Je lisais récemment une étude de « Connaissance des Energies » sur l’évolution du prix du gaz, qui est le principal moyen de chauffage des immeubles. Elle prévoyait que le gaz serait environ deux fois plus cher en 2035, et en examinait les raisons.
Je vais essayer de résumer cet article en lui empruntant certains de ses graphiques.
Un premier constat : le prix TTC du gaz a beaucoup augmenté depuis 2021, malgré une limitation par l’Etat, qui a pris fin en 2023 (tarif réglementé). Ci-dessous un graphique donnant le prix du kW/h de 2020 à 2026.
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Une forte hausse vient de se produire : au 1er septembre 2026, le prix repère du gaz publié par la Commission de régulation de l’énergie s’établira à 172 €/MWh TTC contre 163 €/MWh TTC en août 2026, soit une hausse de 5,6 %. (hors abonnement qui représente un coût fixe de 500 à 600 € / mois).
Les factures se décomposent en 3 parties : la fourniture et notamment l’achat du gaz, (la « molécule »), le transport et la distribution en France, et les taxes. Ces composantes représentent, environ 40 %, 30 % et 30 % du montant de la facture et évoluent selon des modes différents.
Depuis 2021, l’Union européenne a remplacé le gaz russe acheminé par gazoduc contre du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) transporté par des navires méthaniers. La part de GNL dans l’approvisionnement européen est passée de 20 % en 2021 à 45 % en 2025.
Le gaz russe ne représente plus que 15 % des importations, contre 45 % en 2021, alors que le gaz américain est passé de 5 % à 25 % sur la même période. Produire et acheminer du GNL américain coûte 30 % à 50 % plus cher que du gaz russe et demande des infrastructures chères pour liquéfier, transporter par bateau à −160 °C puis regazéifier, et beaucoup d’énergie.
Le graphique ci-dessous représente l’origine des importations de gaz européennes.
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Le conflit entre les USA et l’IRAN et le blocage du détroit d’Ormuz ont entraîné une augmentation du cours du gaz et l’Asie cherche à diversifier son approvisionnement et cette delande agit aussi sur les cours.
Pour financer les objectifs climatiques européens, les ménages français payent une taxe carbone de 44,6 €/tonne de CO₂, soit environ 8 % de la facture de gaz. Afin de respecter l’Accord de Paris, ce prix augmentera et risque d’être multiplié par 6 d’ici 2030.
Remplacer du gaz fossile par du biométhane produit localement, est bénéfique pour le climat et notre souveraineté énergétique, mais son coût de production est de 80 à110 €/MWh en France, contre 30 à 60 €/MWh, pour le gaz fossile. L’Etat finance cette production par une taxe sur la facture de gaz.
En 2025, le biométhane ne représentait que 4 % du gaz consommé en France, mais cette part pourrait monter à 20 % d’ici 2035.
GRDF (Gaz Réseau Distribution France) doit réaliser des investissements lourds pour intégrer les gaz renouvelables, renouveler le réseau et l’adapter au dérèglement climatique, alors que la consommation est passée de 430 TWh en 2022 à 350 TWh en 2025.
Les consommateurs restants supportent ainsi une part croissante de coûts d’acheminement (le tarif d'accès aux réseaux de distribution a déjà augmenté de 13 %/an entre 2024 et 2026).
En France, l’électricité est 2 fois plus taxée que le gaz par kWh (16 €/MWh pour le gaz contre 31 €/MWh pour l’électricité). Pourtant, contrairement au gaz qui est importé, l’électricité est une énergie presque entièrement souveraine et bas-carbone. Face à cette anomaliee fiscale, la Commission européenne et le gouvernement français envisagent, depuis 2026, de réaligner ces fiscalités, évidement sur la taxe la plus forte.
Le schéma ci-dessous empile les diverses augmentations et aboutit à une augmentation de 100 € par MWh en 2024 à 190 € par MWh en 2035.
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Devant cette augmentation on serait tenté de passer au chauffage électrique, mais si cela est relativement réalisable en maison individuelle, c’est presque structurellement impossible dans des immeubles déjà construits.