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    Le "Bien" et le "Mal", au plan personnel ou collectif.

                A la suite de mes articles sur la délinquance des jeunes, “j’ai reçu plusieurs messages de correspondants qui me trouvaient trop tendre, et l’un d’eux m’a posé une qestion difficile et qui soulève bien des problèmes philosophiques.
              Elle a un inconvénient c’est que la réponse risque d’être différente pour chaque personne.           

              Voici la question qui concernait mon article sur la délinquance des jeunes :
                         « Vous arrive t’il de considérer que la délinquance, c’est le mal »

               Le “Bien” et le “Mal” chers à M. Trump. Vaste problème !!

               Je vais essayer de répondre à cette question, (l’occasion évidemment de vous choquer un peu !! ), mais je voudrais préciser que cette opinion date de plus de 70 ans car nous avions eu alors des discussions très intéressantes et passionnées avec notre professeur de philo, et ce sont ces discussions qui m’ont fait réfléchir au problème et je n'ai pas changé d’opinion depuis, la vie m'ayant conforté dans cette voie.

              Si l’on lit bien mes articles, je n’ai jamais approuvé les exactions faites par les jeunes (et je suis scandalisé par les actes commis ces samedis dans Paris et les grandes villes de France), et j’ai même dit clairement que je les réprouvais, car elles portent atteinte à ceux qui les subissent.
              
    Mais je n’ai pas développé cette opinion car j’estime que mon rôle n’est pas de juger les gens mais d’essayer de comprendre leur motivation et, quand j’en ai l’occasion, d’essayer d’aider certaines personnes à résoudre leurs problèmes.

              Et donc effectivement je n’ai pas employé le mot “mal” , mais que j'ai dit que c’étaient des actions répréhensibles, au sens juridique du terme, c’est à dire qui doivent entraîner une sanction judiciaire que les juges doivent décider en fonction de la loi.
              Puisque la question posée est d’ordre philosophique, voici mon opinion à ce sujet (et certain(e)s pourront repenser à leur cours de philo LoL).

              Je différencie tout à fait l’aspect individuel et personnel, du niveau collectif et sociétal. Je vais préciser cela :

              Au niveau personnel, chacun a d’abord un certain bagage génétique, qui comprend certains préjugés ancrés au cours des temps dans la culture humaine et qui constituent un inconscient collectif. (les archétypes de Jung). En général cela intervient peu au niveau moral, mais entraîne parfois des réactions de sauvegarde de l’individu face à certains dangers, impulsives et avec un très faible contrôle rationnel.
              Il y a ensuite toutes les règles éducatives que nous recevons enfants, d’abord de notre famille, avec des règles morales, éventuellement issues de convictions religieuses, mais aussi avec des “à priori” , (règles, tabous, idées préconçues, us et coutumes), issus de notre civilisation et de notre appartenance à une certaine communauté (nationale, ethnique, régionale, catégorielle, .....), qui ensuite sont complétées par des instances hors famille (professeurs, amis, et plus généralement toute personne ayant une influence sur nous).
              Ceci constitue un bagage moral qui nous est imposé et que nous acceptons enfants (plus ou moins “bien” élevés !).
              Par la suite notre cortex intervient et nous remettons partiellement en cause ces règles. Nous en acceptons alors certaines en connaissance de cause, nous en rejetons d’autres et nous transformons certaines d’entre elles.
              Nous constituons ainsi notre propre morale personnelle  (qui d’ailleurs pourra évoluer dans le temps à la suite d’événements ou de rencontres), ce que Freud et les psychologues appellent le “surmoi”.

               Pour moi, il n’y a pas (comme pour M. Trump), un “Bien” et un “Mal” universels, les mêmes qui devraient s’imposer à tous (et qui évidemment sont ceux de M.Trump et de bon nombre d’américains, et qui doivent être imposés aux autres; c’est d’ailleurs l’attitude de tous les intégristes, quelle que soit leur philosophie).
              Chaque personne a droit a son “surmoi”, à sa notion personnelle du bien et du mal, car c’est sa liberté de pensée, (y compris religieuse bien entendu), mais en conséquence de cet aspect individuel, il peut évidemment en parler, mais n’a pas à en faire de prosélytisme, car il doit respecter la liberté des autres.
              Mais cette morale personnelle ne doit pas porter atteinte à la collectivité et à son voisin. C’est l’autre aspect collectif, tout à fait distinct du premier. On doit pas croire que tout vous est permis si vous estimez que c'est « bien".

               Au niveau collectif, il ne s’agit pas d’une morale à imposer à tous : le problème n’est pas philosophique mais un problème de garanties du fait de la vie en société, d’organisation de la vie commune, de règles “juridiques” en quelque sorte. Il s’agit que chacun dans son comportement nuise le moins possible à autrui et qu’éventuellement il soit sanctionné de ses débordements.
              C’est la ” loi “, qui est en principe (en démocratie) déterminée par des représentants élus de la population et qui devrait être un certain compromis des diverses circonstances et modes de vie possibles, indépendamment de toute croyance philosophique, politique et religieuse et bien entendu des “surmoi” personnels des élus en cause.

              C’est la raison pour laquelle je ne jugerai jamais une personne sur son surmoi, sur ses notions personnelles du bien et du mal. Ces notions ne regardent qu’elle. Et si je me permettais de juger cette personne, mon jugement ne serait pas objectif, car il s’agit d’opinions discutables et subjectives, et je serais moi-même influencé par mes propres idées.
              Par contre je pourrais constater les faits : les actes de cette personne sont ils conformes à la loi qui, elle, s’impose à tous ? La loi étant définie de façon claire, cette comparaison peut être objective.
              Cela dit ce ne serait néanmoins qu’une opinion personnelle, car ce n’est pas à moi d’en juger, mais à la justice dont c’est le rôle.

              J’espère avoir répondu à la question qui m’était posée : pour moi la délinquance ne serait un “mal” que si je commettais moi même un acte non conforme à ma conscience morale, faite des règles que m’a données mon éducation et que j’ai admises, (mon “surmoi” pour les psys).
              En ce qui concerne les délinquants dont j’ai parlé, je me garderai de dire qu’ils font le “Mal”, mais je dirai qu’ils commettent des actes contraires à la loi, parce qu’ils portent préjudice à autrui.                    
              C’est une question de respect de l’autre et pour moi  un délinquant a droit au même respect de sa nature d’être humain, ce qui n’empêche pas de le considérer comme responsable de ses actes et de le sanctionner en conséquence. Devant la justice, il a d'ailleurs droit à un avocat pour le défendre

              Cela dit, je conçois que vous ayez un autre avis sur ces problèmes délicats, mais je pense qu’il est difficile de parler de “Bien” et de "Mal” universel, en restant objectif et sans se référer à sa propre conception du bien et du mal, que l’on impose alors inconsciemment aux autres.
               Cela vaut la peine d’y réfléchi
              La philosophie n’est pas une chose inutile, même pour les matheux et scientifiques, cela sert à se poser de tels problèmes et à essayer d'y répondre.

     

     

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  • LGVT et PMA

         J’ai été choqué par les propos d’une député LRM qui a écrit sur Twitter qu’il existait à l’Assemblée Nationale, «un puissant lobby LGBT ». L’élue picarde est partie en croisade contre l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, une mesure qui doit figurer dans le futur projet de loi sur les questions de bioéthique.
        J’avoue que je ne savais pas ce que voulait dire LGBT et j’ai donc appris sur internet que c’était « Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transgenre »
        Je trouve d’abord cette expression choquante et même à caractère homophobe.
    Que dirait madame Thill, si on catégorisait ainsi les religions. Elle serait sûrement scandalisée; alors il faut s’abstenir de faire cela avec d’autres..
        D’ailleurs, plusieurs ministres et députés de la majorité ont dénoncé l'«expression plus que malvenue»
        En plus c’est ridicule d’appliquer ce terme de lobby, représentatif de l’influence de multinationales ou d’industries importantes, ou à la rigueur de populations importantes et organisées (les chasseurs par exemple), à des personnes aussi dispersées et relativement peu nombreuses que sont les homosexuels.

        Je ne défends pas particulièrement les homosexuels, n’étant vraiment pas orienté vers ce genre de pratique, mais cela me choque qu’on les considère comme des gens anormaux et qu’on leur refuse des droits que l’on accorde aux hétérosexuels. Cela me paraît analogue à de la discrimination raciale.
        Je n’ai pas compris le revirement du Pape, que j’estimais beaucoup, car plus compréhensif du monde moderne et moins sectaire que ses prédécesseurs.
        Que certains jeunes aient une attirance physique pour des gens de leur propre sexe pendant quelques temps au moment de la puberté est quelque chose de normal : c’est, en quelque sorte, chercher et découvrir son orientation et peu d’entre eux sont réellement homosexuels. Les traiter de malade psychique est complètement absurde et montre une ignorance totale de la psychologie des jeunes.
        J’ai trouvé le comportement des catholiques hostiles au mariage pour tous, comme la preuve d’une intolérance extrême. On ne leur demande pas d’être homosexuels, on respecte leurs croyance, leur foi, leur conception de la morale. Mais une personne tolérante ne veut pas imposer de force ses convictions aux autres. Cela c’est le propre des intégristes, quelle que soit leur religion.
        Quant aux affirmations du péril que fait subir à la société le mariage pour tous, quant on voit la très faible proportion de la population concernée, c’est vraiment un manque total d’intelligence et de bon sens de la part de leurs promoteurs.

        Je suis contre les mères porteuses, car je pense que le lien entre la femme qui a porté un enfant pendant 9 mois est très fort, car il est inconscient, physique naturel et résulte de l’évolution. Lui enlever son enfant est une énorme source de traumatisme et peut entraîner des drames, même si la personne était initialement consentante.
        Mais par contre je ne vois pas pourquoi on refuserait aux lesbiennes le droit à la procréation médicale assistée, alors qu’on l’accorde aux femmes hétérosexuelles stériles. C’est de la discrimination. Et le comble de l’hypocrisie est que l’on ne dirait rien si une lesbienne se faisait féconder par des rapports naturels avec un ami masculin.
        J’ai entendu certains catholiques intolérants dire que ces enfants vivant sans père avec deux femmes, serait malheureux, presque anormaux ou deviendraient délinquant.
        Il se trouve que d’une part j’ai essayé d’aider de nombreux jeunes dont les parents divorçaient et que d’autre part j’ai eu, parmi les ingénieurs sous mes ordres, un couple d’homme qui élevait un enfant issu d’un précédent mariage, et deux couples de femmes, qui avaient l’un un enfant, l’autre un garçon de l’une d’elle et une fille de l’autre.
        J’ai pu constater que ces enfants étaient épanouis et heureux, et ne semblaient pas souffrir de leur condition, qu’ils considéraient comme une situation particulière normale.
        Ils étaient beaucoup plus heureux que les enfants de couples divorcés que j’ai connus, beaucoup plus nombreux.

        Finalement, plus que les LGBT qu’elle dénonce, madame Thill fait partie du lobby des minorités religieuses radicales et intolérantes.
        Comment pourrions nous enseigner mieux la tolérance à l’école, qui se veut égalitaire et laïque, c’est à dire respectueuse de tous et de leurs valeurs, pourvu que ce soit réciproque.

    LGVT et PMA

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  • Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.

       Ces derniers jours j'ai mis à jour le nouveau système de mon Mac (OS Mojave) et j'en ai profité pour faire un peu de rangement dans mon ordinateur, mettre en archives et vérifier mes sauvegardes.

     
      J'ai retrouvé un poème d'une de mes correspondantes un peu philosophe, avec laquelle je discutais souvent, mais que j'ai perdue de vue depuis qu'elle a fini ses études.
         Son article traitait des gens malheureux et montrait que pour remonter la pente la volonté de s'en sortir était indispensable, ce que j'ai bien souvent vérifié.
         Son poème m'avait paru remarquable (elle avait seize ans quand elle l'a écrit) et c'est pour cela que je l'avais gardé. Je le publie à nouveau  :.



    N'abandonne surtout pas
    Lorsque dans la vie rien ne va plus,
    que les problèmes tourmentent ton esprit
    et que l'argent te cause tant de soucis...
    Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.

    Lorsque trop d'erreurs ont été commises,
    que tout ton univers menace de s'écrouler
    et que, fatigué, tu sens la confiance t'abandonner...
    Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.

    Tu sais, la vie est parfois étrange, avec son lot de surprises et d'imprévus,
    et il ne nous est pas donné de savoir à l'avance combien d'étapes nous devrons franchir,
    ni combien d'obstacles nous devront surmonter
    avant d'atteindre le bonheur et la réussite.

    Combien de gens ont malheureusement cessé de lutter
    alors qu'il n'aurait peut-être fallu qu'un petit pas de plus
    pour transformer un échec en réussite ?
    Et, pourtant, un pas à la fois n'est jamais trop difficile.

    Tu dois donc avoir le courage et la ténacité nécessaire
    pour faire ce petit pas de plus,
    en affirmant que la vie est une grande et puissante amie
    qui se tient toujours à tes côtés, prête à te porter secours.

    Tu verras alors que cette attitude appelleras,
    du plus profond de toi-même,
    des forces de vie que tu ne soupçonnais même pas
    et qui t'aideront à réaliser ce que tu entreprendras.

    Mais surtout et avant tout, rappelle-toi bien:
    Quand dans ta vie, des moments difficiles viendront...
    Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.

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    Comment évoluons nous : contradictions.?

            Notre société évolue, nos habitudes changent; en bien, en mal ? On se pose souvent cette question.
             J’ai trouvé sur internet ce texte qui m’a paru très intéressant comme support de réflexion.
             Alors je me contente de le recopier.

        “De nos jours, nous avons des édifices plus élevés et des autoroutes plus larges, mais notre niveau de tolérance est plus bas et notre esprit est plus étroit.
        Nous dépensons davantage,mais nous nous amusons moins..
        Nous avons de plus grandes maisons, mais de plus petites familles.
        Nous avons plus de compromis, mais moins de temps.
        Nous avons plus de connaissances, mais moins de jugement.
        Nous avons plus de médicaments, mais moins de santé.
        Nous avons multiplié nos possessions, mais nous avons réduit nos valeurs.
        Nous parlons beaucoup, nous aimons juste un peu, et nous détestons trop.
        Nous avons atteint la Lune et en sommes revenus, mais nous trouvons pénible de traverser notre propre rue pour rencontrer nos voisins.
        Nous avons conquis l’espace intersidéral, mais pas notre espace intérieur.
        Nous avons des revenus plus élevés, mais le moral plus bas.
        Nous vivons à une époque où il y a plus de liberté, mais moins de joie.
        Nous avons bien davantage de nourriture, mais nous nous nourrissons mal.
        Nous vivons à une époque où il faut deux salaires pour chaque foyer, mais les divorces augmentent.
        C’est une époque où les maisons sont plus belles, mais où il y a davantage de foyers brisés.

       
    C’est pourquoi je t’invite, à partir d’aujourd’hui,

        De ne rien garder pour une occasion spéciale, parce que chaque jour qu’on vit est une occasion spéciale.
        Recherche la connaissance, lis davantage, pose-toi sur ton balcon (si tu en as un) et admire la vue sans faire attention à tes besoins.
        Passe plus de temps avec ta famille et tes amis, mange tes mets préférés et visite les endroits que tu aimes.
        La vie est une suite de moments de plaisir,  non pas seulement une survie.
        Utilisons nos verres en cristal.  N’économisons pas notre meilleur parfum, et utilisons-le chaque fois que nous en avons envie.
        Élimine de ton vocabulaire des phrases comme “un de ces jours” ou “un jour”.
        Écris cette lettre que tu avais pensé écrire “un de ces jours”.
        Dis à tes proches et amis à quel point tu les aimes.
        Ne retarde rien qui ajoute des rires et de la joie à ta vie.

       
    Chaque jour, chaque heure, et chaque instant est spécial et nous ne savons pas si ce sera le dernier

        C'est peut être un peu exagéré, mais pourtant...... Carpe diem quam minimum credula postero (cueille le jour présent en te souciant le moins possible du jour suivant), disait le poète romain Horace à une femme qu'il aimait.. 

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    La liberté autrefois

           Mes articles sur la liberté m'ont valu quelques mails et on me demande si c'était pareil quand j'étais jeune. Je vais essayer de répondre à cette question.

           D'abord nous avions été éduqués de façon relativement stricte, entre 2 et 6 ans par nos parents et grands parents. C'est en effet dans ce créneau d'âge qu'il faut donner les bonnes habitudes aux enfants : apprendre à obéir, à être poli, à savoir qu'un enfant n'est pas un adulte, à réfléchir avant de dire n'importe quoi, à se tenir bien à table, à s'ennuyer et s'inventer alors des occupations, à découvrir l'environnement et en avoir des explications, à s'habituer à vivre avec les autres sans leur apporter une gêne....

          Puis dans la préadolescence parents et professeurs nous avait appris à travailler, à aimer acquérir des connaissances, à avoir une curiosité intellectuelle pour un peu tout, et à respecter le travail et la propriété des autres.
          Il faut reconnaître que les programmes scolaires étaient mieux faits : on nous bourrait moins de savoir, mais on nous apprenait davantage de méthodes, d'explications. Nous avions beaucoup plus d'exercices à faire le soir, mais relativement pratiques de telle sorte qu'on comprenait ce à quoi pouvait servir ce que l'on apprenait.
          Par contre il fallait travailler et suivre sinon on redoublait ou l'oriententaion était faite plus tôt en fonction des goûts et des capacités.
         L'enseignement professionnel était fait en liaison avec entreprises et artisans, et, à cette époque, d'une part il y avait plein emploi, mais également les chefs d'entreprise avaient conscience que certes leur outil devait être rentable, mais que sont but était notamment de fournir du travail à ses employés pour qu'ils puissent vivre. Aujourd'hui, leur objectif est purement financier. On y apprenait vraiment un métier.
         Finalement nous avions tous conscience que nous préparions notre vie future à l'école et nous écoutions et respections nos professeurs et nous allions les voir si nous avions une difficulté. Bien sûr nous étions parfois turbulents, mais cela ne durait guère, les professeurs savaient rétablir la discipline et les parents les approuvaient et leur faisaient confiance.
        D'ailleurs la plupart des parents faisaient tout leur possible pour suivre les études de leur enfant et les aider s'ils le pouvaient.

        Troisième facteur, nous désirions l'indispensable et non le superflu.
        D'une part nous sortions de la guerre, nous avions à peine à manger; vêtements, chaussures, jouets, vélos, autos...étaient usés jusqu'à la corde et la plupart des gens n'avaient pas beaucoup d'argent et la priorité allait aux achats indispensables.
        D'autre part la société de consommation n'existait pas : les matières plastiques débutaient, pas de multimédia sauf de rares postes radio à lampes, pas de téléphone sauf les professions médicales, les administrations et entreprises, pas d'appareil photo, ni d'ordinateur (l'électronique était balbutiante)
        Très peu de familles avaient la chance de partir en vacances.
        Nos occupations en dehors des études : lire, jouer avec les copains notamment  à des jeux de société, et faire beaucoup de sport. Se promener aussi mais à pied ou à vélo si on avait pu en racheter, parfois le cinéma (pas encore de télé!).   
    Les marques de vêtements et produits n'existaient pas, la publicité discrète (radio et ciné). Ce qu'avait le voisin nous importait peu et nous n'aurions jamais passé notre temps à le regarder et désirer la même chose. Au contraire nous essayons de nous compléter et de mettre nos moyens en commun.
        Une conséquence autre, les particuliers faisaient beaucoup de travaux par eux mêmes et il nous semblait normal d'aider les parents aux travaux ménagers et dans leurs bricolages et rangements.

        L'éducation était en moyenne beaucoup plus sévère qu'aujourd'hui.
    Comme tous les enfants, nous étions turbulents et nous faisions des bêtises.
    Les remarques, mais aussi les conseils, les sanctions mais aussi les encouragements, venaient très vite dès que nous ne nous conformions pas aux règles. Quelques claques ou fessées, des privations de jeu ou de sports, nous incitaient à ne pas désobéir et à faire attention à nos actions. Par contre nos activités étaient souvent proches de celles des parents qui nous encourageaient aussi à bien faire.
        Mais il est certain que la surveillance par les parents et grands parents était beaucoup plus stricte qu'aujourd'hui. Pas question par exemple de s'éloigner de la maison sans autorisation, sans avoir dit où on allait et quand on rentrerai, et si on voulait obtenir ces autorisations dans le futur, on n'avait pas intérêt à mentir et raconter des histoires, car les parents communiquaient entre eux et étaient rarement dupes.
        Pour nous la plupart des parents étaient des modèles, et nous reproduisions en société les comportements que nous avions au sein de la famille. 
        Ce n'est plus vrai aujourd'hui : les modèles, ce sont les copains du groupe.

        J'ai aussi l'impression que la communication avec les parents était en moyenne, meilleure qu'aujourd'hui et le “déficit de tendresse” était beaucoup moindre chez les ados. Mais il faut reconnaitre que beaucoup de mères ne travallaient pas et que la vie était moins trépidante.

        Si les jeunes d'aujourd'hui étaient brusquement transportés à cette époque, ils se sentiraient sans doute malheureux et terriblement privés de liberté et très contraints par les parents dans leurs occupations et par leur règles.
        Pourtant nous étions heureux et nous n'avions pas l'impression de manquer de liberté.
        En fait quand on est habitué à respecter des règles qui sont relativement logiques et utiles, et qu'on les a comprises (notamment leur utilité), on n'en souffre pas : cela devient naturel et finalement cela facilite la vie en famille et en société.
        Aujourd'hui trop souvent dès qu'un ado a un désir, celui-ci est satisfait et dès lors il n'en obtient guère de satisfaction, mais il pens tout de suite au désir suivant. Il devient alors un éternel insatisfait qui ne jouit pas de ce qu'il a et souffre de tout ce qu'il n'obtient pas assez vite.
        N'ayant pas grand chose, ayant du mal à obtenir ce que nous souhaitions, si ce n'est par notre propre travail, nous étions habitués à attendre la satisfaction d'un besoin et donc nous apprécions ce que nous obtenions.

        Bien que dans un milieu sévère et austère, nous obtenions peu, mais nos désirs étaient très peu importants. Donc nous obtenions plus que ce que nous attendions avoir  et nous apprécions donc ce que nous apportait la vie.
        Les contraintes qui paraîtraient insupportables aujourd'hui, nous étaient légères et donc nous nous sentions relativement libres.
        Comme je vous le disais, le sentiment de liberté est une chose toute relative.

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