• "Le plus grand mal, à part l'injustice, serait que l'auteur de l'injustice ne paie pas la peine de sa faute.”  Platon.

         Au niveau collectif, il ne s’agit pas d’une morale à imposer à tous : le problème n’est pas philosophique mais un problème de garanties du fait de la vie en société, d’organisation de la vie commune, de règles “juridiques” en quelque sorte.
    Il s’agit que chacun dans son comportement nuise le moins possible à autrui et qu’éventuel-lement, il soit sanctionné de ses débordements.
        C’est la ” loi “, qui est en principe (en démocratie) déterminée par des représentants élus de la population et qui devrait être un certain compromis des diverses circonstances et modes de vie possibles, indépendamment de toute croyance philosophique, politique et religieuse et bien entendu des “surmoi” personnels des élus en cause.


        Depuis quand l’homme a t’il érigé des lois et mis en place une certaine justice.? Probablement depuis plus de 5000 ans, mais les preuves qu’on a retrouvées, sont un peu plus récentes.
        Le plus ancien document juridique qui institue un ordre social, vers 2350 avant J-C, est le code d’Urukagina, qui régnait sur Lagash, en Mésopotamie (l’actuel Irak), mais nous n’en avons pas le détail.
        Nous est également parvenu, le code d’Ur-Nammu, souverain de la cité d’Ur qui date d’environ 2100 avant J-C, dont on a pu traduire du sumérien 40 des 57 lois qu’il comprenait.

    http://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/Khashkhamersealmoonworship.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/ArtMonuments/450pxCodeofHammurabiIMG1932.jpg


    Ci dessus Ur-Nammu recevant une délégation 


           et ci contre la stèle d'Hammurabi au musée du Louvre.




        Mais le plus intéressant est le code d’Hammurabi, vers 1750 avant J-C, qui a été utilisé pendant un millénaire, notamment en Iran après la prise de Babylone, et que l’on peut voir sur une stèle de basalte, au musée du Louvre.
        Ce code, outre une introduction et une conclusion qui ressemblent un peu à une “constitution royale”, comporte 282 articles de loi qui sont à la fois code civil et code pénal, avec, ce qui est normal pour l’époque, beaucoup de délits sanctionnés par la peine capitale. Ce qui est étonnant pour l’époque c’est que ce n’est pas un code d’inspiration religieuse, mais très pragmatique et concernant les problèmes de la vie courante.
        On a souvent parlé de “loi du Talion” à propos de ce code, et pour le commun des mortels, la loi du Talion, c’est la vengeance personnelle. C’est une erreur. La “loi du Talion” est au contraire un effort de lutte contre l’application par chacun de sa propre justice, c’est la peine, la sanction qui doit être adaptée à la faute, à défaut d’un  recours à un juge, tiers impartial et désintéressé.
        Un des héritages de la loi du Talion est la notion de légitime défense.

    La justice et les lois existaient dans l'antiquité.    Dans l'Égypte antique, la loi est contenue dans les “livres de la sagesse” qui sont des préceptes et des recommandations et juger ceux qui mettent en danger la sécurité de l'État, est délégué par le Pharaon à son vizir, le premier magistrat, et à ses assesseurs. Quand il s'agit de délits mineurs, la justice est rendue par des magistrats locaux, (les « préposés aux querelles ») ou par des représentants de la communauté où l'infraction a été commise.
    Je cite ce précepte des livres égyptiens de la sagesse, qui s’appliquerait bien de nos jours et que devrait méditer notre gouvernement et les grands Pdg :
    “ N'accorde pas une attention exagérée à celui qui possède de beaux vêtements et ne méprise pas celui qui est couvert de haillons. N'accepte pas les dons de l'homme puissant et ne persécute pas le faible à ton profit.”


    La justice et les lois existaient dans l'antiquité.    La loi des hébreux était beaucoup plus d’inspiration divine : à l’origine, Dieu avait remis à Moïse les “tables de la loi”,  dix commandements inscrits dans la pierre.  Parmi eux  “tu ne tueras point “ qui est souvent oublié par l’armée israélienne actuelle.
        Cette prédominance religieuse influençait aussi les lois pratiques : la terre par exemple étant la propriété de l’Eternel et l’Israélite n’en avait que l’usufruit.
    Le chef de famille avait un pouvoir certain et le travail était une valeur à honorer.
    Vous pourrez constater que la législation hébraïque était très complète sur le site
    http://www.regard.eu.org/Livres.16/Etude_sur_la_legislation_des_hebreux
       
    La justice et les lois existaient dans l'antiquité.    Le Coran, qui est plus récent (vers 635) est, lui aussi, d’inspiration religieuse. Ce sont des préceptes de vie avec une référence permanente à Dieu.
    Pour lui, dans les sociétés fondées par des personnes pieuses, les affaires judiciaires n'arrivent jamais jusqu'à la cour, celui qui suit les préceptes du Coran ne commettant pas de faute..
        Le Coran condamne aussi de tuer autrui à l’homme, qui sait que Dieu a interdit le crime.
    Sa crainte de Dieu garantit son abstention de tout acte provoquant sa colère.

        “Ne semez pas le désordre sur la terre, après que l'ordre y a été établi.” (Coran, 7 : 56) est certainement oublié par les terroristes et le Hamas.
        Notons au passage que la polygamie, le voile, la répudiation sont des déviations historiques par rapport au Coran, qui faisait une place aux femmes, normale pour l’époque, mais n’oublions pas qu’au VIIème siècle de l'ère chrétienne, l'Eglise doutait encore que les femmes aient une âme !!

        Dans une autre civilisation très ancienne, la Chine, des textes existent aussi, mais les conflits devaient faire l’objet de règlements à l’amiable et comme pour le Coran, le tribunal devait être exceptionnel.

    La justice et les lois existaient dans l'antiquité.    Mais les lois les plus complètes sont les lois romaines, dont d’ailleurs notre droit actuel européen s’est fortement inspiré.
        Leur technicité est celle d’un droit moderne, et une catégorie spécialisée de juristes (les jurisconsultes) avait été créée et était relativement autonome vis à vis tant de la religion que du pouvoir politique.


        On voit donc que la tradition juridique est très ancienne.
        Les grands principes en sont très voisins et, si on tient compte des différences de vies des époques, les délits évoqués sont relativement semblables.
        Dans la vie courante, des délits sont sanctionnés au nom de ces lois.

        Cependant des individus s’estiment au dessus des lois et les Etats n’appliquent pas forcément à eux mêmes les préceptes, qu’ils appliquent à leurs concitoyens.

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  • Qu'est ce que la laïcité pour moi.


         Sans doute le confinement, puis la reprise des classes primaires, puis maintenat des collèges, a inspiré quelques très jeunes à la réflexion

        Alors un très jeune m'a demandé, "alors toi, un vieux, que penses tu de la laïcité.

          Je n’aime guère parler politique ou religion, car je considère que chacun peut avoir son opinion et je ne veux pas choquer par mes remarques personnelles.
          Mais je ne me “défilerai” pas non plus, d'autant plus que j'ai déjà répondu à des questions analogues sur d'autres blogs, et donc ce qui suit ne concerne que mon sentiment personnel, d'ailleurs un peu grincheux et critique.

    La laïcité j’ai connu cela tout enfant, d’une part parce qu’en CM1 et CM2, nous avions des “cours d’instruction civique” de notre instit, et d’autre part parce que, ma grand mère m’ayant appris à lire très tôt et mon grand père quelques notions de maths., je me suis retrouvé en CM1 j’avais six ans et demi.
        Que faisait on dans ces cours? On apprenait ce qu’était commune, canton, département, le rôle des maires et députés, et les grands principes de la constitution. Nous allions visiter avec notre institutteur, la mairie, le commissariat de police, le tribunal et l’hôpital.
        La laïcité faisait partie d’un principe plus important : la liberté en général, puis la “liberté de penser” (pour un adulte on appellerait cel la “liberté d’opinion”).
        Ce n’étaient pas des cours “magistraux” mais une discussion où l’instituteur nous exposait une idée simple, puis nous demandait ce que nous en pensions, nous donnait ou nous demandait des exemplles pratiques, et c’était finalement un apprentissage très concret et “utilisable”.

        Nous apprenions en CM1 et CM2, que tout homme était libre d’agir à condition que son action n’apporte pas une gêne importante aux autres et ne gêne pas le fonctionnement de la société : on nous faisait écrire le grand principe “la liberté de chacun s’arrête là ou commence celle de l’autre”.
        Qu’ensuite chacun était librede penser selon ce qu’il estimait être le mieux, en particulier au plan politique et religieux, mais à condition de considérer ses opinions comme personnelles et de ne pas exiger de son voisin d’avoir les mêmes.
        La laïcité s’inscrivait à l’intérieur de ces notions : c’était d’une part la liberté d’opinion religieuse, et le respect de la religion des autres, mais avec une certaine discrétion pour ne pas les gêner. (on ne parlait pas de signes ostentatoires de nos croyances, mais il ne serait venu à l’idée de personne de telles démonstration).
        C’était aussi la “séparation de l’Eglise et de l’Etat”,
    où l’on nous disait que l’Etat n’avait pas à prende en charge financièrement le fonctionnement des églises, n’avait pas à dicter la conduite des prêtres et qu’en contrepartie, les prêtres n’avaient pas à s’occuper de politique au nom de l’Eglise.

        On nous disait aussi que nous étions libres d’aller suivre  des cours d’instruction religieuse de notre choix, mais que ce ne serait pas au lycée, mais à l’église, au temple ou à la synagogue voisines.
        Dans le même cadre, on nous montrait que blanc, jaune, noir ou indien, nous étions tous des hommes, qui avions au départ les mêmes possibilités de corps et d’esprit, même si ensuite les éducations et les moeurs étaient différentes, que les coutumes des autres pays étaient respectables et devait être respectées si on se rendait dans ces pays, mais que les étrangers devaient respecter les nôtres, quand ils étaient en France.
        Par des exemples de la vie de tous les jours, l’instituteur nous montrait ce qu’étaient la loi, les règles juridiques, mais aussi les règles de la société et pourquoi elles étaient faites et utiles et pourquoi il fallait les respecter dans l’intérêt des autres et de nous mêmes, car elles nous protégeaient des autres comme elles nous éviter de leur porter préjudice.   
        Il nous montrait comment, en l’absence de rêgles, la vie en commun n’était pas possible, en prenant des exemples de conduite automobile, de trafic ferroviaire ou de comportement de tous les jours. C’était au passage des notions de respect de la propriété d’autrui, de l’environnement, du travail des autres.

        Par la suite au lycée (qui était alors de la 6ème à la terminale; les collèges n’existaient pas et il n’y avait pratiquement pas dans le sud de la France, d’écoles privées, sauf des orphelinats), nous étudions en histoire l’influence de l’Eglise, du Pape et des membres du clergé sur le devenir de la France du temps des rois, et nous voyons qu’à l’origine, la laïcité était venue par réaction, pour diminuer cette influence, sous la Révolution française.
        Nous apprenions la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 en même temps que l’organisation de l’enseignement laÎque et obligatoire pour tous, de Jules Ferry. Mais la constitution de 1958 n’existait pas encore.
        Mais surtout en 1940, la guerre s’est chargée de nous montrer en positif et en négatif l’utilité de cet enseignement.
        Ma grand-mère était alsacienne, et heureusement, elle limitait à la famille et quelques amis son opinion sur Hitler et le nazisme, sinon elle aurait été arrêtée par la gestapo et envoyée dans les camps de la mort.
        Mon père s’occupait de la résistance et de soustraire aux allemands des juifs et l’étoile jaune imposée aux juifs nous apparaissait comme un signe ostentatoire odieux et nous rapprochait d’eux, que nous soyons chrétiens ou non croyants.   
        Pas besoin de grands discours sur la liberté et la tolérance : nous avions la démonstration des malheurs qu’entrainait leur absence.

        Lorsque j’étais à l’X, j’ai fait un stage ouvrier dans une aciérie de l’est et j’étais logé , dans la cité ouvrière avec des ouvriers algériens. J’y ai reçu un accueil chaleureux et on ne s’apercevait pas qu’ils étaient musulmans et ils étaient aussi français que moi, respectueux des lois et des coutumes françaises et discrets sur les leurs.
        J’ai travaillé plus tard au Sahara, au sein de populations semi-nomades et comme nous nous respections mutuellement, notre entente était très bonne.        
        Alors pour moi, je n’ai pas besoin d’un débat sur la laîcité, elle fait partie de mon éducation et de mon vécu.

        Pour moi la laïcité n’est donc qu’un des volets de la liberté, c’est la neutralité et l’autorité de l’Etat qui doit assurer  l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, de religion, ou d’opinions.
        Mais c’est vrai que la société a bien changé depuis que j’étais enfant.

        Si l’Allemagne ne connaît plus la dictature et le totalitarisme, c’est le cas dans de nombreux pays, les luttes de pouvoir entre religions ou ethnies empoisonnent la vie du Moyen-orient et de l’Afrique, les sectes et les fondamentalistes sont apparus, le communautarisme s’est développé, l’Etat ne fait plus grand chose pour intégrer les immigrés et a tendance à les rassembler dans des ghettos, le racisme et la xénophobie se sont développés, En matière de religion, l’antisémitisme et le racisme contre les musulmans se sont aggravés de façon importante. Le chômage et la pauvreté sont dévenus des fléaux et l’Etat n’a pas fait suffisamment dans ce domaine.
        L’enseignement est devenu paradoxalement plus théorique, avec beaucoup d’options à la place d’un enseignement général, et il n’est plus aussi pragmatique et orienté vers la vie de tous les jours.
    Surtout je suis effaré que 15 % de la population ne sait pas ou à peine lire et écrire, alors que, lorsque je faisais mon service militaire, il n’y en avait que 3% des hommes (en général des bateliers ou gens du voyage) et qu’on se faisait un devoir de leur apprendre pendant leur service militaire.
        L’usage de la drogue s’est banalisé et l’insécurité s’est considérablement aggravée.
        La vie est devenue trépidante et beaucoup de gens égoïstes. On s’en rend compte dans les immeubles où chacun ne respecte plus son voisin. C’est chacun pour soi, avec un esprit de rivalité et de compétition, et souvent donc d’affrontement des opinions, qu’elles soient politiques ou religieuses.
       
        Cela dit je ne crois pas que les grandes démonstrations et discussions médiatiques apportent grand chose au problème de respect de la laïcité, ni la manie de légiférer à tout crin.
        Il y a un arsenal de lois bien suffisant pour lutter contre les manquements à la laïcité.
        Personnellement je suis persuadé que, si on faisait des actions efficaces qui permettent de diminuer le chômage, la pauvreté, le traffic de drogues, l’insécurité des banlieues, si on arrêtait de détruire l’école et les hôpitaux publics, que l’on fasse un effort d’intégration des communautés ethniques et religieuses, que les jeunes trouvent un intérêt et une utilité à l’enseignement à l’école et un emploi à sa sortie, que l’on arrive à enseigner à chacun de faire un effort pour supporter et ne pas ennuyer le voisin, les problèmes de laïcité seraient secondaires.
        Pour moi, ce n’est que l’arbre qui cache la forêt, des réactions qui traduisent le malaise et les défauts plus graves de notre société et évidemment c’est plus facile de traiter un arbre que toute la forêt, mais cela ne suffit pas pour sauver celle-ci.

        Et comme je suis fidèle à mes principes, j’admets volontiers que vous n’ayez pas les mêmes opinions que moi et que vous le disiez dans vos commentaires.

     

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  • Ne baissez pas les bras, la fatigue n'est pas une fatalité ! 
    Pensez à notre grand humoriste, Robert Lamoureux.


            Eloge de la fatigue

    Vous me dites, Monsieur, que j'ai mauvaise mine,  
    Qu'avec cette vie que je mène, je me ruine,  
    Que l'on ne gagne rien à trop se prodiguer,  
    Vous me dites enfin que je suis fatigué. 

    Oui je suis fatigué, Monsieur, mais je m'en flatte.  
    J'ai tout de fatigué, le cœur, la voix, la rate,  
    Je m'endors épuisé, je me réveille las,  
    Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m'en soucie pas

    Et quand je m'en soucie, je me ridiculise.  
    La fatigue souvent n'est qu'une vantardise.  
    On n'est jamais aussi fatigué qu'on le croit !  
    Et quand cela serait, n'en a-t-on pas le droit ? 

    Je ne vous parle pas des tristes lassitudes  
    Qu'on a lorsque le corps harassé d'habitude,  
    N'a plus pour se mouvoir que de pâles raisons...  
    Lorsqu'on a fait de soi son unique horizon...  
    Lorsqu'on n’a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre
    Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;  
    Elle fait le front lourd, l'oeil morne, le dos rond.  
    Et vous donne l'aspect d'un vivant moribond... 

    Mais se sentir plier sous le poids formidable  
    Des vies dont un beau jour on s'est fait responsable,  
    Savoir qu'on a des joies ou des pleurs dans ses mains,  
    Savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain, 
    Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,  
    Aider l’existence à continuer sa course,  
    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/gastonlagaffefatigue.jpg

    Et pour cela se battre à s'en user le coeur...  
    Cette fatigue-là, Monsieur, c'est du bonheur  

    Et sûr qu'à chaque pas, à chaque assaut qu'on livre,  
    On va aider un être à vivre ou à survivre ;  

    Et sûr qu'on est le port et la route et le guet,  
    Où prendrait-on le droit d'être trop fatigué ? 

    Ceux qui font de leur vie une belle aventure,  
    Marquent chaque victoire, en creux, sur la figure,  
    Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus  
    Parmi tant d'autres creux il passe inaperçu. 

    La fatigue, Monsieur, c'est un prix toujours juste,  
    C'est le prix d'une journée d'efforts et de luttes.  
    C'est le prix d'un labour, d'un mur ou d'un exploit,  
    Non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit. 
    C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie,  
    Et c'est la preuve aussi qu’on vit avec la vie. 

    Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,  http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/lagaffe2.jpg
    J'écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;  
    Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,  
    Et ma fatigue alors c’est une récompense. 

    Et vous me conseillez d'aller me reposer !  
    Mais si j'acceptais là, ce que vous proposez,  
    Si je m'abandonnais à votre douce intrigue...  
    Mais je mourrais, Monsieur, tristement... de fatigue. 

    Robert Lamoureux 

     

    Aujourd'hui, j'étais fatigué, alors je ne me suis pas foulé pour écrire mon article !

    Mais j'aime ce poème, il me fait penser à la tirade du nez de Cyrano de Bergerac.

    Et puis il nous fait penser aussi à ceux qui nous soignent dans les hôpitaux !

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  •  

    Ne condamnez pas quelqu'un à "l'ostracisme"

          J’ai eu souvent l’occasion de constater que de jeunes ados souffraient lorsque des camarades de classe les prenaient pour tête de turc, mais encore plus quand ils n’arrivaient pas à s’insérer dans le cercle des élèves de leur classe.

        C’était particulièrement vrai lors d’un changement important, comme par exemple le passage de la communale au collège ou du collège au lycée.
    Ce n’est pas particulier aux enfants, on voit des phénomènes analogues avec des adultes, soit au chômage, soit lorsqu’ils prennent leur retraite ou ceux qui sont dans la pauvreté.
        Exclure quelqu’un de la communauté à laquelle il appartient suffit pour le déstabi-liser, saper sa confiance et son estime de soi-même. Les psychologuesemloient le terme d' “ostracisme”.
        Si quelques personnes d'un groupe cessent d'interagir avec un de leurs compagnons, le phénomène s'enclenche. Voyons quelles sont conséquences de ces mises au ban de la société.

        La réaction à l'ostracisme est l'une des plus violentes de l'individu.
        Chez les singes, l'ostracisme est synonyme de mort: un macaque auquel ses congénères cessent de s'intéresser, ne se nourrit plus, regarde ses anciens compagnons d'un air désespéré et se laisse dépérir.
        En France, parmi les 11 000 personnes qui se suicident chaque année: beaucoup sont souvent des exclus, des marginaux, des chômeurs, de vieilles personnes vivant seules, des adolescents se sentant mis à l'écart de leur groupe ou rejetés par leur famille. L‘exclusion est un facteur de dépression et la principale cause de suicide.
        Il y a une vingtaine d'années, des psychologues avaient observé qu'il suffit de quatre minutes à une personne exclue d'un jeu de ballon (ses camarades jouent entre eux sans lui passer la balle) pour qu'elle se renfrogne,se tasse dans un coin et n'adresse plus la parole aux autres.
        Plus récemment, des psychologues australiens de l'Université de Sydney ont étudié les réactions psychologiques que suscite l'ostracisme.
        Ils ont demandé à des volontaires de jouer en réseau à des jeux vidéo reproduisant un jeu de balle à trois. Deux joueurs reçoivent l'instruction d'exclure le troisième, en ne lui envoyant plus la balle. Après six minutes de jeu, les trois participants remplissent des questionnaires qui évaluent quatre aspects de leur état d’esprit : le sentiment d'appartenance à un groupe, l'impression d'exercer un impact sur une situation, l'estime de soi et le sens attribué à l'existence.
         Le joueur frappé d'ostracisme obtient des scores très bas à ces questionnaires. Il perd toute illusion sur le sens de sa présence et de son action, et a tendance à généraliser cette situation à tous les aspects de sa vie

        L’aspect irrationnel de la dévalorisation de soi laisse penser que cette réaction est automatique, (comme le réflexe qui fait tendre la jambe quand le marteau du médecin stimule un point névralgique du genou).
        Les psychologues de l’université de Sydney ont fait jouer, au jeu de balle en réseau, un volontaire avec deux ordinateurs. Le joueur frappé d'ostracisme est par conséquent exclu par des machines, selon un programme dépourvu de toute intention, ce dont il est informé au début de l'expérience.     Il est donc conscient de ce qui va se produire et sait qu’il n’y est pour rien.
         Malgré cela, il réagit exactement de la même façon: son humeur se dégrade, l'estime de soi diminue, l'existence perd son sens. La réaction la plus vive a été observée chez un informaticien, qui ne supportait pas d'être mis sur la touche par des machines qu'il savait diriger ! lol
       
        Ces expériences montrent que les réactions à l'exclusion sont inconscientes, et plus fortes que tous les raisonnements rassurants que l'on peut tenir sur sa valeur personnelle.
        Il existe un réflexe de l'ostracisme, qui plonge ses racines dans un passé très lointain, puisque même les singes en souffrent. Selon les anthropologues, cette réaction serait un réflexe de survie: la douleur provoquée par l'exclusion est un signal pour montrer à l'individu qu'il doit absolument faire un effort pour retrouver son groupe.Au Paléolithique, un homme isolé ne pouvait survivre.

        Aujourd'hui, les exclus continuent à ressentir une profonde détresse.
        Pour essayer de les aider je pense qu’il faut d’abord les faire parler, délimiter exactement les circonstances, les limites et si possible les raisons de cette exclusion.
        J’ai constaté que dans de nombreux cas cette exclusion n’est pas de la faute de la personne exclue, mais c’est soit un “jeu” des autres, soit le fait de se heurter à un groupe déjà constitué et assez fermé. L’exclu n’en a pas conscience et se croit responsable et il faut lui enlever cette idée fausse.
        Il faut lui manifester son intérêt car c’est important pour lui, de voir qu’il compte pour quelqu’un : cela rompt son exclusion.
        C’est ensuite la longue discussion qui permet peu à peu de lui faire retrouver la confiance en soi : raisonner sur ses qualités et défauts, faire des projets d’amélioration, des projets d’avenir.
        Essayer si l’on est en confiance d’analyser avec le personne, quelles sont les relations qu’elle a avec autrui et comment elle peut avoir peu à peu quelques amis ou intégrer un autre groupe de camarades.
        L’exclusion c’est la solitude et les seuls remèdes pour les combattre, ce sont le raisonnement logique, la persuasion et surtout l’intérêt et l’empathie.
        Il faut arriver à sortir la personne de cette solitude et lui donner espoir pour son avenir.

    Ne condamnez pas quelqu'un à "l'ostracisme"

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  •      Le cas d'une femme "voilée" qui accompagnait une sortie dans un car scolaire a fait couler beaucoup d'encre dans la presse et beaucoup de salive à nos élus et hommes politiques.
    On a parlé d'interdire le voile au nom de la laïcité dans les espaces publics et évidemment on l'a comparé au port de la burqa.

        Sur cette affaire je pense qu'il faudrait quand même avoir un peu de bon sens. D'abord il ne s'agissait pas d'une burqa, ni d'un énorme voile, mais d'un fichu sur la tête; nos grands-mères en portaient de semblables, noirs, au siècle dernier; et là c'était dans une sortie à l'extérieur.
         Si on l'interdit dans un tel cas, alors peut on l'autoriser pour une caissière de super-marché ?
         Et que fera t'on contre les intervenants,? Va t'on déplacer la police pour si peu.

         Pour la burqa dans un espace public je suis d'un avis différent car le problème n'est pas le même.
         Il me semble d’abord que si j’étais un terroriste, et que je veuille cacher les armes que je porte, je me mettrai une burqa. Donc je trouve que au plan de la sécurité, cela doiit être interdit de se vêtir ainsi dans un lieu public, la rue, les magasins, les transports, les bâtiments publics...
          Un témoignage d’un chauffeur de taxi à Casablanca m’a amusé. Il paraît que des hommes en burqa prennent le taxi et s’enfuient ensuite sans payer à l’arrivée.
          Et on ne parle à la télé que de cette femme qui a été verbalisée en France, car elle conduisait une voiture en burqa. On ne doit guère voir sur le coté !
          La raison de sécurité me paraît donc essentielle. La loi de 2016 qui interdit la dissimulation du visage en public, me parait donc normale et judicieuse au plan de la sécurité.

          Je pense par ailleurs qu’en France, il est anormal qu’un mari impose ce vêtement à sa femme, d’autant plus qu’il semble bien que le Coran n’ait jamais évoqué cet habit. Cela dit, je crois qu'actuellement le nombre de femmes concernées est très faible (quelques centaines) et que certaines portent la burqa par provocation ou intégrisme, sans que cela leur soit imposé.
          Mais je ne crois pas que ce soit la raison à mettre en avant pour promulguer une loi, car on sera taxé d’intolérance vis à vis des musulmans, parce que pays catholique. 

    http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/chadorpole1JPG.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Divers/belphegorfoto2.jpg

                     Femme en burka                                                          Belphégor, le fantôme du Louvre    

        Si je me promenais dans les rue de Paris en caleçon à fleurs, je me ferais tout de suite arrêter pour tenue indécente, même si je revendiquais pour ma liberté au nom d’une religion naturiste !!
        La burqa me fait un peu le même effet.
        J’avoue que je ne suis pas à l’aise devant quelq’un qui porte la burqa, même si c’est de son plein gré et que cette femme s’y sente à l’aise (ce qui m’étonne !). J’ai l’impression de ne pas être dans mon pays ou de me trouver devant Belphégor, le fantôme du Louvre !

         Et pour vous faire sourire, ce cycliste est il un fantôme ou est il en burqa ? (avec vélo spécial lol) 

        http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/chador.jpg


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