/image%2F0667140%2F20250702%2Fob_f941e9_unknown.jpeg)
Ayant appris à lire, vous savez évidemment ce que sont les syllabes d’un mot. Par contre je ne suis pas certain que tous mes lectrices et lecteurs connaissent précisément ce que sont les « phonèmes » et les « graphèmes », qui sont essentiels pour la compréhension du fonctionnement de la lecture et de l’écriture.
Aujourd’hui je ferai donc un article un peu difficile à lire, sur ces notions avant de poursuive ma description du fonctionnement du cerveau dans ce domaine.
Pour ne pas compliquer les choses, je ne traiterai que le cas des langues qui utilisent des lettres et des syllabes, en prenant pour exemple le français que nous connaissons tous.
Avant de lire et d’écrire, on apprend à parler une langue et celle-ci correspond à des sons. Les phonèmes sont les unités élémentaires sonores du langage parlé.
Il y a 36 phonèmes en français, 68 en allemand, 44 en anglais, 42 en italien et 24 en espagnol.
L’association de ces phonèmes, consonnes et voyelle, permet de prononcer tous les mots de la langue.
Les mots sont ensuite écrits avec une certaine orthographe, qui dépend essentiellement de leur origine et des déformations apportées par l’usage.
A un certain phonème correspond un ensemble de lettres écrites qui n’est pas toujours le même et toutes ces combinaisons existantes sont des « graphèmes » ensembles de lettres sont la prononciation élémentaire sonore est celle du phonème correspondant.
Il s’agit de la prononciation élémentaire du phonème. La prononciation réelle résultera de l’assemblage de divers phonèmes ou graphèmes correspondant aux consonnes et voyelles du mot.
Pour mieux comprendre voici la liste des phonèmes français et des graphèmes correspondant à l’intérieur de mots
Parmi les phonèmes il y a d’abord des voyelles : certes vous les connaissez bien, mais une même voyelle n’a pas toujours le même son dans la langue : c’est le cas de la voyelle « e » qui peut avoir les sons « e , « é », « è » « oe » ou « eu » (donc 5 phonèmes)
Le « a » et le « o » ont un son différent correspondant à « â » et « ô »
A coté du « i » simple, il y a le « i mouillé » (quille).
Pour le « o », il faut ajouter le « o suivi d’une autre voyelle » qui donne un son « ou » suivi de celui de la voyelle suivante. ( loin, voyage).
De même pour le « u » il faut ajouter le son « ou » et le « o suivi d’une autre voyelle » qui donne un son lié, comme dans huit ou sueur.
Il y a enfin des son particuliers correspondant à l’association d’une voyelle et d’une consonne « un », « ain », « an » ou « on »
Puis les consonnes qui donnent le son correspondant associé à une voyelle : b, d, f, g, l, m, n, p, r, t, v, z. Mais pour c, il y a la prononciation douce comme pour « s » et celle dure, comme un « k », alors que le s »s » peut aussi se prononcer comme un « z ».
Il faut en plus rajouter le « ch ».
De plus on ajoute trois consonances correspondant à des mots étrangers :
Par contre les graphèmes correspondant à un phonème peuvent être assez différent.peuvent être assez différents, comme le montre le tableau ci-dessous qui nen’est pas exhaustif et ne donne que quelques exemples..
Phonème « a » graphèmes : facilité, à,
Phonème « â » graphèmes : pâte
Phonème « e » graphèmes : ce, le
Phonème « é » graphèmes : thé, manger, mangez, mangé
Phonème « è » graphèmes : règle, seize, être, mais jouet, merci, volley crayon….
Phonème « oe » graphèmes : coeur, fleur, cercueil
Phonème « eu » graphèmes : feu, voeu, queue
Phonème « i » graphèmes : titre, pilastre, île, maïs, stylo
Phonème « i mouillé » graphèmes : fille, soleil, crayon, lion, liane, baillon, iule
Phonème « o » graphèmes : pomme, album
Phonème « ô » graphèmes : drôle, vélo, landau, radeau
Phonème « o voyelle » graphèmes : poisson, ouate oui, ouest, loin, voyage
Phonème « u » graphèmes : lune kurde
Phonème « ou » graphèmes : poule, fou, goût, où
Phonème « u voyelle » graphèmes : huit, suer nuage, ennuyeux
Phonème « an » graphèmes : gant, jambe, dent, emprise, paon, entame
Phonème « in » graphèmes : pain, daim, peinture, intenable, imparfait, symbole, moyen, synthèse….
Phonème « on » graphèmes : ballon, ombre
Phonème « un » graphèmes : un, parfum
Phonème « b » graphèmes : bac, abbaye
Phonème « c, s » graphèmes : poisson, garçon, penser, six, scie, démocratie
Phonème « c, k » graphèmes : cadeau, occasion, képi, quoi, coq, orchestre, croc.
Phonème « d » graphèmes : dada, addition
Phonème « f » graphèmes : farce, buffet, pharmacie
Phonème « g » graphèmes : garçon, langue, toboggan
Phonème « j » graphèmes : jardin, girafe, manger
Phonème « l » graphèmes : lampe, belle
Phonème « m » graphèmes : mer, flamme
Phonème « n » graphèmes : nappe, anniversaire
Phonème « p » graphèmes : pile, appartement
Phonème « r » graphèmes : rape, terre
Phonème « s, z » graphèmes : zèbre, maison, deuxième
Phonème « t » graphèmes : tante, datte thé
Phonème « v » graphèmes : vanité, wagon
Phonème « ch » graphèmes : chat, schéma, fascicte
Phonème « gn » graphèmes : gnou, ligne, manière
Cet inventaire montre la complexité de la langue française qui à un phonème (son) fait correspondre beaucoup d’écritures différentes (graphème). Sans compter certaines complications comme les lettres « muettes ». On est donc admiratif que notre cerveau, après un apprentissage arrive ainsi à lire et à écrire correctement..
C’est en particulier grêce à un petit centre de quelques millimètres qui reconnait lettres, phonèmes et graphèmes puis syjjabes et mots.
J’en parlerai après-demain