Je disais hier que l’énorme évolution du traitement de l’information et de la communication, avait bouleversé la science.
Aujourd’hui je parlerai de l’influence sur l’économie, la politique, l’enseignement et la place du digital dans nos vies.
Les nouvelles technologies ont envahi l’économie.
L’industrie d’abord.
Elle transforme au départ des matières premières et le commerce de celles-ci me scandalise.
Le prix de la plupart des matières premières est fixé, comme celui du gaz et du pétrole, selon la demande, à la façon des cours de bourse, et les acheteurs des intermédiaires et des grosses sociétés sont devenus des traders qui achètent et revendent à terme, sans qu’il y ait ni forcement transfert d’argent, ni surtout déplacement des marchandises. Finalement les mouvements de capitaux représentent plusieurs fois la valeur de marchandises réellement vendues et évidement, cela fait monter les prix, puisque chacun prend sa part de bénéfice. Sans internet et les ordinateurs ce ne serait pas possible.
Je n’insisterai pas sur le fait que les techniques de communication et les ordinateurs et microprocesseurs ont révolutionné la plupart des productions. Tout ce qui peut être automatisé l’est et ce n’est pas forcément un gain. Je me rappelle avoir finalement diminué les coûts en ne développant pas un logiciel de suivi de la production en série d’un atelier, mais en mettant en place de simples tableaux avec des fiches en carton, amovibles, qui permettaient de suivre les lots sur les diverses machines.
Je remarque seulement que le téléphone portable a diminué certains rendements car les gens s’en servent au travail à des fins personnelles, mais que, par contre, la hiérarchie continue à contacter des collaborateurs pendant les soirées et les week-ends.
Mais internet a transformé ventes et marketing. Les sociétés qui ne se sont pas mis à la vente en ligne, ont en général fait faillite.
Ce qui m’agace particulièrement c’est l’espionnage, la traque en ligne que nous subissons. Par exemple, chacun de nos achats en ligne, ainsi que dans un magasin dont nous détenons une carte de fidélité, permet aux commerçants de construire notre profil de consommateur et de nous proposer des produits adaptés à nos besoins et nos désirs et de nous casser les pieds avec des publicités sur nos ordinateurs et smartphones, heureuse-ment équipés du « courrier indésirable ».
La politique est un secteur où les nouveaux moyens de communication ont bouleversé les usages. Rien n’est possible pour le politicien de ne pas se servir en permanence de la télévision, d’internet et des réseaux sociaux multiples. Il doit faire face aussi à ces réseaux sociaux où n’importe qui peut donner n’importe quelle information, y compris les fausses ou celles nocives diffusées volontairement par des adversaires.
Tout est ultra-médiatisé avec la recherche du sensationnel et de l’information immédiate, sans vérifier ses sources et son exactitude.
Et le spectateur et électeur, branché en permanence sur le Web, gobe tout ce qu’on lui dit.
Par contre face à ce déluge de données, nous votons environ tous les deux ans et ce que nous mettons dans l’urne, c’est un bulletin qui ne contient que quelques octets de texte !
Une autre conséquence de ces évolutions, c’est le fichage que nous subissons.
Que des caméras nous filment, si cela accroit la sécurité, je ne suis pas contre. Je crains par contre le abus possibles de la reconnaissance faciale, si elle devient systématique, comme en Chine. Que l’administration ait une fiche regroupant les renseignements sur nous, éviterait des erreurs et un manque de communications entre services. Mais je trouve scandaleux que les opérateurs internet, vendent les données nous concernant à des services de marketing.
Un autre domaine qui subit l'influence du déluge de données est celui de l'éducation. Certes les universités étaient, il y a 30 ans, élitistes, en s'adressant uniquement à ceux qui pouvaient être présents dans les amphis et quand la connaissance était donnée oralement par l’enseignant.Tout a bien changé !
Les enseignants savent que toutes les connaissances qu'ils transmettent à leurs élèves sont déjà disponibles sur le Web. Le rôle des enseignants n'est plus d'être une source d'information, mais d’aider à obtenir les bonnes informations, à les comprendre à se les approprier et à en montrer l'utilité.
L'augmentation des capacités de stockage et de diffusion de l'information, en permettant l'enregistrement des cours en vidéo et leur accès possibles aux cours et exercices, suscite de nombreuses difficultés de matériel et de liaison mais permet, peu à peu, à ceux qui travaillent en plus d'étudier, ou qui vivent dans un village loin des universités, d’accéder à cet enseignement.
L ‘épidémie de Covid de 2010/2012 a entrainé l’obligation de cours par internet pour les collèges et lycées, et a obligé les professeurs à repenser complètement et mettre au point cet enseignement. Depuis longtemps j’ai aidé des jeunes dans leur travail et je mesure la difficulté de la tâche.
Et maintenant, on fait appel à chatGPT, pour faire les devoirs à notre place.
Le digital prend de plus en plus de place dans nos vies, que ce soit professionnel-lement, ou au quotidien, faire ses courses sur Internet, commander via certaines plateformes, prendre ses rendez-vous médicaux sur son téléphone ou aller sur les réseaux sociaux, communiquer par mail ou SMS, ou chercher de la documentation sur internet.etc. Le digital est présent dû fait que sa technologie est à la portée de tous, mais ce n’est pas facile de s’en servir, pour ceux qui n’en n’ont pas l’habitude.
La digitalisation est une bonne alternative si nous ne pouvons pas être présents ou si nous n’avons pas le temps. Il faut néanmoins faire attention à ne pas déshumaniser notre quotidien autant du côté personnel que professionnel. Mais qu’on le veuille ou non, nous sommes obligés d’en utiliser les ressources durant au moins une bonne partie de notre journée.
Certes le digital nous permet :
- De communiquer plus facilement avec le monde entier.
- De s’informer plus rapidement, une simple recherche internet peut nous donner la réponse, à condition de savoir où trouver l’information et sous quelle forme émettre nos questions, ce qui n’est pas évident.
- De gagner du temps en pouvant faire de démarches ou acheter sans se déplacer.
- De se divertir par la présence de nombreux sites de jeux, de livres numériques, de replay.
Mais il a aussi des effets négatifs :
- Le digital amène peu à peu à une dématérialisation de notre quotidien. nous avons peu de choses entre nos mains sauf nos téléphones et nos ordinateurs..
- En terme de santé il faut penser à prendre des pauses durant un temps loin des écrans, pour reposer ses yeux, pour penser à se déplacer, bouger son corps.
- Le contact avec autrui devient de plus en plus virtuel, ce qui entraine une déshumanisation de notre quotidien.
Que sera demain avec la réalité augmentée, les objets connectés et l’intelligence artificielle, les robots et peut être la crypto-monnaie ?
Finalement nous comprenons plus ou moins l'impact de ces possibilités nouvelles de collecter, stocker, transformer et transmettre de l'information . La science, la politique, l'économie, l'enseignement, notre vie de tous les jours sont impactées. Mais nous avons encore du mal à penser, réaliser et nous adapter à ces transformations, et cela d’autant plus que nous n’avons pas reçu au départ une éducation dans ce sens.
Même si l’intégration du numérique dans notre quotidien est plus que nécessaire, l’intégrer à l’extrême reviendrait à laisser de côté certaines activités vitales pour notre bien-être et il faut que nous pensions à limiter son temps d’utilisation pour réserver d’autres activités à notre esprit et surtout à notre corps.