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Que sont les cauchemars?

Qu'est-ce quels cauchemars?

Qu'est-ce quels cauchemars?   

        J'ai fait plusieurs articles sur les rêves dans la même rubrique  "Cerveau, conscience, inconscient, sommeil, rêve" , mais je n'ai pas parlé des cauchemars. Je vais donc aborder cette question aujourd'hui.

           Vous savez tous ce qu'est un cauchemar, car vous en avez sûrement déjà faits.
            C'est un rêve qui entraine des émotions assez vives, négatives et désagréables, le plus souvent un sentiment de peur et d'anxiété, et le réveil n'est pas l'instant court du rêve, mais l'émotion est telle que l'on devient vraiment conscient et qu'on se souvient du rêve qu'on a fait, même si, comme tous les rêves, il est irréel et incohérent. 

            Le cauchemar est courant et toutes les personnes en font, mais plus ou moins. La fréquence est grande chez les enfants jusqu'à 11/12 ans, puis montré ensuite, et les femmes font plus de cauchemars que les hommes.
            La sensibilité aux cauchemars est très différente d'une personne à l'autre. Ja fréquence est faible pour la plupart des adultes, mais ce peut être presque une maladie pour d'autres qui y sont soumis de façon systématique.
            Certaines maladies mentales s'accompagnait de fréquent cauchemars.
            Des études sur les jumeaux ont montré que cette sensibilité aurait un caractère génétique.
            Des études sur le lien avec la personnalité, pratiquées sur des personnes qui avait répondu à des tests du "big-five" (voir mes articles des 17, 20 et 22/02/2017 sur ces tests), ont montré deux tendances étaient associées aux cauchemars : l'instabilité émotionnelle () du big five) (anxiété, timidité, impulsivité, vulnérabilité...), et l'ouverture à l'expérience (aux rêveries, aux idées aux sentiments, aux valeurs...).

D'où viennent ces cauchemars, quelles en sont les origines ?  

            Il peut y avoir quatre causes principales :
                        - une perturbation physiologique  : vous avez mis votre tête dans votre oreiller et vous respirez avec difficulté : alors vous rêvez que vous êtes dans l'eau et que vous vous noyez.
                        - une sensation extérieure : vous êtes en train de vous réveiller mais votre cerveau ne fonctionne pas encore comme en éveil et vous entendez un bruit. Le cerveau l'interprète mal, le mélange avec des images vues la veille et tite des conclusions erronées sur ce qui se passe.
J"ai donné un exemple d'untel rêve dans un article du 12 avril 2018, dans la même rubrique.
                        - vous avez subi un traumatisme psychologique (accident, agression, maladie, deuil...) et les images correspondantes vous hantent. Le cerveau essaye la nuit de diminuer cet impôt et cherche à atténuer la force de ces souvenirs. Ces images circulent dans le cerveau émotionnel pour diminuer les connections entre neurones. Vous avez un micro-réveil et c'est un rêve qui utilise ces images. Comme elles sont sinistres, c'est un cauchemar
                        - on retrouve dans les rêves les pensées et les expériences des jours précédents, qui ont eu un impact émotionnel important. Le rêve se forme à partir des données en notre mémoire, qu’elles soient conscientes ou non, que notre cerveau “évacue” pendant le sommeil, il remet donc de l'ordre dans la mémoire et rend  de nombreux neurones à nouveau disponibles pour la journée suivante. Les sensations sont récupérées dans la mémoire par nos centres habituels d'interprétation des sensations : visuel, auditif, olfactif, sensitif ou gustatif. Au plan physiologique, tout se passe comme si arrivaient dans ces centres, des images réelles venues des yeux, des sons en provenance de nos oreilles etc.. 
            Toutes ces « pseudos-sensations » présentes dans nos centres d’interprétation des sensations constituent donc, pendant notre sommeil, des « pseudos-rêves », qui dureront toute la nuit, mais dont nous n’aurons aucune conscience au réveil.
             Mais supposons que nous nous réveillons pendant quelques secondes seulement , (ce qui peut arriver plusieurs fois dans la nuit et nous nous rendormons aussitôt), ou définitivement le matin. Alors ces sensations (images, sons etc...) vont être transmises à nouveau par le thalamus au cortex frontal, qui sera donc conscient d'une suite de sensations, peu cohérentes et d'autant plus difficiles à interpréter que le fonctionnement du cortex à l'état éveillé n'est pas entièrement revenu à la normale. Là c’est un « vrai rêve » et si ce rêve est désagréable, c'est un cauchemar.. 
              Le cortex préfrontal, encore à moitié réveillé, essaie d'interpréter comme il peut ce qu'il reçoit et le renvoie en mémoire avec les explications qu’il a pu trouver, et qui peuvent être absolument farfelues, surtout si l’éveil n’a duré que quelques secondes et qu’il n’a pas eu le temps de réfléchir.                

Les terreurs nocturnes et les cauchemars chez l'enfant :

            Une maman m'a demandé des explications sur les cauchemars de son enfant. Ce peut être un état psychique pendante le sommeil qui n'est pas un rêve ou un vrai cauchemar.

            Durant les premières heures de sommeil il arrive que l'enfant semble se réveiller, affolé, le coeur battant, les larmes aux yeux appelant sa mère. Il tient des discours incohérents de quelques mots  et si on lui pose une question, il ne répond pas, il ne se rappelle rien.
            Ces terreurs nocturnes se déroulent en fait en phase de sommeil profond. L'enfant dort toujours malgré le fait qu'il se redresse dans son lit et parle. Le lendemain il n'a plus aucun souvenir de l'événement de la nuit.   
            Ces terreurs nocturnes sont en fait des troubles de l'éveill brusque durant le sommeil profond. On peut comparer ce phénomène a une grande peur chez l'adulte : celui-ci se réveillera pour tenter de se calmer. Cependant, chez l'enfant, il n'est pas rare que la terreur nocturne ne le réveille pas pour autant : l'enfant dort toujours, et contrairement à la croyance populaire, il est bon de ne pas essayer de le réveiller car il se calmera au bout de quelques minutes et oubliera cela.
Un réveil forcé risquerait de mettre l'enfant mal à l'aise plus longtemps.
            Il est donc inutile de s'alarmer, c'est une chose parfaitement normale. La fréquence des terreurs nocturnes est maximale de trois à quatre ans jusqu'à six ans environ.
            Je n’ai trouvé aucune explication neurobiologique de ces phénomènes dans ces articles. Je pense qu’en fait le cerveau de l’enfant, comme son expérience de la vie sont tout neufs et donc il découvre beaucoup de choses, certaines dont il ne comprend pas le sens ou qu’il interprète mal.
            Les enfants ont quotidiennement des tâches énormes d'apprentissages cognitifs, sensoriels et émotifs. Ils sont littéralement noyés d'information, d'affection, de nouveautés.
            Le cerveau qui, par mesure de précaution évacue le maximum de choses inutiles, non comprises ou traumatisantes, a fort à faire dans les premières années.
            Des faits parfois envahissants et ayant un impact négatifs sont évacués en vrac et provoquent des réactions pendant des microréveils trop courts pour amener un enfant à la conscience. Pour comprendre il faudrait enregistrer la fréquence du thalamus pendant ces périodes, mais je n’ai pas trouvé ce renseignement.

            Les cauchemars sont différents. Comme je l'ai dit, ils se déroulent lors de microréveils ou de réveils plus longs, surtout dans les phases de sommeil paradoxal les plus intensément oniriques, généralement au petit matin, entre 3 et 6 heures.
            Images et histoires ne sont pas cohérentes, (ce sont des “évacuations en vrac”), mais le rêve, activité onirique dont on se souvient, implique un retour en phase d’éveil et de conscience du cerveau, qui va tenter de reconstruire l’histoire et la rendre cohérente (avec en général un succès tout relatif!!). L’enfant apeuré pourra décrire précisément le cauchemar qu’il a vécu.
            Il est prouvé que les enfants font plus de cauchemars que les adultes.
            Là encore je n’ai pas trouvé d’explications neurobiologique sur le fait que les enfants aient plus fréquemment, des rêves plus terribles que les adultes.
            Ils sont en pleine évolution psychologique et en pleine croissance cérébrale. Les cauchemars, malgré leur aspect effrayant, ont une utilité pour eux. Ils leur permettent d’évacuer les tensions et les conflits de la journée ou ceux auxquels ils sont en proie à un moment donné de leur évolution.
            Ils évacuent les conflits avec les parents, ou avec les frères et soeurs, les camarades, le premier apprentissage de la maternelle ou du primaire, la nécessité d’obéir au parents et aux maîtres.
                Pourquoi des rêves de monstres, comme l'on m'a parfois décrit ces rêves ?
            Tout simplement parce qu’un enfant en voit beaucoup dans les dessins animés et les livres, alors en dormant, il élimine ces images qui ne correspondent pas à la réalité. Et le cortex frontal, qui veut des explications logiques aux rêves, lui fait croire qu’il ne sont venu là pour leur emploi normal : manger les autres.
            Ce ne sont que mes explications, mais si vous me démontrez que j’ai tort, je suis prêt à en adopter d’autres, mieux fondées.       

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