’on a réalisée si celle-ci a été interrompue alors qu’on cherchait à la finir et on souhaite en général la terminer, même sans y être incité, ce qui crée un état de tension qui incite à revenir pour le faire. Le mécanisme des « vies » dans les jeux exploite cette tendance appelée l’effet « Zeigarnik ».
Certes les réseaux sociaux répondent à un besoin humain important, de créer des liens et de partager avec autrui, mais il faut se demander s’il est normal de surveiller les données des utilisateurs et de les utiliser à leur insu, afin qu’ils restent en ligne plus longtemps, examiner comment nous pourrions rester moins longtemps en ligne, éviter une certaine dépendance et garder un temps suffisant pour notre travail ,notre sommeil ou notre repos.