Le développement de « l’estime de soi » est un pilier des coachs et du développement personnel, ainsi que de la psychothérapie.
Cela m’est arrivé d’ailleurs de remonter le moral de personnes, en leur montrant que tout n’était pas catastrophiques en elles, mais qu’elles avaient des qualités et avaient eu autant de succès que d’échecs. Mais ce n’est pas uniquement développer l’estime de soi. C’est seulement compenser des idées négatives par des idées positives et la personne est forcément au centre de la question.
J’ai lu sur Cerveau et Psychi un article intéressant mais un peu iconoclaste, d’Yves-Alexandre Thalmann, professeur de psychologie et collaborateur scientifique à l'université de Fribourg, en Suisse, qui montre que chercher à augmenter son estime de soi n’est pas une panacée, mais que l’important est de développer des outils et des habitudes, qui ont ensuite pour conséquence de développer cette estime.
L’auteur cite en particulier un programme gouvernemental mis en œuvre en Californie en 1986 pour renforcer l’estime de soi des élèves à l’échelle de l’État tout entier. C’était selon les politiques, la solution de nombreux problèmes, tels que la consommation de drogues et d’alcool, la criminalité, la violence domestique, les grossesses d'adolescentes, l’échec scolaire etc…
Le développement de l’estime de soi était la cible prioritaire de ces programmes et des millions de dollars ont été investis, sans qu’aucune statistique sociale n’ait montré d’amélioration dans les vingt années qui ont suivi. Si l’estime de soi des jeunes s’est améliorée, les comportements problématiques ont continué à sévir.
Une étude a suivi cet échec et a montré que si l’estime de soi augmente le sentiment de satisfaction quant à sa vie, elle n’entraîne pas d’effets mesurables quant aux bonnes performances ni la réduction des excès néfastes au sein de la société.
En 2022, le département de psychologie de l’université de Berne, et l’université de Californie ont effectué une analyse des études qui ont été faites sur le sujet, à la suite de cette étude qui bouleversait les idées reçues. Elles ont conclu que l’augmentation de l’estime de soi avait cependant des effets positifs.
D’autres études montrent aussi quelques aspects négatifs des développement de cette estime : augmentation du narcissisme, besoin d’être admiré, sentiment de supériorité et manque d’empathie. En faisant l’éloge d’un individu et de ses réussites, on ne renforcerait pas forcément son image de lui-même, mais on risque de contribuer à le rendre imbu de sa personne.
Mais les personnes ayant une bonne estime d’elles-mêmes sont plus satisfaites de leur vie et davantage heureuses. On constate également que si une bonne estime de soi n’entraîne pas automatiquement de bons résultats scolaires ou professionnels, les bons résultats, eux, entraînent une augmentation de l’estime de soi. L’estime de soi suit les performances et les résultats, elle ne les précède pas.
Finalement la réussite est due aux outils et aux attitudes que l’on a acquises : connaissances, expérience, travail , capacité d’apprentissage, plus qu’à l’augmentation de l’estime de soi que peut chercher à engendrer un stage de développement personnel.