On parle beaucoup en ce moment de l’épidémie de variole du singe. Ne connaissant pas le sujet, je suis allé lire des articles sur le site de l’Institut pasteur et sur celui de l’Organisation mondiale de la Santé, ainsi que des fiches destinées aux professionnels de la santé.
Je vais essayer de vous résumer ce que j’ai appris, en résumant dans un premier article l’essentiel de la variole normale, qui a été éradiquée et dans un deuxième article de la « variole du singe », qui est transmissible à l’homme et entre hommes.
Le virus de la variole est un poxvirus, très contagieux et qui existe sous deux formes l’une « mineure » (Alastrim), dont le taux de mortalité est faible (de l’ordre de 1%), et l’autre, « majeure », (variole dite normale), ayant un taux de mortalité élevé de l’ordre de 30%.. Il existe une troisième forme hémorragique, rare, mais mortelle à 96%.
La mortalité est due à l’accumulation du virus mais aussi aux surinfections micro-biennes notamment cutanées et pulmonaires.
La dose d’infection n’est pas connue, mais elle est estimée à quelques virus seulement ce qui est très faible. L’infection a lieu le plus souvent par voie respiratoire (aérosols), mais elle peut se faire par d’autres voies, notamment le contact avec les pustules infectées. (et avec le linge les vêtements ou les draps).
La maladie est exclusivement inter-humaine. Il n'y a aucun réservoir de virus animal et pas de transmission par les insectes.
Il n’y avait pas de traitement disponible, mais un vaccin efficace.
Une première multiplication des virus a lieu 3 jours après l’incubation, mais sans symptômes apparents. La période d’incubation est de 7 à 17 jours. Une deuxième phase apparait, avec fièvres, maux de tête. Une première lésion apparait au niveau du pharinx et permet au virus de se diffuser dans l’atmosphère.
Puis apparait la phase éruptive, la peau, principalement de la figure, se couvrant de pustules.
Les premières lésions sont plates, se transforment en lésions douloureuses fermes et surélevées, puis en vésicules remplies de liquide clair et enfin en pustules pointues et fermes, remplies de pus, devenant creuses et ulcérées. Au bout de une à deux semaines les pustules cicatrisent en croûtes, qui sèchent et tombent. (voir photos ci-dessous).
Les complications les plus courantes sont les surinfections bactériennes cutanées, pulmonaires et oculaires, ainsi qu’une septicémie généralisée. (réaction inflammatoire due à l’infection généralisée du virus). Les reins, les articulations, le cœur et le système nerveux peuvent être atteints. La mort survient dans 30 % des cas pour la variole majeure.
Les séquelles les plus courantes, chez les rescapés, sont les cicatrices du visage, présentes chez 65 à 80 % des survivants.
Le virus de la variole est extrêmement stable. Il subsiste des années dans les croutes. On a retrouvé en 2012, des virus dans le corps gelé d'une femme morte dans les années 1730 en Sibérie.
Le virus de la variole est très ancien. La maladie serait apparue dans les villages du néolithique, mais il faut une population suffisamment nombreuse pour entretenir une présence permanente du virus. Des traces de cicatrices ont été trouvées sur les visages de momies égyptiennes datant de 3 000 ans.
De très nombreuses épidémies sont relatées depuis l’antiquité, au moyen Äge. La maladie a été exportée en Amérique par les colons. De très nombreuses épidémies ont eu lieu jusqu’au 19ème siècle. Vous pouvez voir un historique sur Wikipédia.
Dès le XI ème siècle, les Chinois inoculaient une forme espérée peu virulente de la maladie en mettant en contact la personne à immuniser avec le contenu des vésicules d'un malade. C’était une forme de vaccin, mais assez dangereux.
En 1796 le médecin anglais Edouard Jenner inocule à un enfant du virus de la variole de la vache, (par contact avec le pis de la vache infectée), et le préserve de la maladie.
La vaccination correspondante est peu à peu imposée à certaines personnes) partir de 1880.
En 1899 lla vaccination est faite à partir d’un vaccin préparé en laboratoire. Et, en France la loi du 15/2/1902 rend la vaccination des enfants obligatoire.
Dans les années 50 -70 des campagnes mondiales de vaccination ont lieu et la maladie disparait peu à peu : le dernier cas de variole contracté de manière naturelle est diagnostiqué à Merca en Somalie, le 26 octobre 1977. Une fois éradiquée, la variole ne sévit pas à nouveau du fait qu'il n'y a pas de réservoir animal pour le virus.
L'éradication de la variole est déclarée officiellement par l'OMS le 8 mai 1980, le nombre de laboratoires détenant des virus varioliques est réduit, et la vaccination systématique n'est plus appliquée; elle n'est employée aujourd'hui que dans les forces armées et les laboratoires..
Vous trouverez aussi tout un historique détaillé sur Wikipédia.
Des stocks de vaccin sont conservés au cas où une épidémie surviendrait à nouveau. La recherche de moyens thérapeutiques continue : nouveau vaccin, antiviraux.
Je complèterai l’information demain avec un article sur la « variole du singe »