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Nous en sommes, cet été, à la quatrième canicule dans le midi de la France. On a enregistré cette année une vente record des climatiseurs et des ventilateurs. Mais l’utilisation de ces appareils a entraîné des pics de consommation électrique et de nombreux foyers ont été privés d’électricité en raison de canicule, d’orage ou de feu de forêt.
Le changement climatique fragilise t’il notre réseau de distribution électrique.?
La production d’électricité demande de l’eau pour le refroidissement des centrales, mais la chaleur et la sécheresse sont particulièrement influentes en France, du fait de l’importance de l’hydroélectricité (11,4 % de la production totale d’électricité en 2025) et du nucléaire (68,1%).
Dans les centrales nucléaires, provenant du fleuve ou de la mer, l’eau alimente les circuits de refroidissement et l’eau à température plus élevée est en très grande partie, rejetée dans le milieu naturel, les prélèvements et rejets étant soumis à des seuils réglementaires, pour protéger lc milieu : si le débit du fleuve est trop faible ou sa température trop élevée, l’installation peut être mise à l’arrêt.
Nous constatons que le changement climatique entraîne de plus en plus canicules et sécheresses, qui affectent le débit et la température des fleuves et donc le refroidissement des centrales, pouvant ainsi faire chuter la production nationale d’électricité nucléaire de 10 à 15 % et hydroélectrique de 2,5 à 7 %, d’ici 2050, si les émissions de gaz à effet de serre continuent de croitre.
Le réseau de distribution électrique est lui même aussi fragilisé par la hausse des températures excessives de l’été. Les transformateurs et les postes électriques vieillissent prématurément, ont un rendement moindre et peuvent même subir un court-circuit et les lignes aériennes, ont une capacité de transport dépendant de la température extérieure et subissent des dilatations importantes qui diminuent la distance au sol entre deux pylônes.
Par ailleurs la consommation augmente du fait de l’utilisation des moyens de climatisation, à laquelle s’ajoute l’ augmentation due à la généralisation de l’électricité dans le chauffage et le transport, et par ailleurs les températures élevées augmentent la consommation d’énergie des batteries (de véhicules ou de stockage).
En période estivale classique, la puissance électrique globale sur le réseau français tourne généralement autour de 45 à 50 GW (gigawatts) en journée.
Lors des vagues de chaleur, la puissance appelée peut atteindre 55 à 60 GW, soit une augmentation globale de l'ordre de 10 % à 20 %.
Pour 2050, RTE anticipe une hausse des appels de puissance à cause de l’utilisation de la climatisation, de 14 à 28 gigawatts.
Une dernière conséquence de la sécheresse et des vagues de chaleur est une fréquence et une force plus importantes des orages, ainsi que des incendies de forêts. Les lignes de distribution électriques peuvent donc être localement endommagées.
Face à’accroissement du changement climatique, notre système de production et de distribution d’électricité doit être adapté pour faire face à l’influence des canicules, aux pics de consommation qu’elles entraînent, et plus généralement à l’augmentation de besoins en électricité due à la décarbonisation de l’énergie thermique.