J’ai lu un rapport très intéressant de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) sur les fouilles qui ont eu lieu sous Notre Dame de Paris, pendant sa reconstruction.
https://www.inrap.fr/archeologie-de-notre-dame-de-paris-avancees-des-recherches-19536
Je vais essayer de vous le résumer succinctement.
La reconstruction de Notre Dame, suite à son incendie a duré 5 ans et a nécessité la création de dalles en béton dans son sol intérieur, nécessitant de creuser la dalle. D’autre part, le fait que le public ne rentre plus dans la cathédrale a permis d’autoriser des fouilles qui ont été principalement menées par l'INRAP.
La figure ci-dessous montre la localisation des interventions archéologiques 2020 - 2024. En rose, les diagnostics ou fouilles ; en vert les prospection géophysique.
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Elles ont donné lieu à des découvertes très intéressantes et plus d’une cinquantaine d’archéologues et spécialistes y ont travaillé lors de 14 opérations.
Ci dessous la photo d’une vue générale de la fouille de la croisée du transept de Notre-Dame, prise depuis les échafaudages de montage de la flèche.
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Les niveaux les plus anciens remontent au commencement de l’Antiquité, avec la mise au jour des sols d’une demeure du tout début du Ier siècle, à 3,50 m de profondeur dans la cave Soufflot au cœur de la cathédrale.
Une découverte importante est celle du jubé (une tribune élevée formant une sorte de galerie séparant le chœur de la nef). Construit vers 1230, le jubé de Notre-Dame est détruit au début du XVIIIe siècle et seule une quinzaine de fragments de sculptures avaient été précédemment découverts lors des travaux de Viollet-le-Duc.
En 2022, plus de 1000 fragments de sculptures ont été mis au jour, dont plus de 700 éléments ayant conservé leur polychromie d’origine avec des rajouts et des réparations.
L’opération d’urgence de fixation de la polychromie et de nettoyage des blocs démarrée en 2024, s’achèvera en 2025.
Cette découverte exceptionnelle permettra une restitution informatique du jubé, chef-d’œuvre de la sculpture gothique médiévale.
Ci-après quelques photos des pièces découvertes :
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Il n’y a pas de cimetière rattaché à Notre Dame de Paris, mais , les inhumations se situent exclusivement à l’intérieur de la cathédrale.
Plus d’une centaine de tombes ont été découvertes et 80 fouillées, qui feront en 2025 l’objet d’analyses en laboratoire. Elles dataient du Moyen Age. Plus de la moitié serait celles de laïcs, leur tête étant orientée à l’ouest, et l’autre moitié, dont la tête est à l’est, face aux fidèles,, serait celles de membres du clergé. Une seule femme supposée appartenir à la noblesse.
Tous les ossements, entourés de restes de linceuls et dans des cercueil de bois clouté, enrobés dans une enveloppe de plâtre, sont ceux de personnes âgées.
Deux sarcophages de plomb, mis au jour à la croisée du transept ont été fouillés en 2022 et l’un est celui du chanoine Antoine de La Porte.
L’autre est en cours d’études pour savoir si ce serait celui du poëte Joachim du Bellay, décédé en 1560, dont l'autopsie avait révélé des signes de méningite chronique et de tuberculose, décelés également sur le cadavre retrouvé dans le cercueil..
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Ces découvertes renouvellent considérablement les connaissances sur Notre-Dame et sur l’histoire de l’île de la Cité. Elles documentent de manière ininterrompue 2000 ans d’histoire.
Vous avez sûrement, comme moi, appris en classe ce poème de du Bellay
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Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :
Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur angevin