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Sociologie et inégalités sociales.

             J’ai lu deux articles de sociologie, l’un  écrit par Nicolas Duvoux, professeur en sociologie à l'Université Paris VIII, sur « Les inégalités sociales ressenties », et l’autre de Camille Peugny, professeur de sociologie à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, qui montraient, qu'en France, les inégalités scolaires se creusent tout au long de la scolarité et favorisent une stagnation sociale.

           Nicolas Duvoux a été frappé par le décalage qui existe entre l’appréciation objective des phénomènes sociaux et l’appréciation subjective que les personnes concernées en ont, notamment en ce qui concerne les inégalités qui sont analysées à partir des revenus ou des catégories socio-professionnelles. Une analyse subjective, tenant compte par exemple des mouvements sociaux, de la crise de confiance envers les institutions ou encore du niveau de satisfaction général des Français, donne une image beaucoup plus négative de l’état de la société
          Ce sociologue a mené des enquêtes dans divers milieux sociaux. Il a constaté que, si l’on constatait un très fort enrichissement des plus aisés, ce n’était pas cet accroissement des inégalités qui était le plus ressenti.
          Dans les années 60, la population avait l’espoir de progrès, d’amélioration de la situation individuelle et collective, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Une partie de la population ne croit plus en l’avenir.

         Les études montrent que objectivement comme subjectivement, on classe environ 15 % de la population comme « pauvre ». Mais certaines personnes non considérées comme pauvres d’un point de vue objectif se jugent pauvres, et inversement. On y trouve aussi bien des personnes hors emploi que des ouvriers, des employés, des salariés en emploi à temps plein, des retraités, de petits indépendants… que l’approche objective ne classe pas comme « pauvres » et qui estiment l'être.
        Les éléments rassurants sont la vie en couple et la possession d’un patrimoine.
        Les personnes seules et les retraités locataires sont ceux qui ont l’approche subjective la plus forte en matière d’insécurité sociale, car ils imaginent une dégradation inéluctable de leur situation, du fait de l’augmentation du coût de la vie.
        Il y a une demande très forte de sécurité, de stabilité, d’ancrage au sein de la société. Et les gouvernements, comme le statistiques devraient prendre en compte les données subjectives dans l’appréhension des positions sociales, en complément des données dites objectives et redonner aux citoyens de la stabilité et une capacité d’anticipation de l’avenir.

         Camille Peugny, constate que la France a la réputation d’être une mauvaise élève en matière d’inégalités scolaires.
         « Comme dans tous les pays, les élèves arrivent inégaux à l’école primaire : les enfants issus des milieux modestes maîtrisent par exemple moins de mots que ceux issus de milieux favorisés. Mais contrairement à d’autres pays, l’école française ne parvient pas à réduire cet écart. Au contraire, il se creuse tout au long de la scolarité et empêchent une évolution sociale.
       Sept enfants de cadre sur dix exercent un emploi d’encadrement. À l’inverse, sept enfants d’ouvrier sur dix occupent un emploi d’exécution »

          Pourtant tous les milieux socio-économiques ont intégré l’importance de faire les études les plus longues possibles, et la France consacre 5,4 % de son PIB aux établissements scolaires, tous niveaux confondus (contre 4,9 % en moyenne au sein de l’Europe),. En 1950, 5 % des jeunes obtenaient le bac. contre près de 80 % aujourd’hui, et la moitié d’entre eux poursuit ses études dans l’enseignement supérieur.
         Mais « Au collège, au lycée et au-delà, les filières ouvrant aux postes plus qualifiés sont très majoritairement suivies par les jeunes les plus favorisés »

         Pour Camille Peugny, le système français aurait pour objectif majeur de sélectionner ,dès les premiers âges, l’élite de demain et de nouveau objectifs et programmes s’ajoutent sans cesse.
        Il préconise deux actions : d’abord, investir plus fortement dans le premier et le second cycle, afin notamment de limiter le décrochage scolaire précoce .
       « Chaque année, autour de 8 % de jeunes quittent en effet le système scolaire sans diplôme plus élevé que le brevet. Un pourcentage inférieur à la moyenne de l’OCDE, mais qui reste socialement très marqué : 38 % des décrocheurs ont des parents sans emploi ; 19 %, ouvriers non qualifiés ou encore 13 %, employés ; alors que seulement 8 % sont issus de famille d’enseignants ou de cadres »
      
Ensuite promouvoir une éducation tout au long de la vie, « car la vraie égalité, c’est peut-être de faire en sorte que le destin de chacun ne soit jamais figé »

      Un autre sociologue, Guillaume Hollard du Centre de recherche en économie et statistiques (CREST) cite une étude qui a montré « qu’informer les élèves, à des moments clés de l’orientation, de leur position réelle dans la distribution de notes, avait une influence notable sur leurs choix, et contribuait à corriger significativement la sous-confiance dont témoignent les jeunes filles et les élèves issus des milieux les plus défavorisés ».

     J’ai essayé de résumer au mieux ces deux articles; j’espère qu’ils vous auront intéressés

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