On voit de la pub à la télé, chez les pharmaciens et dans les étalages de parapharmacie des grandes surfaces, pour des médicaments sans ordonnance pour mieux dormir. Ils ne contiennent pas de somnifères, mais de la mélatomine et quelques plantes comme la passiflore. la mélisse ou le pavot de Californie.
Ces produits sont ils efficaces ?
Voyons d’abord ce que sont les agents chimiques, dont vous avez probablement entendu parler, et qui interviennent dans l’état de veille ou l’arrivée du sommeil et notamment la mélatonine..
Notre alimentation et principalement viandes et poissons, produits laitiers, bananes et légumineuses, etc… apportent à notre organisme un acide aminé appelé le « tryptophane », dont la concentration dans le sang est en général supérieure à celle des autres acides aminés.
Un centre particulier du tronc cérébral, le « noyau raphé », va transformer le tryptophane en un neurotransmetteur très important pour le cerveau, la « sérotonine », qui intervient dans la régulation de l’humeur : anxiété, stress, dépression, phobies, et dans nos comportements sexuels et alimentaires, , ainsi que dans la sensation de douleur.
La synthèse de la sérotonine ne se fait que lorsque nous sommes éveillés et dans la mesure où nous avons une activité physique suffisante. Plus on bouge dans la journée et plus on fabrique de sérotonine.
La sérotonine est indirectement liée aussi au sommeil et donc, sans activité physique suffisante, on ne dort pas bien.
Il existe dans le cerveau, une petite glande, située sous le thalamus (voir figure ci contre), appelée « l’épiphyse » (ou autrefois la glande pinéale parce qu’elle a la forme d’une graine de pin).
Cette glande transforme la sérotonine en une hormone, la « mélatonine », souvent dénommée hormone du sommeil.
Mais cette synthèse est ralentie par la lumière extérieure que nos yeux voient, et elle est effectuée principalement la nuit, avec un maximum vers 5 heures du matin.
Il semble que la mélatonine qui diffuse dans le sang , y agisse aussi comme une hormone, et interviendrait dans la glycémie, dans l’appétit, comme antioxydant (et donc anticancéreuse); elle interviendrait aussi pour augmenter la réponse immunitaire notamment des lymphocytes
Elle agirait aussi sur notre libido, en la diminuant, surtout chez les femmes.
Surtout la mélatonine va agir sur les « noyaux suprachiasmatiques de l’hypothalamus » qui régulent notre horloge biologique ou « horloge circadienne », qui va commander toutes les variations de rythme de nos organes et fonctions corpo-relles, et notamment l’éveil, l’endormissement et le sommeil.
On a identifié vers l’an 2000, dans la rétine de l’oei,l un pigment activé par la lumière, la « mélanopsine » qui active des neurones qui transmettent leur informations aux neurones des centres suprachiasmiques, l’horloge centrale, et la recalent sur le jour lorsque la lumière revient et est détectée par notre œil..
Ces données vous feront comprendre que rester devant un écran, (téléphone, tablette…) le soir, en attendant que le sommeil arrive est la meilleure manière de bloquer la sécrétion de mélatonine et, de ce fait, de retarder la venue de sommeil.
Le fonctionnement de notre système de vie est ainsi recalé sur le jour et la nuit.
C’est ce qui explique que notre rythme de vie, et même notre moral, sont très sensibles aux saisons, à la lumière et l’ensoleillement, et au décalage horaire (notamment aux changements heure d’hiver, heure d’été), car il y a un certain conflit entre notre mode de vie et notre horloge biologique.
Petit renseignement pratique, Les noix et les noisettes sont des sources importantes de mélatonine biodisponible, c'est-à-dire facilement absorbable par l'organisme. La mélatonine est également présente chez une grande variété d'autres végétaux comestibles (maïs, tomates, pommes de terre, oignon, ail, ananas, banane, riz, avoine, orge, gingembre, etc.) mais généralement en quantités nettement inférieures
Pour vous amuser un peu , après cet exposé trop sérieux, j’ai lu une étude de psychiatres statisticiens suisses, qui ont suivi le sommeils de leurs patients les nuits de pleine lune, et ont constaté qu’ils dorment 20 minutes de moins, mettent une demi-heure de plus à rêver, et leur sommeil total est diminué de 10% tandis que leur sommeil profond réparateur est diminué de moitié !
Ce n’est pas l’influence de farfadets ou des loups garous des Alpes, mais seulement de la mélatonine, dont la production serait réduite de moitié par l’éclairage lunaire.
Personnellement j’en ai déduit que les patients en cause devaient être soignés soit pour avarice, soit pour flemme aigüe, car ils auraient pu fermer les rideaux de leur chambre à coucher, mais ils ne se sont peut être pas payés de tels rideaux.
Je ne me suis encore jamais aperçu que la pleine lune m’empêchait de dormir !
Par contre j’aime bien la photographier, au petit matin, depuis mon jardin sur le toit.
Revenons à la mélatonine.
Des travailleurs arrivent à travailler la nuit et à dormir dans la journée, alors qu'ils ont fabriqué la mélatonine la nuit et n'en synthétisent plus le jour. Certains d'entre eux ont cependant un sommeil léger et fragile, et leur prescrire de la mélatonine les aiderait à mieux dormir. De même un comprimé permet de dormir dans un avion long courrier ou de lutter contre le décalage horaire.
La mélatonine est également utile aux personnes aveugles, qui ne percevant pas l'alternance jour-nuit, ne fabriquent pas la mélatonine au bonnes heures et souffrent de décalages horaires dus à un rythme différent de 24 heures.
Par contre, la mélatonine n'aidera pas les jeunes qui ont des troubles de sommeil, le plus souvent liés au stress, sauf s'il y avait une carence révélée par des analyses.
Enfin la production de mélanine diminue avec l'âge, à partir d'environ 55 ans. Les personnes âgées ont moins besoin de sommeil et restent souvent éveillées plus tard le soir.