/image%2F0667140%2F20260210%2Fob_6f297d_retours-a-sels-fondus-vdn.jpg)
Les réacteurs à sels fondus. RSF, sont des réacteurs de natures diverses, dont le point commun est d’utiliser un milieu liquide constitué d’un sel mixte fondu servant à la fois de combustible nucléaire et de caloporteur..
Ce liquide circule entre le cœur du réacteur, où la réaction en chaîne est rendue possible par la géométrie de la« zone critique », et l’échangeur où la chaleur produite est évacuée vers un circuit intermédiaire.
La nature des réacteurs diffère selon :
- la nature des sels formant le combustible : chlorure ou fluorure ;
- les combustibles utilisés : uranium, plutonium et/ou thorium, en mélange ou non avec des actinides.
- l’énergie des neutrons provoquant les fissions : rapides ou thermiques ;
- modérateur utilisé éventuellement pour les filières à neutrons thermiques.
L’intérêt des réacteurs à sels fondus est leur grande sureté.
Le danger dans un réacteur est une excursion de puissance très rapide, non prévisible et qui laisse peu de temps pour réagir, et l’échauffement du cœur qui en résulte qui put provoquer jusque’à la fusion du cœur, surtout s’il y a un défaut du débit du circuit de refroidissement.
L’emploi d’un combustible de sels fondus a une propriété auto-stabilisante : le liquide étant beaucoup plus dilatable qu’un solide, l’échauffement entraine une baisse de la densité de noyauxfissiles dans le cœur, ce qui fait baisser la réactivité.
Pour piloter le réacteur, et ajuster sa puissance, on joue sur le débit des échangeurs de chaleur : augmenter le débit du circuit secondaire et donc l’extraction de chaleur du circuit primaire entraîne une augmentation de la puissance fournie, et inversement pour une diminution du débit.
On peut donc faire varier relativement vite l’énergie électrique fournie, ce qui est intéressant sur un réseau utilisant des énergies intermittentes.
Un autre avantage est de ne pas craindre les ruptures de gaines de combustibles, sous l’effet de la chaleur et de la pression des produits de fission gazeux.
Le combustible est plus simple à fabriquer et à traiter après utilisation, pour séparer les produits de fission et le PU 239.
Par contre la chimie des sels, mélangés aux produits de fission est complexe, et n’est pas actuellement totalement appréhendée.
Les phénomènes de corrosion doivent être maîtrisés, car une fuite du liquide est prohibitive, puisque fortement radioactive.
La cuve est la barrière de protection assurée dans les réacteurs classiques par les gaines des barres, et le combustible irradié se déplace dans tout le circuit. Les problèmes importants de sécurité sont à ce niveau.
En ce qui concerne le combustible, on bénéficie de l’expérience acquise avec les sels de minerais.
Les sels fluorures bénéficient d’une expérience plus grande que les chlorures car le seul réacteur à sels fondus à avoir fonctionné, le MSRE (Molten Salt Reactor Experiment) américain, actif entre 1965 et 1969, était un RSF à spectre thermique ayant pour combustible des fluorure, qui, étant un plus grand ralentisseur, est meilleur dans un réacteur à neutrons thermiques que rapides.
Les réacteurs à sels fondus actuels dans le monde.
1. En service (Prototypes et Démonstrateurs)
À l'heure actuelle, aucun réacteur à sels fondus n'est utilisé pour la production commerciale massive d'électricité, mais des unités expérimentales sont actives.
2. En cours d'études et Projets majeurs
La majorité de l'activité se trouve dans le développement de Petits Réacteurs Modulaires (AMR) par des start-ups et des instituts nationaux.
En France
La France a multiplié les initiatives via le plan "France 2030" :
En Amérique du Nord
Dans le reste du monde